Skip to main content

Full text of "Procès de condamnation de Jeanne d'Arc. : Texte, traduction et notes ..."

See other formats







f, 



\ \ W 



) ' - 




iWMl'l 




A /hi:son\ri: c iirisii ^ï\ Jl 



\ i') '■ 


iî* 1 






^^^# 


Si^ 


**•*:. 


ÎJr-^ 


^T--^'-^ 



I ■■ If 




0' 



"^^ 



-i, 



^X^' 



f^ ♦ 



J*l 




THE BOSTON PUBLIC LIBRARY 



JOAN OF ARC COLLECTION 



Jf?ff 



At-'7^t^rfv 




> 




Qjtint^ofens- uf m cferna 6ea-fuiijtem. coniunj^ns^ 



pSmu mj st^e}3 • i(^Ws.jj»ii{csiJ3W3ii^im]w?"ÇyiQ,0HN''9'''^i^l''^J*Ji 



LmMJtHBjL.1 mtAW w 1.1 tjj mriBnmi. 



lj,..a iij.li j>B » 




THOMAS DE COURCELLES. rédacteur du Procès 

liihl. .\„l.. Ciiilniin-^ l\- I I . il. ox 
( Pierre lomb.ik- .mcicnncmeni a Notre-Dame de Piiris) 



PIERRE CHAMPION 



PROCÈS DE CONDAMNATION 



DE 



JEANNE D'ARC 



TEXTE, TRADUCTION ET NOTES 



TEXTK LATIN 




PARIS 

LIBRAIRIE SPÉCIALE POUR L'HISTOIRE DE FRANCE 

HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR 

EDOUARD CHAMPION 

5, aUAI MALAaUAIS (vi'^) 
1920 






7 r 



rC 



'A ^ 

Vû(' / 



9((pfe 



NOTICE CRITIQUE 



C'est une entreprise ingrate que celle de donner une nouvelle édition 
du procès de Jeanne d'Arc. 

Le texte qu'a publié l'illustre Jules Quicherat, entre 1841 et 1849, 
pour le compte de la Société de l'histoire de France, est un chef-d'œuvre 
d'érudition et de clairvoyance. Qu'ajouter à l'admirable monument élevé 
par Quicherat? Que faire, sinon republier un texte établi avec autant 
d'amour que d'intelligence? 

Heureusement, il n'en est pas tout à fait des choses de l'érudition 
comme des créations de la pensée et de l'art, qui, d'un coup, atteignent 
au définitif. Le seul fait de donner une édition du Procès soixante-dix- 
neuf ans après la publication du premier volume de Jules Quicherat, alors 
que tant d'érudits et de dévots de la Pucelle ont fait connaître des do- 
cuments nouveaux ou discuté le sens de textes déjà publiés, vous crée 
une supériorité qui n'est pas toujours décevante. Ai-je eu tort de lui 
faire crédit? Ai-je eu raison de me rendre à tant de sollicitations pres- 
santes ? Il ne m'appartient plus d'y répondre. 

J'ai conscience, du moins, d'avoir fait œuvre utile, de remplir en 
quelque sorte un devoir en permettant aux lecteurs d'avoir sous la main 
les documents les plus précieux, presque les seuls utiles à connaître, 
pour apprécier le caractère de Jeanne d'Arc. Que Quicherat d.emeure à 
Thonneur et moi à la peine ! 

LES CINQ EXPÉDITIONS DÉFINITIVES ET AUTHENTIQUES DU PROCÈS. 

Ce n'est qu'un certain laps de temps après la mort de Jeanne que son 
procès fut rédigé sous la forme authentique que nous possédons : « Et 
dicit quod hiijiisinodi processus fuit redachis in forma in qua est, per magnum 
lemporis spatium post mortem ipsius fohannx ; sedqiio tempore ncscit » (Dépo- 
sition de Nicolas Taquel). Thomas de Courcelles, l'un des conseillers du 
tribunal, assisté de Guillaume Manchon, notaire, traduisit en latin les 
interrogatoires de la minute française, compléta les procès-verbaux, rédi- 
gea une sorte de long récit, le tout en forme de lettres patentes émanant 



VI PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

de Pierre Cauchon, évêque de Beau vais, et de Jean Le Maistre, dominicain, 
vice-inquisiteur de la foi : « Et fueruui dicli processus facti super qiiadatii 
iniiiula in gallico... Qui processus fueruiit posliiiodum reducii de gaJlico i)i 
latiiiuin per magistrum Thomam de Courcellis et loqueiitem, in forma in 
qua iiunc stant, proiil melius et secundiun veritatem fieri potuit, longe post 
moriein et exsecutionem factam de ipsa Johamia » (Déposition de Guillaume 
Manchon). Cinq expéditions furent alors délivrées par les notaires d'après 
le registre original du procès, aujourd'hui perdu : « Et fuerunt facti, ut 
dicit, quinque similes processus » (Déposition de Guillaume Colles dit 
Boisguillaume). Manchon en écrivit, à lui seul, trois de sa main : 
« Ipsiimquefecisse cum aliis duobus... » (Déposition de G. Manchon) : l'une 
tut donnée à l'inquisiteur, l'autre au roi d'Angleterre, la troisième à 
Pierre Cauchon. 

Ces cinq expéditions furent signées et authentiquées par les notaires 
Manchon, Boisguillaume ctTaquel, et munies du sceau des juges. 

De ces cinq exemplaires, celui qu'avait conservé Guillaume Manchon 
fut remis aux juges de la réhabilitation, le 15 décembre 1453, et lacéré 
par sentence du tribunal. Au témoignage de Martial d'Auvergne, un 
exemplaire avait été envoyé à Rome; un autre se trouvait à Orléans 
en 1475. Etienne Pasquicr en conserva pendant quatre ans un exemplaire. 
Aujourd'hui il en existe trois à Paris sur lesquels le texte du procès a été 
collationné à nouveau: 

— A. Bibliothèque de la Chambre des députés, ms. n" 1 1 19, seul exem- 
plaire connu sur vélin et de grand format que Quicherat estimait destiné 
au roi d'Angleterre par Manchon ; mais il semble bien, à considérer les 
variantes de certaines rubriques, qu'il s'agisse de l'exemplaire de Pierre 
Cauchon lui-même (« Ténor summacionis noslri episcopi Belvaccnsis... »; les 
autres sources donnent : episcopi Belvaceiisis) que Boisguillaume a pa- 
raphé. 11 fut employé pour les préliminaires de la réhabilitation et faisait 
partie de la Bibliothèque du Parlement au milieu du xvii"= siècle 
(ni feuillets, 26 x 55 cm.). 

— B. Bibliothèque nationale, ms. lat. 5965, exemplaire soigneuse- 
ment collationné et présentant de nombreux grattages et des surcharges 
de mains différentes (169 feuillets de papier, 29 X 20 cm., traces de 
sceaux). 

— C. Bibliothèque n-ationale, ms. lat. 5966, exemplaire d'une écriture 
uniforme, sans surcharges ni grattages, dont les sceaux sont tombés 



PL. I 



Mnx^ j^fifie^fô^ fot^^iLMK ntonii-^^u^ ^tkania&uiké <>*, jMHxxJU^tuutt-^ 

«i<Es. \|2^^M4^<l^yW ^^fKOMé-^f^iJBlu^ a£uic«m<veV»iou* ^mw rtt«*e.' 









M: 



-^î 



FAC-SIMILÉ DU Ms. DU PROCÈS DE CONDAMNATION DE )EANNE DARC (A) 

Bihliolhcque Je la Chamhrc des llc/Miés. Ma. N I I l 'J ■ P- 5 



PL. Il 



AW 



-h- 




.0. 




( 

iKn* jW.\*M tirm^^fiic |?^t% Iw^inV^ MJRvm^ -^Wocnj .yj^»?> j<Jl\i^ 



.A 



^^wrk»*oC«.^,4*^-»»«c^.^<:^.^i7^«^.6^ 








FAC-SIMILE DU Ms. DU PROCES DE CONDAMNATION DE lEANNE DARC (A) 

Hihliothlqiic Je la Chamhrc Jc^ /Jépu/cs. Ms. N /li'l 

Altcsiaiioii Cl Signatures des iroi;. notaires. 
Sceau de TEveque. Sceau de linquisiteur 



PL. III 



âxidMi «itMtA. ïaû»/' fnAm*a»ti v /U*tMp>tK»7y ^9i<t^\b^*Tiu44^ rMÀbiiilcV' 

.^^An^vM^VuM^toHi^ «v/Uïtanj'bwttvMiA»^ ^^toHlK«»r.Q <a i(w f »«>»y 
-rtnneuta M&iOki:ov««- Va^HicIa wX(7tuvo Sidtciiorv «it-ct^^^MrO^^ok^cAtHfe 
4t*i44i^M^»tiUMm1 -iMT ^MMd^'^ittitttMUUXrvvrM AiHcfo, HiCUrVlO i^fcBui- 



l^^G^l^^r^f^É^ 



FAC-SIMILE DU Ms. DU PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D'ARC (B) 

liihl,nllw,,i,c Salinnolc. .\h. lai. '>')(,;. p. I iU 



PL. IV 



'9^ 



yiCc Btiir A^. ^**-f^^ A.?>?iD ^-tn- -^t Vt^a. ^jjOf.^p^ flê^ 



FAC-SIMILE DU Ms DU PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC (C) 

liihlinllh(iiic Nalionolc. M-., loi. '>'>(,(}./?■ /'''S' 



é 

NOTICE CKITICIUE VII 

depuis le temps où le consulta Edmond Richer (220 feuillets de papier, 
28 X 21 cm., traces de sceaux)'. 

Tous les nombreux manuscrits qui ont été décrits par Quicherat dérivent 
de ces trois originaux. La copie la plus célèbre (dérivée de A), la seule 
que l'on puisse signaler ici, est celle que fit exécuter Nicaise Dèlorme, 
abbé de Saint-Victor de Paris, entre 1488 et 1516 (Bibliothèque natio- 
nale, ms. lat. 14665) ; beaucoup de copies en furent tirées au xvi^ siècle, 
et elle servit à compléter le texte dit de d'Urfé. 

Ces trois manuscrits ont sensiblement la même valeur ; ce sont des 
copies authentiques, dérivées d'un original commun. Plus qu'autre 
chose, ces copies attestent des habitudes particulières aux scribes qui les 
ont exécutées. Les variantes sont donc insignifiantes. 

Le ms. A, très complet, tire une autorité particulière de sa qualité 
matérielle, du fait qu'il semble avoir été destiné à Cauchon (il porte 
encore des fragments du sceau de cire de l'évéque), de ses notes margi- 
nales qui sont de la main du scribe et surtout de plusieurs leçons plus 
correctes. 

Le ms. B, qui porte de nombreux grattages et des ratures, est celui qui 
a servi à Quicherat pour l'établissement de son texte. Je pense qu'à cause 
des ces particularités il a mérité de retenir l'attention de Quicherat. 

Le ms. C marche presque toujours d'accord avec A. Mais ce manu- 
scrit semble avoir été copié assez vite, et de ce fait contient quelques lap- 
sus; il diffère so uvent de^dans^ l'ordre des mots. 

Ce sont là, il faut le dire, des vétilles puisque nous sommes en pré- 
sence de trois copies authentiques. 

LA SOURCE DE l'eXPÉDITION AUTHENTIQUE EST UNE MINUTE EN FRANÇAIS. 

Mais quelle est la source du procès de condamnation mis dans la 
forme où nous le possédons aujourd'hui ? 

C'était, nous l'avons dit, une certaine minute française Çiniiiiita in gallico) 
que le notaire Guillaume Manchon avait écrite de sa main (déposition 
de Guillaume Manchon). Avec ses collègues, Pierre Taquel et Boisguil- 
laume. Manchon recueillait le matin les interrogatoires et les réponses de 
Jeanne. Après déjeuner, les trois notaires travaillaient tour à tour aux 
collations. Ils devaient faire leur travail soigneusement, car Jeanne répon- 

I. Je ne décris pas ces manuscrits, ni ceux qui suivent, renvoyant les lecteurs 
à la Notice littéraire du Procès de condamnation (Qiiicherai, Procès, V, pp. 385 et 
suiv.). 



VIII PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dait avec prudence. Lorsqu'on l'interrogeait sur des points déjà traités, 

elle n'entendait pas répondre de nouveau; alors elle faisait lire ses 

déclarations parles notaires (déposition de Boisguillaume). Dans la séance 

^du 14 mars, on entend Jeanne demander le double de ses interrogatoires 

^" dans le cas où elle aurait été menée à Paris : Item reqnisivit quod, si 

f ita sit quod ducatur Parisius, quod ipsa haheat duplum istorum ijiterrogato- 

riorum et responsor um ejus, ut ipsa tradat illis de Parisius acpossit eis dicere : 

« Ecce qualiter fui inierrogata apud Rothoinagum, et responsiones meas » ; 

et ut amplius ipsa non vexetur de toi petitioiiibus. 

Cette minute en français formait un manuscrit de papier écrit tout 
entier de la main de Manchon qui le montra aux juges delà réhabilitation. 
Sur cette minute française a été faite la traduction latine que nous pos- 
sédons aujourd'hui : « Quo facto, ipse venerahilis magister Guillelmus Man- 
chon certum papyri codiceni, apud se repositum, in quo continctur tota notula 
processus quondam facti contra eamdem Johannani la Pucelle, in gallico, exhi- 
buil, asserens codiceni ipsuni manu sua propria scripluni, et super quo asseruil 
processutn in lalino, in quodani lihro tune oslenso conscriptum, fuisse factunt. >•> 
Cette minute française, produite devant les juges de la réhabilitation, 
nous ne la possédons plus. Et c'est grand dommage. Comme Quichcrat 
a eu le grand mérite de le prouver, nous en conservons seulement un 
fragment écourté dans le ms. de d'Urfé, commençant à la douzième 
séance du procès. 

I.K MANUSCRIT DE d'uRFÉ. 

On s'était, depuis longtemps, demandé ce que contenait un recueil 
fameux de la collection des beaux manuscrits de Claude d'Urfé (1502- 
1558) et qui est désigné ordinairement pour cela sous le titre de manu- 
scrit de d'Urfé (Bibliothèque nationale, ms. lat. 8838). 

Il a fait partie de la célèbre bibliothèque du château de la Bâtie, où 
Honoré d'Urfé a pu le feuilleter en sa jeunesse. Il a appartenu à Baluze, 
à M. de Chavannes, à M. Thomas d'Islan, à Fevret de Fontette, conseil- 
ler au Parlement de Bourgogne en 1769. M. de l'Averdy le trouva au 
Dépôt des chartes et des manuscrits en 1787. 

C'est un très grand recueil (50 )< 30cm. )de294fF.de vélin, dont la reliure 
ancienne de bois et de velours vert aux ornements de cuivre ciselé portant 
la devise et les armes de Claude d'Urfé a été refaite en veau vert au temps 
de Charles X. On y distingue deux écritures bien différentes : l'une date 
du temps de Louis XII» l'autre est une petite gothique contemporaine du 
règne de Charles \'II. Et, sans qu'on puisse absolument rendre compte 



NOTICE CRITIQUE IX 

de ce désordre, ce recueil nous présente : i° le Journal du siège d'Or- 
léans (fol. i-xxxi, écriture du xvF siècle) ; 2° le procès latin de condam- 
nation jusqu'aux mots ego non deponcrem sine licenlia Dei, de l'interroga- 
toire du 5 mars (fol. 1-16 v", écriture du xvF siècle); 3° une rédaction 
fragmentaire en français des interrogatoires du procès de condamnation 
commençant à la séance du 3 mars : « Item dit que la demoiselle de 
Liixanihoiirg » etc. (fol. 17-54, écriture du w"^ siècle); 4° une nouvelle 
transcription complète du procès latin ' (fol. 34-96), suivie de « l'instru- 
ment des diverses sentences » authentiquées par les trois notaires (fol. 
96-100, écriture du xv^ siècle) ; 5° la déposition de Jean d'Aulon (fol. 
100-103, écriture du xv^ siècle); 6» un mémoire latin annexe du procès 
de réhabilitation : « Loquentes qui veritatem non cnimciaveruut » (fol. 
104-110): la fin du procès de condamnation et l'information posthume 
copiées sur le ms. du couvent de Saint-Victor (écriture du xvi^ siècle); 
7° la préface des greffiers mise en tête de la rédaction définitive du 
procès : Hic est initiutn libriabsolucionis... Exigit rationis ordo, etc. ((ol. 112, 
écriture du xvF siècle); 8° un fragment de la rédaction priinitive du procès 
de réhabilitation avec la suite -de la procédure mise en forme de récit 
dans la bouche des juges, et non pas dans celle des greffiers (fol. 1 1 3-240, 
écriture du xv^ siècle) ; 9° une copie de la rédaction définitive du procès 
de réhabilitation comme on la lit dans le manuscrit de Saint-Victor, à 
partir de l'audience du 4 juin 1456 (fol. 241-261, écriture du xvi® siècle). 

Il a fallu la science paléographique de Jules Quicherat, servie par sa 
claire intelligence et sa merveilleuse connaissance des textes, pour 
débrouiller ce chaos ^. Après M. de l'Averdy, qui avait le premier discerné 
que toutes les écritures du xvF siècle étaient autant de compléments 
destinés à combler des lacunes qui existaient dans un texte plus ancien- 
nement écrit, et conjecturé que les interrogatoires en français étaient la 
copie de la minute française, Quicherat a reconnu tous ces morceaux, 
établi l'originalité et la valeur de la première rédaction du procès de . 
réhabilitation, comme celles de la minute 'française. En sorte que nous 
ne pouvons mieux faire que de résumer ici ses conclusions: 

I" « Le manuscrit de d'Urfé est l'exemplaire unique d'une rédaction 
d'essai appliquée au procès de réhabilitation de la Pucelle, mais non pas 
adoptée pour l'expédition des grosses dudit procès ; 



1 . Diffère de B par une attestation particulière de Manchon qui suit VIncipit ; 

à la fin, les attestations des notaires ne sont pas dans le même ordre. Les anno-) 
tations marginales sont comprises dans le texte. 

2. Notice des pièces de la Réhabilitation (Procès, V, pp. 438 et ss.). 



X l'ROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

2° Dès le xv^' siècle, lorsque les cahiers de cet exemplaire furent atta- 
chés, une transposition malencontreuse fit coudre en tête du volume la 
copie des écritures de la condamnation qui auraient dû prendre place 
dans l'intérieur, à la suite du procès-verbal du 5 juin ; 

3° Au xvi« siècle, probablement sous le règne de Louis Xll, le manu- 
scrit, très délabré et réduit environ aux deux tiers de son volume par la 
destruction de plusieurs cahiers, fut répare et complété par l'adjonction 
de nouveaux cahiers dont on prit la matière dans le manuscrit de Saint- 
Victor et que l'on rapporta avec aussi peu de discernement que le relieur 
en avait mis à attacher ensemble les anciens ; 

4° Tout ce qui est de l'écriture la plus ancienne dans le manuscrit de 
d'Urfé a le prix d'un original; tout ce qui est d'une main postérieure est 
sans valeur aucune. » 

Et Quicherat conjecturait encore, avec la plus grande vraisemblance, 
que ce manuscrit avait dû appartenir aux Graville, dont Claude d'Urfé 
avait hérité par sa mère, Anne de Graville, fille de l'amiral de Louis XII, 
Louis Mallet de Graville. (Cf. l'abbé Reure, Les deux procès de Jeanne 
d'Arc et le manuscrit d'Urfé, Lyon, 1894.) Or nous savons que c'est à 
l'instigation de l'amiral que Louis XII fit exécuter, vers l'an 1500, une 
traduction abrégée du procès, dont l'auteur a connu, sans aucun doute, 
la minute française du manuscrit de d'Urle. 

I.A IRAXSI.ATION AXCIKXNK. 

Une ancienne traduction ' a longtemps passé et passe quelquefois 
encore, malgré l'opinion de Quicherat, pour le texte français original du 
procès de condamnation. Un mémoire très peu critique de l'abbé Dubois, 
reproduit et vulgarisé parles collections de Buchon, de Michaud et Pou- 
joulat, lui a donné ce crédit. Et par contre, la valeur du texte de d'Urfé, 
où l'Averdy et Quicherat ont reconnu, à raison, la minute originale de 
( Manchon, ne paraît pas évidente à tout le monde, puisque j'ai entendu 
un jour un des meilleurs érudits sur le sujet de la Pucelle me parler de 
ce texte comme d'une « médiocre version française ». 

Il faut en finir et honorer une fois de plus la perspicacité de Jules 
Quicherat. 

Que la version française, mise en av;int par l'abbé Dubois, ne soit 



I. Cette translation française a été éditée, d'après le ms. 411 de la Bibliothèque 
d'Orléans, par J.-A. Buchon (Collection des Chroniques nationales françaises, à la 
suite de Moiistrelet, t. IX), qui l'a fait suivre du mémoire de l'abbé Dubois. 



PL. V 







(a) ecnture du XV' siècle (fol. 29) 



■^î 



;^^^ ^^vi^rc.- ^^5*^ ?^ ^*^^ f^*" Z^"*'^ f^-^^ «P-V .^ 
Lv.,.*^.^ -^-^ -^^ 7-î^.-»0 SH^-/^ c^-*y 7--^ f^(y^M.0^f^^> 

^i^cUy ent^ .:i*c^H«^4-^ >»o m*^ '^V^ ^*^ J»tVicvi<:«»V^cO ^V- r>v^.^c, 

fb) écriture du XVI- siècle (p. 16) 
FAC-SIMILE DU Ms. DU PROCÈS DE CONDAMNATION DE lEANNE DARC (U) 

liiblinlhiviic .\,llw,n,U: \h. Un. S.-,iti 



NOTICE CRITiaUR XI 

qu'une traduction, c'est ce qui résulte du titre même de cet ouvrage : 
w Cy commence la déduction du procès faicl par Monseigneur Pierre Cauchon, 
cvesque et comte de Beauvais, en matière de la foy, contre une femme nommée 
Jcbanne, vulgairement appelée la Puccllc, translatée de latin en françois par le 
commandement du roy Louys, douiicsnw de ce nom. et à la prière de Monsei- 
gneur l'admirai de France, seigneur de Gravillc. » Aux yeux de tout cri- 
tique, cette rubrique devrait suffire. 

Mais entrons un peu dans le détail de ce travail, l'œuvre d'un disciple 
de Gerson, un bon français, mais un médiocre latiniste au demeurant : 
il l'avouera et le prouvera '. Il n'est pas indifférent d'ailleurs de savoir 
comment a travaillé l'auteur de la première édition du procès de la 
Pncelle. 11 avait lu, dit-il dans son préambule historique, les Chroniques 
de France, Froissart, Monstrelet, Gaguin et, comme élève de Gerson, il 
a une tradition qui mérite le respect. C'est dommage seulement que son 
talent et sa connaissance du latin n'aient pas été à la hauteur de ses 
bonnes intentions. J'ai lu sa translation comme un devoir d'écolier et 
l'ai confrontée avec les originaux qu'il a eus sous les yeux ; en vérité, son 
travail est médiocre, sa langue incertaine. Les latinismes y abondent, et 
nous n'avons pas un seul instant l'impression de la langue rapide et 
concrète que parlaient les contemporains de la Pucelle^. 

Le translateur écourte les textes 3, commet de fâcheuses omissions ou 
ajoute des explications qui altèrent souvent le sens du texte qu'il a sous 



1. « Devant que procéder plus outre j'ai bien voulu mectre l'oppinion de maistre 
Jehan Gerson, docteur en théologie, pénitencier de Paris, contraire à toutes les 
oppinions des autres théologiens de Paris, laquelle oppinion est fondée en plu- 
sieurs raisons, lesquelles sont difticilles à translater en françois » (Buchon, op. cit., 

P- 177)- 

2. « Caritativement » rend caiitative {ibid., p. )i); « invaillable «, invalidus 
(p. 57); teiiipore xstivo devient « en temps d'esté «(p. 59); ex ahiindanti, «d'abon- 
dant» (p. 64); perseqiiendi Biirgundos, « de persécuter les Bourguignons » (!) (p. 69) ; 
Et non creditde hocfecisse opéra, « mais n'en cuide point avoir fait les oeuvres » (p. 76) ; 
de temeritate credentix, « de sa téméraire crédence » (p. 1 56) ; seductorium , « séduc- 
toier 1) (p. 167); contemnis ipsiim, « et le contempnes » (p. 168); piisillanimitas 
vergens in desperationem, «ce fut pusillanimité tendante adespéracion» (p. 170); 
eligere viam, eslvre la voie (p. 173); neiiiine ipsam conipelleiite, «personne ne l'avoit 
conipellée à ce » (p. 182) (la minute de d'Urfé dira « sans nulle contraincte ») ; 
dans le même ordre d'idée magnavi injuriant est traduit « la grande injure » 
(p. 183) (la minute de d'Urfé dira « la grant mauvestié de ce qu'elle avoit fait ») ; 
linior igtiis devient « la crainte du feu » (p. 184) (la minute dira « la paour »). 

3. (^est là un procédé si constant du translateur qu'il est impossible de le signa- 
ler particulièrement. 



XII PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

les yeux ' ; et, trop souvent aussi, il paraphrase gauchement le latin, 
arrange, déplace, change l'emploi des temps. 

Comme exemples de lourdes paraphrases, on peut citer au premier 
interrogatoire la traduction du paragraphe : « Item requisita pcr nos qitod 
diceret Pater Noster » (p. 55); la façon presque comique dont est rendu 
le paragraphe de la séance du 22 février : « luterrogata ntrum in juven- 
tiite didicerit aliquam artem,^^ etc. {p. 58) : Artem, «art», il est vrai, à côté 
de « métier », demeure bien singulier ; et le translateur omet filer parmi 
les occupations de la jeune fille ; « nec timebat mnlierem Rothomagensem de 
nendo et siiendo » devient ceci : « Et que sa mère lui avoit apprins à coustre 
et qu'elle ne cuidoit point qu'il y eust femme dedans Rouen qui ne lui 
en sceust apprendre aucune chose » ; « Vacahat circa iiegotia familiariii 
domiis » est rendu « en laquelle maison elle faisoit les négoces (!) de ladite 
maison » ; « curato proprio », « a son propre curé » ; « serenalionem 
conscentiarum », « la sérénité des consciences des chrestiens » (p. 172); 
« lraiisJigura)ido in speciem Christi, Angcliy)... « En eux transférant en espèces 
d'angels ou de saincts » (p. 174); la fin du discours de Cauchon à 
Jeanne (p. 174). 

Mais il y a pis ; l'œuvre du translateur n'est pas exempte de quelques 
bons contresens ^. 



1. <' Je ne vous les dirai point encore, mais allez au roy et il vous les dira » 
(p. 62), fausse le sens de la réponse du 22 février : « Ego non dicani hocvobis :adhuc 
von est vobis responsutn ». « Et crois que tout le clergé de Rouen et de Paris ne 
m'y sauroient contraindre se ils ne avoient tort »(p. 64) ne rend pas du tout la 
réponse du 24 février : « dicens ulteiius quod lotus clerus Rothomageusis vet Parisiensis 
nesciret eatn coudeninare, nisi haherel in jus » ; « récorder » (p. 73) n'est pas recitare. 

2. Quicherat a déjà noté, dans le premier interrogatoire, l'ignorance du trans- 
lateur qui a fait un contresens sur de lingua gatlicana qui signifie, comme on sait, 
de nation française, et ici d'obédience française. « Tune autetn diximus quod tihenter 
sibi traderemns unmn aut duos notahites viros de tingiia gatlicana, coravi quitus ipsa 
diceret Pater noster. » — « Et adoncq ledit évesque dit : je vous ordonnerai un ou 
deux notables personnaiges de cette compagnie (c'est-à-dire des Anglo-Bourgui- 
gnons) auquel vous direz Pater noster et Ave Maria » (interrogatoire du 2 1 février). 

L'omission de la négation fait un non-sens delà phrase suivante : « Item, tu as 
dit que souvent en tes lectres tu as mis ces deux noms Jhesus Maria, et le signe 
de la croix, en cuidant démonstrer à ceux à qui tu escripvois que tu feroys le con- 
tenu en tes lectres ; et, en aultres tes lectres, te es vantée que tu férirois tous ceux 
qui ne te obéiroient... » (p. 168). « Item tu dixisti quod sœpe in tuis litteris posuisti 
ista nomina Jhesus Maria, et sigmivi crucis, designando quod illis ad quos scribebas 
non facerent contenta in litteris. In aliis autem litteris te jactasti quod faceres occidi 
omues iltosqui non obedirent... » (Art. VI de la cédule des erreurs de Jeanne.) « Ad 



NOTICE CRITIQ.UE XIII 

Quelles sont les sources du translateur ? 

Il a suivi le texte de la version définitive, en l'abrégeant, pour tout le 
début du procès, et cela jusqu'à la séance du 3 mars : c'est dans cette 
partie qu'il accumule les latinismes, les lourdeurs, les omissions, les 
arrangements, les inexactitudes. Au cours de cette séance, le ton change"^ 
tout ;i coup : le translateur copie la minute trançaise dont il a certaine- | 
ment trouvé le fragment que nous possédons dans le ms. qui appartiendra » 
plus tard à Claude d'Urfé. Il reproduit les fautes ' les plus singulières, 
les textes uniques qui ne se trouvent que là, les lacunes et les inadver- 
tances du copiste de ce manuscrit, en particulier en ce qui concerne 
l'ordre des séances -. Aucun doute sur ce point. Tout au plus peut-on 
noter quelques omissions, et parfois aussi quelques corrections heureuses. 
Le translateur reprendra le texte de la version dérinitive au cours de la 
séance du 19 mai : jusqu'à la lin du procès, saut quelques réflexions et 
quelques intercalations originales qui lui appartiennent, il travaillera sur 
ce texte. De nouveau réapparaissent les latinismes, les contresens, les 
explications, les omissions, les abrégés, les inexactitudes, tout ce qui 
caractérisait le début de son travail. 

Plusieurs incidents méritent toutefois d'être retenus et lui appartiennent 
en propre : une tradition sur le sujet de l'entretien secret entre le roi ) 
Charles et Jeanne; l'opinion de Gerson, favorable à la Pucelle ; une^ 



requestain tuain » {_lbid., art. Xlj n'est pas rendu du tout par « pour requeste du 
inonde » (p. 171). « Maie sentiens de uniLate » a'tst pas « mal sentante la vérité » 
(p. 172). ^i Credulitis » n'est pas rendu par « incrédulités » (p. 174J. 

1. Que autrement (Buchon,o/?.c//., p. loi); i'cira.ngc leçon turbatton des apersou- 
nes»{p. 10^) pour ^<. des prisons » ; la rubrique répétée du 15 mars (p. iiyjjk transla- 
teur rencontre, au cours de cette séance, la mauvaise graphie ont fait voulentiers 
oblacion {pour on /ait) ci ["mtt^rpièie oit faict i^p. 119J; il reproduit l'étrange faute 
armast pour ado ras t (p. 128J; coste (p. 152J pour teste. 11 ajoute même quelques 
erreurs nouvelles ; par exemple (p. 1 1 5J : Sen^neur de Loire, ne comprenant pas de 
L'Ours comme titre donné a Thôtelier parisien. Le copiste du texte de d'Urfé avait 
omis le mot roi à la requête de qui Jeanne avait été devant la Charité. Le translateur 
complète cette omission par le mot cappitaine, ce qui est absurde, puisque le capi- 
taine était l^errinet Gressart, l'Anglo-Bourguignon contre qui allait combattre 
Jeanne (p. 121). Il rencontre (séance du 17 marsj la mauvaise leçon « brannera 
presque tout le royaume *, etc., qu'il est bien excusable de ne pas corriger; mais 
alors le translateur refait une phrase qu'il rattache à la précédente (^p. 125). l^ar 
contre il a bien corrigé quelle figure (p. 103) au lieu de quelque ; « teist par leur 
conseil » (p. 122) au lieu de feust ; exortacion, corrigé exhortation (p. 135^ ; sauroit 
pour sçavoit (p . 159). 

2. Au milieu de la séance du 17 mars il intercale celle du 2 mai ; il reproduit la 
délibération unique du 27 mars; les mêmes lacunes (séance du 28 et du 31 mars;. 



XIV PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

forme abrégée de l'abjuration du cimetière Saint-Ouen où Ton serait tenté 
de reconnaître la formule brève que dut signer Jeanne ; un récit de 
cette scène dont le translateur n'indique pas la source, mais qui paraît 
être Viiijoniialio pra'via ; enfin une explication mystique, cl des plus 
curieuses, sur l'information posthume faite parCauchon. 

En voilà assez pour retenir notre attention. 

En résumé, le translateur a travaillé sur la version définitive du pro- 
cès au début et à la fin de son travail : entre les séances du 5 et du 
19 mai, il a reproduit textuellement la minute, comme nous la possédons 
aujourd'hui dans le manuscrit de Claude d'Urfé. L'emploi de ces deux 
textes pourrait au premier regard paraître un peu surprenant si l'auteur 
ne nous avait pas parlé de l'utilisation simultanée de deux livres". La 
reproduction des fautes du ms. de d'Urfé surtout ne laisse aucun doute à 
ce sujet ; et l'usage de ce manuscrit paraîtra même fort naturel si l'on 
se rappelle que la translation française fut entreprise sur les ordres de 
l'amiral Mallet de Graville dont hérita Claude d'Urfé. C'est donc dans la 
maison de Graville que le translateur a travaillé ; c'est là qu'il a trouvé 
ces deux textes dont il nous parle, et qui ne sont pas d'accord : tout 
comme nous, le premier éditeur du procès de Jeanne d'Arc a travaillé sur 
le précieux ms. lat. 8838. Il n'en savait pas plus que nous. 

On voudrait recommander la lecture de son oeuvre, encore savoureuse, 
si elle n'était trompeuse à fcirce d'omissions. Mais, encore une fois, la 
translation est sujette à caution. Nous n'y avons pas la parole de Jeanne 
d'Arc ; nous n'en possédons l'écho que là où le translateur a copié la 
version française que possédait son patron Mallet de Graville. 



LA VERSION FRANÇAISE DU .MS. DE D URFE EST BIEN UN FRAGMENT 
DE LA MINUTE ORIGINALE. 

On a vu que le vieux translateur avait négligé de reproduire à la fin 
de son travail ce qui subsistait de la minute française. C'est une chance 
puisque nous pouvons ici comparer les trois textes : 1° la minute fran- 
çaise de Manchon ; 2° la version latine et définitive de Thomas de Cour- 



I. « hiterroguée qui lui conseilla de prendre habit d'homme, à laquelle interro- 
gation j'ai trouvé en uug livre que ses voix lui avoient commandé qu'elle print 
habit d'homme, et en Vautre j'ai trouvé que, combien qu'elle en fust plusieurs fois 
interroguée, touttesfors elle n'en feist point de réponse, fors : « Je ne charge 
homme;» et ai trouvé audit livre que plusieurs fois varia à ceste interrogation. » 



NOTICE CRITiaUE XV 

celles et de Manclion ; 3" la version du translateur de Mallet de Gra- 
viUe. 

Nous prendrons d'abord comme exemple une phrase de l'interrogatoire 
du 25 mai (19 mai dans la version du translateur) : 

I" Item, interroguée 2" Ih'iii, iiilcrrooala 5" Item, interroguée 

s'elle cuide et croist nlrinii credalne quod par ledict maistre 

qu'elle ne soit point ipsa leneatur siihruitterc Pierre se elle croit 

tenue submeictre ses dicinetfactasuaEccle- qu'elle ne soit tenue se 

dix et faisà l'Eglise mi- siœ im'lilaiili vel alteri submectre à l'église 

litantou à autres que à qitain Dca : . respondit : militante de ses faicts 

Dieu : respond : « La « Ego volo maiiutencrc et de ses dicts, à autre 

manière que j'ai tous- ilhim modiim, quantum que Dieu, respond : 

jours dicte et tenue eu ad hoc, qnem ego sernper « Je veux maintenir le 

procès, je la vueil dixieiteiiui{nprocessu.y> mesme que j'ai tou- 

maintenir quant ad Item dixil quod, si ipsa jours tenu en mon pro- 

ce. «Item dit que, s'elle esset in jiidicio et videret ces; et si je est03^s en 

estoit en jugement et iguem accensum, ligna jugement et véovs le 

véoit le feu alumé, et parata et tortorcm aiit feu allumé et le bois 

les bourrées alumer, itlum qui deheret immit- préparé, et le bourreau 

et le bourreau prest de tere igiiem, paratnm ad ou celui qui me deb- 

bouter le feu, et elle hoc faciendum, et ipsa vroit mettre en feu 

estoit dedans le feu, esset iiifra iguem : non prest de me jecter 

si n'en dyroit-elle autre lanien diceret aliiid, et dedens, et encoires 

chose et soustendroit sustineret illud quod quand seroys au feu, 

ce qu'elle a dit eu pro- dixitin processu, usque n'en diroys autre chose 

ces jusques à la mort. fl(/ wor/^m. (Version la- que ce que j'en ai dit; 

(Minute française.) tine définitive.) mais veux soustenir ce 

que j'en ai dit jusques 
à la mort ». (Version 
du translateur.) 

\"oici un second exemple emprunté à la séance du 28 mai : 

1° Item, dit qu'elle 2° Item, dixit quod 3° A quoi respon- 
n'a point dit ou enten- ipsa non dixit l'el intelle- dit qu'elle ne enten- 
du révoquer ses appa- xil quodrevocaret suasap- dit jamais avoir révo- 
ricions, c'est assavoir paritiones, videlicetquod que les apparitions de 
que ce fussent sainctes essent sanctx Katarinaei ses voix, c'est assavoir 
Marguerite et Kathe- Margareta; et tolum hoc que ce fut saintes Ca- 
rine ; et tout ce qu'elle quod fecit, ipsa fccit therine et Marguerite ; 



XVI 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 



a fait, c'est de paour 
du feu, et n'a rien ré- 
voqué que ce ne soit 
contre la vérité. Item, 
dit qu'elle ayme mieux 
faire sa pénitance à une 
fois, c'est assavoir à 
mourir, que endurer 
plus longuement paine 
en chartre. item, dit 
qu'elle ne fist oncques 
chose contre Dieu ou 
la foy, quelque chose 
que on luy ait l'ait 
révoquer ; et que ce 
qui estoit en la cédule 
de l'abjuracion, elle ne 
l'enlendoit point. Item, 
dit qu'elle dist en l'eure 
qu'elle n'en entcndoit 
point révoquer quel- 
que chose, se ce n'es- 
toit pourveu qu'il 
pleust à Nostre Sire. 
Item, dit que, se les 
juges veullent, elle 
repranda habit de 
femme; du résidu elle 
n'en fera autre chose. 
(Minute française.) 



prœ ihnoreignis et nihil et ce qu'elle en a dit, 
revocavit quin hoc sit ce a esté pour la 
contra veritatem. Item, crainte du feu ; et se 



dixit quod ipsa praediU- 
git facere pœrdtentiam 
siiam una vice, videli- 
cet moriendo, quam lou- 
gius sustinere pœnam 
in cancre. Item dixit 
quod nunquam fecit ali- 
quid contra Deum aut 
fidcm, qiiidquid jussuni 
sihi ftierit revocare, et 
quod illud quod conti- 
nehatur in schcdula ah- 
jurationis, ipsa non in- 
tell igebat. Item, dixit 
quod ipsa non intende- 
bal aliquid rcvocare, 
nisi proviso quod hoc 
placeret Deo. Item dixit 



elle en a révoqué, ce a 
esté contre vérité. 
Item, dit qu'elle aime 
trop mieux faire pé- 
nitence, c'est assa- 
voir en mourant, que 
plus longuement sous- 
tenir la peine de la 
prison. Et se dist que 
jamais elle ne feist 
aucune chose contre 
Dieu ou contre la foi, 
quelque chose que 
on lui ait comman- 
dé révoquer ; et ce 
qui estoit contenu en 
la cédule de l'adjura- 
cion (sic), elle ne l'en- 



quod, si judices velint, tendit jamais et qu'elle 
ipsa recipiet habitum ne entendit jamais ré- 



muliebrem ; et de resi- 
diio nihil aliud faciet. 
(Version définitive.) 



voquer aucune, se ce 
n'estoit qu'il pleust à 
Dieu qu'elle révoquast. 
(Version du transla- 
teur.) 



Faisons de suite justice de la version française du translateur, dérivée 
de la version latine définitive où l'on retrouve tous les défauts signalés 
au paragraphe précédent. (Dans le premier exemple, calqué sur la phrase 
latine, le translateur ajoute : prest de me jecter dedens interprétant paratum 
ad hoc faciendum ; dans le second, remarquons deux latinismes inusités : 
eti mourant pour moriendo, soustenir la peine de la prison calqué sur sustinere 
pœnam in carcere.) 

Conférons maintenant la minute de Manchon et la version définitive. 
Nul doute que la version latine ne soit à son tour calquée sur la minute 



NOTICE CRITiaUE XVII 

dont elle épouse exactement la forme française, mais en rendant les motsN y' 
concrets et rapides de notre langue courante par les termes plus géné- 
raux du latin qui traîne à son tour ; ici ce n'est plus du français calqué 
sur du latin, c'est du latin calqué sur du français. 

Dans le premier exemple, voyez la rapidité et le tour bien français de ] 
la phrase : « La manière, etc. » Les traducteurs rencontrant ce joli mot/ 
de nos campagnes : les bourrées, l'ont rendu par ligna -jCl l'on avouera que 
prcsl de bouter le feu est pauvrement rendu par parnluin ad hoc faciendum. 

Dans le second, la paour du feu résonne autrement que timorignis. Voilà 
un tour de parler bien français: dit qu'elle aynie mieulx faire sa pénitance à j 
une fois, c'est assavoir à mourir etc., que la version définitive a si curieuse- ; 
ment calqué, mais cette fois au mépris de la latinité. Notre Sire est autr e 
chose que le Deus de la version latine . 

Qu'on lise, ligne par ligne, et la minute et la version définitive, on 
sera partout amené à des conclusions analogues. La version définitive est 
un travail très honorable. On sent qu'il y a eu partout effort pour serrer 
de près un texte vivant, rapide, mais en somme diflicile à rendre à cause 
des mots de chez nous. La version latine reproduit, du mieux qu'elle 
peut, la minute française, explique les choses, et, en désespoir de cause, 
admet le mot français. 

Ce n'est pas seulement dans cette comparaison des deux textes qu'il 
appert que le ms. de d'Urfé nous a conservé la version originale du pro- 
cès de condamnation. Dans les parties latines communes, il y a des 
variantes nombreuses et caractéristiques qui, toutes, militent en faveur du 
texte original de d'Urfé. Quicherat, qui l'a reconnu, en général, n'a pas 
reproduit partout cette partie latine. En rapportant, par exemple, les actes 
de la séance du 27 mars, Quicherat publie une délibération des juges 
qui ne se rencontre que dans le manuscrit de d'Urfé : il ajoute (I, p. 200, 
note i) : « Le reste est absolument conforme à la rédaction définitive. » 
Or tout l'alinéa qui suit est à la troisième personne (dictus doininus Bel- 
vacensis et vicarius iuquisiioris obtuleriiiit dictœ fohannx, etc.) et montre une 
rédaction bien difterente ; dans la version définitive, c'est l'évêque qui 
parle. 

Certains passages du texte latin ont été omis par Quicherat. J'ai cru 
devoir les reproduire tous, puisque nous avons ici le moyen de voir com- 
ment ont travaillé les notaires et les juges pour rédiger la rédaction 
latine définitive. Cela importe pour apprécier toute la valeur de la 
minute française, celle-là, en général, très exactement publiée par 
Quicherat. Enfin nous retiendrons encore que cette version première 
contenait bien des renseignements, des noms, des délibérations qui n'ont 
Procès de Jeanne d'Arc h 



XVIII PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

pas trouvé place dans la rédaction latine, définitive. Le texte de d'Urfé a 

donc tous les caractères constituant une version originale. Et nous pouvons 
même voir comment ceux qui mirent en latin le texte français l'ont 
parfois précise, rnudifié et même faussé dans un sens ^ défavora ble à 
Taccusée. Comme cela est plus probant encore ! Quelle valeur cette cons- 
tatation ne donne-t-elle pas au texte français que nous a conservé 
le ms. de d'Urfé! 

C'est qu'il est bien, en effet, l'original sur lequel a été calquée la ver- 
sion latine définitive ; qu'il reproduit cette langue parlée, rapide et 
franche, autant qu'on la dégage d'un procès-verbal déjà mis en forme 
par un greffier; que nous y entendons l'écho de la parole de Jeanne. 
C'est dans la minute française, et là seulement, que nous trouverons 
le mouvement de la phrase française, ses incidentes rapides, les mots de 
la campagne et de l'armée qui étaient bien ceux de Jeanne, ses propres 
ex clamations . 

Parcourons seulement dans le détail le premier fragment de la minute. 
Entendons Jeanne répondre : « Il est bon à savoir que les seigneurs 
maintenoient leurs armes » ; « Entrez hardiment parmv les Anglois » ; 
« C'estoit de blans satins, et y en avoit en aucuns les fleurs de Hz » (Res- 
poiidit qiiod erat de alhis satiiiis, gaUice de blans satins, et iit aliquibus erant 
lilia, traduira le latin); le « bon eur » attaché à l'étendard devient boiiain 
forliuiant; « et m'en actend à leur couraige » sera traduit et nie refera ad 
aniiinini ipsoruiii; « lever les enfants » sera expliqué de sacro fonte; les 
« bonnes femmes » deviendront des tniilieres ; une « livrée de gans pour 
bailler aux chevaliers » prendra cet aspect ecclésiastique : iiiia lihrata de 
chirotheris pro tradendo niilitibus; la haquenée sera rendue par gradarius , 
qui est le cheval qui marche à l'amble. A propos de l'enfant de Lagny, 
Jeanne dira bien vivement qu'il « estoit noir comme sa coste; mais quant 
il baisla, la couleur lui commença à revenir » ; ce qui sera traduit sans 
grâce : eratque iiiger velut tiinica ejusdcin fotmiinœ ; sed quando fccit hiatuin 
color ejtis cœpit redire ; « héraulx et trompectes pour faire crier » devien- 
dra : hcraldos et tubiciues seu trompetas ad facieudum proclatnari. A Cathe- 
rine de la Rochelle, Jeanne ayait répondu « qu'elle retournast à son 
mary faire son mesnaige et nourrir ses enfans » ; ce qui sera traduit : 
quod reverferetur ad maritum suum et faceret negotia domus suée, gallice son 
mesnage, et nutrirei pneros sues. « On n'y trouveroit point de paix, si ce 
n'estoit par le bout de la lance » est une bonne phrase où résonne clai- 
rement la parole de Jeanne : le traducteur la calquera fidèlement, certes; 
mais alors, dans quelle latinité : quod sibi videbatur quod non reperiretur 
pax, nisi per butnm lanceae ; la minute dit « gecter eaue » et la version 



NOTICE CRITIQUE XIX 

définitive explique: projicificit (Uiuaiii hciicdictaiii ; « respond qu'elle n'en 
maugréa oncques, ne sainct ne saincte, et qu'elle n'a point accoustumé 
à jurer » est reproduit de même : Respondit quod ipsa nuuquani mahdixit 
Saiiiiiiiii vel Saïuiam et quod ipsa nuiiqnain coiisuevit jiirarc. 

De plus nombreux rapprochements, tant de gallicismes étranges, exac- 
tement semblables à ceux du texte français de d'Urfé, n'ajouteraient rien 
de plus à une évidence. 

Il y a mieux encore : dans la séance du 2 mai, la version latine défini- 
tive empruntera, sans les traduire, les mots mêmes du texte de Man- 
chon. Et par contre, comme cela ne peut avoir lieu que dans le cas d'un 
orignal commun qui a servi au traducteur, nous rencontrons des omis- 
sions, volontaires ou non, dans le travail définitif en latin '. 

En voilà assez pour établir la valeur du texte français du manuscrit de 
d'Urfé, justifier tous les regrets de ne posséder que des fragments d'une 
minute aussi précieuse ^. 



GARANTIES RELATIVES D AUTHENTICITÉ ET DE FIDÉLITÉ 
DE LA RÉDACTION DÉFINITIVE. — DATE DE LA VERSION LATINE DE COURCELLES. 

La rédaction définitive du Procès de Jeanne d'Arc, comme nous la 
possédons, présente-t-elle toutes les garanties de fidélité nécessaires ? Les 
interrogatoires en français sont-ils passés littéralement dans le latin ? 

Les citations que nous venons de donner répondent déjà à cette ques- 
tion. Le fait a été cependant mis en doute par le promoteur du procès 
de réhabilitation, dès 1452, et par les avocats de la famille d'Arc : « Item^ 
quod dictas prxtcusiis processus, orioinaliter primo in gallico scriptus, fuit 
minus jjdeliter_^ in lalinum transhtns, mùltis detruncatis dictx Johannx 



excusationetn contingentibus, et plu ri mis additts contra veritatem, ipsis factum 
aggravantihus ; sicque dictus processus a suooriginali in pluribus suhstantiali- 
hus discrepare comperitur... — Item, et licct in dicto processu fuissent assumpti 
notarii puhlici, fide digiii, qui palam verhis galUcis dictx fohannx processum 



1 . Dans la séance du 1 7 mars, il faut noter l'omission de deux réponses de la 
Pucelle. 

2. La copie de d'Urfé n'est pas qu'incomplète, elle est souvent fautive : CJmstel pou r 
autel (séance du 3 mars); prendre cour peindre (séance du 10 mars); acteudie pour 
entendre {séance, du 14 mars); sen pour sans; ont fait voulentlers oblacion pour on 
fait (séance du 15 mars); hrannera cour brantera (séance du 17 mars); l'eure pour 
Verre; armast pour adorait (ihid.). D'autres fautes sont d'origine graphique : caste 
pour teste (séance du 17 mars); ai n s ne pour au sire [de Boussac] (séance du 2 mai). 



XX PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

et acta ejiisdem registrariint, altamen quidam alii suspecti nolarii, in loco 
abscondito et propinquo latuermit, qui phirajalmjcribere voluerunt . . . Imo et 
quidam alius confcctiis et processus in authentica forma, phiriniuin disfans cl 
dissimilis a dicto priori processu. Et hoc fuit et est verum. . . » 

Ce sont là des assertions gratuites. Pour les réfuter, le notaire Guil- 
laume Manchon n'eut qu'à livrer la minute française du procès de con- 
damnation aux juges delà réhabilitation. 

Bien qu'il tint alors à prendre une attitude prudente et honorable 
(Manchon dira avoir pleuré pendant plus d'un mois après le supplice de 
Jeanne, avoir acheté, avec l'argent qui lui revint du procès, un petit 
missel pour dire des prières à son intention), bien qu'il ait été la créature 
de l'évêque de Beauvais, il semble que Manchon fit correctement sa 
besogne. Il se plaignit des faux greffiers appostés aux audiences : « Et, fado 
praudio, cum legerelur et ficret collatio in prxsentia aliquorum dociorum, in 
domo episcopi Belvacensis, de scriptura dicti Joqucntis fada de mane, dicehatur 
ipsi loqueuti quod per alios aliter fuerat script uin, iiuiuccndo eum qnod scriberet 
ad modum aliorum. Quibns respondebat loqucns jideliter scripsisse, et quod 
nihil mutaretyprout nec mutavit, imo fideliter scripsit. Etrecolit quod in verbis 
de quibus erat controversia inter eum et dictas scriptores, ipse loquens faciebat 
notam, et, in crastino, ipsa Johanna, super dubUsinterrogata iterum, confirma- 
bat scriplurani loquentis, prout vidcri poterii per inspedioneni processus. . . » 
« Item dit qu'en escripvant ledit procez, icelui déposant fut par plusieurs 
fois argué de monseigneur de Beauvais et desditz maistres, lesquelz le 
vouloient contraindre a escripre selon leur ymaginacion et contre l'en- 
tendement d'icelle. Et quant il y avoit quelque chose qui ne leur plaisoit 
point, ilz détendoient de l'escripre, en disant qu'il ne servoit point au 
procez; mais ledit déposant n'escripvit oncques, fors selon son entende- 
ment et conscience «(Déposition de G. Manchon). L'huissier Jean Massieu, 
qui eut des égards pour Jeanne, le déclarera : « Et recolit quod ipse Man- 
chon non scribcbat ad libitum aliquorum, imo pro veritate scribebal ; d ali- 
quando faciebat quod ipsa fohanna super difficultate recolebatur , et reperiebatur 
quod Manchon bene intelligebat et scribcbat K «Mais surtout entendons le 



I. Suivant la déposition de Jean Le Fèvre, tandis que Jeanne était examinée sur 
ses apparitions et qu'on lui donnait lecture de ses réponses, il lui fit remarquer 
qu'elles avaient été mal transcrites, que l'accusée n'avait pas répondu ainsi. Et il dit 
à Jeanne d'en faire la remarque. La Pucelle demanda alors au notaire de lui donner 
une seconde lecture, vu qu'elle avait dit le contraire et que sa transcription était 
mauvaise. La réponse de Jeanne fut corrigée : « Ettuiic nuioistcr Giiilletmiis MancJmi 
ddem Joliannx dixit quod de cxtero attenderet. « 



NOTICE CRITiaUE XXI 

témoignage du bon dominicain de Rouen, frère Isambard de la Pierre, 
qui chercha toujours à éclairer Jeanne sur les pièges qu'on lui tendait et 
qui tint la croix devant son bûcher : « Judicio loqueiitis, didus Manchon 
fideliter scripsit et retulit, et se refeii processui. » Enfin, s'il avait signé le 
procès et son abrégé. Manchon refusa de signer l'information posthume, 
malgré le désir de Monseigneur de Beauvais. 

Des charges autrement graves pèsent sur les juges ', et l'évcque, plus 
que sur les rédacteurs du procès et ce pitoyable Manchon. Les douze 
articles d'accusation n'ont pas tous été corrigés suivant la minute transcrite 
de la main de Manchon ; au témoignage de frère Isambard de la 
Pierre, ce dernier n'aurait pas consigné l'appel de Jeanne au Concile que 
ce bon religieux lui avait conseillé d'interjeter : « Tune episcopus Belva- 
censis aspere increpavit loqiientem, dicendo : « Taceatis, in nomine diaholi ! » 
Ouibiis sie atiditis, dominus Guillelmiis Manchon, notarius dictce caiisx, qiiœ- 
sivit ah ipso episcopo an scriherethujusmodisuhmissionem; qui quidem episcopus 
rcspondit qiiod non, et quod non erat necesse, dicta Johanna dicente dicto epis- 
.opo : « Ha! vos bene scrihitis quœ faciiint contra me, et non vultis scrihere 
quœfaciunt pro me ! » Et crédit quod non fuit scriptum; unde subsecutum est 
in consilio illo magnum murmur . . . » 

Mais il faut avouer qu'il est bien singulier de constater que Thomas 
de Courcelles, le rédacteur, avec Manchon, de la version définitive du 
procès, a pris soin d'omettre son nom alors que la minute le donne 
comme prenant part aux délibérations relatives aux articles d'accusation 
dressés contre Jeanne (séance du 27 mars), et qu'il n'a pas transcrit 
l'opinion des juges sur la procédure où son nom figure (ibid.^ ; en outre, 
il est à noter qu'il ne reproduira pas les avis sur la torture (séance du 
12 mai) où son nom figure encore; qu'il restreindra son rôle lors du 
procès de réhabilitation et qu'il chargera surtout l'évêque. 

Or Thomas de Courcelles, comme on le verra en lisant sa notice 
biographique, était absolument l'homme de Cauchon. Et, se fiant à sa 
mémoire pour compléter les parties omises par les notaires de la minute, 
il a aussi donné des titres inexacts aux assesseurs du procès ^. Ni dans 
l'ensemble, ni dans le détail, il ne paraît donc avoir eu un très grand 



1. Déposition de R. de Grouchet (Quicherat, II, p. 3 57) : Dicitquod crédit nota- 
rios fideliter scripsisse. Vidit tamen et audivit quod episcopus Belvacensis, quando 
notarii non faciebant sicut voiebat, aspere increpabat eos : eratque res ipsa valde 
violenta, ut asserit, ex his quae vidit et audivit; p. 359: Dicitquod notarius scribe- 
bat processum in gallico, et quando erat dubium super scriptura, ei repetebatur. . . 

2. Denitle et (Châtelain, Le procès de Jeanne iVArc et l'Université de Paris, p. 1 5-16. 



XXII PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

souci de l'exactitude '. Lorsqu'il comparaîtra au procès de réhabilitation, 
il ne se souviendra plus de rien. Il affirmera qu'il na jamais délibéré sur 
une peine à infliger à Jeanne ^. Tout cela est fort troublant et indique 
une conscience bien médiocre, des réticences qui ne peuvent pas être 
involontaires. 

A quelle date Thomas de Courcelles exécuta-t-il son travail ? 

Les textes du procès de réhabilitation ne suffisent pas pour préciser ce 
point. Ils disent seulement : «un grand espace de temps après la mort de 
Jeanne » (Déposition de Taquel); « longtemps après sa mort et son exécu- 
tion » (Déposition de Manchon). Le père Denifle ayant fait une étude 
particulière des titres universitaires et religieux donnés aux assesseurs, 
titres qui manquent la plupart du temps dans la minute française, a été 
amené à conclure que le procès a été rédigé au plus tôt en 1.135. Le per- 
sonnage que la minute nommait seulement Tabbé de Mortemer, Cour- 
celles l'appela Guillaume, abbé alors nouvellement en fonctions (voir la 
notice sur l'abbé de Mortemer). 

Le fait est important à signaler. Sans doute, les juges partiaux de Jeanne 
estimaient que « l'instrument de la sentence » suffisait pour l'édifica- 
tion de tous. D'autre part on verra qu'entre 1433 et 1439 Thomas de 
Courcelles a dû être absorbé par les travaux du Concile. Mais alors la ré- 
daction du procès de condamnation se présenterait comme une œuvre 
tardive, comme un essai de justification des juges tout autant que le procès 
de la Pucelle, assez rapproché en somme du temps oii d'autres juges 
vont commencer, en fiweur de Jeanne, l'œuvre de la réhabilitation. La 
publicité qui fut donnée au travail de Courcelles (ci-nq copies authentiques 
en furent tirées, on l'a dit) semble bien fortifier ce point de vue, qui 
déconcerte au premier aspect, mais paraît concorder avec les dépositicms 
des notaires. 

En voilà assez, je pense, pour montrer où est le défaut de l'œuvre. 
Plus on médite sur la rédaction définitive du procès, plus on est 
amené à constater la vérité des paroles que frère Isambard prononçait lors 
de la réhabilitation : « Dit qu'il croit, comme il l'a dit plus haut, que la 
sentence fut portée contre la Pucelle plus par une basse envie de se ven- 
ger que par amour de la justice. . . Dit que les juges observaient assez 



1. Plusieurs passages ont été omis, notamment en ce qui concerne le signe donné 
au roi (séance du 15 mars); d'autres ont été précisés ou interprétés, toujours dans 
un sens défiworable à l'accusée. 

2. « Asserit etiatii quod nunquam deliberavit de aliqua pena eldem Johanna? 
inflîgeoda. » 



NOTICE CRITIQ.UE XXIII 

les* règles du droit, mais suivant leurs sentiments, comme il a déposé 
plus haut ; ils agissaient par cette basse envie de vengeance. » {Super 
XIX ariicnlo, dicit quod crédit, ut proedixit, quod sententia fuit magis lata 
-contra eaiu livore viudictx qiiain \elo justitix. Super XXI, dicit quod satis 
ohservahant judices ordinem juris, judicio loquentis ; sed de affectu eoruin jain 
super ius deposuit videlicct quod livore vindicfa' procedebant.) 

PROCÉDURE RÉGULIÈRE DU PROCÈS. 

Il faudrait avoir toujours présentes à l'esprit les paroles d'Isambard pour 
juger sainement de la valeur et de la régularité du procès de condamna- 
tion, pour apprécier ces prétendus vices de forme et de procédure allégués 
assez gratuitement par les témoins de la réhabilitation et par certains éru- 
dits contemporains. Le tribunal de Rouen était passionné ; il avait été 
chargé, par le conseil anglais, d'avilir et de condamner la pauvre Jeanne. 
Mais encore était-il pour lui du plus haut intérêt d'observer suffisamment 
dans la marche de cette affaire les règles du droit, de garder solennelle- 
ment l'apparence de la justice. C'est seulement en suivant ces règles qu'il 
pouvait en imposer, etqu'il en imposa, à la chrétienté, à la France loya- 
liste mais croyante. 

Comment supposer que des clercs, aussi habiles que politiques, 
tels que Cauchon ou Courcelles, allaient user de faux notaires 
(le conseil anglais était peut-être de cet avis), de procédures trop irrégu- 
lières, de grossières supercheries ? Tout ce que les témoins de la réhabi- 
litation ont dit à ce sujet, tout ce qu'on a répété après eux, est fort exa- 
géré. 11 n'y a pas, à proprement parler, dans un procès d'hérésie de 
vices de formes. Comme procès d'hérésie, il fut conduit suivant les règles 
du droit inquisitorial, d'une « manière simplifiée et directe, sans vacarme 
d'avocat ni figure de jugement » {Sextus Decretalium, 1. VI, t. I, ch. xx). 
Tout au plus peut-on noter que l'instruction préliminaire, faite dans le 
pays de Jeanne et ailleurs, aurait pu être insérée au procès, encore que 
ses éléments aient été conservés dans le réquisitoire en 70 articles présenté 
par le promoteur, et que le procès contienne' plusieurs allusions à ces 
informations, qui, dans leur forme, pouvaient passer pour des éléments 
secondaires du procès, et seulement utiles à sa conduite. 

DE L\ CORRECTION' PARTIELLE DES DOUZE ARTICLES. 

Plus grave, certes, est la correction partielle des douze articles résumant 
la doctrine de Jeanne. Mais, là encore, sauf en ce qui concerne la soumis- 
sion à l'église militante, il estfacilede voir que la plupart des corrections 



XXIV PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

ont été introduites dans le sens demandé par l'accusée. Manchon ne s'çs- 
timait pas coupable d'un faux en cette circonstance, puisque de lui-même, 
à la réhabilitation, il produisit le feuillet écrit de sa main contenant la 
minute des corrections. 

On n'a jamais, paraît-il, été d'accord sur ces propositions : et peut-être 
n'a-t-on pris ni le temps, ni la peine, de s'y mettre. Qu'importait, quand 
il était si facile à des théologiens prévenus de tirer des propositions mal 
sonnantes de la bouche de Jeanne, « si pénétrée du sentiment de la foi et 
en même temps si ignorante de ses termes' » ? Quelle difficulté y avait-il 
ensuite à les lui faire maintenir sous une forme répréhensible, sans l'ins- 
truire des correctifs, qu'il n'est pas certain d'ailleurs qu'elle eût acceptés, 
suivant la généreuse pensée de Jean Lohier : « \'ous voyez la manière 
comment ils procèdent. Hz la prendront s'ilz peuvent par ses paroles, c'est 
assavoir es assercions où elle dit Je sça'nîe certain ce qui touche les appari- 
cions ; mais s'elle disoit 7/ me semble, pour icelles paroles Je sçai decerlaiii, il 
m'est advis qu'il n'est homme qui [la] peust condampner. Il semble qu'ilz 
procèdent plus par haine que par autrement ; et pour ceste cause je ne me 
tendray plusicy, car jen'yveuil plusestre. . . » (Déposition de Guillaume 
Manchon.) 

LA FORMULE d'aB|UR,\TION' ET SON AUTHENTICITÉ. 

Une autre pièce dont l'authenticité a été discutée bien longuement, et 
depuis longtemps ^, est la formule d'abjuration de Jeanne, du moins sous 
la forme où nous la possédons. Que n'a-t-on pas écrit sur cette scène 
rapide et tumultueuse du cimetière de Saint-Oucn ' ? 

Nous la connaissons mal, comme nous connaissons mal toutes les 
scènes de désordre où la multitude intervient. Est-ce une raison aux théo- 
logiens de se montrer plus saints que la sainteté, aux moralistes, plus 



1. J. Quicherat, Aperçus itonveau.x, p. 109. 

2. Thomas de Quincy : « Cette fille, dont le dernier accent fut une manifestation 
d'abnégation sublime, n'a pu prononcer le mot de rétractation, ni avec ses lèvres, 
ni dans son cœur. Non, elle ne l'a pas fait ; je l'affirmerais, un mort se levât-il du 
tombeau pour jurer le contraire ! » 

3. Cf. U. Chevalier, Sources historiques du Moyen Age. Bibliographie, t. II, col. 
2515-2546. Voir surtout U. Chevalier, Labjuration de Jeanne d'Arc au cimetière 
de Saint-Ouen et l'authenticité de sa formule (1^02); Dunand (chanoine), L'abju- 
ration de Jeanne d'Arc au cimetière de Saint-Ouen (1901) et Etudes critiques, 1905 ; 
comte de Malevssie, Les lettres de Jeanne d'Arc et la prétendue abjuration de Saint- 
Ouen [191 1] et la discussion excellente de Lucien Valin, L'abjuration de Jeanne d'Arc 
(24 mai 145 1). Plaque commêmorative, Rouen, 191 3. 



NOTICE CRITIQUE XXV 

vertueux que la plus haute des vertus, aux paléographes de discuter àpre- 
ment sur des formules mal assurées ? 

A plus de vingt ans de distance les dépositions des témoins ne pou- 
vaient guère concorder. Ceux qui étaient dans la foule voyaient peu et 
n'entendaient pas. Presque personne ne comprit ce qui se passait. Les 
assistants murmuraient, réclamaient àTévéque l'exécution de la sentence ; 
l'on nommait traître l'évcque de Beauvais ; on lui jetait des pierres. Le 
bourreau, dans un chariot, attendait dans la rue qu'on lui donnât la sor- 
cière à brûler. 

Le fait même de la rétractation, qui motiva en partie le second procès, 
ne peut être discuté. « Dieu, dira Jeanne, luy avait mandé par saintes Cathe- 
rine et Marguerite la grande pitié de la trayson que elle consenty en 
faisant l'abjuracion et révocacion pour sauver sa yiq. Item, dit que, au de- 
vant de jeudi, que ses voix lui avoient dit ce que elle feroit et qu'elle fist 
ce jour. . . Item, dist que ses voix luy ont dit depuis que avoit faitgrant 
mauvaistié de ce qu'elle avoit fait, de confesser qu'elle n'eust bien fait. 
Item, dit que de paour du feu, elle a dit ce qu'elle a dit. . . » {Causa 
relapsus.) 

Voici comment les choses ont dû se passer. 

Vraisemblablement, aux yeux des juges partiaux de Jeanne d'Arc, il 
résultait de l'instruction et de la conduite du procès ordinaire des charges 
assez graves pour la faire condamner comme hérétique : le port de 
l'habit masculin qu'elle maintenait lui être imposé par Dieu, ses refus nom- 
breux de répondre, ses explications contradictoires au sujet du signe donné 
au roi, le fait de s'en remettre toujours à elle-même, aux voix qui lui ve- 
naient de ses saintes et à Dieu, son seul juge, voilà ce qui exaspérait 
des théologiens très empressés à servir la cause du plus fort, qui était 
celle des Anglais. Les juges étaient donc résolus à la condamner, à l'hu- 
milier ; mais ils ne tenaient pas, ces gens d'église, à la faire brûler : 
ecclesia ahhorret a sanguine. Un bon moyen de mettre en quelque sorte 
leur conscience en repos et de servir leurs maîtres, c'était d'obtenir de 
Jeanne une rétractation : double avantage, puisque Jeanne ratifierait 
ainsi leur jugement. 

La chose était très difficile, car Jeanne se montrait prudente, résolue, et 
elle les décourageait par d'orgueilleuses et candides réponses : elle pré- 
tendait maintenir ses dires jusque devant le feu du bûcher. Bien des fois 
déjà Çrepetitis vicihus'), les juges l'avaient requise de se soumettre à 
l'Église, de se rétracter. Ces tentatives durent se multiplier dans les jours 
qui précédèrent la première sentence. 11 se livra dans le cœur de Jeanne 
un grand combat : ses saintes lui conseillaient de ne pas céder et elles 



XXVI PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

l'avertissaient en même temps qu'elle faiblirait. On lui faisait peur avec 
le feu ; on l'assurait que, si elle se soumettait, elle serait conduite en pri- 
son d'église. (Discours de Nicolas Loiseleur, rapporté par Guillaume 
Manchon.) 

C'était le rêve des prisonniers de ce temps-là, l'asile sûr pour la pauvre 
jeune tille qu'elle était. Jeanne ne dit ni oui, ni non ; mais les juges qui 
l'avaient sondée, ces religieux habitués à lire dans les consciences, eux, 
l'avaient bien compris : Jeanne se rétracterait au dernier moment. 

Il ne restait plus qu'à préparer avec adresse la scène fameuse qui se 
déroula le 24 mai dans le cimetière de Saint-Ouen. Une courte formule 
d'abjuration fut alors préparée en vue de l'événement. Elle était en fran- 
çais, écrite sur un rôle de papier double, comprenait cinq à six lignes de 
grosse écriture (Dépositions de Taquel et de Guillaume de la Chambre). 
Jeanne est amenée le matin et prend place sur l'échataud devant ses 
juges. Autour s'agite et se presse une grande foule de curieux, d'Anglais; 
et le bourreau n'est pas loin avec sa charrette. Le prédicateur Guillaume 
Evrard la prêche ; il l'admoneste, pour la dernière fois, de se soumettre. 
On ne peut rien tirer d'elle. Par trois fois, elle est sollicitée en vain. 
L'évêque commence à lire la sentence de mort. 

La jeune lîlle faiblit; avant que la lecture soit terminée, elle dit qu'elle 
se soumettra à l'Église. Elle ne sait plus, d'ailleurs, ce qu'elle fait (Dépo- 
sitions de Jean Massieuet de Guillaume Manchon). Elle semble sourire et 
n'entend plus. Jean Massieu", l'huissier, sort, peut-être de sa manche, la 
courte formule d'abjuration en français et lui dit de signer. Jeanne ne paraît 
pas comprendre et demande qu'on la donne aux clercs qui l'examineront. 
« Signe maintenant ou autrement tu finiras tes jours dans le feu ! » 
ajoute rudement Guillaume Evrard. Jeanne répond alors qu'elle aime 
mieux signer que d'être brûlée, et demande de suite à être conduite dans' 
une prison d'église (Déposition de Jean Massieu). Jean Massieu lit la 
courte cédule ^. Et comme Jeanne ne sait ni lire ni écrire, elle y met une 
croix (Déposition de Guillaume Colles). Cela ne parait pas suffire à 
Massieu qui prend la main de Jeanne avec une plume et lui fait écrire 
son nom ' . 

1. Aimond de Macy ne peut se tromper sur le geste, mais il erre sur la personne, 
qu'il dit être Laurent Calot. Au témoignage de Jean Marcel, celui-ci se trouvait 
parmi les Anglais qui réclamaient la mort de la Pucelle. Et d'ailleurs il n'avait 
aucune qualité pour intervenir ici. Aimond de Macy n'avait pas de mémoire. Il 
dit aussi que le prédicateur est Nicolas Midi, quand il est avéré que c'est Guillaume 
Evrard. 

2. C'est par inadvertance que Guillaume de la Chambre déclara plus tard que 
Jeanne lut elle-même cette formule (Prods, III, p. 52). Jeanne la répéta. 

3. Je continue à donner à Massieu le rôle attribué à Calot par Aimond de Macy. 



NOTICE CRITIQUE XXVII 

Pierre Cauchon lit alors la sentence adoucie, et Jeanne est reconduite 
dans sa prison, à la fureur des Anglais déçus. 

Possédons-nous la formule de l'abjuration que signa Jeanne ? Je ne le 
crois pas. Cette formule, que mit en latin Nicolas de Venderès (Déposi- 
tion de Thomas de Courcelles), est assez longue, et ne saurait tenir dans 
cinq ou six grosses lignes d'une feuille de papier. Mais avons-nous le 
droit de dire qu'elle était bien différente? Non pas. C'était une formule 
identique ; et comme nous savons qu'elle commençait par les mots Je 
Jcbntnie ', en nous reportant à la formule française insérée dans le procès, 
nous sommes en droit de penser que c'était cette formule, allégée de son 
style, et peut-être adoucie dans sa forme-. Avait-on expliqué à Jeanne, 
avant la scène du cimetière, la longue formule dont elle signa l'abrégé? 
Le fait n'est pas établi (Déposition de Guillaume Manchon), mais demeure 
sans grande conséquence. Jeanne savait qu'elle faiblirait. Il semblait, d'ail- 
leurs, aux assistants qu'elle ne paraissait pas comprendre ce qu'on lui de- 
mandait. Elle ne voyait rien que. le dur combat qui se livrait en son cœur; 
à l'avance elle avait eu le pressentiment qu'elle serait vaincue. 

Que valent ici les raisonnements des théologiens et les arguties des 
diplomatistes ? Que penser, lorsque Jeanne nous a livré le secret de son 
âme, de l'opinion de ceux qui tiennent pour un faux absolu la teneur de 
l'abjuration, comme elle est insérée au procès? 

On a dit dernièrement 3 que cette pièce, Jeanne l'avait désavouée à 
l'avance en y mettant une croix (ainsi elle avait agi parfois dans les lettres 
qu'elle écrivait, contre son désir, à ses bons amis de France, afin de les 
avertir qu'ils n'eussent pas à tenir compte des termes de sa lettre). Mais 
ici nous sommes en pays ennemi ; Jeanne ne savait pas écrire, et sans 
doute elle ne savait pas tracer son nom. Elle a fait une croix ; un témoin, 



1. Notez que Taquel est non loin de l'estrade, qu'il peut voir et entendre. 

2. Si l'on ne connaissait les habitudes de tronquer les textes du « translateur du 
procès », si l'on pouvait donner une raison qu'un document de ce genre soit venu à 
sa connaissance, on serait bien tenté de reconnaître cette formule dans le texte 
qu'il nous a rapporté. 

3. M. le comte de Maleissye veut prouver que Jeanne, à l'époque de son abjura- 
tion, savait lire et signer son nom, en comparant la qualité de trois signatures conser- 
vées sur des lettres de Jeanne d'Arc et le progrès qu'il y remarque entre le 17 juin 
1429 et le 28 mars 1430. (C'e C. de Maleissye, Les lettres de Jehainte d'Arc et la pré- 
tendue abjuration de Saint-Ouen, 191 1.) S'il en était ainsi, la croix mise au bas de 
cet acte ne ferait pas preuve. — Je ne crois pas que nous ayons les éléments d'infor- 
mation suffisants pour cette démonstration. Les signatures alléguées me paraissent 
n'avoir aucune parenté. Et comment une pareille falsification aurait-elle échappé 
à la famille de Jeanne d'Arc et aux juges de la Réhabilitadon ? 



XXVIII PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Aimond de Macy, dil môme un rond. Elle n'eût fait que toucher la 
cédule de la plume que la rétractation était valable pour ses juges. Mais, 
en gens soigneux et formalistes, ils tinrent à avoir son nom écrit de sa 
main '. Ils lui conduisirent donc la main. 

Ici, comme partout ailleurs dans le procès, nous sommes amenés à le 
constater : la passion des juges s'abritera derrière la régularité de la pro- 
cédure. L'hypothèse d'un faux total est à écarter absolument : et que 
la formule eût six ou vingt lignes, cela change peu le caractère et le sens 
de la scène tragique du cimetière dont les péripéties ont été réglées à 
l'avance. Comme l'a dit si justement Quicherat, est-ce que la grande vertu 
de Jeanne « n'éclatait pas davantage par cette faute qu'elle racheta aussi- 
tôt après en faisant le sacrifice de sa vie » ? Mais ce qui est hors de dis- 
cussion, c'est qu'il v a eu substitution de pièce. 

l'ixi-ormation posthume. 

J'ai compris dans l'édition du procès, comme l'avait déjà fait Quicherat, 
l'information posthume du 7 juin 143 1, relatant certaines circonstances 
des derniers jours et de la fin de Jeanne ; mais comme le précédent 
éditeur, comme l'avaient déjà fait les greffiers de l'affaire, il y a lieu de 
la rejeter hors du procès. 

Aucun doute sur l'authenticité de ce morceau dont les pièces sont 
écrites de la même main que le reste des procédures. Mais il demeure 
certain aussi que l'information posthume eut un caractère de procédure 
irrégulière, que les feuillets du procès qui nous la rapportent n'ont pas 
reçu la signature des notaires. Les interrogatoires de la réhabilitation 
nous font connaître que Manchon s'est refusé à valider ces procédures, 
auxquelles il n'avait pas assisté d'ailleurs. (Par ainsi retourna et fut à la 
continuation du procès jusqucs à la fin, excepté qu'il ne fut point à certain 
examen de gens qui parlèrent à elle à part, comme personnes privées ; néan- 
moins Monseigneur le voulut contraindre à se signer ; laquelle chose ne voulut 
faire.) 

L'information posthume comprend une suite de dépositions faites 
quelques jours après la mort de Jeanne par sept témoins, la plupart 
requis de déposer par Pierre Cauchon ; elle relate certaines paroles dites 
par Jeanne en présence de l'évêque, le matin de sa mort; elle est donnée 
comme le résultat d'une conversation fortuite, ce qui n'est pas vrai, car 



I. « Et ipsa respondebat quod nesciebat nec légère nec scribere » (Procès, II, 
p. 123) [Déposition d' Aimond de Macy]. 



NOTICE CRlTiaUE XXIX 

au témoignage de Nicolas Taquel, greffier, il y eut un interrogatoire le 
matin du supplice dans la prison du château de Rouen. Le procès-verbal 
n'en fait pas mention. Mais la veille les conseillers avaient émis le vœu 
qu'une dernière démarche fût tentée auprès de l'accusée afin de remémorer 
à la relapse les termes de sa rétractation. Sans doute révêquc de Beauvais 
se rendit auprès de Jeanne quelques heures avant sa mort pour lui parler 
de sa rétractation. Cette remontrance a dû provoquer les paroles insérées 
dans l'information posthume. 

Certes, malgré la malveillante interprétation visiblement donnée aux 
paroles de Jeanne, en dépit de ce que cette procédure pût avoir d'irré- 
gulier (dès le temps de Louis Xll on eii donna une explication mystique 
par analogie avec la vie de Jésus '), malgré que Manchon se fût dérobé, 
Tinformation posthume doit être admise quant au fond. Il s'en faut qu'elle 
ait une portée fâcheuse contre le caractère de Jeanne. 

Pourquoi, puisqu'elle avait dit tant de fois son espoir d'être tirée de la 
prison, n'aurait-elle pas déclaré à cette heure douloureuse que ses voix 
l'avaient trompée sur ce point ? Toute la honte n'est-elle pas pour ces reli- 
gieux qui venaient, à cette heure, lui poser de spécieuses questions sur le 
nombre et la forme de ses visions, sur ce signe dont elle avait parlé déjà 
tant de fois et avec tant de contradictions? Ces infâmes venaient l'entretenir 
du salut de son âme, peut-être lui promettre, sous condition, l'eucharistie -: 
El, paulopost, ipsa confessa Jnit peccata sua ciiidam fratri Martiiio, de ordîne 
Prxdicatorum; et post sacramentum confessionis et pœiiitentix, dtim ipse frater 
vellet eidem Johcnnœ niinistrare euchanstix sacramentum, tenens hostiam 
consecratam in mauihus suis, petiit ah ea : « Creditis vos quod hic sit corpus 
Christi ? » Respondit dicta Johaiina quod sic, et « hic solus qui me potest lihe- 
rare : peto quod mihi miiiistretur. » Et postea dictas frater dicebat eidem 
Johannx : « Creditisne ampUus in istis vocihus? » Respondit ipsa Johanna : 
« Credo in solum Deum, et nolo amplius fidcm adhihere in ipsis vocihus, ex quo 
me sic deceperunt. » 

C'est là en somme une belle réponse, dans une alternative aussi 

1 . « Et le lendemain [du martyre de la Pucelle], ledit évesque, inquisiteur et 
juges, congnoissants la rumeur et murmure qui en estoit en la ville, et mesme sai- 
chants que par le rapport d'aucuns estoient advenus des signes en la nuit, d'icelle 
Jehanne cuidants couvrir leur malice et faux jugement, firent comme les Juifs, les- 
quels, non contents d'avoir faict mourir Nostre Seigneur, s'en allèrent à Pylatte, 
demandèrent qu'il leur baillast des gens pour garder le sépulchre, affin que ses dis- 
ciples ne robassent le corps et qu'ils signassent qu'il estoit ressussité. Ledit évesque 
et juges firent faire une information par tous tesmoings,qui avoient esté au ju^^e- 
ment de son procès » (Le translateur, p. i88). 

2. Cf. Scxtus decretalium, lib. 5, t. I, iv. 



XXX PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

cruelle ; la honte ne peut retomber que sur les vilaines gens qui la pro- 
voquèrent. / 

Par l'information nous connaissons encore les lettres-circulaires 
adressées par le gouvernement anglais aux puissances spirituelles et 
temporelles, celles de l'Université de Paris au Pape et au Collège des Car- 
dinaux pour colorer le cruel jugement; la révocation d'un religieux qui 
avait mal parlé des juges de Rouen. Tout cela est partaitemenT authen- 
tique et ne pouvait cependant prendre place dans la procédure régulière 
du procès. 

Documents de première importance et qui donnent tout le sens du 
Procès de Condamnation. Il fut une œuvre politique ; la propagande offi- 
cielle s'en empara. Ces lettres circulaires, où l'on explique, où l'on 
menace, où les juges invoquent une fois de plus lautorité spirituelle de 
l'Université de Paris, l'intérêt supérieur de l'Eglise, de son unité en face 
du schisme, l'appel fait à la Papauté et au Sacré Collège, tout cela trahit 
à la fois le trouble qui demeurait au cœur des juges, la conscience qu'ils 
avaient d'avoir mené un procès politique. Ces pièces sont comme la pré- 
face de la rédaction définitive du procès de condamnation que rédigera 
quelques années plus tard Thomas de Courcelles, qui, tout autant que le 
procès de la Pucellc, est l'apologie de ses juges. 

C'est sur le bûcher, au milieu des flammes, que Jeanne devait se 
retrouver tout entière, purifiée. Là, on l'entendit bien s'écrier que les 
voix qu'elle avait eues lui venaient de Dieu ; qu'elles ne l'avaient pas 
trompée. Cela, frère Martin Ladvenu put l'entendre, comme le matin 
même il avait recueilli l'aveu contraire dans sa bouche (information pos- 
thume et déposition de Ladvenu au procès de réhabilitation). 

PLAN DE LA NOUVELLE ÉDITION. 

La besogne d'un nouvel éditeur du procès était bien facilitée par l'édi- 
tion de Quicherat qui est, en vérité, un monument incomparable d'éru- 
dition et de bon sens. Le texte que je donne aujourd'hui n'est donc pas 
nouveau. Il est fortifié de l'autorité des collations qu'au temps de Q.uichc- 
rat on faisait pour soi, sans se croire toujours obligé de justifier rigou- 
reusement le choix de ses leçons ; mais dans quelques endroits mon texte 
sera amendé. 

Comme Quicherat, le nouvel éditeur a maintenu comme titres les 
anciennes rubriques des greffiers; il a reproduit intégralement, au-dessous 
de la version latine définitive, le texte du manuscrit de d'Urfé, dont Qui- 
cherat avait omis d'assez nombreux passages. On n'a pas compris 



NOTICE CRITiaUE XXXI 

comme variantes les graphies peu fixes du latin médiéval ; on n'a 
jamais maintenu e pour x, c pour /, y pour /, les lettres parasites ou 
redoublées, etc., sauf dans les mots latins qui appartiennent vraiment au 
vocabulaire du moyen âge et à qui il convenait de laisser leur aspect pri- 
mitif. Dans la minute française, au contraire, on a relevé les graphies les 
plus insignifiantes. Toutefois on a imprimé en petits caractères les lettres, 
les avis, les consultations insérées comme pièces justificatives dans le 
procès, t»t qui empêchent de suivre sa marche. Mais on n'a pas estimé 
devoir reproduire ces textes, quand ils sont répétés à différentes places 
dans le procès, suivant en cela l'exemple de Quicherat. 

J'ai cru devoir nommer l'instruction processus prœparatoniis, le procès 
\\i\-mè.me processus ordiiiarius, le second procès causa relapsus,' ùir es 
empruntés à l'affaire elle-même et qui ont l'avantage de n'être pas for- 
gés comme ceux de Qincherâi {causx expositio et preparatoria, primum judi- 
ciuni, secunduni judicium.) 

Enfin, ce sera là mon oeuvre la plus périlleuse, j'ai annoté de façon 
très brève les passages du procès qui demandaient des éclaircissements 
(en évitant toutes les discussions au sujet de faits que nous pouvons 
seulement constater, sans en pouvoir donner l'explication rationnelle) ; 
et j'ai complété toutes les notices sur les personnages qui apparaissent 
au cours du procès. (Ces notes et notices se trouveront dans le volume 
contenant la traduction française du Procès de Condamnation.^ 

C'était là la partie caduque de l'œuvre de Q.uicherat. Lui-même l'avait 
déjà senti et, dans ses Aperçus nouveaux ', il avait dû corriger bien des 
notions et des jugements sur les juges du procès, entre autres. Les admi- 
rables investigations de Charles de Beaurepaire ^ au point de vue nor- 
mand, le trésor qu'est pour la connaissance du monde universitaire et 
clérical le Cartulaire de V Université du Père Denifle et d'Emile Châtelain ?, 
les belles recherches qu'ils ont publiées sur l'Université et le procès de 
Jeanne, permettent de rectifier bien des erreurs, de préciser la physiono- 
mie de beaucoup d'assesseurs. Ces notices ont été complétées par mes 
propres recherches à la Bibliothèque nationale et aux Archives, en parti- 
culier. 



1. Aperçus nouveaux sur VJ)isloire de Jeanne d'Arc. Paris, Renouard, 1840, in-8 
de 168 pp. 

2. Noies sur les juges el les assesseurs du Procès de condaiiinalion de Jeanne d'Arc. 
Rouen, Caguiard, 1890, in-8 de 138 pp. 

3. Cliurlulariuni Universitatis Parisiensis. Parisiis, Delalain, 1897, in-4° 
(t. IV). 



XXXII PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

L'étude que Quicherat, après de TAverdy, avait faite des manuscrits du 
procès est très copieuse. Celle qu'on a lue ici est fort courte. Quelques 
fac-similés donneront au lecteur une impression exacte des originaux '. 

Enfin j'ai estime qu'il convenait de publier, en même temps que le texte 
latin, une traduction complète du procès. Plus encore qu'au temps de 
Vallet de Viriville, cette version est devenue nécessaire. J'ai fait ce 
travail en m'inspirant des fragments. en français du procès qui nous ont 
été conservés par le ms. de d'Urfé. Les lecteurs les connaissent bien, et 
ils sont habitués à les considérer comme la parole même de Jeanne : ces 
mots sont sacrés. Ces fragments de la minute française, je les ai repro- 
duits intégralement dans mes variantes et les ai rajeunis très peu quand 
ils entraient dans ma traduction. 

Il m'a fallu un certain courage pour faire passer en français cette 
redondante phraséologie latine, où une mauvaise cause, une conviction 
peu sincère, se parent des artifices |d'une vide rhétorique. J'ai tâché d'en 
épouser les formes enfontines et enflées. Cette traduction française est 
enfin la seule complète. Je n'en triompherai pas ; les parties omises par 
mes prédécesseurs, \'allct de \^iriville - et Joseph Fabre >, sont de peu de 
conséquence; je ne triompherai pas plus de J. Quicherat et des menues 
incorrections que j'ai rencontrées chez lui. Je suis persuadé que le lec- 
teur aura aussi à amender quelque peu mon travail poursuivi au milieu de 
circonstances bien extraordinaires pour un érudit. 

Je remercie cordialement mes chers camarades Labrosse et Bondois 
de leur concours dans la collation des deux procès originaux conservés 
à la Bibliothèque nationale; François Boucher, qui a relu avec moi le 
ms. de la Chambre des députés ; Marcel Gastineau qui m'a beaucoup 
aidé dans l'établissement du texte latin, tandis que j'étais aux armées, 
et à qui je suis très heureux de rendre un public hommage. 



1. Cf. A. Marty et M. Sepet, L'histoire de Jeanne iVAic iV après les documents ori- 
ginaux, Paris, 1907, in-40, 

2. Procès de condamnation de Jeanne d'Arc dite la Pucelle d'Orléans traduit du 
latin. . . Paris, Didot, 1867, in-8. 

3. Procès de condamnation de Jeanne d'Arc d'après les textes authentiques des 
procès-verbaux officiels. Paris, Hachette, s. d., in- 12 (dans l'esprit d'une adap- 
tation dramatique). — M. J. Fabre vient de compléter lui-même les précédentes 
notices sur les juges (Les bourreaux de Jeanne d'Arc et la fête nationale, notices sur 
les personnages du procès de condamnation, documents sur la fête du patriotisme. Paris, 
Hachette, 191 S, in-12). — Cf. L. Le Grand, Vie de Jeanne d'Arc racontée par 
elle-même, 1 911, in-8. 



PROCÈS DE CONDAMNATION 



DE 



JEANNE D^ARC 



[PROCESSUS PR^PARATORIUS VEL OFFICIO.] 

IN NOiMINE DOMINI, AMEN. 

INCIPIT PROCESSUS IN CAUSA FIDEI CONTRA aUONDAM QUAMDAM 

MULIEREM, JOHANNAM, VULGARITER DICTAM la Pucclk' . 

Universis prsesentes litteras seu prassens publicum instrumen- 
tum - inspecturis, Petrus, miseratione divinaBelvacensisepiscopus, 
et frater Johannes Magistri, ordinis Fratrum Pnedicatorum, a 
magnée religionis atque circumspectionis vire, magistro Johanne 
Gravèrent, in sacra pagina professore eximio ejusdem ordinis, 
Inquisitore fidei et heriticie pravitatis in toto regno Franciae aucto- 
ritate apostolica depatato, in diœcesi Rothomagensi et specialiter 
quoad priesentem processum per eumdem dominum Inquisitorem 
deputatus et commissus, salutem in auctore et consummatore fidei. 
Domino nostro Jhesu Christo. Placuit supernai providentias 
mulierem quamdam, Joliannam nomine, qua,^ vulgo Puella nuncu- 
patur, intra 5 termines ac limites diœcesis et jurisdictionis nostni;, 
episcopi pn\:dicti, per inclitos militâtes viros capi et deprehendi. 
Fama vero jam multis in locis percrebuerat mulierem ipsam, illius 
honestatis quas muliebrem sexum decet, prorsus immemorem, 
abruptis verecundia^ frenis, totiusfœminei pudoris oblitam, déformes 



I. B omet l'invocation et la rubrique. — 2. AC : instrumentum piihliciiin. — 
5. BC: infra. 

Procès de Jeanne d'Arc. i 



2 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

habitus virili sexui congrues, mira et monstruosa defonnitate, 
gerere; atque insuper, sua pra^sumptio in hoc usque evasisse fere- 
batur ut, pr^^ter et contra fidem catholicam, in lassionem articu- 
lorum ejusdem orthodoxa; fidei, plurima peragere, dicere et disse- 
minare auderet. Quibus in rébus, tum in nostra pra.'fata diœcesi, 
tum in Cicteris plerisque locis regni hujus, non mcdiocriter deli- 
quisse dicebatur. Qux dum aima.- Universitati studii Parisiensis et 
fratri Martino Billorini \ vicario generali pr^fati domini Inquisitoris 
heretic^ pravitatis, innotuissent, continue illustrissimum principem 
dominum Burgundix' ducem atque inclitum dominum Johannem 
de Luxemburgo, militem, quorum ditioni et potestati prasfata 
mulier eo tempore subjiciebatur, instantius rcquisiverunt, adjecta 
summatione, sub pœnis juris, per vicarium jam nominatum', ut 
mulierem ipsam, sicut privmittitur, diffamatam et de hajresi sus- 
pectam, nobis, tanquam ordinario judici^ redderent atque expedirent. 
Nos vero, episcopus pntdictus, prout pastorali nostro incumbit 
officio, desiderantes exaltationi ac promotioni fidei christianas totis 
viribus intendere, super rébus tantopere divulgatis inquisitionem 
debitam explere optavimus, et, veluti jus atque ratio suaderent, ad 
ea qu^ nobis ulierius incumbere viderentur, cum maturo procédera 
consilio. Cujus rei gratia, pnufatum principem antedictumque' 
dominum Johannem etiam requisivimus, et sub pœnis juris, ut 
nostriE jurisdictioni spirituaU mulierem sa^pedictam remitterent 
judicandam ; eosdemque nihilominus serenissimus et christianis- 
simus princepsdominusnosterFrancorum et AngHa;^ rex ad eumdem 



l. Q : Billorini. — 2. Ici se termine la première page du ms. lat. 5965 de la 
Bibliothèque Nationale. Au bas du feuillet est écrite l'attestation du greffier 
expéditionnaire ainsi conçue : Ego vcro GuiUernius Colles, alias Boscguillaume, 
presbyter RolJwniagensis diivcesis, publicus auctorilate aposlolica et in [venerabili] citria 
archiepiscopali Rothoniagensi iiolaiius, ac in Imc materia cum aliis scriba juratus, 
affinno collatioiiem prxscntis processus, septies viginti et octodecim (A : cenhim et 
undecim ; C : chicenta et sex) foliii continenteiii, débite fuisse factani cum registre ori- 
ginali prxsentis causx. Idcirco singula folia manu propria signavi, et cum dictis 
{A : aliis) notariis in fine subscripsi, hic me manu propria subscribens . Boscguillaume. 
Cette attestation est rappelée au bas du recto de chaque feuillet par la formule : 
Afjirnio ut supra Boscguillaume. — 3. C : antcquedictum. — 4. C : AngJoruni. 



PROCES DE CONDAMNATION DK JEANNE D ARC 3 

finem requisivit. Tandem inclitissimus ipse dominus dux Burgun- 
dùt et pniifatus dominus Johannes de Luxemburgo, requisitionibus 
antedictis bénigne acquiescentes et catholicis mentibus cupientes 
expleri qu:e in fidei augmentum accommoda viderentur, mulierem 
ipsam eidem domino nostro régi ac ejus commissis reddiderunt ac ' 
expediverunt. Deinceps vero regia providentia, in favorem lîdei 
orthodoxie totis accensa desideriis, nobis, episcopo prsedicto hanc 
eamdem ^ mulierem tradidit, ut de factis et dictis ejus ad plénum 
inquireremus, conformiter ad ' et secundumecclesiasticas sanctiones 
ulterius processuri. Quibus sic peractis, egregium et ctlebre Capi- 
tulum ecclesia^ Rothomagensis, sede archiepiscopali vacante, admi- 
nistrationem omnimoda: jurisdictionis spiritualis obtinens, rogavi- 
mus ut nobis territorium in hac urbe Rothomagensi, hujus proces- 
sus deducendi gratia, commodarent ; quod liberaliter et gratiose 
concesserunt. Sed, priusquam adversus ipsam mulierem processum 
ulteriorem intentaremus, grandem et maturam deliberationem cum 
litteratis et peritis in jure divino et humano, quorum in hac civi- 
tate Rothomagensi, Dei gratia, copiosus numerus erat, recipere 
duximus. 

IX -^ JANUARII [m.CCCC.XXX 5]. — [143I (n. ST.).] 
PRIMA DIES ^ HUJUS PROCESSUS. 

Atque die martis, nona mensis januarii, anno Domini millesimo 
quadringentesimo tricesimo, secundum ritum et computationem 
Ecclesi^ Gallicanie, indictione nona, pontificatus sanctissimi in 
Christo patris et domini domini ^ Martini, divina Providentia 
pap^e quinti, anno decimo quarto, in domo Consilii Regii, prope 
castrum Rothomagense, nos, episcopus pr^dictus, doctores et magis- 
tros fecimus convocari, videlicet : dominos iCgidium Sanctiia Trini- 
tatis Fiscampnensis, in sacra pagina, Nicolaum de Gemeticis, in jure 



I. Q : l't . — 2. O omet canulcm. — ^- Q omet ad. — 4. ABC ajoutent en 
marge: Martis, avant la date. — 5. ABC omettent en marge le millésime. — 
6. A en. marge : prima die. — 7. jQ omet le second (iowiHi. 



4 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

canonico, monasteriorum abbates ; Petrum, prioremde Longavilla, 
in theologia ; Radulphum Rousselli, thesaurarium ecclesias Rotho- 
magensis, utriusque jurisdoctores ; — Nicolaum de Venderès, archi- 
diaconum de Augo, in canonico ; Robertum Barberii, in utroque ' 
jure, licentiatos; — Nicolaum Coppeqiiesne ^ , bachalarium in theo- 
logia; et Nicolaum LoiseUeur ', magistrum in artibus. 

Itaque, dum tanti tamque célèbres viri pariter loco et tempore 
prasdictis convenerunt, modum et ordinem agendorum ab eorum 
prudentiis requisivimus, diligentias super ea re factas exponendo, 
qua^ superius recitantur. Qui doctores et magistri, ubi cuncta ple- 
nius intellexerunt, deliberaverunt in primis informationes super 
his haberi oportere qua^ de factis ac dictis hujus mulieris divulga- 
bantur; eorumque consiliis decenter susceptis, narravimus aliquas 
jam informationes jussu nostro fuisse perfectas, pariterque décre- 
vimus alias rursum venire faciendas ; quaj omnes simul, die certo 
per nos determinando, in prassentia consilii referrentur, ut lucidius 
constare posset quisnam ulterior in re ipsa processus ageretur. Pr^e- 
terea, ut melius ac ^ convenientius pra2miss;e informationes ac 
caetera in his rébus peragenda exsecutioni mandarentur, deliberatum 
fuit eodem die per antedictos dominos et magistros certis officiariis 
opus esse, qui agendorum sollicitudinem specialiter gérèrent, atque 
prasmissis exsequendis diligenter intenderent ; fuitque, ex ipsorum 
tune assistentium consilio et deliberatione, per nos, episcopum pr«- 
dictum, conclusum et ordinatum ut venerabilis et discretus vir 
dominus Johannes de Estiveto, ecclesiarum Bajocensis et Belvacen- 
sis canonicus, officium promotoris seu procuratoris generalis in 
causa ipsa exerceret. Scientificus quoque vir magister Johannes de 
Fonte, magister in artibus et licentiatus in jure canonico, in consi- 
liarium, commissarium et examinatorem ordinatus exstitit. Ad 
officium vero notariorum et scribarum deputati fuerunt prudentes et 
honesti viri Guillelmus Colles, alias Boscguillaume 5, et Guillelmus 



1. C : canonico. — 2. C: Couppcquesne. — 3. C : Loiseltui . — 4. ^-^ C" / alqi^ 
- 5. A : Boisguillaume ; B : Bossguillaunie. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 5 

Manchon, presbyteri, apostolica et impérial! auctoritatibus et curiie 
archiepiscopalis Rothomagensis notarii ; et dominus Johannes 
Massieu, presbyter, decanus christianitatis Rothomagensis, consti- 
tutus fuit exsecutor mandatorum et convocationum auctoritate nos- 
tra fiendarum. Prout Ikuc omnia in litteris super creatione liujus- 
modi officiorum confectis latius continentur. Universarum autem 
litterarum tenores, tam clausarum quam patentium, dequibusinter 
acta prœmissa cavetur, per ordinem redigi et hic describi jussimus, 
ut rerum antedictarum séries lucidius appareret. 



ET PRIMO SEQUITUR TENOR ' LITTERARUM ALM.E UNIVERSITATIS STUDII 
PARISIENSIS, TRANSMISSARUM ILLUSTRISSIMO PRINCIPI 
DOMINO DUCI BURGUNDI.E ^. 

« Très hault et très puissant prince et nostre très redoubtc et honoré 
seigneur, nous nous recommandons très humblement à vostre noble 
haultece 5. Combien que autreffois, nostre très redoublé et honoré sei- 
gneur, nous ayons pardevers- vostre haultece escript et supplié très hum- 
blement à ce que celle femme dicte la Pucelk, estant, la mercy Dieu, 
en vostre subjeccion, fust mise es mains de la justice de l'Église pour 
lui faire son procès deuement sur les ydolatries et autres matières tou- 
chans nostre sainte foy, et les escandes réparer à l'occasion d'elle sur- 
venues en ce royaume, ensemble les dommages 4 et inconvéniens innu- 
mérables qui en sont ensuis : toutesvoies, nous n'avons eu aucune res- 
ponse sur ce, et n'avons point sceu que, pour faire du fait d'icelle 
femme discucion convenable, ait esté faicte aucune provision ; mais 
doublons moult que, par la faulceté et séduccion de l'ennemy d'enfer et 
par la malice et subtilité des mauvaises personnes, vos ennemis et adver- 
saires, qui mettent toute leur cure, comme l'en dit, à vouloir délivrer 
icelle femme par voyes exquises, elle soit mise hors de vostre subjec- 
cion par quelque manière, que Dieu ne veuille permettre; car, en vérité, 
au jugement de tous bons catholiques cognoissans en ce, si grant lésion 
en la sainte foy, si énorme péril, inconvénient et dommaige pour toute 
la chose publique de ce royaume ne sont avenues de mémoire d'omme. 



I. A ajoute copia;. — 2. 5C en marge : Ténor litterarum Uiiiversitatis Pari- 
siensis transniissariim dovtiiw duci Burgmidix. — 5. AC : haultesce. — 4. AC : 
doiiiniai^es. 



6 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

si ' comme seroit se elle partoit par telles voyes dampnées sans conve- 
nable réparacion ; mais seroit ce en vérité grandement au ^ préjudice de 
vostre honneur et du très chrestien nom de la maison de France, dont 
vous et vos très nobles progéniteurs avez esté et estes continuelment 
loyaulx protecteurs et très nobles menbres principaulx. Pour ces 
CAUSES, nostre très redoubté et honoré seigneur, nous vous supplions, 
de rechief, très humblement que, en faveur de la foy de Nostre Sauveur, 
à la conservacion de sa sainte Eglise et tuicion de l'onneur divin, et 
aussi pour le ' grant utilité de ce royaume très chrestian, il plaise à 
vostre haultesce ycelle femme mettre es mains de l'inquisiteur de la foy, 
et envoier seurement par-deçà, ainsi que autreffois avons- supplié, ou 
icelle femme bailler ou faire bailler à révérend père en Dieu monsei- 
gneur l'évesque de Beauvais, en la jurisdicion espirituele duquel elle a 
esté appréhendée, pour à icelle femme 4 faire son procès en la foy, 
comme il appartendra par raison, à la gloire de Dieu, à l'exaltacion de 
nostre dicte sainte foy, et au prouffit des bons et loyaulx catholiques et 
de toute la chose publique de ce royaume, et aussi à l'onneur et louenge 5 
de vostre dicte haultece^, laquelle Nostre Sauveur veuille maintenir en 
bonne prospérité et finablement lui donner sa gloire. Escript... » 

ITEM / SEQUITUR TENOR COPI.E ^ LITTERARUM DICT.E ALM,E UXIVERSITATIS 

STUniI PARISIENSIS, TRANSMISSARUM NOBII.I AC POTENTI VIRO 

DOMINO JOHANN! DE LUXEMBURGO, MILITI. 

« Très noble, honoré et puissant seigneur, nous nous recommandons 
moult affectueusement à vostre haulte noblesce 9. Vostre noble prudence 
scet'° bien et cognoist que tous bons chevaliers catholiques doivent leur 
force et puissance emploier premièrement ou " service de Dieu, et en 
après au prouffit de la chose publique. En espécial, le serement premier 
de l'ordre de chevalerie si est garder et deffendre l'onneur de Dieu, la 
foy catholique et sa sainte Eglise. De ce sacrement vous est bien sou- 
venu quant vous avez vostre noble puissance et présence personelle "^ 



I. C omet 57. — 2. A : ou. — 3. C ; /fl. — 4. AC ometient femme . — 5.6'; 
loenge. — 6. AC : haultesce. — 7. ^ en marge : Ténor Utterariim Universitatis 
domino Johauni de Luxemlnirgo per viodnm copia:, B en marge : Teiioi- Utterarum 
Universitatis Parisiensis transmissarum domino Johanni de Luxendnirgo per inodiint 
copix ; C en marge : Tefior Utterarum Universitatis transmissarum domino Johanni 
de Luxemhurgo. — 8. ^ ; coppiœ. — 9. jQ •' noblesse. — 10. C : sçoit. — f i. O .' au. 
— 12. AC : personnelle ; B : personnele. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 7 

emploiez à appréhender caste femme qui se dit la Pucelle, au moyen « 
de laquelle l'onneur de Dieu a esté sans mesure oft'ensé, la foy excessi- 
vement bleciée ^, et l'Eglise trop fort déshonorée; car, par son occasion, 
ydolatries, erreurs, mauvaises doctrines et aultres maulx et inconvéniens 
inestimables se sont ensuys en ce royaume. Et, en vérité, tous loyaulx 
chrestians vous doivent mercier grandement de avoir fait si grant ser- 
vice à nostre sainte foy et à tout ce royaume ; et, quant à nous, nous en 
mercions Dieu de tous noz couraiges et vostre noble prouesse i, tant 
acertes que faire povons. Mais peu de chose seroit avoir fait telle 
prinse, s'il 4 ne s'ensuyvoit 5 ce qu'il * appartient pour satisfaire l'of- 
fencev par icelle femme perpétrée contre nostre doulx Créateur et sa foy 
et sa sainte Eglise, avec ses autres metfaiz innumérables, comme on dit. 
Et seroit plus grant inconvénient que oncques mais, et plus grant erreur 
deniourroit au peuple que par avant, et si seroit ^ intolérable ofïence 
contre la majesté divine, se ceste chose demouroit en ce point ou qu'il 
avenist 9 que icelle femme fust délivrée ou perdue, comme on dit 
aucuns des adversaires soy vouloir efforcier de faire et appliquer à ce 
tous leurs entendemens par toutes voyes exquises, et qui pis est, par 
argent ou raençon. Mais nous espérons que Dieu ne permettra pas avenir 
si grant mal sur son peuple, et que aussi vostre bonne et noble pru- 
dence ne le soufïrera pas, mais y saura 'obien pourveoir convenable- 
ment, car se ainsi estoit faite délivrance d'icelle sans convenable répa- 
racion, ce seroit déhonneur " irréparable à vostre grant noblesce ^^ et à 
tousceulx qui de ce se seroient entremis, mais ài3 ce que telle escande '+ 
cesse le plus tost que faire se pourra, comme besoing est. Et pource que 
en ceste matière le délay est très périlleux et très préjudiciable à ce 
royaume, nous supplions très humblement et de cordial afteccion'> à 
vostre puissant et honorée noblesce que, en faveur de l'onneur divin, à 
la conservacion de la '^ fov catholique et au bien et exaltacion de tout ce 
royaume, vous vueillés icelle femme mettre en justice et envoier par- 
deça '7 à l'inquisiteur de la foy, qui icelle a requise et requiert instamment 
pour faire discucion de ses grans charges, tellement que Dieu en puisse 
estre content et le peuple édifié deuement en bonne et sainte doctrine, 
ou vous plaise icelle faire rendre et délivrer à révèrent père en Dieu, et 



1. BC : nioien. — 2. AC : hJece'e. — 3. AC : prouesce. — 4. C : se. — 5. C .• 
se ensiiivoit. — 6. C : que. — 7. C : offense. — 8. jQ : fort . — 9. C : aveinst. 
— 10. C : saint. — 11. C : deshonneur. — 12. O : noblesse. — 13. C : ad. — 
14. C : esclaiide. — 15. C ajoute t'^ — 16. O ajoute sai)ite. — 17. C : pardecha. 



8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

nostre très honoré ^ seigneur^, lévesque de Beauvais, qui icelle a 
pareillement requise, en la juridiction duquel .elle a esté appréhendée, 
comme on dit. Lesquels, prélat et inquisiteur, sont juges d'icelle en la 
matière de la foy ; et est tenu obéir "tout chrestian, de quelque estât 
qu'il soit, à eulx, en ce cas présent, sur les peines de droit qui sont 
grandes. En ce faisant vous acquerrez la grâce et amour de la haulte 
Divinité, vous serez moyen de l'exaltacion de la sainte foy, et aussi 
accroistrez la gloire de vostre 3 hault et noble nom et mesmement de 
très hault et très puissant prince, nostre très redoubté seigneur et le 
vostre, monseigneur de Bourgoingne. Et sera chascun tenu à prier Dieu 
pour la prospérité de vostre très noble personne, laquelle Dieu nostre 
Sauveur vueille par sa grâce conduire et garder en tous ses affaires, et 
fmablement lui rétribuer joye sans fin. Escript... » 



ITEM 4 SEQUITUR TENOR LITTERARL'M VICARII GEXERALIS INQUISITORIS 
TRANSMISSARUM DICTO DOMINO DUCI BURGUNDU:, 

« A très hault et très puissant prince Philipe, duc de Bourgoingne, 
conte de Flandres, d'Artois, de Bourgoingne et de Namur, et à tous 
autres à qui il appartendra, frère Martin, maistre en théologie et général 
vicaire de l'inquisiteur de la foy ou royaume de France, salut en Jhésu- 
crist, nostre vray sauveur. Comme tous loyaulx princes chrestians et 
tous autres vrais catholiques soient tenus extirper tous erreurs venans 
contre la foy et les escandes qui s'ensuivent ou simple peuple chres- 
tian >, et de présent soit voix et commune renommée que, par certaine 
femme nommée Jehanne, que les adversaires de ce royaume appellent 
la Pucelle, aient esté et à l'occasion d'icelle, en plusieurs citez, bonnes 
villes et autres lieux de ce royaume, semez, dogmatizez, publiez et fais 
publier et dogmatizer pluseurs et divers erreurs et ancores ^ font 7 de 
présent, dont s'en sont ensuiz et ensuyent ^ pluseurs grans lésions et 
escandes contre l'onneur divin et nostre sainte foy, à la perdicion des 
âmes de pluseurs simples chrestians ; lesquelles choses ne se pevent, ne 
doivent dissimuler, ne passer sans bonne et convenable réparacion ; et 
il soit ainsi que, la mercy Dieu, la dicte Jehanne soit de présent en 



T. C ; honnouiê. — 2. C : monseigneur. — 3- Q ajoute très. — 4. .4B en 
mirge : Ténor littcrarum vicarti generalis Inquisitoris ; C en marge : Ténor lille- 
rarnmvicarii generalis idotnini Inquisiloris. — 5. C : chrcstien. — 6. C : encoire. 
7. C : sont. — 8. C : s'ensuient. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 9 

vostre puissance et subjeccion, ou de vos nobles et loyaulx vassaulx : 
Pour ces causes, nous supplions de bonne afFeccion à vous, trùs puis- 
sant prince, et prions vos diz nobles vassaulx que ladicte Jehanne par 
vous ou iceulx nous soit envoiée seurement pardeça et briefment, et 
avons espérance que ainsi le ferez comme vrais protecteurs de la foy et 
défendeurs ^ de l'onneur de Dieu, et à ce que aucunement on ne face 
empcschement ou délay sur ce, (que Dieu ne vueille). Nous, en usant 
des drois de nostre office, de l'auctorité à nous commise du saint siège 
de Romme, requérons instamment et enjoingnons en faveur de la foy 
catholique, et sur les peines de droit, aux dessusdiz, et à toutes autres 
personnes catholiques de quelque estât, condicion, prééminence ou 
auctorité qu'ilz soient, que, le plustost que seurement et convenablement 
fiiire se pourra, ilz et chacun d'eulx envoient et amènent, toute prison- 
nière pardevers nous, ladicte Jehanne, souspeçonnée véhémentement de 
pluseurs crimes sentens hérésie, pour ester à droit pardevant nous contre . 
le procureur de la sainte inquisition, respondre et procéder comme 
raison devra ^ au bon conseil, faveur et aide des bons docteurs et maistres 
de l'Université de Paris, et autres notables conseillers estans pardeça 5. 
Donné à Paris soubz nostre seel de l'office de la sainte inquisicion, l'an 
mil CCCCXXX, le xxvf 4 jour de may. Sic signala 5 : Lefourbeur, 
Hébert <^'. » 

item 7 seq.uitur tenor sommationis fact.e per nos, episcopum 

pr.edictum, dictis dominis duci burgundi.e et johanni 

de luxemburgo. 

« C'est ce que requiert l'évesque de Beauvais à monseigneur le duc de 
Bourgoingne et à monseigneur Jehan de Luxembourc et au bastart de 
\'endone, de par le Roi nostre Sire, et de par lui, comme ^ évesque de 
Beauvais : 

« Que celle femme que l'en nomme communément Jehanne la Pucelîe, 
prisonnière, soit envoyée au Roy pour la délivrer à l'Eglise, pour lui 
faire son procès, pource qu'elle est souspeçonnée et diffamée d'avoir 
commis pluseurs crimes, comme sortilèges, ydolatries, invocacions 



I. C ; desfenseurs. — 2. A : dovra ; C : doura. — 3. C : pardecha. — 4. A : 
XXV. — ^. A : signale. — 6. B : Hibert. — 7. ^ en marge : Ténor somma tionis 
fiostri episcopi Belvaceiisis etc.. ; j? en marge: Ténor sommationis episcopi Belvacensis 
factz dominis etc.. ; C en marge : Ténor sommationis episcopi Belvacensis domino 
duci BtUi^iindia'. — S. C : comment. 



10 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

d'ennemis et autres pluseurs cas touchans nostre fo}' et contre icelle. 
Et combien qu'elle ne doye point estre de prise de guerre, comme il 
semble, considéré ce que dit est ; néantmoins, pour la ■ rémunéracion de 
ceulx qui l'ont prinse ^ et détenue, le Roy veult libéralment leur bailler 
jusques à la somme de VI mil frans, et pour ledit bastart qui l'a prinse 3, 
lui donner et assigner rente pour soustenir son estât, jusques à II ou 
III cens livres. 

« Item. Et ledit évesque requiert de par lui aux dessusdiz et à chacun 
d'eulx, comme icelle femme ait esté prinse en son dyocèse et soubz sa 
jurisdicion espirituelle, qu'elle lui soit rendue pour lui faire son procès 
comme 4 il appartient. A quoy il est tout prest d'entendre par l'assistence 
de l'inquisiteur de la foy ; se besoin» est, par l'assistence de docteurs 
en théologie et en décret 5, et autres notables personnes expers en fait 
de judicacions ^, ainsi que la matière requiert, affin qu'il soit meure- 
ment ' et deuement fait à l'exaltacion ^ de la foy et à l'instruction de 
pluseurs qui ont esté en ceste matière déceus et abusez à l'occasion 
d'icelle femme. 

« Jlem. Et en la parfin, se par la manière avant dicte ne vueillent ou 
soient 9 aucuns d'eulx estre contens ou obtempérer en ce que dessus est 
dit ; combien que la prise d'icelle femme ne soit pareille à la prise'" de 
Roy, princes ou" autres gens de grant estât (lesquels toutes voies se 
prins estoient ou aucun de tel estât, fust Roy, le Daulphin ou autres 
princes, le Roy le pourroit avoir, se il vouloit, en baillant au'^ preneur, 
dix mil frans, selon le droit, usaige et coustume de France), ledit 
évesque somme et requiert les dessudiz, ou nom comme dessus, que 
ladite Pucelle lui soit délivrée en baillant seurté de ladite somme de 
X" frans, pour toutes choses quelxconques. Et ledit évesque, de par lui, 
selon la forme et peines de droit, ce requiert à lui estre baillée et déli- 
vrée comme dessus, a 

[item sequitur instrumentum sommatioxis fact.f. pro 
tradenda puella ■>.] 

« Anno Domini millésime CCCC. XXX., die vero xiiii. mensis 
julii, indictione \^III., ponîificatus sanctissimi domini nostri Martini 

I. A omet Ja. — 2. A : prise. — 3. AC : prise. — 4. C : covitnent. — 5. C; 
décres. — 6. A : jiidicature ; C : judicative. — 7. O ajoute saintement. — 8. A : à 
la hxaltacion. — 9. BC ajoutent ou. — 10. C ; prinse. — 11. O ; et. — 12. Q : ou. 
— 13. 5C omettent la rubrique. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC II 

papœ V. anno XIII., in bastillia illustrissimi principis domini ducis 
Burgundire, in acie sua coram Compendio statuta : prsescntibus nobili- 
bus viris, dominis Nicolao de Mailliaco, baillivo Viromandiœ, et 
Jolianne de Pressy, militibus, cum pluribus aliis nobilibus in copiosa 
multitudinc testibus, etc., fuit prassentata pcr reverendum in Christo 
patrem dominum Petrum, Dei gratia episcopum et comitem Belvacen- 
sem, privfato illustrissinîo principi domino duci BurgundiK, quit'dam 
schedula ' papyrea, continens de verbo ad verbum quinque articules 
suprascriptos : quamquidem schedulam ipse dominus dux realiter tra- 
didit nobili viro Nicolao Rauliii, militi, suo cancellario, ibidem prajsenti, 
et eamdem tradi prœcepit per eumdem cancellarium nobili et potenti 
viro domino Johanni de Luxemburgo, militi, domino de Beaurevoir ; 
prout eamdem schedulam realiter expedivit et deliberavit ipse dominus 
canccUarius de mandato prajdicto ipsi domino Johanni de Luxemburgo, 
ibidem supervenienti ; qui eamdem schedulam, ut mihi videbatur, per- 
legit. » Sic signata : « Ita actum est, me pra^sente TriqucUof, publico 
apostolica - auctoritate tabellione. » 



ITEM 3 SEQ.UITUR TENOR LITTERARUM DICT^ ALM^E UNIVERSITATIS 
STUDII PARISIENSIS NOBIS EPISCOPO TRANSMISSARUM. 

« Reverendo in Christo Patri ac Domino, domino episcopo ac comiti 
Belvacensi. Miramur, révérende pater et domine, prascipue expeditionem 
mulieris illius, quam vulgus Puellam appellat, in Isesionem fidei et 
ecclesiasticie jurisdictionis tanta exspectatione protelari ; prœsertim, cum 
in manibus domini nostri régis jam posita esse feratur. Consueverunt 
enim principes christiani res ecclesias 4 et s orthodoxie fidei tantis prose- 
qui favoribus, ut,, si cujuspiam temeritatem catholicœ ejusdem fidei dog- 
matibus adversari contigisset, illam judicibus ecclesiasticis corripiendam 
atque puniendam continue remitterent. Et, si forsan in ejus rei prosecu- 
tione vestra paternitas diligentiam prœbuisset acriorem, jam'' in eccle- 
siastico judicio causa prasfatse mulieris ageretur. Non parum autem ves- 
tra interest, dum in sancta / Dei ecclesia celebrem geratis pn^sulatum, 



I. A : toujours cediila. — 2. A ajoute et imperiali. — 3. ^ en marge : Tcnor 
Utteranim Universitatis Parisiensis nobis Belvacensi episcopo ; B en marge : Ténor 
lilierarum Universitatis nohis episcopo Belvacensi transmissarum ; Cen marge : Ténor 
litterarum Universitatis Parisiensis nohis episcopo Belvacensi transmissarum. — 
4. Q : ecclesiaslicx. — ^- A omet et. — -6. O : iiiinc. — 7- Q ■' sancli. 



12 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Ut scandala in religioneni christianam perpetrata e medio auferantur ; 
prœsertim ubi eorum dijudicationem in sortem vestrne jurisdictionis 
devenire contingit. Ne igitur, in re prasmissa, longiori patratione auc- 
toritas Ecclesiae graviorem sustineat lîçsionem, zelus vestrœ paternitatis 
summa diligentia elaborare dignetur, quatenus scepedicta mulier in 
ditionem vestram ac domini Inquisitoris hiereticas pravitatis celeriter 
prœbeatur. Quod si factum fuerit, operam dare velitis ut in hanc urbem 
Parisiensem ubi sapientum et eruditorum copiosus est numerus, mature 
ducatur, quatenus causa ejus etdiligentius examinari ac certius dijudicari 
possit, ad sanam asdificationem cbristiana; plebis et Dei honorem, qui 
vestram, révérende pater, in cunctis rébus speciali auxilio dirigere 
dignetur. Scriptum Parisius, in nostra congregatione generali, apud 
sanctum Maturinum ' solemniter celebrata, die xx.i. mensis novembris, 
anno Domini millesimo CCCC XXX°. Vestri, Rector et Universitas 
studii Parisiensis, » Sic siîjnata : « Hïîbert ». 



ITEM - SEQLTTUR THNTOR LITTERARUM DICT.E ALM.K UNIVERSITATIS STL'DIl 
PARISIENSIS, TRANSMISSARUM DOMlN'ONOSTRO REGI FRANCORUM ET ANGLL^E. 

« A très 5 excellent prince le rov de France et d'Angleterre, nostre très 
redoubtc et souverain seigneur et père. Très excellent prince, nostre 
très redoubté et souverain seigneur et père, nous avons de nouvel entendu 
que en vostre puissance est rendue à présent cestc femme dicte la Piiccllc, 
dont nous sommes moult joyeulx, contians que, par vostre bonne orde- 
nance, sera ycelle femme mise en justice pour réparer les grans maléfices 
et escandes advenus notoirement en ce royaume à l'occasion d'icelle, ou-t 
grant préjudice de l'onneur divin, de nostre sainte foy et de tout vostre 
bon peuple. Et pource qu'il nous appartient singulièrement, selon nostre 
profession, extirper telles iniquitez manifestes, mesmement quant nostre 
fov catholique est en ce touchée, nous ne povons ou fait d'icelle femme 
dissimuler la longue retardacion de justice qui doit desplaire àchacunbon 
chrestian 5, et mesmement à vostre royal majesté plus que à nul autre, 
pour la grant obligacion que vous devez à Dieu, en cognoissant les haulx 
biens, honneurs et dignitez qu'il a ottroyez à vostre excellence. Et com- 



i. Q: Mattirum. — 2. AC en marge : Ténor lillerannn Universitatis Parisiensis 
domino noslro régi ; B en marge: Ténor liiterarum Universitatis domino nostro régi. 

— 3. Une note marginale répète en Aie début de cette adresse jusqu'au mot /^t^v. 

— 4.C : au. — 5. C ; chrestien. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC ■ I3 

bien que sur ce nous ayons par plusieurs fois escript et ancorcs à pré- 
sent, nostre très redoubté et souverain seigneur et père, en proposant ' 
tous jours très humble et loyal recommendacion à ce que ce ne soions 
notez de négligence aucune en si favorable et nécessaire matière : Nous 
supplions très humblement et en l'onneur de nostre sauveur Jhesucrist, 
déprions très acertes vostre haulte excellence que icelle femme vous 
plaise ordener estre mise briefment es mains de la justice de l'Eglise, 
c'est assavoir - de révèrent père en Dieu nostre honoré seigneur l'évesque 
et conte de Beauvais, et aussi 5 l'inquisiteur ordené en France, ausquelz 
la cognoissance des meffaiz d'icelle appartient espécialment en ce qui 
touche nostre dicte foy, afin que par voie de raison soit- faicte discucion 
convenable sur les charges d'icelle, et telle réparacion comme au cas 
appartendra, en gardant la sainte vérité de nostre foy, et mettant toute 
erreur faulse et scandaleuse opinion hors des courages de vos bons, loyaulx 
et chrestians * subgez. Et nous semble moult convenable, se ce estoit le 
plaisir de vostre haultesce, que ladite femme fust amenée en ceste cité 
pour faire son procès notablement et seurement ; car par les maistres, doc- 
teurs et autres notables personnes estans pardeça en grant nombre seroit 
la discucion d'icelle de plus grant réputacion que en autre lieu ; et si est 
assez convenable 5 que réparacion desdiz escandes soit fait en ce lieu, 
ouqucl les fais d'icelle ont esté divulguez et notoires excessivement. Et 
en ce faisant gardera vostre royal majesté sa grant loyaulté envers la sou- 
veraine et divine Majesté, laquelle vueille octroyer à vostre excellence 
prospérité continuelment, félicité sans fin. Escript à Paris, en ^ nostre 
congrégacion générale solennelment célébrée à Saint-Maturin, le xxi= 
jour de novembre l'an mil CCCC.XXX. Vostre très humble et dévote fille 
l'Université de Paris. » Sic signala ^ : « Hébert. » 

ITEM 8 SEQUITUR TENOR LITTERARUM REGIARUM DE DICT.E MULIERIS 
REDDITIONE NOBIS PR.EDICTO '> EPISCOPO BELVACENSI 'O. 

« Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, à tous 
ceulx qui" ces présentes lettres verront, salut. Il est assez notoire et 



I. C : préposant. — 2. O : c'est-à-dire. — 3. ^ ajoute de. — 4. ABC : chres- 
lieiis. — 5. A : raisonnable. — 6. C : à. — y. A : signate. — 8. AC en marge : 
Ténor lillerariun régis de reddilione Johanme nohis Belvacensi episcopo;B en marge : 
Ténor lillerarum régis de redditione Johannx. — 9. AC omettent praedicto. — 
10. AC ^ouic^it superiiis iioininato. — 11. O : que. 



14 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

commun comment', depuis aucun temps ença, une femme qui se fait 
appeler Jehanne la Pucelle, laissant l'abbit et vesteure de sexe féminin ^, 
s'est, contre la loy divine, comme chose xbhoniinable à Dieu, réprouvée 
et défendue de toute lo}^ vestue, habilée > et armée en estât et habit 
d'omme ; a fait et exercé cruel fait d'omicides, et, comme l'en dit, a 
donné à entendre au simple peuple pour le séduire et abuser qu'elle estoit 
envoyée de par Dieu et avoit cognoissance deses divins"secrez ; ensemble 
pluseurs autres dogmatizations très périlleuses, et à nostre sainte foy 
catholique moult préjudiciables et scandaleuses. En poursuivant par elle 
lesquelles abusions et exerçant hostilité à l'encontre de nous et nostre 
peuple, a esté prinse armée devant Compiengne par aucuns de noz loyaulx 
subgez, et depuis amenée prisonnière pardevcrs nous. Et pource que de 
supersticions, faulses dogmatizacions et autres crimes de lèse-majesté 
divine, comme l'en dit, elle a esté de pluseurs réputée suspecte, notée et 
diffamée, avons esté requis très instamment par révèrent père en Dieu, 
nostre amé et féal conseiller l'évesque de Beauvais, juge ecclésiastique et 
ordinaire de ladite Jehanne, pource qu'elle a esté prinse et appréhendée 
es termes et limites de son diocèse; et pareillement cxortés de par nostre 
très chière et très amée tille l'Université de Paris que icelle Jehanne 
vueillons faire rendre, bailler et délivrer audit révèrent père en Dieu, 
pour la interroguer et examiner sur lesdiz cas, et procéder contre elle 
selon les ordenances et disposicions des drois divins et canoniques, appel- 
iez ceulx qui seront-* à appellcr. Pource est-il que nous, qui, pour révé- 
rence et honneur du nom de Dieu, défense etexaltacion de sadicte sainte 
Eglise et foy catholique, voulons dévotement obtempérer, comme vrais 
et humbles fîlz de sainte Eglise, aux requestes et instances dudit révèrent 
père en Dieu, et exortacions des docteurs et maistres de nostre dicte fîlle 
l'Université de Paris : ordenons et consentons que, toutes et quantes fois 
que bon semblera audit révérend père en Dieu, icelle Jehanne lui soit 
baillée et délivrée réaiment et de fait par noz gens et officiers, qui l'ont 
en5 garde, pour icelle interroguer et examiner et faire son procès, selon 
Dieu, raison et les droiz ^ divins et sains ' canons, par ledit révérend père 
en Dieu. Si donnons en mandemant à noz dictes gens et officiers, qui ^ 
icelle Jehanne 9 ont en garde, que audit révérend père en Dieu baillent 
et délivrent réaiment et de fait, sans refuz ou contredit aucun, ladite 
Jehanne, toutes et quantesfois'o que par lui en seront requis; mandons 



I. C : comme. — 2. A : feinenin. — 3. C : hahilUce. — 4. ABC et : Jeronl. 
— '>,. Q ajoute leur. — 6. C / drois. — 7. C ; saincts. — 8. C ; que. — 9. <Q omet 
Jehanne. — lO. B : quai île foi s. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I5 

en ' oultre à tous nos justiciers, officiers et subgcz, tant François comme 
Anglois, que audit révérend père en Dieu et à tous autres, qui sont et 
seront ordenez pour assister, vacquer et entendre audit procès, ne donnent 
de fait ne autrement aucun empeschement ou destourbier ; mais, se 
requis en sont par ledit révérend père en Dieu, leur donnent garde, aide 
et défense, proteccion - et confort, sur peine de griefve punicion. Tou- 
tesvoies, c'est nostre entencion 3 de ravoir et reprendre pardevers nous 
icelle Jehanne, se ainsi estoit qu'elle ne fust convaincue ou actainte des 
cas dessusdiz ou d'aucun d'eulx ou d'autre touchans ou regardans nostre 
dicte foy. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre seel orde- 
nère, en l'absence du grant, à ces présentes. Donné à Rouen, le tiers 
jour de ianvier, l'an de grâce mil CCCC.XXX, et de nostre règne le IX^. » 
Sic siff>iata ^ : « Par le roy, à la relacion de son Grant Conseil, J. de 5 
RlNEL > . » 



ITEM 6 SEQUITUR TEXOR LITTERARUM TERRITORII, NOBIS EPISCOPO 7 CONCESSI 
PER VENERABILE CAPITULUM ECCLESI.l-: ROTHOMAGENSIS, SEDE ARCHIEPIS- 
COPAL! VACANTE. 

« Univcrsis pnvsentes litteras inspecturis, Capitulum ecclesicV Rotho- 
magensis, sede archiepiscopali vacante, administrationém omnimodas ^ 
jurisdictionis spiritualis, ipsà sede vacante, obtinentes, salutem in 
Domino. Cum ex parte reverendi in Christo patris et domini, domini 
Pétri, miseratione divina Belvacensis episcopi, nobis fuerit monstratùm 
quod auctoritate sua ordinaria et alias, prout sibi de jure licet et pertinet, 
contra quamdam mulierem, vulgariter Johannam 9 la Pncelle nuncupa- 
tam, se inordinate, pri\iter et contra statum muliebrem et sexum, derelicto 
omni pudore, gerentem et inverecunde habentem ; quinimo, ut '° fertur, 
prêter, citra et contra fidem catholicam et in denigrationem aliquorum 
orthodoxe fidei articulorum, pluria'' seminantem, proferentem et agen- 
tem ; et super his maie sapientem, suspectam atque diffamatam, inquirere ; 
et contra eam, protunc in sua diœcesi existentem, pr^emissa committen- 
teni, proposuisset atque voluisset in processu juridico ponere ; contigit. 



I. A omet en. — 2. C : proteclioii. — 3. C ; intencion. — 4. A : signale. — 
5. A omet lIc. ABC et Q : Rivcl. — 6. AC en marge : Ténor lilterarum territorii 
capiiuli Rolbowagcmis ; B en marge : Icnor litlerarum terriiorii. — 'J ■ A ajobte 
prxdictû. — %. B : oninisnwdai, — ^. A : Johanna. — 10. Cornet lU. — 11. A : 
pluriina. 



l6 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

pi'out Deo placuit, eam in dicta diœcesi sua et infra limites suas jurisdic- 
tionis spiritualis capi, detineri et arrestari, et demum eam in alia loca 
transferri. Quoadipsius revcrcndi patris notitiam deducto ', tam in pro- 
pria persona quam alias, mcritum ^ principem dominum ducem Burgun- 
diœ,ac nobilem virum dominum Johannem de Luxemburgo, militem, et 
cieteros ejusdem mulieris detentores requisierit et monuerit, dcliberando 
eidem reverendo patri, tanquam judici ejusdem ordinario, ipsam muiie- 
rem, sic ut prasmittitur, de hasresi suspectam et in dicta jurisdictione sua 
spirituali delinquentem, captam, detentam et arrcstatam, ut contra eam 
et super aliquibus concernentibusdictam fidem catholicam, per eam pcr- 
pctratis, yaleret, prout jus et ratio suadent, inquirere et procedcre. Q.ui 
quidem domini et CiVteri dicliu mulieris detentores, etiam ex parte chris- 
tianissimi principis et domini nostri Henrici, Dci gratia Francorum et 
Angliœ régis, ac etiam almae Universitatis studii Parisiensis,ad eumdem 3 
fînem requisiti, hujusmodi rcquisitionibus, monitionibus et sommationi- 
bus, tamquam fidèles catholici et in favorem fidei, acquicscentcs, dicto 
domino nostro régi, seu ejus in bac parte commissis eamdem Johannam 
tradiderunt et liberaverunt, postmodum ad banc t civitatem Rothoma- 
gensem adductam, tutx'que commissam custodiiv, ex ordinatione et con- 
sensu ejusdem domini nostri régis, pr:çfato reverendo in Christo patri ad 
priusens traditam, expeditam et liberatam. In qua civitate Rothomagensi, 
pluribus consideratis et attentis, et maxime temporibus currentibus atten- 
dendis et considerandis, proponebat de prasmissis juxta theologicas et 
canonicas sanctiones inquirere, et super bis informationcm scu informa- 
tiones débitas facere seu facere fieri ; dictani sic suspectam interrogare, 
ac, si opus sit, carceri 5 mancipare, et alia qua; bujusmodi inquisitionis 
negotium tangimt seu tangere poterunt, cum dependentiis et annexis, 
peragere : non intendens tamen falcem suam in messem nostram, absque 
nostro consensu, ponere, nos in juris subsidium requirendo, quatenus 
territorium, pro hiiset aliis hanc materiam concerncntibus peragendis <', 
sibi conccdere vellemus. Hinc est quod ejusdem reverendi patris requisi- 
tioni, tamquam juri consonœ, favorabiliter annucntes in favorem fidei 
catholicœ, eidem -reverendo patri, tam in bac civitate Rothomagensi quam 
alibi ubicumque sibi visum fuerit expediens, infra limites Rothomagensis 
diœcesis, pr^emissis omnibus etsingulis éa concernentibus ac eis et ab eis 
connexis et dependentiis ordinandis 7, faciendis, cognoscendis, deciden- 



I. C : dcductum. — 2. AC : iticliturii. — ^- Q : eavidem. — 4. O omet hauc. 
— 5. yi omet carceri. — 6. C : peragendum. — 7- Q omet ac eis et ab eis connexis 
et dependentiis ordinandis... 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I7 

dis et fine debito terminandis, territorium concessimus, dedimus et assi- 
gnavimus, concedimus, dàmus et assignamus pcr prsesentes ; omnes et 
siiigulos nostros subditos, in dictiscivitate ac diœcesi Rothomagensiexis- 
tentes, etiam utriusque sexus et cujuscumque conditionis existant, 
monentes, et corumdem ■ cuilibet, virtute sancta; obedientia3, pr^eci- 
pientes injungendo ut, causa lestimonii ferendi, habend^e consultationis, 
aut alias qualitercumque, dicto reverendo patri in hac re et ejus depen- 
dentiis obediant, pareant et intendant, auxilium et favorem exhibeant ; 
concedentes et consentientes ut ^ hujusmodi inquisitionis negotium inté- 
gralité!', sententialiter et cum effectu, ac si esset in sua propria diœcesi 
Belvacensi, secundum et juxta juris ordinem, possit et valeat libère et 
absolute,per se vel commissos etdeputatos, seucommittendo saut 3 depu- 
tandos ab eo, seu cum Inquisitore hïereticœ pravitatis aut ejus commisso 
seu committendo, communiter vel divisim procedere et finaliter conclu- 
dere ; auctoritatem sibi et facultatem, si et in quantum opus est, et cum 
Deo melius possumus, dantes et concedentes, juretamen dignitatis archie- 
piscopalis Rothomagensis diœcesis in aliis semper salvo. Datum sub 
magno sigillé curiag Rothomagensis, una cum signetis quibus ad prœsens 
utimur. Anno Domini millesimo CCCC. tricesimo, die xxviii. mensis 
decembris. » Sic sisuatn ^ : « R. Guerouldi ». 



ITEM > SEQUITUR TENOR LITTERARUM PROMOTORIS ^. 

« Universis prassentes litteras inspecturis, Petrus, miseratione divina 
Belvacensis episcopus, salutem in Domino. Cum qucedam mulier, vulga- 
riter dicta Johanna la PuceJle, ab anno citra, infra metas et limites nos- 
trae " Belvacensis diœcesis capta et deprehensa, ex parte serenissimi et^ 
illustrissimi principis domini nostri régis, tanquam publiée et notorie dif- 
famata, scandalizata et suspecta de nonnuUis sortilegiis, incantationibus, 
daemonum seu malignorum spirituum invocationibus et^allocutionibus, 
ac aliis quam plurimis nostrœ fidei materiam concernentibus, nobis Ordi- 
nario, ad finem quod processum contra eam in forma juris in ipsa fidei 
materiafaceremus, reddita et restituta fuerit ; nosque in ipsa fidei materia 
mature et secundum formam juris procedere cupientes, ex multorum tam 
in jure divino quam canonico et civili coram nobis propter hoc evocato- 



I. ABC : cisdem. — 2. C : in. — ^. C : et. — 4. A : signale. — 5. ABC en 
marge : Ténor litterariim promotoris. — 6. A ajoute in hune modiim. — 7. QA : 
nostri. — 8. O omet serenissimi et. 

Procès de Jeanne d'Akc. 2 



Ib PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

rum in hac civitate Rothomagensi, (territorio jurisdictionis spiritualis 
Rothomagensis, pro ipsa materia tractanda et decidenda, prius nobis 
accommodato), deliberatione et consilio, reperimus necessarium et con- 
veniensessehaberepromotoremseuprocuratoremgeneraleni ' officii nostri, 
in causa seu materia hujusmodi,consiliarios et notariosseuscribas,ac etiam^ 
exsecutorem mandatoruni et convocationum in ipsa 3 materia fiendarum. 
Notum igitur facimus quod nos, deliberationem et4 consilium hujusmodi ac 
termines juris insequi volentes, ac de fidelitate, probitate, industria, suf- 
ficientia et idoneitate personne venerabilis viri domini Johannis de Esti- 
veto >, presbyteri, ecclcsiarum Baiocensis et Belvacensis canonici, plenam 
in Domino fiduciam gerentes et débite informati, ipsumdominum Jolian- 
nem fecimus, constituimus, creavimus, nominavimus, ordinavimus et 
deputavimus ; facimus ^, constituimus, creamus, nominamus, ordinamus 
et deputamus promotorem seu procuratorem officii nostri, quoad cau- 
sara sive materiam liujusmodi deducendi, generalem etspecialem ;dantes 
eidem promotori et procuratori generali, tenore prnesentium, licentiam, 
facultatem et / auctoritatem standi et comparendi in judicio et extra, con- 
tra dictam Johannani partem se faciendi, articules, interrogatoria, testes, 
litteras, instrumenta et alia probationum gênera dandi, tradendi, admi- 
nistrandi, producendi et exhibendi, ipsamque Johannam accusandi et 
denuntiandi, examinari et interrogari petendi, faciendi et requirendi, 
concludendi in causa et caetera omnia et singula faciendi, promovendi, 
procurandi, gerendi et ^ exercendi quae ad officium promotoris seu pro- 
curatoris, de jure aut consuetudine, pertinere dignoscuntur. Quocirca, 
omnibus et singulis quorum interest, mandamus, quatenus eidem domino 
Johanni, hujusmodi officium exercendo, pareant, obediant et intendant, 
sibique auxilium prajstent, consilium pariter et juvamen. In cujus rei 
testimonium, sigillum nostrum prassentibus his litteris duximus apponen- 
dum. Datum et actum in domo habitationis magistri Johannis Riihe, 
canonici Rothomagensis. x\nno Domini millesimo CCCC.XXX., die nona 
mensis januarii. » Sic siguata 9 : « E. de Rosières. » 



i. A : promotorem sive procuratorem generalem ; BC promotorem seu procuratorem ; 
O : promotorem generalem. — 2. B omet etiam. — ^. A : hac. — • 4. A omet et. — 
<). A : Estiveo. — è. Q omet facimus. — j. A omet et. — S. Q omet cœtera omnia 
et singula faciendi, promovendi, procurandi, gereiuii et. — ^. A : signale. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I9 

ITEM ' SEQUITUR TENOR LITTERARUM NOTARIORUM. 

« Universis prjesentes litteras inspecturis, Petrus, miseralione divina 
Belvacensis episcopus, etc. -. Notum igitur facimusquod nos, deliberatio- 
nem et consilium hujusmodi ac termines juris insequi volentes, ac de 
fàdelitate, prohitate, industria, sufficientia et idoneitate personarum dis- 
cretorum virorum dominorum Guillelmi Colles, alias Boisguillaume 3, et 
Guillelmi Manchon ■^, presbyterorum Rothomagensisdiœcesis,publicorum 
apostolica et imperiali auctoritatibusac curiœ archiepiscopalis Rothoma- 
gensis notariorum juratorum, plenam in Domino fiduciam gerentes et 
débite informati ; interveniente etiam, quantum 5 opus erat, consensu et 
auctoritate venerabilium vicariorum archiepiscopatus Rothomagensis, sede 
vacante : ipsos et quemlibet ipsorum ^ retinuimus, elegimus et nomina- 
vimus, retinemus, eligimus et nominamus notarios et scribas in materia 
et causa hujusmodi ; dantes etiam eisdem et cuilibet eorumdem licentiam, 
facultatem et auctoritatem accedendi ad pr.^sentiam dictas Johann^e et alia 
loca, ubi et quando et quotiens opus fuerit ; eam interrogandi, seu inter- 
rogari audiendi, testes producendos in ipsa materia jurandi, examinandi, 
et ipsius Johannje ac dictorum testium dicta et confessiones, necnon opi- 
niones doctorum et magistrorum recolligendi, verbo tenus vel in scriptis 
nobis referendi, ac omnia et singula acta in hac materia facta et facienda 
in scriptis ponendi, ac totum processum in forma débita faciendi, et in 
scriptis redigendi, civteraque faciendi, prout ad notariorum officium de 
jure pertinet, ubicumque et quandocumque fuerit opportunum. In cujus 
rei testimonium, etc. 7. » 

ITEM 8 SEQUITUR TENOR LITTERARUM CONSILIARII. 

« Universis pr^esentes litteras inspecturis, Petrus, miseratione divina 
Belvacensis episcopus, etc. 9. Notum igitur facimus quod nos,deliberatio- 
nem et consilium hujusmodi ac terminos juris insequi volentes, ac de 



i. ABC en marge : Ténor litterarum notarioruvi. — 2. Les considérants sont les 
mêmes que dans l'acte précédent, p. 17, jusqu'aux mots materia fiendariun. — 
^. C ; BoscguUIauvie . — 4. ^ ; Machon. — 5- Q ■ 'Ji'od tuiii. — 6. AC : eoriiiii. 

— 7. Le reste comme dans l'acte précédent, p. 18, sauf les variantes suivantes : 
ABC : Actum et datum... ; AC : canonici ecclesiie Rothomagensis ; B : canonici Rotho- 
magensis ecclesix ; A : Rosières. — 8. ABC en marge : Ténor litterarum consiliarii. 

— ^. A ajoute saluteni in Domino. 



20 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE U ARC 

fidelitate, probitate, industria, sufficientia et idoneitate personne venera- 
bilis et circumspecti viri magistri Johannis de Fonte, in artibus magistri ', 
licentiati in decretis, plenam in Domino fiduciam gerentes et débite infor- 
mati, ipsum magistrum Johannem fecimus, ordinavimus, commisimus, 
deputavinius et retinuimus nostrum commissarium et ^ consiliarium et J 
examinatorcm testium in facto et materiahujusmodi, pro parte promoto- 
ris nostri producendorum ^ ; danles eidem magistro Johanni et conce- 
dentes licentiam, facultatem et auctoritatem dictos testes recipiendi, ju- 
randi, examinandi, ad cautelam absolvendi, eorum dicta et depositiones 
in scriptis redigendi aut redigi faciendi, ac caetera omnia et singula 
faciendi, quas consiliarius, commissarius et examinator débite constitutus 
potest et débet facere, et quie nos circa h^ec faceremus aut facere posse- 
mus, si pnesentes et personaliter interessemus. In cujus rei testimonium, 
etc. 5. » 



ITEM ^ SEQUITUR TENOR LITTERARUM EXSECUTORIS MAKDATORUM. 

« Universis prx-sentes litteras inspecturis, Petrus, etc. Notum igitur 
facimus quod nos, deliberationem et consilium hujusmodi ac terminos 
juris insequi volentes, ac de sufficientia, fidelitate et prompta diligentia 
discreti viri domini Johannis Massieu, presbyteri, decani Christianitatis 
Rothomagensis, plenam in Domino fiduciam gerentes et débite infor- 
mati, ipsum dominum Johannem fecimus, constituimus, retinuimus et 
ordinavimus mandatorum et convocationum a nobis in ipsa materia fien- 
darum exsecutorem ; licentiam sibi super hoc concessimus, atque per 
prassentes concedimus. In cujus rei testimonium, etc. » 



XIII 7. JANUARII. [lEGUNTUR INFORMATIOKES FACT^ DE PUELLA.j 

Item die sabbati sequenti, scilicet xiii. mensis januarii, nos, 
prasfatus episcopus, convocari fecimus in domo habitationis nostrae 
Rothomagi dominos et magistros : ^Egidium, Sanct^E Trinitatis 
Fiscampnensis abbatem, doctorem in theologia ; Nicolaum de Ven- 



1. A : magistri in artibus. — 2. Q omet et. — 3. BC omettent et. — 4. BC : 
producendi. — 5. Voyez la fin de l'acre, p. 18, sauf les variantes indiquées ci- 
dessus dans la note p. 19. — 6. ABC Qn marge : Ténor litterarut)ie.xsecutoris man- 
datorum. — 7. ^5C ajoutent eu marge sabbati avant la date. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 21 

derèSy licentiatum in jure canonico ; Guillelmum Haiton ; Nicolaum 
Coppeqiiesne ' , bachalarios in theologia; Johannem de Fonte, licen- 
tiatum in jure canonico ; et Nicolaum Loyselleur ^, canonicum 
ecclesias Rothomagensis. Coram quibus exposuimus ea qu^e in 
priori sessione facta fuerant, petentes ab eisdem consilium, de his 
qua: deinceps in materia per nos inchoata agenda restabant. Insu- 
per, ipsis audientibus, perlegi fecimus informationes factas in 
patria originis dictai mulieris, et alibi, in pluribus ac diversis locis, 
una cum certis memorialibus, tam super contentis in dictis infor- 
mationibus quam super aliis, qua3 fama publica referebat, confectis. 
Omnibusque visis et auditis, deliberatum fuit per dictos assistentes 
quod super his conficerentur certi articuli in forma débita, ut per 
ordinem et magis distincte materia videretur, atque deinceps cer- 
tius deliberari posset, si esset materia sufficiens propter quam aliquis 
in causam fidei merito citari et evocari deberet. Sicque, ex ' pras- 
fatorum assistentium consilio, conclusimus procedendum fore ad 
componendum ipsos articulos, ad quorum confectionem deputa- 
vimus certos notabiles viros, in jure divino et humano prasclare 
eruditos, cum ptc-edictis notariis. Qui, nostr^ ordinationi cum 
diligentia obtempérantes, diebus immédiate sequentibus, videlicet 
dominica, lunsè et martis, ad componendum dictos articulos pro- 
cesserunt. 

XXni 4. JANUARII. [CONCLUSUM DE INFORMATIONE PR.EPARATORIA,] 

Item die martis, xxiii. dicti mensis januarii, comparuerunt in 
dicta domo habitationis nostr^ praefati dominiet magistri, videlicet : 
dominus ^gidius, abbas Fiscampnensis, Nicolaus de Fenderês, 
Guillelmus Haiiun, Nicolaus Coppeqiiesne \ Johannes de Fonte et 
Nicolaus Loyselleur ". Coram quibus perlegi fecimus articulos, ex 



I. C ; Couppequesue. — 2. C : Loiseleur. — 3. 5 omet ex. — 4. BC ajoutent en 
marge Martis avant la date. — 5. C ; Couppequesve. — 6. A : LoiseUetir ; C : 
Loiseleur. 



22 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

ordinatione nostra, veluti superius pr^emittitur, confectos, requi- 
rentes ab eisdem quid de ipsis articulis atque etiam de ulterius 
agendis sua prudentissima consilia dictarent. Qui quidem dixerunt 
articulos saspedictos in bona et competenti forma confectos et 
compositos esse, interrogatoriaque correspondentia prasdictis arti- 
culis dixerunt fieri oportere ; atque ulterius decreverunt nos, epis- 
copum pr^edictum, posse et debere procedere ad informationem 
praeparatoriam, super actis et dictis supradictse mulieris incarceratae 
faciendam. Nos quoque, ipsorum acquiescentes consilio, ipsam 
praeparatoriam informationem fieri ordinavimus et conclusimus. Et 
quoniam in aliis eramus occupati, venerabilem et discretum virum 
magistrum Johannem de Fonte, in jure canonico licentiatum, 
superius nominatum, ad hujusmodi informationem faciendam 
commissarium deputavimus. 

Xin ', FEBRUARH. [OFFICIARIORUM IN CAUSA COXSTITUTORUM JURAMEXTA.] 

Item die martis, xiii. mensis februarii, anno prasdicto, compa- 
rentibus in dicta domo habitation is nostra*, de ^ mane, pnedictis 
dominis et magistris : .^gidio, abbate Fiscampnensi, Johanne 
Beaupèrc, Jacobo de Turonia, Nicolao Midi, Petro Mauricii, 
Gerardo Feuilleti, doctoribus ; Nicolao de Venderès et Johanne de 
Fonte, in canonico jure iicentiatis ; Guillelmo ^ Hailon ^, Nicolao 
Coppequesne 5 et Thoma de Courcellis, bachalariis in theologia ; 
et Nicolao Loyseîleur ^, canonico ecclesix Rothomagensis ; fecimus 
evocari officiarios a nobis in praesenti causa constitutos et antea 
ordinatos, videlicet : dominum Johannem de Estiveto, promotorem ; 
magistrum Johannem de Fonte, commissarium ; Guillelmum 
Boisguillaume ^ et Guillelmum Manchon **, notarios ; et dominum 
Johannem Massieu, exsecutorem citationum et convocationum per 



I. BC ajoutent ea marge martis avant la date. — 2. B : die. — ^. A : Gtiil- 
krnio. — 4. C : Hetton. — 5. C : Couppeques)n\ — 6. A : Loi selle ar ; C : Loise- 
lenr. — 7. C : BoscgitillauDie . — 8. B : Machoii . 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 23 

nos fiendarum. Quos omnes et singulos requisivimus ut de officiis 
eorum fïdeliter exercendis juramenta débita prœstarent. Ipsique, 
nostrïe réquisition! obtempérantes, in manibus nostris eadem officia 
fideliter gerere et exercere juraverunt. 

XIV., ' XV., XVI. FEBRUARII. [fIT INFORMATIO PR^PARATORIA.] 

Diebus quoque mercurii, jovis, veneris et sabbati, extunc immé- 
diate sequentibus, prasfatus ^ de Fonte, commissarius," assumptis 
secum duobus notariis pr^enominatis ', processit ad informationem 
prasparatoriam, quam antea fieri ordinaveramus. 

XIX 4. FEBRUARII. [cONCLUSUM FORE VOCANDUM INQUISITOREM.] 

Item >' die \\inx post Brandones, xix. mensis februarii, anno 
Domini millesimo CCCC. XXX°. : comparentibus hora quasi 
octava de mane, in dicta domo habitationis nostra^ ^, dominis et 
magistris, iEgidio, abbate Fiscampnensi, Johanne Beaupère, Jacobo 
de Turonia, Nicolao Midi, Petro Mauricii, Gerardo Fueilleti, 
sacrœ theologia,^ doctoribus; — Nicolao de Venderès, Johanne de 
Fonte, in canonico jure licentiatis ; — Guillelmo Haiton ', Nicolao 
Coppeqiiesjie ^, Thoma de Courcellis, bachalariis in theologia ; et 
Nicolao Loyselleur ^, canonico Rothomagensis ecclesic-e : Nos, epis- 
copus, prctdictus, coram eisexposuimus quod, post certos articules 
super his, qu^e de dictis et factis antedictre mulieris, nobis, ut 
pra?mittitur, per dominum nostrum regem traditas et expedita;, fere- 
bantur, informationem prasparatoriam fieri '° jusseramus, quatenus 
videri posset an ad citandum et evocandum pr^i^-fatam mulierem in 



I. 5 en marge : Injonitatio prxparatoria mercurii, jovis, veneris et sahhati ; C 
en marge ; Diebus iiicrcitrii, jovis, veneris et sahhati fiunt iiifonnatioiies communes 
prxparatorix. — 2. O : prxscitus. — 3. Q : pra'nuntiatis . — 4. ABC en marge : 
Lums XIX^ februarii . — 5. C ajoute !)n médiate sequenti. — 6. C a.]0\i\t episcopi 
prxdicti . — 7. C : Haitton. — 8. C ; Coitppeqiiesne. — 9. ^ ; Loiselleur ; C : 
Loiseleur. — 10. Q omet fieri. 



24 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

causam fidei sufficiens ratio haberetur. Ipsisque prassentibus, arti- 
culos prasmissos et depositiones testium in praemissa informatione 
contentas ' perlegi fecimus. Qui quidem domini et magistri, prse- 
missis auditis et plenius consideratis, longam et maturam super his 
deliberationem habuerunt, et tandem nos, eorum consiliis et delibe- 
rationibus habitis, decrevimus sufficientem, ex informationibus et 
aliis, materiam nos habere, propter quam pr^efata mulier in causam 
fidei citari et evocari deberet; ipsamque citandam esse et evocan- 
dam in materia fidei decrevimus, super certis interrogatoriis sibi 
proponendis responsuram. Prasterea, ut res ipsa convenientius et 
salubrius deduci valeret, ob reverentiam Sanctae Sedis apostolicas, 
quae dominos inquisitores hasretic^ pravitatis, ad correctiones 
errorum, adversum ^ fidem orthodoxam emergentium, specialiter 
deputavit : exconsilio eorumdemperitorum virorum, conclusimus ' 
dominum Inquisitorem hxreticc^ pravitatis in regno Franciae 
vocandum esse et in materia fidei requirendum quatenus, si su^e 
discretioni placeret aut sua crederet interesse, nobiscum se adjun- 
geret in processu. Et quoniam prasfatus dominus Inquisitor pro 
illo tune ab hac civitate Rothomagensi absens erat, vicarium ipsius, 
Rothomagi existentem, vocandum et, ut pr^emittitur, sommandum 
esse ordinavimus.' 

EADEM DIE POST MERIDIEM 4. 

Item eadem die luna;, hora quasi quarta post meridiem, ad 
requestam nostram comparuit in dicta domo habitationis nostrîc, 
episcopi pra;dicti, venerabilis et discretus vir frater Johannes 
Magistri, de ordine ^ Pn-edicatorum, vicarius domini Inquisitoris 
in regno Franciae, pro civitate et diœcesi Rothomagensi ab eodem 
deputatus. Quem quidem vicarium sommavimus et requisivimus 



1.0; contentas. — 2.C : adversus. — 3. AB en marge : conclusuni fore vocan- 
dum Inquisitorem ; C en marge : conclusio ez'ocandi doininnin Inquisitorem. — 4. En 
marge de ABC ;AB : eodem; C a']Oute : comparuit vicarius Inquisitoris. — 5. C 
ajoute fratrum. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 25 

Ut se nobiscum adjungeret et conjunctim procederet in materia 
superius dcclarata ; offerentes eidem omnia et singula communi- 
care qux per nos super his facta erant aut fièrent in futurum. Ad 
hsec vero praefatus vicarius respondit quod paratus erat commissio- 
nem seu vicariatum sibi a domino Inquisitore traditum nobis 
ostendere; cujus viso tenore, libenter faceret in materia quod 
deberet, pro officio sancti\? Inquisitionis ; verum, quia commissus 
erat singulariter pro diœcesi et civitate Rothomagensi, et nos, 
quanquam territorium nobis in bac civitate fuisset accomodatum, 
tamen prœsentem processum ratione nostras jurisdictionis Belva- 
censis susceperamus agendum, dubitabat ' prasfatus vicarius an ad 
ejusdem processus deductionem sua prastenderetur priefata commis- 
sio. Cui respondimus quod in crastinum ad nos rediret, et super 
hoc intérim consilium haberemus. 



MARTIS XX. FEBRUARn ^. 

\ 

Item die martis sequente % scilicet xx. mensis februarii ; com- 
parentibus in dicta domo habitationis nostr^, episcopi pr^dicti, 
dictis fratre Johanne Magistri, vicario domini Inquisitoris ; magis- 
tris Johanne Beaupére, Jacobo de Turonia, Nicolao Midi, Nicolao 
de Venderès, Petro Mauricii, Gerardo Fueillet, Thoma de Cour- 
cellis, Nicolao Loyselleur '^ et fratre Martino Lavenu, ordinis Fra- 
trum Priçdicatorum ; coram ipsis retulimus nos vidisse commis- 
sionem seu vicariatum traditum 5 pn^fato fratri Johanni Magistri a 
domino Inquisitore, ac, ex consiHo peritorum quibus ipsum vica- 
riatum ostenderamus, habuisse quod prasfatus vicarius, virtute illius 
commissionis, poterat se nobis adjungere, et, in hac civitate ad 
quam et totam diœcesim Rothomagensem extendebatur sua com- 



i. Q : chthitavH. — 2. En marge de ABC. — 3. C ; sequenti. — ^. A : Loiselleur, 
canonico ecdesix Rothoniaoensis ; C : LoiseJeur, canoiiico Rotbotiiageusi. — 5. C : 
traâitam. 



26 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

missio, pariter nobiscum prassentem processum deducere. Et nihi- 
lominus, pro majori securitate prnsfati processus, dominum Inqui- 
sitorem, ad ipsius personam per litteras nostras patentes, somtnare 
et requirere duximus ut in hanc urbem Rothomagensem, hujus 
processus deducendi gratia, personaliter accederet, aut vicarium 
committeret, qui planiorem et specialiorem haberet potestatem, 
proiit ex tenore litterarum ipsarum inferius subscriptarum ' aper- 
tius constat. 

Quibus sic per nos, episcopum praedictum, expositis, pra^nomi- 
natus frater Johannes Magistri respondit quod, tum pro serena- 
tione conscienti^e suae, tum pro securiori deductione processus, 
nollet se de praesenti materia intromittere, nisi si et in quantum 
super hoc haberet potestatem. Verumtamen, in quantum poterat 
et sibi licebat, placuit eidem ut nos^ episcopus pra;dictus, in materia 
procederemus uherius*, donec plenius haberet consiUum si, vigore 
saspedicta^ su^e commissionis, processum ipsum deducendum assu- 
meret. Cujus sic habito consensu, rursum eidem processum et 
quie jam processerant, aut in posterum agerentur, communicare 
obtulimus. Atque, deliberationibus assistentium receptis, dccrevi- 
mus mulierem prasfatam, per litteras nostras citatorias, coram 
nobis tore citandam et evocandam ad diem mercurii proximo 
sequentem, sciHcet xxi. mensis februarii ; quarum litterarum ténor 
inferius annotatur. 



SEQUITUR PRIMO TENOR LITTERARUM VICARIATUS DICTI FRATRIS JOHAXNIS 

MAGISTRI 5. 

« Frater Johannes Gravèrent, ordinis Fratrum Pra^dicatorum, sacrœ 
theologiœ professer, hœreticae pravitatis Inquisitor in regno Francise 
auctoritate apostolica deputatus, dilecto sibi in Christo fratri Johanni 
Magistri, ejusdem ordinis, in auctore et confirmatore fidei Domino nostro 
Jhesu Christo, salutem. Quoniam morhus h^eresisvelut cancer serpit, et 



I. AC : siibscripto.] — 2. A : uUerius ajouté au-dessus de la ligne devant itt 
materia. — 3. JC en marge : Ténor vicariatus fratris Johannis Magistri. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 27 

latenter simplices interticit, nisi cum diligenti examine iiiquisitionis 
sarculo pr^escindatur : hinc est quod, de vestr« fidei zelo, discretione ac 
probitate confisi, auctoritate apostolica qua fungimur iii hac parte, in 
civitate et diœcesi Rothomagensi, nostrum fecimus, creavimus et con- 
stituimus vicarium, ac pra^sentium tenore facimus, creamus et constitui- 
mus ; dantes et concedentes vobis in dicta civitate et diœcesi plenariani 
potestateni contra quoscumquehcereticosaut deh^eresi suspectes ac eorum 
credentes, fautores, defensores et receptatores, inquirendi, citandi, con- 
veniendi, excommunicandi,capiendi, detinendi,corrigendi et alias contra 
ipsos modis opportunis procedendi, usque ad definitivam sententiam 
inclusive ; necnon absolvendi et pœnitentias salutares injungendi, et 
generaliter omnia alia et singula faciendi et exercendi, qme ad dictum 
Inquisitoris I officium pertinent, -tam de jure quam de consuetudine ac 
privilegio speciali, quiç faceremus et facere possemus, si pr^esentes 
essemus. In quorum omnium testimonium, sigillum nostrum, quo utimur 
in officio,pra2sentibus duximus apponendum. Datum Rothomagi, anno 
Domini millesimo CCCC. XXIIII., vicesima prima mensisaugusti. » 



ITEM 2 SEQUITUR 5 TENOR LITTERARUM, QUAS NOS PR^FATUS EPISCOPUS 
TRANSMISIMUS4 DOMINO INQUISITORI H.ERETIC.E PRAVITATIS. 

« Petrus, miseratione divina Belvacensis episcopus, venerando patri 
magisiro johannï Gravèrent, sacrai theologi.E doctori?, Inquisitori haere- 
xicx pravitatis, salutem, et in Christo dilectionem sinceram. Cum dominus 
noster Rex, zelo fidei orthodoxas etchristiauce religionis accensus, quam- 
dani mulierem nomine Johannam, qua^ Puella vulgaricognomine appel- 
latur, de variis criminibus adversus fidem et ipsam religionem christia- 
nam perpetratis notorie diftamatam ac de ha^resi suspectam, in nostra 
diœcesi Belvacensi captam etdeprehensam^ nobis tanquam judici ordina- 
rio reddidisset ac expedivisset ; territoriumque nobis in hac civitate et 
diœcesi Rothomagensi, pro deductione processus in ea re habendi, per 
Capitulum Rothomagcnsis ecclesic-e, sede archiepiscopali vacante, fuisset 
concessum et assignatum ; cupientes omnem erroris impietatem a grege 
dominico depelh alque catholicx' veritatis integritatem jugiter illa?sam 



I. AC : Inqiiisitionis. — 2. AC en marge : Ténor Jitteranini traiisniissanini 
Inquisitori ; C en marge : Ténor Jitterariim transtnissarum domino Inquisitori. — 
3. Cornet Item seqnitur. — 4. C ajoute diclo. — 3. C : professori. 



28 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

permanere, ut sic populuschristianus, praecipuein nostradiœccsiet caste- 
ris partibus hujus christianissimi regni, per sanam doctrinam jugiter 
tedificctur ad salutem ; causam pr^efatae mulieris omni studio et diligen- 
tia examinare, ac de ejus dictis etfactis fidem orthodoxam concernentibus 
inquirere duximus : evocatisque nonnullis, tam sacras theologiai quam 
juris canonici doctoribus et aliis peritis, juridicum processum in hac 
urbe, cum grandi et niaturo consilio, inchoavimus. Verum, quoniam res 
ipsa officium vestrum inquisitionissingulariler concernit, cujus interest in 
hujuscemodi suspicionibus hx^resum lucidam perquircrc veritatem, ves- 
tram venerandam paternitatem rogamus et ' in favorem fidei sommamus 
et requirimus quatenus, pro ulteriori ejusdem processus deductione, ad 
hanc urbem indilate accedatis, causam ipsam, prout vestro incumbit offi- 
cie, secundum formam juris et apostolicas sanctiones, tractaturus, ut, 
concordi sententia et uniformi processu, rei prnsfatiis pariter intendamus. 
Quod si vos tanta occupatio detineret ut alicujus morx rationabilem 
causam prastendcre possctis, saltem fratri Johanni Magistri, vicario in 
civitateet diœcesi Rothomagensi a vobis deputato, aut alteri specialiter 
ad hoc committatis facultatcm, ne fiicti hujus, in prasjudicium fidei et 
scandalumpopuli christiani, morosa diiatio vestrae absentiie post debitam 
requisitionem valeat imputari. Quidquid autem inde faciendum decreve- 
ritis per litteras vestras patentes nobis indilate significare curetis. Datum 
Rothomagi sub sigillo nostro, anno Domini millesimo CCCC.XXX., 
die XXII. mensis februarii. » Sic signala ^ : « G. Boisguillaume ', 
G. Man'Chon 4. » 

MERCURII XXI. FEBRUARII. PRIMA SESSIO PUBLICA^. 

Item mercurii, scilicet xxi. die mensis februarii, hora quasi 
octava de mane, nos, episcopus prasdictus, accessimus ad cap- 
pellam regiam castri Rothomagensis, ad quam cappellam mulie- 
rem pra^fatam citari jusseramus, die et hora prasdictis com- 
parituram ; ibidemque pro tribunali sedimus, assistentibus nobis 
reverendis patribus, dominis et magistris : ^gidio, abbate Sanctae 
Trinitatis Fiscampnensis, Petro, priore de Longavilla-Giffardi, 
Johanne de Castellione, Johanne Beaupcre, Jacobo de Turonia, 



I. O omet et. — 2.A: signale. — 5. C .• Boscguillamne. — 4. 5 : Machon. 
5. En marge de ABC. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 29 

Nicolao Midi, Johanne de Nibat, Jacobo Guesdon, Johanne Fabri, 
Mauricio de Quesneio ', Guillelmo Boucherii, Petro Hotidenc ^, 
Petro Mauricii, Ricardo Prati et Gerardo Fueilleti, sacra; theologiic 
doctores ' ; — Nicolao de Gemeticis, Guillelmo Sanctas Katharinas 
et 4 Guillelmo ^ de Cormeliis, abbatibus ; Johanne Guerini, cano- 
nici ; Radulpho Rousselli, utriusque juris doctoribus ; Guillelmo 
Haiton ^, Nicolao Coppeqiiesne ', Johanne Magistri, Ricardo de 
Groucheto *, Petro Minerii, Johanne Pigache, Radulpho Silvestris, 
bachalariis in theologia; — Roberto Barberii, Dionysio Gastinel et 
Johanne Dulcis 9 ; Nicolao de Veiiderés, Johanne Basseti, Johanne 
de Fonte, Johanne BruUoti, Auberto Morelli, Johanne Columbelh, 
Laurentio de Busco '° et Radulpho Anguy, in canonico; — Andréa 
Marguerie, Johanne Ad-Ensem ", GaufFrido de Crotay et ^Egidio de 
Campis, in civili jure licentiatis. In quorum pritsentia primitus 
lectae fuerunt littene regix. de redditione et restitutione s^epedict^ 
mulieris nobis facta, et deinceps litterse Capituli Rothomagensis, 
super commodatione territorii : quarum litterarum tenores superius 
praemittuntur, Quibus ibidem lectis, dominus Johannes de Esti- 
veto, promotor in hac causa per nos constitutus et deputatus, 
coram nobis recitavit quod ipsa mulier, Johanna nomine, per exse- 
cutorem citationum nostrarum in hac causa deputatum, fuerat 
citata et evocata, ut in eodem loco, die et hora priedictis, compa- 
reret, interrogatoriis sibi proponendis quod juris esset responsura, 
prout ex relatione prsefati exsecutoris, litteris nostris citatoriis 
annexa, plenarie constabat. 

Q.UARUM LITTERARUM CITATIONIS ET RELATIONIS TENORES SEQ.UUNTUR '^ . 

« Petrus, miseratione divina Belvaceiisis episcopus, habens territorium 
in civitate et diœcesi Rothomagensi, ex parte venerabilis Capituli eccle- 



\. A : Quesneyo. — 2. B : Houdent ; C : Hodenc. — 3. C omet doctores. — 
4. A omet et. — 5. C ajoute Sanctx Marix. — 6. C : Haitton ; AB : Heton — 
7. C :Couppeqiiesne. — S.C : Grouceto . — 9. A ajoute in utroque. — 10. C : Busco. 
AB : Busto. — 11. i^ ; De Ensein. — 12. ABC en marge : Ténor Utteraruvicitalionis 
et relalionis. 



30 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

sise Rothomagensis, sede archiepiscopali vacante, nobis accommodatum, 
pro materia infra scripta deducenda et terminanda, decano Christianita- 
tis Rothomagensis, omnibusque ' et singulis presbyteris, curatis et non 
curatis in civitate et diœcesi Rothomagensi constitutis,ad quemseu quos 
nostne proïsentes litteras pervenerint exsequendit, salutem in auctore et 
consumatore fidei, Domino nostro Jhesu Christo. Cum qucxdam mulier, 
vulgariter dicta Johanna la Pucelle, in diœcesi nostra Belvacensi capta et 
deprehensa, ac per christianissimum et serenissimum principem, dominum 
nostruni Francorum et Angliœ regem, nobis, tanquam vehementer sus- 
pecta de hasresi, ut processum contra eam in materia fidei faceremus, 
reddita fueritct expedita, traditaet liberata ; nosque, audita famade factis 
etgestis per eam in hcsionem fidei nostrae, nedum per regnum Francias, 
imo etiam per totam christianitatem notorie divulgata ; informationc 
etiani diligenti ac deliberatione peritorum pr^ehabitis ; volentes in dicta 
materia cum maturitate procedere, decreverimus ipsam Johannam vocan- 
dam esse, citandam et audiendam super articulis et interrogatoriis contra 
eam dandis et sibi faciendis, fidei materiam concernentibus : vobis et 
vestruni singulis propterea mandanuis quatcnus alter vestrum requisitus 
alterum non cxspectet, nec unus pro alio se cxcusct. Citetis pcremptorie 
coram nobis in cappella regia castri Rothomagensis, ad diem mercurii 
vicesimam primam pra.'sentis mensis februarii,- hora octava de mane, 
dictam Johannam quam de hivresi vehementer suspectam habemus, res- 
ponsuramveritatem super dictis, articulis et interrogatoriis ac aliis super 
quibus eam suspectam habemus, et alias facturam quod justum fuerit et 
rationis ; cum intimatione quod ipsam exconiniunicabimus nisi coram 
nobis comparuerit ea die. Quid inde feceritis, vos qui praesentes fueritis 
exsecuti, nobis fidcliter rescribatis. Datum Rothomagi sub sigillo nostro, 
anno Domini millesimo CCCC. XXX., die martis vicesima dicti mensis 
februarii. » Sic signala : « G. Boisguillaume ^, G. Maxxhok. » 

RELATIO EXSECUTIONIS J. 

« Reverendo in Christo patri et domino Petro, miseratione divina Bel- 
vacensi episcopo,habenti territorium in civitate et diœcesi Rothomagensi, 
ex parte venerabilis Capituli ecclesia^ Rothomagensis, sede archiepisco- 
pali vacante, vobis accommodatum pro materia infra scripta deducenda 



i. A : omnibus. — '2. C : Bosci^uillaiiiiie. — 3. En marge de AB; C en marge : 
Kelatio exseculoris nidnJaloruni. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 3 I 

et tcrminanda, vester humilis Johannes Massieii, presbyter, decanus 
Christianitatis Rotbomagensis, obedientiam promptam in mandatis cum 
omni reverentia ethonore. Noverit reverenda paternitas vestra me, virtute 
mandati vestri mihi pnvsentati, cui biuc mea prœsens relatio est annexa, 
citasse peremptorie coram vobis in cappella regia castri Rotbomagensis, 
ad diem mercurii vicesimam primam pn^sentis mensis februarii, hora 
octava de mane, quamdam muliei'em,-vulgariter nuncupatam Jobannam 
la Piicelle,pcY me personaliter infra septa dicti castri apprebensam, quam 
de h;vresi vebementer suspectam habetis, responsuram veritatem super 
articulis et interrogatoriis contra eam dandis et sibi faciendis, fidei mate- 
riam concernentibus acaliis, super quibus eam suspectam babetis, et alias 
facturam quod justum fuerit et rationis, cum intimatione in ipsis vestris 
litteris contenta. Qux quidem Jobanna in effectu mibi respondit quod 
libenter coram vobis compareret, et veritatem super interrogatoriis eidem 
fiendis responderet, quodque ipsa petebat', quod in hac materia velletis, 
una vobiscum, viros ecclesiasticos de partibus istis Francias asque bene' 
sicut et Angliie , convocare; et, ulterius, quod reverendam paternitatem 
vestram bumiliter supplicabat, quatenus crastina die antequam coram 
reverenda paternitate vestra compareret, missam posset audire, et quod 
boc vobis significarem ; quod et feci. Quse pra;missa sic per me facta 
reverenda; paternitati vestnt significo, per prassentes, sigillo et signo 
manuali meis sigillatas et signatas. Datum anno Domini millesimo CCCC. 
XXX., die martis prascedente dictam diem mercurii. » Sic signala : 
« Johannes. » 



PETITIO PROMOTORIS ^. 

Deinceps autem prœfatus promotor, post exhibitionem litteraruni 
pntdictarum, instanter requisivit quatenus antedicta mulier ad 
illum locum venire mandaretur et coram nobis in judicio ' com- 
parere, prout ad illuc comparendum citata fuerat, et per nos inter- 
rogaretur super certis articulis niateriam fidei concernentibus ; 
quod eidem concessimus. Et intérim, quia mulier pr^efata missam 
audire prius requisiverat, exposuimus coram pr^dictis assisten- 
tibus qualiter, ex consilio notabilium dominorum et magistro- 



i. Ben marge : Nota. — 2. En marge deAB ; C en marge : Promotor proponit. 
- '>,. Q omet in judicio. 



32 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

rum habueramus quod, visis criminibus de quibus dicta mulier 
diffamata erat et difformitate habitus in quo perseverabat, super- 
sedendum erat a concedendo sibi licentiam de audiendo missam et 
interessendo divinis officiis '. 

JOHAKKA ADDUCITUR AD JUDICIUM ^. 

Iiiterea, dum ha;c per nos dicerentur, adducta fuit eadem mulier 
per pr^edictum exsecutorem citationum nostrarum. Qua compa- 
rente injudicio corani nobis, cœpimus exponerequod ipsa Johanna, 
dudum capta et deprchensa infra termines et limites nostnv diocesis 
Belvacensis, cujusgesta plurima in lassionem orthodoxe; fidei, non 
modo in nostra diœcesi, verum etiam in cajteris multis regionibus, 
fama publica jam fere per universa régna christianorum divulgata 
referebat ; novissime per serenissimum et ' christianissimum prin- 
cipem dominum nostrum regem nobis reddita et expedita fuerat, 
ut adversus eam, prout juri et rationi consonum esse videretur, 
processus in materia fidei ageretur. Nos vero, attentis fama com- 
mun! et publicis rumoribus, una cum certis informationibus, de 
quibus superiusfecimus mentionem, habito in primis peritorum in 
jure divino et humano maturo consilio, ipsam Johannam litteratorie 
citari et evocari mandaveramus ex officio nostro, super interro- 
gatoriis in materia fidei eidem proponendis responsuram veritatem 
et alias facturam quod juris esset ac rationis, veluti ex litteris ante- 
dictis quas promotor exhibuerat poterat apparere. 

EXHORTATIO PRIMA FACTA JOHANNiE 4. 

Quapropter debitum officii nostri ad conservationem et exaltatio- 
nem fidei catholicae, cum benigno auxilio Jhesus Christi, cujus res 
agitur, cupientes in hoc processu explere, in primis saepedictam 



I . AB en marge : Condusuin quod non intererit divinis officiis ; C en marge : Non 
pertnittetur interesse divinis in illo habita. — 2. En marge de AB. — 3. C omet 
serenissinniui et. — 4. En marge de ABC ; AC ajoutent dictœ. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 33 

Johaniiani, coram nobis tune sedentem, caritative monuimus et 
requisivimus ut, pro acceleratione pntsentis negotii et exoneratione 
proprix^ coiiscientin:, plenam veritatem super his diceret, de quibus 
in materia iidei interrogaretur, non quitrendo subterfugia vel caute- 
las ab ipsius veritatis confessione divertentes. 

REQUISITA PR.ESTARE JURAMENTUM '. 

Insuper, ex oftïcio nostro, ipsam Johannam judicialiter requisi- 
vimus, quatenus juramentum in forma débita, tactis sacrosanctis 
Evangeliis, pritstarct, de dicendo veritatem, ut prc\;mittitur, super 
his de quibus interrogaretur. 

Qux quidem Johanna ad hoc ^ in hune modum respondit : 
« Nescio super quibus vultisme interrogare. Forte vos poteritis a me 
taha petere, quse non dicam vobis. » Cum vero nos eidem dicere- 
mus : « Vos jurabitis dicere veritatem de his quse petentur a vobis, 
fidei materiam ' concernentibus et quiuscietis. wlpsa rursum respon- 
dit quod de pâtre et matre, et his qux fecerat, postquam iter arri- 
puerat in Franciam, Hbenter juraret ; sed, de revelationibus eidem 
factis ^ ex parte Dei, nunquam aUcui dixerat seu revelaverat, nisi 
soU Karolo queni dicit regem suuni ; nec etiam revelaret si deberet 
eidem caput amputari ; quia hoc habebat per visiones sive consi- 
Hum suum secretum, ne alicui revelaret ; et quod, infra octo dies 
proximos, bene sciret si hoc deberet revehire. 

Et iterato, et vicibus repetitis, nos, episcopus prasdictus, monui- 
mus et requisivimus eamdem Johannam quod in his quit tangercnt 
tidem nostram juramentum pnestarevellet de dicendo veritatem. Quit 
quidem Johanna, flexis genibus, ambabus manibus supra Hbrum, 
videhcet supra Missale, positis, juravit quod diceret veritatem super 
his qux requirercntur ab ea, fidei materiam concernentibus quit 
sciret, tacendo de conditione antedicta, videhcet quod nulli diceret 
aut revelaret revelationes eidem factas. 



I. En marge de ,4BC. — 2. A : hœc . — 5. O omet maleriam. — ^. O omet 
eidem jadis. 

Procès de JhANNE u'Akc. j 



34 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

PRIMA INTERROGATIO POST JURAMEKTUM '. 

Item, juramento sic pnestato-, eadem Johannaper nos interrogata 
fuit de nomine et cognomine ipsius. Ad qu^ respondit quod in par- 
tibus suis vocabatur Johanneta et, postquam venit in Franciam, 
vocata est Johanna. De cognomine autcm suo dicebat se nescire. 
Consequenter, interrogata de loco originis : respondit quod nata 
fuit in villa de Donipremi, qune est eadem cum villa de Grus ; et in 
loco de Grus est principalis ecçlesia. 

Item, interrogata de nomine patris et matris : respondit quod 
pater vocabatur Jacobus ' d'Arc, mater vero, Ysabcllis. 

Interrogata quo loco fuit baptizata : respondit quod in ecçlesia de 
Dompremi. 

Interrogata qui fuerunt ejus patrini et matrinx : dicit quod una 
matrinarum vocabatur Agnes, altéra Johanna, altéra Sibilla i ; 
patrinorum vero unus vocabatur Johannes Lhigiié, alter, Johannes 
Barrey ; aliasque plures matrinas habuit, prout audivita matre. 

Interrogata quissacerdos eambaptizavit : respondit quod dominus 
Johannes Minet, prout crédit. 

Interrogata an vivat ipse : respondi^quod sic, prout crédit. 

Item, interrogata cujus a^tatis ipsa erat : respondit quod, prout 
sibi videtnr, est quasi XIX annorum . Dixit pricterea qitod a matre 
didicit Pater nosler, Ave Maria, Credo ; nec alibi didicit credentiam, 
nisi a pntfata ejus matre. 

Item, requisita per nos c\\ioàà\ctxQi Pater noster : respondit quod 
audiremus eam in confessione et ipsa nobis diceret libenter. Cum- 
que iterum pluries super hocrequireremus eam : respondit quod non 
diceret Pater noster, etc., nisi eam audiremus in confessione. Tune 
autemdiximus quod libenter sibi traderemus unum aut duos nota- 
biles viros de lingua gallicana, coram quibus ipsa diceretPât/^r noster, 
etc. Ad quod respondit ipsa Johanna ' quod non diceret eis, nisi 
eam audirent in confessione. 



I. En marge de B\ rien en AC . — 2. AC : prxstito ; B et Q : posito. — 3. 
B : Jacottits. — ^. B ci Q : Sihylla. — ^. A : ipsa Johanna respondit. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 35 

PROHIBITIO NE RECEDAT A CARCERIBUS '. 

Quibus sic peractis, nos, episcopus pra:dictus, prohibuimus eidem 
Johann;^ ne recederet de carceribus sibi assignatis infra castrum 
Rothomagense, absque licentia nostra, sub pœna convictide crimine 
hasresis. Ipsa vero respondit quod non acceptabat illam inhibitio- 
nem, dicens ulterius quod, si evaderet, nullus posset eam repre- 
hendere quod fidem suam fregisset vel violasset, quia nulli unquam 
fidem dederat. Deinceps conquesta fuit quod in vinculis et compe- 
dibus ferrais detinebatur. Tune quoque sibi diximus quod alias nisa 
fuerat a carceribus evadere pluribus vicibus, et propterea, ut tutius 
et securius custodiretur, jussa fuerat vinculis ferreis compediri. Ad 
quod respondit, dicens : « Verum est quod alias volui et vellem, 
prout licitum est cuicumque incarcerato seu prisionario, evadere. » 

Postea - vero, commisimus ad tutam custodiam ipsius Johanna; 
nobilem virum Johannem Gris, scutiferum corporis domini nostri 
Régis, etcumipso Johannem Berwoit a.c Willermum Talbot, eisdem 
injungentes quod bene et fideliter ipsam Johannam custodirent, 
nullos cum ea permittendo colloqui^ nisi de licentia nostra. Qui de 
hoc faciendo, tactis sacrosanctis Evangeliis, solemniter juraverunt. 

Demum et finaliter, omnibus praemissis completis, assignavimus 
eidem Johann^ crastinam diem jovis sequentem immédiate, ad 
comparendum, hora octava de mane, in caméra paramenti, in buto 
auke magnc'e pra;dicti castri Rothomagensis. 

JOVIS XXn FEBRUARU. SESSIO SECUNDA 3. 

Item, die jovis, xxii februarii, immédiate sequente, nos, episcopus 
prajdictus, accessimus ad cameram paramenti, in buto magnœ aulse 
castri Rothomagensis, ubi nobiscum pariter congregati fuerunt 



I . En marge de B ; A en marge : Prohihitio ne exiret a loco pro carcerc depiitato, 
donec etc. .. ; C en marge : Prohibitio ne recederet a loco pro carcere deputato, 
donec clc . — 2. AC en marge : Juramenlum cusloduin curccruiu ; B : juranwiitutn 
custodiiin. — 3. En marge de ABC; A : secunda sessio. 



36 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

revereiidi patres, domini et magistri : -^gidius, abbas Sanctas Trini- 
tatis Fiscampnensis, Petrus, prior de Longavilla-Giffardi ', Johannes 
de Castellione, Johannes Beaupcre, Jacobus de Turonia, Nicolaus 
Midi, Johannes de Nibat, Jacobu^ Guesdon, Johannes Fabri, Mauri- 
cius de Quesneio % Guillelmus Boucherii, Fetms Houdenc ', Petrus 
Mauricii, Ricardus Prati et Gerardus Fueilleti, sacrx theologiae doc- 
tores ; — Nicolaus de Gemeticis, Guillehnus sanct^t KathariniE, 
Guillelmus •* de Cormeliis, abbates ; et Johannes Guéri ni, in cano- 
nico 5, Radulphus Rousselli, in utroque jure doctores ; — Guillel- 
mus Hailaii ^, Nicolaus Coppequesne ', Johannes Magistri, Ricardus 
de Groucheto ^, Petrus Minerii, Johannes Pigache, Radulphus Sil- 
vestris, bachalarii in sacra theologia ; — Robertus Barberii, Diony- 
sius Gastinel, Johannes Dulcis, in utroque ; — Johannes Basseti, 
Johannes de Fonte, Johannes Brulloti, Aubertus Morelli, Nicolaus de 
Venderès, Johannes Pinchon, Johannes Columbelli, Laurentius de 
Busco^, Radulphus Angiiy '°, in canonico ; — Andréas Marguerie, 
Johannes Ad-Ensem, Gaiiffridus de" Crotay et ^gidius de Campis, 
in civili jure licentiati ; — abbas de Pratellis, fra.ter Guillelmus'^ 
r Ermite, Guillelmus de Gardinis, doctor in medicina, Robertus 
Morellet^^ et Johannes Régis, canonici ecclesia; Rothomagensis. 

In quorum pnesentia, primo exposuimus qualiter fratrem Johan- 
nem Magistri, vicarium domini Inquisitoris, qui tune priEsens ade- 
rat, sommaveramuset requisiveramusde seadjungendo pra^senti pro- 
cessui ; offerentes sibi omnia communicare quaî hactenus facta 
fuerant in materia, aut quit- fièrent in posterum ; et quod ipse vica- 
rius responderat se tantum fuisse commissumet deputatuma domino 
Inquisitore prjefato, pro civitate et diœcesi Rothomagensi ; proces- 
sus autem iste deducebatur a nobis ratione nostrit jurisdictionis 



I. C: Guiffardi. — 2. AC : Qtiesmyo. — 3. C .• Hodenc. — 4. AC : GuUlertnus. 
— 5. AC : canonici. — 6.C : Haitton ; AB : Heton. — 7. C. Couppequesne. — 8. C : 
Groucelo. — 9. ABC : Buslo. — 10. AC : depuis Aubertus Morelli jusqu'à Radulphus 
Anguy, rénumération est la suivante : Johannes Cohunbelli, Laurentius de Buste, 
Nicolaus de Venderès, JoJianncs Pinchon. — 11. C : du. — 12. C : Guillcrnins. — 
15. C : Mord et. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 37 

Belvacensis, in territorio accommodato. Q.uare,ne processus redde- 
retur invalidus, ac etiam pro serenationeconscientia) sua;, distulerat 
se adjungere,quousqueplenius haberetconsiliumac etiam pleniorem 
haberet potestatem seu commissionem a domino Inquisitore ; ipse 
tamen vicarius, quantum in ipso erat, contentus fuerat quod ulterius 
in materia continue procederemus.Quas sic audiens per nos recitari, 
praefatus vicarius nobis respondit,dicens : « Verum est quod dicitis. 
Ratum habui et habeo, quantum possum et quantum in meest,quod 
procedatis. » 

Deinceps, ipsam Johannam, coram nobis in loco prœdicto 
comparentem, requisivimus et monuimus, sub pœnis juris, de 
faciendo juramentum quod die praîcedente prœstiterat, quodque 
simpliciter et absolute juraret dicere veritatem, ad ea quae interro- 
garentur in materia de qua delata erat et diffamata. Ad quod respon- 
dit quod heri fecerat juramentum et sufficere debebat. 

Iterum requisivimus quod juraret, nam quicumque, etiam prin- 
ceps, requisitus in materia fidei non posset recusare facere jura- 
mentum '. Responditque iterum : « Ego feci heri vobis juramen- 
tum; bene débet vobis sufficere. Vos nimium oneratis me. » Fina- 
liter fecit juramentum de dicendo veritatem, in his qux tangerent 
fidem. 

Postmodum ^, eximius sacrée théologie professer, magister 
Johannes Pulchripatris, de pn-ecepto et ordinatione nostra, ipsam 
Johannam interrogavit super his qua; sequuntur. 

Et primo exhortatus est eam ut ipsadiceret veritatem de petendis, 
quemadmodum ipsa juraverat. Quse respondit : « Vos bene pos- 
setis mihi talem rem petere, de qua ego responderem vobis verita- 
tem, et de aHa non responderem. » Et subjungebat : « Si vosessetis 



I. AC : ...facere juramentum. Responditque iterum : a. E^o feci heri vohis juramen- 
tum et sufficere debehat. » Iterum requisivimus quod juraret, nam quicumque, etiam 
princeps, requisitus in materia fidei non posset recusare juramentum. Responditque 
iteruDi : « Ego feci heri vobis juramentum ; bene débet vobis sufficere. Vos nimium 
otierati. me. » Finalité r... — 2. ABC en marge : Beaupère incipit interrogare. 



38 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D'aRC 

bene informati de me, vos deberetis velle quod essem extra manus 
vestras. Ego nihil feci nisi per revelationem. » 

Interrogata consequenter de a^tate in qua erat, dum recessit a 
domo patris : dixit quod de ^etate nescit deponere. 

Interrogata utrum in juventute didicerit ' aliquam artem : dixit 
quod sic, ad suenduni pannos lineos et nendum ; nec timebat 
mulierem Rothomagensem de nendo et suendo. Ulterius confessa 
fuit quod, propter timorem Burgundorum, recessit a domo patris et 
ivit ad villam de Novocastro, in Lotharingia, pênes quamdam mu- 
lierem, cognominatam la Rousse, uh'i stetit quasi per quindecim dies; 
addens ulterius quod, dum esset in domo patris, vacabat circa négo- 
cia familiaria domus, nec ibat ad campos cum ovibus et aliis anima- 
libus. 

Item, interrogata utrum quolibet anno confitebatur peccata : 
respondet quod sic, et curato proprio ; et quando curatus erat 
impeditus, confitebatur uni alteri sacerdoti, de licentia ipsius curati. 
Aliquotiens etiam, bis aut ter, prout crédit, confessa fuit religiosis 
mendicantibus. Et hoc erat apud dictam villam de Novocastro. Et 
recipiebat sacramentum Eucharistie in festo Pascha^. 

Interrogata utrum, aliis festis quam in Pascha, recipiebat ipsum 
Eucharistia^ sacramentum : dixit interroganti quod ipse transiret 
ultra. Ulterius confessa fuit quod, dum esset aetatis XIII annorum, 
ipsa habuit vocem a Deo, pro se juvando ad gubernandum. Et, 
prima vice, habuit magnum timorem. Et venit illa vox, quasi hora 
meridiana, tempore aestivo, in horto patris sui ; et ipsa Johanna 
non ^ jejunaverat die praecedenti. Audivitque vocem a dextro latere 
versus ecclesiam, etraro eam audit sine claritare. Quas quidem cla- 
ritas est ab eodem latere in quo vox auditur, sed ibi communiter 
est magna claritas. Et quando ipsa Johanna veniebat in Franciam, 
saspe audiebat illam vocem. 

Interrogata qualiter videbat ^ claritatem quam ibi adesse dicebat, 
cum illa claritas esset a latere : nihil ad hoc respondit ; sed trans- 

I. A : didicerit in juventute . — 2. Q omet non. — 5. AC ajoutent ilUwi . 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 39 

ivit ad alia. Dixit prc'eterea quod, si ipsa esset in une nemore, bene 
audiret voces venientes ad eam. Dixit etiam quod sibi videbatur 
esse digna vox, et crédit quod eadem vox erat missa ex ' parte Dei ; 
et postquam audivit ter illam vocem^ cognovit quod erat vox 
angeli. Dixit etiam quod illa vox semper bene custodivit eam et 
quod ipsam vocem bene intellexit. 

Interrogata quale documentum sibi dicebat iila vox pro salute 
animae suae : dixit quod docuit eam se bene regere, frequentare 
ecclesiam, et eidem Johannc-e dixit necessarium esse quod ipsa 
Johanna veniret in Franciam. Addiditque praîfata Johanna quod 
interrogans non haberet, pro illa vice, ab ipsa, in qua specie vox 
illa sibi apparuerat. Ulterius confessa fuit quod illa vox sibi dicebat, 
bis aut ter in hebdomade % quod oportebat ipsam Johannam rece- 
dere et venire in Franciam ; et quod pater suus nihil scivit de suo 
recessu. Dixit etiam quod vox dicebat sibi quod veniret in Fran- 
ciam, et non poterat plus durare ubi erat ; quodque vox illa sibi 
dicebat quod levaret obsidionem, coram civitate Aurelianensi posi- 
tam. Dixit ulterius vocem pr^efatam sibi dixisse quod ipsa Johanna 
iret ad Robertum de Baudricuria, apud oppidum de Vallecoloris, 
capitaneum ' dicti loci ^, et ipse traderet sibi gentes secum ituras ; 
et ipsa Johanna tune respondit quod erat una pauper fi lia quas nes- 
ciret equitare nec ducere guerram. Dixit ultra quod ivit ad avun- 
culum suum, sibique dixit quod apud eum volebat manere per ali- 
quod modicum tempus ; et ibi mansit quasi per octo dies ; dixitque 
tune pr^efato avunculo suo quod oportebat ipsam ire ad pra^dictum 
oppidum de Vallecoloris; et ipse avunculus ejus illo 5 duxit eam. 

Item dixit quod, quando ipsa ^ venit ad " saepedictum oppidum 
de Vallecoloris, ipsa cognovit Robertum de Baudricuria, cum tamen 
antea nunquam ^ vidisset eum "> ; et cognovit per illam vocem pras- 
dictum Robertum, nam vox dixit sibi quod ipse erat ; dixitque ipsa 



i. O : a. — 2. A : ehdomada. — 3. AC : qui erat capitaneus. — 4. AC : oppidi. 

— 5. C ajoute tune. — 6. A omet ipsa. — ]. C : apud. — 8. A : iinnquaw antea. 

— 9- {? omet eum. 



40 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Johanna eidem Roberto quod oportebat eam venire in Franciam. 
Ipse autem Robertus bina vice recusavit et repulit eam, et in tertia 
vice ipsam recepit, ettradidit sibi homines; et ita etiam dixerat sibi 
vox quod eveniret. 

Item, confessa fuit quod dux Lotharingie mandavit quod ipsa 
duceretur ad eum : ad quem ' ipsa ivit ; sibique dîxit quod ipsa 
volebat ire in Franciam. Et interrogavit eam dux ipse de recupcra- 
tione suae sanitatis ; sed ipsa dixit ei quod nihil inde sciebat ; et 
pauca de suo voiagio eidem duci declaravit. Dixit tamen ipsi duci 
quod ipse traderet ei filium suum et gentes, pro ducendo eam ad 
Franciam, et ipsa deprecaretur Deum pro sua sanitate. Et iverat * 
eadem Johanna sub salvo conductu ad praefatum ducem ; a quo 
reversa est ad oppidum de Vallecoloris antedictum. 

Item, confessa fuit quod, in recessu a prcefato oppido de Valle- 
coloris, ipsa existens in habitu virili, gestans unum ensem, quem 
sibi tradiderat dictus Robertus de Baudricuria, absque aliis armis, 
associata ' uno milite, uno scutifero et quatuor famulis, perrexit ad 
villam Sancti Urbani, et ibi pernoctavit in abbatia. 

Item, dixit quod in illo itinere transivit per villam Autisiodoren- 
sem, et ibi audivit missam in majori eccicsia ; et tune fréquenter 
habebat voces suas, cum ea de qua ' superius fit mentio. 

Item, requisita ut diceret cujus consilio ipsa cepit habitum viri- 
lem : ad hoc respondere pluries recusavit. Finaliter, dixit quod de 
hoc non dabat onus cuiquam homini ; et pluries variavit. 

Item, dixit quod prasdictus Robertus de Baudricuria fecit jurare 
illos qui conducebant ipsam Johannam quod eam ^ bene et secure 
conducerent. Dixitque idem Robertus ipsi Johanna; : « Vade '' », 
dum recederet ab eo, « vade, et quod inde poterit venire, veniat ". » 

Item, dixit ipsa Johanna ulterius '"^ quod ipsa "> bene scit quod 
Deus diligit ducem Aurelianensem ; ac etiam, quod plures revela- 



1. Bet Oet ipsa. — 2. Q : fuerat. — 3- jQ : associalo. — 4. AB :quihus. — 5. O 
omet eam. — 6. B : « Vaâe » est rayé ; C omet » Vade ». — 7. Cen marge : Nota. 
— 8. A : ulterin.^ ipsa Johanna. — 9. A omet ipsa. 



PROCI'S DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 4I 

tiones de ipso habuerat quam de homine vivente, excepto illo quem 
dicit regcm suum. Dixit pnvterea quod oportuerat eam mutare 
habitum sumn in habitum virilem. Item, etiam crédit quod consi- 
lium suum ' bene sibi dixit. 

Item, dixit quod ipsa misit litteras Anglicis existentibus coram 
Aurelianis, continentes quod inde recédèrent, quemadmodum con- 
tinetur in copia littenirum, qua: sibi fuit lecta in hac villa Rotho- 
magensi ; exceptis tamen duobus vel tribus vocabulis in eadem 
copia existentibus, utputa hoc quod dicitur in copia illa rcddatis Puel- 
lœ débet poni reddatis régi. Ibi etiam ponuntur illa verba : corpus 
pro corpore, et capiit giierra' qux non erant in litteris originalibus. 

Dixit ulterius ipsa Johanna quod ivit ad illum quem dicit regem 
suum, sine impedimento; et, cum applicuisset apud villam sanctae 
Katharin:\; de Fierhois, tune primo misit ad illum quem dicit regem 
suum, deinceps ivit apud " villam de Chasteau-Chinon, in qua ille 
quem dicit regem suum erat. Applicuitque ibidem hora quasi 
meridiana, et se hospitavit in quodam hospitio; et, post prandium, 
ivit ad illum quem dicit regem suum, qui erat in Castro. Item, dicit 
quod, quando intravit cameram sui régis prasdicti, cognovit eum 
inter alios, per consilium su;i2 vocis, hoc sibi revelantis. Dixitque 
eidem suo régi quod volebat ire factum guerram contra Anglicos. 

Interrogata si, illa vice qua vox ostendit sibi suum regem pn-efa- 
tum, erat aliqua lux in loco praefato : respondit : « Transeatis 
ultra. » 

Interrogata utrum videritne aliquem angelum supra ipsum regem 
suum : respondit : « Parcatis mihi, transeatis ultra. » Dixit tamen 
quod, antequam rex suus poneret eam in opus, ipse multas habuit 
apparitiones et revelationes pulchras \ 

Interrogata quales revelationes et apparitiones idem rex suus 
habuit : respondit : « Ego non dicam hoc vobis. Adhuc non est 
vobis responsum ; sed mittatis ad ipsum regem, et dicet vobis. » 



I. Qomet suum. — 2. iQ omet illiunqueiii dicit regem suiiiii, deinceps ivit apud. 
— 3. .-1 .-pulchras revelationes. 



42 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Item, dixit eadem Johanna quod vox sibi promiserat quod, satis 
cite postquam venisset ad regem suum, ipse reciperet eam. Dixit 
etiam quod illi de parte sua bene cognoverunt quod vox eidem 
Jojiannns transmissa erat ex parte Dei, et quod viderunt et cogno- 
verunt ipsam vocem, asserens ipsa Johanna quod hoc bene scit. 
Ultra dixit quod rex suus et plures alii audiverunt et viderunt voces 
venientes ad ipsam Johannam ; et ibi aderat Karolus de Borbonio 
et duo aut très aHi. 

Item, dixit dicta Johanna quod non est dies quin audiat illam 
vocem, et etiam bene indiget. Dixit etiam quod nunquam requisi- 
vit a voce pra;fata aliud prctmium finale, nisi salvationem animae 
su?e. Ulterius dicta Johanna confessa fuit quod vox dixit ei quod 
maneret apud villam sancti Dionysii in Francia ; ipsaque Johanna 
ibi manere volebat ; sed contra ipsius voluntatem domini eduxe- 
runt eam. Si tamen non fuisset la^sa, non inde recessisset; et fuit 
husa in fossatis Parisiensibus ', cum de dicta villa sancti Dionysii 
illuc perrexisset ; sed in quinque diebus sanata exstitit. Ulterius ^ 
confessa fuit quod fecit facere unam invasionem, gallice > eschar- 
moiiche, coram villa Parisiensi. 

Et cum interrogaretur si tune erat festum : respondit quod bene 
crédit tune fuisse festum. 

Interrogata si hoc erat bene factum : respondit : « Transeatis 
ultra. » 

Quibus sic hinc et inde peractis, quia jam satis pro illa die fac- 
tum videbatur, nos, episcopus pra^fatus, continuavimus negotium 
usque ad diem sabbati immédiate sequentem, et ejusdem diei 
horam octavam de mane. 

SABBATI XXIV. FEBRUARII. SESSIO TERTIA 4. 

Item, sabbati immédiate sequcnte, qua^ fuit dies xxiiii. mensis 
februarii pnvdicti, nos, episcopus prsdictus, ad castrum Rothoma- 



1 . 5 en marge : Hoc nota . — 2. .^ en marge, d'une écriture différente de celle des 
autres notes : Ibi invenies. — 3. AC ajoutent une. — 4. En marge de ABC ; A : 
tertia sessio. 



PROCES DR CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 43 

gense et _ cameram supradictam accessimus, in qua judicialiter 
coram nobis comparait dicta Johanna, assistentibus quam pluribus 
reverendis patribus, doctoribus et magistris, videlicet : iEgidio, 
abbate Sanctai Trinitatis Fiscampnensis ; Petro, priore de Longa- 
villa-Giftardi ' ; Johanne de Casteliione, Erardo Ernengart % 
Johanne Beaupére, Jacobo dé Turonia, Nicolao Midi, Johanne de 
Nibal, Jacobo Guesdon, Mauricio de Quesneyo, Johanne Fabri, 
Guillelmo Boucherii, Petro Houdeuc \ Petro Mauricii, Ricardo 
Prati, Johanne Carpentarii et Gerardo Fueilleti, Dionysio de Sabre- 
vays +, in sacra theologia ; — Nicolao de Gemeticis, Guillelmo 
Sancta? Katharinse, Guillelmo de |,Cormeliis, abbatibus ; et Johanne 
Guéri ni, in canonico ; Radulpho Rousselli, in utroque jure docto- 
ribus; — Nicolao Coppeqitesne '\ Guillelmo Haiton ^, Thoma de 
Courcellis, Johanne Magistri, Nicolao Loiselleur t, Radulpho Sil- 
vestris, Guillelmo de Baudribosco, Nicolao Medici, Ricardo Lucra- 
toris, Johanne Dtival, Guillelmo Magistri et Guillelmo rHerinite ^, 
in sacra theologia bachalariis ; — abbate Sancti Audoeni, abbate 
Sancti Georgii, de Pratellis, priore de Sancto Laudo et priore de 
Sagy ; necnon Roberto Barberii, Dionysio Gastinelli et Johanne 
Dulcis, in utroque jure '^ ; — Nicolao de Veuderès, Johanne Pin- 
chon, Johanne de Fonte, Auberto Morelli, Johanne de Quemino, 
Johanne Columbelli, Laurentio de Busco '°, Radulpho Angiiy, 
Ricardo de Salicibus, in canonico; — Andréa Marguerie, Johanne 
Ad-Ensem, Gauffrido de Croteyo, ^gidio de Campis, Nicolao Mau- 
lini, Petro Carrelli, Burello de Cormeliis, in civili jure licentiatis; 
— Roberto Moreleti " et Johanne Régis, canonicis ecclesii^ Rotho- 
magensis, ac Nicolao de Fovilla. 

In quorum pr^esentia, primo requisivimus pnefatam Johannam 
quod, simpliciter et absolute, juraret dicere veritatem de his de '^ 
quibus interrogaretur, ahsque quacumque conditione per ipsam in 



I. C ; Giiiffardi. — ■ 2. C : Emengard. — 3. C ; Hodeiic. — 4. C ; Sahrevays ; 
AB : Sabeiivras — 5. C ; Coiippequesne. — 6. AC : Haitton ; B.Heton. — 7. C ; 
Loyseleur. — 8. ABC : Lermite. — 9. AC omettent in utroque jure. — 10. AB : 
Busio. — II. AC : Morelli. — 12. AC : super. 



44 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

hujusmodi juramento apponenda ; et de hoc ipsam trina vice 
monuimus. Quse quidem Johànna respondit : « Detis mihi licen- 
tiam loquendi. » Et tune dixit: « Per fidem meam, talia possetis 
mihi petere, quae ego non dicerem vobis. » Rursum quoque dixit : 
« Potest esse quod, de muhis qux vos possetis mihi petere, ego 
non dicerem vobis verum [utputa] ' de hoc quod tangit revelationes ; 
quia, forsan, vos possetis me compellere ad dicendum talem rem 
quam ego juravi non dicere, et ita essem perjura, quod velle non 
deberetis. » Et addidit : « Ego dico vobis, advertatis bene de hoc 
quod dicitis vos esse meum judicem, quia vos assumitisunum grande 
onus, et nimium oneratis me. » Dicit etiam quod videbatur satis 
esse jurasse bis in judicio. 

Iterum interrogata an vellet simpHciter et absolute jurare : res- 
pondit : « Vos bene potestis supersedere ; ego satis juravi in duabus 
vicibus»; dicens ulterius quod totus clerus Rothomagensis vel 
Parisiensis nesciret eam condemnare, nisi haberet in jus. Item dixit 
quod de suo adventu hbenter diccrct veritatem; sed non diceret 
lotum; et quod spatiuin octo dierum non sufficeret ad dicendum 
omnia. 

Nos autem, episcopus prctdictus, diximus ei quod ipsa haberet 
consiUum ab assistentibus si deberct jurare an non. Quit iterum 
respondit quod de suo adventu hbenter diceret veritatem, et non 
ahter ; et quod non oportebat ut sibi amphus inde loqueremur. 

Postmodum, ei diximus quod se redderet suspectam, si non vel- 
let jurare de dicendo veritatem. Respondit ut prius. Iterato requi- 
sivimus eam ut juraret pntcise et absolute. Tune respondit quod 
hbenter diceret illud quod sciret, et adhuc non totum. Dixit ulte- 
rius quod venit ex parte Dei et non habet hic negotiari quidquam, 
petens ut remitteretur ad Deum a quo venerat. 

Iterum requisita et monita de jurando, sub pœna essendi one- 
rata deilloquod sibi imponebatur: respondit : « Transeatis ultra. » 

Finaliter^ adhuc ipsam requisivimus de jurando, et ex abundanti 

I . Restitué par Quicherat. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 45 

monuimus de dicendo veritatem super eo quod tangit processum, 
dicendo ei quod exponebat se magno periculo per talem recusationem. 
Tune autem respondit : « Ego sum parata jurare dicere veritatemde 
hoc quod ego sciam, tangens processum. » Et in hune modum jura- 
vit. 

Deinceps, ex ordinatione nostra, fuit interrogata per egregium 
doctorem, magistrum Johannem Pulchripatris, superius nomi- 
natum, qui primo ab ipsa petiit qua hora novissime comederat aut 
bibèrat. Qux respondit quod ab hesterno die post meridiem non 
comederat aut biberat. 

Item, interrogata depost quam horam audiverat vocem qui^e venie- 
bat ad eam; respondit : « Egoaudivi heri et hodie. » 

Item, interrogata qua hora, hesterno die, ipsam vocem audiverat: 
respondit quod ter in illo die ipsam audiverat, semel de mane, 
semel in vesperis, et tertia vice cum pulsaretur pro Ave Maria de 
sero ; et multo tiens audit eam pluries quam dicat. 

Interrogata quid heri de mane faciebat, cum illa vox venit ad 
eam : respondit quod ipsa dormiebat, et vox excitavit eam. 

Interrogata si vox excitavit eam tangendo ejus brachia : respondit 
quod per vocem fuit excitata sine tactu. 

Interrogata si vox illa erat in caméra ejus : respondit quod non, 
quod ipsa sciât, sed erat in Castro. 

Interrogata si ipsa regratiata est illi voci ' et si flexit genua : res- 
pondit quod regratiata est ei, existens et sedens in lecto suo, et 
junxit manus ; et hoc fuit postquam requisiverat habere^ auxiHum. 
Vox autem illa dixit eidem Johann^ quod responderet audacter. 

Item, interrogata quid vox dixit sibi, quando fuit excitata : res- 
pondit quod ipsa petivit eidem voci consilium de hoc quod ipsa ' 
debebat respondere, dicens eidem voci ut-peteret de hoc consilium 
a Domino; et vox^ dixit ei ouod responderet audacter et quod Deus 
juvaret eam. 



i. C : ei au lieu de illi voci. — 2. O omet liahere. — 3. AC omettent ipsu. 
4. Q omet vox. 



4^ PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d"aRC 

Interrogata utrum vox' sibi dixerit^ aliqua verba, antequam 
requireret eam : respondit quod vox dixit aliqua, sed non omnia 
intellexit. Verumtamen, postquam fuit excitata a somno, vox dixit 
ei quod audacter responderet/ 

Item, dixit nobis, episcopo pnvdicto : « Vos dicitis quod cstis 
judex meus ; advertatis de hoc quod fiicitis, quia, in veritate, ego 
sum missa ex parte Dei, et ponitis vos ipsum in magno periculo », 
gallice « en grani dangier » . 

Interrogata si vox illa mutavitnc suam deliberationem aliquando : 
respondit quod nunquam repcrit eam in duabus loquelis contrariis. 
Dixit etiam quod, illa nocte, audivit eam dicentemsibi quod audac- 
ter responderet. 

Interrogata an vox prohibuerit sibi ne diceret totum quod ab ea 
peteretur : dixit : « Ego non respondebo ^ vobis de illo. Et habeo 
revelationes tangentes regem, quas ego non dicam vobis. » 

Interrogata si vox prohibuerit sibi ne dicat revelationes: respon- 
dit: « Ego non sum consulta de hoc. Detis mihi dilationem xv 
dierum, et ego de hoc vobis respondebo, » Et, cum iterum dila- 
tionem de respondendo petivisset, dixit : « Si vox prohibuerit mihi, 
quid inde vultis vos dicere ? » 

Adhuc interrogata utrum hoc sibi sit prohibitum [per vocem] : 
respondit : « Credntisquod homines non prohibueruntmihi. «Item, 
dixit quod illo die non respondebit, et nescit si debcat dicere an non, 
quousque sit sibi + revelatum. Item, dixit quod crédit firmiter, et 
iLque firmiter sicut crédit fidem christianam et quod Deus redemit 
nos a pœnis inferni, quod ista vox venit a Deo et ex sua ordi- 
natione. 

Interrogata utrum illa vox, quam dixit sibi apparere, sit unus 
angélus, vel utrum sit a Deo immédiate, vel an sit vox unius Sancti 
vel Sancti\; : respondit : « Illa vox venit ex parte Dei ; et credo quod 
ego non dico vobis plane illud quod ego scio; et habeo majorem 
metum deficiendi, dicendo aliquid quod displiceat illis vocibus, 

I. () omet vox. — 2. A : dixerit sibi. — 5. AC : respoiukû. — 4. A : sibi sit. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 47 

quatn ego habeam de respondendo vobis. Et quantum ad istud 
interrogatorium, rogo vos uthabeam dilationem. « 

Interrogata si crédit hoc displicere Deo quod dicatur veritas : 
respondit: « Voces dixerunt mihi quod aliqua dicam régi et non 
vobis. » Item dixit quod, illa nocte, dixit sibi multa pro bono régis 
sui, quiu vellet ipsum regem tune scire, et quod ipsa non potaret 
vinum usque ad Pascha : ipse enim, ut eadem dicebat, fuisset Uttior 
in suo prandio. 

Interrogata si possetne tantum facere apud illam vocem quod 
velle obedire, et déferre nuntium régi suo : respondit quod nescie- 
bat si vox vellet obedire nisi esset voluntas Dei et quod Deus consen- 
tiret. « Et si placeatDeo », inquit, « ipse benepoterit facere revelari 
suo régi; et de hoc essem bene contenta. » 

Interrogata quare illa vox non sic modo loquitur cum rege suo, 
sicut faciebat quando ipsa ' Johanna erat in ejus pra:sentia: res- 
pondit quod nescit si sit voluntas Dei. Et addidit quod, nisi esset 
gratia Dei, ipsa nesciret quidquam agere. 

Interrogata utrum consilium suum revelaverit sibi quod ipsa 
evaderet de carceribus : respondit : « Ego vobis habeo hoc ^ 
dicere ' ? » 

Interrogata si, illa nocte, vox deditne sibi consilium et advisa- 
mentum de hoc quod debebat respondere : respondit quod, si ipsa 
vox ei revelaverit, ipsa non bene intellexit. 

Interrogata si, in duobus diebus novissimis quibus audivit voces, 
advenerit ibi aliquod lumen: respondit quod in nomine vocis venit 
claritas. 

Interrogata si cum vocibus videt aliquam aliam rem : respondit: 
« Ego non dicam vobis totum; non habeo de hoc licentiam, nec 
juramentum nieum tangit illud. Vox ipsa estbona et digna, nec de 
hoc teneor respondere. » Item, petivit ut sibi darentur in scriptis 
illa puncta in quibus tune non respondebat. 

Et tune petitum fuit sibi utrum illa vox, a qua consilium pete- 

I. .40 : cddein. — 2. A : hoc habeo. — 3. Cf. Art. LX. 



48 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D^RC 

bat, habebat visum et oculos. Respondit : a Vos non hoc habebitis 
adhuc '. » Et dixit quod dictuni parvomm puerorum est quod 
« aliquando homines bene - suspenduntur pro dicendo veritateni. » 

Interrogata an sciât quod ipsa sit in gratia Dei : respondit : « Si 
ego non sim, Deus ponat me; et si ego sim, Deus me teneat in illa. 
Ego essem magis dolens de toto mundo, si ego scirem me non. esse 
in gratia Dei. » Dixit ultra, si esset in peccato, crédit quod vox 
non veniret ad eam; et vellet quod quilibet intelligeret x-que bene 
sicut ipsa. Item, dixit quod ipsa tenet quod erat in :vtate tredecim 
annorum, vel circiter. quando prima vox venit ad eam. 

Interrogata utrum, in sua ' juventute, ibat spatiatum ad campos 
cum aliis juvenculis: respondit quod bene ivit aliquando, sed nescit 
in qua x-tate. 

Interrogata utrum 'ûlidc Donipirnii tcnerent partcm Burgundorum, 
vel partem adversam : respondit quod nesciebat ibi iiisi unum Bur- 
gundum, quem voluisset habuisse caput abscisum; tamen, si hoc 
placuisset Deo. 

Interrogata 'si apud villam de Marcey erant Burgundi, vel adver- 
sarii Burgundorum: respondit quod erant Burgundi. 

Interrogata an vox dixerit ei, dum juvenis esset, quod odiret 
Burgundos: respondit quod, postquam intcllexit illas voces esse pro 
rege Franciiiî, ipsa non dilexit Burgundos. Item, dixit quod Bur- 
gundi habebunt guerram, nisi faciant quod debent; et hoc scit per 
pra^dictam vocem. 

Interrogata an, in sua juvenili ivtate, habuit revelationem a voce 
quod Anglici debebant venire ad Franciam : respondit quod jam 
Anglici erant in Francia, quando voces inceperunt venire. ad eam. 

Interrogata si unquam fuit cum parvis pueris, qui pugnabânt pro 
parte illa quam tenet : respondit quod non, unde habeat memo- 
riam ; sed bene vidit quod quidam illorum de villa de Dompremi, 
qui pugnaverant "contra illos de Marcey, inde aliquando veniebant 
bene lœsi et cruentati. 

I. Cf. .\rt. LX. — 2. B tx Q on-:ettent bene. — }■ Q omet sim. » 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 49 

Interrogata an ipsa, in sua juvenili ittate, habuit magnam inten- 
tioneni persequendi Burgundos : respondit quod habebat magnam 
voluntatem seu affectionem quod rex suus haberet regnum suum. 

Interrogata si bene voluisset se esse marem quando debebat venire 
ad Franciam : respondit quod alias ipsa ad hoc responderat '. 

Interrogata utrum ducebatne animalia ad campos : dixit quod 
alias de hoc responderat, et quod, postquam fuit grandior et quod 
habuit discretionem, non custiodiebat animalia communiter, sed 
bene juvabat in conducendo ea ad prata et ad unum castrum, quod 
nominatur Insula, pro timoré hominum armatorum ; sed non 
recordatur an^ in sua juvenili ittate custodiebat an non. 

Item, interrogata fuit de quadam arbore, existente prope villam 
ipsius. Ad quod respondit quod satis prope villam de Doiiiprciiii est 
quïedam arbor, vocata Arbor Dominarum, et alii vocant eam Arbo- 
rem Fatalium, gallice des Faées, juxta quam est unus fons ; et audi- 
vit dici quod infirmi febricitantes potant de illo fonte et vadunt 
qu^esitum de aqua illius, pro habendasanitate. Et hoc ipsamet vidit; 
sed nescit utrum inde sanentur, vel non. Item, dicit quod audivit ^ 
quod infirmi, quando possunt se levare, vadunt ad arborem pro 
spatiando. Etestuna magna arbor, vocata Fagus, undevenit mayum, 
gallice le beau inay ; et solebat pertinere domino Petro de Boiirle- 
inont 5, militi. Item, dicebat quod aliquando ipsa ibat + spatiatum 
cum aliis filiabus, et faciebat apud-illam ^ arborem serta pro ima- 
gine Beatas Mari^ de Dompremi. Et pluries audivit abantiquis, (non 
ab illis de sua progenie), quod Domin^B Fatales illuc conversabantur. 
Et audivit dici ab una muliere, nominata Johanna, uxore Majoris 
Alberici, gallice du Maire Aubery ^, de illa villa, quas erat ipsius 
Johanme loquentis matrina, quod ipsa ibi viderat pr^edictas Domi- 
nas Fatales; sed ipsa loquens nescit an utrum hoc esset verum, vel 
non. Item, dixit quod nunquam vidit pr^dictas Fatales apud arbo- 



I. AC : alias ad hoc ipsa responderat. — 2. AC ajoutent dici. — 3. AC : Bou- 
lemont. — 4. A: ipsa ibat aliquando. — y. O omet illuiii. — 6. A : Aubrv. 

Procls de Jkanne d'Arc 4 



50 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

rem, quod ipsa sciât ; sed si, viderit alibi, nescit an viderit, aut ' 
non. Item, dixit quod ^ vidit apponere seita in ramis arboris per 
juvenculas, et ipsamet aliquando ibi apposuit cum aliis filiabus ; et 
aliquando secum deferebant, aliquando dimittebant. Item, dixit quod, 
postquam ipsa scivit quod debebat venire in Franciam, parum fecit 
de jocis sive spatiamentis^ et quantum minus potuit. Et nescit quod, 
postquam habuit discretionem, ipsa tripudiaverit ' juxta illam arbo- 
rem; sed aliquando bene potuit ibi tripudiare ■^ cum pueris, et plus 
ibi cantavit quam tripudiaverit 5. Item, dicit quod est ibi ^' unum 
ncmus, quod vocatur Nemus-quercosum ', gallice le Bois-ddcsnii, 
quod videtur ab ostio patris sui ; et non cstdistantia dimidiét leucx-. 
Item, nescit nec audivit unquam quod Domina; Fatales supra- 
dictae ibi ^ conversarentur ; sed audivit dici a fratre suo quod 
dicebatur in patria quod ipsa Johanna ceperat factum suum apud 
arborcm Dominarum Fatalium. Sed dicit quod non fecerat, et dice- 
bat sibi contrarium. Item, ulterius dicit quod, quando ipsa venit 
versus regem suum, aliqui petebant sibi an in patria sua erat ali- 
quod nemus, quod vocaretur gallice le Bois chesnu, quia erant pro- 
phetiae dicentes quod, circa illud nemus, debebat venire quit^dam 
puella qua; faceret mirabilia. Sed dixit ipsa Johanna quod in hoc 
non adhibuit fidem. 

Interrogata an ipsa vellet habere vestem muliebrem : respondit : 
« Tradatis mihi unam : ego accipiam et recedam ; aliter non acci- 
piam. Et contentor de ista, postquam placet Deo quod deportem 
eam. » 

Et his hoc modo peractis, fecimus ccssare ab ulteriori interroga- 
tione pro illo die, assignavimusque diem martis exinde proximo 
sequentem, ut ipso die, eadem hora et eodem loco omncs ad hoc 
convocati intéressent, pro ulteriori interrogatione facienda. 



I. C ; vel. — 2. C ajoute nunqiiam. — 3. AC : trepudiaverit. — 4. AC : trepu- 
diare. — 5 ■ ^ •' trepudiaverit ; AC en marge : Nota de arbore Bois Chesnu et de 
prophetia. — 6. A : Un est. — 7. A: qiierqosuni. — 8. AC : ibidem. 



PROCES Dl- CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 5 1 

MARTIS XXVII. FEBRUARII. Q.UARTA SESSIO '. 

Item, die martis, xxvii mensis februarii, nos, episcopus praedic- 
tus, accessimus, prout in pn-ccedentibus diebus feceramus, ad prasfa- 
tam cnmeram castri Rothomagensis, in qua per antea pro tribunali 
sederamus ; nobiscnmque pariter adstiterunt reverendi patres, domi- 
ni et magistri : vEgidius, Sanctc'e Trinitatis Fiscampnensis abbas ; 
Petrus, prier de Longavilla ; Johannes Baupêre, Jacobus de Turonia, 
Nicolaus Midi, Petrus Mauricii, Gerardus Fueilleti % Johannes de 
Nibat, Jacobus Gmsdon, Mauricius de Quesneyo, Johannes Fabri, 
Guillelmus Boucherii, Petrus Hoiidenc \ Johannes de Castellione, 
Erardus Evicngart, Johannes de Fano +, Dionysius de Sabreuvras 5, 
Nicolaus Medici et Johannes Carpentarii ^, in sacra theologia ; — 
Nicolaus de Gemeticis^ Guillelmus Sanct^e Katharinie^ Guillelmus 
de Cormeliis, abbates ; Johannes Guerini, in canonico; Radulphus 
Rousselli, in utroquejure doctores; — GmWdrxms H aiton'' , Nicolaus 
Coppcquesne **, Guillelmus de Baudribosco, Ricardus de Groucheto, 
Petrus Minerii, Thomas de Courcellis, Johannes Magistri et 
Johannes Le Vautier, in sacra theologia bachalarii ; — abbas de Pra- 
tellis ; Guillelmus de Gardinis, doctor in medicina ; Robertus Bar- 
berii, Dionysius Gastinelli, Johannes Dulcis, Nicolaus de Venderès, 
Johannes Pinchon, Johannes Basseti, Aubertus Morelli, Johannes 
de Quemino, Johannes de Fonte, Johannes Columbelli, Johannes 
Brulloti, Radulphus ^«o'/zv 9, in canonico ; — Johannes Ad-Ensem, 
Gauffridus de Croteyo, iEgidius de Campis, Nicolaus Caval, Petrus 
Carrel, Nicolaus Maulini, in civiH jure licentiati ; — Nicolaus 
Loiselleur '° et Robertus Morelli, canonici ecclesiae Rothomagensis. 

In quorum prsesentia, primo requisivimus s^pedictam Johannam 
ut prtestaret juramentum de dicendo veritatem in his quas tangerent 
processum. Ad quod respondit quod libenter juraret dicere veri- 



I. En marge de ABC. — 2.C : FueiUieti. — 3. C : Hodenc. — A-Q- d^ Favo. — 
5. C/ Dionisius de Sahrevays. — 6. A ajoute doctores. — 7. C : Guilhrmus Haitton. 
8. C : Couppequesne. — 9. Q : Aitguy. — 10. A : Loiseilleur ; C : Loiseleur. 



52 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

tatem de his quas tangunt processum, et non de omnibus quae 
sciret. 

Iterum eam requisivimus quod, de omnibus qux peterentur ab 
ea, juraret dicere veritatem. Et respondit ut prius, dicens : « Vos 
debetisesse contenti, ego satis juravi. » 

Tune ', ex ordinatione nostra, magister Johannes Pulciiripatris, 
superius nominatus, incepit eam interrogare. Et primo ab ea petiit 
qualiter, post diem sabbati novissime lapsum, se habuerat. Et ipsa, 
respondit: «Vos bene videtis qualiter me habui. Ego me habui 
quantum melius potui. » 

Interrogata an jejunaret quolibet die quadragesimas : respondit 
quaerendo : « An hoc sit de processu vestro ? » Et, cum sibi dicere- 
tur quod hoc faciebat ad processum: respondit : « Ita, veraciter ; 
ego semper jejunavi per hanc quadragesimam. » 

Interrogata an, post diem sabbati, audierat vocem quiv venit ad 
eam: respondit : « Ita, veraciter, multotiens audivi. » 

Interrogata an die sabbati ipsam audiverat in illa aula, in qua 
interrogabatur : respondit : « Hoc non est de processu vestro. » Et 
postea dixit quod ipsam ibi audiverat. 

Interrogata quid illa vox dixit sibi in die sabbati : respondit : « Ego 
non bene intelligebam ipsam vocem, nec intelligebam aliquid quod 
possem vobis recitare, quousque régressa fui ad cameram meam. » 

Interrogata quid vox dixit sibi in caméra ejus, quando régressa 
fuit : respondit : « Ipsa dixit mihi quod vobis responderem audac- 
ter. » Et dixit quod petebat consilium ab illa voce, de his qu^e pete- 
bantur ab ea. Dixit ulterius quod dicet libenter illud de quo reve- 
lando habebit licentiam a Domino ; sed, de hoc quod tangit revela- 
tiones tangentes regem Francise, ipsa non dicet sine licentia vocis 
su£e. 

Interrogata an vox prohibuit sibi ne diceret totum : respondit 
quod hoc non bene intellexit. 



I. ABC en marge : Magister Johannes Pukhripatris incipit interrogare. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 53 

Interrogata quid vox ultimate dixit sibi : respondit quod petebat 
consilium de aliquibus de quibus interrogata fuerat. 

Interrogata iitrum vox sibi dederat consilium de aliquibus : res- 
pondit quod de aliquibus punctis habuit consilium, et de aliquibus 
poterit sibi peti responsio, de quibus non respondebit sine licentia. 
Et, si absque licentia responderet, forsan non haberet voces in garan- 
tizationem, gallice en garant; sed quando habebit licentiam a 
Domino, non formidabit dicere, quia bene habebit garantizationem. 

Interrogata an erat vox angeli qu^e loquebatur ei, vel an erat vox 
Sancti, aut Sanct^e, aut Dei sine medio : respondit quod illa vox 
erat sanct^e Katharinît et sanct.'e Margaretae. Et figunç earum sunt 
coronata; pulchris coronis, multum opulenter et multum pretiose. 
« Et de hoc », inquit, « habeo licentiam a Domino. Si vero de hoc 
faciatis dubium, mittatis Pictnvis uhi alias ego fui interrogata. » 

Interrogata quomodo scit quod sunt illa; dune Sanctae, an bene 
cognoscat unam ab altéra : respondit quod bene scit quod sunt 
ipsae, et bene cognoscit unam ab altéra'. 

Interrogata quomodo bene cognoscit unam ab - altéra : respondit 
quod cognoscit eas per salutationem quam ei faciunt. Dixit etiam 
quod bene sunt septem anni elapsi quod ipsam acceperunt guber- 
nandam. Dixit etiam quod illas Sanctas per hoc cognoscit quod se 
nominant ei. 

Interrogata si Sanctœ pr^efata^ sunt vestitie eodem panno : res- 
pondit : « Ego non dicam vobisnunc aliud; et non habeo licentiam 
de revelando. Si vos non credatis mihi, vadatis Pictavis. » Dixit 
etiam ' quod sunt revelationes quïe vadunt ad regem FranciaD, et 
non ad ipsos + qui eam ^ interrogant. 

Item, interrogata si ilk\i Sanctie sunt ejusdem irtatis : respondit 
quod de hoc dicendo non habebat licentiam. 

Interrogata an illse Sanctïe loquantur simul, vel una post alte- 
ram, respondit : « Ego non habeo de hoc dicendo licentiam ; 
tamen ego semper habui consilium ab ipsis ambabus. » 

\. A : unam ah altéra cognoscit. — 2. /? omet ab. — 3. C/ ei. — 4. AC : eos. 
— ) . .-1 : ipsam . 



54 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata qu^e illarum sibi primo apparuit : respondit : « Ego 
non cognovi eas ita cito ; et illud bene scivi aliquando, sed oblita 
sum; et si habeam licentiam, ego dicam hoc libenter; et est posi- 
tum in registre apud Pictavis. » Item, dixit etiam ' quod habuerat 
confortationem a sancto Michaele. 

Interrogata quae predictarum sibi apparentium venit primo ad 
ipsam : respondit quod sanctus Michael primo venit ^ 

Interrogata an sit multum tempuselapsum postquam primo habuit 
vocem sancti Michaelis : respondit : « Ego non nomino vobis vocem 
de sancto Michaele, sed loquor de magna confortatione. » 

Interrogata quae fuit prima vox veniens ad eam, dum esset astatis 
XIII annorum vel circiter : respondit quod fuit sanctus Michael, quem 
vidit ante oculos suos ; et non erat solus, sed erat bene associatus 
angelis de cœlo. Dixit etiam quod non venit in Franciam, nisi ex 
prcTcepto Dei. 

Interrogata an vidit sanctum Michaelem et angelos illos corpora- 
liter et realiter : respondit : « Ego vidi eos oculis meis corporalibus, 
içque bene sicut ego video vos ; et quando recedebant a me, plora- 
bam et bene voluissem quod me secum déportassent. » 

Interrogata in qua figura erat sanctus Michael : respondit : c Hoc 
non est vobis adhuc responsum, nec habeo adhuc licentiam de 
dicendo. » 

Interrogata quid, illa prima vice, sanctus Michael 'dixit sibi : res- 
pondit : « Vos non habebitis adhuc responsum hodie. » Item, dixit 
quod voces' dixerunt ei quod responderet audacter. Item, dicit quod 
bene dixit 5 régi suo totum una vice quod sibi fuerat revelatum, quia 
ibat ad ipsum. Dicit tamen quod non habet adhuc licentiam de 
revelando illud quod sanctus Michael dixit sibi. Dicit ultra quod 
bene vellet quod interrogans haberet copiam illius libriqui est apud 
Pictavis, dummodo Deus sit de hoc contentus. 

Interrogata an voces dixerunt ei quod non dicat revelationes suas, 
sine licentia earum : respondit : « Adhuc inde non vobis respondeo ; 

I. O omet etiam. — 2. AC en marge : Sanctus Michael. — 3.B ; dicit. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 5 5 

et de hoc de que Iiabebo licentiam, ego respondebo libenter. Si 
autem voces lioc prohibuerint, non bene intellexi. » 

Interrogata quale signum tradit quod illam revelationem habeat 
ex parte Dei, et quod sint sanctae Katharina et Margareta, quaecum 
ea loquuntur : respondit : « Ego satis vobis dixi quod sunt sanctœ 
Katharina et Margareta; et credatis mihi sivelitis. » 

Interrogata si hoc dicere sit ei prohibitum : respondit : « Non- 
dum bene intellexi an hoc sit mihi prohibitum, vel ' non. » 

Interrogata qualiter scit facere distinctionem, in respondendo, de 
aliquibuspunctis, et de aUis non : respondit quod de aliquibus punc- 
tis petierat licentiam, et de aliquibus habebat. Ulterius dicit ^ quod 
mallet esse distracta cum equis quam venisse in Franciam sine licen- 
tia Dei. 

Interrogata an prœceperit sibi assumere vestem virilem : respon- 
dit quod de veste parum est, et est ' de minori; nec cepit vestem 
virilem -^ per consilium hominis mundi ;et non cepit ipsam vestem, 
neque aliquid fecit, nisi per Dei prnsceptum et angelorum. 

Interrogata an sibi videatur quod pr;«ceptum eidem factum de 
assumendo vestem virilem, sit licitum : respondit : « Totum quod 
feci est per prœceptum Domini ; et si aliam 5 pr^eciperet assumere, 
ego assumerem, postquam hoc esset per praeceptum Dei. » 

Interrogata si hoc fecit ^ per ordinationem Roberti de Baudricu- 
ria : respondit quod non. 

Interrogata si crédit se bene fecisse de assumendo vestem viri- 
lem : respondit quod totum id quod fecit per prasceptum Domini, 
crédit se bene fecisse, et inde exspectat bonam garantizationem et 
bonum succursum. 

Interrogata si, in hoc casu particulari, capiendo vestem virilem, 
crédit se bene fecisse : respondit quod nihil mundi fecit in his quœ 
egit, nisi de prascepto Dei. 

Interrogata, quando vidit illam vocem qux venit ad ipsam, utrum 



i. C : an. — 2. A omet dicit. — 3. AC omettent est. — 4. A en marge : De 
l'esté virili ; BC en matge : Xota de veste virili. — 5. AC : alittm. — 6. ABC : fuit. 



56 PROCÈS DK CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

ibi erat lumen : respondit quod ibi erat multum de lumine ab 
omni parte, et quod hoc bene decet. Dixit etiam interroganti quod 
non totum veniebat ad ipsum '. 

Interrogatautrum erat aliquis angélus supra caput régis sui, quando 
vidit eum prima vice : respondit : « Per Beatam Mariam ! si erat, 
ego nescio ^ ; nec ipsum vidi. » 

Interrogata an ibi erat lumen : respondit : « Ibi erant plusquam 
trecenti milites, et quinquaginta tedae seu torchiic, sine computando 
lumen spirituale. Et raro haheo revelationes quin ibi sit lumen. » 

Interrogata qualiter rex suus adhibuit fidem dictisejus : respondit 
quod ipse habebat bona intersignia, et per clerum. 

Interrogata quales revelationes rex suus habuit : respondit : « Vos 
non habebitis eas adhuc a me de isto anno. » Item dixit quod per 
très hebdomadas fuit interrogata per clerum, apud villam de Chinon 
et Pictavis; et habuit rex suus signum '> de factis suis, priusquam 
vellet ei credere. Etclericide parte sua fuerunt hujusopinionis quod 
videbatur eis, in facto suo, non esse nisi bonum. 

Interrogata an ipsa fuerit apud Sanctam Katharinam de Fierbois-^ : 
respondit quod sic, et ibidem audivit très missas uno die; et dein- 
ceps ivit ad villam de Chinon. Item, dicit quod misit litteras ad 
regem suum, in quibus continebatur quod ipsa mittebat prosciendo^ 
si ipsa intraret villam ubi erat rex suus pntfatus, et quod bene pro- 
gressa 5 fuerat per centum et quinquaginta leucas pro veniendo ver- 
sus ipsum, ad ejus auxilium, quodque sciebat multa bona '^ pro eo. 
Et videtur ci quod in cisdem litteris continebatur quod ipsa '< 
cognosceret bene pntfatum regem suum inter omnes alios. Item, 
dicit quod habebat unum ensem % quem cepit apud villam Vallis- 
coloris. Dixit etiam, dum esset Turonis vel in Chaynone, gai lice ûf 
Chinon, misit quiesitum unum ensem existentem in ecclesia Sanctas 
Katharina; de Fierbois '', rctro altare; et statim post repertus fuit 
omnino rubiginosus. 



I. A omet ad ipsum. — 2. C : ego nescio si erat. — 5. ABC en marge : Nota de 
sigiio. — 4. C : Fierhoys. — j. AC : pergressa. — 6. C omet hona. — 7. AC 
ajoutent heiie. — 8. ABC en marge : De ense. — 9. C ; Fierhoys. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 57 

Interrogata qualiter sciebat illum ensem ibi esse : respondit quod 
ille ensis erat in terra rubiginosus, in que erant quinque cruces ; et 
scivit ipsum ibi esse per voces, nec unquam viderat hominem qui 
ivit qua^situm pr^ïdictum ensem. Scripsitque viris ecclesiasticis illius 
loci quatenus placeret eis ut ipsa haberet illum ensem; et ipsi mise- 
runt eu m. Nec erat multum sub terra rétro altare, sicut ei videtur : 
tamen nescit proprie an erat ante alrare, vel rétro, sed existimat se 
scripsisse tune quod pti^dictus ensis erat rétro altare. Dicit etiam 
quod, statim postquam pra^dictus ensis repertus est, viri ecclesiastici 
illius loci confricaverunt eum, et illico cecidit rubigosineviolentia ; 
et fuit unus mercator armorum de Turonis qui ivit quassitum ; 
dederuntque viri ecclesiastici illius loci vaginam ipsi Johannae, et illi 
etiam de Turonis simul cum ipsis, feceruntque fieri duas vaginas, 
unam de vellere rubeo, gallice de velous ' vermeil, et aliam de panno 
aureo. Et ipsa fecit fieri aliam de corio bene forti. Dicit tamen, 
quando ipsa fuit capta, non habebat illum ensem. Dicit etiam quod 
continue portavit sa^pedictum ensem, postquam habuit, donec reces- 
sit a Sancto Dionysio, post insultum Parisiensem. 

Interrogata qualem benedictionem fecit aut fecit fieri super ensem 
praedictum : respondit quod nunquam fecit ibi nec fecit fieri quam- 
cumque benedictionem, nec scivisset aliquid facere. Item, dicit quod 
bene diligebat illum ensem, quia repertus erat in ecclesia beatix; 
Katharinœ, quam bene diligebat. 

Interrogata an ipsa fuit apud villam de Coiilenges les Vigneiises : 
respondit quod nescit. 

Interrogata utrum posuerit aliquando ensem suum super altare, 
ita quod posuerit ut esset melius fortunatus : respondit quod non, 
quod ipsa sciât -. 

Interrogata an unquam fecerit deprecationem ad hoc quod ille 
ensis esset melius fortunatus : respondit : « Bonum est scire quod 
voluissem harnesium meum, gallice mon chamois, fuisse bene fortu- 
natum. » 



I. AC : veJoiix. — 2. ABC : . .. Super altare : respoiniit qaod non, quod ipsa sciât, 
îtci quod posuerit ut esset vielius fortunatus. 



58 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata an habebat ensem suum, quando capta fuit : respon- 
dit quod non, sed habebat quemdam ensem qui fuerat captus supra 
unum Burgundum. 

Interrogata ubi remansit ille ensis et in qua villa : respondit quod 
obtulit unum ensem in Sancto Dionysio et arma, sed non fuit ille 
ensis. Item dicit quod habebat illum ensem in Latigniaco, et de 
Latigniaco portavit ensem illius Burgundi supradicti ad Compen- 
dium, quia erat bonus ensis guerr^t et bonus ad dandum bonas ala- 
pàs et bonos ictus, gallice de bonnes biiffes et de bons torchons. Sed dicit 
quod dicere ubi dimisit, non pertinet ad processum, et non res- 
pondebit de hocpro nunc. Dicit ultra quod fratres ejus habent bona 
sua, equos, ensem, prout crédit, et alia quie valent plusquam XII 
millia scutorum. 

Interrogata utrum, quando ivit Aurelianis habebat vexillum, gal- 
lice estandart on baniére, et cujus coloris erat : respondit quod habebat 
vexillum cujus campus erat seminatusliliis ; et erat ibi mundus figu- 
ratus et duo Angeli a lateribus ; eratque coloris albi, de tela alba vel 
boucassino, erantque scripta ibi ista nomina Jhesus Maria, sicut ei 
videtur; et erat fimbriatum de serico. 

Interrogata an h^c nomina Jhesus Maria erant scripta superius, 
aut ' inferius, vel ^ a latere : respondit quod a latere, sicut ei vide- 
tur. 

Interrogata quod pr.vdiligebat ve! vexillum suum, vel ensem : res- 
pondit quod multo, vidclicet quadragesies, prasdiligebat vexillum 
quam ensem. 

Interrogata quis fecit sibi facere illam picturam in vexillo : res- 
pondit : « Ego vobis satis dixi quod nihil feci nisi de pra^cepto 
Dei. » Dicit etiam quod ipsamet portabat vexillum praedictum, 
quando aggrediebatur adversarios, pro evitando ne interficeret ali- 
quem; et dicit quod nunquam interfecit hominem. 

Interrogata qualem comitivam tradidit sibi rex suus, quando 
posuit eam in opus : respondit quod tradidit X vel XII millia homi- 

I. C ; vel. — 2. C : aut. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DÉ JEANNE d'aRC 59 

num, et quod primo ivit Aurelianis ad bastiliam Sancti Lupi, et 
deinceps ad bastiliam Pontis. 

Interrogata apud quam bastiliam fuit quod fecit homines suos 
retrahi : respondit quod non recordatur. Dicit etiam quod erat bene 
secura quod levaret obsidionem Aureliensem, per revelationem sibi 
factam; et ita dixerat régi suo antequam illuc veniret. 

Interrogata utrum, quando debuit tieri insultus, dixeritne suis 
gentibus quod ipsa reciperet sagittas, viritones \ lapides de machi- 
nis sive çanonibus, etc. : respondit quod non; imo centum fuerunt 
hçsi vel'amplius; sed bene dixit gentibus suis quod non dubitarent 
et - levarent obsidionem. Dicit etiam quod, in insultu dato contra 
bastiliam Pontis, fuit Uï;sa de una sagitta seu viritone \ in collo ^; 
sed habuit magnam confortationem a sancta Katharina, et fuitsanata 
infra xv dies; sed non dimisit propterea equitare et negotiari, 

Interrogata an bene presciebat quod tederetur : respondit quod 
hoc bene sciebat et dixerat suo régi ; sed quod, hoc non obstante, 
non dimitteret ulterius negotiari. Et fuerat hoc sibi revelatum per 
voces duarum Sanctarum, videlicet beatœ Katharina; et beatas Mar- 
garetx\ Dicens ulterius quod ipsa fuit prima quje posuit scalam in 
altum, in dicta bastilia de Ponte; et, levando ipsam scalam, fuit, ut 
supra, Ltsa >, in collo, de dicto viritone ''. 

Interrogata quare non recepit tractatum cum capitaneo de Ger- 
gucau : respondit quod domini de parte sua responderunt Anglicis 
quod ipsi non haberent terminum xv dierum, quem petebant, sed 
quod recédèrent ipsi et equi eorum in hora pra:;senti. Dicit etiam 
quod, quantum ad ipsam, dixit quod ipsi de Gergolio recédèrent in 
suis gippoiiibus vel tunicis, vita eorum salva, si vellent; alioquin 
caperentur per insultum. 

Interrogata an habuit tune deliberationem cum suo consilio, vide- 
licet cum suis vocibus, pro sciendo an daret dictum '' terminum illis, 
aut non : respondit quod de hoc non recordatur. 



I. C ; viretoiies. — 2. AC ajoutent quod . — 3. C :virelone. — 4. 5 en marge : 
Nota quod quomodo fuit laesa ante Aurelianis civitatem. — 5. AC : laesa, ut supra. 
— 6. C ; viretone. — j. AC : prxdictiitn. 



60 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Et, lîis peractis, demissa ' fuit protinus interrogatio ulterior; 
assignavimusque diem jovis, exinde proximo sequentem, ad illuc 
comparendum, pro ulteriori examinatione seu interrogatione 
facienda. 

JOVIS I. MARTII. QUINTA SESSIO ^ 

Item, die jovis, prima martii, nos, episcopus pnrdictus, ad locum 
solitum castri Rotliomagensis accessimus; comparu itque coram 
nobis in judicio prx'dicta Johanna, assistentibus reverendis patribus, 
dominis et magistris, videlicet : .^gidio, Sanctit Trinitatis Fiscamp- 
nensis, abbate; Petro, priore de Longavilla-Giffardi '; Johanne de 
Castellione, Erardo Emengart, Johanne Pulchripatris, Jacobo de 
Turonia, Nicolao Miiii, Dionysio de Sabeuvras ^, Petro Mauricii, 
Gerardo Fueilleti >, Mauricio de Quesneyo, Guillelmo Boucherii, 
Fetro Houdetic ^, Johanne de Nibat, Johanne Fabri, Jacobo Giiesdon, 
in sacra theologia; Nicolao de Gemeticis, Guillehno de Sancta 
Katharina, Guiilehno de Cormeliis, abbatibus; Johanne Guerini, in 
canonico; Radulpho RoussclH, in utroque jure doctoribus; abbati- 
bus de sancio Audoeno et de PratelHs, et priore Sancti Laudi; Guil- 
lehno Haiton ' , Nicolao Copeqiicsm ^, Thoma de Courcellis, Guil- 
lelmo de Baudribosco, Johanne Pigachc, Radulpho Silvestris, 
Ricardo de Groucheto, Petro Minerii, Johanne Magistri, Johanne 
Le Gautier ^, bachalariis in sacra theologia; Nicolao de Venâerès, 
Johanne Brulloti, Johanne Pinchon, Johanne Basseti, Johanne de 
Fonte, Radulpho y/»^^//}-, Johanne Columbelli, Ricardo de Salicibus, 
Auberto Morelli, Johanne de Quemino, Laurentio de Busco '", Phi- 
lippo Marescalli, in canonico; Dionysio Gastinel ^\ Johanne Dulcis, 
Roberto Barberii, in utroque jure'^; Andréa Marguerie, Johanne 



I. AC : diniissa. — 2. En marge de ABC ; B : martis. — 5. C : Guiff'ardi. — 4. 
C : Diotiisio de Sahrevays. — 5- ^ :FueiUet. — 6. B : Haudenc ; C' : Hodenc. — 7. 
C : Guillermo Haittoth — 8. C ; Conppequesiie . — 9. A : Le Veutier ; C : Le 
Vautier. — • 10. O : Btisto. — 11. C : Diotiisio. — 12. A omet jure. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC él 

Alespée, iîigidio de Campis, Nicolao Caval ', Gauffrido de Croteyô, 
Petro Cave, Nicolao Maulini, in civili jure licentiatis; Roberto 
Morelli ^et Nicolao LoiseUeur, canonicis ecclesia; Rhotomagensis ^ 

In quorum pr^Esentia, ipsam Johannam sommavimus et requisi- 
vimus quod faceret et pritstaret juramentum simpliciter et absolute 
de dicendo veritatem super his qu^e peterentur ab ea. Respondit 
quod parata erat jurare dicere veritatem de omnibus qua,- sciret tan- 
gentibus processum, prout alias dixit. Item dixit quod multa scit 
quit non tangunt processum, et non est opus ea dicere. Postea ite- 
rum dixit : « De omni illo de quo ego sciam veraciter quod tangit 
processum, libenter dicam. » Item adhuc sommata et requisita, ut 
prius, de faciendo juramentum : respondit : « Illud quod ego sciam 
de vero respondere, libenter dicam quod tangit processum. » Et sic 
juravit, sacrosanctis tactis Evangeliis. Postea dixit : « De hoc quod 
ego sciam quod tangit processum, libenter dicam veritatem; et dicam 
vobis tantum quantum dicerem si ego essem coram Papa romano. » 

Interrogata quid dicit de domino nostro Papa et de quo ipsa cré- 
dit quod sit verus Papa : respondit quasrendo utrum essent duo. 

Interrogata utrum habuerat litteras a comité Armiginiaci ', pro 
sciendo cui trium summorum pontificum deberet obedire : respon- 
dit quod ipse comes scripsit ei quasdam litteras super isto facto, ad 
quod dédit responsum, inter alia, quod, quando esset Parisius vel 
alibi in quiète, ipsa daret responsum. Et volebat tune ascendere 
equum, quando dédit illi responsum. 

Et quantum ad copiam litterarum dicti comitis et ipsius Johan- 
nas, quas tune in judicio perlegi fecimus, eadem Johannafuit inter- 
rogata si illa erat sua responsio quœ in pr^edicta copia continebatur. 
Respondit quod ^estimât se fecisse illam responsionem in parte, non 
in toto. 

Interrogata an dixerit se scire per consilium Régis regum illud 



1.5/ Canal. — 2. C omet Roberto Morelli et Nicolas LoiseUeur, canonicis 
ecclesix Rothotnagensis. — 3. JC en marge : Nota de litteris Comitis Armignaci. 



62 PROCÈS DE CONDAiMNATlON DE JEANNE d'aRC 

quod prîefatus cornes debebat de hoc tenere : respondit quod de 
hoc nihil scit. 

Interrogata an ipsa faciebat dubium ciii prasfatus cornes debebat 
obedire : respondit quod nesciebat inde quid mandare cui deberet 
obedire, quia ipse cornes petebat scirc cui Deus volebat ipsum obe- 
dire. Scd quantum ad ipsam Johannam, tenet et crédit quod debe- 
mus obedire domino nostro Papas in Roma existenti. Dicit etiam 
quod aUud dixitnuntio prasfoti comitis, quod non continetur in illa 
copia Htterarum; et nisi idem nuntius ' statim recessisset, fuisset 
projectus in aquam, non tamen per ipsam Johannam. Item dicit 
quod, de hoc quod petebat ^ scire cui Deus volebat quod ipse cornes 
obediret, ipsa respondit quod nesciebat; sed ei mandavit pku'a quïe 
non fuerunt posita in scriptis. Et quantum est de ipsa, crédit in domi- 
num Papam qui est Romas. 

Interrogata quare ipsa scribebatquod daret ahas responsum de hoc, 
ex quo credebat in illum qui est Romas : respondit quod responsum 
per eam datum fuit super aha materia quam super facto trium sum- 
morum pontificum. 

Interrogata an dixerat quod, super facto trium summorum ponti- 
ficum, haberet consilium : respondit quod nunquam scripsit ' nec 
fecit scribi super facto trium summorum pontificum. Et hoc jura- 
vit per suum juramentum quod nunquam scripsit nec fecit scribi. 

Interrogata an consuevit ponere in fitteris suis hase nomina Jhesus 
Maria, cum cruce : respondit quod in ahquibus ipsa poncbat et 
ahquando non; et ahquando ponebat crucem in signum quod ille 
de parte sua cui scribebat non faceret illud quod eidem scribebat. 

Tenores Htterarum quas dicti comes et Johanna sibi scripserunt 
ad invicem inseruntur inferius inter articulos promotoris. 

Deinceps fuerunt eidem Johannae lectae htter^ quas ipsa Johanna 
transmisit domino nostro regî, domino du ci Bedfordi^e et aliis. 

Quarum etiam Htterarum ténor inferius ponitur inter articulos 
promotoris. 

I. (20"'"^'^ nuntius. — 2. A : potehat. — y A : scripsit super facto. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'arC 63 

Et deinde fuit interrogata an illas litteras recognoscebat : respon- 
dit quod sic, demptis tribus vocabulis, videlicet hoc quod dicitur 
rcddatis piiellx, ubi débet poni reddatis re^i; aliud quod dicitur caput 
gnenw, et tcriium quod ibi ponitur corpus pro corpore, quas non 
erant in litteris illis quas misit. Dicit etiam quod nunquam 
aliquis dominus illas litteras nominavit, sed ipsamet nominavi 
eas antequam mitteret; bene tamen fuerunt ostensas quibusdam 
de parte sua. Itejii ' dicit quod antequam sint septem anni 
Anglici dimmittent majus vadium quam fecerint coram Aurelianis 
et quod totum perdent in Francia. Dicit etiam quod pr^efati 
Anglici habebunt majorem perditionem quam unquam habuerunt 
in Francia, et hoc erit per magnam victoriam quam Deus mittet 
Gallicis. 

Interrogata - qualiter hoc scit : respondit : « Ego bene scio istud 
per revelationem quae mihi facta fuit, et quod ante septem annos 
eveniet; et bene essem irata quod tantum differretur. » Dixit etiam 
quod illud per revelationem scit a^que bene sicut sciebat quodera- 
mus tune ante ipsam. 

Interrogata quando istud eveniet : respondit quod nescit diem 
neque horam. 

Interrogata quo anno eveniet : respondit : « Vos non habebitis 
adhuc; bene tamen vellem quod hoc esset ante festum Beati Johan- 
nis. » 

Interrogata an dixerit quod, infra festum hiemale Beati Martini, 
istud eveniet : respondit quod dixerat quod, ante festum Beati 
Martini hiemalis, multa viderentur; et poterit esse quod erunt 
Anglici qui prosternentur ad terram. 

Interrogata quid dixit ^ Johanni Gris, custodi suo, de illo festo 
Beati Martini : respondit : « Ego vobis dixi. » 

Interrogata perquem scit istud futurum : respondit quod hoc scit 
per sanctas Katharinam et Margaretam. 



I. AB en marge : Nota. — 2. 5 en marge : Nota. — 3. A : dicit. 



64 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

InteiTogata an sanctus Gabriel erat cum sancto Michaele, quando 
venit ad eam : respondit quod de hoc non recordatur. 

Interrogata an post diem martis novissimam ipsa locuta est cum 
sanctis Katharina et Margareta : respondit quod sic; sed nescit 
horam. 

Interrogata quo die : respondit quod heri et iiodie; nec est dies 
quin eas audiat. 

Interrogata sividet' eas seniper in eodem habitu : respondit quod 
videt semper eas - in eadem forma; et figurai earum sunt coronata? 
multum opuknter. De aliis habitibus non loquitur. Item dicit 
quod de tunicis earum nihilscit. 

Interrogata qualiter scit quodres sibi apparens est vir vel mulier : 
respondit quod bene scit et cognoscit eas ad vocesipsarum, et quod 
sibi revelaverunt; nec scit aliquid quin sit factum per revclationem 
et prasceptum Dei. 

Interrogata qualem figuram ibi videt : respondit quod videt 
faciem. 

Interrogata anilla^ Sanct* apparentes habent capillos : respondit : 
(i Bonum est ad sciendum > ! » 

Interrogata an aliquid erat médium inter coronas earum et capil- 
los : respondit quod non. 

Interrogata si capilli earum erant longi et pendentes : respondit : 
« Ego nihil scio. » Dicit etiam quod nescit an ibi aliquid erat de 
brachiis, vel an erant alia membra figurata. Item dicit quod loque- 
bantur optime et pulchre, et eas optime intelligebat. 

Interrogata qualiter loquebantur, cum non haberent membra : 
respondit : « Ego me refero ad Deum. » Item dicit quod vox illa 
est pulchra, dulcis et humilis, et loquitur idioma Gallicum. 

Interrogata * an sancta Margareta loquiturne idioma Anglicum : 
respondit : « Qualiter loqueretur Anglicum, cum non sit de parte 
Anolicorum ? » 



I. AC : vidit. — 2. C : eas seniper. — 3. Suppléez quod habent. — 4. A en 
marge : Nota, une main ; C en marge : Nota. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 65 

Interrogata an in capitibus pra^dictis cum coronis erant anuli in 
auribus vel alibi : respondit : « Ego nihil scio de hoc. » 

Interrogata an ipsamet Johanna haberet aliquos ' anulos : res- 
pondit, loquendo nobis episcopo prœdicto : ^( Vos habetis a me 
unum; reddite milii. » Item dicit quod Burgundi liabent alium 
anulum. Et petivit a nobis quod, si haberemus pntdictum aniilum, 
ostenderemus ei. 

Interrogata quis dédit sibi anulum quem habent Burgundi : res- 
pondit quod pater ejus, vel mater; et videtur ei quod ibi erant 
scripta hsec nomina Jhesus Maria ; nescit quis fecit scribi, nec ibi 
erat^ aliquis lapis, ut ei videtur; fuitque sibi datus idem anulus 
apud villam de Dompremi. Item dicit quod frater suus dédit sibi 
alium anulum quem habebamus et quod nos onerabat de dando 
ipsum ecclesiœ. Item dicit quod nunquam sanavit quamcumque per- 
sonam de aliquo anulorum suorum. 

Interrogata an sanct^e Katharina et Margareta locuta; sunt cum ea 
sub arbore, de qua superius fit mentio : respondit : « Ego nihil 
scio. » 

Interrogata si, apud fontem qui est juxta arborem, pmsdict^e Sanctns 
locutae sunt cum ea : respondit quod sic, et quod audivit eas ibi; 
sed quid sibi tune dixerunt, nescit. 

Interrogata quid eaedem Sanctœ sibi promiserunt, sive ibi, sive 
alibi : respondit quod nullam sibi promissionem fecerunt, nisi hoc 
fuerit per licentiam Dei. 

Interrogata quales promissiones sibi fecerunt ' : respondit : « Hoc 
non est de vestro processu ^ ex toto. « Et de aliquibus rébus, sibi 
dixerunt quod rex suus restitueretur in regnum suum, velint 
adversarii ejus aut nolint. Dicit etiam quod promiserunt ipsam 
Johannam conducere in paradisum, et ita ab eis requisivit. 

Interrogata si habuerit aliam promissionem : respondit quod est 



I. Q omet aliquos. — 2. AC : erat ibi. — 3- 2 : fecerant. — 4. A : de processu 
vestro ; C : processu de vestro. 

Procès de Jeanne d'Arc 5 



6b PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

alia promissio, sed non dicet eam, et quod hoc non tangit proces- 
sum. Et dicit quod infra très menses dicet aliam promissionem. 

Interrogata an voces dixerunt quod infra très menses liberabitur 
a carcere : respondit : « Hoc non est de vestro processu ; tamen 
nescio quando ero liberata. » Et dixit quod illi qui volent ipsam 
auferre de ' hoc mundo bene poterunt ire ante ipsam. 

Interrogata an suuni consiHum dixeritne sibi quod erit liberata 
a prcesenti carcere : respondit : « Loquamini mecum infra très 
menses; ego de hoc respondebo vobis. » Dixit ultra : « Petatis ab 
assistentibus sub juramento suo an istud tangat processum. » 

Et postea, habita deliberatione assistentium, qui omnes delibe- 
raverunt quod tangebat processum, ipsa dixit : « Ego semper bene 
vobis dixi quod vos nescietis totum. Ego oportebit scmel quod ego 
sim liberata. Et volo habere licentiam, si ego dicam ; ideo peto 
dilationcm. » 

Interrogata si voces prohibuerunt ei ne diceret veritatem : res- 
pondit : « Vultis vos quod vobis dicam id quod vadit ad regem 
Francise ? Sunt multa quit non tangunt processum. » Dixit etiam 
quod bene scit quod rex suus lucrabitur regnum Francias ; et hoc 
ita bene scit sicut sciebat quod eramus coram ea in judicio. Dixit 
etiam quod fuisset mortua, nisi fuisset revelatio qua; confortât eam 
quotidie. 

Interrogata quid fecit de sua mandragora : respondit quod non 
habet mandragoram, nec unquam habuit ; sed audivit dici quod 
prope villam suam est una, et nunquam vidit aliquam. Dixit etiam 
quod audivit dici quod est res periculosa et mala ad custodiendum ; 
nescit tamen de quo deservit. 

Interrogata in quo loco illa mandragora est, de qua loqui audivit : 
respondit quod audivit dici quod est in terra, prope illam arborem 
de qua superius dictum est ; sed nescit locum, Dicit etiam se audi- 
visse dici quod supra illam mandragoram est una corylus. 

Interrogata de quo audivit dici quod serviat illa mandragora : 

I. AC : ex. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 67 

respondit se audivisse quod facit venire pecunias ; sed non crédit in 
hoc aliquid. Et dicit quod voces siu-e nunquam de iioc sibi aliquid 
dixerunt. 

Interrogata in qua figura erat sanctus Michael, dum sibi apparuit : 
respondit quod non vidit sibi coronam ; et de vestibus suis nihil 
scit. 

Interrogata an ipse erat nudus : respondit : « Cogitaiis vos quod 
Deus non habeat unde ipsum vestire ? » 

Interrogata an ipse liabebat capillos : respondit : « Cur sibi fuissent 
abscisi? » Dicit etiam quod non vidit ipsum beatum Miciiaelem, 
postquam ipsa recessit a Castro de Crotoy', nec eum videt niultum 
saspe. Et ultimo dicit quod nescit utrum habeat capillos. 

Interrogata utrum ipse habebat stateram : respondit : « Ego nihil 
scio. » Item dicit quod habet magnum gaudium quando videt 
ipsum ; et ei videtur quod, quando videt eum, non est in peccato 
mortali. Item dicit quod sancta^ Katharina et Margareta libenter 
faciunt ipsam confiteri interdum et per vices. Item dicit quod, si 
ipsa sit in peccato mortali, hoc ^ nescit. 

Interrogata an, quando ipsa confitetur, crédit se esse in peccato 
mortali : respondit quod nescit si fuerit in peccato mortali, et non 
crédit de hoc fecisse opéra ; « nec placeat », inquit, « Deo quod 
ego unquam fuerim, nec etiam sibi placeat quod ego faciam opéra 
aut fecerim, per qu^ anima mea sit onerata. » 

Interrogata quale signum dédit régi suo quod ipsa veniebat ex 
parte Dei : respondit : « Ego semper vobis respondi quod non 
mihi extrahetis illud ab ore. Vadatis sibi petitum. » 

Interrogata an juraverit non revelare illud quod ab ea petetur, 
tangens processum : respondit : « Ego alias vobis dixi quod non 
dicam illud vobis ^ quod tangit ^ id quod vadit ad regem nostrum. 
Et de hoc quod vadit ad ipsum, non loquar. » 

Interrogata si ipsa scitne signum quod dédit eidem régi suo : 



I. C ; Crotay. — 2. C omet hoc et ajoute ipsa. — }. A : vobis illud. — 4. O 
t ange t. 



68 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

respondit : « Vos non scietis hoc de me. » Et tanc, quia fuit ai 
dictum quod hoc tangebat processum : respondit : « De hoc quod 
ego promisi tenere bene secretum, ego non dicam vobis illud. » Et 
ultra dixit : « Ego promisi in tali loco quod non possim vobis 
dicere sine perjurio '. » 

Interrogata cui hoc promisit : respondit quod sanctis Kàtharinae 
et Margareta: promisit, et hoc fuit ostensum régi. Item dicit quod 
hoc promisit duabus Sanctis pr^dictis, absque hoc quod require- 
rent. Et ipsamet Johanna ad requestam sui ipsius hoc fecit, quia 
nimis mult^e gentes hoc petivissent àb ea, nisi illud praedictis 
Sanctis promisisset. 

Interrogata utrum, quando ostendit signum régi suo, erat alius 
ab eo in ejus societate : respondit quod a^stimat alium ibi non 
fuisse, quamvis satis prope essent multas gentes. 

Interrogata an ipsa viderit coronam supra caput régis sui, quando 
ipsa monstravit ei signum : respondit : « Ego non possum vobis 
dicere sine perjurio ^ » 

Interrogata utrum rex suus habebat coronam, quando erat 
Remis : respondit quod, prout ipsa asstimat, ipse rex suus cepit 
gratenter illam coronam quam Remis invenit ; sed una bene dives 
fuit ei apportata post ipsum. Et hoc fecit pro festinando factum 
suum, ad requestam illorum de villa Remensi, pro evitando onus 
armatorum ; et, si ipse expectasset, habuisset unam coronam mille- 
sies ditiorem. 

Interrogata an viderit illam coronam quse est ditior : respondit : 
« Ego non possum vobis hoc dicere, sine incurrendo perjurium '. 
Et, si ego non viderim, ego audivi dici quod est adeo dives seu 
opulenta. » 

Quibus sic peractis, fecimus finem pro illo die'^ ; et assignavi- 
mus pro his quas ulterius facienda erant, diem sabbati et octavam 
horam ejusdem diei de mane, requirendo adstantes ut, ipsis ^ die 
et hora, in eodem loco intéressent. 

I. AC : parjurio. — 2. AC : parjurio. — 3. AC : parjuriiim. — ^. A omet pro 
illo die. — 5. AC : ipsi. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 69 



SABBAT! III. MARTII. SEXTA SESSIO '. 



Item die sabbati, tertia mensis martii, immédiate sequenti, in 
loco superius designato, comparait coram nobis pra^dicta Johanna, 
assistentibus reverendis - patribus, dominis et magistris : vEgidio, 
Sanctas Trinitatis Fiscampnensis abbate ; Petro, priore de Longa- 
villa ; Johanne de Castellione, Erardo Eiiieiigart, Johanne Pulchri- 
patris, Jacobo de Turonia, Nicolao Midi, Dionysio de Sabeuvras % 
Nicolao Amici, Guillelmo Evrardi, Petro Mauricii, Girardo Fueil- 
leti, Mauricio de Quesneyo, Petro Houdenc "^, Johanne de Nibat, 
Jacobo Guesdon, in sacra theologia ; — Guillelmo ^, Sanctc-e Marine 
de Cormeliis abbate, in jure canonico ; — Guillelmo de Gardinis, 
iEgidio Oiienivet, Rollando Scriptoris et Guillelmo de Caméra, in 
medicina doctoribus ; — abbate Sancti Georgii, [abbatejde Pratellis, 
priore Sancti Laudi ; necnon Nicolao Coppequesne ^, Thoma de 
Courcellis, Guillelmo ' Magistri, Guillelmo de Baudribosco, Johanne 
Pigache, Radulpho Silvestris, Ricardo de Groucheto ^, Petro Mine- 
rii, bachalariis in sacra ^ theologia ; — Johanne Dulcis, in utroque 
jure '°, Johanne de Quemino, Johanne Columbelli, Radulpho 
Anguy, Auberto Morelli, in canonico; — Gauffrido de Croteyo, 
Burello de Cormeliis, Nicolao Maulini, in civili jure licentiatis, — 
et Nicolao Loiselkur ", canonico ecclesice Rothomagensis. 

In quorum pr^esentia, ipsam Johannam requisivimus quod sim- 
pliciter et absolute juraret dicere veritatem de his quas peterentur 
ab ea. Quîe respondit : « Sicut alias feci, ego sum para ta jurare. » 
Et sic juravit, tactis sacrosanctis Evangeliis. 

Deinceps autem, quia dixerat quod sanctus Michael habebat alas, 
et cum hoc de corporibus vel membris sanctarum Katharinœ et 
Margaret^ non locuta fuerat, interrogata fuit quid de his dicere 



I. En marge de ABC. — 2. O omet reverendis. — 3. C .• Dionisio de Sahrevais. 
— 4. C ; Hodeiic. — 5. C / Gnillcrriio. — 6. C : Coiippeqiiesne. — 7. Sic. — 
8. C ; Grouceto. — 9- Q ■' saiicla. — 10. AC omettent pire. — 11. AC : 
Loi scieur. 



70 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

volebat. Ad quod respondit : « Ego dixi vobis illud quod scio, et 
non respondebo vobis aliud. » Dixit etiam quod ipsum sanctum 
Michaelem et illas Sanctas ita bene vidit quod bene scit eas esse 
sanctos et sanctas in paradiso. 

Interrogata an vidit aliud ex ipsis quam faciem : respondit : 
« Ego dixi vobis totum illud quod scio de hoc ; et de dicendo 
totum illud quod scio, ego prrudiligerem quod mihi faceretis 
abscindi collum. » Item dixit quod totum id quod sciet ' tangens 
processum, libenter dicet. 

Interrogata an crédit quod sanctus Michael et sanctus Gabriel 
habeant capita naturalia : respondit : « Ego vidi ipsos oculis meis, 
et credo quod ipsi sunt asque firmitcr sicut Deus est. » 

Interrogata an crédit quod Deus formavit eos in illis modo et 
forma, quibus eadem ipsos videt : respondit quod sic. 

Interrogata an crédit quod in illis modo et forma, a principio, 
Deus ipsos creaverit : respondit : « Vos non habebitis aliud pro 
prnesenti pntter illud quod ego ^ respondi. » 

Interrogata an scivcrat per revelationcm quod ipsa evaderet : res- 
pondit : « Hoc non tangit processum vestrum. Vultis vos quod ego 
loquar contra me? » 

Interrogata an voces su;u aliquid indc sibi dixerunt : respondit : 
« Hoc non est de vcstro processu. Ego refero me ad Dominum '. 
Et, si totum pertineret ad vos, ego dicerem vobis totum. » Dixit 
ultra quod, per fidem suam, nescit-diem neque horam qua evadet. 

Interrogata an voces aliquid sibi de hoc dixerunt in generali : 
respondit : « Ita veraciter ; ipsae dixerunt mihi quod essem liberata, 
sed nescio diem neque horam ; et quod audacter faciam lastum 
vultum. » 

Interrogata utrum, quando primo applicuit pênes regem suum, 
an ipse petiverit ab ea si per revelationem habebat quod mutaret 
habitum suum : respondit : « Ego de hoc vobis respondi ^ ; tamen 
non recordor si hoc fuerit mihi petitum. Et illud ^t scriptum in 
villa Pictavensi. » 

1. C : sciret . — 2. O omet ego. — 3.0 : processum. — 4. A : lesponâi vohi^. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 7I 

Interrogata an recordetur quod magistri qui examinaverunt eam 
in alia obedientia, aliqui per unum mensem, alii per très hebdo- 
madas, interrogaveruntne ipsam in mutatione sui habitus ' : res- 
pondit : « Ego non recordor ; tamen ipsi me interrogaverunt ubi 
ego ceperam istum habitum virilem ; et ego dixi eis quod ego ^ 
ceperam apud oppidum Valliscoloris. » 

Interrogata utrum prœfati magistri petierunt ab ea si per voces 
suas ceperat illum habitum : respondit : « Ego non recordor. » 

Interrogata utrum regina sua petiveritne illud sibi ' de mutatione 
habitus, quando primo eam visitavit : respondit : « Ego non recor- 
dor. » 

Interrogata an '^ rex suus, regina et ahi de parte sua requisive- 
runtne ipsam ahquando quod habitum virilem deponeret : respon- 
dit : « Hoc non est de vestro processu. » 

Interrogata utrum, apud castrum de Beaurevoir, fueritne de hoc 
requisita : respondit : « Ita veraciter. Et ego respondi quod ego 5 
non deponerem, sine Hcentia Dei. « 

* Item dixit quod domicella de Luxernbourg et domina de Beau- 
revoir obtulerunt sibi vestem muliebrem, vel pannum pro faciendo 
eam, requirendo ipsam Johannam ut hujusmodi vestem portaret. 
Et ipsa respondit quod non habebat ^ licentiam a Deo ", et quod 
non erat adhuc tempus. 



[Ici commen'ce ce qui reste de la minute prise a l'audience 
PAR Guillaume Manchon, greffier du procès s,] 

Ç')Itcm, dit que la damoiselle de Luxambourg et la dame de Beaurevoir 
luy offrirent abit de femme ou drap à la faire, et lui requirent qu'elle le 
portast ; et elle respondi qu'elle n'en avoit pas le congié de nostre Sei- 
gneur, et qu'il n'estoit pas encore temps. 



I. B en marge : De habitii. — 2. AC omettent ego. — 3. C ; sibi illud. — 
4. C : utrum. — 5. AC omettent ego. — 6. AC : hahel . — 7. C : Domino, — 
8. ^(Bibl. nat., lat. 8838), fol. 17 et suiv. 



72 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata an dominus Johannes de Pressy, et alii apud Attre- 
batum obtulerunt sibi vestem muliebrem : respondit quod ipse et 
alii plures multotiens petierunt ab ea ut hujusmodi vestem acci- 
peret . 

Interrogata utrum crédit quod ipsa deliquisset vel peccasset mor- 
taliter, capiendo vestem muliebrem : respondit quod melius agit, 
obediendo et serviendo suo supremo domino, videlicet Deo. Item 
dixit quod, si ipsa debuisset hujusmodi vestem muliebrem assu- 
mere, ipsa citius hoc fecisset ad requestam duarum dominarum 
prsedictarum, quam aliarum dominarum existentium in Francia, 
dempta regina ejus. 

Interrogata utrum, quando Deus ei revelavit quod mutaret habi- 
tum suum in habitum virilem, hoc fuerit per vocem sancti Michae- 
lis, vel per vocem sanct;v Katharinas aut Margarctx- : respondit : 
« Vos non habebitis nunc aliud. » 

Interrogata utrum, quando rex suus posuit eam in opère, et quod 
ipsa fecit fieri vexillum suum ', alias gentes armomm feceruntne 
fieri pannoncellos - ad modum et exemplar pannoncelli ipsius 



Interroguée se messire Jehan de Pressy et autres à Arras lui offrirent 
point d'abit de femme : respond : « Luv et plusieurs autres le m'onlt 
plusieurs fois demandé. » 

Interroguée s'elle croist qu'elle eust delinqué ou fait pcchié mortel de 
prendre habit de femme : respond qu'elle fait mieulx d'obéir et ser\'ir son 
souverain Seigneur, c'est assavoir Dieu. 

Item, dit que s'elle le deust avoir fait, elle l'eust plustost fait à la 
requeste de ces deux dames que d'autres dames qui soient en France, 
exceptée sa royne. 

Interroguée se, quant Dieu luy révéla qu'elle muast son abit, se ce fust 
par la voix saint Michiel, de saincte Katherine ou saincte Marguerite : 
respond : « Vous n'en aurés maintenant autre chose. » 

Interroguée, quant son roy la mit premier en œuvre et elle fist faire 
son estaindart, se les gens d'armes et autres gens de guerre firent faire 



I. ^ en marge : De vexillo et pennoncelUs . — 2. La forme pennoncellits est 
constante en C. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 73 

Johannx : respondit : « Bonum est scire quod domini manutene- 
bant arma sua. » Item dicit quod aliqui de sociis guerras fecerunt 
fieri de illis pannoncellis, prout eis placebat, et alii non. 

Interrogata de qua materia fecerunt eos fieri, an hoc fuerit de 
tela, vel panno laneo : respondit quod erat de albis satinis, gallice 
de blans satins, et in aliquibus erant lilia ; nec ip^a Johanna habe- • 
bat de societate sua nisi duas vel très lanceas ; sed socii guerras ali- 
quando faciebant fieri pannoncellos ad similitudinem suorum, et 
non faciebant ' illud, niSi pro cognoscendo homines suos ab aliis. 

Interrogata an multum sa^pe ronovabantur dicti pannoncelli : 
respondit : « Ego nescio. Quando lance^e - erant ruptic, fiebant 
novi. » 

Interrogata utrum ipsa dixerit aliquando quod pannoncelli facti 
ad similitudinem suorum erant bene fortunati : respondit quod 
aliquando bene ' dicebat suis : « Intretis audacter per médium Angli- 
corum », et ipsamet intrabat. 

Interrogata an dixerit eis quod portarent audacter illos pannon- 



pennonceaulx à la manière du sien : respond : « Il est bon à savoir que 
les seigneurs maintenoient leurs armes. » 

Item, respond : « Les aucuns compaignons de guerre en firent faire à 
leur plaisir, et les autres non. » 

Interroguée de quelle matière ilz les firent faire, si ce fut de toille ou 
de drap : respond : « C'estoit de blans satins, et y en avoit en aucuns les 
fleurs de Hz »; et n'avoit que deux ou trois lances de sa compaignie ; 
mais les compaignons de guerre aucunes fois en faisoient faire à la sem- 
blance des siens et ne faisoint cela fors pour congnoistre les siens des 
autres. 

. Interroguée s'ilz estoient guères souvent renouvelles : respond : « Je 
ne sçay ; quant les lances estoient rompues, l'en en faisoitde nouveaulz. » 

Interroguée s'elle dist point que les pennonceaulx qui estoient en sem- 
blance des siens estoient eureux : respond, elle leur disoit bien à la fois : 
« Entrez hardiment par my les Anglois >■>, et elle mesmes y entroit. 

Interroguée s'elle leur dist qu'ilz les portassent hardiement, et qu'ilz 

I. A : faciehat. — 2. C : lancx. — -^. A : bene aliquando. 



74 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

celles, et quod ' haberent bonam fortunam : respondit quod eis 
bene dixit illud quod evenit, et quod adhuc est eventurum ^. 

Interrogata utrum ipsa ponebat vel faciebat poni aquam benedic- 
tam super pannoncellis % quando illos de novo assumebat : respon- 
dit : « Ego nihil scio de hoc. Et si hoc fuit factum, non fuit de 
proecepto meo. » 

Interrogata an vidit eos aspergi aqua benedicta : respondit : 
« Hoc non est de processu vestro. Et si ego vidi hoc fieri, ego non 
sum nunc advisata de respondendo. » 

Interrogata an socii guerra.^ faciebantne poni in pannoncellis suis 
ha,^c nomina, Jhesus Maria : respondit ; « Per fidem meam, ego 
nescio. » 

Interrogata an ipsa gyravit vel gyrari fecit telas, per modum pro- 
cessionis, circa altare vel ecclesiam, pro faciendo inde pannon- 
cellos : respondit quod non, nec vidit aliquid fieri. 

Interrogata, quando fuit ante villam de Gergueau, quid erat quod 



airoient bon eur : respond, elle leur distbien ce qui estoit venu et qui 
advendroit encore. 

Interroguée s'elle nicctoit ou faisoit point niectre de eaue benoitte sur 
les pcnnonceaulx, quant on les prenoit de nouvel : respond : « Je n'en 
sçay rien »; et s'il a esté fait, ce n'a pas esté de son commandement. 

Interroguée s'elle y en a point veu gecter : respond : « Cela n'est 
point de vostre procès » ; et s'elle y en a veu gecter, elle n'est pas advi- 
sée maintenant de en respondre. 

Interroguée se les compaignons de guerre faisoient point mectre en 
leurs pennonceaulx Jhesus Maria : respond : « Par ma foy, je n'en sçay 
rien. » 

Interroguée s'elle a point tournié ou fait tournier toilles par manière 
de procession outour d'un autel -* ou d'église, pour faire pennonceaulx : 
respond que non, et n'en a rien veu faire. 

Interroguée, quant elle fut devant Jargueau, que c'estoit qu'elle portoit 



I. J omet quod. -^ 2. A : ventnrum. — ■ 3. AB : pannouceUos ; C : pennoncellos. 
— 4. Ms . : chasiel. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 75 

portabat rétro suam cassidcm scu galeam, et an erat aliquid ibi ' 
rotundum : respondit : « Per fidem meam, nihil erat ibi. » 

Intcrrogata an unq'uam cognoverit fratrem Ricardum ' : respon- 
dit : « Ego nunquam videram ipsum, quando veni ante villam 
Trecensem. » 

Interrogata qualem vultum sibi fecit ipse frater Ricardus : res- 
pondit quod illi de Trecis, prout existimat >, miserunt ipsum ad 
eam, dicentesquod dubitabant ne ipsa Johanna non esset res veniens 
ex parte Dei ; et quando idem frater ^ appropinquavit ad eam, ipse 
faciebat signum crucis et aspergebat aquam benedictam. Et tune ipsa 
dixit ei : « Appropinquetis audacter, ego non evolabo. » 

Interrogata an ipsa viderat vel fecerat fieri aliquas imagines vel 
picturas ipsiusmet et ad suam ^ similitudinem : respondit quod 
vidit in Attrebato '^ unam picturam in manu cujusdam Scoti; et ibi 
erat similitude ipsius JohanniE omnino armat?e, prœsentantis quas- 
dam litteras suo régi 7, cum uno genu flexo. Et dixit quod nunquam 
vidit aut fecit fieri aliam imaginem vel picturam sui. 



derrière son heaulme, et s'il y avoit aucune chose ront : respond : « Par 
ma fo}^, il n'y avoit rien. » 

Interroguée s'elle congnust oncques frère Ricard : respond : « Je ne 
l'avoys oncques veu, quant je vins devant Troyes. » 

Interroguée quelle chière frère Ricard lui feist : respond que ceulx de 
la ville de Troyes, comme elle pense, l'envoièrent devers elle, disans 
que ilz doubtoient que ce ne feust pas chose de par Dieu; et quant il vint 
devers elle, en approuchant, il faisoit signe de la croix, et gectoit eaue 
benoictc, et elle lui dist : « Approuchez hardiement, je ne m'envouleray 
pas. » 

Interroguée s'elle avait point veu, ou fait foire aucuns ymaiges ou 
painctures d'elle et à sa semblance : respond qu'elle vit à Arras une painc- 
ture en la main d'un Escot, et y avoit la semblance d'elle toute armée, et 
présentoit uneslectres à son roy, et estoit agenoullée d'un genoul. Et dit 
que oncques ne vit ou fist faire autre ymaige ou painture à la semblance 
d'elle. 



j. A : ibi aliquid. — 2. B en marge: De fratreRicardo. — 3. C : estimât. -4. A 
ajoute Ricardus. — ■ •). A : sui. — 6. AC : Attrahato. — y. A : n'cri suo. 



76 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata utrum, in domo hospitis suis, in villa Aurelianensi, 
erat una tabula ubi depict^e erant très mulieres, et in ea descriptum. 
Justice^ paix, union : respondit quod de hoc nihil scit. 

Interrogata utrum ipsa sciât quod illi de parte sua fecerint ' fieri 
servitium, missam et orationes ad honorem ipsius : respondit quod 
nihil scit; et, si ipsi fecerunt aliquod servitium, non est de prse- 
cepto ejus; tamen si oraverint pro ipsa, videtur sibi quod non maie 
faciunt. 

Interrogata utrum illi de parte sua credant tirmiter ipsam esse 
missam a Deo : respondit : « Ego nescio utrum credant, et me refero 
ad animum ipsorum ; sed si non credant, tamen ego sum missa a 
Deo ^ » 

Interrogata utrum ipsa credat quod illi habeant bonam creden- 
tiam, credendo ipsam esse missam a Deo : respondit : « Si ipsi cre- 
dant quod sum missa a Deo, non sunt de hoc abusati. » 

Interrogata anne cognoscebat animos illorum de parte sua, quando 



Interroguée d'un tablel chieux son hoste, où il avoit trois femmes 
painctes, et escript « Justice, paix, union » : rcspond qu'elle n'en sçait 
rien. 

Interroguée s'elle sçait point que ceulx de son party aient fait service, 
messe, oroison pour elle > : respond qu'elle n'en sçait rien ; et s'ilz en 
font service, ne l'ont point fait par son commandement ; et s'ilz ont prié 
pour elle, il luy est advis qu'ilz ne font point de mal. 

Interroguée se ceulx de son party croient ferméement qu'elle soit 
envoyée de par Dieu : respond : « Ne sçay s'ilz le croient, et m'en actend 
à leur couraige ; mais si ne le croient, si suis-je envolée de par Dieu. » 

Interroguée s'elle cuide pas que, en créant qu'elle soit envoyée de par 
Dieu, qu'ilz aient bonne créance; respond, s'ils croient qu'elle soit 
envoyée de par Dieu, ils n'en sont point abusez. 

Interroguée s'elle sçavoit point bien le couraige de ceulx de son party, 



I. O : fecerunt- — '2. B en marge : Johanna missa est a Deo, lit dicil. — 5. Ms. 
en marge : une main. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 77 

osculabantur pedes, manus et vestimenta ipsius : respondit quod 
multi libenter videbant eam, et tamen osculabantur manus ejus 
quantum minus ipsa poterat ; sed libenter pauperes veniebant ad 
ipsani, quia eis non inferebat displicentiam, imo potius juvabat ad 
supportandum eos. 

Interrogata qualem reverentiam sibi fecerunt cives Trecenses, in 
ingressu vilUt : respondit quod ipsi reverentiam sibi non fecerunt. 
Dicit ultra quod, prout ei videtur, frater Ricardus intravit cum ipsa 
et suis villam Trecensem ; sed non recordatur an viderit eam in 
ingressu. 

Interrogata an ipse frater Ricardus fecerit sermonem, in adventu 
ipsius Johanm'e apud villam pnedictam : respondit quod non ibi diu 
stetit, nec jacuit in villa ; et de sermone nihil scit. 

Interrogata utrum ipsa fuerit multis diebus in civitate Remensi : 
respondit quod, prout crédit, ipsa et sui fuerunt illic quinque aut 
sex diebus. 

Interrogata an utrum ibi levaverit aliquem infantem de sacro 
fonte : respondit quod Trecis levavit unum ; sed non recordatur 



quant ilz luy baisoient les piez et le mains, et les vestemens d'elle : 
respond, beaucop de gens les véoient voulentiers ; et si dit qu'ilz bai- 
soient le mains ses vestemens qu'elle n'en povoit. Mais venoient les 
pouvres gens voulentiers à elle, pour ce qu'elle ne leur faisoit point de 
desplaisir, mais les supportoit à son povoir. 

Interroguée quelle révérence luy firent ceulx de Troies à l'entrée : res- 
pond : « Hz ne m'en firent point » ; et dit oultre que, à son advis, frère 
Ricard entra quant eulx à Troies ; mais n'est point souvenante s'elle le 
vit à l'entrée. 

Interroguée s'il fist point de sermon à l'entrée de la venue d'elle : res- 
pond qu'elle n'y arresta guères, et n'y jeust oncques ; et quant au sermon, 
elle n'en sçait rien. 

Interroguée s'elle fut guères de jours à Rains : respond : « Je crois 
que nous y fusmes ini ou v jours. » 

Interroguée s'elle y leva point d'enfant : respond que à Troycs en leva 
ung; mais de Rains n'a point de mémoire, ne de Chasteau-Tierry ; et 



78 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'ARC 

quod Remis vel in Castro-Theodorici levaverit aliquem. Duos 
autem levavit apud Sanctum Dionysium ' in Francia. Et libenter 
dabat liliis nomen Karoli, in honorem régis sui, et filiabus nomen 
Johanniï; ; et aliquando nomen imponebat veluti placebat matribus. 

Interrogata utrum mulieres illius vilht fiiciebantne anulos suos 
tangere illum anulum, quem ipsa Johanna portabat in digito : res- 
pondit quod "■ « multa: mulieres tetigerunt manus meas et anulos 
meos ; sed nescio animum nec intentioneni ipsarum ». 

Interrogata qui fuerunt illi de societate ipsius, qui ceperunt papi- 
liones in vexillo ejus, ante Castrum-Theodorici : respondit quod ' 
nunquam fuit factum de parte ipsorum ; sed illi de parte ista adin- 
venerunt. 

Interrogata quid fecit Remis de chirothccis •* in quibus rex suus 
fuit consecratus : respondit quod ibi fuit una librata de chirothecis, 
pro tradendo militibus et nobilibus qui aderant ; et fuit unus qui 
perdiderat chirothecas suas; sed ipsa non dixit quod faceret eas 
reperiri. Dixit etiani quod vexillum suum fuit in ccclcsia Remensi; 



aussi deux en leva à Saint Denis. Et voulentiers mectoit nom > aux filz 
Charles, pour l'onneur de son roy, et aux filles Jcbaiine ; et aucunes fois, 
selon ce que les mères vouloient. 

Interroguée se les bonnes femmes de la ville touchoient point leurs 
agneaulx à l'anel qu'elle portoit : respond, maintes femmes ont touché à 
ses mains et ses aneaulx*' ; lîiais ne sçait point leur couraige ou intencion. 

Interroguée qu'ilz furent ceulx de sa compaignic qui prindrent papil- 
lons devant Chasteau-Tierry en son estaindart : respond qu'il ne fust 
oncques fait ou dist de leur party ; mais ce ont fait ceulx du party de 
deçà, qui l'ont controuvé. 

Interroguée qu'elle fist à Rains des gans où son roy fut sacré : res- 
pond : « Il y ouït une livrée de gans pour bailler aux chevaliers et nobles 
qui là esloient. Et en y ouït ung qui perdit ses gans » ; mais ne dist point 
qu'elle les feroit retrouver. 

Item, dit que son estaindart fut en l'église de Rains ; et luy semble que 



I. AC : Dionisium. — 2. A omet quod. — ^. A aioute hoc. — 4. La forme 
cirotheca est constante en AC. — 5. Ms: 11011. — 6. Ms : agneaulx. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 79 

et videtur ei quod illud ' erat satis prope altare, dum rex suus ^ 
consecraretur, et ipsamet ipsum ibi tenuit aliquantulum. Nescit 
autçm iitrum frater Ricardus ipsum ibidem tenuerit. 

Interrogata utrum, quando ibat per patriam, saspe reciperet sacra- 
mentum eucharistias et pœnitentia.-, quando erat in bonis villis : 
respondit quod sic, interdum. 

Interrogata an ipsa recipiebat praedicta sacramenta in habitu virili : 
respondit quod sic; sed non recordatur quod reciperet ' in armis. 
Interrogata cur cepit gradarium, gallice la haqtienéc, episcopi Sil- 
vanectensis : respondit quod idem gradarius fuit emptus ducentis -' 
salutiis. Nescit an ipse receperit vel non ; tamen de hoc habuit assi- 
gnationem, vel fuit persolutus ; etiam ipsa rescripsit eidem episcopo 
quod rehaberet suum pr^efatum gradarium, si vellet, et quod ipsa 
nolebat eum, nec valebat pro sustinendo pœnam. 

Interrogata qualem œtatem habebat puer quem ipsasuscitavit apud 
Latigniacum : respondit quod puer ille erat trium dierum; et fuit 
apportatus coram imagine Beatae Maria; in Latigniaco, fuitque dic- 
tum ipsi Johannae quod puellae de villa erant coram dicta imagine, 



son estaindart fut assés près de l'autel ; et elle mesmes l'y i tint ung poy, 
et ne sçait point que frère Richart le tenist. 

Interroguée, quant elle aloit par le païs, s'elle recepvoit souvent le 
sacrement de confession et de l'autel, quant elle venoit es bonnes villes : 
respond que ôuil, à la fois. 

Interroguée s'elle recepvoit lesdiz sacremens en abit d'omme : respond 
que ouil ; mais ne a point mémoire de le avoir receu en armes. 

Interroguée pourquoy elle prinst la haquenée de l'evesque de Senlis : 
respont, elle fut achectée deux censsalus. Si les eust ou non, elle ne sçait; 
mais en ouït assignacion, ou il en feust payé ; et si lui rescrist que il la 
reairoit, s'il vouloit, et qu'elle ne la vouloit point, et qu'elle ne valoit 
rien pour souffrir painc. 

Interroguée quelle aaige avoit l'enfant à Laigny qu'elle ala visiter : res- 
pond, l'enfant avoit trois jours; et fut apporté à Laigny à Nostre Dame, 
et luy fut dit que les pucclles de la ville cstoient devant Nostre Dame, 

I. A ajoute îr.v/7/«w. — 2. AC : ejiis. — 3. AC : receperit. — 4.C; ducentum. — 
5 . -Vf.c ; lu V . 



80 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

et quod ipsa vellet ire ad orandum Deum et Beatam Virginem, quod 
daretur vita infanti. Et tune ipsa cum aliis puellis ivit et oravit, et 
finaliter appamit vita in illo puero, qui fecit très hiatus et fuit bap- 
tizatus postea ; statimque fuit mortuus et inhumatus in terra bene- 
dicta. Et fuerant très dies elapsi, ut dicebatur, quibus non apparue- 
rat vita in puero ; eratque niger velut tunica ejusdem Johannac. Sed 
quando fecit hiatum, color ejus incepit ' redire. Et ipsa Joiianna erat 
cum puellis, orans genibus flexis, coram Nostra Domina. 

Interrogata utrum fuerit dictum per illam villam quod ipsa fece- 
rat fieri illam resuscitationem, et quod hoc - erat factum ad precem 
ejus : respondit quod de hoc ipsa non inquirebat. 

Interrogata utrum cognoverat aut viderat Katharinam de Rup- 
pella ' : respondit quod sic, apud villas de Gergolio et de Monte- 
Falconis, in ducatu Bituricensi. 

Interrogata utrum eaclem Katharina monstraverit sibi quamdam 
dominam, indutam veste alba, quam aliquando sibi apparere dice- 
bat : respondit quod non., 

Interrogata quid illa Katharina dixit sibi : respondit quod illa 



et qu'elle y voulsist aler prier Dieu et Nostre Dame qu'ilz lui voulsist 
donner vie; et elle y ala, et pria avec les autres. Etfinablement il y appa- 
rut vie, et bailla trois fois ; et puis fut baptizé, et tantoust mourut, et fut 
enterré en terre saincte. Et y avoit trois jours, comme l'en disoit, que en 
l'anfant n'y estoit apparu vie, et estoit noir comme sa coste ; mais quant 
il baisla, la couleur lui commença à revenir. Et estoit avec les pucelles à 
genoulz devant Nostre Dame à faire sa prière. 

Interroguée s'il fut point dit par la ville que ce avoit elle fait faire, et 
que ce estoit à sa prière : respond : « Je ne m'en enqueroye point, » 

Interroguée s'elle congneusl point de Katherine de La Rochelle, ou 
s'elle l'avoit veue : respond que ouil, à Jargueau et à Montfaucon en 
Berry. 

Interroguée s'elle luy monstra point une dame vestue de blanc, qu'elle 
disoil qui luy appareissoit aucunes fois : respond que non. 

Interroguée qu'elle lui dist : respond que celle Katherine lui dist qui 

1. Q : cœpit . — 2. AC omettent hoc. — 3. ABC en marge : De Kathcrina de 
Ruppella ; la forme Katherina est constante en A . 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 8i 

Katharina dixit ei quod quidam domina alba, induta veste aurea, 
veniebat ad îpsamKathannam, sibidicensquod iretper bonas villas, 
et quod rex suus ei tradere haberet heraldos et tubicines seu trom- 
petas ad faciendum proclamari quod quicumque aurum, argentum 
vel thesaurum haberet absconditum statim apportaret ; et quod illi 
qui illa haberent abscondita et non apportarent, bene cognosceren- 
tur ab eadem Katharina, et bene sciret ipsa dictos thesauros inve- 
nire; solveretque ex illis homines armorum ipsius Johann^. Ad 
quod, dicta Johanna eidem Katharince respondit quod reverteretur 
ad maritum suum, et faceret negotia domus sua;, gallice sonmesnage, 
et nutriret pueros suos. Et pro sciendo certitudinem de facto hujus 
Katharin;!;, ipsa Johanna locuta est sanctas Katharinœ vel sanctie 
Margaret:t; quiie dixerunt ei quod, de facto dicta; Katharimu de 
Ruppella, non erat nisi quitdam flttuitas, et quod totum nihil erat. 
Scripsitque régi suo illud quod ipse de hoc debebatfacere; et quando 
venlt ad ipsum, dixit ei quod erat fatuitas, et totum nihil erat de 
facto illius Katharina;; tamen frater Ricardus volebat quod illa 
Katharina poneretur in opère, et inde maie fuerunt contcnti ' de 
ipsa Johanna prcxdictus frater Ricardus et ipsa Katharina. 



venoit à elle une dame blanche vestue de drap d'or, qui luy disoit qu'elle 
alast par les bonnes villes, et que le roy lui baillast des hérauk et trom- 
pectes pour faire crier, quiconques airoit or, argent ou trésor mucié, 
qu'il apportast tantoust ; et que ceulz qui ne le feroient, et qui en aroient 
de muciez, qu'elle les congnoistroit bien, et sçaroit trouver lesdiz trésors ; 
et que ce seroit pour paier les gens d'armes d'icelle Jehanne. A quoy la 
dite Jehanne respondit que elle retournast àson mary, faire son mesnaige 
et nourrir ses enfans. Et pour en savoir la certaineté, elle parla à saincte 
Marguerite ou saincte Katherine, qui luy dirent que du fait de iceile 
Katherine n'estoit que folie, et estoit tout nient. Et escript à son roy 
qu'elle luy diroit ce qu'il en devoit faire ; et quant elle vint à luy, elle 
luy dist que c'estoit folie et tout nient du fait de ladicte Katherine ; tou- 
tesvoies frère Richard vouloit que on la mist en œuvre ; et en ont esté 
très mal [contens] d'elle lesdits frère Richart et ladicte Katherine. 

I. Coiiteuli ajoute en marge de A. 

Procès de Jlanne d'Arc. 6 



82 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata an locuta fuerit cum prœdicta Katharina, de facto 
eundi ad Caritatem supra Ligerim : respondit quod dicta Katharina 
non consulebat sibi quodiret, etquod vigebat nimium frigus; et dice- 
bat eidem Johannae quod non iret. Item, eadem Johanna dixit pra;- 
fatje Katharinae, voient! ire ad ducem Burgundia;, pro faciendo 
pacem, quod sibi videbatur quod non reperiretur pax, nisi per 
butum lancea^. Item dixit quod petivit ab ipsa Katharina an illa 
domina alba quœ sibiapparebat veniretqualibetnoctead eam.dicens 
se velle propter hoc jacere cum ea in eodem lecto. Et de facto jacuit 
vigilavitque ipsa Johanna usque ad mediam noctem, et nihii vidit 
ibi; deinceps obdormivit. Et quando vcnit, mane ', petivit ab eadem 
Katharina utrum illa domina alba venerat ad eam. Qu^i; respondit 
quod sic, dum ipsa Johanna dormiebat, et quod non potuerat ^ eam 
excitare. Et tune ipsa Johanna petivit an illa domina veniret altéra 
nocte; et eadem Katharina respondit quod sic; propter quod ipsa 
Johanna dormivit de die, ut posset vigilare tota nocte sequente. Et 
cubuit illa nocte cum dicta Katharina, vigilavitque per totam noc- 
tem; sed nihil vidit, quanquam siepius interrogaret ipsaui Kathari- 



Interroguée s'elle parla point à Katherine de La Rochelle du fait d'aler 
à la Chante ; respond que ladicte Katherine ne luy conseilloit point qu'elle 
y alast, et que il faisoit trop froit, et qu'elle n'yroit point. 

Item, dit à ladicte Katherine, qui vouloit aler devers le duc de Bour- 
gongne pour faire paix, qui luy scmbloit que on n'y trouvcroit point de 
paix, se ce n'estoit par le bout de la lance. 

Item, dit qu'elle demande à celle Katherine se celle dame venoit toutes 
les nuys; et pour ce, coucheroit avec elle. Et y coucha, et veilla jusques 
à mynuit, et ne vit rien ; et puis s'endormit. Et quant vint au matin, elle 
demanda s'elle estoit venue ; et luy respondit qu'elle estoit venue, et lors 
dormoit ladicte Jchanne et ne Tavoit peu esveillcr. Et lors luy demande 
s'elle vendroit point l'andemain, et la dicte Katherine luy respondit que 
ouil. Pour laquelle chose dormit icelle Jehanne de jour, afin qu'elle peust 
veiller la nuit. Et coucha la nuit ensuivant avec ladicte Katherine, et 
veilla toute la nuit ; mais ne vit rien, combien que souvent lui deman- 

I. C ajoute Je. — 2 . AC : pôle ml. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 83 

nam utrum illa domina veniret anne, et dicta Katharina responde- 
bat : « Ita statim. » 

Consequenter eadem Johanna interrogata quid ipsa fecit in fossa- 
tis vilUe de Caritate ' : respondit quod ipsa fecit ibidem fieri insul- 
tum, sed non ibi projecit nec projici fecit aquam bcnedictam, per 
modum aspersionis. 

Interrogata cur ipsa non intravit praedictam villam de Caritate, 
postquam habebat pra:ceptum a Deo : respondit : « Quis vobis dixit 
quod habebam pr^eceptum a Deo ? » 

Interrogata an habuerit consilium a voce sua : respondit quod 
ipsa volebat venire in Franciam ; sed homines armorum dixerunt ei 
quod melius erat ire primo ante villam de Caritate. 

Interrogata an ipsa fuit diu in turri de Beanrevoir : VQspondh quod 
ipsa fuit per quatuor raenses, vel circiter. Et dixit quod, quando 
scivit Anglicos venire ad ipsam pro habendo eam, ipsa fuit multum 
irata; et tamen voces saepe prohibuerunt ei ne saltaretde illa turri ^; 
et finaliter, pro timoré Anglicorum, ipsa saltavit et commendavit 



dast se vendra elle point. Et ladicte Katherine luy respondoit : « Ouil, 
tantost. » 

Interroguée qu'elle fist sur les fossés de la Charité : respond qu'elle y 
fist faire ung assault ; et dit qu'elle n'y gecta ou fist gecter eaue par 
manière de aspersion. 

Interroguée pour quoy elle n'y entra, puisqu'elle avoit commande- 
ment de Dieu : respond : « Qui vous a dit que je avoie commandement de 
y entrer ? » 

Interroguûe s'elle en ouït point de conseil de sa voix : respond qu'elle 
s'en vouloit venir en France ; mais les gens d'armes luy disrent que c'es- 
toit le mieulx d'aler devant la Charité premièrement. 

Interroguée s'elle fut longuement en celle tour de Beaurevoir : respond 
qu'elle y fut quatre mois environ ; et dist, quant elle sceut les Anglois 
venir, elle fut moult courroucée ; et toutesvoies ses voix lui défendirent 
plusieurs fois qu'elle ne saillist; et enfin, pour la doubte des Anglois, 



I. .-ifiC eu marge : De invasioue Caritalis. — 2. AC en marge : De luire de 
Bcauiwoir. 



84 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

se Dec et Beaue Mariœ, et fuit lïesa ex illo saltu; et postquam ipsa 
saltavit, vox sanctïe Katharin^ dixit ei quod faceret bonum vultum, 
et quod illi de Compendio haberent succursum. Item dixit quod 
semper orabat pro illis de Compendio, una cumejus consilio, 

Interrogata quid ipsa dixit, postquam saltavit : respondit quod 
aliqui dicebant ipsam esse mortuam ; et, statim postquam appa- 
ruit Burgundis quod viva erat, ipsi dixerunt ei quod saltaverat. 

Interrogata utrum ipsa dixerit tune quod mallet mori quam esse 
in manu Anglicorum : respondit quod dixit quod ipsa mallet reddere 
animam Deo quam esse in manu Anglicorum. 

Interrogata utrum ipsa ' tune fuerit irata, et an blasphemave- 
ritne nomen Dei : respondit quod ipsa nunquam maledixit Sanctum 
vel Sanctam, et quod ipsa nunquam consuevit jurare. 

Interrogata, de focto vilht Suessionensis et capitanei qui red- 
diderat eam % utrum ipsa denegaverit Deum quod, si teneret 
priefatum capitaneum, faceret eum abscindi ' in quatuor partes : 



sailli et se commenda à Dieu et à Nosire Dame, et fut blécée. Et quant 
elle eust sailli, la voix saincte Katherine luy dist qu'elle fist bonne chière, 
et qu'elle gariroit, et que ceulx de Compiègne airoient secours. 

Item, dit qu'elle prioit tousjours pour ceulx de Compiègne, avec son 
conseil. 

Interroguce qu'elle dist, quant elle eust sailly : respond que aucuns 
disoient quelle estoit morte ; et tantoust qu'il apparut aux Bourguegnons 
qu'elle estoit en vie, ilz luy disrent qu'elle estoit saillie. 

Interroguée s'elle dist point qu'elle aimast mieulx à mourir que d'estre 
en la main des Angloys 1 : respond qu'elle aymeroit mieulx rendre 
l'âme à Dieu que d'estre en la main des Anglois. 

Interroguée s'elle se courouça point, et s'elle blasphéma point le nom 
de Dieu : respond qu'elle n'en maugréa oncques ne sainct ne saincte, et 
qu'elle n'a point accoustumé à jurer. 

Interroguée du fait de Suessons, pour ce que le cappitaine avoit rendu 
la ville, et que se elle avoit regnoié Dieu, s'elle le tenoit, elle le feroit 



I. Q omet ipsa. —^ 2. C : villam. — 3 . Q : ahscidi. — 4. Ms. en marge : une 
main. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DR JEANNE d'aRC 85 

respondit quod ' nunquam dencgavit Sanctum nec Sanctam, et 
quod illi qui hoc dixerunt vel reportaverunt maie intellexerunt. 
Istis omnibus sic peractis, reducta fuit ipsa Johanna ad locum 
sibi pro carcere assignatum. Et deinceps nos episcopus prasdictus, 
diximus quod, continuando processum et absque discontinuatione 
ejusdem, vocaremus aliquos doctores etperitos utriusque juris divi- 
ni et humani, qui recolligerent ea qua; recolligenda essent super 
confessatis per eamdem Johannam et- responsionibus ejus redactis 
in scriptis ; et, ipsis visitatis et recollectis, si aliqua essent super qui- 
bus eadem Johanna videretur amplius interroganda, interrogaretur 
per ahquos a nobis deputandos, absque hoc quod totam ' multitu- 
dinem pn^dictorum assistentium vexaremus ; omniaque redigeren- 
tur in scriptis ut, quotiens esset opportunum, pr^çfati doctores et viri 
periti possent super illis deHberare et suas opiniones atque consiUa 
tradere. Ipsisque diximus quod extunc + studerent et vidèrent apud 
se, super materia et super ilHs quas jam audiverant de processu, quid 
eis videretur esse agendum, et nobis aut deputatis seu depu tandis 
ex parte nostri referre[ntj vel apud se conservarent, ut 5 maturius et 
salubrius deliberare possent, loco et tempore opportunis, et suas 



trenchier en quatre pièces : respond qu'elle ne regnoya oncques sainct ne 
saincte ; et que ceulx qui l'ont dit ou raporté ont mal entendu. 

Risque sic adis et ipsa reducta, dominus Belvacensis dixit quod, continuando 
processum, et absque discontinuatione ejusdem, vocaret aliquos doctores et 
peritos utriusque juris divini et humani, qui recolligerent ea qum recolligenda 
essent super confessatis et responsionibus dictx Johannx redactis in scriptis. Et, 
ipsis redactis, si aliqua essent super quibus adhuc esset interroganda, interroga- 
retur et omnia redigerentiir in scriptis ut, super hoc totiens quotiens esset oppor- 
tunum, possent super prc-edictis deliberare et dare suas opiniones. Et quod qui- 
libet ipsorum posscl apud se deliberare et advisare ex auditis quid eis videtur 
faciendum in materia, ac dicto reverendo patri seu ejus super hoc deputatis 
referre vel apud se retinere, ut maturius et salubrius loco et tempore possent 



I. AC ajoutent ipsa. — 2. B omet et. — 5. C ; tuntain. — 4. C : lune. — 
S. J ; et. 



86 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

opiniones reddere. Inhibuimus autem omnibus et singulis assisten- 
tium ne recédèrent de hac civitate Rothomagensi, ante finem pro- 
cessus, absque licentia nostra. 



DOMIKICA DIE IV., [v., VI., VII., VIII., IX. 1 MARTII. FINIS SESSIONUM 
PUBLICARUM PRO PRIMA VICE ' 

Item, dominica immédiate sequenti, die un. dicti mensis martii^, 
et aliis diebus luna:, martis et mercurii, jovis et veneris, ex tune 
immédiate sequentibus ; nos, episcopus pra:dictus, convocatis in 
domo habitationis nostriie Rothomagi pluribus solemnibus doctori- 
bus, magistris et viris peritis ^ in jure et divino et humano ', fccimus 
recolligi omnia quae per predictam Johannam confessata in judicio 
et responsa fuerant, atque etiam illa extrahi in quibus minus suffi- 
cienter respondisse, et super quibus ulterius interroganda esse vide- 
batur. Qiiibus sic recollectis et diligenter extractis, ex consilio et 
deiiberatione peritorum, conclusimusad ulteriorem prœdictœ Johan- 
n^e inierrogationem fore procedendum. Et quoniam, propter varias 
occupationes nostras, praedicta- interrogationi faciend^e non semper 
in propria [persona] vacare poteramus, venerabilem et discretum 
virum, magistrum Johannem de Fonte, in artibus magistrum et 
licentiatum in jure canonico, superius nominatum, deputavimus ad 
judicialiter interrogandum pra^dictam Johannam ex parte nostra ; et 
ipsum ad hoc commisimus die veneris, nona martii [mensis pras- 
dicti], prasentibus doctoribus et magistris, Johanne Pulchripatrîs, 
Jacobo deTuronia, Nicolao Midi, Petro Mauricii, Thoma de Cour- 
cellis, Nicolao Loiselkur ' et Guillehno 5 Manchon, superius nomi- 
natis. 



reddere suas opiniones, inhibendo omnibus et singulis nstaniihus ne recédèrent 
ab hac civitate ante finem processus, nisi de licentia ejusdem reverendi patris. 



I . En marge de ABC (C : ... quarta die mensis Martii...). — 2. B ei Q omettent 
peritis. — '^.O: canonico. —4. AC : Loiseleur. — 5. C: Guitlervio. 



PROCES DF. CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 87 

SABHATI \. MARTir. PRIMA VICK 1\ CARCERE ' 

Item, sabbati immédiate sequenti, décima die dicti mensis martii, 
nos, episcopus pnedictus, accessimus ad cameram quamdam in castro 
Rothomagensi, qiuç pr^edictas Johannns fuerat assignata pro carcere ; 
et ibidem, assistentibus nobis dicte magistro ^ Johanne de Fonte ', 
commissarioa nobis, ut prasmittitur, deputato, et venerandis sacr^ 
theologicie doctoribus et magistris, Nicolao Midi et Gerardo Fueil- 
leti ■*; pnvsentibus ad hoc testibus, Johanne Secardi >, advocato, et 
domino Johanne Massieu, presbytero ; * requisivimus pr^dictam 
Johannam ut faceret et pr^estaret juramentum de dicendo verita- 
tem, super his quas ab ea peterentur. Quae respondit, dicens : « Ego 
promitto vobis quod dicam veritatem de hoc quod tangit vestrum 
processum; et quanto amplius me compelletis ad jurandum, tanto 
tardius dicam vobis. » 

Deinceps '' per supradictum magistrum Johannem de Fonte, per 
nos ad hoc speciaUter commissum et deputatum, eadem Johanna 
fuit inteiTogata. Et ab ipsapetiit per juramentum quod ipsa pr^sti- 
terat, quando ultimate venit ad Compendium, a quo loco recesse- 
rat. Ipsa autem respondit quod recesserat a villa de Crespeyo in 
Valesio. 



* Die sahhafi poil Oculi mai, décima mensis martii '. 

Fuit reqiiisila defaciendo el prxsfaiido veritatem. Respondet : «Je vous pro- 
met que je diray vérité de ce qui touchera vostre procès ; et plus me con- 
traindrés jurer, et plus tart vous le diray. » 

I nterroguée ^t'5/m a magistro Johanne de Fonte, de prxcepto et nmudato 
domini Belvace)isis sic: « Par le serement que vous avez fait, quant vous 
venistes derrenicrement à Conipiègne, de quel lieu estiés-vous partie ? » 
respond que de Crespy en \'aloys. 



I. En marge de ABC. — 2. Cornet dirlo magistro. — 3. C ajoute praedicto. 
— 4. C : Fuelliiii. — '). B et Q : Fecardi. — 6. i4C.en marge : De Fonte incipit 
interrogare. Aîia sessio. — 7. U, i° 18, V. 



88 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

InteiTogata utrum ipsafuerit multisdiebas in villa de Compendio, 
antequam inde faceret exitum seu aliquam salitionem : respondit 
quod venit de mane, hora sécréta ; et intravit villam, absque hoc 
quod inimici ejus aliquid ' scirent hoc multum, prout a>stimat ; 
et illo eodem die, circa horam serotinam % fecit illam salitionem, 
gallice la saillie, unde ipsa fuit capta. 

Interrogata si, quando exsiliit, pulsata; fuerunt campana; : respon- 
dit quod, si puisât^ fuerunt, hoc non fuit de pra^cepto ipsius vel 
de scitu ; nec ad hoc cogitabat, nec etiam recordatur utrum ipsa 
dixerat quod pulsarentur. 

Interrogata ^ utrum fecit illam salitionem de praecepto vocis suae: 
respondit quod, in septimana Paschali novissime pr^eterita, ipsa 
exsistente supra fossata vilLt Meleduni, fuit eidem dictum per suas 
voces ^», videlicet per voces sanctarum Katharinitet Margaretiv, quod 
ipsa caperetur antequam esset festum Beati Johannis ; et quod ita 
oportebat fieri ; et quod inde non obstupesceret, sed acciperet 
gratanter, et quod Deus adjuvaret eam. 



Interroguce, quant elle fut venue à Compaigne, s'elle fut plusieurs 
journées avant qu'elle felst aucune saillie : respond qu'elle vint à heure 
secrète du matin, et entra en la ville, sans ce que ses annemisle sceussent 
gueires, comme elle pense ; et ce jour mesmes, sur le soir, fcist la sail- 
lie dont elle fut prinsc. 

Interroguée se à la saillie l'en sonna les cloches : respond, se on les 
sonna, ce ne fut point à son commandement ou par son sceu ; et n'y 
pensoit point ; et si, ne lui souvient s'elle avoit dit que on les sonnast. 

Interroguée s'elle fist celle saillie du commandement de sa voix : res- 
pond que en la sepmaine dePasques derrenièreuient passé, elle estant sur 
les fossés deMeleun, luy fut dit par ses vois, c'est assavoir saincte Kathe- 
rine et saincte Marguerite, qu'elle seroit prinse avant qu'il fust la saint 
Jehan, et que ainsi failloit qui fust fait, et qu'elle ne s'esbahist, et print 
tout en gré, et que Dieu lui aideroit. 



I. A omet aliquid. t- 2. C : septimam. — 3. AC en marge : Nota de captione 
ipsius Johannx ; B en marge: De captione Johannx. — 4. Q: voces suas. 



PROCÈS DE CONDAMNATION' DE JEANNE d'aRC 89 

Interrogataan, depost illuin locumde Meleduno, fueritne dictum 
sibi ' per voces suas pr?edictas quod ipsa caperetur : respondit quod 
sic, multotiens, et quasi quotidie\ Et requirebat a suis vocibus 
quod, quando esset capta, statini moreretar, sine longa vexatione 
carceris ; et ilhe voces sibi dixerunt quod acciperet omnia gratanter 
et quod ita oportebat tîeri ; sed non dixerunt sibi horam. Et si ipsa 
scivisset horam, non ivisset illuc. Petiveratque pluries ab eisdem 
vocibus scire horam captionis, sed non dixerunt sibi. 

Interrogata si voces suie prascepissent sibi quod exsilisset de 
Compendio, significantes ei ' quod fuisset capta, utrum ipsa ivisset 
illuc : respondit quod, si ipsa scivisset horam et quod debuissetcapi, 
non ivisset libenter; tamen ipsa fecisset prcTceptum illarum vocum, 
quidquid sibi debuisset contingere. 

Interrogata, quando exsiliit a Compendio, utrum habuerat vocem 
seu revelationem de recedendo et faciendo illam salitionem : res- 
pondit quod illo die nescivit suam captionem, nec habuit aliud prie- 
ceptum de exeundo : sed semper dictum fueratei+ quod oportebat 
eam esse prisionariam. 



Interroguée se, depuis ce lieu de Meleun, luy fut point dit par ses- 
dictes vois qu'elle seroit prinse : respond que ouil, par plusieurs fois, et 
comme tous les jours. Et à ses voix requeroit, quant elle seroit prinse, 
qu'elle fust morte tantoust, sans long travail de prison ; et ilz luy disrent 
qu'elle prinst tout en gré, et que ainsi le failloit faire ; mais ne luy disrent 
point l'eure; et s'elle l'eust sceu, elle n'y fust pas alée ; et avoit plusieurs 
fois demandé sçavoir l'eur, et ilz ne lui dirent point. 

Interroguée, se ses voix lui eussent commandé qu'elle fust saillie et 
signifié qu'elle eusr esté prinse, s'elle y fust alée : respond, s'elle eust sceu 
l'eure, et qu'elle deust estre prinse, elle n'y fust point alée voulentiers ; 
toutesvoies elle eust fait leur commandement en la fin, quelque chose 
qui luy dust estre venue. 

Interroguée se, quant elle fit celle saillie, s'elle avoit eu voix de partir 
et faire celle saillie: respond que ce jour ne sceut point sa prinse, et 
n'eust autre commandement de yssir ; mais tousjours luy avoit esté dit 
qu'il failloit qu'elle feust prisonnière. 

I. AC : fueritne sibi dictum. — 2. A : colhidie: C : quothidie. — 3. C: sihi. — 
4. AC : f lierai ei dictiiDi. 



90 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata utrum, quando fecit illam salitionem, transiverit per 
pontem Compendii : respondit quod transivit per pontem et per 
boulovardum ', gallice bouloi>art\ et ivit, cum societate gentium 
de parte sua, supra gentes domini Johannis de Luxemburgo, et eos 
repulit bina vice usque ad castra seu logias Burgundorum, et in 
tertia vice, usque ad médium itineris. Et tune Anglici qui aderant 
prassciderunt iter ipsi Jolianna^ et suisgentibus ; et ipsa, se retraliendo, 
fuit capta in campis, ad illud latus quod est versus Picardiam, 
prope dictum boulovardum' ; et inter iocum in quo capta fuit et 
Compendium erat riparia média et boulovardum* cum fossato 
ipsius ; necaliquid^ aliud mediabnt. 

Interrogata utrum in vexillo quod ipsa deportabat erat mundus 
depictus, et duo angeli, etc. : respondit quod sic, nec unquam 
habuit nisi unicum. 

Interrogata quiï significatio erat depingere ibidem'' Deum tenen- 
tem mundum, et duos angelos : respondit quod sanct^u Katharina 
et Margareta dixerunt ei quod ipsa caperet vexillum ", et ipsum 



Interrogucc se, à faire celle saillie, s'elle passa par le pont : respond 
qu'elle passa par le pont et par le boulcvart, et ala avec la compaignie 
des gens de son party sur les gens de Monseigneur de Luxanibourg, et 
les rebouta par deux fois jusques au logeis des Bourguegnons, et à la 
tierce fois jusques à niy le chemin; et alors les Anglois, qui là estoient, 
coupèrent les chemins à elle et ses gens, entre elle et le boulevart ; et 
pour ce, se retrairent ses gens; et elle, en se retraiant es champs en costé, 
devers Picardie, près du boulevert, fut prinsc; et estoit la rivière entre 
Compiègne elle lieu où elle fut prinse; et n'y avoit seullement, entre le 
lieu où elle fut prinse et Compiègne, que la rivière, le boulevert et le 
fossé dudit boulevert. 

Interroguée se en icelluy estaindart le monde est painct, et les deux 
angles, etc. : respond que ouil, et n'en eust oncques que ung. 

Interroguée quelle signifiance c'estoit que paindre^ Dieu tenant le monde, 
et ses deux angles : respond que saincte Katherine et saincte Marguerite 
luy disrent qu'elle prinst hardiement, et le portast hardiement, et qu'elle 

1. C : bosclevardiim . — 2. C: hosclnvrt. — 3 . C.' holevivdum. — 4. C ; holevanlum. 
— 5. j2 .■ aliud. — 6. AC : Un. — 7. AC en marge : De vexillo ; B en marge : De 
vexillo Johannxei armis. — 8. Ms.: prendre. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 9I 

audacter portaret, et quod faceret in eo depingi Regemcœli. Et hoc 
dixit régi sue, licet invitissime; et de significatione nescit aliud. 

Interrogata iitrum haberet scutum et arma : respondit quod ipsa 
nunquam habuit; sed rex suus dédit suis fratribus arma, videlicet 
unum scutum asureum, in quo erant ' duo lilia aurea et ensis in 
medio ; et, in ista villa, descripsit cuidam pictori eadem arma, quia 
petierat ab ea quiu arma gerebat. Item dixit quod illud fuit datum 
per regem suum fratribus suis, sine requesta ejusdem Johannas, et 
absque revelatione. 

Interrogata utrum ipsa habebat unum equum, quando capta fuit, 
vel emissarium, vel gradarium : respondit quod tune erat super 
equum, et erat unus médius emissarius, gallice ung demi coursier. 

Interrogata quis hune equum sibi dederat : respondit quod rex 
sutis, vel gentes régis sui dederunt sibi ex pecuniis ejusdem régis 
sui; et habebat quinque emissarios ex pecuniis ejusdem régis sui, 
absque trotariis qui erant plus quam septem. 

Interrogata utrum habuerit unquam alias divitiasarege suo quam 



tîst mectre en paincture là le Roy du ciel. Et ce dist à son roy, mais 
très envis ; et de la signifiance ne sçait autrement. 

Interroguée s'elle avoit point escu et armes : respond qu'elle n'en eust 
oncques point ; mais son roy donna à ses frères armes, c'est assavoir ung 
escu d'asur, deux fleurs de Hz d'or et une espée par my ; et en ceste ville 
a devisé à ung painctre celles armes, pour ce qui luy avoit demandé 
quelles armes elle avoit. 

Item, dit que ce fut donné par son roy à ses frères, à la plaisance d'eulz, 
sans la resqueste d'elle, et sans révélacion, 

Interroguée s'elle avoit ung cheval, quand elle fut prinse, coursier 
ou haquenée : respond qu'elle estoit à cheval, et estoit ung demi cour- 
sier celluy sur qui elle estoit quant elle fut prinse. 

Interroguée qui luy avoit donné cellui cheval : respond que son roy 
ou ses gens luy donnèrent de l'argent du rov ; et en avoit cinq coursiers, 
de l'argent du roy, sans les trotiers où il en avoit plus de sept. 

Interroguée s'elle eust oncques autres richesses de son rov que ces 

i.Q : eiat. 



92 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

illos equos : respondit quod nihil petivit a rege suo, nisi bona 
arma, bonôs equos et pecunias pro solvendo gentes suas de hospitio 
suo. 

Interrogata utrum habebat thesaurum : respondit quod habebat 
decem aut duodecim millia qux' habet in valore, sed non erat 
magnus thésaurus pro ducendo guerram ; imo hoc parum est ; et 
illa habent fratres ejus, prout ^estimât. Dicitque quod illud quod 
habet est de propria pecunia régis sui. 

Interrogata quod est illud signum ' quod dédit régi suo, dum 
venit ad eum : respondit quod illud est bonum, et honorabile, et 
bene credibile, et bonum, et ditius quod sit in mundo. 

Interrogata quare non ita bene vult dicere et ostendere illud 
signum, sicut ipsa voluit habere signum Katharinae de Ruppella : 
respondit quod, si signum Katharina; ita bene fuisset ostensum, 
coram notabilibus viris ecclesiasticis et aliis, archiepiscopis et epis- 
copis, videlicet coram archiepiscopo Remensi et aliis quorum nes- 
cit nomina, sicut fuit signum ipsius Johann^, ubi erat Karolus de 
Borbonio, dominus de Tremoilla, dux Alcnconii et plures alii 



chevaulx: respond qu'elle ne demandoit rien à son roy, fors bonnes 
armes, bon chevaulx et de l'argent à paier ses gens de son hostel. 

hiterroguée s'elle avoit point de trésor: respond que X ou XII mille 
qu'elle a vaillant n'est pas grand trésor à mener la guerre, et que c'est 
pou de chosp ; et lesquelles choses ont ses frères, comme elle pense ; et 
dit que ce qu'elle a, c'est de l'argent propre de son roy. 

Interroguée quel est le signe qui vint à son Roy: respond que il est 
bel et honnouré, et bien créable, et est bon, et le plus riche qui soit. 

Interroguée pourquoy elle ne voult aussi bien dire et monstrer le signe 
dessus dit, comme elle voult avoir le signe de Katherine de La Rochelle : 
respond que, se le signe de Katherine eust esté aussi bien monstre 
devant notables gens d'église et autres, arcevesques et évesques, c'est 
assavoir devant l'arcevesque de Rains et autres évesques dont elle ne 
sçait le nom (et mesmes y estoit Charles de Bourbon, le sire de la Tri- 
moulle, le duc d'Alençon et plusieurs autres chevaliers, qui le veirent et 

I . AC en marge ; De si^no. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 93 

milites qui viderunt et audiverunt :tque bene sicut eadem Johanna 
videt homines' loquentes sibi et stantes coram ea : tune ipsa non 
petivisset scire signum pnrdictas Katharinas.Et tamen antea sciebat 
per sanctas Katharinam et Margaretam quod, de facto dictse Katha- 
rinne de Ruppella, nihil penitus erat. 

Interrogata utrum pniedictum signum ipsius Joiiann^e duret 
adhuc : respondit quod bonum est scire ; et durabit usque ad mille 
annos et ultra. Item dicit quod dictum signum est in thesauro régis 
sui. 

Interrogata utrum sit aurum, argentum, lapis pretiosus vel 
corona^ : respondit: « Ego non dicam vobis aliud \ nec homo sci- 
ret describere rem adeo divitem sicut est signum; et tamen signum 
quod oportet vobis -^ est quod Deus me liberet a manibus vestris, 
et est certius quod ipse sciât vobis mittere ! » Item dicit quod, 
quando debuit recedere pro eundo ad regem suum, fuit eidem dic- 
tum per suas voces : « Vade audacter; quando tu eris ante regem, 
ipse habebit bonum signum de recipiendo te et credendo tibi. » 



Dirent aussi bien comme elle voit ceulx qui parloient à elle aujourd'huy), 
comme celluy dessus dit estre monstre, elle n'eust point demandé sça- 
voir le signe de ladicte Katherine. Et toutesvoies elle sçavoit au devant 
par saincte Katherine et saincte Marguerite que, du fait de ladicte Kathe- 
rine de La Rochelle, ce estoit tout néant. 

Interroguée se ledit signe dure encore : respond : « Il est bon à sça- 
voir, et qu'il durera jusques à mil ans, et oultre. » 

Item, que ledit signe est en trésor du roy. 

Interroguée ce c'est or, argent, ou pierre précieuse, ou couronne : res- 
pond : « Je ne vous en diray autre chose ; et ne sçaroit homme deviser aussi 
riche chose comme est le signe ; et toutesvoies le signe qui vous fault, 
c'est que Dieu me délivre de vos mains, et est le plus certain qu'il vous 
sçache envoyer ! » 

îlem, dit que, quant elle deust partir à aller à son roy, luy fut dit 
par ses voix : « Va hardiement ; que quant tu seras devers le roy, il 
aura bon signe de te recepvoir et croire. » 



I. Q: dominos. — 2. ^C en marge : Nota. — t,. Q omet aliud. — 4. C en 
marge : Nota. 



94 PROCES DE eONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata, quando signum venit ad regem suum, qualem reve- 
rentiam ipsa fecit sibi, et utrum illud venerit ex parte Dei : respon- 
dit quod ipsa regratiata fuit Deo de hoc quod liberavit eam a pœna 
quas sibi fiebat per clericos de illa parte, qui arguebant contra ipsam; 
et plu ries ipsa flexit genua. Item dicit quod unus angélus^ ex parte 
Dei et non ex parte alterius, tradidit signum régi suc, et ipsa de 
hoc multotiens gratias egit Deo. Dicit ultra quod clerici [de parte 
sua] cessaveruntarguere eam, quando habuerunt signum pr;i^dictum. 

Interrogata ' utrum viri ecclesiastici de illa parte videront signum 
prasdictum : respondit quod, quando rex suus et qui cum eo erant 
viderunt signum pra^dictum et ipsummet angelum qui illud tradi- 
dit, ipsa petivit régi suo an erat contentus ; quid respondit quod 
sic. Et tune ipsa recessit et ivit ad unam cappellam satis prope, et 
audivit tune dici quod post ipsius recessum plusquam trecentx per- 
sonit viderunt signum pr^edictum. Dicit ultra quod, pro amore 
ipsius et ut homines cessarent eam interrogare, Deus volebat per- 



hitcrroguée, quant le signe vint à son roy, quelle rcvcrcnce elle y fist, 
et s'il vint de par Dieu: respond qu'elle niercia nostre Seigneur de ce 
qui la délivra de la paine des clercs de par delà qui arguoient contre elle, 
et se agenoulla plusieurs fois. 

//('/;/ dit que uiig angle, de par Dieu et non de par autre, bailla le 
signe à son roy ; et elle en niercia moult de fois nostre Seigneur. 

Item dit que les clercs de par delà cessèrent à la arguer, quant ilz 
eurent sceu ledit signe. 

Interroguée se les gens d'église de par delà vcirent le signe dessus dit: 
respond que, quant son roy et ceulx qui estoient avec lui eurent veu 
ledit signe, et mesmes l'angle qui le bailla, elle demande à son roy s'il 
estoit content; et il respondit que ouil. Et alors elle party et s'en ala 
en une petite chappelle assés près, et ouyt lors dire que après son parte- 
mént plus de ui'^ personnes veirent ledit signe. 

Dit oultre que, par l'amour d'elle et qu'ilz la laissassent à interroguer, 



1 . 5 en mara;e : Nota : hic de si^no. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 95 

mittere quod illi de parte sua, qui viderunt signum prsedictum, 
vidèrent ipsum. 

Interrogata utrum rexsuus et ipsa fecerunt aliquam reverentiam 
angelo, quando attulit signum pr^dictum : respondit quod ipsa 
fecit reverentiam, et flexit genua, et discooperuit caput suum. 

LUN.i: XII. MARTII. ALIA SESSIO '. 

Item luniï, xii. die mensis martii, immédiate sequente, compa- 
ruit in domo habitationis nostrcÇ Rothomagi religiosus et discretus 
vir, frater Joliannes Magistri, ordinis Fratrum Prœdicatorum, supe- 
rius nominatus^ vicarius dicti - Inquisitoris hiereticae pravitatis in 
regno Francii^ ; pra^sentibus venerabilibus et discretis viris, domi- 
nis et magistris, Thoma Fiesvet ^ et Pasquerio de Vallibus, decre- 
torum doctoribus, et Nicolao de Hubento, litterarum apostolicarum 
scriptore, et fratre Ysambardo de Petra, ordinis Fratrum Prœdicato- 
rum. Cui siquidem vicario nos, episcopus prœdictus, exposuimus 
quod alias, a principio processus per nos inchoati in materia fidei 
contra quamdam mulierem, Johannam la Pucelle vulgariter nuncu- 
patam, eumdem vicarium sommaveramus et requisiveramus de se 
adjungendo prsesenti processui, ofFerentes sibi communicare acta, 
munimenta et alla quiecumque habemus ad materiam et processum 
pertinentia. Ipse vero vicarius pro tune aliqualem diftïcultatem fece- 
rat de se adjungendo in processu^ propterea quod solum commissus 
erat in civitate et diœcesi Rothomagensi ; processus autem coram 
nobis deducebatur ratione jurisdictionis nostnxi Belvacensis, in lerri- 
torio accommodato. Quamobrem, ad majorem securitatem negotii, 



Dieu vouloit penneictre que ceulx de son party qui veirent ledit signe, 
le veissent. 

Interi'oguée se son roy et elle firent point de révérence à l'angle, quant 
il apporta le signe : respond que ouil, d'elle ; et se agenoulla, et oulta 
son chapeau. 

I . En marge de ABC. — 2. AC : domini, — ^.B et Q : Fiefvct. 



96 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

etex abundanti cautela, ex consilio peritorum, concluseramus scri- 
bere addominum Inquisitorem ipsum, requirendo quatinus ad hanc 
civitatem Rothomagensem accederet, aut vicarium specialiter in bac 
causa deputaret, qui, ad deductionem et terminationem processus, 
plenam ex parte ipsius domini Inquisitoris haberet potestatem, prout 
hœc in superioribus latius continentur. Postquam vero dominus 
pr^efatus Inquisitor litteras nostras habuit, bénigne annuens nostrae 
requisitioni^ pro honore et exaltatione orthodoxie fidei, sajpedictum 
fratrem Johannem Magistri specialiter commisit et deputavit ad hanc 
causam deducendam et terminandam, per litteras suas patentes 
sigillo ejus munitas et roboratas, quarum ténor infra sequitur. 
Propter qu^e, ipsum fratrem Johannem Magistri sommabamus et 
requirebamus quatinus, juxta tenorem suas commissionis, se nobis- 
cum in hoc ' processu adjungeret. Ad ha;c idem frater nobis respon- 
dit quod libenter videret antedictam commissionem sibi directam, 
processum signis notariorum signatum, et alia quc'e sibi communi- 
care vellemus; quibus visis et perspectis, nobis responsum darct, et 
pro officio sancta; Inquisitionis debitum suum faceret. Nos vero 
eidem diximus quod jam in magna parte processus praesens adstite- 
rat, ubi plura ex responsis dictas Johann^e potuerat audire ; era- 
musque contenti et bene volebamus sibi communicare processum et 
omnia qux acta fuerant in materia, ut illa cognosceret et videret. 

SEQ.UITUR * AUTEM TEXOR LITTERARUM COMMISSIOXIS, TRANSMISSARUM A 
DOMINO INQUISITORE, DE QUIBUS SUPRA IIT MEKTIO 

t< Dilecto 3 in Christo iratri Johanni Magistri, ordinis Tratrum Prœdi- 
catorum, frater Johannes Gravèrent, ejusdem ordinis, sacrœ théologie 
humilis professer atque hsereticas pravitatis in regno Francis Inquisitor 
auctoritate apostolica deputatus, in auctore et consummatore fidei, domino 
nostro * Jhesu Christo, salutem. Cum ita sit quod reverendus in Christo 
pater ac dominus, dominus Belvacensis episcopus, super facto cujusdani 5 



I . AC : ipso. — 2'. ABC en marge : Ténor commissionis domini Inquisitoris. 
5. AC ajoutent sibi. — 4. Q omet nostro. — 5. AB et Q : cujusdem. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 97 

mulieris quie vocatur Johanna, vulgari autem nomine Puella, nobis per 
suas patentes litteras scripserit in modum qui sequitur : « Petrus, mise- 
ratione divina Belvacensis episcopus, venerando patri magistro Johanni 
Gravèrent, etc. ' » ; et quia nos, légitime impediti, Rothomagum de prge- 
sentiadire commode non possumus, hinc est quod vobis, de cujus zelo et 
discretione conlidimus, quoad ea qu.-e nostrum concernunt officium, foc- 
tuni sive negotium illius pntdictîe mulieris, usque ad sententiam definiti- 
vam inclusive, specialiter commisimus atque committimus pnvsentium 
per tenorem; sperantes quod, ad laudem Dei, exaltationem fidei et aîdifi- 
cationem populi, juste et sancte procedatis. In cujus rei testimonium, 
sigillum nostrum, quo utimur in officio, prsesentibus est appensum. 
Datum Constantiis, anno Domini millesimoCCCC°, tricesimo, die quarta 
mcnsis martii. » Sic signala : « N. Ogier ^. » 



DIE LUN.K PR^DICTA 3 

Item, eodem die luna;, de mane, nos, episcopus pntdictus, adivi- 
mus cameram assignatam pro carcere pr3sdict« Johannie, in Castro 
Rothomagensi, ub.i pariter nobiscum adstiterunt venerabiles et dis- 
cret! viri domini et magistri, Johannes de Fonte, commissarius a 
nobis, ut pn^fertur, députâtes; Nicolaus Midi qi Gerardus Fueilleti, 
sacrœ theologi^e doctores ; praesentibus ad hoc Thoma Fiesvet ^ et 
Pasquerio de Vallibus, doctoribus in jure canonico; et Nicolao de 
Hubento. litterarum apostolicarum scriptore, superius nominatis. 

*In quorum prœsentia, pr^edictamjohannam requisivimus quate- 
nus juraret dicere veritatem, super his quit peterentur ab ea. Qlu€ 
quidem sic respondit quod « de hoc quod vestrum processum tan- 



* Die luux post L»tare Jherusalem, duodecima mensis martii 5. 
Dicta Johanna fuit requisita per dominum Belvaceiisem dicere veritatem super 
bis qux peterentur ah ea. Respondet : « De ce qu"! touchera vostre procès, 



I. Cette requête se trouve parmi les premiers actes du procès. Voyez ci-dessus, 
p. 27 et 28. — 2. ABC : C. Ooier. — 3. Im marge de ABC. — 4. B tt Q : 
Fiefvel. — 5. C/, fo 19, vo. 

Procès ue Jeanne d'Arc. 7 



^8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'ARC 

gebat », quemadmodum alias dixerat, libenter diceret veritatem. Et 
sic juravit. 

Deinceps, interrogata, de mandato nostro, per supradictuni niagis- 
tmm Johannem de Fonte, et primo ', utrum angélus qui detulit 
signum ad regem suum, de quo superius fit mentio, tueritne locu- 
tus : respondit quod sic, et dixit régi suo quod ipsa Joiianna pone- 
retur ad opus, et patria statim esset alleviata. 

Interrogata utrum angélus • qui apportavit signum régi suo fuc- 
rit ille idem angélus qui primo apparuerat ipsi Johanna." : respondit 
quod semper est unus et idem, et nunquam sibi defecit. 

Interrogata utrum ille angélus defeceritne sibi, quatum ad bona 
fortunaj, in hoc quod capta fuit : respondit quod crédit, postquam 
illud placuit Deo, quod est pro meliori quod ipsa sit capta. 

Interrogata utrum, in bonis gratia2, ille angélus defeceritne sibi : 
respondit : « Qualiter mihi deficeret, quando quotidie ' me •♦ con- 
fortât ? » Et intelligit, ut dicit, quod ista confortatio est a sanctis 
Katharina et Margareta. 



comme autresfois vous ay dit, Je diray voulenticrs vérité. » Hl sic jii ravi l, 
prxiculihiis niagislris Thonia Fiefvé et Nicolao de Hnhcnco, et Johaiine Car- 
bon nier. 

Dehide per mngistrum johannem de Fonte, de prœceplo domiiii cpiscopi, 
primo, se l'ange qui apporta le signe parla point : respond que ouil ; et 
que il dist à son roy que on la mist en besoingne, et que le pais seroit 
tantoust allégié. 

Interroguée se l'angle qui apporta ledit signe fut l'angle qui première- 
ment apparu à elle, ou se ce fut ung autre : respond, c'est tousjours tout 
ung, et oncques ne luy faillit. 

Interroguée se l'angle luy a point failli, de ce qu'elle a esté prinse, aux 
biens de fortune : respond qu'elle croist, puisqu'il plaist ànostreSire, c'est 
le mieulx qu'elle soit prinse. 

Interroguée se, es biens de grâce, l'angle luy a point failli : respond : 
« Et comme me faudroit il, quand il me conforte tous les jours? » Et 
enctend cest confort, que c'est de saincte Katherine et saincte Marguerite. 



I. C ajoute petiit. — 2. AC en marge : De aiigilo qui portavit coronain. {A 
ajoute etc.). — 3. ^r/ .• cotlndie ; C : qitolhiiUe. — 4. A : tue Cotl)idic. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 99 

Interrogata utrum ipsa vocat illas sanctas Katharinam et Marga- 
retam, vel utrum veniant sine vocando : respondit quod saspe veniunt 
sine vocando ; et aliis vicibus, nisi venirent, bene cito ipsa requi- 
reret a Dec quod eas ' niitteret. 

Interrogata utrum aliquando prœdicta; Sanctas non venerint, 
quando vocabat eas : respondit quod nunquam indiguit ipsis, quin 
eas haberet. 

Interrogata utrum sanctus Dionysius ^ apparuit unquam sibi : res- 
pondit quod non, quod ipsa sciât. 

Interrogata utrum ipsa loquebatur Deo, quando sibi promisit ser- 
vare virginitatem suam : respondit quod bene debebat sufficere hoc 
promittere illis qui erant missi ex parte ipsius Dei, videlicet sanctis 
Katharinie et Margaretœ. 

Interrogata quid movit eam de faciendo citari quemdam hominem 
ad civitatem Tullensem, in causa matrimonii : respondit : « Ego 
non feci citari, sed ipse fuit qui fecit ibi me citari ; et ibi juravi 
coram judice dicere veritatem. » Et finaliter dixit quod illi homini 



Interroguée s'ellc les appelle, ou s'ilz viennent sans appeler : respond : 
« Hz viennent souvent sans appeller », et autrefois s'ilz ne venoient bien 
tost, elle requerroit nostre Seigneur qu'il les envoyast. 

Interroguée s'elle les a aucunesfois appellées, et ilz n'estoient point 
venues : respond qu'elle n'en ouït oncques besoing pou, qu'elle ne les 
ait. 

Interroguée se saint Denis apparut oncques à elle : respond que non, 
qu'elle saiche. 

Interroguée se, quant elle proniist à nostre Seigneur de garder sa vir- 
ginité, s'ellc parloit à luy : respond : « Il debvoit bien suffire de le pro- 
meictre à ceulx qui estoient envoyés de par luy, c'est assavoir saincte 
Katherine et saincte Marguerite. » 

Interroguée qui la meut de faire citer ung homme à Tou[l], en cause de 
mariage : respond : « Je ne le feis pas citer; mais ce fust î il qui me fist 
citer » ; et là jura devant le juge dire vérité; et enfin qu'elle ne luy avoit 
tait de promesse. 



I. C .• ipsas. — 2. AC : Dioiiisiiis. — 3. Ms. : Jîst. 



lOO PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

nullam promissionem fecerat. Item dicit quod, prima vice qua audi- 
vit vocemsuam, ipsavovit servare virginitatem suam, tamdiu quam- 
diu placuit Dec; et crat in œtate XIII annorum, vel circiter. Item 
dicit quod voces sua:; assecuraverunt eam de lucrando suum proces- 
sum praedictum in civitate Tullensi. 

Interrogata an de istis visionibus ', quas dicit se habere, feceritne 
verbum curato suo vel alteri homini ecclesiastico : respondit quod 
non, sed soli ^ Roberto de Baudricuria et suo régi. Dicit ultra quod 
voces suie non compulerunt eam ad hoc celandum, sed multum 
formidabat revelare pro timoré Burgundorum, ne impedirent eam 
a suo voiagio ; et specialiter multum ' timebat patrem suum, quin 
impediret eam de faciendo suum voiagium. 

Interrogata an credebat bene agere inrecedendo sine licentia patris 
et matris, cum patri etmatri debeat honor exhiberi : respondit quod, 
in cunctis aliis, bene obedivit patri et matri, pr^eterquam de illo 
recessu ; sed postea de hoc eisdem scripsit, et ipsi dederunt ei veniam. 

Interrogata utrum, quando recessit a pâtre et a matre, ipsa credi- 



Item dit que la première fois qu'elle oy sa voix, elle voa 4 sa virginité, 
tant qu'il plairoit à Dieu. Et estoit en l'aage de XIII ans, ou environ. 

]leni dit que ses voix la asscurèrent de gaigner son procès. 

Interroguéc se de ces visions elle a point parlé à son curé ou autre 
homme d'église : respond que non, mais seuUementà Robert de Baudri- 
court et à son roy. Et dit oultre qu'elle ne fust point contraincte de ses 
voix à le celer; mais doubtoit moult le révéler, pour doubte des Bour- 
guegnons, qu'ilz ne la empeschassent de son voyage ; et par espécial 
doubtoit moult son père, qu'il ne la empeschast de son véage faire. 

Interroguées'elle cuidoit bien faire de partir sans le congié de père ou 
mère, comme il soit ainsi que on doit honnourer père et mère : respond 
que en toutes autres choses elle a bien obéy à eulx, excepté de ce parte- 
ment ; mais depuis leur en a escript, et luy ont pardonné. 

Interroguée se, quant elle partit de ses père et mère, elle cuidoit point 



I. ABC en marge : Celavit visiones curato, palri et matri et cuicumque {A 
ajoute e/c...). — 2. A : soîuiii, — 3. C omet multurn. — 4. Ms. en marge : 
Foium. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC lOI 

dit peccare : respondit quod, postquam Deus pnL^cipiebat, oportebat 
hoc fieri. Dicit ultra quod, postquam Deus pra^cipiebat, si habuisset 
centum patres et matres, et ipsa fuisset filia régis, nihilominus ipsa 
recessisset. 

Interrogata utrum ipsa petivit a vocibus suis an ipsa diceret patri 
et matri recessum suum : respondit quod ', quantum ' de pâtre et 
matre, voces erant bene contentc-e quod diceret eis "', nisi fuisset 
pœna quam sibi intulissent, si eis recessum suum dixisset;et, quan- 
tum est de ipsa, non dixisset eis pro quacumque re. Item dicit quod 
voces se referebant ei de hoc dicendo patri" et matri, vel de tacendo. 

Interrogata utrum faciebat reverentiam sancto MichaeU et ange- 
lis, quando eos videbat : respondit quod sic; et osculabatur '^ ter- 
ram super quam transierant, post recessum eorum. 

Interrogata utrum pra^fati angeli erant diu cum ipsa : respondit 
quod multotiens veniunt inter christianos, et non videntur; et ipsa 
eos scepe ' vidit inter christianos. 



péchier ^ : respond, puis que Dieu le commandoit, il le convenoit faire. 
Et dit oultre, puis que Dieu le commandoit, s'elle eust c pères et c mères, 
et s'il eust été fille de roy, si fust elle partie. 

Interroguée s'elle demanda à ses voix qu'elle deist " à son père et à sa 
mère son partement : respond que, quant est de père et de mère, ilz 
estoient assés contens qu'elle leur dist, se n'eust esté la paine qu'ilz luy 
eussent fait, s'elle leur eust dit; et quant est d'elle, elle ne leur eust dit 
pour chose quelconque. 

Item dit que ses voix se raportoient à elle de le dire à père ou mère, ou 
de s'en taire. 

Interroguée se, quant elle vit saint Michiel et les angles, s'elle leur 
faisoit révérence : respond que ouil; et baisoit la terre après leur parte- 
ment, où ilz avoient repposé, en leur faisant révérence. 

Interroguée se ilz estoient longuement avec elle : respond, ilz viegnent 
beaucop de fois entre les chrestiens, que on ne les voit pas; et les a 
beaucop de fois veuz entre les chrestians. 

I. A omQXqtioiL — 2. B ajoute est.. — ^. C omet quod, quantum de paire et matre, 
voces erant beiie contentae quod diceret eis . — 4. ABC en marge : Osculabatur terram 
super quam transiebant (C ; transifrant) spirilus sui. — 5. AC : saepe eos. — 6. .V/5. 
en marge : Parère pareutibus quando licet ; une main. — 7. Ms . : il:^ le deist. 



102 PROCÈS DE COXDAMNATIOK DE |EANNE d'aKC 

Interrogata utrum habuerit litteras a sancto Michaele, vel a suis 
vocibus ■ : respondit : « Ego non habeo licentiam de hoc dicendo 
vobis;et inter hinc et octo dies, libenter de hoc respondebo vobis 
illud quod sciam. » 

Interrogata utrum voces suae vocaveruntne ipsam filiam Dei, 
filiam Eccksiœ, filiam ciiui inagno corde : respondit quod, ante leva- 
tionemobsidionis AureHanensis, et deinceps omnibus diebus,quando 
allocutas sunt cam, fréquenter vocaverunt eam, Johannam Piiellani, 
filiam Dei ^. 

Interrogata, ex quo se dicit lîUam Dei, cur non Hbenter dicit 
Pater nosler : respondit quod Hbenter diceret; et aHas, quando recu- 
savit dicere, fecit sub hac intentione, quod nos, episcopus pnrdic- 
tus, audiremus eam in confessione. 

EODEM 5 DIR LUN.îî POST MERmiEM 4 

Item, codem die lunx- post meridiem, comparcntibus in pntdicto 
loco ipsius carceris ' Johanna-, sitpcdictis dominis et magistris : 
Johanne de Fonte, a nobis commisse; Nicolao Midi et Gerardo 
Fueilleti, in sacra theologia doctoribus; Thoma Fiesvet ^ et Pasque- 



Intcrrogucese de saint Michiel ou de ses voix elle a point tu dclcctres : 
respond : « Je n'en ay point de congié de le vous dire; et cntrecy 
et vni jours, je en respondray volentiers ce que je sçauray. » 

Interroguée se ses voix l'ont point appelléey/7/(?^/^ Dieu, fille de F Eglise, 
la fille au graiit cuer : respond que, au devant du siège d'Orléans levé, et 
depuis, tous les jours, quant ilz parlent à elle, l'ont plusieurs fois appellée 
Jchanue la Piicelle, fille de Dieu. 

h:terroguée, puis qu'elle se dit fille de Dieu, pourquoy elle ne dist 
voulentiers Pater noster : respond elle la dist voulentiers; et autresfois, 
quant elle récusa la dire, c'estoit en intencion que Monseigneur de Beau- 
vès la confessast. 



\. Q : vocibus suis. — 2. ABC en marge : Sancti vacant eam filiam Dei. — 
3. C et jQ ; eadevi. — ^. En marge de ABC. — 5. AC : carceris ipsius. — 6. B 
et Q ; Fiefvel. 



PROCl-S ni-: CONDAMNATION DK JFANNK D ARC IO3 

i:io (Je Vallibus, in jure canonico doctoribus; et Nicolao de Hubento, 
litterarum apostolicarum scriptore. 

* Interrogata fuit eadem Johanna per pritfatum de Fonte ex man- 
date nostro, et primo de somniis ' qu;t pater suus dicebatur 
habuisse de ipsa, antequam recederct a domo ejus, Qua.- quidemad 
hoc respondit quod, dum adhuc esset in domo patris et matris, fuit 
ei plui'ies dictum per matrem ejus quod pater suus dicebat se som- 
niasse quod ipsa Johanna lilia sua itura erat cum gentibùs armorum ; 
et inde habebant magnam curam pr^edicti pater et mater de custo- 
diendo eam % et ipsam tenebant in magna subjectione; et ipsa obe- 
diebat in omnibus, pr^eterquam in processu quam habuit in civitate 
TuU.ensi, pro causa matrimonii. Item dicit quod audivit dici a 
matre quod pater suus dicebat fratribus suis : « Vere, si ego cre- 
derem quod illa res eveniret^ quam timeo de ipsa lilia mea, ego 
vellem quod submergeretis eam; et si non faceretis hoc, egomet 
submergerem eam \ » Et prasdicti pater et mater fere perdiderunt 
sensum +, quando ipsa recessit pro eundo ad oppidum de Valleco- 
loris. 



* Die huiœ prœdicta, de releveya. 

Interroguce des songes de son père : respond que, quant elle estoit 
encore avec ses père et mère, luy fut dit par plusieurs foys par sa mère 
que son père disoit qu'il avoit songé que avec les gens d'armes s'en 
iroit ladicte Jehanne sa fille ; et en avoient grant cure ses père et mère de 
la bien garder, et la teaoient en grant subjection ; et elle obéissoit à tout, 
sinon au procès de Toul, au cas de mariage. 

Item, dit qu'elle a ouy dire à sa mère que son père disoit à ses frères : 
'( Se je cuidoyc que la chose advensist que j'ay songié d'elle, je voul- 
droye que la noyessiés; et se vous ne le faisiés, je la noierove moi 
mesmes. » Et a bien peu qu'ilz ne perdirent le sens, quant elle fut partie 
à aler à Vaucouleur. 



I. AC en marge : De soiiniio pufris Johaiiux ; B en marge : De soviniis patris 
ejus. — 2. A en marge : une main; C en marge : Nola. — i.ABC^n marge : 
Pater volait facere eam (A : e.im facerc) subnwgi per snos fratres. — 4. AC en 
marge: Perdiderunt pater et mater sensum de ejus recessu, 



104 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata utmm ist^e cogitationes aut somnia acccidebant patri-, 
postquam ipsa habuit Istas visiones suas : respondit quod sic, plus 
quam per duos annos posteaquam habuit voces. 

Interrogata utrum iioc fuit ad requestam Roberti de Baudricuria 
vel ipsiusmet Johann;t quod ipsa cepit habitum virilem ' : respondit 
quod lioc fuit per ipsammet Johannam, et non ad requestam cujus- 
cumque honiinis viventis. 

Interrogata utrum -vox sibi praeceperit quod acciperet habitum viri- 
lem : respondit : « Totum quod feci de bono, ego feci per praecep- 
tum vocum mearum; et, quantum ad habitum, alias respondebo; 
non sum de pnvsenti advisata; sed cras respondebo de hoc. » 

Interrogata an capiendo habitum virilem, ipsa credebatne maie 
facere : respondit quod non; et adhuc de praesenti, si esset apud 
illos de alia parte in isto habitu virili, videtur ei quod esset unum 
de magnis bonis Francia;, de faciendo quemadmodum ipsa per prius 
faciebat, ante captionem suam. 

Interrogata qualiter ipsa liberasset ducem Aurelianensem - : res- 



Interroguée se ces pensées ou songes venoient à son père puis qu'elle 
eust ces visions : respond que oui!, plus de deux ans puis qu'elle ouït les 
premières voix. 

Interroguée se ce fust à la requeste de Robert ou d'elle qu'elle prinst 
abit d'omme : respond que ce fut par elle, et non à la requeste d'ommc 
du monde. 

Interroguée se la voix lui commanda qu'elle prinst abit d'omme : res- 
pond : <i Tout ce que j'ay fait de bien, je l'ay fait par le commandement 
des voix. » Et dit oultrc, quant à cest habit, en respondra autre fois, que 
de présent n'en est point advisée; mais demain en respondra, 

Interroguée se, en prenant habit d'omme, elle pensoit mal faire : res- 
pond que non; et encore de présent, s'elle estoit en l'autre party et en 
cest habit d'omme, luy semble que ce seroit ung des grans biens de 
France, de faire comme elle faisoit au devant de saprinse. 

Interroguée comme elle eust délivré le duc d'Orléans : respond qu'elle 



I. AC en marge /De habitu; B en marge : De habitu virili. — 2. ABC en 
marge : De duce Aureliaueusi. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC IO5 

pondit quod ipsa cepisset satis multos Anglicos citra mare, pro 
rehabendo ipsum; et, si non cepisset satis citra, ipsa transiisset mare, 
pro eundo ipsum qussitum in Angliam, cum potentia. 

Interrogata utrum sanctre Katharina et Margareta dixerant sibi, 
absolute et sine conditione, quod ipsa caperet sufficientes homines 
pro habendo ducem Aurelianensem existentem in Anglia, vel alias 
transiret mare pro eundo qu;rsitum ipsum : respondit quod sic, et 
quod ipsa dixit hoc régi suo, et quod ipse dimitteret earn agere de 
illis dominis Angliae, qui tune erant prisionarii. Dicit ultra quod, si 
ipsa durasset per très annos, sine habendo impedimentum, ipsa libe- 
rasset prcTfittum ducem. Item dicit quod, pro faciendo illud, erat 
brevior terminus quam de tribus annis, et longior quam de uno ; 
sed non habet de illo memoriam. 

Interrogata quod erat signum quod ipsa dédit régi siio : respon 
dit quod de hoc ipsa ' habebit consilium a sancta Katharina. 

MARTIS Xin. MARTH ^. 

Item, die martis immédiate sequente, xiii. dicti mensis martii, 
nos, episcopus praedictus, ad supradictum locum carceris accessimus. 



eust assés prins de çà prinse des Angloys pour le ravoir; et se elle n'eust 
prins assés prinse de çà, elle eust passé la'lner pour le aler quérir à puis- 
sance en Angleterre. 

Interroguée se saincte Marguerite et saincte Katherine luy- avoient dit 
sans condicion et absoluement qu'elle prendroit gens suffisans pour avoir 
le duc d'Orléans qui estoit en Angleterre, ou autrement qu'elle passeroit 
la mer pour le aler quérir et admener dedans trois ans : respond que ouil; 
et qu'elle dit à son roy, et qu'il la laissait faire des prisonniers. 

Dit oultre d'elle que, s'elle eust duré trois ans sans empeschement, 
elle l'eust délivré. 

Item dit qu'il y avoit plus bref terme que de trois ans, et plus long 
que d'un an; mais n'en a pas de présent mémoire. 

Interroguée du signe baillé à son roy : respond qu'elle en aura conseil 
à saincte Katherine. 

I. .-iC omettent ipsa. — 2. En marge de .-IBC. 



I06 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

in que, eadem hora, comparuit venerabilis et religiosus vir pr^edic- 
tus, frater Johannes Magistri, assistentibus venerabilibus et discre- 
tis viris, dominis et magistris prctdictis, Johanne de Fonte, Nicolao 
M/<3?/ et Gerardo Fueilleti ; prœsentibus ad hoc Nicolao de Hubento 
et Isambardo ' de Petra, de ordine Fratrum Prx'dicatoruni. Qui 
quidem frater Johannes Magistri, visis Htteris sibi a domino Inqui- 
sitore directis, una cum cœteris in materia considerandis, se nobisin 
dicto * processu adjunxit \ paratus nobiscnm ad ulteriorem caus:\^ 
decisionein procedere, prout juris esset ac rationis. Quod quidem 
etiam ipsi Johannne tune exposuimus caritative, ipsam cxhortando 
et monendo pro salute animai.' suif, ut diceret veritatem in hac 
causa, de omnibus super quibus interrogaretur. Et extunc pra;fatus 
vicarius domini Inquisitoris, volens ulterius in causa procedere, 
ordinavit dominum Johannem de Estiveto, ecclcsiarum Bajocensis 
et Belvacensis canonicum, promotorem sanctae Inquisition isj nobi- 
lem viruni Johannem Gris, scutiferum corporis domini nostri régis, 
et Johannem Baroiist, custodes carceris; et dominum Jolianiiem 
Massieu, presbyterum, exsecutorem citationum et convocationum, 
superius nominatos, et quos etiam aUas ad dicta officia nos, episco- 
pus pn«dictus, deputavimus et ordinavimus, prout ha;c in litteris 
nostris, episcopi pra,^dicti, superius, et inferius htteris etiam nostris, 
vicarii pnvdicti, sigiilis nostris roboratis, plenius continentur; 
quarum teiiores Htterarum nostrarum, vicnrii praedicti, infra des- 
cribuntur. Qui omnes pr^txiicti officiarii prasstiterunt cidcm vicario 
juramentum de fideliter exercendo officia eorumdem. 

SEQUITL'R 4 TEXOR LITTERAKUM DE ORDIXATIOXE PROMOTORIS, PER 
PR.EFATUM DOMINUM VICARIUM. 

« Universis pnvscntes litteras inspecturis, frater Johaxnes Magistri, 
ordinis fratrum Pn^dicatorum, vicarius gcnerahs reverendi patris, domini 
et magistri, Johannis Gravèrent, ejusdem ordinis, sacra^ theologiie pro- 



I. AC : YsaiiibarJo. — 2. AC : p/œlicto. — 3. ,-/ eu marge : Adventus X'icarii 
Injuisiloris ; BC en 'marge : Advcntits doiniiii vicarii Inquisitoris. — 4. ABC en 
marge : Ténor Htterarum de instiiutioiie promotoris per vicariutn hiquisiloris. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC IO7 

fessoris eximii, atque h:vreticx' pravitatis in regno Fmnciae Inquisitoris, 
auctoritate apostolica spccialiter deputati, salutem in auctore et consum- 
matore iîdei, Domino nostro Jhesu Christo. Cum reverendus in Christo 
pater et dominas, Petriis, miseratione divina Belvacensis episcopus, 
judex ordinarius in hac parte, et territorium habens in civitate et diœcesi 
Rothomagensi, pr.-tfatum reverendum patrem dominum Inquisitorem, per 
suas patentes litteras rogaverit et in favorem fidei sommaverit ac requi- 
sierit quatenus ad hujusmodi civitatem Rothomagensem accederet, si 
commode posset, aut vices suas committere dignaretur nobis vel alicui 
alteri ad hoc propitio, tractaturum cum pnx^fato reverendo patrc, domino 
episcopo Belvacensi, causam cujusdam mulieris qute vocatur Johanna la 
Pucelle vulgariter, in materia lidei per dictum reverendum patrem, domi- 
num episcopum, per prias evocataj et deprehens^e ; idem reverendus 
pater, dominus Inquisitor, ad banc hujusmodi civitatem Rothomagen- 
sem accedere minime valens, nobis htteratorie suas quoad hoc commise- 
rit vices, prouthrec etalia in litterisprcefati domini Inquisitoris, formam ht- 
terarum sommationis et requisitionis pntfati domini episcopi una cum com- 
missione nostra hujusmodi continentibus, videntur contineri ; litteris hujus- 
modi commissionis nostrit de data diei quartas mensis martii, anni Domini 
millesimi CCCC">' tricesimi, sigillo dicti domini Inquisitoris, signetoque 
manuah venerabilis viri domini Nicolai 0^/>r, presbyteri, notarii publici, 
signatis exsistentibus : nos commissionem priefati domini Inquisitoris, 
totis viribus adlaudem Dei et orthodoxa; fidei exaltationem, ut tenemur, 
humiliter implere, quantum valemus, cupientes et desiderantes ; habitis 
consilio et advisamentis prœfati domini episcopi ac nonnullorum alio- 
rum, tam in sacra pagina quam canonico et civiH jure peritorum ; coni- 
pcrimus,ad hujusmodi causx- definitionem, promotorem causarum officii 
sanctcv Inquisitionis, ac notarios et exsecutorem mandatorum nostrorum, 
propitios et notabiles fore constituendos et ordinandos. Hinc estquod nos, 
auctoritate apostolica et dicti reverendi patris domini Inquisitoris, qua 
fungimur in hac parte, de probitate, industria, sufficientia et idoneitate 
personiv, venerabilis et discreti viri, domini Johannis de Estiveto, pres- 
bvteri, ecclesiarum Bajocensis et Belvacensis canonici, et causarum officii 
dicti domini episcopi in hac parte promotoris, plenam in Domino geren- 
tes fiduciam et débite informati : ipsuni dominum Johannem fecimus, 
constituimus, creavimus, nominavimus, ordinavimus et deputavimus ; 
facimus, constituimus, creamus, nominamus, ordinanjus et deputamus 
promotorem sivc procuratorcm officii nostri, quod causam sive 
materiam hujusmodi deducendam, generalem et specialem ; dantes 
eidem promotori et procuratori generali, tenore pra^sentium, licentiam, 



I08 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

facultatem et auctoritatem standi et comparendi in judicio et extra, con- 
tra dicftam Johannani; partem se faciendi, articules, interrogatoria ', tes- 
tes, litteras, instrumenta et alia probationum gênera dandi, tradendi, 
administrandi, producendi et exhibendi, ipsamque Johannani accusandi 
et denuntiandi, examinari et interrogari petendi, faciendi et requirendi, 
concludendi in causa, et caetera omnia et singula faciendi, promovendi, 
procurandi, gerendi et exercendi quje ad officium promotoris, seu pro- 
curatoris, de jure aut consuetudine, pertinere dignoscuntur. Quocirca, 
omnibus et singulis quorum intcrcst mandamus quatenus eidem domino 
Johanni, hujusmodi officium exercendo, pareant, obediant et intendant, 
sibique auxilium pr^stent, consilium pariter et juvamen. In cujus rei 
testimonium, sigillum nostrum prxsentibus his litteris duximus appo- 
nendum. Datum et actum Rothomagi, anno Domini millesimo CCCC. 
tricesimo, die martis, décima tertiamensis martii. » Sic signata ^: « Bois- 

GUILLAUME 3. MaXCHOX. » 

TEM 4 SEQUITUR TENOR LITTERARUM PER QUAS PR.EFATUS VICARIUS INQ.UI- 
SITORIS DOMIXUM JOHANXEM MASSIEU, PRESB\TERUM, CONSTITUIT EXSE- 
CUTOREM COXVOCATIOKUM ET CITATIONUM IX DICTA CAUSA FIENDARUM. 

« Universis pra;sentes litteras inspecturis, frater Johaxxes Magistri, 
ordinis Fratrum Prx'dicatorum, etc. Nos etc. 5, de probitatc, industria, 
sufficientiaque et idoneitate persomu discreti viri, domini Joliannis Mas- 
sieii, presbyteri, decani Christianitatis Rothomagensis, in hujusmodi 
causa mandatorum pr^tfati domini episcopi exsecutoris commissi et depu- 
tati, plenam in Domino fiduciam gerentes et débite informati, ipsum 
dominum Johannem fecimus, constituimus, retinuimus et ordinavimus 
mandatorum et convocationum, a nobis in ipsa materia fiendarum, exse- 
cutorem; licentiàmque sibi super hoc concessimus atque per prx'sentes 
concedimus. In cujus rei testimonium, sigillum nostrum prx-scntibus his 
litteris duximus apponendum. Datum et actum Rothomagi, anno Domini 
millesimo CCCC. tricesimo, die martis, décima tertia mensis martii. » 
Sic siçrnata ^ : « Boisguillaume 7. Maxchox. » 



ï. B : interrogata. — 2. A : signale. — 3. C / Boscguilhume. — ^. A : en 
marge : Teiio?- litterarum de institutione exsecutoris convocatioiiis ; B en marge : 
Ténor litterarum institutionis exsecutoris convocationum; C en marge : Ténor 
litterarum de institutione exsecutoris convocationum. — 5. Le reste comme dans 
l'acte précédent, sauf des variantes de rédaction insignifiantes. — 6. A : signale. 
— 7. C ; Bosguillaume . 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC IO9 

Quibus sic, ut prtemittitur, peractis in loco supradicto, nos, prae- 
dictus ' episcopus et frater Johannes Magistri, vicarius Inquisitoris, 
deinceps concorditer processimus ad interrogandum et faciendum 
interrogari supradictam - Johannam, prout antea fuerat inceptum \ 

* Et primo, ex ordinatione nostra, fuit eadem Johannaintcrrogata 
quale signum fuit quod ipsa tradidit régi suo. Ad quod respondit : 
« Essetis vos contenti quod ego incurrerem perjurium ^ ? » 

Item, interrogata utrum juraverat et promiserat sanctae Katha- 
rin;ï non dicere illud signum : respondit : « Ego juravi et promisi 
non dicere illud signum ^, et hoc ex me ipsa, quia liomines nimium 
onerabant me de dicendo. » Et tune ipsamet promisit quod de hoc 
non amplius loqueretur cuicumque homini. Item dicit quod illud 
signum ^ fuit quod angélus certificabat hoc régi suo, sibi apportando 
coronam et ei dicendo quod ipse haberet totum regnum FranciiE 
ex integro, mediante auxilio Dei et mediante labore ipsius Johannie; 
et quod ipse poneret eamdem Johannam ad opus, videlicet quod 



* Die martis, décima tcrtia nicnsis inartii, anno Domini millesimo quadrin- 
gentesimo tricesimo 7, 

Interroguée premièrement du signe baillié à son roy, quel y fut : res- 
pond : « Estes vous content que je me parjurasse ? » 

Interroguée par monseigneur le vicaire de l'Inquisiteur s'elle avoit juré 
et promis à saincte Katherine non dire ce signe : respond : « J'ay juré et 
promis non dire ce signe, et de moy mesmcs, pour ce que on m'en char- 
goit trop de le dire. » Et adonc dist elle niesmes : « Je promect que je 
n'en parleray plus à homme. » 

Item, dit que le signe, ce fut que l'angle certiffioit à son roy en luy 
apportant la couronne, et luy disant que il arroit tout le royaume de 
France entièrement, à l'aide de Dieu et moyennant son labour ; et qu'il 



I. AB : praedicti. — 2. AC : saepedictam. — 3. ABC en marge -.Episcopus 
Belvacensis et vicarius Inquisitoris incipiiint simul procedere. — 4. AC : parjurium. 

— $. AC en marge : Juravit nihil dicere de signa data sui régi ; B en marge : Ju ra- 
vit nihil dicere de sig)io dicti sui régis. — 6. B en marge : De signo coronx et modo. 

— 7. U, f. 20, vo. 



no PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

traderet sibi gentes armoriim, alioquin non esset ita cito coronatus 
et consecratus. 

Interrogata utrum ipsa, depost diem hestcrnum, locuta fucrit 
cum sancta Katharina : respondit quod, depost diem hesternum, 
audivit eam ; et tamen dixit ei pluries quod respondeat audacter 
judicibus de hoc quod pètent eidem, tangens processum suum. 

Interrogata quomodo angélus ipse apportavit prasdictam coronam, 
et utrum ipse posuit super caput régis sui : respondit quod prasdicta 
corona fuit tradita uni archiepiscopo, videlicet archiepiscopo 
Remensi, prout ei videtur, in prœsentia régis sui ; et dictus archi- 
episcopus eam recepit et tradidit eidem régi suo ; et ipsamet Johanna 
erat pr^sens. Estque corona predicta posita in thesauro régis sui. 

Interrogata quo loco fuit dicta corona apportata : respondit quod 
hoc fuit in caméra régis sui, in Castro de Chinon. 

Interrogata quo die et qua hora : respondit quod de die, nihil 
scit ; et quantum est de hora, erat hora aita, aHter non habet memo- 



la mcist en besoingne, c'est assavoir que il luy baillast de gens d"armcs, 
autrement ' il ne seroit mye si tost couronné et sacré. 

Interroguée se depuis hier ladicte Jehanne a parlé à saincte Katherine : 
respond que depuis elle l'a ouyc ; et toutesvoics luy a dit plusieurs fois 
qu'elle responde hardiement aux juges de ce qu'ilz demanderont à elle, 
touchant son procès. 

Interroguée en quelle manière l'angle apporta la couronne, et s'il la 
mist sur la teste de son roy : respond, clic fut baillée à ung arcevesque», 
c'est assavoir celuv de Rains, comme il luy semble -, en la présence du 
roy; et ledit arcevesque la rcceust et la bailla au roy; et estoit elle 
mesmes présente; et est mise en trésor du roy. 

Interroguée du 'lieu où elle fut apportée : respond : « Ce fut en la 
chambre du roy, eu chastel de Chinon. >> 

Interroguée du jour et de l'eure : respond : « Du jour, je ne sçay, et de 
l'eure, il estoit haulte heure » ; autrement n'a mémoire de l'eure ; et du 



i.Ms. aulieiiwnt après que :cest assavoir que aul renient. — 2. Ms. : comme il luy 
semble est cxponctué. ' 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC III 

riani de hora. Et fuit hoc in mense aprilis vel martii, prout ci vide- 
tur. Dixitque, in proximo mense aprilis aiit in pra:senti mense mar- 
tii, essent duo anni clapsi ; et quod hoc fuit post Pascha. 

Interrogata utrum, eodem die quo ipsa vidit illud signum, suus 
rex etiam viderit : respondit quod sic, et quod ipsemet rex suus 
habuit illud. 

Interrogata de qua materia crat pricdicta corona : respondit quod 
bonuni est scire quod erat de puro auro ; et erat corona adeo dives 
seu opulenta quod divitias exsistentes in illa nesciret numerare seu 
appretiari; significabatque illa corona quod rex ejus teneret regnum 
Franc i ne. 

Interrogata utrum erant ibi lapides prctiosi : respondit : « Ego 
vobis dixi illud quod scio de hoc. » 

Interrogata utrum tenuit vel osculata est coronam prœdictam : 
respondit quod non. 

Interrogata utrum angélus qui hanc coronam apportavit venerat 
ab alto, vel si veniebat per terram : respondit quod, quando idem 
angélus venit coram suo rege, fecit eidem reverentiam inclinando se 
coram eo, et pronuntiando verba quœ ipsa Johanna supra dixit de 



moys, eu moys d'avril ou de mars, comme il luy semble, eu moys d'avril 
prouchain ou en cest présent moys, a deux ans ; et estoit après Pasques. 

Interroguée se, la première journée qu'elle vit le signe, se son roy le 
vit : respond que ouil; et que il le eust luy mesmes. 

Interroguée de quelle matière estoit ladicte couronne : respond : 
« C'est bon assavoir qu'elle estoit de fin or ; et estoit si riche que je ne 
sçaroye nombrer la richesse » ; et que la couronne signifioil qu'il ten- 
droit le royaume de France. 

Interroguée s'il y avoit pierrerie : respond : « Je vous ay dit ce que 
j'en sçay. » 

Interroguée s'elle la mania ou baisa : respond que non. 

Interroguée se l'angle qui l'aporta venoit de hault, ou s'il venoit par 
terre : respond : « Il vint de hault »; et entend, il venoit par le com- 
mandement de nostre Seigneur ; et entra par l'uys de la chambre. 

Interroguée se l'angle venoit par terre, et erroit depuis l'uys de la 
chambre : respond, quant il vint devant le roy, il fist révérence au roy, 



112 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

hoc signo '. Et cum hoc, ipse angélus eidem régi suo reducebat ad 
memoriam pulchram patientiam quam ipse habebat, secundum 
magnas tribulationes quse ipsi contigerant. Et depost ostium, ipse 
angélus ^ gradiebatur et ibat super terram, veniendo ad dictum 
regem suum. 

Interrogata quale spatium erat ab ostio usque ad locum, in que 
tune erat dictus rex suus : respon^it quod, prout crédit, bene erat 
spatium longitudinis unius lance^e ; et per quem locum venerat 
prasfatus angélus, per eumdem reversas est. Item dicit quod, quando 
idem angélus venit, ipsa associavit eum, et ivit cum eo per gradus 
ad cameram régis sui ; et intravit primo angélus, deinde ipsa 
Johanna ' ; dixitque ipsa Johanna •* régi suo : « Domine, ecce 
signum vestrum ; capiatis ipsum. » 

Interrogata quo loco angélus apparuit ipsi Johannac : respondit : 
« Ego eram quasi semper in oratione ut Deus mitteret signum ipsius 
régis, et 5 eram in hospitio meo, in domo unius bona:; mulieris. 



en se inclinant devant luy, et prononçant les paroUes qu'elle a dictes du 
signe ; et avec ce luy ramentevoit la belle pacience qu'il avoit eu, selon 
les grandes tribulacions qui luy estoient venues; et depuis l'uys il mar- 
choit et erroit sur la terre, en venant au roy. 

Interroguée quelle espace il avoit de l'uys jusques au roy : rcspond, 
comme elle pense, il y avoit bien espace de la longueur d'une lance; et 
par où il estoit venu, s'en retourna. 

Item, dit que, quant l'angle vint, elle l'acompaigna, et ala avec luy par 
les degrés à la chambre du roy, et entra l'ange le premier ; et puis elle 
mesmes dit au roy : « Sire, velà vostre signe, prenez lav. » 

Interroguée en quel lieu il apparut à elle : respond : « J'estoie presque 
tousjours en prière, afin que Dieu envoyast le signe du roy ; et estoie en 
mon lougeis, qui est chieux une bonne femme près du chastel de Chi- 



I. ABC en marge : De corona. — 2. ABC en marge : De angelo qui attiâit coro- 
nam. — l- Q omet Johanna. — 4. AC omettent Jobanihi et ajoutent eidem. — 
5. C omet Ego eram quasi semper in oratione ut Deus mitteret signum ipsius- 
régis, et. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC II3 

prope castrum de Chinon, quando ipse angélus vcnit ' ; et postea 
ipse et ego simul ivimus ad regem; eratque idem angélus bene asso- 
ciatus aliis angelis cum eo exsistentibus, quos non quilibet videbat. 
Et dixit ultra quod, nisi fuisset pro amore suimet et pro ponendo 
eam extra pœnam hominum arguentium eam, bene crédit quod 
plures viderunt angelum pr^edictum, qui non vidissent. 

Interrogata utrum omnes qui illic erant cum rege suo viderint 
prnedictum angelum : respondit quod, prout crédit ^, archiepiscopus 
Remensis, domini de Alenconio ^ et de Tramoilla +, et Karolus de 
Borbonio viderunt ipsum. Et, quantum est de corona, plures viri 
ecclesiastici et alii viderunt eam, qui non viderunt angelum. 

Interrogata cujus figun^ et cujus magnitudinis erat angélus ptc'e- 
dictus : respondit quod de hoc dicendo non habet licentiam, et 
quod in crastino responderet. 

Interrogata an omnes angeli qui comitabantur 5 angelum pr^edic- 
tum erant unius figurée : respondit quod bene invicem assimilaban- 



non, quant il vint ; et puis nous en alasmes ensemble au roy ; et estoit 
bien accompaignié d'autres angles avec luy, que chacun ne véoit pas. » 
Et dist oultre, ce n'eust esté pour l'amour d'elle, et de la oster hors de 
paine des gens qui la arguoient, elle croit bien que plusieurs gens veirent 
l'ange dessus dit, qui ne l'eussent pas veu. 

Interroguée se tous ceulx qui là estoient avec le roy veirent l'angle : 
respond qu'elle pense que l'arcevesque de Rains, les seigneurs d'Alençon 
et de la TrimouUe et Charles de Bourbon le veirent. Et, quant est de la 
couronne, plusieurs gens d'église et autres la veirent, qui ne virent pas 
l'angle. 

Interroguée de quelle '^ figure, et quel grant estoit le dit angle : res- 
pond qu'elle n'en a point congié ; et demain en respondra. 

Interroguée de ceulx qui estoient en la compaignie de l'angle, tous 
d'une mesme figure : respond : « Ils se entre ressembloient voulentiers 



I . ^ en marge : Ivit angélus pcgaiis (sic) coroiiatii cum Johaniia per gradus, associatus 
aliis pluribus angelis ; B en marge : ivit angelns pcgens (sic) coronani cum se (?) per 
gradus et associatus viultis angelis ; C en marge : Ivit angélus portans coronam cum 
Johanna per gradus, associatus aliis pluribus angelis. — 2. AC : aestimat. — 3. J5 ; 
Aleconio. — 4. A : Tremoillia. — 5. AC : concomitabantur. — 6. Ms. : quelque. 
Procès de Jeanne d'Arc. 8 



114 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

tur aliqui eorum, et alii non, in eo modo quo videbat cos ; et ali- 
qui eorum habebant alas, aliqui etiam erant coronati ; et erant in 
illa societate sanctae Katharina et Margareta, qua; fuerunt simul cum 
dicto angelo, et etiam alii angeli, usque infra cameram régis sui. 

Interrogata qualiter angélus ille recessit ab ipsa : respondit quod 
ab ea recessit in quadam parva cappella; et bene fuit ' irata de 
recessu ejus ; ipsa quoque flebat et libenter ivisset cum eo, hoc est 
quod anima sua ivisset. 

Interrogata utrum, in illo recessu angeli, ipsa remansit gaudens ; 
respondit quod ipse non dimisit eam in timoré, nec Ircmentem ; 
sed erat irata de suo recessu. 

Interrogata utrum hoc fuerit per meritum ipsiusmet Johannaj 
quod Deus misit ad eam suum angelam : respondit quod ipse ^ 
angélus veniebat pro re magna ; et fuit in spe quod rex suus crederet 
illud signum et quod homines dimitterent arguere eamdem Johan- 
nam, et pro dando succursum bonis gentibus de villa Aurelianensi, 
ac etiam pro meritis régis sui et boni ducis Aurcliancnsis. 



les aucuns », et les autres non, en la manière qu'elle les véoit ; et les 
aucuns avoient elles ; et si en avoit de couronnes, et les autres non ; et y 
estoient en la compaignie sainctes Katherine et Marguerite ; et furent 
avec l'angle dessus dit, et les autres angles aussi, jusques dedans la 
chambre du roy. 

Interrôguée comme celiuy angle se départit d'elle : respond, il dépar- 
tit d'elle en celle' petite chappelle ; et fut bien courroucée de son parte- 
ment ; et plouroit ; et s'en fust voulentiers allée avec luy, c'est assavoir 
son âme. 

Interrôguée seau partement elle demoura joyeuse, oueffrée et en grant 
paour : respond : « Il ne me laissa point en paour ne effrée ; mais estoie 
courroucée de son partement. » 

Interrôguée se ce fut par le mérite d'elle que Dieu envoya son angle ' : 
respond, il venoit pour grande chose ; et fut en espérance que le roy 
creust le signe, et que on laissast à la arguer, et pour donner secours aux 
bonnes gens d'Orléans, et aussi pour le mérite du roy et du bon duc 
d'Orléans. 

I. A : fuit bette. -^ 2. C : ipsetitel. — 5. Ms. : aiigre. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC II5 

Interrogata quare ipsa hoc habuit plus quam una alia : respondit 
qiiod placuit Dec ita facere per unam simplicem puellam, pro 
repellendo adversarios régis. 

Interrogata utrum sibi dictum fuerit ubi angélus pr^edictus cepe- 
rat illam coronam : respondit quod ipsa corona fuit apportata ex 
parte Dci ', et quod non est aurifiiber in mundo qui scivisset facere 
ita pulcliram vel ita divitem ; ubi autem angélus eam coronam 
cepit, eadem Johanna de hoc se refert Deo, et aliter nescit ubi fuit 
capta. 

Interrogata an eadem corona erat boni odoris, et utrum erat relu- 
cens : respondit quod non habet inde memoriam, et de hoc se 
advisabit. Postea vero dicit quod est boni odoris, et erit, dummodo 
bene custodiatur sicut decet ; et erat in modum coron^e. 

Interrogata utrum angélus scripserat sibi litteras : respondit 
quod non. 

Interrogata quale signum habuit rex ejus, et qui cum eo erant et 
ipsamet, ad credendum quod esset unus angélus qui hanc coronam 
apportaverat : respondit quod rex suus hoc credidit per instructio- 



Interroguée pourquoy elle, plus tost que uiig autre : respond, il pleust 
à Dieu ainsi faire par une simple pucelle, pour rebouter les adversaires 
du roy. 

Interroguée se il a esté dit à elle où l'angle avoit prins celle couronne : 
respond qu'elle a esté apportée de par Dieu ; et qu'il n'a orfaivre eu 
monde qui la sceust faire si belle, ou si riche ; et où il la prinst, elle s'en 
raporte à Dieu, et ne sçait point autrement où elle fut prinse. 

Interroguée se celle couronne flejroit point bon et avoit bon odeur, 
et s'elle estoit point reluisant : respond, elle n'a point de mémoire de ce; 
et s'en advisera. Et après dit : « Elle sent bon, et sentira ; mais qu'elle 
soit bien gardée, ainsi qu'il apartient » ; et estoit en manière de couronne. 

Interroguée se l'angle luy avoit escript lectres : respond que non. 

Interroguée quel signe eurent le roy, les gens qui estoient avec luy, et 
elle, de croire que c'estoit ung angle : respond que le roy le creust par 



I. AC cn-margc : Fuit corona a Deo niissa ; BC en marge : Fuit corona a Deo 
inissa, ut aurifcr (sic) sciret facere simileni. 



Il6 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

nem seu documentum virorum ecclesiasticorum qui erant illlc ', 
et per signum coronae. 

Interrogata qualiter viri ecclesiastici scivemnt quod erat unus 
angélus : respondit quod scivemnt hoc per scientiam suam, et per 
hoc quod erant clerici. 

Interrogata de uno sacerdote concubinario et de uno scj^pho ^ 
perdito, quos dicebatur indicasse ; respondit quod de omnibus his 
nihil scit nec unquam audivit loqui. 

Interrogata utrum, quando ivit ad ' viHam Parisiensem, ipsa 
habuerit per revelationem-^suarum vocumdc eundo illuc : respondit 
quod non, sed ivit ad requestam nobihum qui volebant facere 
unam invasionem^, gaUice une escarmouche, vel unam valentiam 
armorum ; et bene habebat intentionem eundi uhra et transeundi 
fossata vilL-e Parisiensis. 

Interrogata utrum etiam habuerit revelationem de eundo ante 
villam de Caritate^ : respondit quod non, sed ivit ad requestam 
hominum armorum, velut aHas ipsa respondit. 

Interrogata utrum habuerit aliquam revelationem de eundo 



l'anseignement des gens d'église qui là estoient, et par le signe de la 
couronne. 

Interroguée comme les gens d'église sceurent que c'estoit ung angle : 
respond : « Parleur science, et parce qu'il/ estoient clercs. » 

Interroguée d'un prestre concubinaire, etc., et d'une tasse perdue : res- 
pond : « De tout ce, je n'en sçay rien, ne oncques n'en ouy parler. » 

Interroguée se, quant elle ala devant Paris, se elle l'eustpar révéla- 
cion de ses voix de y aller : respond que non, mais à la requeste des gen- 
tilz hommes, qui vouloient faire une escarmuche ou une vaillance 
d'armes ; et avoit bien entencion d'aler outre et passer les fossés. 

Interroguée aussi d'aler devant la Charité s'ellc eust révélacion : res- 
pond que non ; mais par la requeste des gens d'armes, ainsi comme 
autresfois elle a dit. 

Interroguée du Pont Levesque, s'elle eust point de révélacion : res- 



I. AB : illiic. — ' 2. AC : cypho. — 3. AC : ante. — 4. O / revelationes. — 
5. ABC en marge : De invasione Parisicitsi. — 6. ABC en marge : De Caritate. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC lîj 

ad Pontem-Episcopi ' : respondit quod,postquam habuitrevelationem 
supra fossata Meleduni quod ipsa caperetur, ipsa se retulit ut in plu- 
ribus ad capitaneos de facto guerrœ ; et tamen non dicebat eis se 
habere revelationem quod caperetur. 

Interrogata utrum fuerit bene factum de eundo ad invadendum 
viUam Parisiensem in die Nativitatis Beata; Mariae, cum esset fes- 
tum : respondit quod est bene factum servare festa Beatse Maria; ; et 
videtur ei in ejus conscientia quod esset bene factum servare festa 
Beatai Mariai a principiousque ad finem. 

Interrogata utrum dixeritne coram villa Parisiensi : « Reddatis 
villam, Jhesu ! » : respondit quod non, sed dixit : « Reddatis eam 
régi FranciiE. » 

MERCURH XIV. MARTII*. 

Item, die mercurii immédiate sequente, xiiii. dicti mensis mar- 
tii, nos frater Johannes Magistri antedictus, vicarius domini Inqui- 
sitoris, confidentes de industria et probitate venerabilis et discreti 
viri, domini Nicolai Taqucl, presbyteri Rothomagensis diœcesis, 
auctoritate imperiali publici ac curiie archiepiscopalis Rothoma- 
gensis notarii jurati, plenam in Domino fiduciam gerentes, 



pond que, puis ce qu'elle ouït révélacion à Melun qu'elle seroit prinse, 
elle se raporta le plus du fait de la guerre à la voulenté des cappitaines ; 
et toutesvoies ne leur disoit point qu'elle avoit révélacion d'estre prinse. 

Interroguée se ce fut bien fait, au jour de la Nativité de Nostre Dame, 
qu'il estoit feste, de aller assaillir Paris : respond, c'est bien fait de garder 
les festes de Nostre Dame ; et en sa conscience luy semble que c'estoit 
et seroit bien fait de garder les festes de Nostre Dame, depuis ung bout 
jusques à l'autre. 

Interroguée s'elle dist point devant la ville de Paris : « Rendez la ville 
de par Jhesus » : respond que non ; mais dist : « Rendez la au roy de 
France. » 



I. ABC en marge : De Ponte Episcopi. — 2. En marge de ABC (C ajoute mensis 
devant luariii). 



ri8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

ipsum retinuimus, elegimus et nominavimus ' notarium et scribam 
in hujusmodi causa, prout in litteris nostris patentibus, sigillo nos- 
tro sigillatis, cum signis manualibus notariorum publicorum, 
latins continetur ; quarum ténor infra scribitur. Et deinceps, die 
immédiate sequenti, prx^fatus dominus Nicolaus prc^stitit juramen- 
tum coram nobis, in loco carceris dictai Johannas,' ad quam ^ tune 
accesseramus, de fideliter exercendo suum officium, prout ab eo 
requisivinius, praesentibus magistris, Johanne de Fonte, Nicolao 
Midi, Gerardo Fueilleti, Guillelmo "> Manchon et aliis quam plu- 
ribus. 

SEQUITUR TEKOR LITTERARUM SUPRADICTARUM RETEXTIONIS 
PR^-FATl XOTARII 4. 

<' Universis pn\;sentcs litteras inspecturis, fratcr Jghaxnes Magistri, 
ordinis Fratrum Pra;dicatorum,etc. 5 . Deprobitatc, industria sufficientia- 
que et idoneitate persona; discreti viri, domini Nicolai r<7(y//^/, prcsbyteri 
Rothomagensis diœcesis, auctoritate imperiali publici ac curia? archiepis- 
copalis Rothomagensis notarii jurati, plenam in Domino fiduciam geren- 
tes, ipsum dominum Nicolaum, alias dicti domini Inquisitoris et nos- 
truni juratûm notarium, rctinuimus, elegimus et nominavimus ; retinemus, 
eligimus et nominamus notarium et scribam in matcria et causa hujus- 
modi ; dantes etiani eidem licentiam, facultatem et auctoritatem acce- 
dendi ad prœsentiam à\cXx Johanna^et alla loca, ubi, et ^ quando, etquo- 
tiens fuerit, eam interrogandi seu interrogari audiendi, testes producen- 
dos in ipsa materia jurandi, examinandi, et ipsius Johann^e et 7 dictorum 
lestium dicta et confessiones, necnon opiniones doctorum et magistrorum 
recolligendi verbo tenus, vel in scriptis nobis refcrendi ; ac omnia et sin- 
gula acta in hac materia facta et facienda in scriptis ponendi. ac totum 
processum in forma débita faciendi et in scriptis redigendi, ca;teraque 
faciendi quae ad notarii officium de jure pertinent, ubicumque et quando- 
cumque fuerit opportunum. In cujus rei testimonium, sigillum nostrum 



I. C : ordinavimus. — 2. AC :quem. — 3 . C .' GiiiUenno . — 4. AB en marge : 
Ténor litteraruni notarii vicarii Inquisitoris ; C même rubrique sauf domini ajouté 
devant Inquisitoris. — 5. Le reste de la formule comme ci-dessus, p. 106 à 
p. 107, sauf quelques- variantes de rédaction négligeables. — 6. A omet et. — 7- 
AC : ac. 



"1aa-^v 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC II9 

pr.v^sentibus bis litteris duximus apponendum. Datum et aclum Rotho- 
magi, anno Domini millesimo CCCC. tricesimo,'die xiiii. mcnsis mar- 
tii. » Sic si<>nata ' : « Boisguillaume -. G. 3 Manchon. » 



EADEM DIE IN LOCO CARCERIS 4, 

Item, eadem die,pnesidentibus magistro^ Johanne de Fonte prae- 
dicto ^', commissario per nos, episcopum prasdictum, deputato, et 
nobis, fratre Johanne Magistri siipradicto, in loco carceris dictée 
Johannit in castre Rothomagensi ; assistentibus et praesentibus 
venerabilibus et discretis viris, dominis et magistris, .Nicolao M/^i/ 
et Gerardo Fueilleti, doctoribus in theologia ; necnon Nicolao de 
Hubentû, litterarum apostolicarum scriptore, ac fratre Ysambardo 
de Petra, testibus ; fuit interrogata ipsa Johanna. 

*Et primo, qu;ç fuit causa propter quam '' saltavit a turri de 
Beaurevoir^. Respondit quod ipsa audiverat dici quod omnes illi de 
Compendio, usque ad œtatem septem annorum pertingentes, debe- 
bant poni ad ignem et sanguinem, et quod ipsa malebat mori 
quam vivere post talem destructionem bonarum gentium ; et ista 
fuit una causarum sui saltus. Altéra fuit quod sciebat se esse ven- 
ditam Anglicis, et ipsa maluisset mori quam esse in manu Anglico- 
rum, suorum adversariorum. 



* Die mercurii, décima quarta mensis martii 9, 

Interroguée premièrement quelle fut la cause pour quoy elle saillit de 
la tour de Bcaurevoir : respond qu'elle avoit ouy dire que ceulx de Com- 
piègne, tous jusques à l'aage de \'II ans, dévoient estre misa feu et à 
sanc, et qu'elle aymoit mieulx mourir que vivre après une telle destruc- 
tion de bonnes gens ; et fut l'une des causes. L'autre, qu'elle sceust 
qu'elle estoit vendue aux Angloys, et eust eu plus cher mourir que d'estre 
en la main des Angloys, ses adversaires. 



\. A : signale. — 2. C : Boscgnillamne. — 3. J omet G. — 4. En marge de A ; 
BC omettent . — 5. AC : inagistris. — 6. O omet prxdicto. — 7 , AC ajoutent ipsa. 
— 8. ABC en marge : De saltu lurris de Ben ii revoir, B Beauvoir (sic), C Beaure- 
voir. — 9. U, {° 21, \'°. 



120 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata utrum ille saltus fuerit factus per consilium vocum 
suarum : respondit quod sancta Katharina dicebat ei fere quotidie 
quod non saltaret, et quod Deus adjuvaret eam ac etiam illos de 
Compendio. Et eadem Johanna dixit sanctae Katharina; [quod], 
postquam Deus adjuvaret illos de Compendio, ipsa volebat illic 
esse. Tune sancta Katharina dixit ei : « Sine defectu oportet quod 
accipiatis gratanter ; et non eritis expedita, quousque videritis regem 
Anglorum. » Et dicta Johanna respondit : « Veraciter, ego vellem 
non videreipsum, et mallem mori quamesse posita in manu Angli- 
corum. » 

Interrogata utrum ipsa dixerit ' sanctis Katharina^ et Margaretae 
hujusmodi verba : « Dimittet Deus ita maie mori bonas gentes de 
Compendio ? » : respondit quod non dixit illud verbum ita maie, 
sed dixit eis in hune modum : « Quomodo dimittet Deus mori 
istas bonas gentes de Compendio, qua." fuerunt et sunt ita fidèles 
domino suo! » Itemdicit quod, postquam cecidit a turri supradicta, 
ipsa fuit per duos aut très dies quibus comedere non volebat, ac 



Interroguce se ce sault,ce fut du conseil de ses voix : respond, saincte 
Katherine luy disoit presque tous les jours qu'elle ne saillist point, et 
que Dieu luv aideroit, et mesmes à cculx de Compiègne ; et ladicte 
Jehanne dist à saincte Katherine, puis que Dieu aideroit à ceulx de Com- 
piègne, elle y vouloit estre. Et saincte Katherine luy dist : « Sans faulte, 
il fault que prenés en gré, et ne sériés point délivré[e], tant que aies veu 
le roy des Angloys. » Et ladicte Jehanne respondoit : « Vrayement ! je 
ne le voulsisse point veoir : j'aymasse mieulx mourir que d'estre mise en 
la main des Angloys. » 

Interroguée s'elle avoit dit à saincte Katherine et sainte Marguerite : 
« Laira Dieu mourir si mauvaisement ces bonnes gens de Compiègne, 
etc.?»: respond qu'elle n'apoint dit «si mauvaisement » ; maisleur disten 
celle manière : <> Comme laira Dieu mourir ces bonnes gens de Com- 
piègne, qui ont esté et sont si loyaulz à leur seigneur! » 

Ilem, dit que, puis qu'elle fut cheue, elle fut deux ou trois jours qu'elle 



I. AC : dixerat. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 121 

etiamfuit gravataex illo saltii in tantum quod non poterat comedere 
nec bibere ; et tamen fuit confortata a sancta Katharina, qu^e dixit 
ci quod confiteretur et quasreret veniam a Deo de hoc quod salta- 
verat, et quod sine defectu illi de Compendio haberent succursum 
infra festum hiemale Beati Martini. Et tune ipsa cœpit redire ad 
convalescentiam, et incepit comedere, fuitque statim sanata. 

Interrogata utrum, quando saltavit, crederet se ipsam interficere : 
respondit quod non ; sed saltando commendavit se Deo. Et credebat, 
par médium illius saltus, evadere quod ipsa non traderetur 
Anglicis. 

Interrogata utrum, quando sibi loquela rediit, ipsa denegaverit 
Deum et Sanctos ejus, quia hoc sibi dicebatur repertum esse per 
informationem : respondit quod non recordatur quod unquam dene- 
gaverit Deum et Sanctos ' vel maledixcrit, nec ibi, nec aHbi. 

Interrogata an de hoc velit se referre ad informationem foctam 
vel fiendam : respondit : « Ego refero me ad Deum et non ad alium, 
et ad bonam confessionem. » 



ne vouloit mengier ; et mesmes aussi pour ce sault fut grevée tant qu'elle 
ne povoit ne boire ne mangier ; et toutesvoies fut reconfortée de saincte 
Katherine, qui luydit qu'elle se confessast et requérist mercyàDieu de 
ce qu'elle avoit sailli, et que sans faulte ceux de Compiègne aroient 
secours dedans la saint Martin d'yver. Et adoncques se prinst à revenir 
et commencier à mengier; et fut tantoust guérie. 

Interroguée, quant elle saillit, s'ellese cuidoit tuer : respond que non; 
mais en saillant se recommanda à Dieu ; et cuidoit, par le moyen de ce 
sault, eschapcr et évader qu'elle ne fust livrée aux Angloys. 

Interroguée se quant la parolle luy fut revenue, elle regnoia et mal- 
gréa Dieu et ses Sains, pour ce que ce est trouvé par l'informacion, 
comme disoit l'interrogant : respond qu'elle n'a point de mémoire ou 
qu'elle soit souvenant, elle ne regnoia ou malgréa' oncques Dieu ou ses 
Sains, en ce lieu ou ailleurs ; et ne s'en est point confessée, car elle n'a 
point de mémoire qu'elle l'ait dit ou fait. 

Interroguée s'elle s'en veult raporter à l'informacion faicte ou à faire : 
respond : « Je m'en raporte à Dieu et non à aultre, et à bonne confes- 
sion . r> 

I . ABC : sanctas. 



122 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata an voces suas petunt sibi dilationem de respondendo : 
respondit quod sancta Katharina ' aliquando sibi respondet, et ali- 
quando eadem Johanna déficit in intelligendo, propter turbationem 
carcemm et per tumiiltuscustodum suorum. Et quando facit reques- 
tam sancta Katharin^e, tune ipsa sancta ^ Katharina et ' Margareta 
faciunt requestam Deo, et deinceps,de précepte Dei, dant respon- 
sum eidem Jolianna^. 

Interrogata utrum, quando illa? Sanctc'e veniunt ad ipsam, sitne 
lumen cum ipsis, et utrum videritne lumen illa vice quando audivit 
in Castro vocem, nesciens an esset in caméra sua : respondit quod 
non est dies quin veniant ad ipsum castrum, nec veniunt sine 
lumine. Et de illa voce ' de qua quajritur, non recordatur utrum 
viderit lumen, nec etiam utrum viderit sanctam Katharinam. Item 
dicit quod petivit a vocibus suis tria : unum fuit sua expeditio ; 
alterum fuit quod Deus adjuvaret Gallicos et bene servaret villas de 
obedientia ipsorum ; et tertium fuit salus anim;e su^e. Item requisi- 



\ 
Interroguée se ses voix luy demaiidentdilacion de respondrc : respond 

que saincte Katherine luy respond à la fois ; et aucunesfois fault ladicte 
Jehanne ;\ entendre, pour la turbacion des prisons >, et par les noises de 
ses gardes ; et quant elle fait rcqucste à saincte Katherine, et tantoust elle 
et saincte Marguerite font requeste à nostre Seigneur, et puis du com- 
mandement de nostre Seigneur donnent rcsponce à ladicte Jehanne. 

Interroguée, quand elles viennent, s'il y a lumière avec elles, et s'elle 
vit point de lumière, quant elle oyt eu chastel la voix, et ne sçavoit s'elle 
estoit en la chambre : respond qu'il n'est jour qu'ilz ne viennent en ce 
chastel ; et si, ne viennent point sans lumière ; et de celle fois oyt la 
voix, mais n'a point mémoire s'elle vit lumière, et aussi s'elle vit saincte 
Katherine. 

Iteiti dit qu'elle a demandé à ses voix trois choses : l'une son expédi- 
cion ; l'autre que Dieu aide aux François, et garde bien les villes de leur 
obéissance ; et l'autre le salut de son âme. 



I. La forme Katherina est constante en A. — 2. O omet sancta. — 3. A ajoute 
sancta. — 4. AC : vice. — 5. Ms. : personnes. 



PROCÈS DH CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I23 

vit quod, si ita sit quod ducatur Parisius, quod ipsa habeat duplum i| I, v/P//*»* 
istorum interrogatoriorum et responsomm ' ejus, ut ipsa tradat illis 
de Parisius, ac possit eisdicere : « Ecce qualiterfui interrogata apud 
Rothomagum, et responsiones meas » ; et utamplius ipsa non vexe- 
tur de tôt petitionibus. 

Item, quia dixerat quod nos, episcopus prasdictus, ponebamus 
nos in magno periculo, gallice e?i grant dangier, de ponendo ipsam 
in causam, interrogata fuit quid hoc erat, et in quo periculo sive 
dangerio ponebamus nos ipsos, tam nos quam alii. Respondit quod 
ipsa dixerat nobis, episcopo pr^dicto : « Vosdicitis quod estis meus 
judex ; ego nescio si vos sitis ; sed advisetis bene quod non maie 
judicetis, quia poneretis vos in magno dangerio. Etegoadverto vos 
ad finem quod, si Deus vos inde castiget, ego facio debitum meum 
de dicendo vobis. » 

Interrogata quale est illud periculum, sive dangerium : respondit 
quod sancta Katharina sibi dixit quod ipsa haberet succursum ; et 
ipsa nescit si hoc erit in essendo liberata a carcere, vel, quando esset 



Item requist, se ainsi est qu'elle soit menée à Paris, qu'elle ait le double 
de ses interrogatoires et responces, enfin qu'elle le baille à ceulx de 
Paris, et leur puisse dire : « Vécv comme j'ay estéinterroguée à Rouen, 
et mes responces » ;et qu'elle ne soit plus travaillée de tant de demandes. 

Interroguée, pour ce qu'elle avoit dit que monseigneur de Beauvez ce 
mectoit en danger de la meictre en cause, que- c'estoit, et quel danger, et 
tant de monseigneur de Beauvez que des autres : respond, que 5 c'estoit, 
et est, qu'elle dist à monseigneur de Beauvez : « Vous dictes que vous 
estes mon juge, je ne sçay se vous l'estes ; mais advisez bien que ne jugés 
mal, que vous vous mectriés en grant danger ; et vous en advertis, afin 
que se nostre Seigneur vous en chastie, que je fais mon debvoir de le 
vous dire. » 

Interroguée quel est ce péril ou danger : respond que saincte Kathe- 
rine luy a dit qu'elle auroit secours, et qu'elle ne sçait se ce sera à estre 
délivrée de la prison, ou quant elle seroit au jugement, s'il y vendroit 



I. C ; responsionum; ABC en marge : Petit duplum responsionum, ut Parisius 
ostendere possit. — 2. Ms. quar. — 3. Ms. quar. 



124 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

in judicio, quod ibi veniret aliqua turbatio per cujus médium ipsa 
posset libemri '. Et cestimat quod sit unum vel alterum istorum. 
Et, ut plurimum, voces ei' dixerunt quod ipsa liberabitur per 
magnam victoriam ; et postea dicunt sibi ipsse voces : « Capias 
totum gratanter; non cures de martyrio tuo; tu venies finaliter in 
regnum paradisi. « Et hoc dixerunt sibi voces simpliciter et abso- 
lute, hoc est sine defectu. Et vocat ilkid martyrium, pro pœna et 
adversitate quam patitur in carcere ; et nescit utrum majorem pœ- 
nam patietur, sed de hoc se refert Deo. 

Interrogata si, postquam voces sua.' dixerunt sibi quod finaHter 
ipsa ibit in paradisum, si ipsa tenet se assecuratam de essendo sal- 
vata, et quod non damnabitur in inferno : respondit quod crédit fir- 
miter illud quod voces sibi dixerunt, videhcet quod saivabitur, 
aeque firmiter ac si jam ibi esset -. 

Interrogata si, post istam revelationem, ipsa crédit quod ipsa ' 
non possit peccare mortaUtcr : respondit : « Ego nihil scio ; sed 
ex toto me refero ad Deum. » Et, cum sibi dicebatur quod ista res- 



aucun trouble, par quel moien elle pourroit estrc dclivrcc ; et pense que 
ce soit ou l'un ou l'autre. El le plus luv client ses voix qu'elle sera déli- 
vrée par grand victoire; et après luy dient ses voix : « Pran tout en gré, 
ne te chaille de ton martire ; tu t'en vendras enfin eu royaulme de para- 
dis. » Et ce luy dient ses voix simplement et absoluement, c'est assavoir 
sans faillir ; et appelle ce, martire, pour la paine et adversité qu'elle 
seuffre en la prison, et ne sçait se plus grand soufFrera, mais s'en actent 
à nostre Seigneur. 

Intcrroguée se, depuis que ses voix luy ont dit qu'elle ira en la fin eu 
royaume de paradis, s'elle se tient asseurée d'cstre sauvée, et qu'elle ne 
sera point dampnéc en enfer : respond qu'elle croist ferméement ce que 
ses voix luy ont dit qu'elle sera saulvée, aussi fermement que s'elle y 
fust jà. Et quant on luy disoit que ceste response estoit de grant pois : 
aussi respond-elle qu'elle la tient pourung grant trésor. 



I. ABC en marge : In judicio poterit esse turbatio, inde liherari [poterit]. — 
2. A en marge : Crédit firmiter quod saivabitur ac si jam esset in paradisum; BC 
en marge : Ita crédit... in paradiso. — 3. /ïC omettent ipsa. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I25 

ponsio est magni ponderis, respondit quod etiam tenet eam pro 
uno magno thesauro. 

EADEM DIE MERCURII POST MERIDIEM '. 

Item, dicta die mercurii post meridiem, comparentibus in loco 
priedicto venerabilibus et discretis viris, dominis et magistris, 
Johannede Fonte, commisso a nobis, episcopo pra^dicto, et nobis % 
Johanne Magistri, vicario dicti domini Inquisitoris ; assistentibus 
nobiscum Nicolao Midi et Gerardo Fueilleti, doctoribus in 
theologia ; pr^^sentibus ad lioc fratre Isambardo ' de Petra et 
Johanne Manchon. 

*Siepedicta Joiianna dicitin primis, quantum ad articulum immé- 
diate prascedentem de certitudine salutis su^, super quo de mane 
tuerat interrogata, quod illud dictum intelligebat : dummodo teneat 
juramentum et promissionem quam tecit Deo, videlicet quod ipsa 
bene servaret virginitatem suam, tam corporis, quam anim^. 

Interrogata utrum opus sit quod confiteatur, postquam habet 
revelationem a vocibus suis quod erit salvata : respondit quod ipsa 
nescit quod peccaverit mortaliter + ; sed, si ^ esset in peccato mor- 



Interroguée se, après ceste révélacion, elle croist qu'elle ne puisse 
faire péchié mortel : respond : « Je n'eu sçay rien, mais m'en actend du 
tout à nostre Seigneur. » 

*Du mercredi la relevée. 

Et quant à cest article [etc.] : par ainsi qu'elle tiegne le serement et 
promesse qu'elle a fait à nostre Seigneur, c'est assavoir qu'elle gardast 
bien sa virginité de corps et de âme. 

Interroguée se il est besoing de se confesser, puisqu'elle croist à la 
relacion de ses voix qu'elle sera sauvée : respond qu'elle ne sçait point 
qu'elle ait péchié mortellement ; mais s'elle estoit en péchié mortel, elle 



1. En marge de ABC (B omet eodem die). — 2. AC ajoutent fratre. — 3. AC : 
Ysatnbardo. — 4. B en marge : Nescit quod peccaverit mortaliter. — 5 . ^ 
ajoute ipsa. 



126 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

tali, ipsa aistimat quod sanctit Katharina et Margareta illico dimitte- 
rent eam. Et respondendo pn^dictas interrogationi, dicit quod cré- 
dit quod quis non potest nimis mundare conscientiam suam. 

Interrogata utmm, postquam est in isto carcere, denegaverit aut 
maledixcrit Deum ' : respondit quod non, et quod - aliquando 
cum dicit in gallico : Boti gré Dieu, on sainl Jehan, ou Noslre Dame, 
illi qui possunt retulisse verba sua maie intellexerunt. 

Interrogata utrum sit peccatum mortale recipere unum homincm 
ad redditionem, et facere ipsum mori prisionarium : respondit quod 
ipsa hoc non fccit. 

Et quia fiebat sibi mentio de Franqueto d'Arras \ quem fecerat 
mori apud Latigniacum : respondit quod ipsa fuit consentiens de 
faciendo ipsum mori, si ipse meruerat, quia confessus est se esse 
occisorem, latronem et proditorem. Et dixit quod processus ejus 
duravit per xv dies, et fuit judex de hoc ^ ballivus Silvanectensis, 
et viri justitix- de Latigniaco. Dixit etiam quod ipsa requirebat 



pense que sainctc Katherine et saincte Marguerite la ddlcsseroient tan- 
tost. Et croist, en respondant à l'article précédant, on ne sçait trop nec- 
toyer sa conscience. 

Intcrroguéc se, depuis qu'elle est en ceste prison, a point regnoj'é ou 
malgréc Dieu : respond que non ; et que aucunes fois, quant elle dit : 
« Bon gré Dieu » ou « saint Jehan » ou « Nostrc Dame », ceulx qui 
pevcnt avoir rapporté ont mal entendu >. 

Interroguée, se de prendre ung homme à racnçon, et le faire mourir 
prisonnier, ce c'est point péchié mortel : respond qu'elle ne l'a point 
fait. 

Et pour ce que on luy parloit d'un nommé Franquet d'Arras, que on 
fist mourir à Laigny : respond qu'elle fut consentante de luy de le faire 
mourir, se il l'avoit deservi, pour ce qu'il confessa estre murdrier, larron 
et traictre. Et dit que son procès dura xv. jours, et en fut juge le baillif 
de Senlis, et ceulx de la justice de Laignv. Et dit qu'elle requéroit avoir 



I. ABC en marge : De denegatione Dei. — 2. O orner, qitod. — t,.-ABC en 
marge : FranqiwL d'Arras. — 4. C : ejus au lieu de de hoc. — 5. Ms. : acleudu. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 12'] 

habere illum Franquetum, pro habendo unum hominem de Pari- 
sius, magistrum hospitii ad Ursiim ; et quando illutn hominem 
scivit esse mortuum, et quod ballivus sibi dixit quod ipsa volebat 
facere magnam injuriam justitia,^ in liberando pr.tdictum Franque- 
tum, tune ipsa dixit ballivo : « Postquam homo meus mortuus est, 
quem volebam habere, faciatis de ipso quod debebitis facere per 
justitiam. » 

Interrogata an ipsa tradidit pecunias vel fecit tradi pro illo qui 
ceperat dictum Franquetum ; respondit quod ipsa non est monetaria 
vel thesauraria Franci:t, pro tradendo pecunias \ 

Et, quando fuit sibi reductum ad memoriam quod ipsa inva- 
serat civitatem Parisiensem in die festi - ; quod ipsa etiam habuerat 
equum domini episcopi ' Silvanectensis ; quod ipsa se pr^cipitave- 
rat a turri de Beaiirevoir ; quod ipsa portât habitum virilem ; quod 
ipsa erat consentiens in morte + Franqueti d'Arras ; qui^rendo ab ea 
an creditne fecisse aliquod > peccatum mortale : respondit ad pri- 
mum, de invasione Parisiensi, quod de hoc non crédit esse in pec- 



Franquet pour ung homme de Paris, seigneur de L'Ours ^ ; et quant elle 
sceut que le seigneur fut mort, et que le baillif luy dist qu'elle vouloit 
faire grant tort à la justice de délivrer celluy Franquet, lors dit celle au 
baillif : « Puis que mon homme est mort, que je vouloye avoir, faictes 
de icelluy ce que debvroyés faire par justice. » 

hitcrroguée s'elle bailla l'argent ou fist bailler pour celluy qui avoit 
prins ledit Franquet : respond qu'elle n'est pas monnoyer ou trésorier de 
France, pour bailler argent. 

Et quant on lui a ramentue qu'elle avoit assailli Paris à jour de feste, 
qu'elle avoit eu le cheval de monseigneur de Senlis, qu'elle s'estoit lais- 
sée chcoir de la tour de Beaurevoir, qu'elle porte abit d'omme, qu'elle 
estoit consentante de la mort de Franquet d'Arras, s'elle cuide point 
avoir fait péchié mortel : respont au premier, de Paris : « Je n'en cuide 



I. AC en marge : Superbe responsum. — 2. AB : festo. — 5. C omet episcopi. 
- 4. Q : nio)ite. — ^- Q :aliquid. — 6. Ms. : loiirs. 



128 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

cato mortali, et, si fecerit peccatum mortale, hoc est recognoscen- 
dum Dec et sacerdoti in confessione. 

Ad secundum, de equo, respondit quod crédit firmiter quod de 
hoc non habet peccatum erga Deum, quia equus ille fuit asstimatus 
ad summam II" salutorum aureorum, unde ipse episcopus habuit 
assignationem ; et tamen idem equus fuit remissus domino de Tre- 
moilUa ', pro reddendo eum ipsi episcopo Silvanectensi ; nec vale- 
bat dictus equus ad equitandum pro ipsa. Etiam ipsa non removit 
illum ab episcopo ipso. Dixit etiam quod, ex alia parte, non volebat 
retinerc, quia audivit quod ipse episcopus erat maie contentus quod 
suus equus captus fuerat, et, cum hoc, quia equus ipse nihil valebat 
pro gentibus armorum. Finaliter, pro conclusione, ipsa Johanna 
nescit an idem episcopus fuerit persolutus de assignatione sibi facta, 
nec etiam si habuerit restitutionem sui equi ; et ^estimât quod non. 

Ad tertium vero, de illo casu a turri de Bcaurevoir, respondit : 
« Ego faciebam hoc non pro desperando, scd in spe salvandi corpus 
meum et eundi ad succurrendum pluribus bonis gentibus existen- 



point estre en péchié mortel ; et se je l'ay fait, c'est à Dieu d'en con- 
gnoistre, et en confession à Dieu et au presbtre^. 

Au second, du cheval de monseigneur Senliz : respond qu'elle croist 
fermement qu'elle n'en a point de pcchic mortel envers nostre Sire, pour 
ce qu'il se cstuiie à deux cens salus d'or, dont il en ouït assignacion ; et 
toustesvoics il fut renvoyé au seigneur de la TremouUe pour la rendre à 
monseigneur de Senliz ; et ne valoit rien ledit cheval à chevaucher pour 
elle. Et si dit qu'elle ne le osta pas de l'évesque ; et si dist aussi qu'elle 
n'estoit point contente, d'autre party, de le retenir, pour ce qu'elle 
oyt que l'évesque en estoit mal content que on avoit prins son cheval, 
et aussi pour ce qu'il ne valoit rien pour gens d'armes. Et en conclu- 
sion, s'il fut paie de l'assignacion qui luy fustfaicte, ne sçait, ne aussi s'il 
eust restitucion de son cheval, et pense que non. 

Au tiers, de la tour de Beaurevoir : respond : « Je le faisoye non pas 
en espérance de moy déespérer, mais en espérance de sauver mon corps, 
et de aler secourir plusieurs bonnes gens qui estoient en nécessité. » Et 



i. Q : Tremoilla. — 2. Ms., en rubrique : Item, die mercurii prxâicta, de 
releveya, décima quarta tnarlii. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I29 

tibus in nccessitate. Et post saltum fui confessa, et requisivi veniam 
a Domino. » Et etiam habet veniam a Domino, et crédit quod illud 
non erat bene factum de fociendo illum saltum ; sed erat maie fac- 
tum. Item dixit quod scit se habuisse veniam per revelationem 
sancta? KathariniE, postquam ipsa confessa fuit, et quod ex consi- 
lio ' sanctc-e Katharinœ fuit confessa. 

Interrogata utrum habuerit de hoc magnam pœnitentiam : res- 
pondit quod ipsa portavit unam magnam partem dictée pœnitenti^, 
ex malo quod habuit in cadendo. 

Interrogata utrum illud melefactum quod fecit in saltando, cre- 
dat fuisse peccatum mortale : respondit quod nihil scit^ et quod de 
lioc se refert Deo. 

Ad quartum autem, de portando habitum virilem : respondit : 
« Postquam id facio per prœceptum Dei et in suo servitio, ego non 
credo maie agere ; et quando placebit Deo prascipere, statim ipse 
habitus deponetur. » 



après le sault s'en est confessée, et en a requis mercy à nostre Seigneur, 
et en a pardon de nostre Seigneur. Et croist que ce n'estoit pas bien 
fait de faire ce sault ; mais fust mal fait. 

Item, dit qu'elle sçait qu'elle en a pardon par la relacion de saincte 
Katherine, après qu'elle en fut confessée ; et que, du conseil de saincte 
Katherine, elle s'en confessa. 

Interroguée s'elle en ouït grande pénitance : respond qu'elle en porta 
une grant partie, du mal qu'elle se fîst en chèant. 

Interroguée se, ce mal tait qu'elle tist de saillir, s'elle croist que ce 
fust péchié mortel : respond : " Je n'en sçay rien, mais m'en actend à 
nostre Seigneur. » 

Au quart, elle porte habit d'omme : respond : « Puis que je le fais 
par le commandement de nostre Sire, et en son service, je ne cuide 
point mal faire ; et quant il lui plaira - à commander, il sera tantoust mis 
jus. » 



I . C ajoute autem. — 2. Ms. : plaiiii. 
Procès de Jeanne d'Akc 



130 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

JOVIS XV. MARTI I. ■ 

Item, die jovis immédiate sequenti, décima quinta mensis martii 
prasdicti, de mane, in loco pntdicto carceris dictœ Johannas, praesi- 
dentibus dictis magistro Johanne de Fonte, commissario per nos, 
episcopum pr^dictum, deputato, et nobis, fratre Johanne Magistri, 
vicario Inquisitoris ; assistentibus venerabilibus viris, dominis et 
magistris Nicolao Midi et Gerardo Fueilleti, doctoribiis in sacra 
theologia; pr^sentibus ad hoc, Nicolao de Hubento, htterarum 
apostohcarum scriptore, et fratre Ysambardo de Petra. 

*Fuit eadem Johanna cum caritativis exhortationibus nionita et 
requisita quod, si contingat ipsam ahquid egisse contra lidem, veht se 
referre determinationi sanctas matris Ecclesia2,adquam se referre débet. 
Ipsa vero respondit quod ejus responsiones videantur et examinen- 
tur per clericos, et postea sibi dicatur an ibi sit aliquid quod sit con- 
tra tidem christianam : ipsa bene sciet dicere quid inde erit; et 
postea dicet illud quod de hoc invenerit per suum consiHum. 
Tamen si sit aliquid malum contra fidem christianam quam Deus 
pr^vcepit, ipsa non vellet sustincre, et esset benc irata de venicndo 
in contrarium. 

Item sibi fuit - dechirata distinctio Ecclesiïe triumphantis et mili- 
taïuis, et quid erat de ista et de illa ; fuitque requisita ut, de pne- 



* Jovii de /liane, dccima qiiiiila meiisis iiiaiiii 5. 

Après les monicions faictes à elle, et rcquisicions que, s'clle a fait 
quelque chose qui soit contre nostre fov, qu'elle s'en doit rapporter à la 
déterminacion de l'Eglise : respond que ses responses soient veues et 
examinées par les clercs; et puis que on luy die s'il y a quelque chose 
qui soit contre la foy chrestienne : elle sçara bien à dire par son conseil 
qu'il en sera, et puis en dira ce que en aura trouvé par son conseil. Kt 
toutesvoies, s'il y a rien de mal contre la foy chrestienne que nostre Sire 
a commandée, elle ne vouldroit soustenir, et seroit bien courroucée 
d'aler encontre. 



I. Hn marge de ABC. — 2. AC : fuit sibi. — 5. U, fol. 22, v". 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I3I 

senti, se submitteret determinationi Ecclesia;, et de hoc quod ipsa 
fecit et dixit, sive sit bonuni, sive ' malum. Respondit : « Ego non 
respondebo vobis aliud de pntasenti. » 

Item fuit eadem Johanna requisita, sub juramento quod pntsti- 
terat, ut diceret qualiter evadere putavit a Castro de Belloloco, 
inter ^ duas pecias nemoris : respondit quod nunquam fuit prisio- 
naria in aliquo loco, quin libenter evasisset ; et, ipsa exsistente in 
Castro pra^dicto, inclusisset suos custodes infra turrim, nisi fuisset 
portarius qui eam vidit et sibi obviavit '. Item dixit ad hoc quod, 
prout ei videtur, non placebat Deo quod ipsa evaderet pro illa vice, 
et quod oportebat quod videret regem Anglorum, quemadmodurn 
voces suœ dixerant ei, ut superius scribitur. 

Interrogata an habeat -• licentiam a Deo vel a vocibus suis, de 
recedendo quotiens sibi placebit : respondit : « Ego pluries petivi, 
sed adhuc non habeo. » 



Ileiii, luy fut déclairé l'EgHse triumphant et l'Eglise militant, que c'es- 
toit de l'un et de l'autre. 

Item, requise que de présent elle se meist en la déterminacion de 
l'Eglise de ce qu'elle a fait ou dit, soit bien ou mal : respond : « Je ne 
vous en respondray autre chose pour le présent 5. » 

Fuit dicta Johanna requisita et interrogata suh juramento pr^dicto, et primo, 
qu'elle dist la manière comme elle cuida eschaper du chastel de Beaulieu, 
entre deux pièces de boys : respond qu'elle ne fut oncques prisonnière 
en lieu qu'elle ne se eschappast voulentiers ; et elle estant en icelluy 
chastel, eust confermé ses gardes dedans la tour, n'eust été le portier 
qui la ad visa et la rencontra. 

Itetn dit, ad ce que il luy semble, que il ne plaisoit pas à Dieu qu'elle 
eschappast pour celle fois, et qu'il falloit qu'elle veist le roy des Angloys, 
comme ses voix luy avoient dit, et comme dessus [est] escript. 

Interroguée s'elle a congié de Dieu ou de ses voix de partir de prison 
toutes fois qu'il plaira à elle : respond : « Je l'av demandé plusieurs fois, 
mais je ne l'ay pas encore. » 

I. /Rajoute fit. — 2. O : inlra. — 3. AB en marge : Qualiter voliiit evadere 
a Castro de Beaurevoir ; C en marge : idem saui Beaulieu remplaçant Beatirevoir . 
— 4. AC : hahebal. — 5. La rubrique est répétée ici dans le rus. : Diejovis décima 
quinta nieiisis maiiii, aiiuo Domini luillcsiiiio quadringentesimo liicesimo. 



132 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata utrum de pr.^senti ipsa recederet, si videret suum 
punctum recedendi : respondit quod, si videret ostium apertum, 
ipsa recederet; et hoc esset sibi pr^i^ceptum Dei. Et crédit firmiter, 
si videret ostium apertum, et custodes sui et alii Anglici nescirent 
resistere, ipsa intélligeret quod ista est licentia sua et quod Deus 
mitteret ' ei succursum ; sed absque licentia non recederet, nisi hoc 
esset quod ipsa faceret unam aggressionem, galUce une entreprise, 
pro sciendo si Deus esset contentus, allegans illud proverbium in 
gaUico vulgatum : Aide toy. Dieu te aidera. Et istud dicit ut, si ipsa 
iret, non diceretur quod sine Hcentia recessisset. 

Interrogata, postquam ipsa petierataudiremissam, utrumne vide- 
retur ei honestius déferre habitum muHebrem - ; et fuit ab ea peti- 
tum quoJ ipsa priiediligeret, vel capere habitum muHebrem et 
audire missam, vel manere in habitu viriH et non audire missam. 
Respondit : « Certificetis me de audiendo missam, si ego sim in 
habitu muhebri, et ego super hoc vobis respondebo. » 

Tune fuit sibi dictum per interrogantem : « Et ego certifico 



Interroguée se de présent elle partiroit, s'clle véoit son point de partir : 
respond, s'elle véoit l'uys ouvert, elle s'en iroit, et ce luy seroit le congié 
de nostre Seigneur. Et croist fermement, s'elle véoit l'uvs ouvert, et ses 
gardes et les autres Angloys n'y sceussent résister, elle entendroit que ce 
seroit le congié, et que nostre Seigneur luy envoyeroit secours ; mais 
sans 3 congié ne s'en iroit pas, si ce n'estoit s'elle faisoit une entreprinse 
pour s'en aler, pour sçavoir se nostre Sire en seroit content, et allègue 
« Aide toy. Dieu te aidera ». Et le dit pour ce que, s'elle s'en aloit, que 
on ne deist pas qu'elle s'en fust allée sans congié. 

Interroguée, puis qu'elle demande à oïr messe, que il semble que ce 
seroit le plus honneste qu'elle fust en abif de femme ; et pour ce fust 
interroguée lequel elle aymeroit [mieulxj, prendre abit de femme et ouyr 
messe, que demourer en abit d'omme et non oyr messe. Respond : 
« Certiffiés-raoi de oïr messe, se je suys en abit de femme ; et sur ce je 
vous respondray. » 

A quoy luy fut dit par l'interrogant : « Et je vous certiffie que vous 

\. A : ei mitteret. — 2. BC en maroe : De habitu. — x. Ms. : seii. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I33 

vobis quod audietis missam, si fueritis in habitu muliebri. » Res- 
pondit : « Et quid dicitis vos, si ego promisi régi nostro, et juravi 
non deponere istum habitum ' ? Tamen ego vobis respondeo : 
faciatis mihi habere tunicam longam usque ad terram, sine cauda, 
et tradatis mihi pro eundo ad missam ; et postea, in regressu, ego 
iterum capiam istum habitum quem habeo. » 

Iterum interrogata utrum caperet habitum muliebrem, pro eundo 
auditum missam : respondit : « Ego habebo consilium super hoc, 
et postea vobis respondebo. » Et ultra requisivit in honorem Dei et 
BeatiT^ Mariie quod possit audire missam in ista bona villa. 

Et ad hoc fuit sibi dictum per interrogantem quod capiat habi- 
tum muliebrem simpliciter et absolute. Ipsa vero respondit : « Tra- 
datis mihi habitum sicut uni filiœ burgensis, videlicet unam hou- 
pelandam longam; et ego accipiam pro eundo auditum missam. » 
Ulterius dicit quod, quantum instantius poterat, requirebat quod 
permitteretur audire missam in ipso habitu quem portât, absque 
ipsum immutando. 



orrez messe, mais que soyés en abit de femme. » Respond : « Et que 
dictes-vous, se je ay juré et promis à nostre roy non meictre jus cest 
habit ? Toutesvoies je vous respond : Faictes moy faire une robe longue 
jusques à terre, sans queue, et me la baillez à aler à la messe ; et puis au 
retour, je reprandray l'abit que j'ay. » 

Et interroguée de prandre du tout l'abit de femme pour aler ouyr 
messe, respond : « Je me conseilleray sur ce, et puis vous respondray. » 
Et oultre requist, en l'onneur de Dieu et Nostre Dame, qu'elle puisse 
ouyr messe en ceste bonne ville. 

Et ad ce luy fut dit qu'elle prengne habit de femme simplement et 
absoluement. Et elle repond : «• Baillez moy abit comme une fille de 
bourgoys, c'est assavoir houppelande longue, et je le prendray, et 
mesmes le chaperon de femme, pour aler ouyr messe. » Et aussi le plus 
instamment qu'elle peust, requiert que on luy lesse cest habit qu'elle 
porte, et que on la laisse oyr messe sans le changier. 



I. A en mar2:e : De habitu. 



134 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata an, de hoc quod dixit et fecit, ipsa vult se submit- 
tere et referre determinationi Ecclesire ' : respondit : « Omnia dicta 
et facta mea sunt in manu Dei, et de his exspecto me ad ipsum. 
Et certifico vobis quod ego nihil veliem facere aut dicere 
contra fidem christiaham ; et, si ego aliquid dixissem aut fecissem, 
aut quod esset supra corpus meum, quod clerici scirent dicere esse 
contra fidem christianam quam Dominus stabilivit, ego non vel- 
iem sustinere, sed illud expellerem. » 

Interrogata an de hoc vellet se submittere ordination! Ecclesiîe : 
respondit : « Ego non respondebo vobis nunc aliud ; sed mittatis 
mihi clericum die sabbati, si non vultis venire, et de hoc ego sibi 
respondebo cum auxilio Dei, et poneturin scriptis. » 

Interrogata utrum, quando voces suas veniunt, faciat cis reveren- 
tiam absolute, sicut uni Sancto vel uni Sancta^ : respondit quod 
sic ; et si aliquando non fecerit, ipsa ab eis qua^sivit veniam 
depost. Nec scit eis facere ita magnam reverentiam sicut eas 



Interroguée se de ce qu'elle a dit et fait, elle vcult [se] submeictre et 
rapporter en la déterminacion de l'Eglise : respond (que) : « Toutes mes 
œuvres et mes fais sont tous en la main de Dieu, et m'en actend à luy ; 
et vous certiffie que je ne vouldroie rien faire ou dire contre la foy 
chrestienne ; et se je avoye rien fait ou dit qui fust sur le corps de moy, 
que les clercs sceussent dire que ce fust contre la foy chrestienne que 
nostre sire ait estabiie, je ne vouldroie soustenir ; mais le bouteroye 
hors. » 

Et interroguée s'elle s'en vouldroit point submectre en l'ordonnance 
de l'Eglise : respond : «Je ne vous en respondray maintenant autre chose; 
mais samedi envoyés moy le clerc, se n'y voulés venir, et je luy res- 
pondray de ce à l'aide de Dieu, et sera mis en escript, » 

Interroguée se, quant ses voix viennent, s'elle leur fait révérence 
absoluement comme à ung Sainct ou Saincte : respond que ouil. Et 
s'elle ne l'a fait aucunes fois, leur en a crié mercy et pardon depuis. Et 
ne leur sçait faire si grande révérence comme à elles appartient ; car 



I . ABC en marée : De suhmissione Ecclesix. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I35 

decet, quia crédit firmiter quod sunt sancta: Katharina et Marga- 
reta. Et similiter dixit, quoad iioc, desancto Michaele. 

Interrogata, quia Sanctjs paradisi communiter fiunt oblationes 
de candelis, utrum illis Sanctis venientibus ad ipsam feceritne obla- 
tioneni de candelis ardentibus vel aliis rébus, in ecclesia aut alibi, 
vel an fecerit dicere missas : respondit quod non, nisi hoc fuerit 
offerendo in missa in manu sacerdotis, ad honorem sancta; Katha- 
rm:\;. Et crédit quod est una de illis quas apparent sibi ; nec tôt 
candelas ' accendit, sicut faceret libenter * ipsis sanctis KathariucT 
et Margaretœ qua; sunt in paradiso, quas crédit firmiter esse illas 
easdem q\ix veniunt ad ipsam. 

Interrogata utrum, quando ponit [istas] candelas ante imaginem 
sanct:i: Katharina^, ipsa ponat eas in honorem illius qUcT sibi 
apparet : respondit : « Ego facio hoc in honorem Dei, Beatœ 
Mariii;, et sanctit Katharin:u qui\3 est in cœlo, et illius quas se osten- 
dit mihi. » 



elle croist fermement que ce soient sainctes Katherine et Marguerite. 

Et semblablement dit de saint Michiel . 

Interroguée pour ce que es Saincts de paradis on 3 fait voulentiers 
oblacion de chandelles etc., se à ces Saincts et Sainctes qui viennent à 
elle, elle a point fait oblacion de chandelles ardans ou d'autres choses, 
à l'église ou ailleurs, ou faire dire des messes : respond que non, se ce 
n'est en offrant à la messe en la main du presbtre, et en Tonneur de 
saiiactc Katherine ; et croist que c'est l'une de celles qui se apparust à 
elle ; et n'en a point tant alumé comme elle feroit voulentiers à sainctes 
Katherine et Marguerite, qui sont en paradis, qu'elle croist fermement 
que ce sont celles qui viennent à elle. 

Interrogue'e se, quant elle meict ces chandelles devant l'ymaige 
saincte Katherine, elle les meict, ces chandelles, en l'onneur de celle 
qui se apparut à elle : respond : « Je le fais en l'onneur de Dieu, de 
Nostre Dame et de saincte Katherine, qui est eu ciel ; et ne fais point de 
différence de sainste Katherine qui est eu ciel et de celle qui se appert 
à mov. » 



I. A au bas de la page : De candelis ardenlibus. — 1. A : libenter faceret. — 
3. Ms. : ont. 



136 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata utrum ponat hujusmodi candelas ad honorem illius 
sanctc-e Katharinae quas se ostendit sibi, seu qm^s sibi apparet : res- 
pondit quod sic, et quod non ponit differentiam inter illam quas 
sibi apparet et illam qua? est in cœlo. 

Interrogata an semper faciat et compleat iliud quod voces suii^ 
pr^cipiunt ei : respondit quod, ex toto posse suo, ipsa adimplevit 
prasceptum Dei sibi factum per voces suas, de hoc quod scivit intel- 
ligere. Et nihil pra^cipiunt sibi voces illae, sine beneplacito Dei. 

Interrogata an, in facto guerrœ, fecerit aliquid sine consilio 
vocum suarum : respondit : « \'os de hoc habetis responsum. Lega- 
tis bene lihrum vestrum, et vos reperietis. » Dixit tainen quod, ad 
requestam hominum armatorum, fuit flicta ' valentia armorum 
coram villa Parisiensi, et etiam coram villa de Caritate, ad 
requestam régis sui. Et hoc non fuit contra nec per pntceptum 
vocum suarum. 

Interrogata utrum unquam fecerit aliqua contra voluntatem et 
praeceptuni illarum vocum : respondit quod, illud quod potuit et 



Interroguée s'elle le[s]nieict en l'onneur de celle qui se apparut à elle : 
respond que ouil ; car elle ne meict point de différence entre celle qui se 
apparut à elle, et celle qui est eu ciel. 

Interroguée s'elle fait et accomplist tousjours ce que ses voix lui 
commandent : respond que de tout son povoir elle accomplist le com- 
mandement de nostre Seigneur à elle fait par ses voix, de ce qu'elle en 
sçait entendre ; et ne luy commandent rien sans le bon plaisir de nostre 
Seigneur. 

Interroguée se, eu fait de la guerre, elle a rien [fait] sans le congié de 
ses voix : respond : « \'ous en estes tous respondus. Et luises bien 
vostre livre, et vous le trouvères. » Ht toutesvoies dit que, à la requeste 
des gens d'armes, fut fait une vaillance d'armes' devant Paris, et aussi 
ala devant La Charité à la requeste de son roy, et ne fut contre ne par 
le commandement de ses voix. 

Interroguée se elle fist oncques aucunes choses contre leur comman- 
dement et voulenté : respond que ce qu'elle a peu et sceu faire, elle Ta 

I. AC ajoutent iiiia. 



PROCliS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I37 

scivit facere, adimplevit pro posse. Et quantum est de saltu a 
turri de Beaurevoir, quem fecit contra pritxeptum earum^ ipsa non 
potuit se de hoc abstinere; et quando voces illa^ viderunt necessi- 
tatem suam, quod non sciebat nec poterat se de hoc tenere, ipsas 
succurrerunt v'nx. ejus et pnçservavcrunt eam ne se ipsam inter- 
ficeret. Dixit ultra quod, quidquid unquam fecit in suis magnis 
agendis, ips:t voces semper succurrerunt ei ; et hoc est signum 
quod SLint boni spiritus. 

Interrogata an habeat aUud signum quod ilU\; voces sunt boni 
spiritus : respondit quod sanctus Michael hoc certificavit sibi, ante- 
quam \\\x voces venirent. 

Interrogata quaHter ipsa cognovit quod ipse ' erat sanctus 
Michael : respondit quod per loquelam suam et per idioma ange- 
loruni ; et crédit firmiter quod erant angeli. 

Interrogata qualiter cognovit quod erant angeU : respondit quod 
credidit hoc satis cito, et habuit istam voluntatem hoc credendi . 
Et dixit ultra quod sanctus Michael, quando venit ad eam, dixit 



fait et accomply à son povoir ; et quant est du sault du dongon de 
Beaurevoir qu'elle fist contre leur commandement, elle ne s'en peust 
tenir; et quant elles veirent sa nécessité, et qu'elle ne s'en sçavoit et 
povoit tenir, elles iuy secourirent sa vie et la gardèrent de se tuer. Et 
dit oultre que, quelque chose qu'elle feist oncques en ses grans afaires, 
elles l'ont tousjours secourue ; et ce est signe que ce soient bons 
esperis. 

Interroguée s'elle a point d'autre signe que ce soient bons esperis : 
respond : « Saint Michiel le me certiffie, avant que les voix me 
venissent. » 

Interroguée comme elle congneust que c'estoit saint Michiel : res- 
pond : (<• Par le parler et le langaige des angles » ; et le croist fermement 
que c'estoient angles. 

Interroguée comme elle congneust que c'estoit langaige d'angles : 
respond que elle le creust assés tôt ; et eust ceste voulenté de le croire. 
Et dit oultre que saint Michiel, quant il vint à elle, luv dist que sainctes 

\. C : ihi. 



138 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

sibi quod sanctc-ç Katharina et Margareta venirent ad ipsam, et 
quod ipsa ageret par consilium ipsarum, quas erant ordinat^e pro 
eam conducendo et ei consulendo in eo quod haberet agere, et 
quod ipsa eis crederet de hoc quod dicerent sibi, et quod hoc erat 
per prasceptum Dei. 

Interrogata, si diabohis poneret se in forma seu figura boni 
angeh, quomodo ipsa cognosceret quod esset bonus angélus vel 
malus : respondit quod bene cognosceret an esset sanctus 
Michael, vel aliqua res conficta ad modum ejus. Item dixit quod, 
prima vice, habuit magnam dubitationem an esset sanctus Michael 
qui veniebat ad ipsam, et illa prima vice habuit magnum timorem ; 
et vidit ipsum multotiens, antequam sciret quod esset sanctus 
Michael. 

Interrogata quare citius cognovit sanctum Michaelem illa vice 
qua hoc credidit, quam cognoverat prima vice qua ' ipse sibi appa- 
ruit: respondit quod, prima vice, ipsa erat juvenis et habuit timo- 
rem ; et depost idem sanctus Michael in tantum docuit eam et ei 
monstravit, quod credidit firmiter quod ipse erat. 



Katherine et Marguerite vendroient à clic, et qu'elle fcist ^ par leur 
conseil, et estoient ordonnccs pour la conduire et conseiller en ce 
qu'elle avoit à faire ; et qu'elle les creust de ce qu'elles luv diroient, et 
que c'estoit par le commandement de nostrc Seigneur. 

Interroguce, se l'Annemy se mcctoit en fourme ou signe d'angle, 
comme elle congnoistroit que ce fust bon angle ou mauvais angle : res- 
pond qu'elle congnoistroit bien se ce seroit saint Michiel ou une chose 
contrefaicte comme luy. 

Item respont que à la première fois, elle fist grant doubte se c'estoit 
saint Michiel. Et à la premtère fois ouït grand paour ; et si le vist maintes 
fois avant qu'elle sceust que ce fust saint Michiel. 

Interroguée pourquoy elle congneust plus tost que c'estoit saint 
Michiel, à la fois que elle creust que c'estoit il, que à la fois première : 
respond que à la première fois, elle estoit jeune enfant et ouït paour de 
ce ; depuis lui enseigna et monstra tant qu'elle creust fermement que 
c'estoit il. 

I . B omet qua. — 2 . Ms. : feus t. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I39 

Interrogata qualem doctrinam sibi monstravit : respondit quod, 
super omnia, sibi dicebat quod esset bona juvenis, et quod Deus 
adjuvaret eam ; et inter alia sibi dixit quod ipsa veniret ad suc- 
cursum régis Francis ; et una major pars ejus quod angélus ipsam 
docuit est in isto libro ; et recitabat sibi angélus calamitatem qua^ 
erat in regno Francias. 

Interrogata de magnitudine et statu ra ejusdem angeli : respon- 
dit quod, die sabbati extunc proximo futura, responderet, cum 
una alia re unde débet respondere, illud ' scilicet quod de hoc pla- 
cebit Deo. 

Interrogata an ipsane crédit quod sit magnum peccatum de 
offendendo sanctas Katharinam et Margaretam quae apparent sibi, 
et facere contra prœceptum earum : respondit quod sic, qui scit 
hoc emendare ; et quod illud in quo plus unquam offenderit eas, 
fuit in saltu de Bcaurevoir ; unde ipsa qu^sivit ab eis veniam, et de 
aliis offensis quas ^ potuit fecisse erga ipsas. 

Interrogata an sanctc-e Katharina et Margareta acciperent vin- 



Interroguée quelle doctrine il luy enseigna : respond,* sur toutes 
choses il luy disoit qu'elle fust bon enfant, et que Dieu luy aideroit ; et, 
entre les autres choses, qu'elle venist au secours du roy de France. Et 
une plus grande partie de ce que l'angle luy enseigna est en ce livre ; et 
luy racontet l'ange la pitié qui estoit eu royaume de France. 

Interroguée de la grandeur et estature de celluy angle : dit que 
samedi elle en respondra avec Tautre chose dont elle doit respondre, 
c'est assavoir ce qu'il en plaira à Dieu. 

Interroguée s'elle croist point grant péchié de courroucer saincte 
Katherine et saincte Marguerite qui se appairent à elle, et de faire 
contre leur commandement : dit que ouil, qui le sçait amender ; et que 
le plus qu'elle les courrouçast oncques, à son advis, ce fut du sault de 
Beaurevoir, et dont elle leur a crié mercy, et des autres offenses qu'elle 
peust avoir faictes envers elles. 

Interroguée se saincte Katherine et saincte Marguerite prendroient 



I. C omet ///;/(/. — 2. ABC : qux. 



140 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dictam corporalem pro illa offensa : respondit quod nescit, et quod 
non petivit ab eis. 

Interrogata, quia alias dixerat quod pro dicendo veritatem inter 
dum homines suspenduntur, utrum ipsa sciât aliquod crimen vel 
aliquem defectum, propter quod vel propter quem ipsa posset 
vel deberet mori, si fateretur illud : respondit quod non. 



SABBATI XVII. MARTH 



Item; die sabbati, xvii. dicti mensis martii, immédiate sequenti, 
magistro Johanne de Fonte, per nos, episcopum pr^dictum ^ 
commisso, et nobis, Johanne Magistri, vicario Inquisitoris, supra- 
dictis prassidentibus, in dicto loco carceris praedictre Johanna; ; 
adstantibus > venerabilibus et discretis viris, dominis et magistris 
superius nominatis, Nicolao Midi et Gerardo Fueilleti, doctoribus 
in theologia ; pntsentibus Ysambardo de Petra et Johanne Mas- 
sieu, superius nominatis ; requisita fuit prcTdicta Johanna de 
prœstando juramentum, quod et ipsa pmestitit. 

*Deinceps interrogata in quibus forma, magnitudine, specie et 
habita sancftus Michael venit ad eam : respondit quod ipse erat in 



vengcncc corporelle pour l'ofFence : respond qu'elle ne sçait, et qu'elle 
ne leur a point demandé. 

Interroguée pour ce qu'elle a dit que, pour dire vérité, aucunes fois 
l'en est pendu ; et pour ce, s'elle sçait en elle quelque crime ou faulte, 
pour quoy elle peust ou deust mourir, s'elle le confessoit : respond que 
non. 

* Die sabbati, décima septinia mensis martii + 
Dicta lohauua fuit requisita de prœstaudo, cl jii ravit, etc. 

Interroguée de donner response en quelle fournie et espèce, grandeur 
et habit, vient sainct Michiel : respond : « Il estoit en la fourme d'un 



I. En marge de ABC {AC ajoutent mensis devant martii). — 2. C omet prœ- 
dictnm. — ^- Q : assistentihus. — 4. U, fol. 24, r". 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I4I 

forma unius verissimi probi hominis ' ; et de habitu et aliis rébus, 
non dicet amplius aliud. Quantum ad angelos, ipsa vidit oculis 
suis, et non habebitur aliquid amplius de hoc ab ipsa. Item, dicit 
quod ipsa crédit neque firmiter dicta et facta sancti Michaelis qui 
apparuit sibi, sicut ipsa crédit quod Dominus noster Jbesus Christus 
passus est mortem et passionem pro nobis. Et illud quod movet 
ipsam ad hoc credendum est bonum consilium, bona confortatio et 
bona doctrina quie ipse fecit et dédit eidem Johann^e. 

Interrogata an veht se ponere in determinatione sanct^e matris 
Ecclesi;\; - de omnibus suis factis, sive hoc sit bonum ', sive 
malum : respondit quod, quantum adEcclesiam, ipsa diUgit eam et 
vellet eam sustinere ex toto posse suo, pro fide nostra christiana; 
et ipsa non est quœ debeat impediri de eundo ad ecclesiam, nec de 
audiendo missam. Et, quantum ad bona opéra qu£e fecit et de suo 
adventu, oportet quod se référât ad Regem cœli qui misit eam ad 
Karolum, filium Karoh, régis Franciag, qui erit '^ rex FranciiE. 



très vray preudomme » ; et de l'abit et d'autres choses, elle n'en dira plus 
autre chose. 

Quant aux angles, elle les a veus, à ses yeulx, et n'en aura l'en plu 
autre chose d'elle. 

Item dit qu'elle croist aussi fermement les ditz et les fais de saint 
Michiel, qui s'est apparu à elle, comme elle croist que nostre Seigneur 
Jeshu Crist souffrit mort et passion pour nous. Et ce qui la nieust à le 
croire, c'est le bon conseil, confort et bonne doctrine qu'il luy a fais et 
donnés. 

Interroguéc s'elle se veult meictre de tous ses diz et fais, soit de bien 
ou mal, à la dcterminacion de nostre mère saincte Eglise : respond que, 
quant à l'Eglise, elle l'aime et la vouldroit soustenir de tout son povoir 
pour nostre foy chrestienne; et n'est pas elle que on doive destourber ou 
empescher d'alerà l'église, ne de ouyr messe. Quant aux bonnes œuvres 
qu'elle a faictes et de son advénement^ il fault qu'elle s'en actende au Roy 
du ciel qui l'a envoyée à Charles, fîlz de Charles, roy de France, qui sera 

I. AB en marge : De jorma sancti Michaelis et aliis angelis ; C en marge : D 
forma sancti Michaelis et alioriim angeloruvi . — 2. 5 en marge : De subniission 
EccUsix ; C en marge : De submissione sanctx matri Ecclesix. — 5. AC : bonum 
sit. — 4- Q : erat . 



142 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

« Et videbitis » inquit, « quod Gallici bene cite lucrabuntur unum 
magnum negotium quod Deus mittet ipsis Gallicis, et quod in 
hoc nutabit, gallice branlera, totum regnum Franciae. » Et hoc dicit 
ut, quando id evenerit, quod habeatur memoria quod ipsa dixit 
hoc. 

Requisita quod diceret termhium in quo hoc eveniet : respon- 
dit : « Ego me exspecto de hoc ad Dominum. » 

Interrogata utrum se referet de dictis et factis suis ad determina- 
tionem Ecciesiœ : respondit : « Ego refero me ad Deum qui me 
misit, ad Beatam Mariam, et omnes Sanctos et Sanctas paradisi. Et 
videtur mihi quod unum et idem est de Deo et de Ecclesia, et quod 
de hoc non débet fieri difHcultas. Quare facitis vos de hoc difii- 
cultatem ? » 

Tune sibi fuit dictumquod est una Ecclesia triumphans, ubi sunt 
Deus, Sancti, Angeh et anima; jam salvatœ; est etiam Ecclesia mili- 
tans, in qua est Papa, vicarius Dei in terris, cardinales, praelati 
ecclesiœ, clerus et omnes boni christiani atque catholici; qux' qui- 



roy de 1-rance ; « et verres que les Françoys gaigneront bien tost une 
grande besoingne que Dieu envoyeroit aux Françoys ; et tant que il bran- 
lera ' presque tout le royaume de France ». Et dit qu'elle le dit afin que, 
quant ce sera advenu, que on ait mémoire qu'elle l'a dit. 

Et requise de dire le terme : dit: « Je m'en actend ànostre Seigneur.» 
Interroguée de dire s'elle se rapportera à la déterniinacion de l'EglisC : 
rcspond : « Je m'en rapporte à nostre Seigneur, qui m'a envoyée, à 
Nostre Dame, et à tous les benoictz Saints et Sainctcs de paradis. » Et 
luy est advis que c'est tout ung de nostre Seigneur et de l'Eglise, et que 
on n'en doit point faire de difficulté, en demandant pour quoy on fait 
difficulté que ce ne soit tout ung. 

Adonc luy fut dit que il y a l'Eglise triomphant, où est Dieu, les 
saincts, les angles et les âmes saulvées. L'Eglise militant, c'est nostre 
saint père le Pape, vicaire de Dieu en terre, les cardinaulx, les prélas de 
l'Eglise et clcrgié, et tous bons chrestiens et catholiques ; laquelle Eglise 



I. Ms. : brannera. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I43 

dem Ecclesia bene congregata non potest errare et regitur a Sancto 
Spiritu. Propterea interrogabatur utrum velit se referre militanti 
Ecclesias, videlicet qu:;e est in terris, jam hoc modo declarata. Res- 
pondit quod ipsa venit ad regem Francise ex parte Dei, ex parte 
Beatx- Virginia Mariai et omnium Sanctorum et Sanctarum paradisi 
et Ecclesi;e victoriosx' de sursum^ et de pr^cepto eorum; et illi 
Ecclesiit submittit omnia bona facta sua, et totum hoc quod fecit et 
factura est. Et de rcspondendo an submittet se Ecclesix- militanti, 
dicit quod non respondebit pro nunc aliud. 

Interrogata quid dicit de illo habitu ' fœmineo qui sibi ofFertur, 
ut ipsa possit ire auditum missam : respondit quod, quantum ad 
habitum fœmineum, ipsa non capiet adhuc quousque placebit Deo. 
Et, si ita sit quod oporteat eam duci usque ad judicium, ipsa se 
refert dominis de Ecclesia, quod ipsi dent sibi gratiam de habendo 
unam camisiam - muliebrem et unum capitegium in capite suo ; et 
quod mavult mori quam revocare illud quod Deus fecit sibi facere ; 
quod ipsa crédit firmiter quod Deus non jam dimittit evenire de 



bien assemblé ne peut errer, et est gouvernée du Saint Esperit. Et pour 
ce, interroguée s'elle se veult raporter à l'Eglise militant, c'est assavoir 
c'est celle qui est ainsi déclairée : respond qu'elle est venue au roy de 
France de par Dieu, de par la vierge Marie et tous les benoitz Sains et 
Sainctes de paradis, et l'Eglise victorieuse de là hault, et de leur com- 
mandement ; et à celle Eglise-là elle submeict tous ses bons fais, et tout 
ce qu'elle a fait ou à faire. Et de respondre s'elle se submeictra à l'Eglise 
militant, dit qu'elle n'en respondra maintenant autre chose. 

Interroguée qu'elle dit à cel habit de femme que on luy offre, affin 
qu'elle puisse aler ouyr messe: respond, quanta l'abit de femme, elle ne 
le prandra pas encore, tant qu'il plaira à nostre Seigneur. Et se ainsi est 
qu'il la faille mener jusques en jugement, qu'il la faille desvestir en juge- 
ment, elle requiert aux seigneurs de l'Eglise qu'il luy donnent la grâce 
de avoir une chemise de femme et un queuvrechief en sa teste ; qu'elle 
ayme mieulx mourir que de révoquer ce que nostre Seigneur luy a fait 
faire, et qu'elle croisl ferniéement que noslre Seigneur ne laira jà advenir 



I. .-^C en marge: De habitu. — 2. C : camiseaiii. 



144 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

ponendo eam ita basse, quin habeat bene cito succursum et per 
miraculum. 

Interrogata, propter hoc quod dicit quod portât habitum ex pra,'- 
cepto Dei, quare ipsa petit camisiam ' muliebrem in articule mor- 
tis : respondit: « Sufficit mihi quod sit longa. » 

Interrogata utrum matrina sua quiv vidit Fatales Dominas, gal- 
lice Jes faées, reputetur sapiens mulier : respondit quod ipsa tene- 
tur et reputatur una proba mulier, non divina vel sortilega. 

Interrogata, propter hoc quod ipsa dixit quod acciperet habitum 
muliebrem si permitteretur abire, utrum hoc placeret Deo : respon- 
dit quod, si daretur sibi licentia de recedendo in habitu muliebri, 
ipsa statim reciperet habitum virilem et faceret illud quod est sibi 
pnvceptum a Domino. Et hoc alias ipsa respondit, nec, pro aliqua 
re, faceret juramentum de non armando se et non portando habi- 
tum virilem, pro faciendo prasceptum Domini. 

Interrogata de a.'tate et vestimentis sanctarum Katharin^ et Mar- 
garet;e : respondit : « Vos de hoc habetis responsum quod habebi- 



dc la meictre si bas, par chose, qu'elle n'ait secours bientost de Dieu et 
par miracle. 

Interroguée, pour ce qu'elle dit qu'elle porte habit d'ommc par le 
commandement de Dieu, pourquoy elle demande chemise de femme en 
article de mort : respond, il luysuffist qu'elle soit longue. 

hiterroguée se sa marraine qui a veu les fées, s'ellc est repputéc saige 
femme : respond qu'elle est tenue et réputée bonne preude femme, non 
pas devine ou sorcière. 

Interroguée, pour ce qu'elle a dit qu'elle prendoit habit de femme, mais 
que on la laissast aler, se ce plairoit à Dieu : respond, se on luy donnoit 
congié en abit de femme, elle se meictroit tantoust en abit d'omme, et 
feroit ce qui luy est commandé par nostre Seigneur; et l'a autresfois 
ainsi respondu, et ne feroit pour rien le serement qu'elle ne se armast et 
meist en abit d'omme, pour faire le plaisir de nostre Seigneur. 

Interroguée de l'aage et des vestemens de sainctes Katherine et Mar- 
guerite : respond : « Vous estes respondus de ce que vous en aurez de 

I. C .• camiseaui. 



(■') '^^ lyuVc<^-t-'-\-V 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I45 

ris ex me, nec habebitis aliud. Et vobis de hoc respondi ad cer- 
tius ' quod ego sciam. » 

Interrogata utrum credebatne ante istum diem quod Domin:v 
Fatales essent mali spiritus : respondit quod de hoc nihil scit. 

Interrogata utrum ipsa scit quod sanctit Katharina et Margareta 
odiant AngHcos: respondit : «■ Ipsie amant illud ^ quod Deus amat, 
et odiunt illud quod Deus odit. » 

Interrogata utrum Deus odiat Anglicos : respondit quod de odio 
vcl amore ' quem Deus habet '^ ad Anglicos, vel quid eis faciet 
quantum ad animas, nihil scit; sed bene scit quod expellentur a 
Francia, exceptis his qui ibidem remanebunt et décèdent, et quod 
Deus mittet victoriam Gallicis contra Anglicos. 

Interrogata utrum Deus erat pro Anglicis, quando ipsi prosperi- 
tatem habebant in Francia : respondit quod nescit utrum Deus odie- 
bat Gallicos ; sed crédit quod volebat permittere eos puniri > pro 
peccatis eorum, si in illis erant. 



moi ; et n'en aires aultre chose ; et vous en ay respondu tout au plus 
certain que je sçay. » 

Interroguée s'elle croiet point, au devant de aujourduy, que les fées 
feussent maulvais esperis : respond qu'elle n'en sçavoit rien. 

Interroguée s'elle sçait point que sainctes Katherine et Marguerite 
haient les Angloys : respond : « Elles ayment ce que nostre Seigneur 
ayme, et haient ce que Dieu hait. » 

Interroguée se Dieu hait les Angloys : respond que de l'amour ou 
haine que Dieu a aux Angloys, ou que Dieu leur feit à leurs âmes, ne 
sçait rien ^ ; mais sçait bien que ilz seront boutez hors de France, excepté 
ceulx qui y mourront; et que Dieu envoyera victoire aux Françoys, et 
contre les Angloys. 

Interroguée se Dieu estoit pour les Angloys, quant ilz estoient en 
prospérité en France : respond qu'elle ne sçait se Dieu hayet les Fran- 
çoys ; mais croist qu'il vouloit permcictre de les laisser batre pour leurs 
péchiez, s'ilz v estoient. 



i. B : terlius (sic). — 2. — Q omet illuJ . — 3. B et Q : aviore vel odio. 
4. C : haheat. — 5. AC : perçut i. — 6. Ms. eu marge: Vray. 

Procès de Jeanne d'Arc. 10 



146 PROCÈS DU CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata qualem garantizationem etqualem succursuin exspec- 
tat habere a Domino, de hoc quod portât habitum virilem : respon- 
dit quod, tam de habitu quam de aliis qua? fecit, non exspectataliud 
pr^emium quam salvationcm animai suit. 

Interrogata qualia arma obtulit in ecclesia Sancti-Dionysii in 
Francia : respondit quod obtulit album harnesium suum ', gallice 
un blanc harnoys, integrum, taie sicutuni hominiarmorum congruit, 
cum uno ense quem lacrata est coram villa Parisiensi. 

Interrogata ad quem finem eadem arma obtulit ; respondit quod 
hoc fuit ex devotione, sicut consuetum est apud homines armorum 
quando sunt \xs\ ; et quia fuerat husa coram villa Parisiensi, obtu- 
lit ea Sancto Dionysio, propter hoc quod est clamor Franciit'. 

Interrogata utrum hoc fecerit ut arma ipsa adorarentur : respon- 
dit quod non. 

Interrogata de quo deserviebant illi\j quinque cruccs quiv erant 
in illo ense, quem reperit apud sanctam Katharinam de bicrbois ^ : 
respondit quod de hoc nihil scit. 



liitcrroguée quel garand et quel secours elle se actend avoir de nostre 
Seigneur, de ce qu'elle porte abit d'onime : respond que, tant de l'abit 
que d'autres choses qu'elle a fais, elle n'en a voulu avoir autre loyer, 
sinon la salvacion de son ame. 

hîterroguée quelz armes elle olh-y à Saint Denis : respond que ung 
blanc harnas entier à ung homme d'armes, avec une espée ; et la gai- 
gna devant Paris. 

Interroguée à quelle fin elle les oftVy : respond que ce fut par dévo- 
cion, ainsi que il est accoustumé par les gens d'armes, quant ilz sont 
bléciés : et pour ce qu'elle avoit esté blécée devant Paris, les offrit à 
saint Denis, pour ce que c'est le cry de France. 

Interroguée ce c'estoit pour ce que on les adorast^ : respond que non. 

Interroguée de quoy servoient ces cinq croix qui estoient en l'espée 
qu'elle trouva à saincte Katherine de Fierboys : respond qu'elle n'en 
scait rien. 



I. A en marge : De heniesio Johaniuv. — 2. C : Fierboys. — 5. Ms. : artuasl. 



\^f^ '\w«0^v*A(w 



PROCES DE CONDAMNATION DH JEA.NKH I) ARC I47 

Interrogatii quid movit eam ad taciendum depingi angelos cum 
hrachiis, pedibus, tibiis et vestimentis in suo vexillo :respondit : 
« Vos de hoc habetis responsum. » 

Interrogata utrum fecerit depingi illos angelos qui veniunt ad 
ipsani : respondit quod fecit eos depingi in modumquodepinguntur 
in ecclesiis. 

Interrogata si unquam vidit eos in tali modo quo fuerunt depic- 
ti : respondit : « Ego non dicam vobis aliud. » 

Interrogata quare non tecit ibi depingi claritatem qux venit ad 
eam cum angelo vel vocibus : respondit quod hoc non fuit sibi 
pra^ceptum 

EODEM DIE POST MERIDIEM '. 

Item, eodem die sabbati post meridiem, pnvsidentibus nobis, epis- 
copo et vicario Inquisitoris pra^dictis ; assistentibus venerabilibus et 
discretis viris, dominis et magistris : Johanne Pulchripatris, Jacobo 
de Turonia, Nicolao Midi, Petro Mauricii etGerardo Fueilleti, doc- 
toribus ; et Thoma de Courceilis, bachalario in sacra theologia ; 
Johanne de Fonte, licentiato in jure canonico, commisso a nobis, 
episcopo pn^dicto ; prtesentibus fratre Ysambardo de Petra et 
Johanne Gris, superius nominatis. 



Interroguée qui la meust de faire paindre angles, avecques bras, pies, 
jambes, vesteniens : respond : « Vous y estes respondus. » 

Interroguée s'elle les a fait paindre tielz qu'il/, viennent à elle : res- 
pond que elle les a fait paindre tielz en la manière qu'ilz sont pains es 
églises. 

Interroguée se oncques elle les vit en la manière que ilz furent pains : 
respond : « Je ne vous en diray autre chose. » 

Interroguée pourquoy elle n'y fist paindre la clerté qui venoit à elle 
avec les angles ou les voix : respond que il neluy fust point commandé. 



I . Kii marine do CB ; J omet. 



148 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata fuit eadem Johanna an illi duo angeli depicti in suc 
vexillo repraîsentabant sanctum Michaelem et sanctum Gabrielem : 
respondit quod non erant ibi, nisi solum pro honore Dei qui 
depictus erat in vexillo. Et dixit quod non fecit fieri reproiisentatio- 
nem duorum angelorum, nisi solum in honorem Dei, qui ibi erat 
figuratus tenens mundum. 

Interrogata utruni illi duo angeli in suo vexillo figurati erant 
duo angeli custodientes mundum, et cur non erant ibi plures, viso 
quod sibi pra;ceptum erat ex parte Dei quod caperet illud vexillum : 
respondit quod totum vexillum erat prc'eceptum ex parte Dei, per 
voces sanctarum Katharina; et Margaret^ qua^ dixerunt sibi : 
« Accipias vexillum ex parte Régis cœli. » Et propterea quod dixe- 
runt sibi : « Capias vexillum ex parte Régis cœli », ipsa fecit ibi fieri 
istam figuram Dei et angelorum, et colorari. Et totum fecit per 
prasceptu m Dei . 

Interrogata uirum lunc ab eisdcm duabus Sunctis pctivit si, in 



Le samedi xvii« jour de mars, mil CCCC trente, après disner. 

Interroguée se ces deux angles, qui estoient pains en son estaindart, 
représentoient saint Michiel et saint Gabriel : rcspond qu'ilz n'y estoient 
fors seullcment pour l'onneur de nostre Seigneur, qui estoit painct en 
l'estaindart; et dit qu'elle ne fist faire celle representacion des deux 
angles, fors seullement pour l'onneur de nostre Seigneur, qui y estoit 
figuré, tenant le monde. 

Interroguée se ces deux angles, qui estoient figurés en l'estaindart, 
estoient les deux angles qui gardent le monde, et pourquoy il n'y en 
avoit 'plus, veu qu'il luy estoit commandé par nostre Seigneur qu'elle 
prainst cel estaindart : respond, tout l'estaindart estoit commandé par 
nostre Seigneur, par les voix de sainctes Katherine et Margarite, qui 
luy dirent : « Pren l'estaindart de par le Roy du ciel. » Et pour ce qu'ilz 
luy dirent : « Pren estaindart de par le Roy du ciel », elle y fist faire 
celle figure de nostre Seigneur et de deux angles, et de couleur ; et tout 
le fist par leur commandement. 

Interroguée se alors elle leur demanda se, en vertu de celluv estain- 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I-|9 

virtute illius vexilli ', lucraretur omnia bella in quibus se poneret, 
et an haberet victorias : respondit quod dixerunt ei quod caperet 
audacter, et quod Deus adjuvaret eam. 

Interrogata an ipsa plus juvaret vexillum, quam vexillum juva- 
ret eam : respondit quod, de Victoria ipsius Johann;ie vel vexilli, 
totum erat in Domino. 

Interrogata utrum spes habendi victoriam fundabatur - in vexillo, 
vel in ipsamet Johanna : respondit quod hoc fundabatur ' in 
Domino, et non in alio. 

Interrogata utrum, si unus alius detulisset illud vexillum, habuis- 
set ita bonam fortunam quemadmodum ipsamet Johanna habebat : 
respondit : « Ego nihil scio ; ego me refero ad Deum. » 

Interrogata, si aliquis de parte sua tradidisset sibi suum vexillum, 
utrum ipsa illud portasset, et utrum habuissetin illo ita bonam spem, 
sicut in proprio vexillo quod erat sibi dispositum ex parte Dei ; et 
specialiter interrogata, de vexillo régis sui, si ipsum habuisset, etc. : 



dart, elle gaigneroit toutes les batailles où elle se bouteroit, et qu'elle 
aura victoire : respond qu'ilz luy dirent qu'elle prinst liardienient, et que 
Dieu luy aideroit. 

Interroguée qui aidoit plus, elle à l'estaindart, ou l'estaindart à elle : 
respond que de la victoire de l'estaindart ou d'elle, c'estoit tout à nostre 
Seigneur. 

Interroguée se l'espérance d'avoir victoire estoit fondée en son estain- 
dart ou d'elle : respond : « Il estoit fondé en nostre Seigneur, et non 
ailleurs. » 

Interroguée, se ung autre l'eust porté qu'elle, se il eust eu aussi bonne 
fortune comme d'elle de le porter : respond : « Je n'en sçay rien, je m'en 
actend à nostre Seigneur. » 

Interroguée se ung des gens de son party luy eust baillé son estain- 
dart à porter, s'elle l'eust porté, s'cUe y eust eu aussi bonne espérance, 
comme en celluv d'elle qui luy estoit disposé de par Dieu, et mesmement 



I. ABC en marge : De vexillo siio. — 2. C : funclatiir. — 3. O : fimdatur. 



150 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

respondit : « Ego libentius portabam illud quod mihi erat ordina- 
tum ex parte Dei. Et tamen ex toto ego me refero ad Deum. » 

Interrogata de quo deserviebat illud signum quod ipsa ponebat 
in litteris suis ', et ha;c nomina, Jhesus Maria : respondit quod 
clerici scribentes litteras suas ponebant hoc ibi ; et dicebant quidam 
quod hoc decebat ponere ha;c duo nomina, Jhesus Maria. 

Interrogata utrum fueritne sibi revelatum quod, si ipsa perderet 
virgii\itatem suam, quod perderet fortunam suam, et quod voces 
su£E non venirent amplius ad eam ; respondit quod illud non fuit 
sibi revelatum. 

Interrogata utrum crédit quod, si ipsa esset conjugata, voces ilLx 
venirent ad eam : respondit : « Ego nescio. Et de hoc me refero 
ad Deum. » 

Interrogata utrum asstimat et firmiter crédit quod rex suus bene 
fecit in interficiendo dominum ducem Burgundia; : respondit quod 
hoc fuit magnum damnum pro regno Francis; ; et, quidquid esset 
inter ipsos duos principes prasdictos, Deus misit eam ad succursum 
régis FranciiE. 



celuy de son roy : rcspond : « Je portoye plus voulentiers cclluy qui 
m'estoit ordonné de par nostre Seigneur ; et toutesvoies du tout je m'en 
actendoye à nostre Seigneur. » 

Interroguée de quoy servoit le signe qu'elle mectoit en ses lectres, 
Jhesus Maria ; respond que les clercs escripvans ses lectres luy mec- 
toient ; et disoient les aucuns qui luy appartenoit mectre ces deux mos, 
Jhesus Maria. 

Interroguée se il luv a point esté révélé, s'elle perdoit sa virginité, 
qu'elle perdroit son eur, et que ses voix ne luy vcndroient plus : respond : 
« Cela ne m'a point esté révélé. » 

Interroguée, s'elle estoit mariée, s'elle croist point que ses voix luy 
vensissent : respond ; <( Je ne sçay ; et m'en actend à nostre Seigneur. » 

Interroguée s'elle pense et croist fefméement que son roy feisl bien de 
tuer ou faire tuer Monseigneur de Bourgongne : respond que ce fust 
grand dommaige pour le royaume de France ; et quelque chose qu'il y 
eust entr'eulx, Dieu l'a envoyée au secours du roy de France. 

I . A en marge : De si^no mnlieris ; BC en marge : De si^no in litlerii. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 1 5 J 

Interrogata, propter lioc quod responderat nobis, episcopo pra:- 
dicto, quod tantum nobis et commissis nostris responderet quan- 
tum faceret sanctissimo domino nostro Papae, et tamen ibi erant 
multa intcrrogatoria ad quas non vult respondere, utrum ipsa res- 
ponderetne plenius coram Papa, quam taciat corani nobis : res- 
pondit quod ipsa respondit totum verius quod potuit ; et, si sciret 
aliquid de quo recordaretur quod non dixerit, libenter diceret. 

Interrogata utrum sibine videatur quod teneatur plenius respon- 
dere veritatem domino nostro PapiC, vicario Dei, de omni illo quod 
peteretur sibi tangens fidem et factum conscientiae suœ, quam res- 
pondeat nobis : respondit quod ipsa requirit quod ducatur ante 
Ipsum dominum nostrum Papam, et postea respondebit coram eo 
totum illud quod debebit respondere. 

Interrogata de qua materia erat unus anulorum suorum ', in 
quo erant scripta hxc nomina, Jhesus Maria : respondit quod hoc 
proprie nescit; et si erat de auro, non erat de puro auro ; nec scit 
utrum erat ^ de auro, vel de electro ; et asstimat quod in eo erant 



Interroguce, pour ce qu'elle a dit à monseigneur de Beauvez qu'elle 
respondroit autant à monseigneur et à ses commis, comme elle feroit 
devant nostre saint père le Pape, et toutesfois il y a plusieurs interroga- 
toires à quoy elle ne veult respondre, scelle respondroit point plus plai- 
nement qu'elle ne fait devant monseigneur de Beauvaiz : respond qu'elle 
a respondu tout le plus vray qu'elle a sceu ; et s'elle sçavoit aucune 
cliose qui luy vensist à mémoire qu'elle n'ait dit, elle diroit voulentiers. 

Interroguée de 3 l'ange qui apporta le signe à son rov, de quel aaige, 
grandeur et vestemens 

Interroguée se il luy semble qu'elle soit tenue respondre plainement 
vérité au Pape, vicaire de Dieu, de tout ce que on luy demanderoit tou- 
chant la foy et le fait de sa conscience : respont qu'elle requiert qu'elle 
soit menée devant luy ; et puis respondra devant luy tout ce qu'elle devra 
respondre. 

Interroguée de l'un de ses agneaulx, où il estoit escript Jhesus Maria, 
de quelle matière il estoit : respond, elle ne sçait proprement; et s'il est 
d'or, il n'est pas de fin or ; et si ne sçait se c'estoit or ou lecton ; et pense 

I. ABC en marge : De annlo. — 2. Q omet erat. — 3. M.v. ; se. 



152 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

très cruces et non aliud signum, quod ipsa sciât, exceptis his nomi- 
nibus, Jhesus Maria. 

Interrogata cur libenter respiciebat in illum anulum, quando ibat 
ad aliquod factum guerrae : respondit quod hoc erat per complacen- 
tiam, et propter honorem patris et matris ; et ipsa, illo anulo exsis- 
tente in sua manu et in suo digito, tetigit cum sancta Katharina 
sibi visibiliter apparente. 

Interrogata in qua parte ipsius sanct;is Katharinie tetigit eam : 
respondit : « Vos de lioc non habebitis aliud. » 

Interrogata utrum unquam osculata fuit vel amplexata sanctas 
Katharinani vel Margaretam : respondit quod ipsa amplexata est 
ambas. 

Interrogata an habebant bonum odorem : respondit quod hoc 
bonum est scire quod habebant bonum odorem. 

Interrogata utrum, amplexando eas, sentiebat ibi ' calorem vel 
quidquam aliud : respondit quod non poterat amplexari eas sine 
sentiendo et tangendo ' ipsas. 



qu'il y avoit trois croix, et non autre signe qu'elle saiche, excepté 
Jhesus Maria. 

Interroguée pour quoy c'estoit qu'elle regaidoit voulenticrs cel anel 
quant elle alloit en fait de guerre : respond, que par plaisance et par 
l'onneur de son père et de sa mère ; et elle, ayant son anel en sa main 
et en son doy, a touché à saincte Katherine qui luy appareist. 

Et interroguée en quelle partie de ladicte saincte Katherine ; respond ; 
« Vous n'en aurés autre chose. » 

Interroguée s'elle baisa ou accola oncques sainctes Katherine et Mar- 
guerite : respond, elle les a acolez toutes deulx. 

Interroguée se ilz fleuroient bon : respond : « Il est bon à savoir, et 
sentoient bon. » 

Interroguée se, en accoUant, elle y sentoit point de chaleur ou autre 
chose : respond qu'elle ne les povoit point accoller sans les sentir et tou- 
cher. 



I. O omet ibi. — 2. B : tencrendo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 1)3 

Interrogata per quam ' partem amplexabatur eas, utrum per supe- 
rius vel per ^ inferius : respondit quod melius decet eas amplexari 
per inferius quam per superius. 

Interrogata utrum dederitne pra^dictis Sanctis aliqua serta ' vel 
capellos : respondit quod, in honorem ipsarum, pluries de illis 
sertis dédit imaginibus seu repn^sentationibus earum in ecclesiis ; 
et, quantum ad illas qu« sibi apparent, non dédit eis unde recor- 
detur. 

Interrogata utrum, quando ponebat hujusmodi serta in arbore de 
qua superius dictum, ipsa poneret illa in honorem earum qu^e sibi 
apparent : respondit quod non. 

Interrogata utrum, quando illa; Sanct^ veniebant ad eam, foce- 
retne ipsis reverentiam, flectendo genua et inclinando se : respondit 
quod sic ; et, quantum plus poterat, faciebat eis reverentiam, quia 
bene scit quod sunt illa^ quïe sunt in regno paradisi. 

Interrogata an ipsa scit aliquid de illis qui vadunt, gallice eu 
Verre avec les faées : respondit quod ipsa nunquam fuit, nec scit ali- 



Interroguée par quelle partie elle les accoloit, ou par hault, ou par bas : 
respond : « Il affiert mieulx à les accoler par le bas que par hault. » 

Interroguée s'elle leur a point donné de chappeaulx : respond que, en 
l'onneur d'elles, à leurs imaiges ou remembrance es églises, en a plusieurs 
fois donné ; et quant à celles qui se appairent à elle, n'en a point baillé 
dont elle ait mémoire. 

Interroguée, quant elle mectoit chappeaulx en l'arbre, s'elle les meictoit 
en l'onneur de celles qui luy appairoient ; respond que non. 

Interroguée se, quant ces Sainctes venoient à elle, s'elle leur faisoit 
point révérence, comme de se agenouiller ou incliner: respond que ouil, 
et le plus qu'elle povoit leur faire de révérence, elle leur faisoit ; que elle 
sçait que ce sont celles qui sont eu royaume de paradis. 

Interroguée s'elle sçait rien de ceulx qui vont en l'erré 4 avec les fées : 
respond qu'elle n'en fist oncques, ou sceust quelque chose ; mais a bien 



I. Q ajoute In. — 2. A omet per. — • 5. ABC en marge : De sertis. — 
4. Ms. : Veurf. 



L54 PROCES DK CONDAMNATION DR JHANNK D ARC 

quid; sed bene audivit loqui, et quod ibant in die jovis; sed in hoc 
non crédit, et crédit quod hoc non sit nisi sortilegium. 

Interrogata utrumne aliquis fecit ventilari suum vexilium circa 
caput régis sui, dum consccrabatiir Remis : respondit quod non, 
quod ipsa sciât. 

Interrogata cur idem vexilium ' fuit plus portatum in ecclesiam 
Remensem, in consecratione régis sui, quam vexilla aliorum capi- 
taneorum : respondit quod ipsum vexilium suum fuerat in pœna : 
bene rationis erat quod haberet honorem. 

DOMIKICA IX PASSIONE XVHI. MARTII ^. 

Item, dominica in Passione Domini, xviii. die dicti mensis mar- 
tii, immédiate sequenti, prxsidentibus nobis, episcopo prasdicto, et 
dicto fratre Johanne Magistri, vicario Inquisitoris, in domo habita- 
tionis nostra; episcopi pra^dicti, Kothomagi, et adstantibus revercn- 
dis patribus, dominis et magistris : iEgidio, abbate Fiscampnensi ; 
Petro, priore de Longavilla ; Johanne Pulchripatris, Jacobo de 
Turonia, Nicolao Midi, Petro Mauricii et Gerardo Fueilleti, in sacra 
theologia, et Radulpho Rousselli, in utroquc jure doctoribus ; — 
Nicolao de Venderès et Johanne de Fonte, in jure canonico licentia- 
tis ; — Nicolao Coppcquesne ' etThomade Courcellis, in sacra theo- 
logia bachalariis : nos, episcopus praedictus, exposuimus qualiter 
pn\;dicta johanna per multos dies fuerat interrogata, et mult:u con- 



ouy parler, et que on y aloit le jeudi; mais n'y croist point, et croist 
que ce soit sorcerie. 

Intcrroguéc se on fist point floter ou tournicr son estaindart au tour 
de la teste + de son roy : respond que non, qu'elle saiche. 

Interroguée pour quoy il fust plus porté en l'église de Rains, au sacre, 
que ceulx des autres cappitaines : respond : « Il avoit esté à la paine, 
c'estoit bien raison que il fut à l'onneurJ. » 



I. ABC en marge : De vcxiIJo. — 2. En marge de ABC. — 3. C Couppeqitesne . 
■ 4. Ihiil. : caste. — 5. Le manuscrit intercale ici l'interrogatoire du 2 mai. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 155 

fessiones et responsiones ejus habehantur in scriptis ; quit-rendo ab 
eisdem assistentibus ut, super modo ulterius procedendi in niateria^ 
suas delibetationes et sua consilia pnestarent. Fecismusque legi 
coram ipsis assertiones plurimas quas ex responsionibus ipsius 
Johannae per aliquos magistros, ex ordinatione nostra, extract^e 
fuerant, ut niateriam plenius vidèrent, et de agendis securius deli- 
berarent. 

Qui quidem domini et magi^tri, praemissis auditis, solemniter et 
mature deliberaverunt. Auditisque singulorum opinionibus, conclu- 
simus et ordinavimus quod quilibet ipsorum videret et studeret 
diligenter in materia, atque opiniones doctorum in libris authenti- 
cis super hujusmodi assertionibus visitaret, ut, die jovis exinde 
proximo sequenti, de his conferre possemus, singulis advisamenta 
sua coram nobis referentibus ; quodque interea, ex interrogatoriis 
et responsis ipsius Johannte, certi formarentur articuli qui, coram 
nobis judicibus et contra ipsam Johannam, in judicio proponeren- 
tur. • 

JOVIS XXn. MARTII I. 

Item, die jovis immédiate sequenti, xxii. dicti mensis martii, 
Rothomagi, in domo liabitationis nostra; episcopi prn?dicti ; prœsi- 
dentibus nobis, episcopo, et fratre Johanne Magistri, vicario domini 
Inquisitoris, prasdictis ; comparuerunt venerabiles domini et magis- 
tri : Johannes de Castellione, Erardus Emeugart ^, Guillelmus Bou- 
cherii, Petrus prior de Longavilla, Johannes Pulcliripatris, Jacobus 
de Turonia, Nicolaus Midi, Mauricius de Quesneyo \ Petrus Hoti- 
denc ^, Johannes de Nibnt, Johannes Fabri, Petrus Mauricii, Jacobus 
Giiesdon et Gerardus Fueilleti, sacrée théologie ; et Radulphus Rou- 
selli, thesaurarius ecclesic-e Rothomagensis,in utroquejure doctores ; 
— Nicolaus de Vcnderès, archidiaconus de Augo in ecclesia Rotho- 
magensi, et JohanAes de Fonte, in jure canonico licentiati ; — 
Guillehnus Haiion >, Nicolaus Coppcqnesnc ^ et Thomas " de Cour- 



I. En marge de ABC. — 2. C : Enicn^ard. — 3. C : Qncsiieio. — |. C : Hoileiic 
- >. C. Huit ton. — 6. C. : CotippcqueaiK'. — 7. B : Thonia. 



156 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

cellis, in sacra theologia bachalarii ; — Nicolaus Loiselleiir ', cano- 
niciis ecclesic-e Rothomagensis, et frater Ysambardus de Petra, ordi- 
nis Fratrum Prœdicatorum. 

Quibus sic coram nobis ^ exsistentibus, relata fuerunt nonnulla, 
quc-e notabiliter et scientifice per quamplures dictorum doctorum, 
dominorum et magistrorum compilata et advisata fuerant in mate- 
ria. Quibus visis, et auditis opinionibus singulorum, et longa cum 
eis habita collatione, conclusimus et ordinavimus quod illa qua; 
prius ex registre confessionum prx^dictx- Johannie extracta fuerant 
in pauciores redigerentur articules, per niodum assertionum vel pro- 
positionum. Qui quidcni articuli deinceps singulis doctoribus et 
magistris communicarentur, ut focilius suas deliberationes reddere 
valerent ; super aliis vero, an ulterius deberet eadem Johanna 
interrogari et examinari, taliter procederemus, Domino adjuvante, 
quod res ipsa deduceretur ad Dei laudem et hdei exaltationem, tali- 
ter quod processus noster nullum vitium pateretur. 

SABBATI XXIV. MARTII 3. 

Item, die sabbati immédiate sequenti, xxiiii. dicti mensis martii, 
priesidentibus in loco carceris dict;v Johannas magistro Johanne de 
Fonte, commissario nostro episcopiprsedicti, et nobis, fratre Johanne 
Magistri, vicario domini Inquisitoris pra^dicti ; et assistentibus vene- 
rabilibus dominis et magistris, Johanne Pulchripatris, NicolaoM/V//, 
Petro Mauriciiet Gerardo Fueilleti, doctoribus ; et Thoma de Cour- 
cellis bachalario + in sacra tlieologia ; et magistro Inguerrando de 
Campo-Rotundo, officiali Constantiensi, fuit lectum registrum in 
quo interrogationes > et responsiones ejusdem Johanna^ continen- 
tur, coram ipsa, verbis gallicis, per Guillelmum Manchon, notarium 
infra scriptum. Sed, antequam hujusmodi lectura inchoaretur, pro- 
motor a nobis deputatus, superius nominatus, qui ibidem aderat, 
obtulit se probaturum contenta in dicto registre, tam interrogatoria 



1. C : Loiseleur. ^- 2. Q omet nobis. — 3. En marge de ABC (C ajoute tmnsis 
devant Martit). — 4. C : hacctlario. — 5. C omet iti quo interrogationes. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC I57 

quam responsa, facta et dicta fuisse in casu quo dicta Johanna ali- 
quas de responsionibus ibidem scriptis se dixisse negaret. Deinceps 
ipsa Johanna fecit juramentum de nihil addendo in suis responsio- 
nibus, nisi quod verum esset. 

Postea vero, dum hujusmodi scripta legerentur ', dixit quod erat 
cognominata D'Arc seu Rommée; et quod, in partibus suis, filial 
portabant cognomen matris. Ulterius dixit quod legerentur conse- 
quenter interrogatoria et responsiones, et ea quas legerentur, si non 
contradiceret, tenebat pro veris et confessatis. 

Dixit etiam, super articulo de recipiendo habitum muliebrem, 
et addidit ista verba : « Tradatis mihi unam tunicam muliebrem, 
pro eundo ad domum matris, et ego accipiam. » Et est pro essendo 
extra carceres ; et quando esset extra carceres, caperet consilium 
quid deberet flicere. 

Final iterpost lecturam dictorum ^ contentorum in registro, dicta 
Johanna confessa fuit quod bene credebat se dixisse prout scriptum 
erat in registro et prout eidem lectum tuit ; nec ad aliqua de dictis 
contentis in dicto registro contradixit. 

ÛOMINICA IN RAMIS PALMARUM XXV. MARTII 3. 

Item ■^, dominica in Ramis Palmarum, immédiate sequenti, 
die XXV. dicti mensis martii, de mane, in lococarceris dictée Johann*, 
in Castro Rothomagensi, nos, episcopus pr^dictus, allocuti fuimus 
praidictam Johannam, prassentibus venerabilibus viris, dominis et 
magistris : Johanne Pulchripatris, Nicolao Midi, Petro Mauricii, 
doctoribus; et Thoma de Courcellis, bachalario ' in sacra theologia. 
Et eidem Johanme diximus quod pluries, et maxime die hesterno, 
ipsa requisiverat quod, propter dierum et temporis solemnitatem, 
ipsa permitteretur audire missam in ipsa dominica qu^ erat in 
Ramis Palmarum : propterea, nos ab ea quserebamus utrum, si 



I . AC en marge : Lectiira responsionum Johanna' (C ajoute ipsius deximt Johanna). 
— 2. AC : prxdictorum. — 3. En marge de AB. — 4. C ajoute die. — 5. C ; 
hacahrio. 



158 PROCÈS DE CONDAiM NATION DE JEANNE d'aRC 

istud eidcm concederemus, vellet dimittere habitum virilem et reci- 
pere habitum muliebrem, prout consueverat in loco nativitatis sui\j, 
et prout mulieres sui loci consueverunt déferre. 

Ad quod dicta Johanna respondit, requirendo quod permittere- 
tur audire missam in jiabitu virili in quo erat, et quod etiam pos- 
set percipere sacramentum EucharistiiE in festo Paschai. 

Tune eidem ' diximus quod ad petitum responderet, videlicet an 
vellet dimittere habitum virilem, si hoc sibi concederetur. Ipsa 
vero respondit quod de hoc non erat consulta, nec poterat adhuc 
recipire dictum habitum. 

Et nos ei diximus an vellet habere consilium cum Sanctis, utrum 
reciperet habitum muliebrem. Ad quod respondit quod permitti 
poterat in hoc statu missam audire, quod summe optabat ; sed 
habitum mutare non poterat -, nec etiam hoc erat in ipsa. 

Postmodum, dicti magistri exhortati sunt cam quod, pro tanto 
bono et devotione quem videbatur gerere, quod vellet capere habi- 
tum suo sexui congruentem. Qu^e Johanna iterum respondit quod 
in ipsa non erat hoc flicere ; et, si in ipsa esset, hoc esset bene cito 
factum. 

Fuit autem sibi dictum quod loqueretur cum vocibus suis ad 
sciendum si resumeret habitum muliebrem, ut in Pascha posset per- 
cipere viaticum. Ad quod respondit dicta Johanna quod, quantum 
est de ipsa, non perciperet ipsum viaticum, mutando habitum suum 
in muliebrem ; rogabatque quod permitteretur audire missam in 
habitu virili, dicens quod ille habitus non onerabat animani suam 
et quod ipsum portare non erat contra Ecclesiam. 

De quibus omnibus, dictus dominus Johannes de Estiveto, pro- 
motor, petiit instrumentum, pra,\sentibus dominis et magistris : 
Adam Milet, régis secretario; Guillelmo Brolbster ' et Petro Oricnl, 
Rothomagensis, Londoniensis et Catalaunensis diœcesium. • 



I. AC : ei. — 2. ABC en marge : Elcgit non audire iiiissaiii ijuaiii dimittere 
habitum virilem . — ^. A. : Brawster. 



[PROCESSUS ORDINARIUSJ 

LUN.E XXVI MAKTII. 
IXCIPll PROCKSSUS ORDINARIUS POST PROCHSSUM FACTUM EX OFFICIO '. 

Item, lunœ immédiate sequenti -, post Ramos Palmarum, qiuu 
fuit XXVI. dies ' dicti mensis martii, in domo habitationis nostrae, 
Rothomagi, coram nobis, episcopo prajdicto, et dictofratre Johanne 
Magistri^ vicario domini Inquisitoris, comparuerunt venerabiles 
domini et Magistri : Johannes de Castellione, Johannes Pulchripa- 
tris, Jacobus de Turonia, Nicolaus Midi, Petrus Mauricii, Gerardus 
Fueilleti, in sacra theologia; et Radulphus Rousselli, thesaurarius 
ecclesiit Rothomagensis, utriusque juris doctores ; — Andréas Mar- 
giierie, archidiaconus Parvi-Caleti, in legibus ; Nicolaus de Vemkr'es, 
archidiaconus de Augo, et Johannes de Fonte, in decretis licentiati ; 
— Thomas de CourceUis, bachalarius ^ in theologia, et Nicolaus 
Loiselleur '\ canonicus ecciesia^ Rothomagensis. In quorum pr^esentia 
legi fecimus certos articulos concludentes quod dictus promotor 
contra ipsam '' Johannam proponere intendebat. 

Et tune deliberatum fuit quod, privter et ultra processum pra^- 
paratorium, hactenus ex oflicio nostro observatum, a c^ttero, prout 
etiam nos, episcopuset vicarius praidicti, taciendum decrevimus et 
conclu'simus, contra dictam Johannam per processum ordinarium 
procederetur; et quod hujusmodi articuli erant bene compositi; et 
quod super istis dicta Johanna interrogaretur etaudiretur; quodque 
hujusmodi articuli proponerentur ex parte dicti promotoris per ali- 
quem solemnem advocatum vel ipsum promotorem ; et, si dicta 
Johanna recuset respondere, monitione canonica prius eidem facta, 
habeantur ista pro confessatis. Et, post plura, conclusimus quod, 



I. ]iu marge de ABC : (C ajoute mensis devaut Maiiii). — 2. J : ùiimciiialc 
-M.i/wc;(/j e^t reporté après /'Oi/ Kanios Palmarum; C omet immedialc. — j. A: dies 
XXVI. — 4. C ; biiuiilarins . — 5. C ; Loisclciir. — 6. C : dichim. 



l60 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

crastina die sequente, proponerentur articuli prsedicti dandi per 
promotorem, et super illis interrogaretur et audiretur pni;dicta 
Johanna. 

MARTIS XXVIl. MARTII ' 

*Item, die martis post Rames Palmarum, immédiate sequenti, 
die XXVII. dicti mensis martii, in caméra prope magnam aulam 
castri Rothomagensis, pntsidentibus nobis, episcopo pra^dicto, et 
dicto fratre Johanne Magistri, vicario dicti domini Inquisitoris; 
assistentibus quoque reverendis patribus, dominis et magistris : 
yEgidio, abbate Fiscampnensi ; Petro, priore de Longavilla ; Johanne 
Pulchripatris, Jacobo de Turonia, Nicolao Midi, Petro Mauricii, 
Gerardo Fiieilleti, Erardo Einerigart -, Guiilelmo Boucherii, Mau- 
ricio de Quesneyo, Johanne de Nibal, Johanne Fabri; Jacobo Gites- 
doii, Johanne de CastelUone, in sacra theologia ; Radulpho Rous- 
selH, in utroque ; Johanne Guerini, in canonico jure doctoribus ; 
— Roberto Barberii, Dionysio Gastinelh, Johanne Dulcis, in 
utroque ; Nicolao de Venderès, Johanne Phichon, Johanne -Basseti, 
Johanne de Fonte, Johanne ColumbelH, Auberio MorelU, Johanne 
de Quemino, in canonico ; Andréa Margucrie, archidiacono Parvi 
Caleti ; Johanne Alespà, Nicolao Caval \ Gauffrido de Groteyo, in 
civili jure licentiatis; — Guiilelmo de Gardinis et Johanne Tiphaine, 
in medicina doctoribus; — Guiilelmo //^//tJW "^, bachalario ' in theo- 
logia; — Guiilelmo de Caméra, in medicina licentiato ; — fratre 



* Martis post Ramos Palmanuii, viccsima sepliina Marlii ^. 

Anno Domini millesimo quadringcntesimo tricesimo, die martis post 
Ramos Palmarum, vicesimaseptima mensis martii, promotor fecit suppli- 
cationem et requestam contentam in quadam cedula papirea quam tune 
in suis tcnebat manibus, cujus ténor talis est ; Messeigneurs, etc. Et 
supplicatione facta, etc. ". 



I. En marge de ABC (C ajoute mensis devant Miiitit). — 2. C : Emengard. 
3. B : Canal} — 4.' C / Haitton. — 5. C ; baccalario. — 6. U, fol. 26 vo. 
7. Voyez la suite ci-après, p. 161. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC i6i 

Johanne Falée, fratre Ysambardo de Petra, deordine Fratrum Pra;- 
dicatorum ; — Guillelmo Brolbstcr ' et Johanne de Hanton % presby- 
teris: saspedictus ' Johannesde Estiveto, ecclesiammBajocensisetBel- 
vacensis canonicus, promotor in hac causa anobis-* deputatus, com- 
parens in judicio coram nobis, in pnesentia dictas Johannœ, in 
eodem loco coram nobis adductit, quamdam supplicationem et 
requestam proposuit verbis gallicis, cujus ténor, translatas in 
latinum, de verbo ad verbum sequitur > : 



« Domini mei ^, révérende pater in Christo, et vos, vicarie, quantum 
ad istud singulariter commisse a domino Inquisitore deviantium in fide 
catholica, stabilito et deputato per totum regnum Francias : ego, pro- 
motor ex parte vestri commissus et ordinatus 7 in hac causa, post certas 
informationes et interrogationes, per vos et ex parte vestri factas, dico, 
affirmo et propono Johannam hic pr^esentem et delatam, pro respon- 
dendo illud quodab ea voluero petere, dicereet proponere contra ipsam, 
tangens et concernens prasdictam fidem ; et intendo probare, si opus sit, 
per protestationes et sub protestationibus, et ad fines et conclusiones ple- 
nius declaratas in codice quem coram vobis, judicibus in hac parte, 
exhibeo et trado, contra dictam Johannam, facta, jura et rationes declara- 
tas et contentas in articulis scriptis et specificatis in ipso codice. Et sup- 
plico vobis et requiro quatenus faciatis ipsam Johannam jurare et affir- 
mare quod ipsa respondebit ad contenta in dictis articulis et in quolibet 
eorum particulariter, per hoc quod crédit aut non crédit ; et in casu quo 
jurare et affirmare nolet, recusabit, aut pkis quam decet difFeret, post- 
quam istud facere sibi prteceperitis et de hoc summata per vos fuerit, 
reputetur tanquam deficiens et contumax in sua pr^esentia ; et, sua con- 
tumacia exigente, declaretur excommunicata pro manifesta offensa. Et 
ulterius per vos sibi assiguetur certus et brevis dies pro respondendo, ut 
dictum est, ad dictos articulos, cum intimatione quod, si ad illos aut ali- 
quos eorum non respondeat infra diem pra^idictam, vos tenebitis dictos 
articulos vel articulum, non responsos vel non responsum per eam, pro 
confessatis aut confessato, sicut jura, stylus, usus et communis obser- 
vantia volunt et requirunt. » 



I. A : Brawsier } — 2. C : Haucton. — 5. ^ ajoute domiuus. — 4. O omet 
a nobis. — ). A ajoute in hune mocluin. — 6. AC en marge : Requesta promotoris. 
— 7. C : deputatus. 

Procès de Jeanne d'Arc. xi 



l62 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

* Qjaa quidem supplicatione sic facta, dictus promotor dédit 
Jibellum contra ipsam Johannam ibi pnusentem, per modum arti- 
culorum concludentium, quorum ténor infra scribitur. 

Postmodum nos, judices antedicti, petivimus deliberationem 
antedictorum dominorum et magistrorum, ibi tune assistentium, 
et quid ulterius erat agendum. Visa supplicatione et requcsta pro- 
niotoris, et auditis opinionibussinguloruni, conclusimus qiiod dicti 
articuli, per ipsum promotorem exhibiti, legerentur, et vcrbis gal- 
licis exponerentur ipsi Johannas, quodque dicta Johanna ad singu- 
los articules respondcret illud quod sciret; et si aliqua essent de 
quibus respondendis peteret dilationem, sibi competens dilatio tra- 
deretur. 



*Et supplicatione facta ', dédit -= libellum contra Johannam, hic prae- 
sentem, per modum articulorum concludentium. Et postca domini 
judices petierunt ab assistentibus, pntsente dicta Johanna, qu;t' ibi fuit 
adducta, qualiter erat ulterius faciendum et procedendum in negotio, 
juxta supplicaiionem promotoris. Qui domini assistentes super hoc res- 
ponderunt : 

Et primo, magister Nicolaus de Venderez dixit quod, ad primum, 
compcllenda est facere juramentum. Quoad secundum, etiam promotor 
bene requirit, et quod est reputanda contumax, si recusaret jurare. Et 
quoad tertium,[ut] sibi videtur, débet excommunicari. Et si sustineat sen- 
tentiam excommunicationis, débet procedi contra eam secundum jura. 
Item et si recuset, (et) sustineat excommunicationis sententiam. 

Magister Johannes Pinchon, quod primitus legantur articuli, antequam 
deliberet. 

Magister Johannes Basseti, quod legantur articuli, antequam feratur 
sententia excommunicationis. 

Masister lohannes Garini : leq;antur articuli. 

Magister Johannes de Fonte, ut magister Nicolaus de V'enderez. 

Magister Gauftridus de Crotav. \'idetur eidem quod danda est eidem 
dilatio trina ad minus, antequam excommunicetur ; et habcatur pro con- 
victa, si recusavcrit jurare ; maxime quia in materia civili, dantur très 
dilationes ad jurandum de calumpnia. 



I. La délibération suivante, reproduite en petits caractères, ne se trouve que 
dans le manuscrit de D'Urfé, fol. 27 r". — 2. Ms. : débet. 



PROCÈS DE CONDAMNATION OH JEANNE d'aRC 163 

Magister Johannes Dulcis, ut pi'itcedens. 

Magistcr .'Egidius de Campis : legantur articuli, et assignetur ei dies 
ad veniendum, advisata ad respondendum. 

Magister Robertus Barberii, ut pr:vcedeiis. 

Dominus abbas Fiscampnensis : prout sibi videtur, ipsa tenetur jurare 
dicere veritateni de his qux const[ent] tangentia processum. Et si non sit 
advisata, habeat dilationem competentem. [Et dies] danda est ei ' et 
ad veniend-um advisata. 

Magister Johannes de Chasteillon : ipsa tenetur respondere veritatem, 
maxime cum ibi agatur de facto suo. 

Magister Erardus Emengart, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Guillelmus le Bouchier, ut praîccdens. 

Dominus prior de Longavilla : in his quiu nesciret respondere, apparet ^ 
sibi, quod non est cogenda respondere per crédit, vel non crédit. 

Magister Johannes Beaupère : in his de quibus certa est et quie sunt 
de facto, respondere tenetur veritatem. In his autem in quibus nesciret 
veritatem respondere, aut quod juris esset, si petat dilationem, danda est 
eidem dilatio. 

Magister Jacobus de Turonia, ut prascedens, 

Magister Nicolaus Midi ut praecedens, addito quod, si nunc debeat 
compelli jurare prtecise, se refert ad juristas. 

Magister Mauricius de Quesneyo, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Johannes de Nibat, quoad articulos, se refert ad juristas, et, 
quoad juramentum, débet facere juramentum de dicendo veritatem super 
his qua; tangent processum et fidem ; et si super aliquibus faciat difft- 
cultatem respondere veritatem, et petat dilationem, danda est eidem. 

Magister Johannes Fabri, se refert ad juristas. 

Magister Petrus Mauricii : de notis respondeat. 

Magister Gerardus : tenetur respondere per juramentum. 

Magister Jacobus Guesdon, ut praecedens. 

Magister Thomas de Courcellis : tenetur respondere; et quod legantur 
articuli, et legendo respondeat; et quoad dilationem, si petat, danda est 
ei. 

Magister Andréas Marguerie est opinionis quod ipsa habeat jurare 
super \m\:c quiv tangunt processum ; et quoad illa qua^ sunt dubia, cré- 
dit quod débet eidem dari dilatio. 

Magister Dionysius Gastinel : débet jurare; et bene petit promotor 



I. .\h. : cl. — 2. Il'id. : uipaict (sic). 



164 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

quoad juramentum. Quoad procedendum ulterius, si recuset jurare, vult 
primitus revolvere libros. 

Magister Aubertus Morelli et magister Johannes de Quemino : tenetur 
jurare, etc. 

His sic actis, promotor se obtulit jurare de caluinpnia, et juravit, vide- 
licet, quod non favore, rancore, timoré autodio, sed zelo fidei, proponit 
ea qu» dat in libelle, seu articulis. et in materia ista contra dictam 
Johannam. 

Postea fuit eidem Johann^ dictam quod ipsa haberet rcspondere veri- 
tatem de his quiE tangcrent factum. Postquam dicti doctores et magistri 
dixerunt opiniones suas, et ctiani quod dictus promotor juravit de calum- 
pnia, dominus Belvacensis dixit eidem Johanna3 quod ibi adstantes erant 
omnes ecclesiastici et doctissimi viri, etc '. 

Deinceps promotor antedictus juravit coram nobis de calumnia. 
Quo peracto, eidem Johann^e diximus quod omnes ibi adstantes 
erant ecclesiastici et perdocti viri, in jure divino et humano experti, 
qui cum omni pietate et mansuetudine volebant et intendebant pro- 
cedere cum ipsa -, prout semper parati fuerant >; non quïerendo 
vindictam aut punitionem corporalem, sed instructionem et reduc- 
tionem ejus ad viam veritatis et salutis '^. Et quia non erat satis 
docta et '> instructa in litteris et talibus materiis arduis pro sibiipsi 
consulendo ^ quid esset actura seu responsura, ideo nos eidem 
Johanna; offerebamus quod eligeret " unum vel plures quos vellet 
de adstantibus ibidem ^; vel, si nesciret eligere, traderentur sibi 
aliqui per nos'', pro consulendo eidem'" Johannaj quid esset actura 
seu responsura, proviso quod, de his quae sunt facti, haberet in pro- 
pria personna respondere veritatem"; requirendo ipsam Johannam 
quod juramentum pr^staret de dicendo ipsam veritatem de his quas 
tangerent factum. 

I. Le reste n est pas absolument conforme à la rédaction définitive et en diffère 
sur quelques points indiqués dans les notes suivantes. — 2. U : cum dicta Johaiina. 

— 3. Ibid. : semperfecerant. — 4. Ibid... : salutis, si aliquis in illafuerit defectus. 

— 5. Ibid.: iieque. — 6. Ibid. : quoad sibi consulendo. — 7. Ibid. : ideo dictus domi- 
nus Belvacensis et vicarius Inquisitoris dbtulerunt dictx Johannie quod eligeret. — 8. 
Ibid.: de ibi assistentibus. — 9. Ibid. : tradentur dictx Johannx per dictos judices ali- 
qui. — 10. Ibid. : dictx. — 11. Ibid.: haberet respondere in propria personna sua 
veritatem. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC l6) 

*Ad quae eadem Johanna respondit in hune modum : « Primo, 
de hoc quod admonetis me de bono meo et de fide nostra, ego 
regratior vobis et etiam toti societati. Quantum ad consilium quod 
mihi ortertis, etiam ego regratior vobis ' ; sed ego non habeo inten- 
tionem me separandi a consiiio Dei. Quantum ad juramentum 
quod me facere vultis, ego sum parata dicere veritatem de omni illo 
quod tangit processum vestrum. » Et sic juravit, tactis sacrosanctis 
Evangeliis. 

Postea, de prascepto et ordinatione nostra, fuerunt lecti prasdicti 
articuH, ex parte promotoris exhibiti; et contenta in eisdem articulis 
seu libello fuerunt eidem Johanna^ verbis galUcis exposita, tam die 
martis prasdicta quam die mercarii in crastino. 

MERCURII XXVni. MARTH ^. 

Qua die mercurii, priesentes fuerunt reverendi patres, domini et 
magistri : ^gidius, abbas Fiscampnensis ; Petrus, prior de Longa- 
villa ; Johannes Pulchripatris, Jacobus de Turonia, Erardus Emen- 
gart \ Mauricius de Quesneyo, Nicolaus Midi, Petrus Mauricii, 
Guillelmus Boucherii, Johannes de Nibat, Johannes Fabri, Johannes 
de Castellione, Jacobus Guesdon et Gerardus Fueilleti, in sacra 
pagina ; Radulphus RousselU, in utroque jure doctores ; — Robertus 



* Ad qiiœ dicta Johanna rcspondil : Premiéroment de ce que admonnes- 
tez mon bien et de nostre foy, je vous mercye et à toute la compaignie 
aussi. Quant au conseil que me offres, aussi je vous mercye, mais je n'ay 
point de intencion de me départir du conseil de nostre Seigneur 4. 

Quant au seremenl que voulés que je face, je suis preste de jurer dire 
vérité de tout ce qui touchera votre procès. Et sic juravit, sacrosanctis 
tactis Evangeliis. 

Postea magister Thomas de Coiircellis, de pnvcepto doniinorum jitdicum, 
ncepit exponere contenta in îihello seu articulis >. 



i. A : valus regratior. — 2. En marge de ABC (C ajoute niensis devant Martii). 

— 3. C .• Emcngard. — 4. Ms. en marge : CJjrestieinie responce de Jehavne ta Pucele. 

— 5. U, fol. 27 vo. 



l66 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Burberii, licentiatus in jure canonico ' ; — ■ Guillelmus Haiton % 
Nicolaus Copequesne ', in sacra theologia bachalarii '^; — Johannes 
Guerini, Dionysius » Gastinelli, Johannes Dalcis, in utroque ; 
Johannes Pinchon, Johannes Basseti, Johannes de Fonte, Johannes 
Columbelli, Johannes de Quemino, in canonico ; Andréas Mar- 
guérie, archidiaconus Parvi Caleti ; Johannes Ad Ensem, Nicolaus 
Caval, Gauffridus de Croteyo, in civili jure licentiati ; — Guillel- 
mus de Gardinis, Johannes Tifaine '\ doctores ; Guillelmus de 
Caméra, licentiatus in medicina ; — Guillelmus RroJbslcr et 
Johannes Hanton s presbyteri. 

Quorum siquidem praedictorum articulorum libelli ^, etiam res- 
ponsionum dic|:as Johannie tune datarum, una cum etiam responsio- 
nibus alias datis, ad quas dicta Johanna de pnrsenti se refert, ténor 
sequitur de verbo ad verbum '. 

« CoRAM vobis, venerando "' in Christo pâtre et domino, domino 
Petro, miseratione divina Relvacensi episcopo, tanquam Ordinario, 
in hac civitateetdiœcesi Rothomagensi, territorium habcnte;et reli- 
gioso viro, magistro" Johanne Magistri, ordinis Fratrum Praedica- 
torum, bachalario in theologia, per religiosum et magniç circums- 
pectionis virum, magistrum Johannem Gravèrent, in sacra pagina 
doctorem eximium ejusdem ordinis, in regno Francine hii^reticae 
pravitatis Inquisitorem ab apostolica sedc deputatum, in pra^dictis 
civitate et direcesi vicario et quoad prassentem causam specialiter 
commisse ; judicibus competentibus in hac parte, ad finem seu 
fines quod quicdam mulier, Johanna /a P//r<?//^ vulgariter nuncupata, 
nuper infra terminos territorii, venerande pater, ac limites vestras 
Belvacensis diœcesis reperta, capta et detenta, vobisque, tanquam 
ecclesiastico et ordinario judici,per christianissimum dominum nos- 
trum Francorum et Angli;t regem, tanquam subdita, justitiabilis et 



i . C : in canonico jure licentiatus. — 2. C : Haitton. — 3. .4 : Coppeqiiesne ; C : 
Couppequesne. — 4. C ; hacahrii. — ^ . A : Dionisius. — 6. C : Tiphaine. — 
7. B. Haton C : Hantton. — 8. C en marge : Libelltis dalus per promotovem cum 
responsionihus Johannee ad arliciilos. — 9. C ajoute in hune nioduvi. — 10. B : révé- 
rende. — II. C : fratre. 



PROCÈS DE CONDA.\lNAll(3N DK JHANNE d'aRC 167 

corrigibilis vestra, vehementersuspecta, scandalizata et quam pluri- 
mum apiid bonos et graves notorie diffamata, de et super his qu3e 
sequuntur, reddita, tradita, liherata et restituta, per vos, pr£efatos 
judices, pronuntietur et declaretur sorceria sive sortilega, divinatrix, 
pseado-prophetissa, malignorum spirituum invocatrix et conjuratrix, 
superstitiosa, et magicis artibus implicita ac insistens^ maie sapiens 
in et de fide nostra catholica, schismatica ', in articulum Unam 
sanclatu, etc. ipsiusque fidei nonnullos alios articules, dubia atque 
dévia, sacrilega, idolâtra, apostatrix a fide, maledica ac malefica, in 
Deum et Sanctos suos blasphéma, scandalosa, seditiosa, turbativa 
pacis et ejus impeditiva, excitatrix ad belia, sanguinis humani cru- 
deliter sitibunda, et ad ipsius effusionem incitatrix, sexus sui decen- 
tiam atque congruentiam sine verecundia penitus derelinquens, et 
deformem habitum statumque virorum arnuatorum inverecunde 
assumens, circa hcTC et alia apud Deum et homines abominabilis ^, 
legum divina; et naturalis atque ecclesiasticte discipliner^ prœvarica 
trix, principum et popularium seductrix ; permittendo et consen- 
tiendo, in contumeliam et contemptum Dei, se venerari et adorari, 
manus suas et vestes osculandas exhibendo, divini honoris atque 
cultus usLirpatrix, hi^retica aut saltem de hœresi vehementer sus- 
pecta, ac super his, juxta et secundum divinas et canonicas sanc- 
tiones, canonice ac légitime puniatur atque con-igatur, nec non ad 
omnes alios et singulos fines ad heec propitios et debitos : dicit, 
proponit ac probare intendit et animos vestros débite informare, 
Johannes de Estiveto, ecclesiarum Bajocensis et Belvacensis cano- 
nicus, promotor seu procurator officii vestri, quoad hoc per vos 
commissus et specialiter deputatus, nomine ipsius officii et pro ipso 
officio actor et delator, et contra dictam Johannam, delatam ream, 
ea quL^ sequntur ; cum protestatione tamen quod non intendit 
dictus procurator se adstringere ad aliqua superflua probanda^ sed 
duntaxat ad eaquic sufficient et sufficere poterunt ac debebunt, ad 
suum intentum consequendum, in toto vel in parte ; cum aliis pro- 

I. A : scismalica. — 2. A : ahhovniiabilis. 



lé8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

testationibus in hujusmodi actibus fieri consuetis, et alias etiam 
jure addendi, corrigendi, mutandi, interpretandi_, et omni alio quo- 
cumque, tam juris quam facti, sibi salvo. » 

I, « Et primo quod, tam de jure divino quam canonico et civili, 
ad vos, tanquam judices Ordinarium et Inquisitorem fidei_, spectat 
et pertinet hsereses, sortilegia, superstitiones et alia hujusmodi 
crimina superius declarata a dicta direcesi et toto regno Franciie 
procul pellere, destruere, imo radicitus exstirpare ; h^reticos et 
contra fidem nostram catholicam aliquid proponentes, dicentes, 
propalantes, seu quovismodo agentes, sortilèges, divinatores, 
dicmonum invocatores, maie de fide sapientes et hujusmodi faci- 
norosos et criminosos et eorum fautores in dictis diœcesi et juris- 
dictione deprehensos, etiamsi alibi in pr^missis aut aliquo prœmis- 
sorum deliquerint, punire, corrigere et emendare, prout etiam 
possunt et debent alii judices compétentes in suis diœcesibus, 
métis' et jurisdictionibus.Et quoad hoc, etiam in personam laicam 
cujuscumque status, sexus, qualitatis aut praseminentiae exsistat, 
estis judices compétentes censendi, tenendi et reputandi. » 

*Ad primum articulum, Johanna respondet quod bene crédit 
quod dominus noster Papa roman us, et episcopi, et alii viri eccle- 
siastici sunt pro conservando fidem catholicam et puniendo défi- 
cientes ; sed quantum ad ipsam, de suis factis non se submittet, 
nisi solummodo Ecclesia,- cœlesti, videhcet Deo, Virgini Mariae 
et Sanctis pafadisi. Et crédit firmiter quod non defecit in fidenostra, 
nec vellet deficere. 



*y^^ prinnim Arliciilniii : respond au premier qu'elle croist bien que 
nostre saint père le Pape de Romme, et les évesques, et autres gens 
d'église sont pour garder lafoy chrestienne, et pugnir ceux qui défaillent ; 
mais, quant à elle, de ses fais, elle ne se submectra fors seullement à 
l'église du ciel, c'est assavoir à Dieu, à la Vierge Marie et Saincts et 
Sainctes de paradis. Et croist fermement qu'elle n'ait point défailly en 
nostre foy chrestienne, et n'y vouldroit défaillir, et requiert... ^. 

1. C : tnethis. — 2. C7. fol. 27 v». 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 1 69 

II. «Item, quod dicta rea, nedum anno pressenti, sed a tempore 
su^e juventutis citra, et non solum in dictis diœcesi et jurisdictione 
vestra, sed etiam circumcirca in pluribus aliis acdiversis locis hujus 
regni, quamplura sortilegia et superstitiones fecit, composait, mis- 
cuit et ordinavit ; divinita est, et se permisit adorari et venerari ; et 
dïemones ac malignos spiritus invocavit, eos consuluit, cum eis fre- 
quentavit, pactaque, tractatus et conventiones iniit, fecit et habuit, 
et eis usa est ; aliis etiam hase facientibus consilium, auxilium pari- 
ter et favorem tribuit ', et ad hxc et similia faciendum induxit, 
dicendo, credendo, asserendo et manutenendo quod sic tacere et in 
hujusmodi soriilegiis, divinationibus et superstitiosis actibus cre- 
dereet eis uti,non erat peccatum, imo nec proiiibitum ; sed potius 
licitum, laudabile ac approbandum, quam plurimas personas diver- 
sorum statuum, etiam utriusque sexus, ad hos erroreset maleficia 
inducendo, et eorum cordibus h^ec et similia imprimendo, asseruit. 
Et quie quidem Johanna, faciendo et perpetrando prœdicta delicta, 
capta et deprehensa fuit infra terminos et limites vestrœ diœcesis 
Belvacensis. » 

*Ad hune - secundum articulum respondet Johanna ; de sortile- 
giis ac superstitiosis operibus et divinationibus negat ; et de adora 
tione dicit, si aliqui osculati fuerint manus suas aut vestes, hoc non 
fuit per ipsam vel de ejus voluntate; et super hoc fecit se pr^eservari 
et ei obviavit pro posse suo. Residuum articuli negat. 

Et alias, die sabbati tertia mensis martii, anno prasdicto, ad con- 
tentum in articule et ad interrogatorium si sciebat anihium illorum 
de parte sua, dum osculabantur manus, pedeset vestes ejus : respon- 
dit quod multje gentes videbant eam libenter. Et, cum hoc, dicit 



* Ad secundum articiihim de sortilegiis, et superstitiosis operibus et diviiia- 
tionibus, negat. Et de adoratioiie dit : Se aucuns ont baisié ses mains ou 
vestemens, ce n'est point par elle ou de sa voulante ; et s'en est fait garder 
et comme en son povoir. Et le résidu de l'article elle ny 3. 



I. AC : pracbiiit. — 2. A omet hune. — 3. Ms. a]oute pmvir ; U, fol. 27 v". 



ryo PROCES de condamnation de jeanne d arc 

quod osculabantur vestes suas minus quam posset ; sed pauperes 
veniebant ad eam, ideo quod non fliciebat eis displicentiam, imo 
supportabat eos pro posse suo. 

Item die sabbati, décima ' ejusdem mcnsis martii, interrogata si, 
dum fecit exitum, sive sallie gallice, de villa Compendii, in quo 
exitu fuit capta, an ^ habuerat vocem revelationis de faciendo pi'c^- 
dictum exitum : respondit quod illa die non pra^scivitsuam captio- 
nem, nec habuit aliud pr^eceptum exeundi ; sed semper fuerat sibi 
dictum quod oportebat eam esse prisionariam. Item, interrogata 
utrum, faciendo illum exitum, ipsa transivit per pontem dictas villae 
Compendii : respondit quod sic, et per boscum reversum, bolvart ' 
gallice ; et ivit cum societate gentium partis suic supra gentes 
domini de Luxemburgo, quas bina vice repulit, usque ad logea- 
menta Burgundorum, et tertia vice usque ad médium iter ; et tune 
Anglici qui erant illic sciderunt ei iter et gentibus suis, inter eam 
et dictum holovart '*, et ideo gentes sua; se retraxerunt ; et ipsa, se 
retrahendo incampis in latere, versus Picardiam,juxta bolovertum >, 
fuit capta ; et erat riparia ^' inter Compendium ei locum ubi capta 
fuerat ", nec erat aliud inter locum ubi capta fuit et Compendium, 
nisi riparia '\ bolovertum "> et fossatum dicti boloverti '°. 

III. « Item, quod dicta rea in plures diversos atque pessimos 
errores incidit, haereticam pravitatemsentientes ; nonnullas propo- 
sitiones falsas, mendosas, hasresim sapientes et h^ereticas pra;ter, 
citra et contra fidem nostram catholicam, ejusdem" articulos, dicta 
evangelica, statuta in Conciliis generalibus facta et approbata, jura 
nedum divina sed etiam canonica et civilia, dixit, vociferavit, protu- 
lit, asseruit. publicavit et in corda simplicium infixit, scandalosas, 
sacrilegas, contra bonos mores, et piarum aurium offensivas; talesque 
propositiones dicentibus, dogmatizantibus, proferentibus", asseren- 
tibus et promulgantibus, consiliuai, auxilium et favorem priu-buit. » 

\. A : prima (sic). — 2. A omet an. — ^. A : houhvart ; C : hoscJevert. — 
4. A : houslevert ; C : bosclevert. — ). A : houUvertum ; C : boscîeverlum. — 6. C : 
ripparia. — 7. AC :,fuil. — 8. C : ripparia. — <). A : houlovertiiui ; C : hoscle- 
verfmn. — 10. A : honleverti : C : hosdeverli. — 11. O omet ce mot. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I7I 

*Ad hune ' articulum, ipsa Johanna negat ; et affirmât quod,pro 
posse suo, ipsa sustinuit Ecclesiam. 

IV. « Et Ad plenius et specialius informandum vos, dominos 
judices, super prœmissis offensis, excessibus, criminibus et delictis 
per dictam ream, sicut prasfertur, in dicta diœcesi et alibi in piu- 
ribus et diversis locis hujus regni perpetratis : verum est quod dicta 
rea fuit et est oriunda in villa de Grus, pâtre Jacobo d'Arc, matre 
Ysabelli-, ejusuxore; nutrita in juventute usque ad xviii. annum 
setatis ejus, vel eo circa, in villa de Dompremi super fluvium Mosœ, 
diœcesis Tullensis, in balliviatu de Chaumonl en Bassigny, et prœ- 
positura de Monteclere ' et cVAndelo^. Quas Johanna in juventute 
non fuit edocta nec instructa in credulitate nec primiiivis fidei; sed 
per ahquas vetulasmulieresassuefacta et imbuta ad utendum sortile- 
giis, divinationibus et aliis superstitiosis operibus sive magicis arti- 
bus ; quarum villarum plures habitantes notati fuerunt ab anti- 
que uti pra^dictis maleficiis. Et a pluribus, et specialiter ipsa 
Johanna dixit se a matrina sua multa audivisse de visionibus et 
apparitionibus Fatorum seu spirituum fatalium, gallice faées ^ et 
etiam ab aliis, in maliset perniciosis erroribus de hujusmodi spiriti- 
bus erudita fuit et imbuta, in tantum quod, in judicio coram vobis, 
confessa est quod usque ad hoc tempus nescivit an illa Fata essent 
mali spiritus. » 

**Ad hune '^ articulum, respondit 7 quod confitetur primam par- 
tem, videlicet de pntre, et matre, et loco nativitatis ; et quantum 
ad Dominas fatales, gallice /ï^Vy ^, nescit quid sit. Quantum vero ad 



* Ad tcrtium ncgat nrtinihiin ; et afferme que à son povoir, elle a sous- 
tenu l'Eglise?. 

** Otioad qiiarttim, respoiidct quod coufitetiir prwuim paiicru, videlicet de 
pâtre, et matre, et loco nativitatis. De sccuiida parte, negat. Et quant aux fées, 
elle ne scet que c'est. Et quant à son instruction, elle a prins sa créance 

\. A : terliuiii. -~ 2. Q : Ysabella. — j. AC : Moiitesclere. — 4. C : Andelto. — 
). A : fées. — 6. .4 : qiiartnm. — 7. AC : resporuiet. — 8. ^ : fées. — 9. U, 
fol. 27 V'\ 



172 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

instructionem, didicit ' credentiam suam, et fuit bene docta et 
débite ad faciendum sicut bonus puer débet facere. Et de hoc quod 
tangit matrinam suam,ipsase refert ad hoc quod alias dixit. 

Et requisita de dicendo suum Credo, tic. : respondit : « Petatis a 
meo confessore cui dixi. « 

V. « Item, propedictam villam de Domprenii est quiedam magna, 
grossa et antiqua arbor, vulgariter dicta Yarhre charmine faée de 
Bourlemoîit , et juxta dictam arborem est quidam fons ; circa quos 
conversari dicuntur maligni spiritus, dicti Fata, gallice faées % cum 
quibus utentes sortilegiis consueverunt de nocte choreizare ', cir- 
cumeuntes dictos arborem et fontem. » 

* Ad hune ■* articulum, de arbore et fonte, se refert 5 ad aUam res- 
ponsionem super his factam ; castera negat. 

Requisita die sabbati, vicesima quarta februarii, de arbore, etc. : 
respondit quod satis propre villam ^ de Dompremi est quaedam 
arbor vocata arbor Dominarum, quam quidem appellant Varbre des 
faces -, juxta quam est quidam ^ fons ; et audivit dici quod iniirmi 
febribus ex eo bibunt, et ipsamet bibit, et veniunt qua^situm de 
aqua fontis hujusmodi pro sanitate habenda ; sed nescit si inde 
sanentur vel non. 

Item, die jovis, prima martii, interrogata si sanctne Katharina et 
Margareta locutc'e sunt ^ cum ea sub arbore : respondit se nihil de 
hoc scire. Et iterato interrogata si ad fontem dictit Sanctit fuerant 



et esté enseignée bien et deumcnt, comme ung bon enfant doit taire. Et 
de ce qui touche sa marraine, elle s'en raporte ad ce que autrefois en a 
dit. 

Requise de dire Credo : respond : « Demandez au confesseur à qui je 
l'aydit'o. « 

* Quoad quintum de arbore et fonte, se refert ad aliatn responsionem super 
hoc factam ; caetera yiegat. 



i. A : didiscit. — 2. A -.fées. — 3 . AC : corei:^are. — ^. A : quinttivi. — 5. .-i 
ajoute dicta Johanna.^ — 6. 5 et O omettent villam. — 7. A : fées. — 8. BCeiO : 
quidem. — 9. AC : fuerunt. — 10. U, fol. 27 \°. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I73 

locutae sibi : respondit quod sic, et ibi eas ' audivit ; sed quid tune 
sibi dixerunt % nescit. — Iterum, ea die, interrogata si aliquid pro- 
miserunt ei, ibi vel alibi : respondit quod non fecerunt sibi aliquod ' 
promissum nisi de licentia Domini nostri. 

Item, die sabbati, xvii. martii, interrogata si matrina sua, qu;f 
viditFata seu fatales Dominas, reputetur sapiens mulier : respondit 
quod tenetur et reputatur bona et proba mulier, et non divina seu 
sortilega. — Iterum eadem die, interrogata si, ante diem hujusmodi 
decimam septimam martii, credebat quod fatales Dominas essent 
maligni spiritus : respondit quod de hoc nesciebat aliquid. — Item, 
ea 4 die décima septima, interrogata si aliquid scitde his qui errant, 
gaWicc qui vont en Ferre, cumFatis : respondit quod de hoc nunquam 
fecit nec scivit quidquam. Bene audivit loqui quod ibatur in die 
jovis, sed in hoc non crédit, imo quod est sortilegium, 

VI. « Item, dicta Johanna solita frequentare dictos fontem et 
arborem, et s^epius nocte ; interdum de die, maxime horis quibus 
in ecclesia celebratur divinum officium, ut sola esset ; et cho- 
reizando 5 circumibat ^ fontem et arborem prœdictos ; postmodum 
ramis ejusdem arboris plura serta variis herbis et floribus, propria 
manu confecta, appendebat, dicendo et cantando, ante et post, certas 
cantiones et carmina cum certis invocationibus, sortilegiis et aliis 
maleficiis ; qu^e quidem serta ", 'mane sequente ^, ibidem minime 
reperiebantur. » 

* Ad hune 9 articulum, die praedicta, vicesima septima martii, res- 
pondit quod se refert ad aliam responsionem alias per eam factam ; 
et coûtera in articule contenta negat. 



* Quoad sextiim, se refert ad aliam responsionem per eam factam ; cxtera. 
negat ^°. 



\. A : eas ibi. — 2. A : dixerunt sibi. — 3. Q : aliquid. — 4. A : eadem. — 
5. AC : coreiiando. — 6. ABC :ciraiibat. — ■]■ Q omet serta. — 8. AC : sequenti'. 
— <).A : iextum. — 10. U, fol. 27, vc. 



174 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Die sabbati, xxiiii. februarii, interrogata de arbore, dixit quod 
audivit dici quod, dum infirmi possunt se levare, vadunt ad arbo- 
rem pro se spatiando ; et est una magna arbor nominata Fagus a 
qua provenit le beau inay ', gallice ; et solebat dicta arbor pertinere 
domino Petro de Bourkmont'. Item quod-aliquando ibat spatiatum 
cum aliis juvenculis^ tempore aestivali, et ibi fiiciebat serta pro 
Nostra Dom'xuz àt Dampreini . Item quod audivit dici a pluribus 
antiquis, non de suo génère, quod Fata ibi fréquentant ; et audivit 
etiam dici a quadam nominata Johanna, uxore Majoris Auhtry, de 
villa, matrina sua, quod viderat ibidem dictas ' Fatales : quod si 
verum sit, nescit. Iiem dixit quod nunquam ibidem vidit dicta 
Fata, quod sciât ; et, si viderit alibi, nescit. Item dixit quod vidit 
apponi frondibus dictx arboris serta per juvenculas^ et quod ipsa- 
met ibidem apposuit cum aliis fîliabus; et eadem aliquando impor- 
tabat, et aliquando dimittebat. Dixit ulterius quod, postquam sci- 
vit quod debebat venire in Franciam, paucis spatiamentis seu sola- 
tiis vacavit, et minus quam potuit ; nec scit si chorei^averit ^ 
juxta arborem postquam habuit discrctioncm ; tamen antea bene 
potuit choreizavisse 5 juxta arborem cum pueris ; et ibidem plus 
cantavit quam choreizavit ^. Pr^eterea dixit quod est quoddam 
nemus ', vocatum Nemus-canutum [quod videtur] ab ostio domus 
patris ; et ab inde distat per dimidiam leucam. Dicit etiam quod 
nescit ncc audivit quod ibidem, videlicet in dicto nemore, Fata 
frequentarent ; tamen bene audivit dici a fratre suo, postquam 
recessit de patria sua, quod illic dicebatur quod ipsa Johanna cepe- 
rat factum suum ad arborem Fatarum ; quod non fecerat, et dicto 
fratri suo contrarium dicebat. Item dixit quod, quando venit apud 
regem suum, aliqui petebant ab ea si in ipsa patria sua erat ali- 
quod nemus vocatum Nemus-canutum, quia erant prophetia; qu« 
dicebant quod de versus Nemus-canutum debebat venire quaedam 
puella quae debebat facere mirabilia; sed in hoc non adhibet fidem. 

I. C; nioy. — z. A : Boulleniont. — 3. ,4 ajoute dominas. — 4. AC : corei- 
lavcrit. — 5. AC : coî-eiiavissc. — 6. AC : coreiiavit. — 7. En marge : De nemore A 
carcoso ; B qucrcoso ; C querquoso. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DH JEANNE d'aRC I75 

VII. « Item, dicta Johanna aliquando consuevit portare man- 
dragoram ' in sinu suo, sperans, per médium illius, habere prospe- 
ram fortunam in divitiis et rébus temporalibus, asserens hujus- 
modi mandragoram talem habere vigorem et etfectum. » 

* Ad hune ^ articulum, de mandragora ', negatomnino. 

Intcrrogata^ die jovis, prima martii, quid fecit de sua mandra- 
gora : respondit quod nunquam habuit, sed quod audivit dici unam 
esse juxta villam suam, nec unquam vidit aliquani. item audivit 
dici quod est res periculosa et mala ad custodiendum ; quam nes- 
cit de que serviat. — Interrogata de loco in quo est illa de qua 
audivit loqui : respondit se audivisse quod est in terra, juxta arbo- 
rem, sed nescit locum ; sed audivit dici quod supra locum illum 
est quidam arbor qua; dicitur corylus •<. — Interrogata de quo 
servit hujusmodi mandragora : respondit se audivisse dici quod 
facit argentum ; sed in hoc non crédit, et de hoc voces suaj nun- 
quam ei dixerunt quidquam. 

VIII. « Item dicta Johanna, circa vicesimum annum ittatis ejus, 
propria voluntate et absque Hcentia dictorum patris et matris, 
transivit ad vilhim de Novocastro in Lotharingia, et ibidem ser- 
vivit per ahqua tempora cuidam muHeri hospitœ, nuncupatiç La 
Roiissc, ubi morantur continue juvenes plures muheres inconti- 
nentes, et etiam hospitantur ut plurimum gentes guerr^ç. In quo 
hospitio dicta Johanna sic commorans aHquando stabat cum dic- 
tis mulieribus, aHquando ducebat oves ad campos, et equos aH- 
quando ducebat ad aquatum et ad prata et pnsturas; et ibi didicit 
usum equitandi, et habere notitiam armorum. » 



* Otioad septiiiinm, neoal oinniiw 5, 



I. La forme mendragora est constante en A . — 2. A : sept iin uni. — ^. A 
ajoute dicfa Johanna. — 4. A : conilus ; B : corahis (?) ; C : cori/us. — 5- U, 
fol. 27, V". 



lyé PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

* Ad hune articulum ', respondet Johanna ^ quod se refert ad 
illa quas super hoc alias respondit ; cetera negat. 

Die jovis, xxii. febmarii, confessa fuit quod, propter Burgun- 
dos, recessit a domo patris, et ivit ad villam quae dicitur Novum- 
castrum, pênes quamdam dictam La Rousse, et ibi stetit quasi per 
XV dies, vacando erga ' negotia donius ; nec ibat ad campos. 

Item, die sabbati, xxiiii. dicti mensis, interrogata si ducebat 
grèges ad campos : dixit se super hoc respondisse. Et ultra hoc 
dixit quod, postquam fuit adulta et habuit discretionem, commu- 
niter non custodiebat bestias, sed bene juvabat ad eas conducen- 
dum ad prata et unum castrum dictum Insula, propter metum 
gentium armorum. Sed, si in juvenili a^tate sua custodierit bes- 
tias vel non, non recordatur. 

IX. « Item, dicta Johanna exsistens in dicto servitio, traxit in 
causam, coram Officiali TuUensi, causa matrimonii, quemdam 
juvenem in prosecutione causai, pluries eundo ad dictam civitatem 
Tullensem et exponendo, occasione hujusmodi, quasi omnia quîe 
habebat. Qui quidem juvenis sciens eam conversatam esse cum 
dictis mulieribus, renuens eam desponsare, decessit, pendente 
processu •♦. Ex quo dicta Johanna, ex impatientia, recessit a dicto 
servitio. » 

** Ad hune > articulum, de causa matrimoniali, respondet Johanna 
quod super hoc alias ^ respondit, et se refert ad ejus responsio- 
nem ; caetera negat. 

Die luna;, xii. martii, interrogata quid movit eam facere citari 
quemdam hominem ad villam Tullensem, in causa matrimonii : 



* Ouoad octavum, se refert ad illa qiise super hoc alias respondit ; cœtera 
negat /. 

** Ouoad nofiuin, de causa nialrimoniali, alias super hoc respondit et se 
refert ad ejus responsionem ; cxtera iiegal ^. 



i. A : octavuvi . ■ — 2. A : Johanna responde4. — ^. A : circa. — 4- Q : causa. 
— <). A : nonuni. — 6. C omet alias. — 7. U. fol. 27, vo. — 8. U. fol. 27, vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I77 

respondit quod non fecit eum citari, sed ipse fuit qui eam citari 
fecit ; et ibi juravit, coram judice, dicere veritatem ; et finaliter 
juravit quod non fecerat illi homini aliquod promissum. Dicit 
etiam quod voces su.v assecuraverunt eani de lucrando processus 
suum. 

X. « Item, post recessum a dicto servitio de La Rousse, dicta 
Johanna, dicens se habuisse et habere continuo a quinque annis 
visiones et apparitiones sancti Michaelis et sanctarum Katharinx 
et MargaretiÇ, et signanter tune per eos sibi ex parte Dei ' reve- 
latum fuisse quod levaret obsidionem Aurelianensem et quod face- 
ret coronari Karolum, quem dicit regem suum, et expelieret 
omnes adversarios suos a regno Francise : invitis pâtre et matre 
atque contradicentibus, recessit ab eis, et proprio motu ac sponte, 
ivit ad Robertum de Baudricourt, capitaneum villas de Vaiicoulour, 
ibidem tune exsistentem, communicatum eidem Roberto, prout 
etiam per dictos sanctos Michaelem, Margaretam et Katharinam ^ 
fuerat sibi pr^eceptum, visiones et revelationes ipsi Johann^ ex 
parte Dei factas, ut dicit ; requirendo praedictum ' Robertum de 
adinveniendo modum per quem pn^dicta sibi revelata adimpleret. 
A quo qaidem Roberto bina vice repuisa, et reversa ad domum, 
iterato per revelationem jussa redire, ipsa tertia vice admissa est 
per dictum Robertum et recepta. » 

* Ad hune ^ articulum, respondet > quod se refert ad ea qu^ 
super hoc alias respondit. 

Die jovis, XXII. februarii, confessa fuit quod, dum erat letatis 
XIII annorum, habuit vocem seu revelationem a Domino nostro, 
pro juvando eam ad se gubernandum ; et prima vice habuit 
magnum timorem, et fuit hora quasi meridiei '', tempore icstivali ; 



Quoad Jecituuiii, île appanlioiiibus et rcccssu a parlibiis suis 7. 



I. C ; ex parte Dei sibi. — 2. AC : Katharinam et Margaretam. — ^. A : dictum , 
— 4. A : decimiim. — ')• A ajoute dicta Johanna. — 6. ABC : nierediei. — 
7. U, fol. 27, vo. 

Procès de Jeanne d'Arc. 12 



lyS PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

et erat in horto patris sui, et tune erat [non] ' jejuna, nec praece- 
dente die ^ jejunaverat. Quam vocem audivit a latere dextro, ver- 
sus ecclesiam ; et raro eam audit sine claritate, qua: est ab eodem 
latere unde venit vox ; et saspe est magna claritas. Et quando 
veniebat in Franciam, audiebat illam ' vocem sa^pe; et prima vice 
fuit claritas. Dixit -^ etiam, si esset in uno neniore, bene audiret 
voces5. Dixit ^ insuper quod vox videbatur ei ' digna, credens 
quod illa vox missa erat ex parte Dei;^quam postquam audivit 
trina vice, cognovit eam esse vocem angeli. Dixit ^ iterum quod 
vox illa semper benc custodivit eam, et eam bene intellexit. — 
Interrogata quale documentum ci dicebat pro salute animai suae : 
respondit quod docuit eam se ^ bene regere, frequentare ecclesiam, 
et quod necesse erat eam venire in Franciam. Dixit '° etiam quod 
hac vice interrogans non habebit ab ea, in qua specie vox illa sibi 
apparuerit". Item dixit quod illa vox dicebat sibi '-, bis vel ter in 
hebdomade'5, quod oportebat eam recedere et venire in Franciam, 
et quod pater suus de suo recessu nihilsciret. Ulterius dixit'+ quod 
illa vox sibi dicebat eam oportere venire in Franciam, nec poterat 
ibi plus durare; et quod ipsa levaret obsidionem ante Aurelianis. 
Item dixit'5 quod, quando venit ad villam de Vaucoiilonr'^, cogno- 
vit Robertum de Baudricourt antea sibi invisum, cui dixit quod 
per vocem fuit sibi revelatum eam oportere ire in Franciam ; et 
ipsum Robertum cognovit per vocem sibi dicentem quod ipse erat 
ille. Qui bina vice repulit eam ; et tertia vice eam recepit et ei 
tradiditgentes, prout vox dixerat sibi. 

Item, die sabbati, xxiiii. februarii, interrogata a qua hora citra 
audiverat suam vocem : respondit quod heri audivit, et illa die, 
xxiiii. februarii ; videlicet heri, trina vice : prima mane, secunda in 
vesperis, et tertia à l'Ave Maria .; etiam siepius quam ipsa nominet 



1. Q et les autres mss. omettent ce mot. — 2. A : die prxcedente. — 3. Q: 
magnain. — 4. ^ ; Dicit. — S- Q omet voccs. — 6. B : Dicit. — j. A : videhalur 
ei vox digna. — 8. BC et Q : Dicit. — 9. BC omettent se. — 10. BC et Q : 
Dicit. — II. A : appaniernt. — 12. A : ei. — ly A : ehdomata. — 14. 5 .• dicit. 
— 15. Ihid., idem. — 16. C; Vaucouhur. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I79 

seu diciit. Et heri de mane, cum dormiret, excitavit eaiii non 
tactu, sed sono vocis ipsius ; nec sciebat an illa vox esset in 
caméra sua, sed bene scit quod erat ' in Castro, in quo scilicet est 
dicta caméra. Item confessa est quod, prima vice qua vox venit ad 
eam, ipsa erat jetatis annorum xiii % vel eo circa. 

Item, die martis, xxvii. dicti mensis, dicit quod tune erant bene 
septem anni quod, prima vice, sanctae Katharina et Margareta cepe- 
runt eam ad regendum. — Interrogata si sanctus Michael primo 
apparuit ei : respondit quod sic, a quo habuit confortationem : 
« Nec nomino vobis vocem sancti Michaelis, sed dico de magna 
confortatione ejus. »• — Interrogata quas erat prima vox qu;t venit 
ad eam, in a^tate xiii annorum, vel eo circa : respondit quod fuit 
sanctus Michael, quem vidit ante oculos suos ; nec erat solus, sed 
bene erat associatus angelis cœli. Dixit ' ultra quod non venit in 
Franciam, nisi de mandaio Dei. — Interrogata si viderit sanc- 
tum Michaelèm et angelos corporaliter et formaliter : respondit 
quod oculis suis corporels, a;que bene sicut videbat assistentes in 
judicio. Et cum dicti Michael et angeli recedebant, flebat et bene 
voluisset quod eam secum importassent. — Interrogata die "^ vice- 
sima septima, cum ipsa vidit vocem, si erat ibi lumen cum voce : 
respondit quod ibi erat multiim de lumine de omni latere, et bene 
decet. 

Die jovis, prima martii, interrogata si, a die martis citra, locuta 
fuit cum sanctis Katharina et Margareta : respondit quod sic >, heri 
et hodie, sed nescitqua hora; nec est dies qua non audiat eas. 

Die lunix.', xii. martii, interrogata utrum petierit a vocibus suis 
quod diceret patri et matri ejus suum recessum : respondit, quan- 
tum de pâtre et matre, voces erant satis contentée quod diceret dic- 
tis parentibus, nisi propter pœnam quam fecissent ei, si dixisset eis 
suum recessum ; et, quantum est de ipsa, nunquam dixisset eis pro 
quacumque re ; et, de dicendo vel tacendo suum recessum pras- 



I. O omet eiat. — 2. A : tridecim aiuiortim. — 3.5; Dicit . — 4. AC ajoutent 
dicta. — 5. ABC : sit ; O omet ce mot. 



l8o PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dictis patri et matri, dictée voces de hoc se referebant ' eidem 
Johannae loquenti. — Interrogata de somniis patris sui, concernen- 
tibus eam et suum recessum : respondit quod mater sua pluries 
dixit ei-, ad hue cum pâtre exsistenti, qaod pater suus dixerat se 
habuisse somnia quod dicta Johanna erat itura cum gentibus 
armorum ; et de bene custodiendo eam dicti pater et mater habe- 
bant magnam curam, tenentes ipsam in magna subjectione ; qui- 
bus obediebat in omnibus, nisi in processu TuUensi, in causa 
matrimonii 'k Item audivit a matre sua patrem dicere '^ fratribus 
suis in hune modum : « Vere, si ego putarem rem contingere, 
quam somniavi de filia, ego vellem quod vos submergeretis eam ; 
et nisi faceretis, egomet eam submergerem. » Qui prasdicti 
parentes pêne perdiderunt sensum, quando recessit ad eundum ad 
villam de Faucoulour 5. — Interrogata si somnia illa venerunt patri 
suo^ postquam ipsa habuit visiones seu voces : respondit quod ita, 
plus quam per spatium duorum annorum, postquam primas 
habuit voces. 

XI. « Item, dicta Johanna, habita famiUaritate dicti Roberti, jac- 
tando se, eidem dixit quod, expeditis et adimpletis eis '' qrne per 
revelationem ex parte Dei erant sibi praecepta, ipsa habitura erat 
très fihos, quorum primus esset Papa, secundus imperator et ter- 
tius rex. Qui quidem capitaneus hoc audiens dixit : « Ergo ego 
vellem tibi facere unum, ex quo erunt viri tantïe auctoritatis ut ex 
inde melius valerem. » Cui ipsa respondit : « Gentil Robert, nennil, 
nennil, il ncst pas temps ; le Saint-Esperit y ouvrera "' » ; prout dictus 
Robertus praemissain diversis locis, in prassentiapraslatorum, magno- 
rum dominorum et notabilium personarum, asseruit, dixit et 
publicavit. » 



I. AC : se refeiehani de hoc. — 2. A : sibi. — 3. C en marge : Voces prohibiic- 
ruiit ei ne diceret aliquid de ej'us recessu curato aut confessori. — 4. A : dicentem. — 
5. C ; Vaucoulevr. — 6. Q : omnibus. — "]• A : ouverra. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC i8i 

*Ad hune ' articulum, respondet Johanna quod se refert ad ea 
quae super hoc aUas respondit. Et dixit quod de hoc, videUcet de 
tribus pueris habendis, de hoc non se jactavit. 

Die kinœ, xii. martii, interrogata si voces sua; vocaverunt - eam 
filiam Dei, aut filiam Ecclesiœ, seu JiJiam au grant cuer ; respondit 
quod ante levationem obsidionis Aurehanensis, et depost, omnibus 
diebus quibus locutas fuerunt sibi, pluries vocaverunt eam Johan- 
nam Puellnm, filiam Dei. 

XII. « Item, et ut mehus et apertius ' dicta Johanna aggrederetur 
propositum,requisivit a dicto capitaneo sibi fieri vestes viriles, cum 
armis conformibus. Quod dictus capitaneus, Hcet invitus et cum 
magna abominatione ^, tandem petitioni dictée Johannas acquies- 
cens, fecit. Ipsisque vestibus et armis fabricatis, compositis et con- 
fectis, pr^edicta Johanna, rejecto et rehcto omni habitu muHebri, 
tonsis capillis in rotundum ad modum mangonum, camisia, brac- 
cis 5, gippone, cahgis simul junctis, longis et ligatis dicto gipponi 
<;um XX aguilletis, sotularibus altis deforis laqueatis ^, curta roba 
usque ad genu, vel circiter, capucio deciso, ocreis seu housellis 
strictis, calcaribus longis, ense, dagua, lorica, lanceaet c.^teris arma- 
turis, more hominum " armorum, se induit et armavit ; et cum eis 
facta guerras exercuit, asserens se, in hoc, mandatum Dei per reve- 
lationes sibi factas adimplere, et ex parte Dei h^c facere. » 

**Ad hune ^^ articulum, respondet "^ dicta Johanna '° quod se refert 
ad ea quae super hoc alias respondit. 



*Ouoad iindeciiniim, de pueris haheudis ah en, se refert ad ^"^ ea qiix super 
hoc alias ipsa respoiidil ■-. 

** Oiioad duodecimum super Imhitihns et armaturis hahendis : respondet quod 
se refert ad ea qux super hoc alias respondit. 



i.A: undecim (sic). — 2. AB : vocaverunt. — ^.A: aptiiis. — 4, ABC : ahlmni- 
natione. ■ — 5. ABC : brachis. — 6. O ajoute et. — 7- Q : honiinis. — 8. .^ ; deci- 
muvi (sic). — 9- iC? •■ respondit. — 10. A omet dicta Johanna. — 11. Ms. ab. — 12, 
U, fol. 27 \">. 



102 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Et consequenter interrogata utrum ceperit habitum et arma, cum 
cneteris habituamentis guerric, per mandatum Dei : respondet quod 
se refert, ut prius, [ad] ' per ipsam super hoc alias - responsa \ 

Die jovis, xxii. mensis februarii, confessa est quod vox dixit sibi 
ut iret ad Robertum, capitaneum de Vaucoiiloiir •* et ipse traderet ei 
gentes ; cui respondit quod ipsa erat una pauper filia, nec sciret 
equitare, nec guerram deducere^. Item, confessa est sedixisse avun- 
culo suo quod volebat manere modico tempore pênes eum; et ibi 
mansit octodiebus, vel circiter^. Dixitque avunculo suo- quod opor- 
tebat eam ire ad Vauucolonr' ; qui duxit eam illuc. Item dixit quod, 
quando ivit ad regem suum, induta erat veste virili,*Dixit etiam 
quod, antequam adiret'** dictum" regem suum, dux Lotharingioi man- 
davit eam sibi mittendam "^ ; ad quem ipsa ivit, et ci" dixit quod 
volebat ire in Franciam. Cui ipse petivit de sua sanitate, et ipsa 
dixit quod de hoc nesciebat aliquid, parum declaransei de suo voia- 
gio. 

Item dixit dicto duci quod traderet ei filium suum et gentes, pro 
ducendo eam in Franciam, et ipsa oraret Deum pro sua sanitate '^ 
Et ad ipsum ducem iverat per snlvum conductum; et inde reversa 
est ad villam de Faiicoulotir^\ Item dixit quod, in recessu de Vau- 
coiilojir, ipsa in habitu virili, cum ense sibi tradito per dictum 
Robertum, absque alla armatura, associata'* uno milite, uno scuti- 
fero et quatuor famulis, ivit cubitum ad Sanctum Urbanum et 
cubuit in abbatia. Dixit etiam quod, eundo iter suum, transivit 
Autisiodori, ubi missam audivit in magna'' ecclesia ; et habebat 



Et interroguée, s'elle a prins cel habit et armeures et abillemens, se 
c'est par le commandement de Dieu qu'elle les a prins : respond : « Je m'en 
raporte comme dessus ad ce que autresfois j'ay respondu'^. » 



I. O omet [aâ]. — 2. A : alias super hoc. — )• Q ■' responsis. — 4. C ; Vaiicou- 
leiir. — ). A : deducere guerram. — 6. A : circa. — 7. C/ Vaucohur. — 8. 5; 
audiret. — 9. O : dominum. — 10. Cornet sibi tiiittendam. — 11. C omet ei. — 
12. A : sanitate .wa. -^ 13. C ; Vaucouleur. — 14. C : associato. — x<i. A : matrice. 
— 16. r, fol. 27. v". 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 183 

saspe suas voces secum. Ulterius dixit quod dictus Robertus rece- 
pit juramentum ab ipsis qui eam duxerunt quod beneet secure eam 
ducerent; et in recessu dixit idem Robertus ipsi Johannas : « Vade, 
et veniat quid inde venire poterit. » Dixit etiam quod oportebat 
eam mutare habitum suum in habitum virilem, credens quod con- 
silium suum ' in hoc bene dixerit sibi. Dixit etiam quod, sine 
impedimento, ipsa venit usque ad regem suum, cui prius ^ misit 
litteras, cum adhuc esset ^ in Sancta Katharina de Fierbois '^. 

Die martis, xxvii. februarii, interrogata si vox praecepit ei quod 
caperet ' habitum virilem : respondit quod de habitu parum quid 
est, et de minori ; nec cepit habitum per consilium hominis mundi ; 
nec eumdem habitum cepit, nec fecit aliquid, quin hoc sit per prae- 
ceptum Domini nostri et Angelorum ; nec unquam cepit hujus- 
modi habitum, per ordinationem dicti Roberti. Interrogata si bene 
fecerit capiendo hujusmodi habitum : respondit quod omne illud 
quod fecit per prasceptum Domini nostri, ipsa crédit se bene fecisse, 
et inde exspectat bonum garantizamentum et bonum succursum. 
Dixit etiam quod habebat unum ensem quem ceperat apud Vau- 
coulour ^. 

Die XII. martii, interrogata si ad requestam dicti Roberti acce- 
perat hujusmodi habitum, et utrum voxei pr^eceperat de Roberto ' : 
respondit ut supra. De voce respondit quod totum id quod fecit de 
bono, ipsa fecit per praeceptum vocum; et quoad habitum, alias 
respondebit ^, quia nunc non est de hoc advisata, sed de hoc crastina 
die respondebit. 

Sabbati, décima septima martii, interrogata quale garantizamen- 
tum et qualem succursum exspectat habere a Domino nostro, de 
hoc quod portât habitum viri : respondit quod, quantum ad habi- 
tum et caetera quas fecit, ipsa inde noluit habere aliud prsemium 
nisi saivationem animïe suas. 



I. A : suum consilium. — 2. A ajoute ipsa. — ^. A : esse (sic). — 4. C : 
Fierhoys. — 5. C ; acciperet. — 6. C : Vaucoleiir. — 7. AC : prxceperal. De 
Roherto, respondit ut supra. — 8. B et 2 : respondit. 



iS^ PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

XIII. « Item, dicta Johanna attribuit Deo, Angelis et Sanctis ejus 
quod pnecipiunt ea quîe sunt contra honestatem sexus muliebris, et 
in lege divina prohibita, et ' etiam Deo et hominibus abominabi- 
lia -, et per ecclesiasticas sanctionessub pœna anathematis interdicta, 
ut quod induatur vestibus virilibus, curtis, brevibus et dissolutis, 
tam in subtunicalibus et caligis, quam in aliis ; et sequendo pr^- 
ceptum eorum, induta est aliquando sumptuosis et pomposis ves- 
tibus, de pannis pretiosis et aureis, ac etiam foderaturis; et non 
solum usa est tunicis brevibus, sed etiam tabardis et togis scissis ' 
ab utroque latere ; et hoc notorium est, cum capta fuerit in una 
heuqua aurea, undique aperta ; habens ^ etiam in capite cappellos 
seu pileos et capillos 5 ad modum virorum in rotundum tensos ; et 
generaliter, omni pudore muliebri abjecto, et non solum contra 
decentiam muliebrem, imo etiam contra illam qua; pertinet viris 
morigeratis, usa est omnibus illis cultibus et vestibus, quas homines 
dissolutissimi sibi soient assumera, arma etiam invasiva portando. 
Qune attribuere prasceptoDei, sanctorum Angelorum ac etiam sanc- 
tarum Virginum, est blasphemareDeum et Sanctos, subvertere legem 
Dei, jura canonica violare, sexum muliebrem et ejus honestatem 
scandalizare, omnem decentiam cultusexterioris pervertere, exempla 
totius dissolutionis in génère humano ^ approbare, et ad hoc 
homines inducere. « 

* Ad hune " articulum respondet Johanna ^ quod non blasphe- 
mavit Deum nec Sanctos ejus. 

Die martis, xxvii. mensis februarii, interrogata si videatur sibi 
quod ^ pr^ceptum eidem factum de accipiendo habitum virilem sit 



*Quoad decimum terliiini : respond : « Je n'ay blasphémé Dieu, ne ses 
Saincts. » 

Et quant il luy fut exposé que les sains canons et les sainctes escrip- 
tures mectent que les femmes qui prennent abit d'omme, ou les hommes 



I. A : ac. — 2. BC : abhominàbilia. — 3. BC : sciscis. — 4- Q-' hiijiis. — 
5. C omet et capillos.. — 6. C omet in génère humano. — j. A : decimum tertium. 
— 8. /4 ; dicta Johanna respondet. -, — 9. BC : per. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 185 

licitum : respondit quod omne id quod ipsa fecit, hoc est per pras- 
ceptum Domini nostri; et si alium habitum pntciperet eidem 
Johanna: accipere, illum acciperet, ex quo hoc faceret per pn'ecep- 
tum Dei. — Interrogata si, in isto casu particulari, de habitu virili, 
ipsa crédit se bene fecisse: respondit quod sine priecepto Dei non 
accepit, et quod nihil mundi fecit in his quas fecit, quin ' sit ex 
praecepto Dei. 

Sabbati tertia martii % interrogata si, quando venit primo ad 
prîesentiam régis sui, ipse petiit ab eadem utrum habebat per reve- 
lationem mutare habitum suum : respondit : « Ego vobis de hoc 
aHas 5 respondi », et « tamen non recordor si hoc fuerit a me 
petitum ». Et ulteriusdixitquod hoc scriptum est Pictavis. — Item, 
dicta die sabbati, tertia martii, interrogata si credat quod deliquis- 
set aut fecisset peccatum mortale, accipiendo habitum muliebrem : 
respondit quod melius facit de obediendo et serviendo Domino suo 
supremo, sciUcet Deo. 



habit de femme, est chose abhominable à Dieu, en demandant s'elle a 
prins ces habis du conmiandement de Dieu : respond : « Vous en estes 
assés respondus ; et se voulésque vous responde plus avant, donnez moy 
dilacion, et je vous en respondray. » 

Item dit, après ce qu'elle fut interroguée se elle vouldroit prandre abit 
de femme pour ce qu'elle peust recepvoir son Saulveur à ceste Pasque : 
respond qu'elle ne laissera point son abit encore, pour quelque chose, ne 
pour recepvoir, ne pour autre chose 4 ; et dit qu'elle ne fait point de 
différence de abit d'omme ou de femme, pour recepvoir son Sauveur, et 
que pour cest abit, on ne luy doit point refuser. 

Et interroguée par ung qui parloit, luy demandoit s'elle Tavoit point 
par révélacion ou du commandement, de porter cest habit : respond 
qu'elle en a respondu ; à quoy se raporte. Et après dit que dedans demain 
elle en envoyera responce. 

Item, dit qu'elle sçait bien qui luy a fait prandre l'abit; mais ne sçait 
point comme elle le doit révéler >. 



I. A ajoute lioc. — 2. O omet martii. — 3. ^ ; alias vobis de hoc. — 4. Ms. en 
marge : une main. — 5. C/, fol. 28. Il se prescrite ici une assez notable différence 
entre la minute du greffier et la rédaction définitive. Deux réponses de la Pucelle 



l8é PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

XIV. « Item, dicta Johanna asserit se bene facere, talibus vesti- 
bus et habitibus virilibus dissolutis utendo; et in hoc vult perma- 
nere, dicens se ista non dimissuram, nisi licentiam habeat expressam 
a Dec per revelationem, injuriando Deo, Angelis et Sanctis ejus. » 

* Ad hune' articulum, respondit Johanna quod non tacit mahim 
de serviendo Deo, et crastina die nobis responderet de contentis in 
articulo. 

Et ipsa die, interrogata per alterum assistentium an ipsa habe- 
bat, per revelationem aut praeceptum, déferre habitum virilem: 
respondit quod de hoc aHas respondit, ad quod se refert ; et postea 
dixit quod, super hoc, die - crastina mitteret responsum. Et ulterius 
dixit se bene scire quis eidem fecit accipere habitum virilem ; sed 
nescit qualiter débet hoc revelare. 

Item, die sabbati, xxiiii. mensis februarii, interrogata si vellet 
habere habitum mulieris : respondit: « Si velitis mihi dare licentiam, 
tradatis mihi unam vestem muliebrem; ego capiam ' eam et ibo; 
alias non ; et sum contenta de ista, ex quo placet Deo quod eam 
deferam. » 

Item, die lunas, xir. martii, interrogata si, capiendo habitum 
virilem, ipsa cogitabat maie facere : respondit quod non ; et ' adhuc 
de pn\;senti, si esset in alia parte et in hoc habitu virili, videtur ei 
quod esset unum de magnis bonis Franciae, facere sicut 5 faciebat 
ante captionem suam. 

Item, die sabbati, xvii. martii, interrogata, quia dixit quod de- 



* Ouoad decimiiiii quarium : respond : « Je ne fais point mal de Dieu 
servir; et demain vous en serés respondus ^\ » 



sont supprimées dans cette dernière; deux autres y sont rangées sous l'article 
XIV. (Voyez ligne 8 de cette page : Et ipsa die, interrogata. . .) Pas plus que 
Quichcrat, je ne m'explique l'omission. Quant à la transposition, elle doit vrai- 
semblablement être attribuée à une erreur du copiste qui a exécuté le manuscrit de 
D'Urfé. — I. A : decimum quartum. — 2. A omet die. — 3. C .• accipiam. — 
4. AC ajoutent quod. — 5. AC ajoutent ipsa. — 6. U, fol. 28, r". 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 187 

fert habitum virilem per prasceptum Dei, quare ipsa petit camisiam ' 
mulieris in articule mortis : respondit quod sufficit sibi quod cami- 
sia * sit longa. 

XV. « Item, cum requisierit dicta Johanna aliquando et pluries 
quod permitteretur ei audire missam, monita habitum virilem 
deserere et resumere muliebrem, dando ei spem per judices quod 
admitteretur ad auditionem missas et communionem sacramento- 
rum, in casu quo vellet dimittere ex toto habitum virilem et mu- 
liebrem sumere, secundum decentiam sui sexus, noluit acquies- 
cere; scilicet, sed > non communicare sacramentis et divinis officiis 
pra:elegit, quam hujusmodi habitum deserere, fingendo hoc dis- 
plicere Deo. In quo apparet pertinacia ejus, et induratio in malo, 
defectus caritatis, inobedientia ad Ecclesiam et divinorum sacramen- 
torum contemptus. » 

* Ad hune ^ articulum, dicta die martis, xxvii. martii, respon- 
dit ^ Johanna quod carius diligit mori quam revocare id quod ipsa 
fecit de pra;cepto Domini nostri. 

Dicta die, interrogata si velit deserere habitum virilem pro au- 
diendo missam : respondet, quantum ad habitum quem defert, 
ipsa non dimittet eum adhuc ; nec est in ea détermine infra quem 
dimittet eum. 

Item, eadem die, dicit quod, si judices "réfutent sibi de audiendo 
missam, bene est in Domino nostro de faciendo ei audire, quando 
placuerit, sine ipsis. 



* Ouoad decimum quintum : respond qu'elle ayme plus chier mourir 
que révoquer ce qu'elle a fait du commandement de Nostre Seigneur <^. 

hiterroguée s'elle veult laisser Tabit de homme pour ouyr messe : res- 
pond, quant à l'abit qu'elle porte, elle ne le laissera point encore ; et 
qu'il n'est point en elle du terme dedans quant elle le laissera. 

Item^ dit que, se les juges luy refusent de faire ouyr messe, il est bien 
en nostre Seigneur de luy faire ouyr, quant il luy plaira, sans eulx 7. 

I. C : catuiseam. — 2. C : camisea. — 3-0 omet sed. — 4. A : decimum 
quintum. — ). A : respondet. — 6. Ms. en marge : une main. — 7. Ms. .-en 
marge : une main. 



l88 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Item, quantum ad residuum articuli, de sequela : respondet quod 
confitetur se bene fuisse monitam de capiendo habitum muliebrem ; 
quajitum vero ad irreverentiam et alias sequelas, negat. 

Irem, die jovis, xv. martii, interrogata quod pr^eeligeret, scilicet 
capere habitum muliebrem et audire missara, vel manere in habitu 
viri et non audire missam : respondit : « Certificetis'mihi deaudien- 
do missam, si sim in habitu muliebri ; et super hoc respondebo 
vobis. » Ad quod fuit sibi dictum per interrogantem quod eam de 
hoc certificabat. Tune ipsa Johanna respondit : « Quid dicetis vos ', 
si ego juravi et promisi nostro régi non deporiere istum habitum ? 
Verumtamen ego respondeo vobis : faciatis mihi fieri unam ves- 
tem longam usque ad terram, sine cauda, et eam tradatis mihi ad 
eundum ad missam ; et postea, in regressu, ego resumam habitum 
quem habeo. » — Iterum interrogata de accipiendo habitum mulie- 
brem ex toto, pro eundo auditum missam : respondit : « Ego habe- 
bo consilium super hoc, et postea respondebo vobis. » Et ulterius 
requisivit, in honore Dei et Nostrre Dominae, quod ipsa posset 
audire missam in ista bona villa. Ad quod fuit sibi dictum quod 
ipsa caperet habitum muliebrem simpliciter et absolute. Et ad hoc 
ipsa Johanna respondit : « Tradatis mihi habitum ad modum unius 
filiit burgensis, scilicet unam houpelandam ^ longam et similiter 
capucium muliebre, et ipsa accipiam pro audiendo missam. » Et 
insuper instantius quem poterat, tune requisivit quod dimitteretur 
ei ille habitus quem deferebat, et quod permitteretur ei audire mis- 
sam, absque mutatione. 

Item, sabbati xvii. martii, mterrogata quid dicebat ipsa ad dic- 
tum habitum muliebrem qui sibi offerebatur, ut posset audire mis- 
sam : respondit, quantum ad habitum muliebrem, non caperet 



Ifem dit, quant au résidu de l'article de la séquelle : respond qu'elle 
confesse bien avoir esté amonnestée de prandre abit de femme. Quant à 
l'inrévérence et autres séquelles, les nye '. 



I. O omet l'os. — 2. C : hoppela/idavi. — 3. U, fol. 28, r". 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D*ARC 189 

illum adhuc, donec placuerit Domino nostro ; et, si ita sit quod 
oporteat eam duci usque in judicium et eam spoliari, ipsa requirit 
dominis ecclesiasticis ut dent ai gratiam habendi unam camisiam 
muliebrem et unum capitegium in capite suo ; quia praidiligit 
mori quam revocare id quod Dominus noster fecit sibi fieri. Et 
crédit firmiter quod Dominus noster non permittet eam venire ita 
basse, quin habeat succursum a Deo bene cito et per miraculum. 
— Item, eadem die, interrogata, quia dixit quod caperet habitum 
muliebrem, dummodo permitteretur abire, utrum hoc placeret 
Deo: respondit, si daretur sibi licentia in habitu muliebri, ipsa se 
poneret cito in habitu viriH, et faceret illud quod fuit sibi prœcep- 
tum per Dominum nostrum; nec faceret pro aliqua re juramentum 
quin se armaret et poneref in habitu viriH, pro faciendo placitum 
sive voluntateni Domini nostri. 

XVI. « Item, dicta Johanna perantea, post ejus captionem, in 
Castro de Beaurevoir et Attrebati % pluries fuit monita caritative per 
nobiles et notabiles personas utriusque sexus deserere habitum viri- 
lem, et vestes suo sexui congruas et décentes resumere, Quod omni- 
no facere recusavi^ et adhuc, ut pr^dictum est, perseveranter récu- 
sât, et cîetera opéra facere sexui muliebri convenientia, in omni- 
bus, virum magis se gerens quam mulierem. » 

* Ad hune ^ articulum, respondet Johanna quod, Attrebati > et 
in Castro de Beaurevoir, fuit bene monita capere habitum mulie- 
brem ; quem tune recusavit, et adhuc récusât. Et, quantum ad alla 
opéra muliebria, dicit quod sunt satis ali^e mulieres pro his facien- 
dis. 



* Ouoad decimum sextum : respond que, à Arras et Beaurevoir, a bien 
esté amonnestée de prandre habit de femme, et l'a refusé et refuse 
encore. Et quant aux autres œuvres de femme, dit que il y a assés 
autres femmes pour ce faire ^. 



I. ABC : Attrabati. — 2. A : decimum sextum. — 3. BC : Attrahati. — 4. U, 
fol. 28, ro. 



190 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Die sabbati, tertia martii, intèrrogata si habeat memoriam 
utrum magistri qui in alia obedientia eam examinaverunt, quidam 
per unum mensem, et alii per très hebdomadas, interrogaverânt 
eam de mutatione sui habitus : respondit quod non reminiscitur ; 
tamen interrogaverunt eam ubi ipsa ceperat ilkid habilitamentum 
viri ; quibus dixit quod ceperat apud Vaucoulour \ — Intèrrogata si 
petierint ab ea an ceperit per voces suas ^ : respondit quod non 
recordatur; nec recordatur si regina sua id ipsum petierit ab ea. — 
Iterum intèrrogata si rex suus, et regina, ac Ciieteri de parte adversa 
requisierint eam deponere habitum suum et sumere habitum 
muliebrem : respondit : « Hoc non est de processu vestro. » 

Ulterius intèrrogata si de hoc fuerit requisita apud Bcaurevoir : 
respondit vere quod sic ; et tune respondit quod non mutaret 
absque licentia Domini nostri. Item dixit quod domicella ^^^ Ltixem- 
Wforequisivitdominum de Luxenibonrc quod ipsa Johanna non tra- 
deretur Anglicis. Item dixit quod praedicta domicclla et domina de 
Beaiirevoir obtulerunt ei habitum muhebrem, vel pannum pro 
faciendo illum, requirentes ei quod illum deferret; quibus respon- 
dit se non habere licentiam a Domino nostro, et quod nondum ade- 
rat tempus. Dixit insuper quod dominus Johannes de Pressy^ miles, 
et nonnuUi ahi obtulerunt ei habitum muliebrem, Attrebati ', et 
pluries petierunt ab ea si vellet mutare habitum. Praeterea dixit 
quod, si debuisset mutare hujusmodi habitum, ipsa mutasset 
citius ad requestam prasdictarum duarum dominarum quam alia- 
rum ^ exsistentium in regno Francia;, excepta regina sua. — Intèr- 
rogata ulterius utrum, dum Deus ei revelavit quod habitum suum 
mutaret, si hoc fuit per vocemsancti Michaelis vel sanctarum Katha- 
rinie et Margaretïe : respondit : « Vos non habebitis de hoc nunc 
aliud. » 

XVII. « Item, cum dicta Johanna devenit ad praesentiam dicti 
Karoli, sic induta et armata, ut pra^missum est, inter alia, tria sibi 



I. C .• Vaiicouleur. — 2. AC : suas voces. — 3. ABC : Attrabati. — A- Q ■ 
aliorum. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC I9I 

promisit: primum quod levaret obsidionem Aurelianensem; secun- 
dum quod faceret eum coronari Remis ; et tertium quod vindica- 
ret eum de suis adversariis, eosque omnes sua arte aut interfice- 
ret, aut expelleret de lioc regno, tam Anglicos quam Burgundos. Et 
de istis promissis pluries et in pluribus locis publiée dicta Johanna 
se jactavit; qui\;, ut major fides adhiberetur dictis et factis suis, 
tune et deinceps fréquenter usa est divinationibus, detegendo 
mores, vitam et occulta facta aliquorum venientium ad pra.»sentiam 
suam, quos antea non noverat nequeviderat, jactandose illa cognos- 
cere per revelationem. » 

* Ad hune ' articulum - respondet ' Johanna se portasse nova ex 
parte Dei régi suo, quod Dominus noster redderet sibi regnum suum 
Francise, faceret eum coronari Remis et expelleret suos adversarios. 
Et de hoc fuit nuntia ex parte Dei, sibi dicendo quod eam poneret 
audacter in opère, et quod levaret obsidionem Aurelianensem. 
Item dixit quod ipsa loquebatur de toto regno, et quod, si dominus 
Burgundiie et alii subditi regni non venirent ad obedientiam, rex 
suus per vim faceret eos venire. Item dixit, quantum ad finem arti- 
culi, de cognoscendo Robertum de Baudricourt et regem suum, 
quod ipsa se referebat ad hoc quod alias super hoc responderat K 

Die jovis, xxii. februarii, confessa fuit quod, quando ipsa venit 



* Ouoad decimum septimuin : respond qu'elle confesse qu'elle porta les 
nouvelles de par Dieu à son roy, que nostre Sire lui rendroit son 
royaume, le feroit couronner à Rains, et mectre hors ses adversaires. 
Et de ce en fut messagier de par Dieu ' ; et qu'il la meist hardiement 
en oeuvre ; et qu'elle lèveroit le siège de Orléans. 

Item, dit qu'elle disoit tout le royaume, et que, se monseigneur de 
Bourgongne et les autres subgectz du royaume ne venoient en obéis- 
sance, que le roy les y feroit venir par force. 

Ifem dit, quant à la fin de l'article, de congnoistre Robert et son roy : 
respond : « Je m'en tien ad ce que autresfois j'en ay respondu ^. » 



I. A : decimum septimum. — 2. A omet articulum. — 3. A ajoute dictn. — 
4. A : lesponderct. — 5. Ms. en marge: Vray. — 6. U, toi. 28, r". 



192 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

apud Vaiiconhiir \ ipsa cognovit Robertum de Baudricourt, et tamen 
eum antea nunquam viderat; et hoc fuit per vocem quic dixit ei 
quod ipse erat ille. Item dixit quod ipsa reperit regem suum apud 
Chinon, ubi applicuit quasi in meridie, et hospitata fuit in quodam 
hospitio; et, post prandium, ivit apud regem suum in Castro, quem, 
dum intravit cameram, ipsa cognovit inter caeteros et per consilium 
vocum; cui quidem régi dixit quod ipsa volebat ire debellatum 
Anglicos. 

Die martis, xiii. niartii, interrogata de quodam sacerdote concubi- 
nario, et de una tassa argentea perdita, etc. : respondit de hoc toto 
se ^ nescire ahquid, nec de hoc unquam audivisse loqui. 

XVIII. « Item, dicta Johanna, quamdiu stetit cum dicto Karolo, 
totis viribussibi et suis dissuasit ne attenderent quoquomodo alicui 
tractatui pacis seu appunctuamento cum adversariis suis, semper eos 
incitando ad occisionem et effusionem sanguinis humani; asserendo 
quod pax haberi non posset, nisi cum bute lanceas et ensis; et quod 
a Deo erat sic ' ordinatum, quia adversarii régis ahas non dimitte- 
rent illud quod occupant in regno; quos sic debellare erat unum de 
magnis bonis quod posset contingere toti christianitati, ut dice- 
bat. » 

*Ad hune ' articulum respondet Johanna, quantum ad ducem 
Burgundia;, ipsa requisivit eum per litteras et suos ambaxiatores >, 
quod esset pax inter regem suum et dictum ducem; quantum vero 
ad AngHcos, pax quam oportet ibi esse, est quod vadant ad patriam 
suam in AngHa. Et de residuo articuh, ahas respondit, ad quam 
responsionem se refert. 



* Quoad decimum octaviim : dit, quant à la paix, dit, quant au duc de 
Bourgongne, elle l'a requis le duc de Bourgogne, par lectres et à ses 
ambassadeurs, que il y eust paix. Quant aux Angloys, la paix qu'il y 
fault, c'est qui s'en voysent en leurs pays, en Angleterre. Et du résidu, 
qu'elle a respondu ; à quoy elle se rapporte ^. 

1. C : Vaucoiileur. — 2. C omet se. — 3. AC : sic a Deo erat. — 4. A : decitnum 
oclai'um. — 5. A : dnibassatores. — 6. U, fol. 28, r<^. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 19 3 

Die martis, xxvii. februarii, interrogata quare ipsa non recepit 
tractatum cum capitaneo de Gergueait ' : respondit quod domini de 
parte sua responderunt Anglicis quod ipsi non haberent terminum 
quindecim dierum quem petebant, sed recédèrent cum suis equis, 
in hora tune pra:senti. Et quantum ad ipsam, dixit eis quod recé- 
dèrent in suo gippone seu tunica, vita eorum salva, sivellent; 
alias caperentur deinsultu. — Interrogata, si liabuerit deliberationem 
cum consilio suo, videlicet cum suis vocibus, utrum daret eis termi- 
num an non : respondit quod de hoc non habet memoriam. 

XIX. «Item, dicta Johanna,dasmones consulendo et utendodivi- 
nationibus, misit quctsitum quemdam ensem absconsum in ecclesia 
Beatae Katharinae de Fierbois \ aut quem malitiose, fraudulenter et 
dolose abscondit sive abscondi fecit in dicta ecclesia, ut, seducendo 
principes, nobiles,clerum etpopulum,eosinduceretad faciliuscreden- 
dum quod ipsa per revelationem sciebat dictum ensem in eodem loco 
esse, et per haec et similia, in dicendis suis fides indubia sibi faci- 
lius adhiberetur. » 

* Ad hune ' articulum, dicta die martis, xxvii. martii, respondet'^ 
quod se refert ad ea qu^e super hoc alias respondit; et residuum arti- 
culi negat. 

Die martis, xxvii. februarii, interrogata si fuerit ad Sanctam 
Katharinam de Fierboys : respondit quod sic, et ibi audivit très mis- 
sas una die, et abinde recessit ad villam de Chinon. Item, eadem. die 
martis, xxvii. februarii, dixit quod ipsa habuit unum ensem, quem 
a villa Turonensi vel Chinon misit quassitum apud Sanctam Katha- 
rinam de Fierboys ; qui ensis erat in terra, rétro altare sanctse Katha - 
rinae; et satis cito repertus fuit dictus ensis totus rubiginosus. — 



* Oiioad lieciinuiii iionutn, se refert ad ea quiV alias super hoc respoiisit, et 
residuum arliculi iiegat >. 



i. C : Gergeau. — 2. C : Fierboys. — ^. A : decimum nonum. — 4. B : res- 
pondit. — S- U, fol. 28, ro. 

Procès de Jeanne d'Arc. 13 



194 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata qualiter sciebat dictum ensem ibi esse : respondit quod 
eratin terra, rubiginosus, habens quinque cruces; et hoc scivit per 
voces suas, dicens quod nunquam viderat hominem per quem misit 
quassitum dictum ensem; quae scripsit gentibus ecclesiae quod eis 
placeret quod ipsa haberet dictum ensem, quem sibi miserunt; nec 
erat multum profunde in terra, rétro dictum altare, ut sibi videtur; 
verumtamen nescit proprie si hoc erat ante vel rétro; et crédit quod 
ipsa scripsit quod esset rétro. Item dixit quod, statim quod fuit 
repertus dictus ensis, gentes ecclesiic loci fricaverunt eum, et illico 
cecidit rubigo sine vi; et fuit unus armarius de Turonis qui ivit 
qusesitum dictum ensem. Et ei dederunt vaginam gentes ecclesia^ 
Sanctas Katharinre, et illi de Turonis simul ; et fecerunt fieri duas 
vaginas, unam develuto rubeo, aliam de panno aureo; et ipsa fecit 
fîeri unum de corio bene forti. Dixit etiam quod, dum capta fuit, 
non habebat dictum ensem, quem scmper ex tune portavit usque 
quo ipsa recessit de Sancto Dion3'sio. Interrogata de benedictione, 
si aliquam fecerit vel fecit fieri supra dictum ensem : respondit 
quod non, nec scivisset facere aliquid. Item dixit quod bene dilexit 
prasdictum ensem, eo quod repertus fueratin ecclesia Sanctae Katha- 
rinae, quam bene diligebat. 

Item, die sabbati, xvii. mensis martii, interrogata de quo deser- 
viebant ilhe quinque cruces, quc-e erant in ense reperto in ecclesia 
Sanctae Katharin^e de Fierboys : respondit quod de hoc nescit ali- 
quid. 

XX. « Item, ipsa Johanna sortem posuit in anulo, vexillo et cer- 
tispeciis tel« ac pannoncellis ' quos deportare et a suis deportari 
facere solebat, ac etiam in ense invento per revelationem, ut dicit, 
apud Sanctam Katharinam de Fierboys, dicens illa esse bene fortu- 
nata. Et super ea fecit multas exsecrationes et conjurationes, in plu- 
ribus et diversis locis, publice asserens per ea magna facere, et obti- 
nerede adversariis victoriam; nec suis gentibus, pannoncellos hujus- 

I. La (omiQ pi'niioiiceîlus est constante en AC. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I95 

modi habentibus, aliquid adversi in suis aggressionibus et factis 
posse contingere, aut ipsos aliqnod infortiinium pati. Quod specia- 
liter palam et publice publicavit Compcndii, pridie quam de dicta 
villa Compendii, cum exercitu, fecitexitum contra dominumdiicem 
BurgundiîE, in quo, vulneratis, interfectis et captis multis de suis, 
capta est et deprehensa. Et idem publicaverat et fecerat in Sancto 
Dionysio, cum excitaret exercitum ad dandum insultum contra 
Parisius. » 

*Ad hune ' articulum, die martis, xxvii. martii, dixit quod se 
refert ad ea quje super hoc alias respondit. Et ulterius addit quod,. 
de aliqua re quam fecerit, non erat sortilegium, nec aUa mala ars ; 
sed de bono t'ortunio sui estandart, se refert ad fortunium quod 
Dominus noster in eo transmisit. 

Die martis, xxvii. februarii, interrogata si posuerit ensem suum 
supra aliquod altare : respondit ' quod non, quod sciât, nec quod 
posuerit ut esset magis fortunatus '. Interrogata si habebat ensem 
suum, quando fuit capta : respondit quod non; sed habebat ununi 
qui fuerat captus supra unum Burgundum. 

Item, die jovis, prima martii, interrogata quis dederat ei anulum 
quem habent Burgundi : respondit quod pater suus vel mater sua, 
et ei videtur quod in illo erat scriptum Jhesus Maria; sed nescit 
quis fecit ea scribi; nec erat in eo lapis, ut videtur ei; et sibi fuit 
datus apud Dompremi "^. Dixit etiam quod frater suus dédit ei anulum 
quem nos, episcopus, habemus, de quo nos onerat ut illum offe- 
ramus ecclesias. Item, dixit quod de nullo anulorum suorum cura- 
vit seu sanavit aliquam personam. 



* Oiioad vicesuiiuin, se refert ad ea qux super hoc respondit. Et ulterius 
addit que de chose qu'elle ait fait, il n'y avoit ne sorcerie, ne autre mau- 
ves art. Et du bon eur de son estaindart, dit que de l'eur, s'en raportc 
à l'eur que nostre Seigneur y a envoyé > . 



ï. A : vicesiiniini. — 2. BC : respondet. — 3. i^ omet ce membre de phrase. 
4. C : Dompremy. — )■ U, fol. 28, ro. 



196 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

Item, die sabbati, tertia mardi, interrogata, cum rex suus primo 
posuit eam in opère etfecit fieri suum vexillum, an genres armoram 
et alias gentes guerrae fecerunt fieri pannoncellos ad modum sui 
vexilli : respondit : « Bonum est scitu quod domini manutenent 
arma sua. » Item, respondit quod aliqui socii guerre fecerunt fieri 
pannoncellos ad placitum eorum^ etalii non. — Interrogata de qua 
materia fecerunt fieri, an de tela, an de panno : respondit quod hoc 
erat de albo satino, et in aliquibus erant lilia; nec erant nisi dua? 
vel très lanceae de societate sua; sed socii guerrae aliquando facie- 
bant ' fieri pannoncellos adsimilitudinem suorum, necfaciebant'' hoc 
nisi pro cognoscendo suos ab aliis. — Interrogata si multum saepe 
renovabantur : respondit quod nescit; et quando lanceas erant rup- 
tas, tune renovabantur pannoncelli. — Interrogata si dixerit quod 
pannoncelli facti ad similitudinem suorum essent ' forturiati : res- 
pondit quod aliquando dicebatbène : « Intretisaudacter per médium 
Anglicorum, sive infra Anglicos », et ipsamet ibidem intrabat. — 
Interrogata si dixerit eis quod portarent audacter, et + haberent 
bonum fortunium : respondit quod bene dixit eis id quod venerat 
et adhuc erat venturum. ^ Interrogata si ponebat vel apponi facie- 
bat aquam benedictam supra dictos pannoncellos, dum eos çaperet 
de novo : respondit quod de hoc nescit aliquid ; et, si fuerit factum, 
hoc non fuit de praecepto suo. — Interrogata si viderit super eos 
aquam projici : respondit : « Hoc non est de processu vestro »; et, 
si viderit projici, non estadvisata nunc de hocrespondere. — Inter- 
rogata si socii guerrae faciebant poni in suis pannoncellis Jhesus 
Maria : respondit, per fidem suam, de hoc nescire aliquid. — Inter- 
rogata si, circumeundoaltare vel ecclesiam, ad modum processionis, 
fecerit deferri telas, pro faciendo pannoncellos : respondit quod 
non, nec de hoc quidquam fieri vidit. 

Item, die sabbati, xvii. martii, interrogata de qua materia erat 
anulus suus, in quo scriptum erat Jhesus Maria : respondit quod 



I. AB : faciehat (s,ic). — 2. BC : faciébal (sic). — 3. C ; eraut. — 4. BC. 
ajoutent quod. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I97 

nescit proprie; et, si sit de auro, non est de auro puro, nec scit utrum 
sit aurum vel electrum; et cogitât quod ibi erant très cruces^ nec 
aliud signum quod sciât, exceptisjHESUS Maria. — Interrogata quare 
ita libenter respiciebat dictum anuium, dum iret in facto guerras : 
respondit quod propter placentiam et honorem patris et matris suo- 
rum; et ipsa habens anuium in manu sua et in digito suo, tetigit 
sanctam Katharinam quae sibi apparuit. — Interrogata in qua parte 
eam tetigit : respondit : « De hoc non habebitis aliud. » 

XXI. «Item, dicta Johanna, suis' temeritateetpr^esumptioneducta, 
litteras, nominibus istis Jhesus Maria praemissis, signo crucis inter- 
posito, confici fecit et transmitti, ex parte sui, domino nostro régi, 
domino Bedfordi^, tune regenti regnum Francise, et dominis ac 
capitaneis tune tenentibus obsidionem ante Aurelianis, multa mala 
et perniciosa ac fidei catholic^e minus consona continentes, quarum 
ténor inferius sequitur. » 

* Ad hune ^ articulum, dicta die martis, xxvii. martii \ respondit 
quod, quantum ad litteras, eas non fecit per superbiam aut pras- 
sumptionem, imo per pr^eceptum Domini nostri; et bene confitetur 
contenta in litteris, exceptis tribus vocabulis. 

Die jovis, xxii ^. februarii, dixit quod miserat litteras ante Aure- 
Hanis Anglicis, ut inde recédèrent, prout littetcÇ quas audivit legi 
continent, exceptis duobus vel tribus verbis, videlicet rende:^ à la 



*Oiwad vicesimum primum : respond que, quant aux lectres, qu'elle ne 
les a point faictes par orgueil ou présonipcion, mais par le commande- 
ment de nostre Seigneur; et confesse bien le contenu eu lectres, excepté 
troys mos. 

liem, dit que se les Anglois eussent creu ses lectres, ilz eussent fait que 
salges> ; et que avant que soit sept ans, ilz s'en appercevront bien de ce 
qu'elle leur escripvoit. Et de hoc se refert ad responsionem alias per eamfac- 
iam <'. 

I. BC : sine ; O : sive. — 2. A : vicesimum primtini. — 3. ^ ajoute dicta Johanna. 
— 4. 5C ajoutent mensis. — 5. Ms. en marge : Vray. — 6. U, fol. 28, r" et vo. La 
rédaction latine reporte cette réponse à l'article suivant. (Article XXII, voyez page 
199 : ^(f hum articulum, qui est ténor litterarum przdictarum . . .) 



198 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Pucelle, ubi poni dehei rendei au roy, proul dixit ; etiam duo ', vide- 
licet corps pour corps ^ et chief de guerre. Quarum quidem litteramm 
ténor sic incipit : Roy d'Angleterre, etc., et superius intitulantur : 
►î< Jhesus Maria <i*. 

Sabbati, tertia mensis martii, interrogata si illi de sua parte cre- 
dant firmiter quod missa sit ex parte Dei : respondit quod nescit si 
hoc credant, et de hoc se refert animo eorum ; quod si non cre- 
dant, nihilominus dixit se missam ex parte Dei. — Interrogata si 
putet quod ipsi, credendo eam esse missam ex parte Dei, habeant 
bonam credulitatem : respondit : « Si hoc credant ipsi, non sunt 
decepti seu abusati. » 

XXII. 

►î< JHKSUS MARIA. ►$< 

Roy d'Angleterre, et vous, duc de Bedford, qui vous dictes régent le 
royaume de France ; vous, Guillaume de la Poule 3, conte de Sulford ; 
Jehan, sire de Talebot ; et vous, Thomas, sire d'Escales, qui vous dictes 
lieutenans4 dudit duc de Bedford >, faictes raison au Roy du ciel ; ren- 
dez à la Pucelle, qui est cy envolée de par Dieu, le Roy du ciel, les 
clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en 
France. Elle est ci venue de par Dieu pour réclamer le sanc royal. Elle 
est toute preste de faire paix, se vous lui voulez faire raison, par ainsi 
que France vous mectrés ^ jus, et paierez ce que vous l'avez tenu. Et 
entre vous, archiers, compaignons de guerre, gentilz et autres qui estes 
devant la ville d'Orléans, alcz vous ent en vostre païs, de par Dieu ' ; et 
se ainsi ne le faictes, attendez les nouvelles de la Pucelle qui vous ira 
voir briefment, à voz bien grans dommaiges. Roy d'Angleterre, se ainsi 
ne le faictes, je sui*^ chief de guerre, et en quelque lieu que je? actain- 
dray voz gens en France, je les en ferai aler, vueillent ou non vueillent ; 
et si ne vuellent obéir '°, je les feray tous occire. Je sui " cy envolée '^ de 
par Dieu, le Roy du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de 
toute France. Et si '3 vuellent obéir '♦, je les prandray à mercy. Et n'aiez 
point [aultre] "5 oppinion, quar '^ vous ne tendrez point le royaume de 

I. AC ajoutent verba. — 2. A : corpus pro corporc. — 3. AC : Pôle. — 4. C : 
lieutenant. — 5. O : Bedfort. — 6. A : mette^; C : mectre\. — 7. AC : de par 
Dieu en vostre païs. — S. A : suis. — (^. A omet je. — 10. C : ohair. — 11. A : 
suis. — 12. A : envoyée. — 13. A : se H~. — 14. C : ohair. — 15. ABC en vostre. 
— 16. A : car. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC I99 

France de ' Dieu, le Roy du ciel, filz ^ Sainte Marie ; ainz le tendra le 
roy Charles, vray héritier ; car Dieu, le Roy du ciel, le veult, et lui est 
révélé par la Pucelle ; lequel entrera "> à Paris à bonne compagnie 4, Se 
ne voulez > croire les nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque 
lieu que vous trouverons, nous ferrons dedens et y ferons ung si grant 
hahay, que encore a-il mil ans que en France ne fu ^ si grant, se vous ne 
faictes raison. Et croyez fermement que le Roy du ciel envolera plus de 
force à la' Pucelle, que vous ne lui sariez 7 mener de tous assauk, à elle 
et à ses bonnes gens d'armes ; et aux horions verra-on qui ara s meilleur 
droit de Dieu du ciel. Vous, duc de Bedford, la Pucelle vous prie et vous 
requiert que vous ne vous faictes mie destruire. Si vous lui faictes raison, 
encore pourrez venir en sa compaignie, l'oii que les Franchois 9 feront le 
plus bel fait que'o oncques fu fait pour la chrestienté. Et faictes response 
se vous voulez faire paix en la cité d'Orléans ; et se ainsi ne le faictes, de 
vos bien grans dommages vous souviengne briefment. Escript ce 
mardi" sepmaine saincte. » 

Ad hune'- articulum, qui est ténor litterarum praedictarum, res- 
pondit Johanna'5 quod, si Anglici credidissent suis litteris, fecissent 
ut sapientes ; et quod, ante septennium, ipsi bene hoc percipient de 
hoc quod eis scripsit; et quod de hoc se refert ad responsionem 
alias per ipsam flictaiii. 

XXIII. « Ex auARUM litterarum tenore, clare constat dictam 
Johannam a malignis spiritibus illusam esse, et eos fréquenter con- 
sulere in ejus agendis, aut, ad seducendos populos, talia figmenta 
perniciose ac mendaciter adinvenire. » 

*Ad hunc'+ articulum'5 respondit, quoad fïnem ipsius articuli 
[vicesimi] terxii, mentionem facientis quod ha^c fecit ex consilio 
malignorum spirituum : negat. 



* El quoad articuhim facientcni nieiilionein qttoâ hœc fecit ex consilio mali- 
gnorum spirituum, negat '''. 



I. 5 et O omettent de. — 2. AC ajoutent de. — 3. Ç omet entrera. — 4. A : 
contpaisrnie. — 5. C ; voiille;. — b. A : fust. — '] . A : sariés ; C : saîriei. — 8. ^ 
ajoute le. — <). A : François. — 10. A : qui. — i\.B : samedi. — 12. A : viceslmum 
secundum. — i}. A : dicta Johanna respondit. — 14. A : vicesinmm tcrtium. — 
I). A ajoute Johanna. — 16. U, fol. i8, v". 



200 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Item, martis xxvii. mensis februarii, dixit quod mallet distractam 
esse cum equis, quam in Franciam venisse sine licentia Dei. 

XXIV. « Item, dicta Johanna his nominibus, Jhesus Maria, 
signe crucis illis interposito, abusa fuit, in et pro signo dando ali- 
quibus de suis quod, dum in suis litteris ex parte sua hujusmodi 
verba cum cruce reperirent, contrarium crederent ejus quod scribe- 
bat, et etiam contraria facerent. » 

* Ad hune ' articulum, die martis, xxvii. martii, respondit "" 
Johanna ' quod se refert ad responsionem alias per eam super hoc 
factam. 

Die sabbati, xvii, martii, interrogata de quo serviebat signum 
quod ponebat in suis Htteris [et hsec nominaj ^, Jhesus Maria : 
respondit quod clerici scribentes suas litteras ponebant [hoc ibi| \ 
et dicebant aHqui quod decebat ponere illa duo nomina, Jhesus 
Maria. 

XXV. « Item, dicta Johanna, officium angelorum usurpando, se 
dixit et asseruit fuisse et esse missam ex parte Dei, etiam ad ea quas 
ad viam facti et sanguinis humani effusionem omnino tendunt. 
Quod sanctitati penitus aHenum est, et omni piae menti horrendum 
est et abominabile ^. » 

** Ad hune' articulum, dicta die martis, xxvii. martii, respondet 
Johanna ^ quod primo requirebat quod fieret pax, et, casu quo non 
fieret pax, parata erat pugnare. 

Sabbati, xxiiii. februarii, confessa fuit quod venerat ex parte Dei, 



* XXIV. Se refert ad responsionem ejus alias super hoc per eam factam ^. 

** XXV. Respondet quod premièrement elle requéroit que on feist paix, 
et que, ou cas que on ne voudroit faire paix, elle estoit toute preste de 
combatre '°. 



\. A : vices imum quartum. — 2. A : respondet. — 3- ^ omet Johanna. — 
4. O omet et haie nomina. — 5- jQ omet hoc ihi. — 6. AC : abhominabile . — 
7. A : vicesinmm quintum. — ^. A omet Johanna. — 9. U, fol. 28. vo. — 10. V, 
fol. 28, vo. 



PROCES DE CONDAMX'ATION DE JEANNl- D ARC 201 

et quod, in judicio in quo erat coram nobis, non habebat quid 
agere aut negotiari ; et quod remitteretur ad Dcum a quo venerat. 
Item, sabbati, xvii. martii, dixit quod Deus misit eam ad succur- 
sum régis Francis. 

XXVI. « Item, praedicta Johanna exsistens Compendii, anno 
Domini millesimo quadringentesimo vicesimo nono, in mense 
augusti, a comité â'Armis^nac recepit litteras qiiarum ténor inferius 
sequetur '. » 

*Ad iiunc - articulum, die xxvii. mensis 5 martii, priedicta 
Joiianna respondit ^ quod se refert ad responsionem alias per eam 
super hoc fictam. 

Item die jovis, prima martii, interrogata utrum habuerit litteras a 
comité" Armigniaci, mentionem lacientes cui de tribus contenden- 
tibus de papatu deberet obedire : respondit quod ipse comes scripsit 
ei quasdam litteras super isto casu ; ad quem casum responsum 
dédit, inter caetera, quod, quando esset Parisius vel alibi in requie, 
ipsa daret responsum. Et tune volebat ascendere equum, quando 
illud responsum dédit. — Post quarum comitis et Johannas littera- 
rum lecturam, luit interrogata si erat responsum suum. Respondit 
quod cogitabat se fecisse illud responsum, scilicet partem, sed non 
totum. — Interrogata si dixerit scire per consilium Régis regum id 
quod "> debebat credere super hoc : respondit quod de hoc nihil 
sciebat. — Interrogata si laciebat dubium ^ cui ipse comes debebat 
obedire : respon 'it quod, de hoc, nesciebat quid mandare cui debe- 
bat obedire, et " quod ipse petebat scire cui Dominus noster volebat 
quod ipse obediiet; sed, quantum ad eam, ipsa tenet et crédit quod 
debetur obedire domino nostro Papae Romano. Item dixit quod 



XXVI. Se refert ad cjis responsionem s. 



i. A : seqtiilur tuf cri r. — 2. A : vicesimum sextuin. — 3. ^4 oniet tnetisis . — 
4. A : respondet. — '->■ Q '■ quid. — 6. B : dudium {sic). — ■ 7. AB et O : eo. — 
8. Ihiâ., idem. 



202 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

nuntio dixit aliud quod non est contentum in litteris ; et, nisi cito 
recessisset, projectus fuisset in ripariam ', non tamen per ipsam. 
Item dixit quod, de hoc quod petebat scire cui obediret, secundum bene 
placitum Dei, ipsa respondit quod hoc nesciebat; et mandavit ei 
plura quae non erant scripta ; et quantum ad ipsam, ipsa crédit in 
Papa Romano. — Interrogata quare scribebat quod daret aHas res- 
ponsum, ex quo in Papam Romanum credebat : respondit quod 
responsum quod dédit, hoc fuit super aha materia quam de tri- 
bus papis. — Interrogata an dixerat - quod super facto trium papa- 
rum haberet consilium : respondit quod nunquam, super facto 
trium paparum, scripsit aut scribi fecit ; et, medio juramento, asse- 
ruit se super hoc nunquam scripsisse aut scribi fecisse. 

XXVII. 

« Ma très chière 3 dame, je me recommande humblement à vous et 
vous supplie pour Dieu que, actendu la division qui en présent est en 
sainte Eglise universal, sur le fait des papes (car ili4a trois contendans du 
papat : l'un demeure à Romme, qui se fait appeller Martin quint, auquel 
tous les rois chrestiens obéissent ; l'autre demeure à Paniscole, au 
royaume de Valence, lequel se fait appeller pape Climent YUl^ 5 ; le tiers 
en 6 ne scet " où il demeure, se non seulement le cardinal de Saint- 
Estienne et peu de gens avec lui, lequel se fait nommer pape 
Benoist XIIII"^ ; le premier, qui se dit ^ pape Martin, fut esleu à Cons- 
tance par le consentement9 de toutes les nacions des'" chrestiens ; celui" 
qui se fait appeller Climent fut esleu à Paniscole, après la mort du'^ pape 
Benoist XIII% par trois de ses cardinaulx; le tiers, qui se nomme pape 
Benoist XIlII^,à Paniscole '> fu esleu secrètement, mesmes par le cardinal 
de Saint-Estienne) : veulliez supplier à Nostre Seigneur Jhcsuscrit que, 
par sa miséricorde infinité, nous veulle '4 par vous déclarier'5 qui est, 
des '^ trois dessusdiz, vray Pape, et auquel plaira que on obéisse de ci ''' 
en avant, ou à cellui qui se dit Martin, ou à cellui*^ qui se dit Climent, 



I. AC : rippariam. — 2. ABC et Q ; quid erat. — ^. A : chère. — 4. A : y. 

— 5. ABC : XII^; Q : Vl^. — 6. A : on. —y . C : soit. —8. A : dist. — 9. yl ; 
cosenlement. — 10. A : de. — 11. A ; cellui. — 12. A ; de. — 13. A. Pannicole. 

— 14. A : vueille. — i). A : déclarer ; C : déclairier. — 16. A : de. — 17. A : 
cy. — 18. ^ ; celluy. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 203 

OU à cellui qui se dit Benoist ; et auquel nous devons croire, si secrète- 
ment, ou ' par aucune dissiniulacion, ou publique ^ manifeste ; car nous 
serons tous prestz de faire le vouloir et plaisir de Nostre Seigneur Jhesu- 
crist. » 

« Le tout vostre conte d'Armignac. » 

XXVIII. « Cui quidem comiti Armigniaci dicta Johanna respon- 
SLim fecit per litteras, manu sua signatas, quarum ténor sequitur >•> : 

XXIX. 

JHESUS ^ MARIA. 

« Conte d'Ar.migxac, mon très chier et bon ami, Jehanne la Pucelle > 
vous fait savoir que vostre message est venu pardevers moy, lequel m'a 
dit que laviés 4 envoie pardeçà 5 pour savoir de moy auquel <> des trois 
papes, que mandez par mémoire, vous devriés 7 croire. De laquelle chose 
ne vous puis bonnement faire savoir au vray pour le présent, jusques ^ 
ce que je soye à Paris ou ailleurs, à requoy ; car je suis pour le présent 
trop empeschiée ^ au fait de la guerre ; mes 9 quant vous sarez ^° que je 
seray à Paris, envolez ung message ^' pardevers moy, et je vous feray 
savoir'- tout au vray auquel vous devrez croire, et que en aray'3 sceu 
par le conseil de mon droiturier et souverain Seigneur, le Roy de tout 
le monde, et que en aurez h à faire, à tout mon povoir. A Dieu vous 
commans; Dieu soit garde de vous. Escript à Compiengne, le xxii^" jour 
d'aoust. » 

XXX. « Et ita per comitem Armigniaci dicta Johanna requisita, 
ut pnçmissum est, quis de tribus prienominatis pro vero Papa habe- 
retur, et in quem esse credendum, non tantum dubia quis ille esset, 
cum tamen unicus sit indubitatus ; verum de se ipsa nimium prae- 
sumendo, auctoritatem universalis Ecclesiœ parvi pendens, dictum 
suum auctoritati totius Ecclesi^e volendo prjeferre, asseruit, infra 
certum terminum subsequentem, se responsuram in quem esset 
credendum; et hoc, secundum quod per consilium Dei reperiret^ 
prout ex ejus litteris plenius constat. » 



\. C : et. — 2. AB et O : pupJique. — i,. A : PuceceUe. — 4. A : avic:^. — 
5. AC : decha. — 6. A : auquel. — j. C : devreries. — 8. ^ ; enipeschée. — ^. A : 
mais. — 10. A : sauve:;. — 11. A : messaio-e. — 12. A : scavoir. — ii,. A : atirav. 
— 14. C .• are-. 



204 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

*Ad XXVIL, ad XXVIII., ad XXIX., ad XXX. articulos, sibi 
de verbo ad verbum expositos, se refert ad suam responsionem 
alias super hoc factam, qu^ ad XXVI. articulum posita est. 

** XXXI. « Itemope dicta Johanna, a tempore suae juventutis et 
depost, se jactavit, et de die in diem se jactat habuisse et habere 
plures revelationes et visiones, de quibus, licet super his caritative 
monita et alias débite ac juridice sub debito juranîenti requisita, 
nullam fidem fecit aut facere voluit, seu vult; imo nec eas suffi- 
cienter declarare verbo vel signo ; sed hoc facere distulit, contra- 
dixit et recusavit, differt, contradicit et récusât; ac formaliter con- 
tradicendo, aliquando et pluries dixit et asseruit, in judicio et extra, 
quod hujusmodi revelationes et visiones non revelaret etiam vobis, 
si deberet sibi caput amputari, aut ea membratim dividi ; nec ab 
ejus ore extrahetur signum quod Deus ei revelaverat, et per quod 
cognita fuit quod a Deo venerat. » 



* XXVIL De litteris comitis Armigniaci, se refert ad suam responsionem. 
XXVIII. Se refert ad suam responsionem.. XXIX. Se referf ut supra. XXX. 
Se refert ad responsionem alias per eam factam '. 

**Die mercurii, post Ramos Palmarum,millesimo CCCO^'Hricesimo , XXVIII^ 
Martii ^. Primo requisita de prœstando juramentum : respondet quod libenter, 
de his quai tangebant processum, verilatem diceret. Et sic juravit. 

Quod articulum continentem de hahilu, etc. : respond que l'abit et les 
armes qu'elle a portés, c'est par le congié de Dieu ; et tant de l'abit 
d'omme que des armes. 

Item, sur ce qu'elle fut interroguée de lessier son abit : respond qu'elle 
ne le lesra point sans le congié de nostre Seigneur, et luy deust l'en tren- 
cher la teste; mais s'il plaist à nostre Seigneur, il sera tantoust mis jus. 

Item, dit encore, s'elle n'avoit congié de nostre Seigneur, elle ne pran- 
droit point habit de femme. 



I. U, fol. 28, vo. — 2. U, fol. 28, vo. Les réponses suivantes se rapportent à 
un incident qu'on n'a pas consigné dans la rédaction latine, mais qui est annoncé 
à la page 186 par la, promesse que fait l'accusée de répondre le lendemain sur 
l'article XIV. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 205 

* Ad hune ' articulum respondet ^ quod, ad revelandum signum 
et alia contenta in articule, ipsa potuit bene dixisse quod non reve- 
laret ; et addit quod in confessione sua alias facta, débet haberi quod, 
sine licentia Domini nostri, illud signum non revelaret. 

Item, jovis, xxii. februarii, dixit quod nulla est dies, quin audiat 
illas voces ; et etiam bene indiget . 

Item, die sabbati, xxiiii '. februarii, dixit quod vos dixit ei illa 
nocte multas res pro bono régis sui, quas vellet ipsum regem scire 
illa die, et quod non potaret vinum usque ad Pascha ; et ipse inde 
esset lastior in prandio. 

Item, die martis, xxvii. februarii, dixit quod bene dixit régi suo 
totum una vice quod eifuerat revelatum, quia ibat ad ipsum. Item, 
ea die martis, dixit quod misit litteras versus regem suum, et ibi 
continebatur quod ipsa mittebat, ad sciendum si ipsa intraret villam 
in qua ipse erat; et quod jam ipsa ambulaverat bene centum et 
quinquaginta leucas, pro veniendo versus ipsum, in ejus auxilio; et 
quod sciebat multas bonas res pro eo ; et videtur sibi quod ibi con- 
tinebatur quod ipsa bene cognosceret eum, inter omnes alios. 

Item, jovis, prima martii, interrogata in qua figura erat sanctus 
Michael : respondit quod non vidit ei coronam ; et de suis vesti- 
mentis, nihil scit. — Interrogata si ipse sanctus Michael erat nudus : 
respondit : « Cogitatis vos quod Dominus noster Jhesus non habeat 
de quo vestire ipsum ? » 

Item, die jovis +, xv. martii, interrogata quod diceret modum 
qualiter credidit evadere a Castro de Btaulieu, inter duas pecias 
bosci : respondit quod nunquam fuit prisionaria in aliquo loco, 



*Respond, quant à icelluy article, que à révéler le signe ou autres 
choses contenues en l'article, elle peust bien avoir dit qu'elle ne le révé- 
leroit point; et adjouste que, en sa confession autrefois faicte, doit avoir 
que, sans congié de nostre Seigneur, ne le révéleroit >. 



i. A : tricesimum primum. — 2. A ajoute Johanna. — 5. ^ ; XXIII. — 4. Q 
omet joins. — 5. U, fol. 28, \°. 



206 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

quin libenter evasisset ; et, ipsa exsistente in illo Castro, inclusisset 
suos custodes infra turrim, nisi fuisset portarius qui eain vidit et 
sibi obviavit. Item dixit ad hoc quod ei videtur quod non placebat 
Deo quod ipsa evaderet pro illa vice, et quod oportebat quod ipsa 
videretregem Anglorum, sicut voces suit dixeruntei, proutsuperius 
dictum ' est. Item, dicta die jovis, interrogata de magnitudine et sta- 
tura angeii sibi apparentis : dixit quod saobati respondebit, cum alia 
re de qua respondere débet, videlicet id quod de his Deo placebit. 
— Ea die interrogata, quia ipsa dixit quod pro dicendo veritatem 
suspenditur, si sciret in se ipsa aliquod ^ erimen vel defectum, prop- 
ter quos posset vel deberet ' mori, si ipsos confiteretur : respondit 
quod non. 

Item, sabbati, xvii. martii, iiiterrogata de astate et vestimentis 
sanctarum Katharinit et Margaret^e : respondit : « Responsum est 
vobis de iioc, quod vos super liis habebitis a me ; nec inde habe- 
bitis aliud ; et de iiis respondi vobis totum ad certius quod scio. » 

XXXII. « Item, quod per ea potcstis ac debetis praesumere 
vehementerquod ipsae revelationcs ac visiones, si quas habuit dicta 
Johanna, potius provenerunt ^ ex parte mendacium et malignorum 
spirituum quam bonorum ;sicque ab omnibus tenendem est,attentis 
maxime severitate, superbia, gestu, factis, mendaciis, et conditio- 
nibus contradicentibus in pluribus et diversis articulis hic declaratis, 
qux rêvera sunt et dici debent prsesumptiones juris et de jure. » 

*Ad hune 5 articulum, die mercurii post Ramos Palmarum, 
XXVIII. martii *, respondit ' quod negat ; sed fecit per revelatio- 
nem sanctarum Katharinae et Margaret^e ; et hoc sustinebit usque 



* Rcspond qu'elle nye ; mais l'a fait par révélacion des sainctes Kathe- 
rine et Marguerite, et le soustendra jusques à la mort. 



I. AC : scriptuiii . — 2. Q : aJiquid. — 3. ABC et Q : posset dubitare mori. — 
4. Q : paveiierunt. ■ — 5. ^ ; tricesivnnn secundum. — 6. A ajoute Johanna. — 
']. A : rcspoiiJi't. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 10'] 

ad mortem. Item, ea die, dixit quod consulta fuit per aliquos de 
parte sua quod poneret Jhesus Maria ; et in aliquibus suarum litte- 
rarum, ponebat iila nomina, et in aliis non. Item dixit, quantum 
ad istud punctum in quo scriptum est. « Quidquid ipsa fecit, hoc 
est per consilium Domini nostri », quod débet haberi : « Totum 
id quod ' teci boni ^ », gallice que il doit avoir : « Tout ce que fay 
fait de bien. » 

Interrogata, ea die, si, quando ivit ante villam de Caritate, ipsa 
bene fecit vel maie : respondit quod, si maie fecit, ipsa de hoc con- 
titebitur. 

Interrogata si bene fecerit de eundo ante Parisius : respondit ' 
quod nobiles de Francia voluerunt ire ante Parisius ; et de hoc 
faciendo, videtur ei quod ipsi fecerunt debitum suum, eundo contra 
adversarios suos. 

XXXIII. « Item, quod -> dicta Johanna pnesumptuose et temera- 
rie se jactavit et jactat quod praescit futura, praeterita praescivit, et 
pr^sentia occulta seu latentia, quod divinitati attribuitur sibi, hu- 
mante creatur^e simplici et indoctae, attribuendo. » 



Item, dit qu'elle fut conseillée par aucuns de son party qu'elle meist 
Jeshus Maria : et es aucunes de ses lectres mectoitbien Jeshus Maria et 
es autres non. 

Item, dit, quant ad ce point où il a escript : « Tout ce qu'elle a fait, 
c'est par le conseil de nostre Seigneur », que il y doit avoir : « Tout ce 
que j'ay fait de bien. » 

Interroguée se, de aler devant la Charité, elle fist bien ou mal : res- 
pond, s'elle a mal fait, on s'en confessera. 

Interroguée s'elle faisoit bien d'aler devant Paris : respond que les gen- 
tilz hommes de France voulurent aler devant Paris ; et de ce faire, luy 
semble qu'ilz tirent leur devoir, à aler contre leurs adversaires 5. 



I. A ajoute ego. — 2. Q ; bene. — "}. A : respoiidet. — 4. C omet quod. — 
). U, (cl. 28, vo. 



2o8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aKC 

* Ad hune ' articulum, eadem ^ die mercurii, xxviii, mensis mar- 
tii, respondit > : « In Domino nostro est revelare cui placet sibi » ; 
et quod, de ensc et aliis rébus venturis quas dixit, hoc '^ est per reve- 
lationem. 

Item, die sabbati, xxiiii. februarii, dicit quod Burgundi habe- 
bunt guerram nisi faciant quod debent ; et hoc sit per voces. 

Item, die martis, xxvii. februarii, interrogata si, dum venit ad 
insultum ante bastildam AureHanenscm, dixerit gentibus suis quod 
reciperet sagittas, viretonnes 5 et lapides bombardarum : respondit 
quod non ; imo ibi fuerunt vulnerati bene centum vel plures. Et 
bene dixit gentibus suis quod non dubitarent, et quod levarent 
obsidionem. Interrogata ea die antc quam bastildam fecit retrahi 
gentes suas : respondit quod de hoc non recordatur. Dicit etiam 
quod bene certa erat quod levaret obsidionem Aurelianensem, per 
revelationem sibi factam ; et etiam hoc dixerat régi suo, antequam 
venerat illuc. Item dicit quod, in insultu bastildïe*^ Pontis, ipsa fuit 
lassa in collo de uno viretonnc ' ; scd tune habuit magnam consola- 
tionem a sancta Katharina, et sanata fuit infra xv dies; nec propter 
hoc dimisit equitare aut operari. Interrogata si prassciebat quod ipsa 
lasderetur: respondit quod hoc sciebat bene, et dixerat régi suo; 
sed, hoc non obstante, non desisterct operari ulterius. Et hoc fuerat 
sibi revelatum per voces sanctarum Katharinas et Margaretx'. Dicit 
etiam quod ipsa fuit prima quse posuit scalam sursum in bastildam 
Pontis; et in eam levando, lassa fuit in collo de uno viretonne**. 

Jovis, prima martii, dicit quod ante septennium Anglici dimit- 
tent majus pignus quam fecerint ante villam Aurelianensem; et 



*Respond que il est à Nostre Seigneur de révéler à qui qu'il luy plaist ; 
et que l'espée et autres choses à venir qu'elle a dictes, c'est par révéla- 



cion 9, 



I. A : tricesimum tertium. — 2. A : ea. — ^. A : rcspondet. — 4. A ajoute 
non. — 5. 5 et Q :^viretonnos. — 6. AB : bastildix. — 7. 5 et Q : virelonno. — 
8. 7; et Q : viretonno. — 9. U, fol. 28, v. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 209 

quod totum perdent in Francia". Item dixit quod habebunt majo- 
reni perditionem quam unquam habuerint ' in Francia; et erit per 
magnam victoriam quam Dominus noster mittet Gallicis. Et hnec 
scit per revelationem sibi factam ; et quod pra^missa evenient ante 
septennium; et bene dolens essct quod tantum tardaretur. Item 
dicit, ut prius, quod hoc scit per revelationem, et ^que bene scit 
sicut quod nos, episcopus Belvacensis, eramus ante eam, gallice 
dicendo : « Je le. sçay aussi bien coimiie vous estes ici '. » Interrogata 
quo anno : respondit : « Adhuc vos non habebitis hoc, sed vellem 
quod hoc esset ante festum Sancti Johannis. » Ea die, interrogata si 
ipsa dixerit quod istud contingeret infra festum sancti Martini hie- 
malis : respondit quod dixit quod mult^e res videbuntur infra fes- 
tum sancti Martini; et potest esse quod erunt AngHci qui ruent, 
sive prosternentur perterram. Interrogata quid dixerit Johanni Gris, 
custodi suo, in carcere, de illo festo sancti Martini : respondit : 
« Ego dixi vobis. » Interrogata per quem scit illam rem venturam : 
respondit quod per sanctas Katharinam et Margaretam. Item, die 
jovis, prima martii, interrogata qualia promissa sanctae Katharina et 
Margareta fecerunt sibi : respondit: « Hoc non est ex processu ves- 
tro, ex toto. » De aliquibus rébus dixerunt sibi quod rex suus resti- 
tueretur in regnum suum, vehnt adversarii sui aut non. Item, ea 
die, dixit quod bene scit quod rex suus lucrabitur regnum [suum]; 
et quod içque bene scit, sicut scit nos illic esse. 

Sabbati, tertia martii, interrogata si voces sui^ dixerunt sibi aU- 
quid in generali de evasione sua et liberatione : respondit quod sic, 
« Vere, dixerunt mihi quod ego liberabor; sed nescio diem neque 
horam ; et quod ego faciam audacter vultum bonum. » 

Die sabbati, x. martii, interrogata si fecit exitum de Compendio 
de praecepto vocum suarum : respondit quod, septimana Paschae 
ultimo lapsa, ipsa exsistente supra fossata Meleduni, fuit ei dictum 
per voces sanctarum Katharinse et Margaret^e, quod caperetur ante 
festum Sancti Johannis, et quod oportebat sic fieri ; nec de hoc stu- 



I. ABC : Franciam. — 2. C : hahtterunt. — t,. A : icy. 

Procès de Jkanne d'Arc. 14 



210 PROCES DE CONDAMNATION DH JEANNE D ARC 

pesceret, et quod omnia gratanter acciperet, quodque Deus eam 
juvaret. Ea die, interrogàta si, ab illo loco Meleduni, depost fuerit 
sibi dictum per voces suas quod caperetur : respondit quod sic, plu- 
ries, et quasi quotidie', aut singulis diebus. Et requirebat vocibus 
suis quod, dum esset capta, statim moreretur, absque longa vexa- 
tione carceris; quo; voces dixerunt ei quod . caperet gratanter, et 
quod sicoportebat fieri; sed non dixerunt sibi horain ; quam si sci- 
visset, tune non ivisset. Et pluries petierat scire horam, quam non 
dixerunt ei. Eadie dixit quod, quandodebuit recedereetiread regem 
suum, dictum fuit sibi per voces quod iret audacter. quia, quando 
esset apud regem suum, ipse haberet bonum signum de recipiendo 
eam et sibi credendo. 

Lunae, xii. martii, interrogata quomodo liberasset ducem Aure- 
lianensem : respondit quod cepisset sufficiçnter Anglicos, in partibus 
istis, pro rehabendo eum seu redimendo ; et, si non cepisset satis, 
transivisset mare pro eundo qmtsitum eum in Anglia, cum poten- 
tia. Interrogata si sanctos Katharina et Margareta dixerunt ei, sine 
conditione etabsolute, quod caperet gentes sufficienter, pro habendo 
duccm Aiirelianensem exsistentem in Anglia, vel alias quod transi- 
ret mare pro eundo quœsitum eum et adducendo infra très annos : 
respondit quod ita, et quod dixit régi suoquod dimitteret eam facerc 
de prisionnariis. Dixit ulterius de se ipsa quod, si ipsa durasset tri- 
bus annis absque impedimento, ipsa liberasset eum. Item dixit quod 
habebat breviorem terminum quam trium annorum, et longiorem 
quam unius anni ; sed de hoc pro pr^esenti non habet memoriam. 

Mercurii, xiiii. martii, interrogata quale est periculum vel dange- 
rium inquo, nos et alii declero, nos ipsosponebamus, tenendoeam 
in causam : respondit quod sancta Katharina dixit ei quod haberet 
succursum ; et nescit si hoc erit per expeditionem de carcere, vel, 
quando esset in judicio, si ibi superveniet ahqua turbatio, medio 
cujus posset Hberari; et cogitât quod hoc^ erit vel unum, velaliud ; 
et saspius dicunt sibi voces quod liberabitur per magnam victoriam. 

1. J : colUic ; C : quothidlc. — 2. Q onicl hoc. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 211 

Et postmodum dicunt sibi voces su^e quod capiat gratanter, « nec 
cures de tuo martyrio ». 

XXXIV. « Item, quod dicta Johanna, in suis temeritate et prae- 
sumptione perseverando, dixit, vociferavit atque publicavit se novisse 
atque cognovisse voces Archangelorum, Angelorum, Sanctorum 
atque Sanctarum Dei, asserendo se voces eorum ab humanis voci- 
bus scire discernere. » 

*Ad hune ' articulum, die mercurii, xxviii. martii ^, dixit quod 
se tenet ad illud quod alias inde dixit ; et, de temeritate et conclu- 
sione articuli, se refert ad Deum, judicem suum. 

Item, die martis, xxvii. februarii, interrogata si erat vox Angeli, 
vel Sancti aut Sanct^, vel Dei, sine medio, qua; sibi loquebatur: 
respondit quod illa vox est sanctae Katharinas et sanctie Margaret^ ; 
et figuras earum sunt coronat^ pulchris coronis, multum opulenter 
et multum pretiose : « Et de isto », inquit, « ego habeo licentiam a 
Domino; et si dé hoc faciatis dubium, mittatis Pictavis, ubi alias 
fui interrogata. » Item, eadem interrogata quomodo ipsa bene 
cognoscit unam illarum Sanctarum ab alia : respondit quoti eas 
cognoscit per salutationem quam ei faciunt. Item dixit quod easmet 
cognoscit per hoc quod se nominant ei. 

Item, die jovis, prima martii, interrogata quomodo ipsa scit quod 
est vir vel mulier, qux sibi apparet : respondit : « Ego bene scio et 
cognosco illas Sanctas ad voces earum », et quod sibi revelaverunt. 
Eadem interrogata qualem figuram ipsa videt : respondit ' quod 
videt faciem. Interrogata si habent capillos : respondet : « Bonum 
est scire », gallice « // est bon à savoir ». Interrogata si erat aliquid 
inter coronas et capillos : respondet quod non, Interrogata si capilli 
essent prolixi et pendentes : respondet + : « Ego nihil scio. » Item 



*Respond qu'elle s'en tient ad ce qu'elle en a dit. Et de temerilate et 
coitclusioiie articuli, s'en raporte à Nostre Seigneur, son juge >. 



i. A : tricesinium quartum. — 2. A ajoute dicta Johanna. - i,. A : respondet. 
^. A : respondit. — 5. t/, fol. 28, vo. 



212 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dixit quod ipsa nescit si habebant aliquid de brachiis, vel si erant alia 
membralïgurata. Item dixit ' quod loquebantur optime et pulchre ^ ; 
et etiam eas optime intelligebat. Item, interrogata quomodo loque- 
bantur, quando non habebant membra : respondit : « Ego exspecto 
me ad Deum. » 

Item, die xv. martii, interrogata si erat aliud signum quod essent 
boni spiritus, qui sibi apparent : respondit : « Sanctus Michael me 
certificavit, antequam voces venirent ad me. » Interrogata quomodo 
cognovit quod erat sanctus Michael : respondit : « Per loquelam et 
idioma Angelorum » ; et crédit firmiter quod erant AngeH. Interro- 
gata quomodo credidit ' quod erat idioma Angelorum : respondit 
quod ipsa credidit satis cito, et habuitistam voluntatem de credendo 
illud. Et dixit ultra quod, quando sanctus Michael venit ad eam, 
sibi dixit quod sanctit Katharina et Margareta venirent ad eam, et 
quod ipsa faceret per consilium earum;et erant ordinatas pro ipsam 
conducendo et sibi consulendo in his quae haberet agere ; et quod 
ipsa crederet eis de hoc quod dicerent sibi; et quod erat hoc per 
pr^eceptum Domini. Interrogata, si Diabolus poneret se in forma 
vel in figura angeli, quaUter ipsa cognosceret quod esset bonus angé- 
lus aut malus : respondet quod cognosceret bene * si esset sanctus 
Michael, vel una res conficta loco ejus vel sicut ipse. Item respon- 
det ^ quod, prima vice, ipsa fecit magnum dubium si esset sanctus 
Michael, et prima vice habuit magnum timorem ; et vidit multo- 
tiens eum antequam sciret quod esset sanctus Michael. Item inter- 
rogata quare ipsa cognovit citius quod erat sanctus Michael, illa vice 
qua credidit ipsum esse, quam fecerat in prima vice : respondit 
quod, in prima vice, ipsa erat juvenis puer, et habuit timorem ; et, 
depost, ipse sanctus Michael docuit eam, et sibi monstravit in tan- 
tum, quod credidit firmiter quod ipse erat. Interrogata qualem doc- 
trinam ipse docuit ei : respondit quod, super omnia, ipse dicebat ei 
quod esset bona, et quod Deus adjuvaret eam ; et, inter alia, dixit 



I. BC : dicit. — ' 2. A : puUre. — ^. A : cognovit. — 4. A omet quod esset 
bonus angélus autvuihts : respondet quod cognosceret hene. — 5. A : respondit. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 213 

quod ipsa veniret ad succursum régis Francias ; et una major pars de 
hoc quod angélus docuit eam est in isto libro; et recitabat sibi angé- 
lus miseriam quse erat in regno Francise. 

XXXV. « Item, eadem Johanna se jactavit et asseruit se discer- 
nere scire quos homines plus diligit Deus aut odit. » 

*Ad hune ' articulum, die mercurii, xxviii. martii, respondit : 
« Ego teneo me ad illud quod alias respondi, de rege et duce Aure- 
lianensi » ; de aliis gentibus nihil scit. Item dixit quod ipsa bene 
scit quod Deus plus diligit suum regem et ducem Aurelianensem 
quam ipsam, pro ediis corporum suorum, et dixit quod ipsa hoc 
scit per revelationem. 

Item jovis, xxii. februarii, dixit quod ipsa bene scit quod Deus 
bene diligit ducem Aurelianensem ; et etiam quod ipsa habuerat 
plures revelationes de ipso duce, quam de homine vivente, excepto 
rego suo. 

Item, sabbati, xxiiii. februarii, interrogata utrum posset tantum 
facere erga vocem sibi apparentem, quod vellet sibi obedire et por- 
tare nuntium régi suo : respondit quod nescit si vellet obedire, 
nisi esset voluntas Dei et quod Deus consentiret ; et si placeat Deo, 
ipse ^ bene poterit facere revelari régi; et de hoc ipsa esset bene con- 
tenta. Interrogata quare ipsa vox non sic loquitur modo cum rege 
suo, sicut faciebat quando eadem Johanna erat in ejus prassentia : 
respondit auod nescit si sit voluntas Dei. 

Item, sabbati, xvii. martii, interrogata utrum ipsa sciât quod 



*Respond : « Je m'en tien ad ce que j'en ay autresfois respondu, du 
roy, et du duc d'Orléans » ; et des autres gens, n'en sçait. 

Itt'Di, dit qu'elle sçait bien que Dieu ayme mieulx son roy et le duc 
d'Orléans qu'elle, pour l'aise de leurs corps 3 ; et dit qu'elle le sçait par 
révélacion 4. 



1. A : tricesimum quintum. — 2. C : ipsa. — 3- ô •' son. La correction de 
Quicherat « pour l'aise de son corps » paraît d'abord nécessaire. En y réfléchis- 
sant, OQ verra qu'il s'agit du malheur commun des deux prisonniers. — 4. U, 
fol. 28, v». 



214 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

sanct£e Katharinaet Margareta odiant Anglicos : respondit quodipsae 
amant illud ' quod Deus amat, et odiunt quod Deus odit. Interro- 
gata si Deus odiat Anglicos : respondit quod, de amore vel odio 
quem Deus habet ^ ad Anglicos, vel quid Deus faciet animabus 
eorum, nihil scit; sed bene scit quod expellentur a Francia, excep- 
tis illis qui morientur; et quod Deus mittet victoriam Gallicis con- 
tra Anglicos. Interrogata utrum Deus erat pro Anglicis, quando 
habebant prosperitatèm in Francia : respondit quod ipsa nescit si 
tune Deus odiebat Gallicos ; sed crédit quod volebat permiltere eos 
percuti pro peccatis suis, si erant in peccatis. 

XXXVI. « Item, dicta Johanna dixit, asseruit et super hoc se 
jactavit, dicitque, asserit et de die in diem se jactat scivisse veraci- 
ter et scire quod, nedum ipsa, sed etiam alii homines, ad ejus ins- 
tantiam, cognoverunt et veraciter sciverunt quamdam vocem, quam 
suam vocabat, ad se venientem; licet, de sui natura, hujusmodi 
vox, quam declaravit et déclarât, fuerit et sit invisibilis a creatura 
humana. » 

*Ad hune ^ articulum, respondit ^ quod se tenet ad id quod de 
hoc alias dixit. 

Item, jovis, xxii. februarii, dixit quod illi de parte sua bene 
cognoverunt quod vox sibi apparens erat ex parte Dei, et quod 
videruntet cognoverunt ipsam vocem; et quod ipsa Johanna bene 
scit. Item dixit quod rex suus et plures alii audiverunt et viderunt 
voces qua^ veniebant ad eam; et ibi erat Karolus de Borbonio, et 
duo vel très alii. 

XXXVII. « Item, quod dicta Johanna fatetur se fréquenter fecisse 
contrarium illius quod sibi praeceptum et ordinatum fuerat per 
illas revelationes, quas jactat se habere a Deo, utputa : quando 



Respond qu'elle s'en croit ad ce que autresfois elle en a respondu 5. 



I. O omet il Ju(J . , — 2. AC : habeaf. — 3. A : tricesimum sextum. — /^. A 
a.]Ouxe prxdicta Johanna. — 5. U, fol. 29, ro. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 215 

récessif a Sancto Dionysio, post insultum Parisiensem ; quando 
saltavit de ' turri ^ de Beaurevoir; et in quibusdam aliis. In que 
manifestum est quod, vel non habuit revelationes a Dec, vel quod 
contempsit pr^ecepta et revelationes expressas, per quas se dicit in 
omnibus régi et gubernari. Et ulterius dixit quod >, quando habuit 
prasceptum de non saltando a turri quod erat intentata '^ ad facien- 
dum oppositum, et quod non poterat alias > facere. In quo maie 
sentire videtur de libertate humani arbitrii, et incidere in errorem 
illorum, qui ponunt ipsam necessitari a dispositionibus fatalibus aut 
aliquo simili. » 

*Ad hune ^ articulum, mercurii xxviii, martii, respondit : « Ego 
teneo me ad illud quod de hoc alias respondi. » Tamen addidit 
quod, in suo recessu de Sancto Dionysio, ipsa habuit licentiam de 
recedendo. 

Interrogata si, faciendo contra praeceptum suarum vocum, ipsa 
creditne peccaret mortaliter : respondit : « Ego alias respondi, et 
exspecto me ad dictam responsionem. » Et, de conclusione articuli, 
se refert ad Deum. 

Die jovis, xxii. februarii, dixit quod vox dixit ei quod maneret 
apud Sanctum Dionysium [ipsaque Johanna ibi manere volebat] ; 
sed, contra voluntatem suam, domini eduxerunt eam ; et nisi fuis- 
set laesa, ipsa non recessisset. Et fuit laesa in fossatis Parisiensibus. 
Item dixit quod, in quinque diebus, fuit sanata. 

Item interrogata, die sabbati, décima martii, si voces suse sibi 
praecepissent quod ipsa exivisset de Compendio et significassent 



*Respond: « Je m'en tien ad ce que autresfois j'en ay respondu. » 
Toutesvoies adjouste que, à son partement de Sainct-Denis, elle en eust 
congié de s'en aler. 

Interroguée se, faire contre le commandement de ses voix, elle cuide 
point pcchier mortellement : respond : « J'en ay autresfois respondu, et 
m'en actend à ladicte response. » Et de la conclusion de l'article elle s'en 
actend à Nostre Seigneur 7. 

\ . A : a. — 2. B : turre. — 3. AC omettent quod. — 4. BC : intinlata. — 
5. AC : aliter. — 6. A : tricesiviuni septi)iiuni. — 7. U, fol. 29, r". 



2l6 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

quod capta fuisset^ utrum ipsa illuc ivisset ubi fuit capta : respon- 
dit, si ipsa scivisset horam et quod debuisset capi, non ivisset liben- 
ter; tamen finaliter ipsa fecisset prjeceptum vocum suarum, quid- 
quid inde sibi debuisset evenire. 

Item, jovis, xv. martii, interrogata si unquam fecit aliqua contra 
praeceptum et voluntatem suarum vocum : respondit quod illud 
quod ipsa potuit et scivit facere, ipsa fecit et complevit pro suo 
posse. Et, quantum est de saltu a turri ' de Beaurevoir, quem ipsa 
fecit contra praeceptum vocum suarum ^, non potuit se abstinere ; 
et quando voces viderunt ' suam necessitatem, et quod nesciebat 
neque poteratse tenere, succurrerunt vitae sua^ et eam prîeservaverunt 
de se interficiendo. Et dixit ultra quod, quidquid ipsa unquam fecit, 
semper ipsa; voces in suis magnis agendis succurrerunt ei; et hoc 
est signum quod sunt boni spiritus. Item, eadem, interrogata si 
creditne quod sit magnum peccatimi de offendendo sanctas Katha- 
rinam et Margaretam quic apparent ei, et de faciendo contra prx-- 
ceptum earum : dixit quod sic, qui hoc scit emendare ; et quod res 
in qua unquam magis offendit eas, fuit in saltu prœdicto, ut ^ ei vide- 
tur;et de hoc ^ eis petivit veniam et de aliis ofFensis quas potest 
fecisse adversus eas. 

XXXVIII. « Item, dicta Johanna, Hcet, a tempore suae juventutis, 
dixit, fecit et perpetravit quam plurima mala, turpia, so^va, scanda- 
losa, opprobriosa et sexui suo disconvenientia crimina, peccata atque 
dehcta, nihilominus dixit et asseruit omnia quascumque fecit, ex 
parte Dei et ex ejus voluntate fecisse ; quodque nihil fecit seu facit, 
quin hoc a Deo proveniat et per revelationes sanctorum angelorum 
etsanctarum virginum Katharinae et Margareta;, 

* Ad hune ^ articulum, respondit ' quod ipsa se refert ad illud 
quod alias de hoc dixit. 



* Respond qu'elle s'en actend ad ce que autresfois elle en a dit ^. 

I. A : tune — 2. A : prxdictarum. — 3. BC : viderant. — 4. A : sicut. — 5. ^ 
ajoute ipsa. — 6. A : tricesimum octavnm. — y . A : respondet Johanna. — 8. [/, fol. 
29, r". 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 217 

Item, sabbati, xxiiii. februarii, dixit quod nisi esset gratia Dei, 
ipsa nesciret aliquid facere '. Item, eadem die -, ipsa, interrogata si 
illi de Dompreiiii tenebant partem Burgundoriim vel aliorum : res- 
pondit quod ipsa nesciebat, in illa villa, nisi unicum ' Burgundum, 
quem voluisset habere caput abscisum, tamen si placuisset Deo. 
Interrogata si vox dixit ei in juvcntute quod ipsa odiret Burgundos : 
respondit quod, postquam intellexit voces quod erant pro rege 
Francise, non dilexit Burgundos. 

Interrogata, jovis xv. martii^ si aliquid fecerat, in facto guerra^, 
sine consilio suarulii vocum : respondit : « Vos habuistis [de hoc] 
responsum » ; et « legatis bene librum vestrum, vos reperietis. » 
Et tamen dixit quod, ad requestam hominum armorum, fuit fac- 
tum unum valens factum, gallice une vaillance 4 d'armes >', an te Pari- 
sius ; et etiani ivit ante villam de Caritate, ad requestam sui régis ; 
et non fuit contra nec per prreceptum vocum suarum. Interrogata si 
unquam alias fecit, contra pr^eceptum et voluntatem suarum vocum : 
respondit illud quod in praecedenti articulo actumest. 

XXXIX. « Item, licet seplies in die cadat justus, etc., dicta -Johanna 
dixit tamen et publicavit se nunquam fecisse. aut saltem credere non 
fecisse opéra peccati mortalis, licet tamen omnes actus per gentes 
bellicosas fieri consuetos, et ampliores, exercuit de facto, ut in non- 
nullisarticulis praecedentibus et sequentibus declaratur. » 

* Ad hune "^ articulum, die mercurii, xxviii. martii, respondit ' : 
«. Ego respondi, etrefero me ad illud quod alias de hoc dixi. » 

Item, sabbati, xxiiii. februarii, interrogata utrum ipsa scit quod 
est in gratia Dei : respondit quod, si ipsa non sit, Deus ponat; et, 
si ipsa sit, Deus eam teneat. Et dixit quod esset multum dolens, si 
sciret se non esse in gratia Dei. Dixit ulterius, si ipsa esset in 



* Respond : « J'en ay respondu. Je m'en actend [ad ce] que autresfois 
j'en ay dit ^. » 

i. C : ageie. — 2. AU ctQ omettent J/V. — 3. C ; uniim. — 4. C ; valance. — 
') . A : armei. — 6. A : tricesinnitn nonuiii. — j. A ajoute dicta Johanna. — 8. U, 
fol. 29 ro. 



2l8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'arC 

(magno) peccato, crédit quod vox non veniret ad eam ; et vellet 
quod quilibet intelligeret vocem suam, ita bene sicut ipsa facit. 

Item, jovis, prima martii, dixit quod habet magnum gaudium 
quando videt vocem suam ; et dixit quod videtur ei quod, quando 
videteam, non est in peccato monali. Item dixit quod sanctas 
Katharina et Margareta libenter faciunt eam interdum confiteri. 
Item dixit quod, si est in peccato mortali, ipsa nescit. Interrogata 
utrumne credat esse aliquando in peccato mortali, quando confite- 
tur : respondit quod nescit si fuerit, nec crédit se fecisse opéra pec- 
cati mortalis; et « non placeat Deo » inquit, « quod ego unquam 
fecerim; nec placeat etiam Deo quod ego faciam opéra, vel quod ego 
fecerim, per qu£e anima mea sit onerata ». 

Item, die mercurii, xiiii. martii, interrogata si capere unum ho- 
minem ad redditionem et facere ipsum mori prisionarium, sitnepec- 
catum môrtale : respondit quod ipsa hoc non fecit. Et quia fiebat 
sibi verbum de uno vocato Franguet d'Arras, qui fuit morti traditus 
apud Latigniacum : respondit quod fuit consentiens de faciendo 
ipsum mori, si ipse meruerat, propter hoc quod ipse confessus 
est se esse occisorem, latronem et proditorem. Et dixit quod pro- 
cessus illius duravit quindecim diebus; et fuit judex ballivus Sil- 
vanectensis et homines justiti.'e de Latigniaco. Et dixit quod ipsa 
requirebat habere illum Franquetum pro uno homine de Parisius, 
hospite domus ad Ursum ; et quando scivit quod ille homo fuit 
mortuus, et quod ballivus dixit ei quod ipsa volebat facere magnam 
injuriam justitias, deliberando ipsum Franquetum ', ipsa dixit bal- 
livo : « Postquam homo meus, quem volebam habere, mortuus 
est, faciatis de isto illud quod debebitis facere per justitiam. » Et 
quando sibi reductum fuit ad memoriam quod ipsa invaserat vil- 
lam Parisiensem in die festo ; quod ipsa habuerat equum domini 
episcopi Silvanectensis ; quod ipsa dimisit se cadere a turri de Beau- 
revoir; quod portât habitum virilem ; quod erat consentiens de 
morte Franqueti d'Arras ; utrum ipsa creditne fecisse peccatum 

I. AC ajoutent /hwc. — A partir de cet article, le résumé présente des variantes 
assez nombreuses. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 2I9 

mortale : respondit, ad primum, de mvasione Parisiensi, quod ipsa 
inde non crédit esse in peccato mortali ; et si ipsa fecerit peccatum 
mortale, hoc est cognoscendum Deo etsacerdoti, in confessione. Ad 
secundum, de equo domini episcopi Silvanectensis, respondit quod 
crédit se non peccasse in hoc, quia praefatus dominus episcopus Sil- 
vanectensis habuit assignationem, pro dicto equo, de ducentis salu- 
tiis auri. Ad tertium, videlicet de turri ', respondit quod non facie- 
bat illum saltum per desperationem, sed in spe salvandi corpus suum 
et succurrendi pluribus bonit. gentibus quae erant in necessitate; et, 
post saltum, confessa est et requisivit veniam a Deo, et habuit 
veniam ab ipso; et crédit quod malefactum erat ^ de faciendo illum 
saltum. Item dixit quod ipsa scit se habuisse veniam, postquam con- 
fessa est, per revelationem sanctse Katharin^e, de cujusconsilio ipsa 
ivit ad confessionem. Ad quartum, de habitu virili, etc., respon- 
dit : « Postquam ego facio illud per praeceptum Dei et in suo ser- 
vitio, ego non credo maie facere ; et quando sibi placebit praecipere, 
statim erit remotus. » 

XL. « Item, quod dicta Johanna, suse salutis immemor, et diabolo 
instigante, non est nec fuit confusa, repetitis vicibus, recipere corpus 
Christi, in diversis et pluribus locis, in habitu virili et dissoluto, 
atque sibi, per pr^eceptum Dei et Ecclesiîe, vetito ac ' prohibito. » 

*Ad hunc'^ articulum '>, respondet ^ quod ipsa inde alias respon- 
dit, et se refert ad illud quod alias de hoc dixit; et etiam se refert 
Deo, de conclusione articuli. 

Interrogata, sabbati, tertia martii, quando ibat per patriam, si 
ipsa saeperecipiebat sàcramentum pœnitentias et eucharistie, quando 
veniebat infra bonas villas : respondit quod sic, interdum . Inter- 
rogata si recipiebat sacramenta prsedicta in habitu virili : respondit 
quod sic; sed non recordatur récépissé in armis. 



*Respond : « J'en ay respondu : je m'en actend [ad ce] que autresfois 
en ay dit. » Et de conclusione, s'en actend àNostre Seigneur 7. » 

I. BC : lurre. — 2. A : erat malefactum . — 5. C : et. — 4. A : nuaarni^esimum. 
— ). A a']OU\.c dicta Johanna . — 6. O : respondit. — 7. LJ, toi. 29, r". 



220 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

XLI. « Item, quod dicta Johanna, ut desperata, se, odio et des- 
pectu Anglicorum, ac etiam pro destructione Compendii quam esse 
futuram audiverat, a summitate unius altae turris se pr^ecipitare 
tentavit, et instigante Diabolo, hoc facere in ejus mente affixit, se 
ad hoc faciendum appHcuit, et circa hoc fecit quod potuit de facto; 
se praecipitando etiam, impulsa et instinctu diabolico sic ducta, quod 
potius intendebat ad liberationem corporum quam animarum sua; 
et plurium aliorum ; se pluries jactando quod se ipsam potius inter- 
ficeret, quam permitteret se tradi in manus Anglicorum. » 

*Ad hune ' articulum, respondet ^ quod se refert ad illud quod 
alias de hoc dixit. 

Interrogata, sabbati, tertia martii, utrum diu fuerit in turri de 
Beaurevoir : respondit quod ipsa fuit per quatuor menses, vel circi- 
ter; et quando ipsa scivit Anglicos venisse, fuit multum irata; et 
tamen voces sibi prohibuerant multotiens quod non saltaret ; et 
finaliter, pro timoré Anglicorum, saltavit, et commendavit se Deo 
et Beat^e Mari«. Item, interrogata utrum ipsa dixerit quod maluis- 
set mori quam esse in manu ' Anglicorum : respondit quod dixit 
quod pmediligeret reddere animam Deo, quam esse in manu + 
Anglicorum. 

Interrogata, die mercurii, xiiii. martii, qucX fuit causa propter 
quam saltavit a turri de Beaurevoir : respondit quod audiverat dici 
quod illi de Compendio, omnes a' septem annis citra, debebant 
poni ad ignem et sanguinem ; et ipsa malebat mori quam vivere 
post talem destructionem bon^e gentis; et ista fuit una causa sui 
saltus; alia fuit quia scivit se esse venditam Anglicis, et ipsa pr«- 
dilexisset mori quam esse in manu ipsorum. Interrogata si fecit 
illum saltum per consilium vocum suarum; respondit quod sancta 
Katharina sibi dicebat fere omni die quod non saltaret, et quod 



"Respond : « Je m'en actend ad ce que autresfois j'en ay dit 5. » 



\. A : quadragesimum piimum. — 2. A : respondit dicta Johanna . — i.'BC: 
nianits. — 4. BC : nianns. — 5 . f^, fol. 29, r". 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 221 

Deus adjuvaret eam et illos de Compendio ; et dicta Johanna dixit 
sanctœ Katharinas quod, postquam Deus adjuvaret illos de Compen- 
dio, ipsa volebat ibi esse ; et sancta Katharina dixit : « Oportet 
sine fallo ' quod tu capias gralanter ; et non eris liberata quousque 
videris regeni Anglorum. » Et Johanna respondit : « Veraciter, ego 
non vellem videre ipsum -, et mallem mori quam esse posita in 
manu Anglicorum. » Item dixit quod, postquam cecidit a turri, fuit 
per duos vel très dies quod non volebat comedere; et quia erat gra- 
vata propter saltum, non poterat bibere neque comedere ; et tamen 
fuit confortata a sancta Katharina, sibi dicente quod confiteretur et 
qu^reret veniam a Deo de hoc quod saltaverat; et quod illi de 
Compendio sine defectu haberent succursum, infra festum sancti 
Martini hiemalis ; et tune incepit comedere et bibere, et statim 
fuit sanata. Interrogata si, quando rehabuit loquelam, post dic- 
tum saltum, denegaveritne Deum et Sanctos : respondit quod non 
recordatur quod negaverit unquam Deum vel Sanctos. Interrogata 
si velit se referre de hoc ad informationem factam vel fiendam : 
respondit quod se refert Deo, et non alteri. 

XLII. « Item, dicta Johanna dixit et publicavit sanctas Kathari- 
nam et Margaretam ac sanctum Michaelem habere membra corpo- 
rea, ut scilicet caput, oculos, vultus, capillos et similia; et, cum 
hoc, dixit se pr^fatas Sanctas in manibus palpasse, et illas fuisse 
amplexatam et osculatam. » 

* Ad hune ' articulum, respondet + quod alias super hoc respon- 
dit, et quod se refert ad illud quod de hoc alias dixit ^. 

Item, sabbati, xvii. martii, interrogata si unquam osculata vel 
amplexata fuerit sanctas Katharinam et Margaretam : respondit quod 
amplexata est ambas et quod bonum odorabant. Interrogata si, 



•"Respond : « J'en ay respondu, et m'en actend ad ce que j'en ay dit ^. » 



I. Sic. En français sans faille, c'est-à-dire sans faute.. (Sine defectu oporkt.) — • 
2. A : eum. — 3. ^ ; quadragesimum secunduni. — 4. A ajoute /o/aï« «a. — 5. A : 
quod alias de hoc dixit. — 6. U, fol. 29, r°. 



222 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

amplexando, sentiebat ibi calorem vel aliud : respondit quod non 
poterat eas amplexari, gallice acoler, sine sentiendo et tangendo eas. 
Interrogata per quam partem ipsa eas amplexabatur, utmm per 
inferius vel per superius : respondit quod melius decet ipsas ample- 
xari per inferius quam per superius. 

XLIII. « Item, quod ipsa Johanna dixit atque publicavit quod 
Sancti et Sanctae, Angeli et Archangeli loquuntur idioma gallicum 
et non anglicum, eo quod Sancti, Sanctae, Angeli et Archangeli 
non sunt de parte Anglicorum, sed Gallicorum ; asserendo Sanctos 
et Sanctas, qui sunt in gloria, in eorum contumeliam, unum 
regnum catholicum et gentem omnium Sanctorum venerationi, 
secundum ordinationem Hcclesia;, deditam, odio capitali liabere. » 

* Ad hune ' articulum, sibi ^ de verbo ad verbum expositum, 
nihil respondet ' aliud quam se refert Deo et ad illud quod ahas 
super hoc respondit. 

Die jovis, prima martii, dixit quod vox est pulchra, dulcis et hu- 
miUs, et loquitur idioma Francise. Interrogata si illa vox, videlicet 
sancta Margareta, loquatur ■• angUcum : respondit : « Quomodo 
loqueretur anglicum ? Ipsa non est de latere Anglicorum. » 

XLIV. « Item, dicta Johanna se jactavit et jactat, publicavit et î 
publicat quod sanctae Katharina et Margareta sibi promiserunt eam 
conducere in paradisum, et certificaverunt eam quod beatitudinem 
consequetur, si servet virginitatem suam ; et quod de hoc est 
secura. » 

** Ad hune ^ articulum, respondit '' quod se refert, super hoc, 
Domino nostro et ad ea qu* super hoc alias respondit. 



* Respond : « Je m'en actend à nostre Seigneur, et ad ce que j'en ay 
respondu ^. » 

** Respond : « Je m'en actend à nostre Seigneur, et ad ce que j'en ay 
respondu 9. » 

i. A : qudJ rages imum tertlum. — 2. A : ipsi. — }. A ajoute dicla Johanna. 
— 4. A : loquitur. — 5. BC : atque. — 6. A : quadragesinmm quartum. — 7. AC : 
icspondet ; A ajoute prœeh'cta Johanna. — 8. U, fol. 29, r'. — 9. //'/(/. iJcni. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 22 3 

Item, die jovis, xxii. mensis februarii, dixit quod nunquam voci 
sLiie seu revelationi requisivit aliam mercedem in fine, excepta sal- 
vatione aniniiç suas. — [Item, die mercurii, décima quarta mensis 
Martii], interrogata si, ex quo voces suas dixerunt, ei quod ibit 
in fine in regnum paradisi, utrumse teneat securam essendi salvam, 
et quod non damnabitur in infernum : respondit quod crédit fir- 
miter id ' quod voces su^e dixerunt sibi, videlicet quod ipsa salva- 
bitur ; et ita firmiter ac si ex nunc esset in regno cœlorum. Et 
quando dicebatur ipsi Johann^e quod illud responsum erat magni 
ponderis : etiam respondit quod tenet illud pro uno magno thesau- 
ro ; et dixit, quantum ad illum articulum : dummodo teneat 
juramentum et promissum quod fecit Domino nostro, videlicet 
quod servarét bene suam virginitatem corporis et animœ. — Inter- 
rogata si, post hanc revelationem, ipsa credat quod non possit ^ 
facere peccatum mortale : respondit de hoc : « Ego nescio aliquid ; 
sed super hoc me refero Domino nostro, ex toto. » — Item, 
interrogata utrum opus sit sibi confiteri, ex quo crédit, ad revela- 
tionem suarum vocum, quod ipsa salvabitur : respondit quod nescit 
se peccasse mortaliter; sed, si esset in peccato mortali, ipsa cogitât 
quod sanctiE Katharina et Margaretastatim desererenteam ; credens 
quod nesciret mundare nimis conscientiam suam. 

Item dixit, jovis, prima martii, quod prasdicti^ Sancta; promise- 
runt sibi eam ducere in paradisum ; quod etiam ab eis requisivit. 

XLV. « Item, licet Dei judicia maxime apud nos sint inscruta- 
bilia, nihilominus dicta Johanna dixit, protulit, recitavit et promul- 
gavit se cogno visse et cognoscere qui sont sancti, sanctas, archange- 
li, angeli vel a Deo electi, et, quis eorum talis est, discernere. » 

* Ad hune ' articulum -^, respondet quod se refert ad illud quod 
alias super hoc respondit. 



Respond : « Je m'en actend ad ce que j'en ay respondu >. » 



i. A : illud. — 2. ABC et Q : credat aut possit. — 5. À : quadrogesimum 
ijuiiiliiiii. — 4. .-/ ajoute dicta Johdiiiia. — 5. L\ fol. 29, r". 



224 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Item interrogata, die martis, xxvii. fcbruarii, quomodo aut qua- 
liter ipsa scit quod sint illae duœ, sanctae Katharina et Margareta, 
quae sibi apparent, et quomodo cognoscit unam ab alia; respondit 
quod [bene scit quod] sunt ïWse ea^dem, et bene cognoscit unam ab 
alia. 

^ Item, die jovis prima martii interrogata si illae SanctiE apparent 
sibi semper in eodem habitu : respondit quod semper [videtj 
in [una et] eadem forma; et sunt figurœ earum coronat.T opu- 
lenter ; et de aliis habitibus ipsa non loquitur, nec de robis earum 
scit quidquam. 

Item, die sabbati, tertia martii, dixit, de sanctis Katharina et 
Margareta et aliis apparentibus sibi, quod sic bene vidit eos, quod 
ipsa scit ipsos esse Sanctos et Sanctas in paradiso. 

XLVI. « Item, dixit se requisivisse multum affectuose sanctas 
Katharinam et Margaretam pro iliis de Compendio, antequam sic 
saltaret, dicens eis, inter caetera per modum quasrimoniae, per ' 
hune modum : « Et cammenl lesscra Dieu ainsi mourir ^ niauvai- 
sement ceulx de Compiengne, qui soûl si loyaulx ' ! » In quo appa- 
rebat impatientia ejus et irreverentia ad Deum et Sanctos. » 

* Ad hune -> articulum >, respondet quod se refert ad illiid quod 
ahas respondit super hoc. 

Die sabbati, tertià martii, dixit quod, postquam fuit \xs2l post 
saltum de turri ^ de Beaurevoir, vox sanctîe Katharinœ dixit sibi 
quod faceret bonum vultum, et quod sanaretur, et quod ilU de Com- 
pendio haberent succursum. Item, dixit quod sœpe orabat pro 
ilHs de Compendio cum consiUo suo. 

XLVII. « Item, dicta Johanna, maie contenta de l^esione quœ sibi 
accidit, ex casu seu saltu facto de turre de Beaurevoir et quod ad 



Respond : « Je m'en actend ad ce que j'en ay respondu/. » 



I. C : in. — 2. A : morir. — 3. C: léaulx. — 4. A : quadiiigesimutn sextuiii. — 
5. A 3i]oute prxdicta Johanna. — 6. AB : turre. — 7. U, fol. 29, ro. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 225 

optatum suuni non pervenerat, Deum, Sanctos et Sanctas blasphe- 
mavit, contumeliose denegavit, et terribiliter ac cum horrore ibidem 
exsistentium despexit ; et etiam, postquam fuit in castre Rothoma- 
gensi, pluries et diversis diebus, Deum, Beatam Virginem, Sanctos 
et Sanctas blasphemavit et denegavit, ferens impatienter et detes- 
tans quod in judicio virorum ecclesiasticorum poni et in eodem 
tractari debebat. » 

* Ad hune ' articulum, respondet^ quod se refert Domino nostro 
et ad illud quod alias super hoc respondit. 

Die sabbati, tertia mensis martii, interrogata si, post saltum de 
turri, fuit turbata et irata, et si bhisphemavit nomen Dei : respon- 
dit quod nunquam maledixit Sancto vel Sanctas, et quod non con- 
suevit jurare. Interrogata de facto Suessionensi, eo quod capita- 
neus reddiderat villam et dixerat quod denegaverat Deum, si 
teneret eum, faceret ipsum scindi in quatuor pecias : respondit quod 
ipsa nunquam denegavit Sanctum nec Sanctam, et illi qui illud 
dixerunt maie intellexerunt. 

Item, mercurii, xiiii. martii, interrogata si, postquam est in 
[isto] carcere, denegavit Deum vel maledixit ei : respondit quod 
non, et quod, aliquotiens quando ipsa dixit, bon gré Dieu, ou saint 
Jehan, ou Nostre Dame, illi qui possunt retulisse maie intellexerunt. 

XL VIII. « Item, dicta Johanna dixit se credidisse et credere spi- 
ritus sibi apparentes Angelos et Archangelos esse et Sanctas ' Dei, 
xque firmiter sicut crédit fidem christianam et ipsius fidei articu- 
les; cum ^ tamen nullum signum référât se habuisse, quod possit 
esse sufficiens ad pni^dicta cognoscendum ; nec etiam super hoc 
consuluerit episcopum, curatum aut aliquem prïelatum Ecclesi;\i seu 
quamcumque personam ecclesiasticam, an hujusmodi credulitatem 



* Respond : « Je m'en tieng à nostre Seigneur, et ad ce que j'en ay 
respondu >. » 



i. A : quadragesimum septiuntm. — 2. A ajoute dicta Johanna. — 5 • O ; Sanclos. 
■4. B : ciii. — 5. U, fol. 29, ro. 

Procès de Jeanne d'Arc. 15 



226 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

talibus spiritibus deberet adhibere ; quin imo prnsmissa detegere 
alicui dicebat sibi prohibitum per voces, nisi duntaxat primitusuni 
capitaneo gentium armorum et praefato Karolo, aliisque personis 
pure laicis. In quibus, fatetur se temerarie credere ; et de articulis 
fidei ac eorum firmitate, maie sapere ; et etiam habere revelationes 
suspectas, quas praslatis et viris ecclesiasticis voluit occultare, et 
s^ecularibus potius aperire. » 

* Ad hune ' articulum, respondet - quod de hoc respondit, et de 
hoc se refert ad illud quod scriptum est. Quantum vero ad signa, 
si illi qui petunt ea non sunt digni, de hoc ipsa non potest ; et 
propter hoc, fuit piuries in prece vel oratione, utplacerct Deo quod 
revelaret aiiquibus de ista parte ilkid. Et dixit ultra quod, de 
credendo suis revelationibus, ipsa non petivit consilium episcopo, 
curato aut aliis. Item, dixit quod crédit quod erat sanctus Michael 
qui apparebat sibi, propter bonam doctrinam quani sibi ostendebat. 

Interrogata utrum si sanctus Michael dixerit sibi quod erat sanc- 
tus Michael : respondit : « Ego alias de hoc respondi » ; et, quantum 
ad conclusionem articuli : « Ego me refero Domino nostro. » Item, 
dixit quod ipsa crédit aeque firmiter, sicut crédit quod Dominus 
noster Jhesus Christus passus est mortem pro nobis, redimendo de 



* Respond : « J'en ay respondu, et m'en actcnd ad ce qui est escript. » 
Et quant aux signes, se cculx qui le demandent n'en sont dignes, elle 
n'en peust mais. Et plusieurs fois en a esté en prière, affin qu'il pleust à 
Dieu qu'il le révélast à aucuns de se party ; et dit oultre que, de croire 
en ses révélacions, elle n'en demande point conseil à évesque ou curé 
ou aultres. 

Item, dit qu'elle croyet que c'estoit saint Michiel, pour la bonne doc- 
trine qu'il luy monstroit. 

Interroguée se saint Michiel luy dist : « Je suis saint Michiel » : res- 
pond : « J'en ay autrefois respondu. » Et quant à la conclusion de l'ar- 
ticle, respond : « Je m'en actend à nostre Seigneur. » 

Item, dit qu'elle croist, aussi fermement qu'elle croist nostre Sei- 
gneur Jeshu-Crist a souffert mort pour nous racheter des paines d'enfer, 

I. .J ; qiuiilragesiinniu octavuiii. — 2. A SLJoutG Jobaniui. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 227 

pœnis inferni, quod sunt sancti Michael, Gabriel, sanctae Katharina 
et Margareta, quos Dominus noster misit ei, pro eam confortando 
et consulendo. 

Item, sabbati^ xxiiii. februarii, dixit quod ipsa iirmiter, crédit et 
aeque firmiter, sicut crédit fidem christianam et quod Deus nos 
redemit de pœnis inferni, quod ista vox venit a Deo et ex sua ordi- 
natione. 

Item, sabbati, tertia mensis martii, interrogata si credat quod 
sancti Michael et Gabriel habeant capita materialia : respondit quod 
oculis suis vidit eos ', et crédit quod sunt ipsi, seque firmiter sicut 
Deus est. Interrogata si credat quod Deus formaverit eos in capitibus 
in quibus vidit eos : respondit : « Ego vidi eos oculis meis ; nec di- 
cam vobis aliud. » — Interrogata si credat quod Deus formaverit 
eos in forma et modo quibus vidit eos : respondet quod ita. 

Lunce, xii. martii, interrogata an de istis visionibus locuta fuerit 
curato suo aut alteri viro ecclesiastico : respondit - quod non, sed 
solum Roberto de Baudricourt-ti suo régi. Et dixit ultra quod non 
fuit coacta a suis vocibus celare dictas visiones ; sed multum dubi- 
tabat haec revelare, propter metum Burgundorum, ne ipsi impe- 
dirent voiagium suum ; et specialiter multum dubitabat patrem 
suum, ne ipsam impediret de faciendo voiagium suum. — Item, 
eadem die ' interrogata si putabat bene facere de recedendo absque 
licentia patris et matris, cum ita sit quod quilibet débet et tenetur 
honorare patrem et matrem : respondit quod, in omnibus aliis, 
ipsa bene obedivit ipsis patri et matri, excepto isto recessu; sed 
depost super hoc eis scripsit, et hoc sibi remiserunt. 

XLIX. « Item, dicta Johanna, suœ soli phantasiœ innixa, vene- 
rata est hujusmodi spiritus, osculando terram per quam^ dixit eos 



que ce soient saincts Michiel, Gabriel, sainctes Katherine et Marguerite 
que nostre Seigneur luy envoyé, pour la conforter et conseiller 5. 



i. A : vidil eos oculis suis. — 2. BC : respondet. — 3. AB omettent die. — 4. J 
omet quam. — )• U, fol. 29, ro. • . 



228 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

transiisse, eosdem etiam spiritus genuflectens, amplectaiido ' et oscu- 
lando, et alias reverentias eisdem faciendo, junctis manibus regra- 
tiando, contrahendo familiaritatem cum eis ; cum tamen nesciret 
an essent boni spiritus, imo, attcntis circumstantiis dictis, per eam 
potius mali ^ spiritus quam boni judicari, liabeantet esse videantur. 
Qui praemissi cultus et venerationes videntur ad idolatriam perti- 
nere, et ad pactionem cum dîemonibus initam. » 

* Ad hune 5 articulum, die mercurii, xxviii. martii, respondef* 
de principio : « Ego respondi » ; et de conclusione : « Refero me 
ad Dominum nostrum. » 

Item, sabbati, xxiiii. februarii, interrogata utrum regratiata fuit 
voci sibi apparenti, et si flexit genua : respondit quod ipsa regra- 
tiata fuit, ipsa exsistente in lecto suo, et sedit in eodem lecto, et 
junxit manus ; et dixit quod hoc fuit, postquam requisivit habere 
auxiHum, 

Item, sabbati, décima martii, interrogata, quando signum venit 
ad regem suum, qualem reverentiam ipsa ibi fecit, et si venit ex 
parte Dei : respondit quod ipsa regratiata est Deo, ex hoc quod 
ipse posuit eam extra pœnam sibi faciendam per clericos de iUis 
partibus, qui arguebant contra eam ; et pluries flexit genua. — 
Item, eadera die, interrogata si rex suus et ipsa fecerunt reveren- 
tiam angelo, quando apportavit signum : respondit quod sic, quan- 
tum est 5 de ipsa ; et flexit genua ac removit capucium. 

Item, lunas, xii. martii, interrogata, quando promisit Deo servare 
virginitatem suam, utrum ipsa loquebatur ei : respondit quod bene 
debebat sufficere de hoc promittendo ilHs qui erant missi ex parte 
ipsius Dei, videHcet sanctis Kathariuc-e et Margareta^. — Item dixit 
quod, prima vice qua audivit vocem suam, ipsa vovit suam virgi- 



* Respond du commanccnicnt : « J'en ay rcspondu » ; cl de la con- 
clusion, s'en actend à nostre Sire ^. 



I. AC : amplectendo. — 2. AC : maligni. — ^. A : quadragesmium nonuni. — 
4. AB : respondit — 5. Q omet est. -^ 6. t/, fol. 29, ro. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 229 

nitatem, quamdiu placeret Dec ; et erat in astate tredecim anno- 
rum, vel circiter. — Item, eadem die, interrogata utrum, quando 
vidit sanctum Michaelem et Angeles, fecerlt eis reverentiam : res- 
pondit quod sic ; et osculabatur terram, post eorum recessum, per 
quam transiverant, faciendo eis reverentiam. 

Item, jovis, xv. martii, interrogata utrum, quando suce voces 
veniunt, faciat eis reverentiam absolute, sicut uni Sancto vel Sanc- 
t:t : respondit quod sic ; et si ipsa non fecit aliquando, petiit ab eis 
veniam postea ; nec scit eis facere ita magnam reverentiam sicut 
illas decet, quia crédit firmiter quod sint sanctce Katharina et Mar- 
gareta. Et similiter dixit de sancto Michaele. — Item, ea die, inter- 
rogata si illis Sanctis quic veniunt ad eam ipsa fecerit oblationem 
de candelis ardentibus vel aliis rebus^ in ecclesia aut alibi, vel fece- 
rit dicere missas : respondit quod non, nisi hoc fuerit oflFerendo in 
missa, in manu sacerdotis, ad honorem sanct^e Katharince ; et crédit 
quod sancta Katharina est una de illis quae apparebant sibi ; et non 
accendit tôt candelas sicut libenter fecisset sanctis Katharince et 
Margareti^ exsistentibus in paradiso, quia crédit firmiter quod illœ 
sunt quie veniunt ad eam. — Item, eadem die ', interrogata 
utrum, quando ponit istas candelas coram imagine sancto Katha- 
rina, ipsa poneret hujusmodi candelas in honorem illius Sanctas 
qu;\.' sibi apparebat ; respondit : « Ego facio istud in honorem Dei, 
Beataî Marias et sanctas Katharinas qUcC est in cœlo ; nec facio diffe- 
rentiam inter sanctam Katharinam qua^ est in cœlo, et illam qua^ 
apparet mihi. » — Item, eadem die, interrogata si faciat et compleat 
semper illud quod voces eidem priecipiunt : respondit quod, toto 
posse, adimplevit prœceptum Domini sibi factum per voces, de 
hoc quod ipsa scit intelligere; nec sibi aliquid praecipiunt sine bene 
placito Domini. 

Item, die sabbati, xvii. martii, interrogata utrum dederit serta 
Sanctis sibi apparentibus : respondit quod, in honorem illarum 
Sanctarum, dédit imaginibus seu repra^sentationibus earum, in eccle- 

I . AB et O omettent die. 



230 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

siis, pluries serta; et, quoad illas quas sibi apparent, non tradidit 
eis unde ipsa recordetur. — Item interrogatautrum, quando pone- 
bat serta in illa arbore de qua alias dictum est, ipsa poneret in ho- 
norem illarum qu^e sibi apparebant : respondit quod non. — Item, 
ea die, interrogata utriim, quando Sanctïe veniebant ad eam, 
faciebat eis reverentiam flectendo genua et inclinando se : respon- 
dit quod sic; et quantum plus poterat, faciebat eis reverentiam, et 
bene scit quod sunt ill^e qure sunt in paradiso. 

L. « Item, hujusmodi spiritus dicta Johanna fréquenter et quotidie 
invocat, eosdem consulens de agendis suis particularibus, utputa de 
respondendis in judicio et aliis. Quod videtur pertinere ad invoca- 
tionem dasmonum et pertinet. » 

*Ad hune ' articulum, die mercurii, xxviii, martii, respondit- : 
« Ego de hoc respondi » ; et quod appellabit illas voces ad suum 
auxilium, quamdiu vivet. 

Interrogata per quem modum ipsa eas requirit : respondit : « Ego 
reclamo Deum et Nostram Dominam, quod ipsi mittant mihi consi- 
lium et confortationem ; et postea mihi mittunt. « 

Interrogata per quas verba ipsa requirit : respondit quod ipsa requi- 
rit per hune modum, verbis gallicis : « Très doulx Dieu, en Vonneur 
de vostre saincte passion, je vous requier, se vous me ame^, que vous me 
révelei comment "> je doy respondre à ces gens d'église. Je sçay bien, quant 



*Respond: « J'en ay respondu » ; et les appellera en son aide tant 
qu'elle vivra. 

Interroguée par quelle manière elle les requiert : respond : « Je réclame 
Nostre Seigneur et Nostre Dame qu'il me envoyé conseil et confort ; et 
puis le me envoyé. » 

Interroguée par quelles paroles elle requiert : respond qu'elle requiert 
par ceste manière : « Très doul\ Dieu, en Vonneur de vostre saincte pas- 
sion, je vous requier, se vous me aimés, que vous me révèle^ que je doy res- 
pondre à ces gens d'église. Je sçay bien, quant à Vahit, le commandement comme 



i. A : quinqiiagesimum. — 2. A 3.]0ute prxdicta Joijanna. — 3. AC : comme. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 23 1 

à Vabit^ h commandement comment ' je Vay prins ; mais je ne sçay point 
par quelle manière je le doy lessier ^ Pour ce, plaise vous à moy le ensei- 
gner. » Et tune statim veniunt. Item, ea die ', dixit quod fréquenter 
habet nova, per voces suas, de nobis, episcopo Belvacensi. 

Et interrogata quid sibi dicunt de nobis : respondit : « Ego dicam 
vobis ad partem. » Item dixit quod, illa die, ter vénérant ad eam. 

Interrogata si erant in caméra sua : respondit -^ : « Ego de hoc vobis 
respondi ; tamen ego bene 5 audiebam eas. » Item dixit quod sanct^e 
Katiiarina et Margareta dixerunt ei modum quo débet respondere de 
illo habitu. 

Item, die sabbati, xxiiii. februarii, dixit quod vox sibi dixit quod 
responderet audacter, et quod, quando surrexit a somno, petivit 
consilium ipsi voci de hoc quod debebat respondere in judicio, di- 
cens ipsi voci quod peteret consihum a Domino; et vox dixit quod 
ipsa responderet audacter, et Deus adjuvaret eam. — Item, eadem ^ 
die, interrogata utrum, antequam requireret vocem, ipsa vox dixerit 
sibi aliqua verba : respondit 'quod vox ahqua dixit quas non omnia 
intellexit; sed, postquam evigilavit, intellexit quod vox dixit ei quod 
responderet audacter. — Item dixit quod, ilhi nocte, audiverat vocem 
dicentem : « Responde audacter. » 



je Vay prins ; mais je ne sçay point par quelle manière je le doy laisser. Pour ce 
plaise vous à moy Vanseigner i. » Et tantoust ilz viennent. 

Item, dit qu'elle a souvent nouvelles, par ses voix, de Monseigneur de 
Beauvès. 

Et interroguée qu'ilz dient de luy : respond : « Je le diray à vous, à 
part. » 

Item, dit qu'ilz sont aujourduy venues troys foiz. 

Interroguée se ilz estoient en sa chambre : respond : « Je vous en ay 
respondu ; toutesvoies je les oys bien. ;; 

Item, dit que saincte Katherine et saincte Marguerite luy ont dit la 
manière qu'elle doit respondre de icelluy habit ^. 



I. AC : comme. — 2. A : laissier. — 3.5 omet ea die. — 4. AC : respondet. 
— 5. BC : bene ego ; O omet ego. — 6. A : ea. — 7. U, en marge : Oraison 
clirestienne de la Pucelle. — 8. U, fol. 29, r" et vo. 



232 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Item, martis^ xxvii. februarii, interrogata quid vox dixerat ei, 
post diem sabbati ultimate pr^teritum : respondit quod ipsa petebat 
illi voci consilium, de aliquibus quas sibi fueranl petita in judicio. — 
Interrogata si [vox] dédit sibi consilium de aliquibus : respondit 
quod, de aliquibus punctis, habuit consilium. Item etiam quod de 
aliquibus posset sibi peti responsio, de quibus non daret sine licen- 
tia. Et, si responderet sine licentia, forsan non haberet eas in garan- 
tizationem ; et, quando habebit licentiam a Domino, non formidabit 
dicere quia bene habebit garantizationem. — Item interrogata, ea 
die, quomodo scit facere distinctionem de respondendo de aliquibus 
punctis, et de aliis non : respondit quod, de aliquibus punctis, peti- 
vit licentiam, et de aliquibus habuit. 

Item, lunaï, xii. martii, interrogata si Angélus defeceritne sibi, 
quantumad bona fortunae, de hoc quod ' fuit capta : respondit quod 
crédit, postquam placet Deo, quod est pro meliori quod ipsa sit ^ 
capta. — Interrogata utruiii angelusne sibi defecerit in bonis gratias : 
respondit : « Qualiter mihi deficeret, quando me confortât quoti- 
die ' ? » Et intelligit istam confortationem, quod est de sancta Katha- 
rina et sancta Margareta. — Interrogata utrum eas vocet, vel si 
veniunt non vocatïe : respondit quod veniunt fréquenter sine vocando; 
et, aliis vicibus, nisi venirent bene cito, ipsa requireret Deum quod 
eas mitteret. — Item, interrogata si aliquando vocavit eas, et non 
venerint : respondit quod nunquam liabuit indigentiam vel parum, 
quin habuerit eas. 

Item, martis, xiii. martii, interrogata si, depost heri, locuta fuit 
sanctas Katharinae : respondit quod depost audivit eam, et [tamen | dixit 
sibi pluries quod respondeat audacter judicibus, de hoc quod sibi 
pètent, tangens processum. 

Item, mercurii, xiiii. martii, interrogata si voces su« petunt dila- 
tionem de respondendo : dicit quod sancta Katharina respondet ei 
aliquando, et aliquando ipsa Johanna déficit in intelligendo, propter 
turbationem carcerum et clamores custodum suorum ; et quando 



I. AC ajoutent ipsa. — 2. ABO : at. — ^. A : colidie ; C : qnothidie . 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 233 

facit requestam ipsi sanctœ Katharinas, statim eadem sancta Katha- 
rina et sancta Margareta faciunt requestam Deo, et post ', de pras- 
cepto Dei, dant responsum ipsi Johannit. — Interrogata, quando 
Sanctaî illas veniunt, utrum ibi sit lumen cum eis, et si videretne 
lumen, quando audivit vocem in Castro - et quod nesciebat si illa 
vox esset in caméra sua : respondit quod non est dies quin veniant 
ad castrum [Rothomagense], et non veniunt sine lumine ; et, de 
illa vice, audivit vocem, sed non recordatur si viderit lumen, nec 
etiam si viderit sanctam Katharinam. Item dixit quod pelivit a voci- 
bus suis tria : videlicet, suam expeditionem ; secundo, quod Deus 
adjuvet Gallicos et bene custodiat villas obedientia; ipsorum; etter- 
tium erat salus animée su.'e. 

LI. « Item, non veretur dicta Johanna se jactare quod sanctus 
Michael, archangelus Dei, venit ad eam, cum magna multitudine 
angelorum, apud castrum de Chinon, in domum cujusdam mulieris; 
et, cum ea ambulaverat ', tenendendo ipsam per manum, ascendendo 
pariter gradus castri, et deambulando ad cameram régis sui ; quodque 
idem archangelus ipsi régi reverentiam fecit, inclinando se coram eo, 
associaiusangelis, ut pra^missum est, quorum quidam coronati erant, 
alii habentes alas. Quœ pr^edicta dicere de archangelis et angelis 
sanctis, praesumptuosum, temerarium et confictum censendum est ; 
pritsertim cum non legatur cuicumque homini puro, imo etiam nec 
BeatcT Virgini, genitrici Dei, tanta reverentia vel inclinatio facta per 
angelos et archangelos. Et Siispe etiam dixit ^ venisse ad eam sanctum 
Gabrielem archangelum, cum Beato Michaele ac etiam interdum mille 
millia angelorum. Jactat etiam se dicta Johanna quod, ad precem 
suam, pra^fatus angélus detulit secum, in illa societate angelorum, 
coronam multum pretiosam ad regem suum, ponendam super caput 
ejus, et nunc repositam in ejusdeni' régis sui thesauro; in qua, ut 
dicit dicta Johanna, fuisset coronatus rex ejus Remis, si exspectasset 



I . AC : postCii. — 2. AC : in Castro vocem. — 5 . AB : ambulaverit. — ■ 4. AC : 
dicit. — 5. j5 et Q ; ejus. 



234 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

certis diebus ; sed propter festinatam accelerationem coronationis 
ejus, aliam accepit. Suntque talia potius per ipsam Johannam, insti- 
gante Diabolo, conficta, aut per ipsum d^monem eidem in praesti- 
giosis apparitionibus ostensa, ad illusionem suae curiositatis, dum 
qu3eritaltiora se et quit" sunt supra suiie conditionis facultatem, quam 
a Dec revelata. » 

* Ad hune LI ' articulum, die mercurii, xxviii. mardi, respon- 
det quod alias ipsa respondit de angelo, qui apportavit signum; et 
quantum ad hoc, quod promotor proponit de mille millibus angelo- 
rum, respondit quod ipsa non recordatur quod dixerit, videlicet de 
numéro; sed bene dixit quod nunquam fuit hesa, quin habuerit 
magnam confortationem et magnum auxilium ex parte Del et a 
sanctis Katharina et Margareta. 

Item, de corona, dixit quod alias respondit. Et de conclusione arti- 
culi, quam promotor ponit contra facta sua, se refert Deo. Etetiam, 
ubi corona fuerit ^ facta et fabricata, se refert Deo. 

Item, martis, xxvii, februarii, interrogata utrum erat aliquis 
angélus super caput régis sui, quando vidit eum primo : respondit : 
« Per Sanctam Mariam ! si erat aliquis, ego nescio et non vidi eum . » — 
Interrogata si ibi esset lumen : respondit quod ibi erant plus quam 
trecenti 5 milites et quinquaginta tîedie seu torchiae'', et hoc, sine 



* Respond qu'elle a respondu de l'angle qui apporta le signe. Et quant 
ad ce que le promoteur propose de mille milion (sic) d'angles: respond 
qu'elle n'est point recolente de l'avoir dit, c'est assavoir du nombre ; 
mais dit bien qu'elle ne fut oncques blécée, qu'elle ne eustgrant confort 
et grant aide de par nostre Seigneur, et de sainctes Katherine et Margue- 
rite. 

Item, de la couronne, dit qu'elle en a respondu. Et de la conclusion de 
l'article, que le promocteur meict contre ses fais, s'en actend à Dieu 
nostre Seigneur. Et où la couronne fut faictc et forgée, s'en raporte à 
nostre Seigneur >. 



I. A: Ad quinquqgesimum primum. — 2. A : fuit. — 3. ABC : tiiceuliiw. 
4. C .• torcix. — 5-^7, fol. 29, \° . 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 2}$ 

lumine spiritual!; et raro habet revelationes, quin ibi sit lumen. — 
Interrogata quomodo rex suus adhibuerat fidem dictis ejus : respon- 
dit quod ipse[inde] habebat bona intersignia, et per clerum. — Item 
dixit quod clerici de sua parte fuerunt ' hujus opinionis, quod vide- 
batur eis, in facto ejus, non esse nisi bonum. 

Item, jovis, prima martii, interrogata si rex suus habebat coronam 
Remis : respondit quod cogitât quod rex suus cepit gratanter illam 
quam invenit Remis ; sed una bene opulenta fuit apportata post eum ; 
et illud fecit pro festinando factum suum, ad requestam illorum de 
villa, pro evitando onus hominum armorum ; et, si ipse exspectasset, 
ipse fuisset coronatus una corona ditiori millesies. — Interrogata si 
viderit illam coronam ditiorem : respondit quod non potest dicere 
sine perjurando ^ ; et, si non viderit, ipsa audivit dici quod est sic 
opulenta. 

Item, sabbati, décima martii, interrogata quod est signum quod 
venit ad regem suum : respondit quod illud est pulchrum, et hono- 
rabile, et bene credibile, et quod est bonum, et opulentius quod sit 
aut reperiatur, gallice le plus riche gui soit. — Interrogata quare non 
vult ita bene dicere et ostendere signum prcedictum, sicut voluit 
habere signum a Katharina de La Rochelle : respondit quod, si signum 
ipsiusKatharinae fuisset ita bene ostensum, [sicut signum pr^dictum,] 
coram notabilibus personis ecclesiasticis et aliis, archiepiscopis et 
episcopis, scilicet coram archiepiscopo Remensi et aliis episcopis, 
quorum nescit nomina (et ibimet erant Karolus de Borbonio, domi- 
nus de Tremoilla, dux Alenconii, et plures alii milites, qui viderunt 
et audiverunt ita bene, sicut ipsa videt eos qui loquuntur sibi), tune 
ipsa Johanna non petivisset scire signum dictas Katharinas ; et tamen 
bene sciebat, per sanctas Katharinam et Margaretam, quod de facto 
dictae Katharinaî totum nihil erat. — Interrogata si dictum signum 
adhuc durât : respondit quod ' « bonum est scire; et quod *^ durabit 
usque ad mille annos et ultra ». Item dicit quod dictum signum est 



I. BC: Juerant. — 2. A : parjurio; C : perjtirio. — 3. C omet qiiod. — 4. A 
omet qtiod. 



236 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

in thesauro régis sui. — Interrogata si sit aurum, argentum vel lapis 
pretiosus, aut corona : respondit : « Ego non dicam vobis aliud; et 
nesciret homo describere rem ita divitem, sicut est [illud] signum. « 
[Et ultra dixit :] « Signum quod oportet vobis est quod Deus me 
liberet de manibus vestris ; et est certius quod ipse sciât vobis mit- 
tere ! » — Item, ea die, dixit quod unus angélus ex parte Dei, et non 
ex parte alterius, tradidit signum régi suo ; et ipsa inde regratiata est 
multotiens Deo. Item dixit quod clerici de parte sua cessaverunt 
ipsam arguere, quando habuerunt signum prasdictum. — Interro- 
gata si homines ecclesiastici de parte sua viderunt signum pra."dic- 
tum : respondit quod, quando rex suus et assistentes ' cum eo vide- 
runt signum prasdictum et ipsummet angelum, qui signum illud 
tradidit, ipsa petivit régi suo si erat contentus ; qui respondit quod 
sic ; et tune ipsa récessif, et ivit ad unam parvam cappellam, satis 
prope ; et tune audivit dici quod, post suum recessum, plus quam 
trecentas ^ personas viderunt prasdictum signum. Dixit ultra quod, 
pro amore ipsius Johann^e, et ut homines dimitterent interrogare 
eam, Deus voluit permittere quod illi de parte sua, qui viderunt si- 
gnum pn-edictum, vidèrent 5 ipsum signum ^. 

Item, dieluncTe, xii. mensis martii, interrogata utrum angélus qui 
apportavit signum fuerat locutus : respondit quod sic; et quod dixit 
régi suo quod ipsa Johanna poneretur s in opus, et patria statim 
esset alleviata. — Item, interrogata si angélus qui apportavit projdic- 
tum signum fuit ille angélus qui primo apparuit sibi, vel fuerit alius : 
respondit quod est semper idem, et nunquam ei defecit. — Item, 
ea die, interrogata de signo tradito régi suo : respondit quod [de 
hoc ipsa] habebit consilium a sancta Katharina. 

Item, die martis, xiii. martii, interrogata, de signo tradito régi suo, 
quale illud fuit: respondit : «Essetis^ vos contentus, quod ego incur- 
rerem perjurium"? » — Interrogata utrum juraverat et promiserat 
sanctse Katharinae non dicere illud signum : respondit: «Egojuraviet 



I. AC : existentes., — 2. ABC : tricentum. — 3. C ; viderunt. — 4. ^ mot rayé. 
- <i. A : quod poneretur ipsa Johanna. . . — 6. B : Estis. — 7. ABC : parjurhmt. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 237 

promis! non dicere istud signum ; et hoc[feci]exmeipsa, propter hoc 
quod homines nimis urgebant me de dicendo. » Et tune ipsamet 
[JohannaJ dixit quod non inde loqueretur plus alicui homini. Item 
dixit, eadem die, quod illud signum fuit quod angélus certificavit 
regem suum, apportando sibi coronam et dicendo quod ipse haberet 
totum regnum Franci;\j intègre cum auxilio Dei et mediante labore 
ipsius Johannaè ; et quod poneret eam in opus, videlicet quod sibi 
traderet homines armorum, aliter ipse non ita cito esset 
coronatus et consecratus. — Item, ea ' die, interrogata per quem 
modum ille angélus apportavit coronam, et si posuerit super caput 
régis sui : respondit quod ipsa corona fuittradita uni archiepiscopo, 
videlicet archiepiscopo Remensi, sicut ei videtur, in pn\isentia régis 
sui ; et dictus archiepiscopus recepit eam et tradidit régi suo, ipsamet 
Johanna ibi pnesente ; et est posita in thesauro ejusdem régis sui. — 
Interrogata de loco in quo fuit apportata : respondit quod hoc fuit 
in caméra régis sui, in Castro de Chinon. — Interrogata de die et ^ 
hora : respondit : « De die, ego nescio ; et, de hora, erat alta hora » ; 
aHter non habebat ' memoriam de hora ; et de mense, fuit in mense 
aprilis vel martii, sicut ei videtur ; et in mense aprilis proximo vel 
in isto mense prassenti, erunt duo anni ; et erat post Pascha. — 
Interrogata si, prima die qua ipsa vidit signum, rexsuus etiam vide- 
rit : respondit quod sic et quod ipsemet habuit. — Interrogata de 
qua materia erat dicta corona : respondit : « Bonum est scire quod 
erat de puro auro » ; et ita erat opulenta, quod nesciret ^stimare opu- 
lentiam ; et quod illa corona significabat quod ipse rex suus teneret 
regnum Franciœ. — • Interrogata si ibi erant lapides pretiosi : respon- 
dit : « Ego dixi vobis illud quod inde scio. » — Interrogata si tenuit 
vel osculata est eam: respondit quod non. — Interrogata si angé- 
lus qui eam apportavit venit ab alto, vel si venerai per terram : res- 
pondit quod venit ab alto, per quod intelligit quod venit per pr«- 
ceptum Dei ; et intravit per ostium caméras. — Interrogata si angé- 
lus veniebat per terram et ambulabat+ depost ostium camerae : res- 

1. C ; caiiciii. — 2. C ajoute de. — 3. AB : hahet. — 4. A : ainbulal. 



2}S PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

pondit quod, quando angélus venit coram rege suo, ipse angélus 
fecit reverentiam dicto régi, inclinando se coram eodem rege et 
pronuntiando verba qu« ipsa Johanna dixit de signo ; et, cum hoc, 
idem angélus reducebat eidem régi suo ad memoriam pulcliram 
patientiam quam habuerat, secundum magnas tribulationes quas 
contigerant ei ; et, depost ostium, idem angélus ambulabat et gradie- 
batur super terram, veniendo ad regem pra;dictum. — Interrogata 
quale spatium erat de ostio usque ad regem prasdictum : respondit 
quod, sicut ipsa aestimat, bene erat spatium longitudinis unius lan- 
cent ; et regressus fuit angélus per viam per quam ipse venerat. 
Item dixit quod, quando angélus venit, ipsa Johanna associavit eum 
et ivit cum eo, per gradus, ad cameram régis pr^dicti ; et intravit 
primo ipse angélus ; et deinde ipsa Johanna dixit régi : «Domine, 
ecce signum vestrum ; capiatis ipsum. » — Interrogata quo loco 
angélus ille sibi apparuit : respondit quod ipsa erat quasi semper in 
oratione, ut Deus mitteret signum ipsi régi suo ; et erat Johanna in 
suo hospitio, videlicet in domo unius bon^e mulieris, prope castrum 
de Chinon, [quando ipse angélus venit] ; et postea angélus et ipsa 
Johanna iverunt simul ad dictum regem ; et erat ille angélus bene 
associatus aliis angelis exsistentibus cum eo, q'uos non quilibet vide- 
bat ; et, nisi fuisset pro amore ipsius Johann^e, et pro removendo 
eam extra pœnam hominum qui eam arguebant, bene crédit quod 
plures gentes non vidissent angelum supradictum, qui eum vide- 
ront. — Interrogata si omnes illi qui erant ibi cum rege suo viderunt 
angelum : respondit quod aestimat quod archiepiscopus .Remensis 
et domini de Alenconio, de Trimoullia et Karolus de Borbonio vide- 
runt eum ; et, quantum est de corona, plures homines ecclesiastici 
et alii viderunt ipsam, qui non viderunt angelum. — Interrogata de 
qua figura et de qua magnitudine erat dictus angélus : respondit quod 
non habet licentiam de hoc dicendo, et quod in crastino responde- 
ret. — Interrogata, de illis qui erant in societate angeli, si omnes erant 
ejusdem figura : respondit quod sibi invicem bene assimilabantur 
aliqui, et alii non, in illo modo quo videbat eos ; et ibi erant aliqui 
habentes alas, et aliqui coronati, et alii non ; et etiam ibi erant in 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 239 

societate sanct^e Katharina et Margareta, qua2 fuenint cum angelo 
supradicto, et etiam alii angeli, usque infra cameram régis sui. — 
Interrogata qualiter ille angélus recessit ab ea : respondit quod ipse 
recessit ab ea in una parva cappella ; et fuit bene irata de suo recessu, 
et plorabat, et libenter ivisset cum eo, videlicet quantum ad ani- 
mam. — Interrogata si, in recessu [angeli], ipsa remansit gaudens 
vel si fuit turbata et in magno timoré : respondit quod non dimisit 
eam in timoré, sed erat irata de recessu ipsius. — Item, interrogata 
si hoc fuit per meritum ipsius Johannas quod Deus misit suum ange- 
lum : respondit quod ipse veniebat pro re magna ; et fuit in spe 
quod rex suus crederet signum et quod homines dimitterent arguere 
ipsam Johannam, et pro dando succursum bonis gentibus de Aure- 
lianis, et etiam pro meritis regi[s] sui et boniducis Aurelianensis. — 
Interrogata quare ipsa habuit plus quam unus alter : respondit : 
« Placuit Deo sic facere perunamsimplicem puellam, pro repellendo 
adversarios régis. » — Interrogata si dictum fuerit ipsi Johannce ubi 
angélus primo acceperat prasdictam ' coronam : respondit quod ipsa 
fuit apportata ex parte Dei, et quod non est aurifaber in mundo qui 
sciret facere ita pulchram, vel ita divitem ; ubi vero ipse angélus 
acceperit eam, dicta Johanna se refert Deo, et nescit aliter ubi illa 
corona fuit capta. — Interrogata si illa corona habebat bonum odo- 
rem et si erat resplendens : respondit quod ipsa non habet memoriam 
de hoc et quod se advisaret. Et postea dixit quod habet bonum odo- 
rem et habebit, dummodo bene custodiatur, sicut decet ; et quod erat 
in-modum coronas. — Interrogata si angélus scripserit ei litteras : 
respondit quod non. — Interrogata quale signum habuerunt ^ rex 
suus et gentes exsistentes cum eo et ipsamet Johanna, de credendo 
quod erat unus angélus qui apparebat : respondit quod [hoc] rex 
bene credidit perdocumentum hominum ecclesiasticorum qui erant 
illic, et per signum corona;. — Interrogata qualiter homines eccle- 
siastici sciverunt quod erat unus angélus : respondit quod hoc fuit 
per scientiam corum, et per hoc quod ipsi erant clerici. 

I. .-^ ; illatn. — 2. C : Jhxbueranl. 



2^0 PROCÈS DK CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

LU. « Item, ipsa Johanna in tantum suis adinventionibus catho- 
licum populum seduxit, quod multi in prassentia ejus eam adorave- 
runt ut sanctam et adhuc adorant in absentia, ordinando in reveren- 
tiam ejus missas et collectas in ecclesiis; imo eam dicunt majorem 
esse omnibus Sanctis Dei, post Beatam Virginem ; élevant imagines 
et repriEsentationes ejus in basilicis Sanctorum, ac etiam in plumbo 
et alio métallo reprxsentationes ipsius super se deferunt, prout de 
memoriis et repra^sentationibus Sanctorum per Ecclesiam canoniza- 
torum solet fieri ; et pra^dicant publice ipsam esse nuntiam Dei et 
potius esse angelum quam mulierem. Quiv prasmissa in christiana 
religione perniciosa sunt et in detrimentum salutis animarum nimium 
scandalosa. « 

*Ad hune ' articulum, die mercurii, xxviii. martii, respondit 
quod, quantum ad principium articuli, alias de hoc respondit ; et 
quantum ad conclusionem articuH, se refert Deo. 

Item, die sabbati, tertia martii, interrogata si unquam cognovit 
fratrem Ricardum : respondit : « Ego nunquam videram eum, 
quando veni ante villam Trecensem. » — Interrogata qualem vul- 
tum frater Ricardus fecit ei : respondit quod illi de villa Trecensi, 
sicut ipsa cogitât, miserunt eum erga ipsam, dicentes quod ipsi du- 
bitabant quod non esset res ex parte Dei, et, quando ipse venit erga 
eam appropinquando, ipse faciebat signum crucis et aspergebat 
aquam benedictam ; et ipsa dixit ei : « Appropinquetis audacter ; 
ego non evolabo » ; gallice : « Je ne me envoler ay pas. » — Interrogata 
si ipsa viderat vel, fieri fecerat aliquas imagines vel picturas ad suam 
similitudinem : respondit quod ipsa, Attrebati -, vidit unam pictu- 
ram, in manu unius Scoti, qua:; erat insimilitudine ejusdem Johanna; 
armatas, et prsesentabat unam litteram régi suo ; et erat ageniculata 



* Respond, quant au commencement de Tarticle : « J'en ay autresfois 
respondu. » Et quant à la conclusion de l'article, s'en rapporte à nostre 
Seisneur >. 



i. A : quiiiqitagesimum secundum. — 2. ABC : Attrabati. — 5. (/, toi. 29, v°. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 24 1 

uno genu. Et dixit quod nunquam vidit vel fecit fieri aliam ima- 
ginem vel picturam ad suam similitudinem. — Interrogata de quo- 
dam tabello seu quadam tabella, pênes hospitem suum, apud Aure- 
lianis, in qua erant picta^ très fœmin;e, Justice, Paix, Union : res- 
pondet quod de hoc nihil scit. — Interrogata si ipsa sciât quod illi 
de sua parte fecerint servitium, missam et orationem pro ipsa : 
respondit quod ipsa de hoc nihil scit ; et, si de ea faciunt servitium, 
hoc non faciunt per suum pr^ceptum ; et si precati sunt pro ea, 
videtur sibi quod ipsi non faciunt malum. 

Item, [ista die] sabbati, tertia martii, interrogata qualem ' reve- 
rentiam illi de Trecis fecerunt ei, in ingressu : respondit : « Ipsi 
non fecerunt mihi reverentiam. » Et dixit ultra quia, secundum 
quod ei videtur, frater Ricardus intravit Trecas, quando ipsi intra- 
verunt ; sed ipsa non recordatur si eum viderit in ingressu. — 
Interrogata si ipse frater Ricardus fecerit sermonem in ingressu, de 
adventu ipsius Johann^-e : respondit quod ipsa non diu mansit 
Trecis, et nunquam ibidem jacuit ; et quantum ad sermonem, de 
eo nihil scit. 

LUI. « Item, contra praecepta Dei et Sanctorum, dicta Johanna 
assumpsit sibi prœsumptuose et superbe dominationem in et supra 
viros, se constituendo caput et ducem exercitus, aliquando nume- 
rosi XVI millium virorum, in quo erant principes, barones et multi 
alii nobiles, quos omnes sub se, tanquam sub capitaneo principali, 
militare fecit. » 

*Ad hune- articulum, die mercurii, xxviii. martii, respondet ^, 
quantum ad factum d'estre chief de guerre gallice, ipsa alias de hoc 
respondit ; et si ipsa fuit caput guerrse, hoc fuit pro verberando An- 



*Respond quant ad ce, quant au fait d'estre chief de guerre, elle en a 
autrefois respondu ; et s'elle estoit chief de guerre, s'estoit pour batre les 
Angloys. 

I. B : qualiter. — 2. A : quinqvagesimum tertium. — • 3. Appuie saepedicta 
Johanna. 

Pkoces uk JiiANNE d'Arc. 16 



242 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

glicos. Et, quantum ad conclusionem articuli, se refert ad Dominum 
nostrum. 

Item, manis, xxvii. februarii, interrogata qualem societatem suus 
rex ei tradidit, quando eam posuit in opère : respondit quod (tra- 
didit] decem aut duodecim mille homines ; et quod ipsa accessit 
Aurelianis, primo ad bastildam Sancti Lupi, et postea ad illam de 
Ponte. 

LIV. « Item, ipsa Johanna inverecunde incessit cum vins, recusans 
habere consortia aut obsequig^ mulierum, sed tantum virorum, 
quos sibi servire voluit in ofticiis privatis camen^ sus et suis se- 
cretis rébus. Quod nunquam de aliqua muliere pudica et " devota 
visum est vel auditum. » 

* Ad hune ^ articulum, respondit ^ quod sua gubernatio erat per 
homines ; sed, quantum ad hospitium et in jacendo de nocte, ut in 
pluribus, habebat unam mulierem secum ; et quando erat inguerra, 
ipsa jacebat vestita et armata, ubi ipsa non potcrat recuperare de 
mulieribus. Et quantum ad conclusionem articuli, se refert ad Do- 
minum. 

LV. « Item, dicta Johanna abusa est revelationibus et prophetiis, 
quas dicit se habere a Deo, convertens eas ad lucrum temporale et 
quiEstum ; nam, per médium hujuscemodi revelationum, sibi 
acquisivit magnam copiam divitiarum et magnos apparatus et status 
in officiariis multis, equis, ornamentis ; ac etiam, pro fratribus et 



Quant à la conclusion de l'article, s'en raporte à nostre Sire 'i. 

* Respond que son gouvernement c'estoit d'ommes; mais, quant au 
logeys et gist, le plus souvent avoit une femme avec elle. Et quant elle 
estoit en guerre, elle gesoit vestue et armée, là 011 elle ne povoit recouvrer 
de femmes 5, Quant à la conclusion de l'article ^ 



i. C : vel. — 1. A : quinquagesivmm quartum. — 3. .^ ajoute dicta Johanna. 
— 4. U, fol, 29,' v°. — . S- U en marge ; candeur de la Piicelle. — 6,. C/, fol. 
29, vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 243 

parentibus, magnos redditus temporales; in hoc imitando fabos 
prophetas qui, propter quïestum temporalem aut favores domino- 
rum temporalium acquirendos, consueverunt fingere quod divinas 
reveUitiones habebant de his, qiKe intelligebant placere principibus 
temporalibus ; abutentes divinis oraculis, et mendacia sua Deo attri- 
buentes. » 

*Ad hune ' articulum, respondet ^ quod alias ipsa respondit; et, 
quantum ad dona facta fratribus suis, illud quod rex dédit eis est 
de gratia sua, sine requesta dict^ Johannas. Quantum vero ad onus 
quod sibi dat promotor ex conclusionem articuli, ipsa se refert ad 
Dominum nostrum. 

Item, die sabbati, x. martii, interrogata si unquam habuit alias 
divitias a suo rege quam suos equos : respondit quod ipsa non 
petebat aliquid a rege suo, nisi bona arma, bonos equos et pecunias, 
ad solvendum gentes suas de domo sua. — Item interrogata utrum 
habebatne thesaurum : respondit ' quod decem vel duodecim 
millia qu^e habet in valore, non est magnus thésaurus pro ducendo 
guerram ; et quod parum quid est; çt illa habent fratres sui, sicut 
ipsa œstimat. Et dixit quod illa quœ habet sunt de pecuniis pro- 
priis sui régis. Item dixit quod capta fuit super ^ unum semicur- 
sarium. — Interrogata quis dédit sibi: respondit quod rexsuusvel 
gentes suas dederunt ei de argento régis sui; et habebat quinque 
cursarios de argento régis sui, prêter trotarios quos habebat plus 
quam septem. 

LVI. « Item, dicta Johanna jactavit se pluries habere duosconsi- 
liarios quos ipsa vocat Consiliarios Fontis, qui venerunt ad eam 



* Respond : « J'en ay respondu. » 

Quant aux dons fais à ses frères, ce que le roy leur a donné, c'est de sa 
grâce, sans la requeste d'elle. Quant à la charge que donne le promoteur, 
et conclusion de l'article, s'en raportc à nostre Sire >. 



I. A : quinqmgesimumquintum. —2. BC : respondit ; A : respondet dicta Johanna. 
- 5. AC : respondet. — 4. C ; snpra. — y U, loi. 29, v". 



244 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

postquam capta est, prout repertum est per confession em Katharina; 
de Ruppella, factam coram Officiali Parisiensi ; qune Katharina 
dixit quod ipsa Johanna exiret de carceribus per auxilium Diaboli, 
nisi bene custodiretur. » 

*Ad hune ' articulum, dicta Johanna respondit - quod se tenet ' 
ad illud quod ahasde hoc dixit. Et quantum ad ConsiHarios Fontis, 
nescit quid est; sed bene crédit quod ibi semel audivit sanctas 
Katharinam et Margaretam ; et quantum ad conclusionem articuH, 
negat eam. Et per suum juramentum affirmât quod non vellet quod 
Diabolus traxisset eam extra carceres. 

[Sabbati, m. martii], inlcrrogata si cognovitne Katharinam de 
Ruppella, seu si viderit eam : respondit quod sic, apud Gergeaii ■• et 
apud Montfaucon en Berry. — Inierrogata si ipsa Katharina mons- 
travit eidem Johannre unam dominam, albo vestitam, qua;, prout 
dicebat, aliquotiens eidem Katharinam apparebat : respondit quod 
non. — Interrogata, eadem sabbati, tertia martii, quid dicta Katha- 
rina eidem Johannse dixit : respondit quod dicta Katharina dixit 
eidem Johanna^ quod veniebat ad eamdem Katharinam una domina 
alba, vestita panno aureo, qus dicebat eidem Katharinas quod iret 
per bonas villas et quod rex suus traderet eidem Katharinae de 
heraldis et trompetis, pro exclamari faciendo, quicumque haberet 
aurum, argentum aut thesaurum absconditum, quod cito afferret ; 
et quod illi qui hoc non facerent et qui de absconsis haberent, 
quod eadem ^ Katharina bene cognosceret eos, et sciret bene inve- 
nire dictos thesauros ; et quod hoc esset pro soivendo gentes armo- 



* Rcspond : « Je m'en tieng ad ce que j'en ay dit. » Et quant aux 
Conseillers de la Fontaine, ne sçait que c'est; mais bien croist que une 
fois, y ot sainctes Katherine et Marguerite. 

Et quant à la conclusion de l'article, la nye, et afferme, par son ser- 
ment, qu'elle ne vouldroit point que le déable l'eust tirée dehors de la 
prison ^. 



1. A : quinquagesimtim sextutn. — 2. A : respondit dicta Johanna ; C omet dicta 
Johanna. — 3. A: tenet se. — 4. C : Gergueau. — ^. A : dicta. — 6. U, fol. 29, vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 245 

rum dict^ Johannai '. Ad quod dicta Johanna eidem Katharinas 
respondit quod ipsa Katharina rediret ad maritum suum, faceret 
suum mesnagium et nutriret pueros sucs. Et, pro sciendo certitu- 
dinem de dicta Katharina, locuta fuit ex ea sanctai Kathariiic^ vel 
sanctiÇ Margaretas ; qua; dixerunt eidem Johanna^ quod, de facto 
àictsd Katharinai, non erat nisi stultitia, et erat totum nuUum, 
gallice giiar - ce 7j'estoit que folie et tout néant. [Et super facto dictée 
Katharina;,] scripsit dicta Johanna suo régi ' quod eidem ^ diceret 
quid ex eadem Katharina flicere debebat ; et, quando ipsa Johanna 
venir ad pn^esentiam ^ sui régis, dixit ei quod erat stultitia et 
totum nullum de facto dict^ Katharinae. Tamen frater Ricardus 
volebat quod dicta Katharina poneretur in opère ; et valde maie 
contenti fuerunt dicti frater Ricardus et Katharina de dicta Johanna. 
— Interrogata si ne locuta fuit Katharina; de La Rochelle, de facto 
eundi ad Caritatem : respondit quod dicta Katharina non consulebat 
eidem Johannas quod iret, et quod tempus erat nimis frigidum, et 
quod ipsa Johanna non iret. Item, eadem tertia martii, ipsa Johanna 
confessa fuit dixisse dict^ Katharinae, quœ volebat ire versus domi- 
num ducem Burgundi:e, pro faciendo pacem, quod non in hoc 
reperiretur pax, nisi ^ esset per butum lance^e. Item, eadem Johanna 
confessa fuit petivisse ^ a dicta Katharina si illa domina omnibus 
noctibus veniebat; et propterea cubaret '^ cum ea, prout et cubuit; 
et vigilavit usque ad mediam noctem, nec aliquid vidit, et postea 
se obdormivit; et quando venit mane, ipsa petiit a dicta Katharina 
si ipsa domina venerat ; et dicta Katharina respondit quod ipsa 
domina venerat, et tune dormiebat dicta Johanna, nec eam potuerat 
evigilare. Et illo tune, dicta Johanna petiit a dicta Katharina an 
ipsa domina, crastina die, veniret; dicta Katharina respondente 
quod sic. Qua de causa dormivit ipsa Johanna de die, ut vigilare 
posset de nocte; et, nocte sequenti, pernoctavit ipsa Johanna cum 



I. C ; Katharinx. — 2. A : que. — 3. A ajoute et. — 4. A ajoute suo régi. — 
). A ajoute dicti. — 6. AC ajoutent hoc. — 7. A : eadem confessa fuit dicta 
Johanna petiisse... — 8. ABC: cuhiret. 



246 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

dicta Kaiharina. ac tota nocte vigilavit ; sed tamcn nihil vidit, 
quamvis sœpius peteret a dicta Katliarina si veniret; et dicta Ka- 
tharina resbondebat : « Ita cito. » 

LVII. « Item, dicta Johanna, in festo nativitatis Beatae Marias, 
fecit congregari omnes vires armâtes de exercitu dicti Karoli, pro 
eundo ad invadendum civitatem Parisiensem, et ipsos duxit coram 
eadem civitate, promittens eis quod ipsam ingrederentur illo die, et 
quod hoc sciebat par revelationem ; fecitque fieri omnem disposi- 
tionem quam potuit, pro invadendo urbem pr^dict'am. Et tamen 
non est verita ista negare in judicio, coram vobis. Et etiam in aliis 
locis, sicut apud Caritatem supra Ligerim, apud Pontem-Episcopi, et 
etiam apud Compendium,cum invasit exercitum domini ducis Bur- 
gundiae, multa promisit et prasdixit esse futura, dicens se hoc scirc 
per revelationem, de quibus tamen nihil evenit; sed ' potius conti- 
git oppositum. Et negavit coram vobis se habere promissiones, aut 
pnçnuntiationes fecisse, eo quod non ita evenerunt sicut dixerat ; 
cum tamen multi fide digni referunt promissa ^ esse dicta et publi- 
cata per ipsam. Tune quoquc, in insulta Parisiensi, dixit ' sibi 
adstitisse mille millia angelorum, qui parati erant eam déferre in 
paradisum, si mortua fuisset; et nihilominus fertur cum hoc res- 
pondisse ad interrogationem sibi factam cur contra promissa -» sic î 
evenerat quod Parisius non solum fuerat non ingressa, sed de exer- 
citu ejus quam plures et ipsamet atroci vulnere sauciati fuerant, et 
quidam interfecti, « quod Jhesus ei de promisse defecerat ». 

*Ad hune ^ articiilum, die mercurii, xxviii. martii, respondet ' 
quod, de principio articuli, alias respondit ; et « Si de hoc plus sim ^ 



* Respond du commencement de l'article : « J'en ay autrefois res- 
pondu ; et se j'en suy advisée plus avant, voulentiers en respondray plus 
avant. » 



I. C : imo. — 2. ABC et O : prxmissa. — 3. A : dicit. — 4. C : praeinissa. — 
5. A a]o\i\.e publkata. — 6. A : quinqua^esiimim seplimum. — 7. A : respondit. — 
8. C .• sim plus. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 247 

advùsata, libenter ' plus ex hoc respondebo ». Et quoad finem arti- 
culi, quod Jhesus defecerat ei, negat. 

Die sabbati, tertia mardi, interrogata quid ipsa fecerit supra 
fossata de Caritate : respondit quod ibi fieri fecit insultum, assault 
gallice, quodque non projecit seu projici fecit aquam in eisdem 
fossatis, per modum aspersionis. — Interrogata quare non intravit 
in dictam villam, ex quo habebat pn^ceptum Dei : respondit: 
« Quis dixit vobis quod ego habebam prasceptum de intrando ibi ? » 
— Interrogata si de hoc habuit consilium cum voce sua : respondit 
quod ipsa volebat venire in Franciam ; sed gentes armorum dixe- 
runt ei quod melius erat primitus ire ante villam de Caritate. 

Interrogata, die martis, xiii. martii, si, quando ivit ante Parisius, 
habuit, per revelationem vocum suarum, de ibi accedendo : res- 
pondit quod non ; sed hoc fuit ad requestam nobilium hominum 
qui volebant facere unam escarmuscham ^ seu unam valentiam 
armorum ; et bene habebat ' intentionem eundi ultra et transeundi 
fossata. — Interrogata si, de eundo ante Caritatem, ipsa habuit 
revelationem : respondit quod non ; sed [ivit] per requestam gen- 
tium armorum, sicut alias dixit. — Item, eadem < die martis, 
interrogata si, de eundo ad Pontem-Episcopi, habuitne revela- 
tionem : respondit quod, postquam habuit revelationem apud Mele- 
dunum quod esset capta, ipsa in pluri se retulit de facto guerrae, 
ad voluntatem capitaneorum ; et tamen non dicebat eis quod 
haberet per revelationem quod esset capta. — Interrogata si hoc 
bene factum fuerit in die nativitatis Nostrae Dominas, qu« erat 
festum, de eundo insultum Parisius : respondit : « Bene factum est 
servare festa Nostr^ Domina », et, prout sibi videtur in cons- 
cientia sua, ab uno buto usque ad alium. 



Item quoad fittem ariiculi que Jeshus luy avoit failly, elle le nye 



I. C omet lihenter. — 2. A: escharmuchiam ; B : escharmuschavi : C : escarviuchiam. 
■ 3. C ; habuit. — /^. A : ea. — 5. U, fol. 29, vo. 



248 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

LVIII. « Item, dicta Johanna fecit depingi vexillum suum, ac in 
eo describi duos angelos assistentes Deo tenenti mundum in manu 
sua, cum his nominibus jhesus maria et aliis picturis; et ista 
dixit se fecisse ' ex prsecepto Dei, qui haec sibi revelavit, median- 
tibus Angelis et Sanctis. Quod quidem vexillum posuit in ecdesia 
Remensi, juxta altare, dum Karolus prasdictus consecraretur, volens 
ipsum vexillum ab aliis singulariter honorari, per ejus superbiam et 
inanem gloriam. Fecit etiam depingi arma sua, in quibus posuit 
duo lilia aurea in campo azureo, et, in medio liliomm, ensem ar- 
genteumcumcapuloetcruce deauratis, habentem cuspidem erectam- 
in sursum, in cujus summitate est corona aurea. Quae videntur ad 
fastum et vanitatem et non ad religionem vel pietatem pertinere ; 
et attribuere taies vanitates Deo et Angelis est contra reverentiam 
Dei et Sanctorum. » 

* Ad hune' articulum, die mercurii, xxviii. martii, dixif* : « Ego 
respondi de hoc. » Et de contradicto posito per promotorem : « Ego 
me refero seu attendo ad Dominum nostrum. » 

Die martis, xxvii. februarii, interrogata, quando ivit antc villam 
Aurelianensem, utrum ipsa habebat vexillum, seu estendart gallice, 
et cujus coloris : respondit quod sic, campo seminato liliis, in quo 
erat mundus figuratus et duo angeli in lateribus, coloris albi, de tela 
alba seu boucacino ' ; et in eo scripta erant ista nomina Jhesus Maria, 
ut videtur sibi ; et erat fimbriatum de serico. — Interrogata si haec 
nomina Jhesus Maria scripta erant sursum, a latere vel deorsum : 
respondit quod in latere, ut ei videtur. — Interrogata quem praedi- 
ligebat, ensem vel estendart sive vexillum : respondit quod praedili- 
gebat Vestendart quam ensem, quadraginta vicibus. — Interrogata 
quis fecit sibi fieri id quod erat ibi depictum : respondit : « Satis dixi 
vobis quod ego non feci aliquid, nisi per praeceptum Dei. » Item dixit 



* Respond : « J'en ay respondu. » Et du contredit mis par le promo- 
teur : respond : « Je m'en actend à nostre Seigneur <5. » 



I. A : dicit fecisse. — 2. ABC : ercctwn. — l- A : quinquagesimuni octavum . — 
4. A ajoute dicta JoHatma. — 5 . ^ ; boucassino ; C : houccassino. — 6. U, fol. 29,vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 249 

quodipsamet portabat illudw/m^ar/ cum intraret in adversarios, pro 
evitando ne aliquem interficeret ; et dixit quod nunquam interfecerat 
hominem. 

Item, die sabbati, tertia niartii, dixit ipsa Johanna quod suum vexil- 
lum sive eslendart fuit in ecclesia Remensi; et ei videtur quod satis 
prope de altari ; quod ipsamet parum tenuit ; nec scit quod frater 
Ricardus tenuerit illud. 

Item, sabbati, décima martii, interrogata si in illo estendart seu 
vexillo ' mundus est depictus et duo angeli, etc. : respondit'quod 
ita; nec unquam habuit, nisi unum. — Interrogata quale signum 
erat seu significatio capere Deum tenentem mundum, et illos duos 
angelos : respondit quod sanct^e Katharina et Margareta dixerunt ei 
quod ipsa caperet estendart, et portaret audacter ; et quod in eo face- 
ret poni in pictura Regem cœli ; et hoc dixit régi suo, sed valde invite, 
très envis gallice; et, de significatione, nescit aliud. — Interrogata si 
habebat scutum et arma : respondit quod nunquam habuit ; sed rex 
suus dédit fratribus suis, videHcet : unum scutum azureum ad duo 
Hlia aurea, et unum cnsem in medio ; quae arma distinxit uni pictori, 
in hac civitate Rothomagensi, quia ipse petierat quaha arma ipsa 
habebat. Item dixit quod hoc fuit datum fratribus suis per regem 
suum, ad complacentiam eorum, absque ejusdem Johannae reques- 
ta, et sine revelatione. 

Die sabbati, XVII. martii, interrogata quis movit eam facere depingi 
angelos in suo vexillo, cum brachiis, pedibus, tibiis et vestibus : 
respondit : « Vos estis responsi ad hoc. « — Interrogata si faciebat 
eosdem angelos depingi taies sicut veniebant ad eam : respondit quod 
ipsos depingi fecit in modo quo sunt picti in ecclesiis. — Interrogata 
si unquam viderit eos in modo quo fuerunt picti : respondit : 
« Ego non dicam vobis aliud ex hoc. » — Interrogata quare non fecit 
depingi claritatem quae veniebat ad eam cum angelo et vocibus : res- 
pondit quod hoc non fuerat eidem prasceptum. — Item, eadem die 
sabbati, décima septima martii, interrogata si ipsi duo angeli, qui, 

\. C : vexillo seu eslandari . 



250 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

depicti erant in ipso estendart, repraesentabant sanctos Michaekm et 
Gabrielem : respondicquod non erant ibi, nisi solum propter honorem 
Domini nostri, qui depictus erat in illo ' estendart. Et dixit quod non 
fecit fieri illam repraesentationem duorum angelorum, nisi solum in 
honore Domini nostri qui figuratus erat in illo estendart \ tenens 
mundum, — Interrogatasi ipsi duo angeli, qui erant figurati(în r esten- 
dart, erant duo angeli qui custodiebant mundum, et quare non erant 
plures, viso quod ei prasceptum erat ex parte Dei quod ipsa accipe- 
ret illud estendart : respondit quod ' totum testendart erat prasceptum 
ex parte Dei, per voces sanctarum Katharinïe et Margareta^ quas sibi 
dixerunt : (( Acc'ipe T estendart ex parte Régis cœli. » Et quia-* Sanctas 
dixerunt ei « Cape estendart ex parte Régis cœli », ipsa in eo fecit 
fieri illam figuram Dei et duorum angelorum. Et de colore et omnibus, 
fecit fieri per earum prieceptum. — Interrogata si tune petiit ab eis- 
dcm Sanctis si, in virtute illius vexilli, ipsa obtineret in omnibus bel- 
lis in quibus intraret et quod ipsa in eis haberet victoriam : respon- 
dit quod dictas Sancta; dixerunt ei quod ipsa acciperet audacter, et 
quod Deus juvaret eam. — Interrogata quis plus juvabat, vel ipsa 
vexillo suo, vel vexillum eidem : respondit quod victoria vexilli vel ^ 
ipsiusmulieris, totum erat attribuendum Deo. — Interrogata si spes 
habendi victoriam erat fundata in suo vexillo vel in ipsa : respondit, 
spes dictif Victoria^ erat fundata in Deo, et non alibi. — Interrogata, 
si unus alius ab ipsa portasset dictum vexillum, ipse habuisset ita 
bonam fortunam, sicut ipsa habebat in portando illud : respondit : 
« Ego de hoc nihil scio, et me refero de illo ad Deum. » — Inter- 
rogata, si aliquis de parte sua tradidisset eidem fœminas vexillum, 
eidem de parte sua pertinens, et ipsa portasset illud, si in illo ^ vexillo 
tantam spem habuisset, sicut ipsa habebat in suo proprio vexillo quod 
erat sibi dispositum ex parte Dei, et praecipue, si traditum fuisset ei 
vexillum sui régis : respondit : « Ego libentius portabam illud vexil- 



I. C ; ipso. — 2. B omet in illo estendart ; Q répète deux fois ce membre de 
phrase. — 3. AC omettent quod. — 4. Q : quare. — S- ^ omet vel. — 
6. AC : eodetn. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 25 1 

lum, quod erat mihi ordinatum ex parte Dei ; verumtamem, de .omni- 
bus, ego me exspectabam ad Deum. » — Interro^ata, [tadem] dîe 
sabbati, xvii. martii ', sifecerit suum vexillum circumire caput régis 
s.ui, ventilando : respondit quod non scit ^ hoc fecisse. — Interro- 
gata quare illud vexillum fuit portatum plus in ecclesia Remcnsi, ad 
consecrationem régis sui, quam vexilla aliorum capitaneorum : res- 
pondit : (' Illud vexillum fuerat in pœna, et ' idcirco rationabile erat 
quod esset in honore. » 

LIX. « Item, apudSanctum Dionysium in Francia, dicta Johanna 
obtulit et fecit poni in ecclesia, in sublimi loco, arma sua in quibus 
fuerat h\;sa, in insultu facto contra villam Parisiensem, ut honora- 
rentur a populo tanquam reliquias. Et in eadem villa fecit accendi 
candelas cereas, a quibus ceram liquefactam fundebat super capita 
parvulorum, prœdicens futuras fortunas eorum, et, de ipsis, per 
hujusmodi sortilegium, multas divinationes faciens. >■> 

* Ad hune* articulum^ die mercurii, xxviii. martii, respondet ^ : 
« Ego », quantum ad arma, « alias respondi » ; et, quantum ad 
candelas accensas et distillatas, negat. 

Die sabbati, xvii. martii, interrogata qualia arma ipsa obtulit in 
ecclesia Sancti Dionysii : respondit quod unum album harnesium ^ 
integrum, quale spectat ad unum hominem armorum, cum uno ense ; 
et illum ensem lucrata fuit ante Parisius. — Interrogata ad qualem 
fînem ipsa eadem arma obtulit : respondit quod hoc fecit per devo- 
tionem, sicut consuetum est per gentes armorum, quando lassas sunt; 
et quia ipsa fuerat laesa ante Parisius, ipsa dicta arma obtulit 7 Sancto 
Dionysio, quia est acclamatio, le cry gallice, FrancicC. — Interrogata 
si hoc fecit, ut dicta arma adorarentur : respondit quod non. 



* Respond : « J'en ay respondu », quant aux armeures. Et quant aux 
chandelles alumées et distillées, negat ^. 



ï. A: Item, sabbati XVII martii, interrogata. — 2. ^4C ajoutent se. — ^ 3- C 
omQtet. — 4. A : quiiiquagesimum tiotium. — 5- A ajoute Johanna. — 6. B : 
hernestiim ; C : herneisitim. — j. A : obtulit dicta arma. — 8. f/, fol. 29, vo. 



252 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

LX. « Item, dicta Johanna, contemnens pr^ecepta et sanctiones 
Ecclesiae, pluries recusavit jurare in judicio de dicendo veritatem ; per 
hoc reddens se suspectam quodaliqua fecit aut dixit, in materia fidei 
et revelationum, quas non audet revelare judicibus ecclesiasticis, 
timens sui ipsius condignam punitionem, prout ipsa satis confessa 
esse videtur, cum, ad hoc propositum, in judicio allegaverit illud 
proverbium, quod « pro dicendo veritatem, homines interdum sus- 
penduntur » ; et saepe dicit : « Vos non scietis omnia », et « Mallem 
habere caput abscisum quam dicere vobis omnia. » 

*Ad hune' articuhmi, die mercurii, xxviii, martii ^, respondet"' 
quod ipsa non accepit dilationem, nisi ut securius responderet ad illa 
quas sibi petebantur; et quantum ad conclusionem, dixit quod ipsa 
dubitabat respondere, et propterea cepit dilationem pro sciendo si 
ipsa deberet dicere [hoc quod ab ea petebatur]. Item dixit quod, quan- 
tum ad consiHum sui régis, quia non tangit processum, ipsa non 
voluit illud revelare. Et de signodato regisuo, ipsa dixit illud, quia 
gentes ecclesiasticae condemnaverunt eam ad dicendum illud. 

Die jovis, xxii. februarii, interrogata si, illa vice qua vox ostendit 
ei regem suum, si ibi erat lumen : respondit : « Transeatis ultra. » 
Item interrogata si ipsa vidit aliquem angelum supra dictum regem 
suum : respondit : <' Parcatis mihi », et « Transeatis ultra ». — Item 
dixit quod, antequam rex suus eam poneret in opère, ipse habuit 
multas apparitiones et pulchras revelationes ; et interrogata quales. 



* Respond qu'elle n'a point prins délay, fors [pour] plus seurement 
respondre ad ce que on luy demandoit. Et quant à la conclusion, dit 
qu'elle doubtoit respondre ; a prins délay pour sçavoir s'elle devoit 
dire. 

Item, dit que, quant au conseil de son roy, pour ce qu'il ne touche 
point le procès, elle ne l'a point voulu révéler. Et du signe baillé au 
roy, elle l'a dit, pour ce que les gens d'église l'ont condampnée à le 
dire ■*. 



1. A : sexagesimum. — 2. A ajoute prœdkta lohanna. — 3. ^ ; respondit. — 
4. U, fol. 29, vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 253 

respondit : « Ego non dicam vobis eas ; adhuc nondum est vobis 
responsum in hoc; sed mittatis ad regem, et ipse dicet vobis eas. « 
Item, sabbati post Brandones, xxiiii. februarii, nos, episcopus pnï- 
dictus', exposuimus eidem Johannas quod juraret pure, simpliciter 
et- absolute, et sine' conditione; et de hoc fuit trina vice requi- 
sita etmonita. Dixit : « Detis mihi Hcentiam loquendi »; et dixif^ 
ulterius : « Per fidem meam, vos poteritis bene a me petere taha quae 
ego non dicam vobis. » Item dixit : « Forte de multis rébus 
poteritis mihi petere, de quibus non dicam vobis verum, de 
illo quod tangit revelationes ; quia vos me possetis cogère forte ad 
dicendum talem rem, de qua ego juravi non dicere eam; et 
sic essem perjura '>, quod non deberetis velle. » Item : « Ego dico 
vobis ; advisetis vos bene de hoc quod dicitis vos esse judicem meum. 
Vos accipitis unum magnum onus, et me oneratis nimis. » Item 
dixit quod sibi videtur quod satis est bis jurasse. — Interrogata si 
ipsa vult jurare simpliciter et absolute : respondet : « Vos potestis inde 
bene contentari ; ego satis juravi duabus vicibus » ; et dixit etiam quod 
totus clerus Rothomagensis aut Parisiensis nesciret eam condemnare, 
nisi ipse clerus haberet in jus. Et dixit ultra quod ipsa non diceret 
omnia in octo diebus. Item dixit quod, de suo adventu, dicet liben- 
ter veritatem; sed non dicet omnia. Item fuit ei dictum quod ipsa 
haberet consilium cum assistentibus si ipsa deberet jurare vel non : 
respondet quod, de suo adventu, dicet libenter veritatem, et non 
alias ; et quod non oportet de eo amplius cum ea loqui. — Item., 
postea monita ^, dicendo quod ipsa se suspectam redderet : respon- 
det ' sicut prius. — Ultra nos, episcopus Belvacensis, requisivimus 
eam de jurando précise : respondit : « Ego dicam libenter ea quse 
ego sciam ; non tamen omnia. » — Item, postea requisita de jurando 
et monita ^, et sub pœna convicti de illis quae sibi imponebantur : 
respondet 9 : « Ego satis juravi », dicendo : « Passe^oultre. » — Item'°, 



I. A omet prxdicius. — 2. A omet et ; C omette/ absolute. — 3, C: ahsque. — 
4. A : ulterius dixit. — 5. AC : parjura. — 6. AC : amnionita. — "j. C : respondit. 
— 8. A : ammonita. — 9. C ; respondit. — 10. A omet Item. 



254 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

requisita adhuc et nionita ' de jurande et de dicendo - veritatem 
de illis quit tangunt processum, et quod ipsa se ponit in magno 
periculo : respondet : « Ego sum prompta jurare dicere ea qu^e ego 
sciam, tangentia processum ; et non omnia qu£e ego scio » ; et sic 
juravit. 

Interrogata, [eadem] die xxiiii. februarii, si sua vox prohibait ei 
ne ipsa dicat omnia : dixit : « Ego non respondeo vobis de illo » ; 
et : « Sunt aliqux revelationes quae tangunt regem, quas ego non 
dicam vobis. » — Interrogata si vox prohibuit ei ne ipsa ' dicat 
revelationes : respondit * : « Ego noti sum de hoc consulta » ; et 
petiit quindecim dies determino adrespondendum ; et postea respon- 
debit. Item dixit quod ipsa petit dilationem ad respondendum de hoc. 
Item dixit : « Si vox prohibuit mihi, quid vultis inde dicere ?» — - 
Iterum interrogata si ei prohibitum fuit per vocem : respondit : 
« Credatis quod homines non prohibuerunt mihi illud. » Item dixit 
quod ipsa, pro ista die, non respondebit de hoc ; et nescit si ipsa 
debeat dicere aut^ non omnia quc-e sunt sibi revelata. — Interrogata 
si ipsa credat quod de hoc Deo displiceat quod veritas dicatur : res- 
pondit nobis, episcopo, quod voces ei dixeruntquod ipsa dicat aliqua 
régi et non nobis. — Interrogata si suum consilium eidem revelavit 
si ipsa evad[erjet a carceribus : respondit^ : « Je levons ay à dire? '' » 
— Interrogata si, hac nocte,voxdeJerit ei consilium de eis de quibus 
erat responsura : respondit quod, si dicta vox eidem revelaverit, ipsa 
non bene intellexit illud. — Interrogata si, in istis duobus diebus 
in quibus ultimoipsa audivit dictas voces, si cum eis venerit lumen : 
respondit quod, in nomine vocis, venit claritas. — Interrogata si cum 
voce ipsa videtaliquam rem : respondet : « Ego non dico vobis omnia, 
et non habeodehoclicentiam », et quod suum juramentumnon tangit 
illa. Item dixit quod vox illaestpulchra, bona etdigna; et quod de eis 
quas petuntur ab ea non tenetur respondere. — Interrogata si vox 



I . C ajoute ex abundanti. — 2. A : Requisita adhuc de.jiirando etavnuonita exhabnn- 
danti de dicetido veriialem. — 3. -.^/C omettent ipsa. — 4. A : respondet. — ^. A : tin. 
— 6. C ; respondet. — 7. 5 en marge : Svperhe responsnm. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 255 

qux venit ad eam habet visum, scilicet oculos (et hoc ddem pete- 
batur, quia ipsa ' Johanna petiit habere in scriptis puncta ad qu^e ipsa 
non respondebat) ; ad quod respondet : « Vos non habebitis ^ adhuc 
iilud )),gallice, « Vous ne Fare^' pas encore'^. » Itemdixit quod dictum 
parvorum pueromni est quod « aliquando gentes suspenduntur, pro 
dicendo veritatem ». 

Item, die martis post Reminiscere, xxvii. februarii, requisita per 
nos, episcopum ^ priedictum ^, de faciendo et prïestando juramentum 
de his quit; tangerent processum : respondit quoJ de his quse tange- 
rent processum libenter juraret, et non de omnibus quae sciret. — 
Iterum nos eamdem requisivimus quatenus de omnibus quae ab ea 
peterentur responderet veritatem. Respondet ut prius, dicendo : « Vos 
debetisessecontentus' ; egosatis juravi. » — Itemdixit quod de his ^, 
de quibus habebat ' licentiam a Deo de revelando ea, hbenter dice- 
ret'° veritatem ; sed de his quse tangunt revelationes tangentes regem 
suum, ipsa non dicet ea sine licentia suse vocis. — Dicta die, inter- 
rogata utrum sanctas Katharina et Margareta sunt vestitas eodem 
panno : respondet : « Ego non dicam vobis modo aUud », et quod 
de hoc revelando non habet licentiam ; et : « Si non creditis mihi, 
vadatis Pictavis. » Item dixit quod sunt aliqu^e revelationes quse 
vadunt ad regem suum, et non ad eos qui eam interrogant. — 
Interrogata si dictse Sancta; quae ei apparent sunt ejusdem œtatis : 
respondet quod de hoc dicendo non habet licentiam. — Interrogata 
si ipsie simul loquuntur, vel una post aliam : respondet quod de 
hoc dicendo non habet licentiam ; et tamen quotidie " habet consi- 
lium ambarum illarum'^ — Interrogata qu^e illarum sibi apparuit 
primo : respondet : « Ego non cognovi eas ita cito » ; et aliquando 
bene scivit hoc, sed ipsa oblita est ; et, si consilium habeat de dicen- 
do, ipsa libenter dicet ; et hoc est in registre, Pictavis. — Interro- 
gata in qua figura erat sanctus Michael qui apparuit eideni : respon- 



I. AC : dicta. — 2. A : hahetis. — 3. Q : ave^. — 4. ^ ; encores . — 5. ^ 
ajoute BelviKensem. — 6. C ajoute Belvacensem. — 7. Lisez contenti.— 8. AC : illis. 
— q. A : hahehit. — 10. A : dicet. — 11. A : cothidie; C : qnolhidie. — 12. C 
omet illaruDi. 



25e PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

det : « DeJhoc vobis non est adhuc responsum ; et non habeoadhuc 
licentiam de dicendo illud. » — Interrogata quid sanctus Michael 
prima vice ei dixit : respondit : « Vos non habebitis liujus respon- 
sionem hac nocte. » Item dixit quod voces sibi dixerunt quod audac- 
ter respondeat. Item dixit quod ipsa adhuc ' non habet licentiam de 
revelando ea qu^s sanctus Michael dixit ei ; et bene vellet quod inter- 
rogans haberet copiam libri qui est Pictavis, dummodo Deus esset 
de hoc contentus. — Interrogata si sanctus Michael et alla; Sanctas 
dixerunt ei quod ipsa non revelaret sine licentia eorum : respondit : 
« Encore * ne vous en respons-je pas » ; et : « De illo de quo ' habebo 
licentiam, libenter respondebo » ; et quod, si ei prohibuerunt, ipsa 
non intellexit illud. — Interrogata quale signum ipsa dat per quod 
sciatur quod ista sint ex parte Dei, et quod istae sint sanctae Katharina 
et Margareta : respondet : « Ego satis dixi vobis quod sunt sanctae 
Katharina et Margareta » ; et : « Credatis mihi, si velitis. » — Inter- 
rogata quales revelationes suus rex habuit : respondit : << Vos non 
habebitis a me hoc, de anno isto. » — [Item, die jovis, prima 
martii] interrogata quales promissiones dictc-e Sanctae sibi fecerunt : 
respondit : « Hoc non est de vestro processu ex toto. » — Interro- 
gata si aliud promiserint ei quam ducere eam in paradisum : respon- 
det quod sunt aliqux promissiones, sed non dicet eas ; et dixit quod 
hoc non tangit processum. Item dixit quod, infra très menses, ipsa 
dicet aliam promissionem. — Interrogata si dictas Sanctae dixerunt 
ei quod, infra très menses, liberabitur a carcere : respondit : « Illud 
non est de processu vestro » ; et tamen nescitquando ipsa liberabitur. 
Item dixit quod illi qui vellent eam auferre de isto mundo poterunt 
bene ire ante. — Item, interrogata utrum consilium suum dixerit 
ei quod liberabitur a carcere : respondit : « Infra très menses loqua- 
mini mecum, et ego vobis inde respondebo » ; et dixit ultra quod 
peteretur ab assistentibus per juramentum eorum si hoc tan- 
gebat processum. Et postea, habita deliberatione assistentium, qui 
omnes deliberaverunt quod hoc tangebat processum, ipsa dixit : 

i.A: dicit ipsa adhuc. — 2. A : Encores. — 3. C ajoute ego. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 257 

« Ego semper bene dixi vobis quod vos non scietis totum » ; et ad 
istud dixit : « Oportebit semel quod ego sim expedita ; et volo ha- 
bere licentiam de dicendo » ; et super hxc ' petivit dilationem. — 
Interrogata si Sanctae prohibuerunt ne ipsa diceret veritatem : res- 
pondit : « Vultis vos quod ego dicam illud quod vadit ad regem 
Francioi ? » Item dixit quod multa sunt ibi, qua; non tangunt pro- 
cesstnn. 

Item interrogata, [eadem die] jovis, prima martii, quale signum 
dédit régi suo quod veniebat ex parte Dei : respondet ^ : « Ego 
vobis semper respondi quod non illud vos jam extraheretis ' mihi 
ab ore. Vadatis sibi petitum. » — Interrogata si juravit non revelare 
illud quod sibi peteretur +, tangens processum : respondit : « Ego 
vobis alias dixi quod illud quod vadit ad regem nostrum, ego non 
dicam vobis. » — Interrogata utrum sciât signum pra;dictum : respon- 
dit : « Vos non scietis hoc de me. » Item fuit ei dictum quod hoc tange- 
bat processum : respondit : « De hoc quod ego promisi bene ^ te- 
neresecretum, ego non dicam vobis. » Et dixit ultra : « Ego promisi 
in tali loco, quod non possum vobis dicere sine perjurio ''. » — 
Interrogata cui hoc promisit : respondit quod sanctis KatharincC et 
Margaretae [promisit]; et hoc fuit monstratum régi suo. Item, 
dixit quod eis promisit illud, absque hoc quod eam requirerent ; et 
fecit hoc ipsa Johanna, propria sponte ; et dixit quod nimis mult^ 
gantes petivissent illud signum ab ea, nisiillis Sanctis hoc promisis- 
set. — Interrogata si, in societate, quando monstravit signum régi suo, 
erataliusquamipse : respondit : « Ego cogito quod non erataliusquam 
ipse, quamvis satis prope essent multa^ gentes. » — Interrogata si 
videritne coronam super caput régis sui, quando ipsa ostendit sibi 
signum : respondit : « Ego non possum hoc vobis dicere, sine perju- 
rio ^ » 

Item interrogata, sabbati, tertia martii, si credat quod in illa 
forma et in illo modo Deus creavit eos, [sanctum Michaelem et 
sanctum Gabrielem], a principio, sicut ipsos vidit : respondit : « Vos ' 

1. A : hoc. — 2. A : respondit. — ^. A : non jam illud vos extraheretis. — 
4. A : pefetur. — 5. Cornet bene. — 6. AC : parjurio. — 7. Ihid., idem. 

PuOCLS DE JliANNE d'AxC. I7 



258 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

non habebitis aliiid de prassenti, praster illud quod ego respondi. » — 
Interrogata si viderat aut sciverat per revelationem quod ipsa eva- 
deret : respondit : « lUud non tangit processum vestrum. Vultis vos 
quod loquar contra me? » — Interrogata si, de hoc, suiis voces aliquid 
sibi dixerunt : respondit : « Hoc non tangit processum vestrum; 
ego me refero ad Dominum Deum » ; et « si totum pertinuisset ad 
vos, ego vobis dixissem totum ». Et dixit ultra: « Per fidem meam, 
ego nescio horam neque diem. » — Interrogata utrum, quando 
Deus sibi revelavit quod mutaret habitum suum, hoc fuerit per vo- 
cem sancti Michaelis, sanctiÇ Katharin:c vel sanctas Margaretas : res- 
pondit : « Vos non habebitis modo aliud. » 

Interrogata, lun^e, xii. martii, utrum habueratne litteras a sancto 
Michaele velasuis vocibus : respondit ' : '< Ego non habui iicentiam 
de |hoc]dicendo vobis, et, infra octo dies, ego respondebo libenter 
illud quod ego sciam. » 

LXI. « Item, dicta Johanna, monita quod submitteret omnia 
dicta ejus et facta determinationi Ecciesiit mihtantis, et, aperta sibi 
distinctione Ecclesia; militantis a triumphante, dixit se submittere 
Ecclesias triumphanti, recusans se Ecclesiœ militanti submittere, 
declarans semalesentire in illo articulo, Unam sanclam, etc., et circa 
ipsum errare ; dicens se esse subditam immédiate Deo, se referendo 
ad ipsum et Sanctos de factis suis, et non ad judicium Ecclesiae. » 

* Ad hune ^ articulum respondet ^ quod vellet déferre honorem 
et reverentiam Ecclesiae militanti, pro suoposse. Et de se referendo 
de factis suis ad pniedictam Ecclesiam militantem, dixit : « Oportet 
quod ego me referam ad Dominum Deum, qui fecit + hoc mihi 
facere. » 



* Respond que à l'Eglise militant, elle luy vouldroit porter honneur 
et révérence de son povoir. Et de se rapporter de ses fais à l'Eglise 
miHtant,dit: « Il fault que je m'en rapporte à nostre Seigneur, qui le m'a 
fait faire. » 

j. A : responâel^ — 2. A : sexagesimiiw primunr. — ^. A : responâit Johanva. — 
4. A : facit. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 259 

* Interrogata si se refert ' Ecclesise militanti de his qiuv fecit : 
respondit : « Mittatis mihi clericum, sabbati proximo ^ venienti ; et 
ego vobis inde respondebo. » 

Item, jovis, xv. martii, fuit sibi declaratum quid erat Ecclesia 
triumphans et quid erat Ecclesia militans ; et requisita quod, de 
pntsenti, ipsa submitteret se determinationi Ecclesia^, de hoc quod 
ipsa fecit et dixit, sive hoc sit bonum, sive malum : respondit : 
« Ego non respondebo vobis aHud de pnissenti. » — Et, post 
monitiones sibi factas et requisitiones quod, si fecerit aliquid quod 
sit contra fidem nostram, débet se referre ad determinationem 
Ecclesia^ : respondit quod responsiones suae videantur et exanii- 
nentur per clericos, et postea quod dicatur sibi si sit aliquid contra 
fidem christianam, et ipsa bene sciet per consilium suum dicere 
quid inde erit, et postea dicet illud quod reperiet per suum consi- 
lium ; et tamen, si sit aliquid mali contra fidem christianam quam 
Deus pmecepit, ipsa non vellet sustinere, et esset ^ bene irata de 
veniendo seu eundo contra. — Item, eadem, interrogata si, de 
hoc quod dixit et fecit, velit se submittere et referre determinationi 
Ecclesias : respondit : « Omnia opéra mea et facta mea sunt in 
manu Dei ; et de his me refero ad ipsum. Et certifico vos quod 
ego non vellem aliquid flicere vel dicere contra fidem christianam ; 
et si ego fecissem vel dixissem^vel quod esset supra me, quod clerici 
scirent dicere quod esset contra fidem christianam, quam Dominus 
noster stabilivit, ego non vellem sustinere, sed illud expellerem . « 
— Et iterum ^ interrogata si de hoc velletne se ipsam submit- 
tere determinationi Ecclesi?e : respondit : « Ego non respondebo 
vobis nunc aliud ; sed, sabbati, mittatis mihi clericum, si non veli- 
tis venire, et de hoc ego respondebo sibi, cum auxilio Dei ; et 
ponetur in scriptis. » 



*Ilem, interroguée s'elle s'en raportera à l'Eglise militant, quant ad ce 
qu'elle a fait : respond : « Envoyés-moy le clerc, samedi prouchnin, et 
je vous en respondray > ». 

ï. A : rejerel se. — 2. C : proximi. — 3. AC : esse. — 4. A : intérim. — S- U, 
fol. 29, v. 



260 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Item, die sabbati, xvii. martii, interrogata utrum ei videtur 
quod teneatur plane respondere veritatem domino nostro Papa:, 
vicario Dei, et ' de omni illo quod sibi peteretur, tangente tidem 
et factum conscientiit sujs : respondit quod ipsa requirit quod 
ducatur coram eo, et postea respondebit, coram ipso, omne illud 
quod debebit respondere. 

Item, die sabbati, ultima martii ^, interrogata utrum velit se 
referre ad judicium Ecclesia;, qua; est in terris, de omni illo quod 
dixit et fecit, sive bonum sit, sive malum, specialiter de casibus, 
criminibus et delictis qua.' sibi imposita fuerunt, et de omni illo 
quod tangit processum suum ; respondit quod, de illo quod ei 
petetur ', ipsa se referet Ecclesia^ militanti, proviso quod eadem 
Ecclesia non pra;cipiat sibi aliquid impossibile fieri; et appellat illud 
quod reputat impossibile scilicet quod, facta quiv dixit et fecit, 
declarata in processu, de visionibus et revelationibus quas dixit se 
fecisse ex parte Dei [revocet] ; et non revocabit eas pro quacumque 
re; et de hoc, quod Domiims noster fecit sibi facere ac praecepit ac 
prœcipiet, ipsa non dimittct hoc facere, pro hornine vivente ; et 
esset sibi impossibile illa revocare ; et in casu quo Ecclesia vellet 
ipsam facere aliud, contra praeceptum quod dicit ^ sibi factum a 
Deo, ipsa non faceret, pro quacumque re. — Interrogata, si Ecclesia 
militans dicat quod suae revelationes sunt illusiones, aut res diabo- 
liciv, aut superstitiones vel mala^ res, utrum se de hoc referet 
EcclesiiC : respondit quod se refert Deo, cujus ipsa semper faciet 
prasceptum; et quod bcne scit quod illud quod continetur in suo 
processu venit per prasceptum Dei ; et illud quod affirmavit, in 
dicto processu, fecisse ex prsecepto Dei, esset sibi impossibile 
facere contrarium ; et in casu quo Ecclesia militans sibi prasciperet 
facere contrarium, ipsa non referret se ad hominem mundi, nisi 
ad solum Deum, quin semper faceret suum bonum pricceptum. — 
Interrogata utrumne crédit quod ipsa sit subjecta Ecclesias quas est 
in terris, scilicet domino nostro Papas, Cardinalibus, Archiepis- 

I. AC omettent el. — 2. Voyez ci-après, p. 267. — 3. J : petetur ei. — 4. A : 
dixit. 



PROCÈS DH CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 26 î 

copis, Episcopis et aliis pnelatis Ecclesiit : rcspondit quod sic, 
Domino nostro primitus servito, gallice nostre Seigneur premier servi. 
Interrogatci si habet prasceptum a suis vocibus quod non submittat 
se Ecclesiiie militanti, qucX^ est in terris, nec in ' judicio ejus ; res- 
pondit quod non respondet aliquid quod accipiat in capite suo ; 
sed illud quod respondit est de pnçcepto illarum vocuni ; et non 
pnecipiunt quin obediat Ecclesi;\i, Dco primitus servito. 

Item, mercurii^ xviii. aprilis ^, eidem Johannes fuit dictum, pro 
intirmitate quam dicebat se habere, quanto plus timebatde vita sua, 
tanto plus debebat emendare vitam suam ; et non haberet jura 
Ecclesiœ, tanquam catholica, nisi ipsa se submitteret Ecclesiit. Et 
respondit : « Si corpus moriatur in carcere, ego me exspecto quod 
faciatis ipsum poni in terra sancta ; et si vos non faciatis poni, ego 
me exspecto ad Dominum Deum. » — Item, eodem die, interro- 
gata, postquam ipsa requirit quod ecclesia tradat sibi sacramentum 
eucharistiie, utrum vellet se submittere Ecclesia^, et promitteretur 
ei tradere ipsum sacramentum : respondit quod, de illa submis- 
sione, non respondebit aliud quam fecerit ; et quod amat Deum et 
servit sibi. et est bona christiana; et vellet adjuvare et sustinere 
Ecclesiam toto posse. 

LXII. « Item dicta Johanna nititur scandalizare populum, indu- 
cere ipsum ut firmiter credat omnibus dictis et dicendis per eam, 
assumens sibi auctoritatem Dei et angelorum, et elevans se super 
omnem potestatem ecclesiasticam, ut homines in errorem mittat; 
sicut pseudo-prophetai facere consueverunt, introducentes sectas 
erroris ac ' perditionis, et -^ se segregantes ab unitate corporis 
Ecclesic-e; quod est in religione christiana perniciosum, et, nisi per 
prx'latos Ecclesiaj provideatur, poterit subvertere omnem eccle- 
siasticam auctoritatem, insurgentque viri undique et mulieres, 
contingentes se habere revelationes a Deo et angelis, mendacia et 
errores seminando, sicut jam de multis expertum est, postquam 



I. AC omettent in. — 2. Voyez ci-après, le procès-verbal de la séance du 
18 avril. — ^ AC : et. — 4. AC : ac. 



202 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

haec mulier se erexit et cœpit populum christianum scandalizare, 
et sua figmenta propalare. » 

* Ad hune ' articulum, die mercurii, xxvni. martii, respondit * 
quod, proximo sabbati sequenti, de hoc respondebit K 

LXIIl. « Item, quod dicta Johanna in judicio non veretur men- 
tiri, cum violatione proprii juramenti, de revelationibus suis multa 
sibi invicem contraria et repugnantia asserendo; maledictiones in 
dominos et notabiles personas ac totam unam gentem proferre ; 
multa trufatica et derisoria, qux non décent mulierem sanctam, 
inverecunde proloquens, qu.x ostendunt ipsam régi et gubernari 
in agendis suis per malos spiritus, et non per consiHum Dei et 
angelorum, sicut ipsa se jactat ; dicente Christo de falsis prophe- 
tis : (' A fructibus eorum cognoscetis eos. » 

** Ad liunc • articulum, dicta die, respondit > quod se refert ad 
illud quod de hoc dixit ; et, de conclusione articuli, se refert ad 
Dominum Deum. 

Die martis, xxvii. februarii, dixit quod ipsa habebat ensem suunn 
apud Latigniacum ^, et de Latigniaco ^ portavit ensem unius 
Burgundi ad Compendium, propter hoc quod erat bonus ensis 
guerrae, et bonus ad dandum bonas alapas, gallice de bonnes huffes ou 
de bons torchons ; et dixit quod, ubi dimisit illum ensem, hoc non 
est de processu, et nunc de hoc non respondebit. 

Item, jovis, prima martii, dixit quod fuisset mortua, nisi fuisset 
revelatio qua; confortât eam quotidie \ — Interrogata si sanctus 
Michael habeat capillos : respondit : « Quare habuisset absci- 



*Respond que samedi elle en respondra 9. 

** Respond : « Je m'en raporte ad ce que j'en ay dit. » Et de la charge 
et conclusion de l'article, s'en raporte à nostre Sire '°. 



\.A : scxagcsimnm seciuidiim . — ■ 2. A ajoute dicta Johanna. — ^. A : respon- 
deret. — 4. A : sexagesimiim tertiiim. — 5- ^ ajoute Johanna. — 6. BC : 
Lathiniacum. — T-.B : Lathiniaco. — • 8. A : cothidie : C : quothidie. — 9. U, fol. 
29, vo. — 10. Ibid., idem. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 263 

SOS ? » Et non vidit ipsum sanctuni Michaelem, postquam ipsa 
recessit a castre de Croteyo; et non videt eum saepe. 

LXIV. « Item, quod ipsa Johanna se jactat scire se esse conse- 
cutam remissionem illius peccati quod perpetravit animo desperato, 
instigante maligno spiritu, cum se pnecipitavit ab alta turri ' castri 
de Beaurevoir; cum tamen Scriptura dicat quod nemo scit utrum 
amore vel odio dignus sit, et per consequens, nec utrum sitpurgatus 
a peccato vel justificatus. » 

*Ad hune - articulum, dicta die mercurii, xxviii. martii, res- 
pondet 5 : « Ego satis de hoc vobis respondi, ad quod me refero. » 
Et de conclusione, se refert ad Dominum. 

LXV. « Item, et quod dicta Johanna multotiens dicit se requi- 
rere a Deo ut mittat sibi expressam revelationem de agendis suis, 
per angelos et sanctas Katharinam et Margaretam, utpote, si debe- 
ret respondere in judicio veritatem de aliquibus, et in aliis suis par- 
ticularibus factis. Quod est tentare Deum et requirere ab eo quod 
requiri non débet, et absque necessitate, et inquisitione seu inves- 
tigatione humanitati + possibili, facta. Et pnecipue, in pr^notato 
saltu de turri, tentasse Deum manifeste videtur. » 

**Àd hune 5 articulum, dicta die mercurii, respondit quod ipsa 
de hoc alias respondit, et quod non vult revelare illud quod fuit ei 
revelatum, sine licentia Dei; et quod non requirit Deum de hoc 



* Respond : « Je vous en ay respondu, à quoy je m'en raporte, » Et 
de la charge et conclusion, s'en raporte à nostre Sire ^. 

** Respond qu'elle en a respondu; et qu'elle ne veult point révéler ce 
qui luy a esté révélé, sans le congié de nostre Seigneur ; et qu'elle ne 
requiert point sans nécessité ; et qu'elle vouldroit qu'il en envoyast 
encore plus, affin que on apperceust mieulx qu'elle fust venue de par 
Dieu, c'est assavoir, qui l'eust envoyée '. 



J . ABC : turre. — 2. A : sexiigesiniuiii quartmn. — ^. A, ajoute Johanna. — 
^. A : hinnanitus. — ^. A : sexagesimtim quintum. — 6. U, fol. 30, r". — 7. Ibiti., 
iiJeiii . 



264 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

quod est in articule, sine necessitate; et vellet quod adhuc ipse 
mitteret plus, ut melius appareret quod ipsa venisset ex parte Dei, 
scilicet, quod ipse misisset eam. 

LXVI. « Item, quod praedictorum quaedam sunt a juribusdomi- 
nico ', evangelico, canonico et civili deviantia ^, contra ea et statuta 
in Conciliis generalibus approbata; quiedam sortilega, quaedam 
divinationes, qusedam superstitiones;et quzedam formaliter, quiudam 
causative et alias, hasresim sapiunt ; errores in fide quam plura 
inducunt, et fautoriam haereticae pravitatis; quaedam seditiosa, 
quasdam turbativa pacis et impeditiva; quaedam ad effusionem san- 
guinis humani incitativa; quasdam etiam maledica et blasphemi^ 
in Deum, et Sanctos ac Sanctas; quas etiam pias aures hominum 
ofFendunt. In ' et super pntmissis, dicta rea temerario ausu, Dia- 
bolo instigante, offendit Deum et Ecclesiam suam sanctam ; in eam 
excessit et deliquit, scandalosa fuit, et super his notorie diffa- 
mata, venitque dicta rea per vos propterea corrigenda et emen- 
danda. » 

* Ad hune •♦ articulum, dicta Johanna î respondit'"' quod est 
bona christiana ; et, de omnibus oneribus positis in articulo, se 
refert ad Dominum. 

LXVII. « Item, quod omnia et singula prasmissa dicta rea com- 
misit, perpetravit, dixit, protulit, recitavit, dogmatizavit, promul- 
gavit ac opère adimplevit, tam in dicta jurisdictione quam alibi, in 
pluribus ac diversis locis hujus regni, nedum semel, sed pluries, 
diversis temporibus, diebus et horis ; in ea reincidit, ac perpe- 



* Dit qu'elle est bonne chrestienne ; et de toutes ses charges mises en 
l'article, qu'elle s'en raporte à nostre Seigneur?. 



1. A : divino. — 2. BC : devientia . — 3. AC ajoutent Et devant in. — 4. 
Sexagesimum sextum. — 5. C omet dicta Johanna. — 6. A : respondit dicta Johanna. 
— 7. U, fol. 30, ro. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 26) 

trantibus consilium, auxilium et favorem praestitit et contulit. » 
* Dicta Johanna negat hune ' articulum ^, 

LXVIII. « Item, ex eo quod per insinuationem clamosam aures 
vestras, nedum semel sed pluries, propulsantem', per famam 
publicam et informationem, de et super pntmissis, factam, com- 
peristis dictam ream, suspectam vehementer atque diffamatam; 
decrevistis ad inquisitionem super his contra eam faciendam, per 
vos vel vestrum alterum, procedendum, citandamque, super his 
responsuram, prout factum fuit. » 

** Dicta Johanna dixit quod hic articulus '^ concernit judices. 

LXIX. Item, quod dicta rea de et super prjemisst^ fuit et est 
vehementer suspecta, scandaHzata et quam plurimum, apud bonos 
et graves, notorie diffamata. De et super quibus tamen nondum fuit 
correcta, seu quovismodo emendata; sed super et <de his se corri- 
gereet emendare distuHt, differt, recusavit et récusât; et in eis erro- 
ribus continuavit et perseveravit, continuatque et persévérât; licet 
tamen, tam ex parte vestra quam nonnullorum notabilium cleri- 
corum et aliarum personarum honestarum, fuerit super his, tam 
caritative quam alias, débite et sufficienter monita, sommata et 
requisita. » 

***Ad hune > articulum, dixit quod ipsa non fecit delicta proposita 
per promotorem contra ipsam; et de residuo, se refert ad Domi- 
num ; et quod in ^ illis delictis propositis contra ipsam, non crédit 
aliquid fecisse contra fidem christianam. 



* Negat articulum 7. 

** Concernit judices ^. 

*** Dit que les déliz proposés par le promoteur contre elle, elle ne les 
a pas fais; et du sourplus s'en raporte à nostre Seigneur ; et que d'iceulx 
déliz proposés contre elle, n'en cuide avoir rien fait contre la foy chres- 
tienne. 

I . C omet huHC. — 2. A : Ad sexagesimuin septimum articulum sspedicta Johanna 
negat. — 5. 5 / propiilsatani. — 4. A : Ad sexagesimuni octavum articiduni respon- 
dit dicLi Joimnna qnod articulus... — ^. A : se.xagesinium nonum. — 6. AC : de. — • 
. l^fol. 50, r<'. ^.S. Jhiil. idem. 



266 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Interrogata, si fecisset aliquid contra fidem christianam, utrum 
vellet se submittere Ecclesiae et illis ad quos pertinet de hoc cor- 
rectio : respondit quod sabbati, post prandium, ipsa respon- 
debit. 

LXX. « Item, quod omnia et singula priemissa sunt vera, noto- 
ria ', manifesta, et super his laboravit et adhuc laborat publica vox 
et fama; eaque recognovit atque confessa est dicta reapluricset suf- 
ficienter fore vera, coram probis et fide dignis, et tam in judicio 
quam extra. » 

*Johanna hune negat articulum % nisi de confessis, etc. 

Ex QUiBus^t ahis a vobis suppiendis et corrigendis et in nieHus 
reformandis, de et super quibus petit et suppHcat dictus actor 
dictam ream per vos interrogari : concludit idem actor contra 
dictam ream, facta fide de his in toto vel in parte, quatcnus suffi- 
ciet ad intentum per vos sententiari, proferri et pronuntiari, ad 
omnes et singulos fines suos supratactos ; ulteriusque dici et 
decerni, prout fuerit juris et rationis ; officium vestrum super his, 
prout decet, humiliter implorando. » 

SABBATI ULTIMA MENSIS MARTH 3 

Item, sabbati immédiate sequenti, die ultima mensis martii, in 
vigiHa Paschae, anno Domini millesimo CCCC. tricesimo ; prassi- 
dentibus nobis, judicibus antedictis, in loco carceris pr^edictae 
Johannae, in Castro Rothomagensi ; assistentibus dominis et magis- 
tris : Johanne Pulchripatris », Jacobo de Turonia, Nicolao Midi, 



hîterroguce, s'elle avoit fait aucune chose contre la foy chrestienne, 
s'elle s'en vouldroit submeictre à l'Eglise et à ceulx à qui en appartient 
la correction : respond que samedi, après disner, elle en respondra >. 

* Negdt, iiisi de confessis '^. 



I. ^4C ajoutent ^/. — 2. A : Ad septuagesivnim articulum uegat ipsa Jchauna. 
— 5. En marge de ABC (C omet mensis et ajoute in vigilia Paschx). — 4. C; 
Pukripatris. — 5-^7, fol. 30, r". — 6. Ibid.,ideni. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 267 

Petro MauriciijGerardo Fueilleti, doctoribus ; — Guillelmo i/^//o« ' 
et Thoma de Courcellis, bachalariis in sacra theologia , — praesen- 
tibusad h^ec : domino Guillelmo - Mutonis et Johanne Gris. 

Fuit interrogata praidicta Johanna super aliquibusde quibus cepe- 
rat dilationemad respondendum usque in istam diem, cutn ad pr^e- 
missos articules responderet, velut superius est pragmissum. 

*Et primo fuit interrogata utrum velit se referre judicio Ecclesiae 
quic est in terris, de omni eoquod dixit etfecit, sivesit bonum,sive 
malunijSpecialiter de casibus, criminibus et delictis quas sibi impo- 
nuntur, et de omni eo quod tangit suum processum : respondit 
quod, de hoc quod ab ea petitur, ipsa se refert Ecclesiae militanti, 
proviso quod non ' praecipiat sibi aliquid impossibile fieri. Et vocat 
illud quod reputat impossibile, videlicet, quod facta quae fecit et 
dixit, declarata in dicto processu de visionibus et revelationibus quas 
dixit se fecisse ex parte Dei, revocet; et non revocabit eas pro quo- 
cumque. Et, de hoc quod Deus fecit sibi facere, ac pra^cepit et prae- 
cipiet, non dimittet facere pro homine vivente. Et esset sibi impos- 
sibile eas revocare. Et in casu quo Ecclesia vellet sibi facere aliud 



* Die sabbali, ullima mensis inartii, millesimo quadringentesimo trice- 
simo 4. 

Interroguée s'elle se veult rapporter au jugement de l'Eglise qui est 
en terre, de tout ce qu'elle a dit ou fait, soit bien ou mal, espécialement 
des cas, crimes et déliz que on luy impose, et de tout ce qui touche son 
procès : respond que, de ce que on luy demande, elle s'en raporiera 
à l'Eglise militant, pourveu que elle ne luy commande chose impossible 
à faire. 

Et appelle ce qu'elle répute impossible, c'est que les fiis qu'elle a diz 
et fais, déclairez eu procès, des visions et révélacions qu'elle a dictes, 
qu'elle les a faictes de par Dieu [elle les révoque, ; et ne les révoquera 
pour quelque chose ; et de ce que nostre Sire luy a fait faire et com- 
mandé, et commandera, et ne le lesra à faire pour homme qui vive, et 
luy seroit impossible de les révoquer. Eten cas quel'Egliseluy vouldroit 



i. C : Haitton. — 2. A : Guilleriiio. — î . C omet non. — 4. U, fol. 30, r". 



268 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

fieri, in contrarium prœcepti quod dixit sibi factum esse a Deo, ipsa 
non faceret pro quocumque. 

Interrogata utrum, si Ecclesia militans dicat sibi quod revelatio- 
nes suae ' sunt illusiones aut res diabolica^, ipsa se referret Ecclcsiae : 
respondit quod se de lioc semper referet Deo, cujus semper faciet 
praeceptum ; et quod ipsa bene scit quod illud quod continetur in 
processu suo venitper praeceptum Dei ; et illud quod affirmât in dic- 
to processu se egisse per pra^ceptum Dei, esset sibi impossibile facere 
in ^ contrarium ; et in casu quo Ecclesia sibi pr;eciperet facere con- 
trarium, ipsa.de hoc non se referret ad hominem mundi, nisi ad 
Deum, quin semper faceret bonum prœceptum ipsius Dei. 

Interrogata an crédit se esse subjectam Ecclesia; Dei qu;e est in 
terris, videlicet domino nostro Papse, cardinalibus, archiepiscopis, 
episcopis et aliis pra^latis Ecclesiae : respondit quod sic, Deo primi- 
tus servito. 

Interrogata an habeat pr^eceptum a suis vocibus quod non submit- 



faire faire autre chose au contraire du commandement qu'elle dit à luy 
fait de Dieu, elle ne le feroit pour quelque chose. 

Interroguée, se l'Eglise militant luy dit que ses révélacions sont illu- 
sions ou choses dyaboliques, ou supersticions, ou mauvaises choses, 
s' elle s'en raportera à l'Eglise : respond qu'elle s'en raportera à nostre 
Seigneur, duquel elle fera tousjours le commandement ; et qu'elle sçait 
bien que ce qui est contenu en son procès, qu'il estvenu par le comman- 
dement de Dieu ; et ce qu'elle a affermé ou dit procès avoir fait du com- 
mandement de Dieu, luy seroit impossible faire le contraire. Et en cas 
que l'Eglise militant luy commanderoit faire le contraire, elle ne s'en 
rapporteroità homme, du monde, fors à nostre Seigneur, qu'elle ne feist 
tousjours son bon commandement. 

Interroguée s'elle croist point qu'elle soit subjecte à l'Eglise qui est en 
terre, c'est assavoir, à nostre saint père le Pape, cardinaulx, arcevesques, 
évesques et autres prélas d'Eglise : respond que ouil, nostre Sire pre- 
mier servi. 

Interroguée s'elle a commandement de ses voix qu'elle ne se submecte 



i. AC : sux revelatmies. — 2. AC omettent in . 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 269 

tat se Ecclesiiç inilitanti, qu^t est in terris, nec judicio ejus : respon- 
dit quod ipsa non respondet aliquid quod accipiat in capite suc ;sed 
illud quod respondet est de prascepto suarum vocum ; et non praeci- 
piunt quin ipsa obediat Ecclesi^e, Deo primitusservito. 

Interrogata si, apud castrum de Beaurevoir, vel Attrebato ', vel - 
alibi, habebat limas : respondit : « Si repertas sunt supra me, ego 
non habeo de hoc vobis aliud respondere . » 

Quibus sic peràctis, ab eodem loco discessimus, ulterius proces- 
suri ad ea quae restabant agenda in pntsenti causa fidei. 

LUN^ II [m., IV.,] APRILIS > 

Item, die lun^e immédiate sequenti, secunda mensis aprilis, anno 
Domini millesimo quadringentesimo xxxi. post Pascha, et diebus 
martis et mercurii, extunc immédiate sequentibus, nos, judices 
antedicti, una cum aliquibus dominis et magistris ad hoc per nos 
convocatis, visitavimus articules superius descriptos, interrogatoria 
et responsiones ipsius Johannas, Ex quibus omnibus, certas asser- 
tiones et propositiones extrahi fecimus, sub forma duodecim articu- 
lorum, multa dictorum ipsius Johannas summatim et compendiose 
comprehendentium. Hujuscemodi assertiones doctoribus et peritis, 
tam in jure divino quam humano, transmittere conclusimus, consi- 
lia et deliberationes ipsorum super his, in favorem fidei, requirendo. 



point à l'Eglise militant, qui est en terre, ne au jugement d'icelle : res- 
pond qu'elle ne respond chose qu'elle prengne en sa teste ; mais ce qu'elle 
respond, c'est du commandement d'icelles ; et ne commandent point 
qu'elle ne obéisse à l'Eglise, nostre Sire premier servi. 

Interroguée se, à Beaurevoir et Arras, ou ailleurs, elle a point eu de 
limes : respond : « Se on a trouvé sur moy, je ne vous en ay autre chose 
à respondre. » 



I. ABC ; in Attrabato. — 2. A : nul. — 5. En marge de ABC. 



270 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

JOVIS V. APRI1.IS '. 

Et, die jovis sequenti, qunc fuit quinta dicti mensis aprilis,sche- 
dulatn ^ nostram requisitoriam, una cum jam dictis assertionibus, 
illis doctoribuset viris peritis ', quos in hac urbe noveramus adesse, 
transmisimus sub hac forma : 

« Nos 4, Petrus, miseratione divina Belvaceiisis episcopus, et 
Johaiines Magistri, vicarius Inquisitoris, vos talis, etc. rogamus vos et 
requirimus quatenus, in favorem fidei, infra diem martis proximam, 
detis nobis scripto et sub sigillo vestro salubre consilium super assertio- 
nibus infra annotatis ; utrum videlicet, omnibus attcntis et consideratis 
ac etiam ad invicem comparatis, illae aut earum aliqua; sint contra fidem 
orthodoxam, aut in ea suspectae contra sacram Scripturam, contra deter- 
minationem sacrosanctns Romanae Ecclesiae, contra determinationem doc- 
torum ab Ecclesia approbatorum [et] sanctiones canonicas, scandalos^e, 
temeraria,', rei publicae turbativ^e, injurios;v, criminibus involutas, contra 
bonos mores, seu quovismodo offensivai; aut quid de priedictis, judicio 
fidei, venit dicendum. Scriptum die jovis, quinta aprilis post Pascha 5, 
anno Domini M.CCCC.XXXJ. » 



ITEM 6 SEQUITUR TENOR ASSERTIONUM PRiEDICTARUM 7, 
I 

« Et primo, quasdam fœmina dicit et affirmât quod, dum esset 
ietatis annorum tredecim vel eocirca, ipsa suis oculis corporalibus 
viditsanctum Michaelem eam consolantem, et quandoque sanctum 
Gabrielem, in effigie corporali apparentes ^. Aliquando etiam vidit 



I . En marge de AC : Ben marge : Joi'is sequenti. — 2. A : scedulam ; C : sedulam . 
— ^. A omet peritis. — 4. C en marge : Hic initluntur schediila: dottoribus ciim asser- 
tionibus. — 5. C omet Scriptum die jovis, quinta aprilis posl Pascha. — 6. ABC en 
marge: Ténor assertionum prardictaruvi. — 7, A la minute française, lorsqu'elle fut 
produite, était joint un feuillet de corrections aux douze articles résumant la doctrine 
de Jeanne. Ces corrections étaient de la main de Manchon et ne furent pas toutes 
effectuées. On en trouvera le texte dans le Procès de Kéhahililalion. Bien qu'il 
s'agisse plutôt d'omissions volontaires que de variantes, on a cru devoir les repro- 
duire ici en notes. — 8. 5 en marge : Assertiones. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 27 1 

angelorum magnam multitudinem ; et extunc sanctœ ' Katharina et 
Margaretnsc exhibuerunt eideni fœminaî corporaliter videndas ; quas 
etiam quotidie videt, et earum voces audit, ac eas quandoque am- 
plexaest et osculata, sensibiliter et corporaliter tangendo. Dictorum 
vero angelorum et Sanctarum capita vidit; de residuis autem parti- 
bus eorum aut vestimentis, nihil dicere voluit. Quodque praedictae 
sanctcT Katharina et Margareta aliquando eam fuerunt allocuti« ad 
fontem quemdam, juxta arborem magnam, communiter appellatam 
Parbre des fées; de quibus fonte et arbore, foma est divulgata quod 
Fatales Domina? ibidem fréquentant, et quod plures febricitantes ad 
dictes fontem etarboremaccedunt, causa recuperandaesanitatis,quam- 
vis siti sint in loco profano. Quas ibi et alibi pluries venerata fuit, et 
eis reverentiam exhibuit. ■>) 

« Dicit insuper quod sanct^e Katharina et Margareta pntdictcX^ 
apparent et se monstrant ei, coronatas coronis pukherrimis et pre- 
tiosis ; et a tempore pr^edicto ac pluries deinceps, dixerunt eidem 
fœminas de mandatoDei quod oportebat eam accederead quemdam 
principem saecularem, promittendo quod, ejusdem foemin^e auxilio 
et laboribus mediantibus ^, dictus princeps, vi armorum, magnum 
dominium temporale et honorem mundanum recuperaret, ac victo- 
riam de adversariis suis obtineret ; quodque idem princeps dictam 
fœminam reciperet, et arma cum exercitu arm[at]orum eidem 
assignaret, pro exsecutione pr^missorum. Insuper dictée sancti^ 
Katharina et Margareta praeceperunt eidem fœminas, de mandate 
Dei, quod assumeret et portaret habitum viri, quem portavit et 
adhuc portât, pr^ecepto hujusmodi obediendo perseveranter, in 
tantum quod ipsa fœmina dixit se malle mori quam hujusmodi 
habitum relinquere '; hoc simpliciter dicendo aliquotiens, et ali- 
quando, « nisi hoc esset de mandato Dei ^). Prieelegit etiam non 
interesse missarum officiis et carere sacra communione eucharisties, 
in tempore per Ecclesiam fidelibus ordinato ad hujasmodi sacra- 

l. B : sancta. — 2. Super primo articttlo, in illo piinclo : « Auxilio et laboribus 
mediantibus », débet poni « cum Dei auxilio ». — 3 . Super codent : « Se malle mori 

qUiiDi l.hibîtiint relinquere », etc. débet addi : i. iiisi hahiierif de mandato Dei ». 



272 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

mentum recipiendum, quam habitummuliebremresumereetvirilem 
relinquere. Faventes ' etiam dictas fœminre in hoc quod, sine 
scitu et contra voluntatem parentum suorum, dum esset aetatis 
septemdecim annorum vel eocirca, domum paternam egressa fuit 
ac multitudini hominum arma sequentium sociata, die nocteque ^ 
cum eis conversando, nunquam aut rare aliam mulierem secum 
habens. Et alia multa dicta; Sancta^ dixerunt et prx-ceperunt eidem 
mulieri ; propter quas dicit se missam a Deo cœli et Ecclesia victo- 
riosa Sanctorum jam beatitudine fruentium, quibus submittit 
omnia bcne facta sua. Militanti vero Ecclesise se, sua facta et dicta 
submittere distulit et recusavit, pluries super iioc requisita etmonita, 
dicens quodimpossibile est eidem fœmina; facere contrarium illorum 
qua; affirmavit in suc processu se de mandato Dei fecisse, neque 
de hiis se referet determinationi aut judicio cujuscumque viventis, 
sed tantummodo judicio Dei; quodque eidem fœmina; revelaverunt 
quod ipsa salvabitur in gloria Beatorum, et salutem anima? sua; 
consequetur, si virginitatem, quam eisdem ' vovit prima vice qua 
eas vidit et audivit, servaverit. Occasione cujus revelationis, asserit 
se certam de salute sua ac si esset prxsentialiter et de flicto in regno 
cœlorum \ 



II 



« Item, dicta tœmina dicit quod signum quod habuit princeps. ad 
quem mittebatur, per quod determinatus fuit ad credendum ei de 
suis revelationibus et ad eam recipiendum, pro bellis agendis, fuit 
quod sanctus Michael ad eumdem principem accessit, associatus 
angelorum multitudine, quorum quidam habebant coronas, et alii 
habebant alas, cum quibus erant sanctœ Katharina et Margareta. 



I. Super eodcm non videtui beiie positiiiii v Fuveiites ». — 2. Super eodem non 
videlur bene positim « Noctu, etc. ». — 3. A : eis. — 4. Super eodem non videtur 
hene posilum a Quod sunctx Katharina et Margareta in conlentionihus, etc.. », sed 
débet poni : « Se scire per revelationem sanctarum Katharinx et Margaretx quod 
adversarii dicti principis expelhntur et quod Deus dabit victoriam dicto principi et 
suis, et contra adversarios suos. » 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 273 

Qui angélus et fœmina, supra terram, per viani_, gradus et cameram 
simul, longo itinere, gradiebantur ', aliis angelis et pntdictis 
Sanctisconcomitantibus; ac eidem principi coronam pretiosissimam 
de auro purissimo quidam angélus tradidit, et coram dicte principe 
dictus angélus se inclinavit, eidem reverentiam exhibendo. Et una 
vice, dixit quod, quando princeps suus habuit signum, ipsa cogitât 
quod tune solus erat, quamvis satis prope plures alii intéressent; 
et alia vice, quod, prout crédit, unus archiepiscopus recepit illud 
signum coronae, et tradidit pntfato principi, pnesentibus et viden- 
tibus pluribus dominis temporalibus. » 

III 

« Item, dicta tœmina cognovit et certa est quod ille qui eam 
visitât estsanctus Michael, per bonum consilium, confortationem et 
bonam doctrinam, quas pra^dictus - sanctus Michael eidem 
fœminas dédit et fecit; ac per hoc quod ipse nominavit se, dicendo 
quod ipse erat Michael. Et similiter sanctas Katharinam et Marga- 
retam cognoscit distincte ab invicem, per hoc quod se nominant et 
eamdem salutant. Propter quiç, de sancto Michaele sibi apparente, 
crédit quod ipse est sanctus Michael, et dicta ejus Michaelis et facta 
vera [sunt] et bona, oeque lirmiter sicut ipsa crédit quod Domi- 
nus noster Jhesus ' passus fuit et mortuus pro nostra redemp- 
tione. » 

IV 

« Item, dicta fœmina dicit et affirmât quod ipsa est certa, de qui- 
busdam futuris mère contingentibus, quod evenient, sicut ipsa est 
certa de his quas actu videt ante se; et de aliquibus occultis jactat 
se habere et habuisse notitiam, per revelationes verbo tenus sibi 
factas, per voces sanctarum Katharinic et Margareta?, puta, quod 

1. Super secundo, uhi poniiur de angelis ijiiod « lotigo itinere gradiebaiilur, etc. >>, 
suijicit dicere quod angeli coinitabanliir, etc. Et in margine ponebalur ; Debent innlta 
addi de longo itinere, de gradibus, ostiis, etc. Item secnndns articuhis dividatur in duos 
articulos. — 2. AC : dictus. — 5. AC ajoutcni Christus. 

Procès de Jeanne d'Arc. 18 



274 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

liberabitur a carceribuset quod Gallici facient pulchrius factum, in 
sua societate ', quart! unquam fuit factum pro tota christianitate ; 
quod etiam, nemine demonstrante, per revelationem, prout 
dicit, aliquos liomines cognovit quos nunquam ante videnit ; 
et quod revelavit et manifestavit quemdam ensem absconditurn in 
terra. » 

V 

« Item, dicta fœmina dicit et affimnit quod, de mandato Dei et 
ejusbene placito, assumpsit et portavit, ac continue portât et vestit 
habitum ad usum viri ^. Et ulterius dicit quod, ex quo habebat de 
mandato Dei déferre habitum viri, oportebat eam accipere tunicam 
brevem, capucium, giponem, braccas ' et caligas cum aguilletis 
multis, capillis capitis sui super summitatesaurium scissis in rotun- 
dum ; nihil super •♦ corpus suum relinquendo, quod sexum fœmi- 
neum approbetaut demonstret, pn\;ter ea quc^ natura eidem fœmina^ 
contulit ad fœminei sexus distinctionem ^. Quodque in pnçdicto 
habitu, pluries eucharistiam recepit. Nec voluit aut vult habitum 
muHebrem resumere, pluries super hoc caritative requisita et 
monita, dicens quod mallet mori '^ quam habitum virilem dimit- 
tere ", aUquotiens simpHciter dicendo, et ahquando, « nisi esset de 
mandato Dei ». Et quod, si in habitu viri esset inter eos pro quorum 
parte ahas se armavit, et faceret sicut faciebat ante captionem suam 
et detentionem, hoc esset unum de maximis bonis quod evenire 
posset toti regno Franciit; addendo quod, pro nulla re mundi, 
faceret ^ juramentum de non portando habitum viri et de non 
armando se. Et in omnibus priemissis, dicit se bene fecisse et bene 
facere, obediendo Deo et mandatis ejus. » 



I. Item, super tertio, noteliir illud in quo habetur « itt sua societate » et proplerea 
videantur litterie scriptx régi. — 2. Super quarto, quoad habitum ad usum viri, 
scilicet timicam, débet poni : « Et cum hoc dixit quod, postquam de mandato Dei habebat 
portare habitum viri, oportebat ipsam portare tunicam brevem, capucium, etc. ». — 
3. C ; brachas. — 4. AC : nichil supra. — 5 . AC : discretiouem. — 6. B omet mori. 
— "J. Super eodem' il habitum virilem dimittere, etc. » addatur et ctliud quod dixit 
quod « hoc non dimilteret, nisi esset de mandato Dei » . — 8. C : faciet. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 275 

VI 

« Item, confitetur et asscrit dicta fœmina quod ipsa multas 
litteras scribi fecit in quarum quidem [aliis] hase nomina Jhesus 
Maria, cum signo crucis, apponebantur; et aliquotienscrucem appo- 
nebat, et tune nolebat ' quod fieret illud quodfieri mandabat in suis 
litteris. In aliis vero scribi fecit quod ipsa interfici faceret eos 
qui non obedirent litteris aut monitionibus suis, et quod « ad 
ictus percipietur quis habeat potius jus a Deo cœli ^ ». Et fré- 
quenter dicit quod ipsa nihil fecit, nisi per rcvelationem et man- 
datum Dei. » 

VII 

« Item, dicta fomina dicit et confitetur quod, dum esset astatis 
annorum XVII vel eocirca, ipsa spontanée et per rcvelationem, 
prout dicit, accessit ad quemdam scutiferum quem nunquam ante 
viderat, relinquendo paternam domum contra parentum suorum 
voluntatem; qui, quamprimum ejus recessum cognoverunt,fuerunt 
pêne démentes facti '. Quem quidem scutiferum dicta fœmina -^ 
requisivit quatenuseam duceret aut duci faceret ad principem, de 
quo prius dicebatur. Et tune dictus armiger, capitaneus, dictae 
fœminîe tradidit habitum viri cum uno ense, ad requestam ipsius 
fœminîe; et pro conducendo eam deputavit et ordinavit unum 
militem, unum scutiferum et quatuor famulos ; qui dum venissent 
ad principem antedictum, dicta fœmina dicit eidem principi quod 
ipsa volebat ducere guerram contra adversarios suos, promittendo 
eidem quod ipsum poneret in magno dominio, et suos inimicos 
superaret, et quod ad hoc erat missa a Deo cœli ; dicens quod 
in pr^missis bene fecit, de mandato Dei et per revelationem. » 

I. Super quinto antc « Et tune nolebat, etc. » débet addi ; « Et aliquoliens appo- 
nebat ^, et tantiim erat ■signtim quod illi de parte sua quibus scribebat non facerent 
seu adiniplerenl ea qux scribebat. » — 2. Traduction latine d'un passage de la 
lettre de Jeanne aux Anglais. — 3. Super sexto, ubi dicitur : « Fuerunt parentes 
psene démentes, etc. ncorrigatur et ponatur quod de recessu ejus nialeconienti fuerant. — 
4. C : Johanna. 



276 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

VIII 

« Item, dicta fœmina dicit et confitetur quod ipsa, nemine eam 
cogente aut impellente, se prascipitavit de turri quadam altissima, 
maliens mori quam tradi in manus adversariorum suorum, et quam 
vivere post destructionem villas Compendii. Dicit etiam quod non 
potuit evitare hujusmodi praecipitium; et tamen sanct^ Katharina 
et Margareta praedictic eidem prohibuerunt ne se praecipitaret deor- 
sum ; quas offendere dicit esse magnum peccatum. Sed bene scit 
quod hujusmodi peccatum fuit sibi dimissum, postquam de 
hoc confessa est. Et de hoc dicit se habuisse revelationem. » 

IX 

« Item, dicta fœmina dicit et affirmât quod pr^edictac sancta? Katha- 
rina et Margareta promiserunt sibi quod ipsa; ducerent eam in 
paradisum, si bene servaret virginitatem ', quam eisvovit, tam in 
corpore quam in anima. Et de hoc dicit se esse ita certam, sicut si 
jam ipsa esset ingloria Beatorum.Nec putat se fecisse opéra peccati 
mortalis ; nam, si ipsa esset in peccato mortali, sanctae Katharina et 
Margareta pr^dictas, ut sibi videtur, eam non visitarent, sicut quo- 
tidie ^ eam visitant. » 

X 

« Item, dicta fœmina dicit et affirmât quod Deusdiligit quosdam ' 
determinatos et nominatos -*, adhuc viatores, et plus eos diligit 
quam faciat eamdem fœminam . Et hoc scit per revelationem 
sanctarum Katharinae et Margareta qu;t loquuntur ei fréquenter 
gallicum et non anglicum, cum non sint de parte eorum. Et, post- 
quam scivit per revelationem quod voces erant pro principe de quo 
supra, non dilexit > Burgundos. » 

I. Cajoute suant. — 2. A : cotidic : C : quothidie. — 3. C ; quosdem. — 4. C omet 
('/ nomijiatos. — 5. Super nono, ubi hàbetur : « Non dilexit », débet pont : « Et 
poslquitin per rcvelalionetn scierit quod voces erant, etc. » Et radietur iiltiiiia pars 
articiili. videJicel : « El har oninia, etc. » 



PROCES DR CONDAMNATION DE JEANNK I) ARC 277 

XI 

« Item, dicta fœmina dicit et confitetur quod vocibus et spiritihus 
prasdictis, quos Michaelem, Gabrielem, Katharinam et Margaretam 
vocat, ipsareverentiampluries exhibuit, capiit discooperiendo, geiiua 
flectendo, osculando terram supra quam gradiebantur, ac eis vovendo 
virginitatem, quandoque easdem Katharinam et Margaretam 
a mplexando, osculando ; et tetigit eas corporaliter et sensibiliter, 
et petiit ab eis consilium et auxilium, eas quandoque invocando, 
quamvis fréquenter eam visitent non invocata;; et acquiescit atque 
obedit earum consiliis et mandatis, atque acquievit ab initio, sine 
petendo consilium a quocumque, puta, a pâtre vel matre, curato 
vel pn^lato, aut alio quocumque ecclesiastico. Et nihilominus fir- 
miter crédit quod voces et revelationes, quas habuit per hujusmodi 
Sanctos et Sanctas, veniunt a Deo et ex ejus ordinatione; et asque 
firmiter hoc crédit, sicut fidem christianam et quod Dominus 
noster Jhesus Christus passus fuit mortem pro nobis ; adjungendo 
quod, si malignus spiritus ei appareret, qui se esse sanctum 
Michaelem fingeret, ipsa bene sciret discernere an esset sanctus 
Michael, an ' non. Dicit etiam eadem fœmina quod, ad petitionem 
suam, nuUo alio compellente aut requirente, ipsa juravit sanctis 
Katharinae et Margaret^e qu^ sibi apparent quod non revelaret 
signum coron^e quod erat dandum principi ad quem mittebatur. 
Et in fine dicit - quod « nisi haberet licentiam de revelando '' », 

XII 

« Item, dictas fœmina dicit et confitetur quod, si Ecclesia vellet 
quod ipsa faceret aliquid contrarium de ^ prascepto quod dicit ' 
sibi fuisse factum a Deo, ipsa non faceret illud pro quacumque re; 
affirmando quod ipsa bene scit quod ea quit continentur in suo 
processu veniunt per praeceptum Dei, quodque eidem esset impos- 



I . C ; aut. — 2. C ; dixit. — 3 . Super decimo, iti fine deh'l addi : « Et in fine dixi 
nisi iihi esset eidem ex parte Dei revehiluni.» — 4. AC omettent de. — 5. C ; dixit. 



278 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

sibile facere contrarium eorum. Neque de his se vult referre ad 
determinationem Ecclesias militantis, aut quemcumque hominem 
mundi, sed ad solum Deum Dominum nostrum, cujus praecepta 
semper faciet, pr^ecipue quoad materiam revelationum et eorum 
quîe dicit ' se fecisse per revelationes. Et hanc responsionem et alias 
responsiones dicit se non fecisse innitendo proprio capiti, sed 
easdem responsiones fecit et dédit de pr^cepto vocuni et revela- 
tionum sibi factarum, quamvis dictée fœminae, per judices et alios 
ibidem praisentes, saepius fuerit declaratus articulus fidei, qui est 
Unatn sanclam Ecclesiani catholicam, eidem exprime ndo quod qui- 
libet fidelis viator tenetur obedire, et facta ac dicta sua submittere 
Ecclesia:; militanti, praecipue in materia fidei et qu^i: tangit doctri- 
nam sacram et ecclesiasticas sanctiones ^ » 

Deinceps sequuntur deliberationes datœ super assertionibus prx'- 
dictis, quas recepimus diversis diebus subsequentibus. 

Et primo, XVI doctores et vi tamlicentiati quam bachalarii IX sacra 3 

THEOLOGIA DEI.IBERAVERUNT PROUT CONTINETUR IN IXSTRLMEXT0 PU- 
BLIC0 4, SUPER HOC COXPECTO, CUJUS TEXOR SEQUITUR > : 

« In notnine Domini, amen. Per hoc praîsens publicum instrumentum, 
cunctis pateat evidenter et sit n'otum quod, anno ejusdem Domini niille- 
simo CCCC. tricesimo primo, indictione nona, mensis aprilis die jovis 
duodecima, ponlilicalussanctissimi in Christo patris et domini nostri, domi- 
ni Martini, divina providentia '' Papas quinti, anno decimo quarto 7 ; in 
nostrum, notariorum publicorum ettcstium subscriptorumpra.'sentia,per- 
sonaliter constituti reverendi patres et domini ac venerabiles et circum- 
specti viri, domini et magistri : Erardus £'wt';/o'fl;7 ^,pra:sidens ; Johannes 
Beaiipèii', Guillelmus Leboiichier 9, ]ocohus de Turonia, Nicolaus M/W/ ; 



I. C ; dixil. — 2. Super tindecimo, uhi ponitur « Denotando, etc. » débet 
poni « Denotando quod ipsa est suhjecta Ecclesix militanti. Domino nostro piiinitus 
senntc, et proviso quod Ecclesta viilitans non prxcipiat sibi aliquid in contrarium 
suarum revelationum factarum et fiendarum. » — 3. ^ omet sacra. — 4. ^ •' 
przsenti. — 5. /i5 en marge : Deliberatio XVI doctorum et VI bachalariorum in 
sacra theologia ; C en marge : XVI doctores et VI bachalarii in sacra theologia. — 
6. B omet providentia. — 7. BC en marge : Joi'is XII aprilis. — S. C : Emengard. 
— 9. A : Bouchier. ' 



PROCES DE CONDAMNATION DE JHANNK D ARC 279 

Pctrus de Migccio, priorde Longavilhi ; Mauricius de Quesneyo, johan- 
nes de Nibat, Petrus àtHoudeug ', JohanncsFabri, Petrus Mauricii, domi- 
nus abbas de Mortuo Mari, Gcrardus Fueillet -, Ricardus Prati et Johan- 
nes Carpeiilier, sacra; theologiit professores ; Guillelmus Haiton 3, bacha- 
larius in theologia; Johannes 4 Silvestris, liccntiatus in theologia ; nec- 
non Nicolaus Coppesquesne j, Ysambardus de Petra et Tiiomas de Cour- 
cellis, etiam bachalariiin theologia ; ac Nicolaus Loisdlcnr <^, magister in 
^rtibus ; dicentes quod, cum revcrendus in Christo pater, dominus epis- 
copus Belvacensis, et frater Johannes Magistri, vicarius prœclari doctoris, 
magistri Johannis Gravèrent, Inquisitoris h^eretica^ pravitatis in règne 
Francii\;, judices in certa causa fidei coram eis introducta, requisiverint 
ipsos doctores et magistros ac ipsorum quemlibet, secundum formam 
cujusdam schedul^e 7,cuius ténor sic incipit : «Nos Petrus, etc. Sequun- 
tur articuli, etc. Qua^dani fœmina, etc. »; postquam pra^nominati docto- 
res et magistri pr^efatam schedulani''' requisitoriam decenter susceperunt, 
et contenta in eadem, cum grandi et matura deliberatione, vicibus repe- 
titis, diligenter examinaverunt ; attendentes, ut dicebant, quemlibet sacrae 
doctrinal professorem, ad salubre consilium in materia fidei pragstandum 
perjuridicas sanctiones adstringi, quotiens per pra^latosEcclesiai et Inqui- 
sitores h.'eretic^e pravitatis in favorem fidei fuerit requisitus; volentesque 
pro debito suit professionis, quantum secundum Deum poterant et debe- 
bant, pn'efatis dominis judicibus et eorunirequisitioni obtemperare : pro- 
testati sunt in primis quod, requisiti instanter et vicibus repetitis, tam 
litteratorie quam viva voce, per dominos judices antedictos, in favorem 
fidei, ut praîfertur, et pro satisfaciendo réquisition! eorumdem, intendunt 
doctrinaliter dicere in hac materia illud quod eis videbitur esse consonum 
sacrit Scriptura;, doctrinis Sanctorum, et ecclesiasticissanctionibus, solum 
Deum et veritatem fidei \>xx oculis habentes. Protestati sunt insuper quod 
omnia dicenda et deliberanda per eos, tam in hac materia quam in caste- 
ris quibuscumque, submittunt examinationi, correction!, et omnimodtç 
détermination! sacrosanctas Romaniu Eccles!« et omnium ^ illorum ad 
quos suorum dictorum examinatio, correctio et determinatio pertinet, 
seu in futurum pertinere poterit et debebit; una cum ca^teris protestatio- 
nibus m simili materia fieri consuetis, meliori modo et forma quibus pro- 



\. A : Houâenc ; C : Hodenc. — 2. C : Fueilhti. — 3. C .• Haitton. — 4. ABC. 
Q : Radulphiis. — ^. £ : Coppequesne ; C : Couppequesne . — 6. C . Loisehur . — 7. 
A:seduh^ ; B : cednlx ; C : sedulx, — ^. A : sceduhnii ; B : cednlain ; C : scdiiltiiii. 
— 9- C? •' omnibus. 



280 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

testationes hujusmodi fîeri possunt. Hisprotestationibus prasmissis, deli- 
beraverunt prasfati doctores et magistri ea qu^ sequuntur : 

« Dicimus quod, qualitate personie, dictis, factis suis modisque appa- 
ritionum et revelationum, fine,materiaomniumque praedictorum circum- 
stantiis ac omnibus in pra^dictis articulis et processu contentis, diligenter 
attentis, collatis invicem et pensatis : censendum est prasdictasapparitiones 
et revelationes, quas jactat ei asserit se habuisse a Deo per angelos et Sanc- 
tas, non fuisse a Deo per dictos angelos et Sanctas, imo potius fictione» 
quasdam ' humanitus adinventas, aut a maligno spiritu processisse ; nec 
ad hoc credcnduni et sciendum signa sufficientia habuisse ; in prxdictisque 
articulis esse et contineri mendacia conficta ; aliqua non verisimilia,leviter 
crédita ab ea ; superstitiosasquoque divinationes ; scandalosa et irreligiosa 
facta ; aliqua dicta temeraria, prœsumptuosa, plena jactantiis ; blasphemiam 
in Dcuni et Sanctas; impietatem erga parentes ; aliqua non consona pra;- 
cepto de dilectionc proximi ; idolatriam aut, ad minus, confictionem 
mendosam ; schismatica de unitate, auctoritate et potestate Ecclesix^ ; maie 
sapientia, ac de hivresi vehementer suspecta. Et credens quod illi qui 
apparuerunt sint sanctus Michael, sanctai Katharina etMargareta, et quod 
dicta eorum et facta sunt bona, a;que firmiter sicut crédit fidem christia- 
nam, habenda est suspecta de errore - in fide ; quia, si intelligat quod 
articuli fideinon sint firmius credendi quam quod illi, quos dicitsibiappa- 
ruisse, sint sanctus Michael et sanctas Katharina et Margareta, et quod 
dicta eorum et facta sunt bona, errât in fide. Dicere etiam quod omnia 
contenta in quinto articulo, includendo etiam illud quod in primo articule 
positum est, de non recipiendo sacramentum eucharistias in tempore or- 
dinato per Ecclesiam, ipsa bene fecerit, et quod omnia supradicta fecerit 
de mandato Dei, est blasphemia in Deum et error in fide. » 
• « De quibus prsemissis, dicti doctores et magistri petierunt a nobis, 
notariis publicis, et dominis judicibus pnvfixtis per nos tradi voluerunt 
instrunientum publicum. Acta fuerunt hivc in cappella manerii archiepis- 
copalis Rothomagensis, sub anno, indictione, mense, die et pontificatu 
praedictis, prassentibus ad hsec discretis viris dominis, Johanne de Hayaet 
Johanne Bareton, presbyteris in ecclesia Rothomagensi beneficiatis, testi- 
bus ad prasmissa vocatis et rogatis . » 

Sic signatum : 

« Et ego Guillelmus Manchon, presbyter Rothomagensis diœcesis, publi- 
cus apostolica et imperiali auctoritatibus, curiœque archiepiscopalis 



i. C : qiiasdeiii. — 2. A ex. O : errare. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 281 

Rothomagcnsis juratus notarius, prœmissis omnibus et singulis, dum sic, 
ut pnTîmittitur, dicerentur, agerentur et fièrent, una cum notario infraet 
testibus suprascriptis, pr:vsens interfui, atque sic fieri vidi et audivi. Ideo 
huic pnxisenti publico instrumente, manu mea propria fideliter scripto, 
signum meum solitum, una cum signe et subscriptione notarii publici, 
subscripsi, apposui, in fidemet testimonium pra;missorum requisitus. G. 
Manchon. » 

« Ego vero, Guillelmus Colles, alias BoscguiUaume, presbyter Rotho- 
magcnsis diœcesis, publicus auctoritate apostolica et in curia archiepisco- 
pali Rothomagensi notarius, et in hac causa juratus scriba, pr^tmissis 
omnibus et singulis, dum sic, ut pn\imittitur, dicerentur, agerentur et fiè- 
rent, una cum pr^enominatis testibus et notario supranominato i,priesens 
fui ; eaque sic fieri vidi et audivi. Ideo pr^esens publicum instrumentum 
inde fideliter factum, manu tamen aliéna scriptum, signo et nominemeis 
solitis et consuetis signavi, in fidemet testimonium veritatis pnvmissorum 
requisitus et rogatus. Colles. » 

Magister DIONYSIUS2 Gastinel, licentiatus in utroque |ure,dei.iberavit 

IN HUNC MODUM 3 ; 

« Cum protestationibus solitis fieri + in materia fidei, me submittendo 
correctioni dominorum meorum judicum,aliorum auorumcumque docto- 
rum in sacra pagina, ca^terorumque peritorum jurium canonici et civilis, 
quibus decet istam materiam enucleare : videtur mihi dicendum quod ma- 
teria in se est infecta, suspecta 5 in fide, vehementer erronea, schismatica^, 
ha^retica : et perversum dogma, contra bonos mores, contra determina- 
tionem Ecclesice, Concilia generalia et sacros canones, leges civiles, 
humanas sive politicas ; scandalosa, seditiosa, in injuriam Dei, Ecclesi;e 
et omnium fidelium : quœreddit suum actorem, doctorem et magistrum, 
suspectum in fide, vehementer erroneum, schismaticum ", hœreticum, si 
pertinaciter defendat materiam subjectam de qua quceritur ; seditiosum, 
pacis perturbativum ^. Qui actor, insecutor talis doctrinas perversa? sive 
falsa.', nisi continue post reprehensionem 9 talis doctrinie erronés; et per- 
vers;t ad fidei catholiciv unitatem sponte recurrere, et erroneam doctrinam 
sive labera hivreticam pertinacem adarbitrium sui judicis publice consen- 



I. ABC : sitpranouiinatis. — 2. A : Dionisius. — ^. A en marge : Dionisius 
Gastinelli ; BC en marge : Dionisius Gastinel. — 4. A omet fieri. — 5. AC 
ajoutent f^ — 6. AC : scismatica. — 7. AC : scisinafictun. — 8. A : tiirbativum. — 
9. ABC et O : (leprebensioneni. 



282 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

sei'it abjui'âre, et satisfactionem congruam exhibere, relinquendus est sa;cu- 
laris judicis arbitrio, debitaiii recepturus, pro qualitatefacinoris, ultionem. 
Qui si abjurare voluei'it, iinpendaturei beneficium absolutionis, et injun- 
gatur eidem quodinjungi talibus consuevit; et in caixerem, ad agendum 
pœnitentiam, includatur, pane doloris et aqua angusti^ ' sustentandus, 
ut commisja defleat, et flenda ulterius non conimittat. » Sic signatum : 
« D. Gastin'el». 



MaGISTER JOHANNES BASSETr, I.ICEMTIATUS I\ JURE CANONICO, Ol-FICIALIS 
ROTHOMAGENSIS, DELIBERAMT IK MODUM QUI SEQUITUR - : 

« Pauca vel nulla, reverendi patres et domini, domini in bac parte 
conjudiccs, in fidei tam grandi, tam ardua, tamque difficili matcria, 
potissinie quantum ad pro^tensas revelationes, de quibus fit mentio in 
articulis per vestrasdominationesmihi transmissis, aliquid dicere possum. 
Verunitamcn, pra;niissis protestationibus in talibus fieri consuetis, sub 
bcnigna quorum interest correctione, pro nunc niihi videntur dicenda, 
super eisdem articulis, eaquaî sequuntur : 

« Et primo, quantum ad ipsas revelationes pnutensas, dico quod, licet 
dicta istius mulieris super pra^missis articulis apud Deum sint possibilia ; 
tamen, quia dicta mulier ea non adstruit per operationcm miraculi vel 
sacrre Scriptunv testimonium, de quibus non constat evidenter, hujusmodi 
dictisetassertionibusdictiX-Miiulieris super eisdem prx'tensis revelationibus 
nuUatenus est credendum. » 

« Item, quoad dimissionem sui babitus muliebris, si tamen de boc non 
habuerit mandatum a Deo, quod non creditur, facit contra lionorem et 
honestatcm sexus mulieris, accoutra bonos mores 5. » 

« Item, et casu pr;x?misso in boc quod non voluit recipere eucbaristiam 
saltem scmel in anno, venit expresse contra determinationem et prx'cep- 
tum Ecclesix\ » 

« Item, et in hoc quodnoluitse submittere judicio militantis Ecclesinj, 
videturvenire contra articulum fidei, Unam satictam Ecclesiam catholicatii. » 

« Pra;missatamen semperintelligo, dummodo revelationes istaepra^tensaj 
a Deo non veniant, quod non credo. Imo, de istis et aliis ac dictispropo- 
sitionibus qualificandis et baptizandis, me refero judicio dominorum theo- 
logorum, ad quorum scientiam magis spectat ista determinare. Quantum 
ycro ad modum et formam processus istius mulieris, super quo delibe- 

I . Sur grattage en B. — 2. A LC en marge : Johaiwes Basseti. — 3. C omet mores 



\ 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 283 

randuni est, si mihi manifestetur et explicetur juxta capitulum ultinuim 
de H^ereticis in VI», pro module sensus, me, quamvis iiidignum ac juris 
ignarum, ofFero laboraturum juxta posse. » 

« Vester Johannes Basseti, licentiatus in decretis indignus, Officialis 
• Rothomagensis, sede archiepiscopali vacante. » Sic signatum ' : « Jo. - 
Basseti. » 



RevERENDUS in CHRISTO PATER, DOMINUS .i-:gidius, abbas sanct.e trini- 
TATIS FISCAMPXENSIS ', SACR.E THEOLOGLE DOCTOR, DELIBERAVIT CONFOR- 
M1TER AD PR.EDICTOS DOMINOS ET MAGISTROS, PROUT IN SCHEDULA 4, 
PROPRIA MANU SIGNATA, CONTINETUR, CUJUS TENOR SEQ.UITUR 5 : 

« Révérende pater ac praeceptor singularissime, humillima recom- 
mandatione priemissa cum promptitudine famulatus, vestriC paternitatis 
reverendissim* litteras heri recepi, hora quasi décima, sentcntialiter ^ 
continentes qualiter pra^fata reverenda paternitas vestra et Inquisitoris 
vicarius, sacrre theologiîe doctores in civitate Rothomagensi nuper exsis- 
tentes requisivistis quatenus, super articulis certis, materiam fidei tan- 
gentibus, deliberare doctrinaliter vellent ; quod et factum est. Cupit 
insuper jam pra^libata paternitas " rcverendissima meam super eisdem 
articulis deliberationem accipere. Sed quid, reverendissime pater ac pra;- 
ceptor singularissime, post tantos et taies quibus similes forsan non sunt 
reperibiles in orbe, ignorantia mea concipere posset, aut inerudita 
locLitio parturire ? Utique nihil. Sto igitur cum eis in omnibus et per 
omnia, et deliberatis concorditer per eos adha^reo, submissionibus pra:;- 
suppositis et protestationibus consuetis, signum manuale proprium 
apponendo, in testimonium pn\;missorum. Reverendissime pater ac 
pr:eceptor singularissime, si quce placent, mihi pr^ecipite, quoniam in 
mandatis vestris exséquendis, posse deficere poterit, non voluntas. Reve- 
rendissimam paternitatem vestram conscrvare dignetur Altissimus ad 
optatum, cum prosperorum successuum felicibus momentis. Scriptum 
Fiscampni, xxi. mensis aprilis. » 

« Vestrie reverendissinue paternitatis discipulus, abbas Fiscampn en- 
sis. » Sic signatum '^ : « M. Fiscampnensis. » 



i. A : signate. — 2. A : J. — 5. ABC en marge : Domiiius Fiscuiiipiiensis. — 
4. AB : scedula ; C : sediiLi. — 'y. A ajoute deveiho ad verbuui. — 6. O : suniiiia- 
liter. — 7. Sur grattage eji B. — 8. ^ ; sii:^iiate. 



284 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Magister jacobus Guesdon ', de ordine minorum, sacr.e theologi.e 

DOCTOR, DEL1BERAVIT CONFORMITER PROUT DICTI DOMINI ET MAGISTRI, 
SECUNDUM TENOREM SCHEDUL^ ^ MANU PROPRIA SIGNAT^, CUJUS TENOR 5 
SEQUITUR + : 

« Die mercurii, xiii. aprilis, comparuit coram domino Belvacensi 
venerabilis pater, magister Jacobus Guesdon, magister in theologia, de 
conventu Fratrum Minorum Rothomagi ; affirmans se cum dominis 
theologis et magistris hujus civitatis, in cappella archiepiscopali Rotho- 
magensi, in eadem cappella pro facto Johannit, quce vulgari nomine 
nuncupatur la Pucelle, congregatis, pro eoruni deliberationibus habendis 
super facto ejusdem, interfuisse. Qui omnes suam deliberationem 
sigillatim, sic etiam dictus magister Jacobus ejus opinionem cum ipsis, 
convenerunt in una et simili opinione ; cum quibus etiam stat idem 
magister Jacobus, et eorum opinionibus se adjungit. Et quia, alibi nego- 
tiaturus, petiit licentiam ab eodem domino abeundi ^ et recedendi ; ita 
tamen quod, totiens quotiens, paratus est in nogotio hujusmodi, ut 
tenetur, obedire, dum reversus fuerit in processu hujusmodi. » Sic 
signatum ^ : Ita est. Guesdon. » 

Magister johannes Maugicr ', canonicus ^ rothomagensis, licentiatus 

l\ JURE CAN'ONICO DELIBERAVIT CONFORMITER AD PR.EFATOS DOMINOS. 
ET MAGISTROS PROUT IN SCHEDULA '> SUA, PROPRIA MANU SCRIPTA, CON- 
TINETUR, CUJUS TENOR SEQUITUR «° : 

« Révérende pater, et vos, domine vicarie domini Inquisitoris, scire 
dignemini, si placet, me schedulam " vestram, cum omni humilitate et 
obedientia qua decet, récépissé; contenta atque quKsita in eadem per 
vos vidisse ; quinimo qualificationcs et opinionem reverendorum donii- 
norum et magistrorum, in sacra pagina notabilium professorum, etiam 
usque ad magnum numerum in unam sententiam et determinationem 
convcnientium, et ad dicta vestra qusesita responsiva '^. Quas siquidem 
determinatio sive eorum opinio mihi videtur bona, justa et sancta, atque 
amplectenda '> ; cum sacris canonibus ac sanctionibus canonicis et dictis 



i.ABC en marge : Jacobus Guesdon. — 2. AB : scedulx; C : sedulx. — 5. C omet 
ténor. — 4. C ajoute de verbo ad verhuni . — 5. ABC : haberi. — 6. A : signale. — 
7. ABC en marge : Johattnes Maugier. — 8. C ajoute ecclesix. — 9. AB : scedula ; 
C : sedula. — 10. AC : talis est. — 11. AB : sccduJani ; C : sediiLun. — 12. A •' 
responsura. — 13'. ABC : aniplectanda. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 285 

doctorum nostrorum mihi vidctur convenirc ncc discrepare. Idcirco, 
dictam opinionem dictorum dominorum et magistrorum meorum inse- 
queudo, ad eam me dctermino, et illam in omnibus et pcr omnia 
teneo, sub protestationibus tamen pcr cosdem dominos et magistros 
meos, in redditione dictit opinionis suiv, factis, et his quie in hujusmodi 
actu fieri consueverunt. » 

« Ad vestra bene placita paratus, Jo. ' Maugier. » 

MaGISTER JOHANNES BrULLOTI 2 LICEXTIATLS IN JURE CANONICO, CANTOR 
ET CANONICUS ECCLESI.K ROTHOMAGEXSIS, DELIBERAVIT CONFORMITER AD 
PR.F.DICTOS DOMINOS ET MAGISTROS, PROUT IN SCHEDULA 3, PROPRIA MANU 
SCRIPTA AC ^ SIGNATA SUO > SIGNO MANUALI, CONTINETUR, CUJUS TENOR 
SEQ.UITUR ^ : 

« Visis confessionibus et assertionibus per vos, reverendum patrem et 
religiosum virum, dominum vicarium domini Inquisitoris fidei, in regno 
Francia; ab apostolica sede deputati, pluribus aliis et mihi traditis in 
scriptis ; communicatione etiam habita cum pluribus, tam in jure divino 
quam humano, cxpertis et peritis ; quia, per revolutionem Ubrorum et 
gesta fœminie de qua tractatur,consideratis etiam quœ ad hoc me movere 
possunt, ad opinionem dominorum et magistrorum meorum, in jure 
divino peritorum, et in talibus materiis magis expertorum, et in magno 
numéro ad invicem concordantium, quia mihi videtur juribus canonum 
consona, me refero et determino, et in eadem opinione cum eis 
sto, cum protestationibus tamen in taHbus fieri consuetis. » Sic signa- 
tum ' : « J. Bruillot ^, Cantor et canonicus 9 Rothomagensis. » 

Magister nicolaus de Venderès 1°, licentiatus in jure canonico, 

ARCHIDIACONUS DE AUGO ET CANONICUS ECCLESI^ ROTHOMAGENSIS, 
DELIBERAVIT CONFORMITER AD PR^DICTOS DOMINOS ET MAGISTROS, PROUT 
CONTINETUR IN SCHEDULA", PROPRIA MANU SIGNATA, CUJUS TENOR 
TALIS EST : 

« Sub protestationibus in hujusmodi actibus fieri consuetis, et per 
dominos ac '^ magistros meos, in sacra pagina eximios professores, in 



I. A : Johannes. -^ 2. A en marge ; Jo. Bruillot; BC eu marge : Johani 
BruUoti. — 5. AB : scedula ; C : sedula. — 4. C omet ac. — 5. C : sub. ■ 
6. AC : lalis est. — 7. A : Signale. — 8. C .• BruUoli. — 9. C ajoute ecdesUt. ■ 
10. ABC ^n marge : Nicolaus de Venderès. — 11. AB : scedula; C : sedula. - 
\2.C:et. 



286 l'KOCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

redditione suai opinionis, factis ; quia dictam eorum opinionem, qualifi- 
cationes super assertionibus et confessionibus, per vos, reverendum 
patreni et dominum vicarium domini Inquisitoris, mihi missas vidi ; 
respondendo ad qutesita vestra, juxta facultatem a Dco mihi concessam, 
minus maie quam valeo, dicoet tenco quod ipsi domini et magistri mei 
bene, pie et mite in reddenda eorum opinione processerunt et se habue- 
runt; atque, per revolutionem librorum meorum, comperi dictam ipso- 
rum opinionem bonam, juridicam et rationabilem, quinimo sanctionibus 
canonicis non discrepantem, sed potius concordem, et, per consequens, 
videre meo, per me fore amplectendam ■ ; dominos ipsos et magistros 
meos insequendo, eorum opinioni in omnibus et per omnia me con- 
fïrmo. » Sicsignatum^ : « Servulus et cappellanus vester, N. > dk Ven- 

DERÈS. » 



Magister yKciDius de Campis •*, i.icektiatus in jure CIV11,I, cancel- 
LAR1US et canonicus ecclesi*; Rgthomagexsis, deliberavit confor- 

MITER i AD PR.KDICTOS DOMINOS ET MAGISTROS, SECUNDUM TENOREM 
SU.K SCHEDLL.E '' PROPRIA MANU SIGNAT.E, CUJUS TENOR SEQ.UITUR ' : 

« Révérende in Christo pater, vosque domine vicarie reverendi domini, 
domini Inquisitoris hivreticœ praevitatis ; super assertionibus quibusdam 
extractis per easdeni dominationes vestras, mihi missis super facto cujus- 
dam muUeris ; pnusuppositis submissionibus ac protestationibus in mate- 
ria fidei heri consuetis, nihil temerarie asserendo, in nulloque intendens 
divina; potestati derogare, omnibus consideratis et pensatis ; attenta et 
considerata caritativa monitione et multipHci sommatione ac electione 
sibi data, hesterna die, in priesentia venerabilis cœtus pra?!atorum ac 
doctorum utriusque juris, per easdem reverendissimas paternitates vestras 
et dominum archidiaconum Ebroicensem, ad hoc per vos dcputatum, de 
submittendo facta sua et dicta, in antedictis articulis et suo processu con- 
tenta, determinationi et ordinationi universalis Ecclesiœ, domini nostri 
Summi Pontificis, Concilii generalis aut quatuor notabiHum virorum, de 
sua obedientia Pictaviensisve * ecclesiaj ; (qu^e quidem sommationes et 
exhortationes sibi 9 factœ juste et rationabiliter factœ fuerunt, ut mihi 
apparet; ac per omnia média rationabilia, prœdicta; caritativœ monitiones 



I. AB : ampJectenditm ; C : ampJectanduvi. — 2. A : Signale. — 3, C : Nicolaus. 
— 4. ABC en mar'ge : ^Egidiiis de Campis. — 5. C omet conjhriiiiter. — 6. ABC : 
scediilx. — 7. AC : lalis est. — 8. BC : Pictavensisve. — 9. C / si. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 287 

et ' exhortationes, per vos laudabilitcr, ad honorem Dei, inceptne, mihi 
videntur debere continuari, pro sainte ipsius) : quibus antedictis attentis 
et responsionibus pcripsani datis, et pr^cipue quod pr^dictis exhortatio- 
nibus et élection! sibi datis nullo modo obtemperare voliiit ; nisi aliud 
mibi appareat et constet de correctione et emendatione suorum dicto- 
rum, aut alia san«ori interpretatione ; videntur mihi pnudictiï assertiones 
in iide fore suspectée, ac bonis moribus et canonicis sanctionibus adver- 
sari ; quanquam de qualificatione discretiori et clariori dictarum assertio- 
num, videntur mihi determinationes doctorum utriusque juris, videlicet 
theologiiu et decretorum, summe attendendie. Datuni anno Domini 
millesimo CCCC. XXXI., die tertia mensis niaii, sub signo meo manuali, 
hic apposito. » Sic signatum - : k Ai. de Campis. » 

Magistkr Nicolaus Caval ?, licentiatus in jure civili, canokicus 

ECCLESI.E R0THOMAGENSIS, DELIBERAVIT CONFORMITER AD PRvEDICTOS 
DOMINOS ET MAGISTROS, SECUNDUM TENOREM SCHEDUU-: -^, PROPRIA 
MANU EJUS SCRIPT .E, CUjUS TENOR TALIS EST I 

« Visis per me assertionibus per vos, reverendum in Christo patreni 
et dominum, dominum episcopum Belvacensem, et dominum vicarium 
domini Inquisitoris, mihi missis, sub signis notariorum publicorum ; 
visaque et audita opinione concordi plurimorum notabilium magistorum 
in sacra pagina, in magno numéro, et aliorum, vestrœ reverenda: pater- 
nitati data : quia dicta eorum opinio, judicio meo, est sanctionibus cano- 
nicis consona, dictas eorum opinioni me adjungo, sub correctionibus 
tamen vestris, et protestationibus in talibus fieri consuetis. » 

« Vester humilis Nicolaus Caval, ecclesiiu Rothomagensis cano- 
nicus. » 

MaGISTER RoBERTUS BaRBERII 5, LICENTIATUS IN JURE CANONICO, CANO- 
NICUS ECCLESI.E RhOTHOMAGENSIS, DELIBERAVIT CONFORMITER AD PR.E- 
DICTOS DOMINOS ET MAGISTROS, SECUNDUM TENOREM SCHEDUL.E ^ MANU 
SUA SIGNAT.K, CUJUS TENOR EST 7 TALIS ^ : 

« Assertionibus illius foeminiv, mihi ex parte vestnt^ reverendissimae 
paternitatis, domine mi metucndissime domine episcope, et dominatio- 



I. BC omettent ^/. — 2. A : Signnte. — 3. AB en marge : Xicohuts Caval. — 
4. AB : steJiiJx : C : sahilœ. — 5. ABC en marge : Robertus Barhcrii. — 6. B : 
sccdnlx: C : scdiilx. — 7. Cornet est. — '&. C ajoute esse perhiheiur . 



288 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

nis vesti'it, domine vicarie domini Inquisitoris, mihi traditis, visis una 
cum certis qualificationibus per nonnullos dominos et magistros, sacrée 
thcologiiE professores, factis in ipsa materia ; habita ctiam deliberatione 
cum eorum aliquibus et nonnuUis in jure canonico expertis : ad opinio- 
ncni dictorum magistrorum in theologia, vobis traditam, nie refero et 
determino pro pi'c-esenti, salvis tamen protestationibus ïn materia fidei 
fieri consuetis. Judicio enim meo modico, et salvo alio judicio meliori, 
assertiones pra.^dictaa, pro bono materiae et justiliicatione processus, sunt 
matri nostra; Universitati Parisiensi, et praocipue Facultati theologia: ac 
decretorum, mittendae, et eorum opiniones habendit% antequam in mate- 
ria concludatur. >■> Sic signatum : « Barberii. » 

MaGISTER JoHANNHS Ad-En'SEM ', LICENTIATUS IX JURE CIVILI, CAN'ONICUS 
ECCLESI.E ROTHOMAGEKSIS, DELIBERAVIT CONFORMITER AD S.EPEDICTOS 
DOMINOS ET MAGISTROS, PROUT IN SCHEDULA ' SIGNO SUO MANUALI, 
PROPRIA MANU SCRIPTA, CONTIXETUR, UT SEQUITUR : 

« In Christo patri reverendo dominoque meo metuendo ', domino 
episcopo Beivacensi, in pritsenti materia judici ordinario; vobis ctiam, 
vcnerabili patri, magistro + Johanni Magistri, vicario domini Inquisitoris, 
reverentiam cthonorcm cum omni promptitudine famulandi. Quia mihi 
non digne nec in minoribus sufficienli mandastis et postmodum me 
requisivistis, et sub pœnis juris, quatenus, infra diem jovis proximo > 
futuram (hanc dilationem unam pro omnibus mihi pra;figentes, lumu, 
XVI. aprihs, anno Domini millesimo CCCC. XXXI,), darem vobis in 
scriptis deUberando, scilicet, utrum assertiones in articulis mihi jam cum 
primo mandato missis, aut earum aHquit, sint contra lidem orthodoxam, 
aut in ea suspectée contra sacram Scripturani, contra determinationem 
sacrosanctie Romanœ Ecclesia;, contra determinationem doctorum 
ab Ecclesia approbatorum, sanctiones canonicas, scandalosae, temera- 
riae, injuriosa;, criminibus involutas, contra bonos mores vei quo- 
vismodo offensivae ; aut quid in judicio fidei venit dicendum : ego, 
Johannes Ad-Ensem, filius obedientias, licet mex capacitatis possibilitas 
non tanta sapiat, ne tamen videar inobediens (quod absit), sub protesta- 
tionibus per reverendos patres et dominos meos et magistros, dominos 
theologos ^, qui materiam mehus me digesti sunt, factis et vobis per 

I . ^ en marge : Johannes De (jic)-Ensem ; BC en marge : Johannes Ad-Ensem. — 
2. AB : sceduht ; C :, sedtila. — 5. AB : incluendissimo. — 4. C :fratri. — 5. AB : 
proxunam. — b. Q : theologix. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aKC 289 

ipsos traditis in scriptis, credo et tenco assertiones et propositioncs, 
niissas per ipsos et traditas, bene, débite, juste ac sancte, et, sicut mihi 
videtur, juxta cauonicas sanctiones qualificatas. Quare, ad eorum delibe- 
rationem et opinionem me referre debeo, sicut et refero et adhasrere 
volo. Si autem cum Universitate matre nostra Parisiensi, Facultatibus 
theologias et decretorum, aut earuni altéra ', deliberationem habueritis, 
vel contingat vos habere, ad earum vel ejus deliberationem me reducere 
minime tamen secludo ; sed potius earum vel ejus, ac - etiam sancta; 
Romamv Kcclesiic et sacri Conciiii generalis determinationi me sub- 
mitto. » Sic signatum : « J. > Alespée. » 

MaGISTER JoHANNES HuLOTI de CaSTELLIONE 4, ARCHIDIACONUS ET CANO- 

Nicus Ebroicensis, in sacra theologia doctor, deliberavit confor- 

MITKR AD PR.HNOMINATOS DOMINOS ET MAGISTROS, SECUNDUM TEXOREM 
SCHEDUL.H ), PROPRIA MANU SIGNAT.E, CUJUS TENOR SEQ.UITUR : 

« Protestationibus in talibus fieri consuetis, dico concorditer et confor- 
miter cum pr^edictis sacrœ theologias professoribus, in nullo ab eis dis- 
crepando, quod, qualitate personas, dictis, factis suis ^, etc. Et ha^c dico 
sub correctione illorum ad quos pertinet déviantes reducere in viam 
veritatis, [sub] protestationibus et submissionibus pr^efatis, et sub signo 
meo et de manu propria, in testimonium prasmissorum, juxta formam 
requisitionis. » Sic signata : « Johannes de Castellione. » 

Magister Johannes de Bouesgue ~, doctor in theologia, eleemosyna- 

RIUS FiSCAMPNENSIS 8, DELIBERAVIT IN MODUM QUI SEQ.UITUR ; ET EST 

TALis -y : 

« Ego, Johannes de Bouesgue, doctor 'o in thelogia in Universitate Pari- 
siensi a XXV annis citra, et eleemosynarius venerabilis monasterii Fis- 
campnensis ; attentis bis qui^ supra scripta sunt de dicta fœmina et con- 
tra dicta et facta sua ; qualité personne, modisque apparitionum et revela- 
tionum, etc. ; censendum, etc." schismaticam ■- de unitate, auctoritate 



I. ABC : alteii. — 2. C ; aut. — 5. C : Johannes. — 4. A : Johan>ies de Cuitcl- 
lione ; B en marge: Jo. de Castellion ; C en marge : Johannes de Castellione. — 5 . AB : 
scedulx; C : sedulx. — 6. Le reste comme dans la délibération des seize consul- 
teurs. Voyez plus haut page 280. — 7. Q : Bonesgue. — 8. ABC en marge : 
Elemosynarius Fiscampnensis. — 9. A : et sub bac forma; C omet ei est talis. — 
10. B : magister. — 11. Voyez page 280. — 12. ABC : scismaticam. 

Procès de Jeanne d'Arc 19 



290 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

et potestate Ecclesiai, et in h^eresim lapsam, attenta ejus pertinacia, 
attentis his qua; dicit de sancto Michaele, sanctis Margareta et Katharina, 
de sacramento eucharistias, etc. ; quod omnia facit de mandate Dei, etc. 
Quare puniatur et tiat de ea justitia, ad honorem Dei et fidei exahatio- 
nem. » Sic signata : « J. de Bouesgue. » 



MaGISTER JOHANNES GUARIN S DECRETORUM DOCTOR, CAXONICUS ECCLESI.i; 
ROTHOMAGENSIS, DELIBERAVIT CONFORMITER AD DOMINOS ET MAGISTROS, 
SLPERIUS NOMIXATOS I\ INSTRUMENTO PLBLICO, PROUT CONTINETUK IX 
SCHEDL'LA -, SfA MAXU SIGNATA l 

« Révérende pater ac domine, miseratione divina Belvacensis episcope, 
et vos, frater Johannes Magistri, vicarie Inquisitoris, etc., noveritis me 
cum reverentia et honore certas propositiones, in quodam codicillo > 
contentas, per vos mihi transniissas, récépissé, easque vidisse et contenta 
in eisdem, ac doctores sacrorum canonum juxta cas, niodico intellectu 
meo, studuisse super his ; postmodum cum doctoribus tam juris divini 
quam humani, et aliis quam plurimis in dictis juribus peritis, insimul 
congregatis, audiendo qualificationes reverendoruni magistrorum nostro- 
rum, in sacra theologia eximie professorum, super dictis propositionibus 
etassertionibus, in magno numéro specialiter congregatorum, singulas sin- 
gulis comparando, prout juris est, contulisse ; dictasquc qualificationes, 
modico judicio meo, a determinatione sacrosanctœ Romana; Ecclesiie, 
determinatione doctorum ab Ecclesia approbatorum et sanctionibus cano- 
nicis aut alias, secundum sacrorum canonum doctrinam, non discrepare; 
imo potius sacris canonibus esse consonas. Quamobrem, cum protesta- 
tionibusdictorum reverendoruni magistrorum nostrorum iu prœsenti mate- 
ria factis ac etiam decretorum doctorum quorum minimus sum, in tanta 
et tali materia lieri consuetis : in opinione dictorum magistrorum nostro- 
rum, sic qualificata, tanquam juridica, rationali et, modico judicio meo, 
sacrorum canonum doctrintis consona, sto ; libentique animo mandatis 
Ecclesix' et vestris in omnibus, posse tenus, semper parère promptissi- 
mus. » Sic signata : « Vester in omnibus, Jo. Guarix K » 



i. A : Giiarini ; C : Gucrini; B en marge : Johannes Guarin ; C en marge : 
Johannes Gucrini. — 2. JBC : scedula. — 3. ABC : codicello. — 4. AB et Q : 
]. Gmiu. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 29 1 

\'eNERABILE CapITULUM ECCLESI.1-: RoTHOMAGENSIS ' DEI.IBERAVIT PER HUKC 

MODUM : 

« Cum vos, révérende pater, vosque venerabilis domine, domini Inqui- 
sitoris hiT^reticc-e pravitatis vicarie, nos, Capitulum ecclesiœ Rothoma- 
gensis, in favorcm fidei, requisieritis salubre darc consilium super non- 
nullis asserlionibus extractis et elicitis ex confessatis et dictis cujusdani 
mulicris, vulgariter la Piicelle nuncupatae; utrum videlicet hujusmodi 
assertiones aut earum aliquœ, attentis omnibus et consideratis, sint 
contra fidem orthodoxam, etc., aut qualiter venirent fidei judicio censen- 
div, prout in pro:\ïmio schedulœ^ dictarum assertionum latius contine- 
tur ; ac pro tune, granditate materiœ pensata, responsum dare distuleri- 
nius, cupientes pro tutiori et firmiori dando per nos consilio, consulta- 
tionem, deliberationem et determinationeni pneclaras Universitatis Pari- 
siensis, maxime Facultatum theologiit et decretorum ejusdem pnehaberi ; 
deinceps vero, visis et attente consideratis determinationibus quam plu- 
rium doctorum sacrât theologise in hac civitate exsistentium, ac quadam 
celcbri conventione prielatorum, doctorum théologie et juris canonici, 
licentiatorum in utroque jure, videlicet, canonico et civili aut altero, 
aliorumque virorum scientiticorum in jure divino et humano experto- 
rum, secunda die hujus mensis maii, per vos, in eadem prajsidentes, 
solemniter celebrata; in qua, quamplurimis dulcibus et piis monitioni- 
bus, caritativis exhortationibus atque sommationibus eidem (œminse tum 
per vos, tum etiam per venerabilem dominum, dominum arcbidiaconum 
Ebroicensem, sacrée theologiix; professorem eximium, ad hoc specialiter 
vestra auctoritate et ordinatione commissum, factis, ut, pro salute ani- 
mas et corporis ipsius mulieris, ad honorem et laudem Dei et fidei catho- 
licce reparationem, lacta et dicta sua indecentia corrigere vellet et emen- 
dare, eademque dicta et facta, ut decet quemlibet catholicum, submitte- 
ret judicio et determinationi universalis Ecciesiie, domini nostri Summi 
Pontificis, Concilii generalis et aliorum prœlatorum Ecclesi^e ad quos 
spectare posset, aut etiam quatuor notabilium et scientificorum virorum 
ecclesiasticorum de temporali obedientia et dominio suie partis, docto- 
rum et aliorum pra;nominatorum ibidem tune exsistentium acquiescendo 
consilio ; quas siquidem justas monitiones, exhortationes atque somma- 
tiones caritativas pn'edicta fœmina nullo modo suscipere aut eisdem 
acquiescere voluit, sed cas sibi zelo suas salutis animée et corporis instan- 

I. ABC en marge : Capitulum Rothomagense. — 2. AB : sceJulx; C : sedulx. 



292 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DARC 

tissime multotiensque oblatas, damnabiliter et perniciose totiens sprevit 
et repulit ; pra^dictorum Ecclesice, Summi Pontificis et cujuslibet alio- 
rum saspedictorum penitus recusando subire determinationem et judi- 
cium ; non obstantibus expositione et declaratione suorum defectuum et 
errorum ac etiam discriminis damnationis perpétuée, cui se exponebat, 
clai'issime eidem ostensis : hinc est quod, prit-suppositis submissionibus 
et protestationibus in tali materia fidei fieri consuetis, dicimus in fovo- 
rem ejusdem fidei quas sequuntur : videlicet, quod detcrminationes et 
qualificationes datœ per doctores theologiœ prœnominatos, super dictis 
assertionibus, mite, juste et rationabiliter factas fuerunt ; ipsisque adh^e- 
remus una cum eisdem, addentes quod, pra3dictis monitionibus, somma- 
tionibus, exhortationibus caritativis et declarationibus ac etiam respon- 
sionibus et recusationibus ipsius mulieris attentis et pensatis cum perti- 
nacia animi sui, nobis videtur censenda fore Invretica. Acta fuerunt ha^c 
in Capitule nostro, anno Doniini millésime CCCC. XXXi., die un. 
mensis maii. » Sic sio^nata : « R. Guerouldi '. » 



MaGISTRI AuBERTUS MoRELLI et JoHAN'NES de QlEMINO -, LICENTIATI IN- 
JURE CANONICO, ADVOCATI CURIiE OFFICIALIS ROTHOMAGEXSIS, DELIBE- 
RAVERUNT 5 IN HUXC MODU.M : 

« Sub protestationibus solitis fieri in materia fidei, nos submittentes 
correctioni dominorum nostrorum judicum, aliorumque doctorum in 
sacra pagina, cœterorumque juris pcritorum, quibus decet materiam 
istam enucleare ; videtur nobis dicendum : primo, videlicet quantum ad 
revelationes prastensas, quod, de jure scripto, licet dicta pr;vtensa istius 
mulieris super priemissis articulis apud Deum sint possibilia ; verum- 
tamen, quia dicta mulier ea non adstruit ■» per operationem miraculi vel 
sacrae Scripturae testimonium, de quibus non constet evidenter, dictis et 
assertionibus hujusmodi dicta; mulieris non est credendum. Item, quan- 
tum ad dimissionem habitus mulieris >, dum tamen non habuerit mandatum 
a Deo (quod non est credendum, tum quia sola, tum quia in re propria 
fecit, contra honorem et decentiam sui sexus et contra bonos mores), et 
ob hoc débite monita, si contemnat, fuit et est excommunicanda sive 
anathematizanda ^. Item dicta mulier, cessante causa rationabili et de 



I. jQ; Gneroiild. — 2. ABC en marge : Aubertus Morelliet Johannes de Queviino. 
— y. Q : deliberavi'iaut. — 4. ABC : astruit. — 5. C ; mtiliebris. — 6. Q : ana- 
theiiianda. 



PROCES DR CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 293 

consilio proprii saccrdotis, ad tempus tenetur recipere sacrameiituni 
eucharistiie saltem semel in anno ; alias, dicta mulier venit contra deter- 
minationem et pr;vceptum Ecclesiif. Item dicta mulier tenetur se sub- 
mrttere judicio Ecclesiit militantis ; et, super hoc competenter monita, 
nisi hoc fecerit, ipsa videtur venire contra articulum fidei, Unam sanclam 
Ecclesiam catholicam. Pr/EMissa intelligimus, dummodo revelationes istae a 
Deo non venianl. Et de istis et aliis propositionibus et assertionibus et 
pr;vtensis aliis qualificandis et baptizandis, nos referimus judicio domi- 
norum theologorum, ad quos magis spectat. Ex quibus videtur nobis 
quod materia ista est suspecta in tide, contra bonos mores, contra deter- 
minationes Ecclesiae, etiam scandalosa et seditiosa, reddens suum acto- 
rem suspectum in fide, si pertinaciter defendat materiam pnesentem. Et 
ob hoc puniendam pœna carceris perpetui, pane doloris et aqua angus- 
tias sustentandam ', ut commissa defleat etflenda ulterius non committat, 
vel alia pœna extraordinaria, arbitrio dominorum judicum moderanda. » 
Sic signate ^ : « A. Morrelli. J. de Quemiko. » 



UXDECIM ADVOCATI CURI.E RoTHOMAGEXSIS î, QUORUM ALIQUI SUNT LICEN- 
TIATI IX CAXONICO, ALII IN CIVILI, ET 4 ALII IN UTROQUE JURE, DELI- 
BERAVERUNT IN MODUM QUI SEQUITUR, PROUT PATET IN INSTRUMENTO 
SUPER HOC CONFECTO; ET QUORUM NOMINA SEQUUNTUR : GUILLELMUS 
DE LiVÉTO, PeTRUS CaRRÉ, GuEROULDUS PoUSTELLI >, GaUFFRIDUS DE 

Croteio ''% RicARDUs DE Salicibus, Burellus de Cormeliis, Johannes 
DuLCis, Laurentius de Busco ", Johannes Columbelli, Radulphus 
Anguy ^, Johannes Tabernarii. Sequitur ténor dicti instrumenti : 

« In nomine Domini, am&n. Noverint universi hoc prii^sens publicum 
instrumentum inspecturi quod, anno ejusdem Domini millesimo CCCC. 
XXXI, indictione nona,mensisaprilis die penultima, pontificatus sanctis- 
simi in Christo patris et domini nostri, domini Martini, divina providen- 
tia 9 Papae quinti, anno decimo quarto; in cappella seu oratorio manerii 
archiepiscopalis Rothomagensis congregatis et exsistentibus venerabi- 
libus et circumspectis viris advocatis curise archiepiscopalis Rothomagen- 
sis in numéro undecim, nominibus et cognominibus eorumdem in isto 
instrumento non expressis, et, ex 'causa jurisperitis, sub pœnis juris 



i. A : sustentandi. — 2. O: Signatiwi. — ■^.ABC en marge : À7 advocati ciirix 
Rothomagensis. — ^ . A omet et. — 5. C : PosteUi. — 6. AC : Croteyo. — 7. S et 
O : Biislo. — 8. O : Aii^iiw — 9. C : clenientia. 



294 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

requisitis a parte reverendi in Christo patris et domini, domini Pétri, Dei 
^ratia episcopi Belvacensis, et religiosi viri, fratris Johannis Magistri, 
vicarii domini Inquisitoris, deliberandi super certis articulis per ipsos 
dominos judices eisdem advocatis transmissis, et eorum deliberationes 
eisdem dominis judicibus, infra diem lunte proximam, transmittendi in 
scriptis, prout h?ec et alia in quadam schedula ' papyrea, signis manua- 
libus dominorum Guillelmi Colles, alias Boisguillaiiiiie ^, ac Guillelmi 
Manchon, presbj'terorum, notariorum publicorum, signala, \idebantur 
contineri; in meique, notarii publici, et testium infrascriptorum, ad hitc 
vocatorum specialiter et rogatorum, prœsentia personaliter constitutis 
dictis dominis advocatis, qui parati mandatis dictorum dominorum judi- 
cum pro posse parère et obedire, et nolentes pœnasjuris incurrere, sed, 
tanquam veri obedientia; filii, unanimi consensu et una voluntate, nullo 
discrepante super hujusmodi articulis, modo et forma inferius scriptis, 
deliberaverunt in hune modum : 

« Sub benigna reverendorum patrum et dominorum, dominorum con- 
judicum 5, et omnium aliorum quorum interest correctione, licet pauca 
aut nulla in tanta tamque ardua materia, de quibus in articulis pcr ves- 
tras dominationes nobis transmissis, dicere valcamus aut in scriptis tra- 
dere ; verumtamen, sub protestationibus in tali materia fieri consuetis, 
nobis videtur in materia esse dicendum : et primo, quoad rcvelationes, 
de quibus in dictis articulis fit mentio, quod, licet dicta [pnvtensa istius] 
mulieris, super articulis traditis, apud Deum sint possibilia, eidem tamen 
mulieri non est credendum, cum dicta sua non adstruat per operationes 
miraculi vel testimonio sacrae Scripturte. Item, quoad dimissionem habi- 
tus mulieris et recusationem resumptionis ejusdem habitus, videtur quod 
ipsa fecit primo contra honorem sexus muliebris ; item quod potest 
moneri reassumere habitum muliebrem, alias, contra ipsam potest pro- 
cedi ad sententiam excommunicationis, nisi super hoc habuerit manda- 
tum a Deo, quod non est pra;sumendum. Item, in hoc quod dicit quod 
praediligit carere communione eucharistiîe Christi, tempore quo fidèles 
communicare consueverunt, quam dimittere habitum virilcm, in hoc, 
prout videtur, expresse facit contra sacras sanctiones, cum quilibet fide- 
lis semel in anno teneatur recipere eucharistie sacramentum. Item, quia 
non vult se submittere judicio Ecclesire militantis, videtur venire contra 
articulum fidei Uiiam sanclam, etc. 4, ac juris determinationcm. Et 



I. AB : scedula :.seiUilii. — 2. AC : Boscguillaume. — 3. C : judicum. — 4. AC 
omettent elc. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 295 

suPRADicTA semper intelligimus, ut diximus et declaravimus, nisi reve- 
lationes assertas a Deo veniant, quod non est verisimiliter credendum . 
Verumtamen de istis et aliis propositionibus qualificandis et determinan- 
dis, in articulis et processu contentis, referinius nos judicio dominorum 
theologorum a\mx matris Universitatis Parisiensis, ad quorum scicntiam 
convenientius spectat ista determinare. » 

a De et super quibus prc'emissis omnibus et singulis, dicti domini 
advocati in pra'dicto numéro congregati, quorum nomina et cognomina 
pênes me, notarium publicum, retinui, petierunt a me, notario publico 
subscripto, sibi tieri et tradi publicum instrumentum, unum aut plura. 
Acta fuerunthiiïcin dicta cappella, hora de mane, anno, indictione, mense, 
die etpontificatu pntdictis; prassentibus ad hase discretis viris dominis ', 
Petro Cochon et Simone Dani, presbyteris, notariis juratis dictas curiae 
archiepiscopalis Rothomagensis, testibus ad pn^missa vocatis specialiter 
et rogatis. « 

« Et ego, Guillelmus L^rn/s", presbyter Rothomagensis diœcesis, publi- 
cus auctoritate apostolica et imperiali curiasque archiepiscopalis Rothoma- 
gensis notarius, et in ea testium examinator deputatus, prasmissis omni- 
bus et singulis, dum sic, ut prasmittitur, per dictos dominos advocatos 
dicerentur et fièrent, loco, die et hora prasdictis, prassens fui cum testibus 
pricdictis; eaque sic fieri et deliberari vidi et audivi et in notam recepi. 
Ideo huic prassenti publico instrumente, manu mea scripto, signum 
meum solitum apposui, me hic subscribendo, requisitus et rogatus, in 
testimonium veritatis prœmissorum. « Sic signatum : « G. Lecras. » 

ReVEREN'DUS in ChRISTO PATER DOMINUS PhILIBERTUS EPISCOPUS 
CONSTANTIENSIS ~, DELIBERA VIT, IN HUNC MODUM : 

« Reverendo in Christo patri et domino, domino, Petro, Dei gratia 
Belvacensi episcopo, domino meo carissimo. Révérende in Christo pater 
et domine, cordiali recommendatione praemissa, litteras paternitatis ves- 
tr;\." reverend;\s, ad hanc civitatem, me absente, delatas, recepi, una cum 
quodam quaterno, confessionem et assertiones cujusdam foeminee in XII 
articulos divisas [continente], signisque manualibus trium notariorum 
sigilloque regio signato. Et, prout perpendere ex iisdem 3 articulis valui, 
fœmina pnvdicta asserit angelos Michaelem et Gabrielem cum multitu- 
dine angelorum, sanctasque Katharinam et Margaretam sibi apparuisse. 



\. C : domino. — 2. ABC tn marge : Domimis episcopiis Constant ieiisïs. — 3. C ; 
hits. 



296 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

et quandoque apud arborem fatalem; et ipsas Sanctas corporaliter teti- 
gisse ; ipsamque confortasse, et allocutam ' fuisse et fréquenter, eisdem- 
que Sanctis virginitatem se servaturam promisisse; dictasque Sanctas 
eidem fœminit de mandato Dei dixisse quod ad ccrtum principem acce- 
deret, et quod ejus auxilio magnum dominium recupcraret; ctiam quod 
habitum viri assumeret et portaret, quem assumpsit et portât; quod dic- 
tuni principem adiit, Michaele angelorumque multitudine et dictis sanc- 
tis eam associantibus, corona pretiosissima perangelum eidem régi data; 
quodque ex revelatione scit se de carceribus evasuram, et Gallicos factu- 
res in ejus societate pulchrius factum quod unquam in tota christianitate 
factum fuit; et quod, si in habitu viri esset cum Gallicis, sicut erat ante 
suam captionem, hoc essel unum de maximis bonis quod evenirc posset 
toti regno Franciiv; et ab eo arma cum exercitu reciperet; ac etiam litte- 
ras mand.itorias pluries fecit et, in quibus [cum] Jhesus aut Maria, vel 
signum crucis inserebatur, nolebat tieri quod quemandabatur per eam; in 
aliis sub comminatione mortis prascipiebat, si qua: mandabat; quodque 
se prœcipitavit de turri contra prohibitionem sanctarum Katharinas et 
Margarcta:, quod fuit magnum peccatum, sed tamen per confcssionem 
dimissum ; et hoc scit ex revehitione ; se tamen pr;vcipitavit, malens 
mori quam esse in manibus inimicorum et viderc destructionem villae 
Compendii ; et quod mallet mori et communione sacra carere, quam 
habitum viri dimittere ; quodque nullum peccatum mortale se commisisse 
crédit, scitque se certam esse de salute animas suae ac si jam esset in 
regno cœlorum; quodque de quibusdam mère contigentibus, certam 
habet notitiam ac si ea actu yideret; et insuper scit, ut asserit, et per 
revelationem dictarum Sanctarum, quod Deus diligit quosdam viatores, 
certes et nominatos, plus quam ipsam; et praiterea, asserit dictis ange- 
Hs et sanctis Katharinîe et Margaretas reverentiam exhibuisse, caput dis- 
cooperiendo, genua flectendo et terram qua gradiebantur osculando ; 
quodque securam et certam se dicit quod dicta; revelationes a Deo pro- 
cedunt, et hoc firmiter crédit sicut crédit fidem catholicam, et quod 
Dominus noster Jhesus - passus est pro salute nostra; et quod, si Ecclesia 
vellet quod aliquid faceret contra pra;ceptum sibi factum, non faceret 
illud pro quacumque re, imo ei esset impossibile ; et benc scit quod ea quœ 
in suo 5 processu continentur a Deo veniunt ; neque de his se vult referre 
ad determinationem Ecclesiit militantis aut quemcumque hominem, sed 
adDeumcujus pr^ecepta, praecipue quoad materiam revelationum, faciet. 



\. A : alloquutam. — 2. A ajoute Cbristus. — 3- O •' l^oc. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 297 

Et hase sunt quiv taliter qualiter, révérende pater, elicere valui ^ex jam 
dictis articulis extractis ex processu original!, juridice ', ut existimo ^, 
facto ; cum reverendam vestram paternitatem tamque doctos et expertos 
dominos et magistros, per eamdem in hac materia accitos3, a tramite 
veritatis, pntscrtim in hac materia, déviasse usquequaque non sit praesu- 
mendum. Et licet, post doctissimam exactissimamque hujus rei deductio- 
nem, quidquam ^ per me validum aut s praemeditalum in hac materia 
explicari [non] valeat, quod minus maie sentio super his eidem pater- 
nitati vestram reverendce hoc*' exigenti et mandanti coactus reserabo; qua- 
lificatione cujusiibet assertionis omissa, ne videar Minervam velle 
docere. Profecto, révérende pater, fœminam hujusmodi existimo 7 habere 
spiritum subtilem, ad malum pronum, diabolico instinctu agitatum, 
Spiritusque Sancti gratia vacuum. In ipsa enim duo signa illa quae, teste 
beato Gregorio, gratia Spiritus Sancti^ personam repletam testantur, 
videlicet, virtutem et humilitatem, nullatenus conôurrere manifestum est, 
si débita consideratione dicta ejusdem mulieris attendantur. Q.uinimo et 
ejus assertiones (salvo semper meliori judicio), videntur quidam con- 
traria; catholicas fidei, et hjereticœ aut saltem de h^eresi vehementer 
suspectas; et h^ et alia; vana^, superstitiosce, scandalosa;, pacis reique 
publics turbativœ, multipliciterque et forsitan plus 'quam exprimi valeat 
ofFensiva; et periculosœ. Quœ quidem assertiones, oculis conniventi- 
bus, absque justitite remedio opportuno dissimulandiç aut pn\;termitten- 
da;, nec earum, prout justitia suadet, exsecutio protelanda esse viden- 
tur; licet nonnuUi ad aliud judicium forsitan, discussionem et decisio- 
nem hujus causas remittendas opinarentur. Quas quidem fœmina, etiamsi 
revocandas assertiones revocare voluerit, sub fida tutela conservanda 
videretur, donec, prout opus est, de ejusdem correctione et emenda- 
tione sufficienter apparuerit. Sin autem revocare qux sunt revocanda 
voluerit, videtur de ea esse faciendum ut de pertinaci contra fidem facien- 
dum fore constat; semper salvo judicio meliori. Et ho^c sunt, révérende 
pater et domine, quae, cum omni emendatione meliori in hac materia, 
mihi ad pra^sens occurrunt dicenda. Paratus? ad exsequenda qureque 
grata eidem vestra; paternitati reverendae, quam votive et féliciter con- 
servare dignetur Altissimus. Scriptum Constantiis, quinta die maii. 
Ejusdem paternitatis vestrîe révérends suus in omnibus, Phiijbertus, 
episcopus Constantiensis. » Sic signatum : « Saintigny. » 



I . AC : jurisdice. — 2. C : estima. — -^. AC : ascitos. — 4. ABC : qiiidquid. — 
5 . AB : non. — 6 Oomet ])oc. — 7. AC : extimo. — 8. ^ ; Sancti Spiritus. — 
9. A ajoute sudi. 



298 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

ReVERENDUS in ChrISTO PATER, DOMINUS EPISCOPUS LeXOVIENSIS ' 
DELIBERAVIT IN HUNC MODUM ! 

« Reverendo in Christo patri ac domino, domino Petro, Dci et apos- 
tolicœ sedis gratia episcopo Belvacensi, ac magoi^ circumspectionis et 
scientiœ viro magistro Johanni Magistri, domini Inquisitoris hrereticœ 
pravitatis vicario, Zanonus eadem gratia episcopus Lcxoviensis, salutem 
in Domino; et requisitionibus vestris libenti animo acquiescera. \'^estras 
missivâs litteras, révérende pater et domine, cum nonnullis confcssatis 
assertionibus in processu cujusdam fœminns, quam Puellam vulgus appel- 
lat, in forma articulorum incodice papyri redactis, nuper facto, ex parte 
vestra mihi transmissas, non minus animi puritate quam qua decuit reve- 
rentia noveritis me récépissé. Quibus visis, mature consideratis et exami- 
natis, eosdem articulos una cum judicio seu opinione mea, in his sub 
signeto meo vobis remitto interclusos. Datum Lexoviis, die xiiii. mensis 
maii,anno Domini millesimoCCCC. XXXI. w Sicsignatum : « Anglici ». 

« Quanquam, révérende pater, difficillimum sit certum stabilire judi- 
cium in materia apparitionum et revelationum contenta in articulis, mihi 
per paternitatem vestram sub signis authcnticis certorum notariorum 
transmissis, cum, juxta Apostoli sententiam, « animalis homo non perci- 
pit qu;t spiritus Dei sunt, nccest qui sensum Domini noverit aut fuerit 
ejus consiliarius » ; qnod tamen, sicut ponit Beatus Augustinus in libro 
De spiritu et anima, in hujusmodi visionibus sive apparitionibus, anima 
saspe fallitur et illuditur, quia ea qux- videt, aliquando vera, aliquando 
falsa sunt, et aliquando bonus, aliquando malus illam assumit spiritus ; 
nec facile discerni potest a quo spiritu assumatur; idcirco, cuilibct sim- 
pliciter et nude asserenti se a Deo missum ad aliquod secrctum et invisi- 
bile Dei judicium in sasculo manifestandum, minime est fuies adhibenda, 
nisi per apparitionem aliquorum signorum et miraculorum, vel alicujus 
scriptur?e speciali testimonio (hoc ponit decretalis, Cum ex injuncio, de 
Hi\;reticis) ; nullae autem conjecturas nec apparentiae exteriores, nec ulla 
signa mirje sanctitatis vel singularis vitas mihi constiterunt, per quœ sit 
privsumendum quod Deus spiritum prophétique in hanc mulierem infude- 
rit, in cujus virtute tôt miranda opéra egerit, sicut se jactat : His igitur 
consideratis, ego Zanonus, episcopus Lexoviensis, prannissis protestatio- 
nibus et submissionibus in similibus materiis fieri consuetis, habita prius 
matura consultatione et deliberatione; dico quod, attenta vili conditione 

I. ABC en marge : Domiuus episcopus Lexot'iensis. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 299 

personae, fatuis et aliquibus prcesumptuosis assertionibus ipsius mulieris, 
forma etiam et modis per quos suas visiones et revelationes affirmât 
habuisse, et quibusdam aliis dictorum et factorum suorum circumstantiis 
verisimilibus pensatis : pra^sumendum est ipsas visiones et revelationes- 
non ab ipso Deo per ministerium Sanctorum et Sanctarum processisse, 
sicut asserit; imo alterum duorum esset prjesumendum, videlicet vel 
quod sint daemonum illusiones et fallacias, qui se in angelos lucis trans- 
figurant, et quandoque se informant in diversarum personarum species 
ac similitudines ; vel quod sint aliqua fabricata mendacia humanitus adin- 
venta, ad decipiendum rudes et ignaros. Item, prima fronte, plures ex 
pnvfatis articulis continent scandalosas et erroneas novitates, plures 
temcrarias et pnçsumptuosas assertiones, jactantiis plenas et piarum 
aurium ofl^ensivas, irreligionem et irreverentiam erga sacramentum 
eucharistias; et cum dicat nolle sua dicta et facta submittere determina- 
tioni et judicio Ecclesice militantis, in hoc potestati et auctoritati Eccle- 
si.'e plurimum detrahit. Si igitur débite et caritative fuerit monita et 
exhortata ac solemniter requisita et sommata ut interpretationeni suarum 
assertionum confessatarum submittat, sicut tenetur quilibet fidelis viatcr, 
judicio et détermination! domini nostri Papae, Ecclesia? universalis in 
Concilio generali congregatae, vel aliorum prfelatorum Ecclesiie ad hoc 
potestatem habentium, et hoc facere animo pertinaci spernat et renuat : 
schismatica ' est censenda et in fide vehementer suspecta. Hîec sunt qua; 
mihi videntur dicenda in pritsenti materia, salvo meliori judicio. Teste 
solito signo meo manuali hic apposito, anno et die pnedictis. » Sic si- 
gnatum : « Zanonus lexoviensis. a 

ReVERENDI in ChRISTO PATRES DOMINI ET MAGISTRI, NiCOLAUS DE GeME- 
TICIS 2 ET GuiLLELMUS DE CORMELIIS ABBATES, DECRETORUM DOCTORES, 
DELIBERAVERUNT IN MODUM QUI SEQLUTUR, SECUNDUM SCHEDULAM > 
EORUM PROPRIIS MANIBUS SIGNATAM, CUJUS TÉNOR SEQUITUR 4 : 

« Super petitione seu requisitione ex parte vestri, domini nostri 
reverendi in Christo patris, Pétri Belvacensis episcopi, et fratris > Johan- 
nis Magistri, vicarii domini Inquisitoris, nobis duobus humilibus abba- 
tibus, Nicolao Geineticensi et Guillelmo de Cormeliis, per quamdam 
schedulam '^ factam de dando vobis, infra diem lunne proximam, delibe- 



I. ABC : scismatica. — 2. AB en marge : Dommi ahhates de Gemetkis et de 
Cormeliis ; C en marge : Abbates de Gemeticis et de Cormeliis. — 3. AC : sedulam ; 
B : scedulaïu. — 4. A : talis est. — 5. C ; fratri. — 6. ABC : scedulam.. 



300 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

rationes nostrns id scriptis ; dclibcrando ,scilicct utrum asserliones, in 
certis articulis, quamdam fœminam tangentibus, nobis etiam ex parte 
vestri alias transmissis, annotata;, sint contra fidem orthodoxam aut in ea 
suspecta, etc., prout in dicta schedula ■ latins continetur; licet alias, 
per vos requisiti, dederimus in scriptis responsionem nostram, etiam 
sub signetis nostris, ut totus processus concernens dictam mulierem, 
remitteretur matri nostri Universitati Parisiensi, cujus opinionem semper 
insequi desideravimus maxime, in tam arduo negotio ; qua responsione 
non contenti, per vos iterato requisiti, ut pr^efertur, primitus nos, dicta 
nostra submittendo determinationi sanctas Romanœ Ecclesia; ac Concilii 
generalis, reducendo factum dicto:; mulieris ad quatuor : Et pkimo, ad 
submissionem Ecclesine militantis, dicimus quod moneatur dicta mulier 
caritative, etiam palam et publiée, eidem exponcndo pericula; et si, 
monita légitime, in malitia perseveret, censetur suspecta in fide. Q.uoad 
revelationes sibi factas et etiam delationem habitus, quas dicit se habere 
a Deo, nobis non videtur prima facie ei insistendum vel ^ credendum, 
nec fides adhiberi, cum non appareat de sanctitate vita; aut miraculis. 
QuOAD quartum, quod non sit in peccato mortali, solus Deus novil, qui 
scrutatur corda hominum; et cum lia^c sint nobis ignota qui de occultis 
non habemus judicare, maxime cum non semper in examine dictx' 
fœmin;\; pnvsentes tuerimus, de qualificatione ulteriori nos referimus 
dominis theologis 3. Testibus. signetis nostris huic prx'senti schedulœ •' 
appositis, die dominica xxix. aprilis, anno Domini millesimo CCCC. 
XXXI. » Sic signatum > : « N. de Gemeticis. G. abbas de Corme- 
LIIS ^. » 

MaGISTER RaDULPHUS ROUSSELLI 7, UIRIUSQUE JURIS DOCTOR, THESAURA- 
RIUS ECCLESI.E ROTHOMAGEXSIS, DELIBERAVIT IN MODUM QUI SEQUITLR : 

«Révérende in Christo pater et domine mi metuendissime, et vos, do- 
mine et magister noster honorande, scirc dignentur dominationes vestr^e 
quod, ultra id quod vobis in scriptis jam tradidi, nescirem quid plus 
dicere, nisi quod ego credo quod illas assertiones sunt falsce, mendos;u 
et caute repertœ per ipsam mulierem et complices suos, pro veniendo 
ad fines suos, pro parte sua. Et de ampliori qualificatione earum propo- 
sitionum, me refero ad dominos theologos quorum qualificationi adhit- 



I. ABC : scedula. — 2. C : nec. — 3- (? ■' theologiœ. — 4. A : sceditlx ; B : 
cedulx; C : sedulx. ^- ^. A : Signale. — G. A : G. ahhè de CormeUes. — 7. ABC 
en marge : Radulphus Roiisselli. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 30I 

rerc intendo. Et hxc sint dicta cuni protestationibus in talibus arduis 
fieri solitis. Actum anno Doniini millesimo quadringentesimo tricesimo 
primo, ultima die aprilis. » Sic signatuiii ' : « Per servitorcm vcstrum, 

R. - ROUSSELLI. » 



Magistri Petrus MixHKii, JoiiANNKs Pigache et Ricardus de Grou- 

CHETO 5, BACHALARIl IN SACRA THEOLOGIA, DELIBERAVERUNT PER HUNC 

MODUM : 

J 

« Pnvsuppositis protestationibus alias per nos expressis, quibus adha;- 
remus ; super his qua;? per reverendam paternitatem vestram et domini 
Inquisitoris vicariuni a nobis requirebantur, scilicet, ut formaliter respon- 
deremus ad certas assertiones cujusdam mulieris, quas audivimus, an sint 
contra fidem orthodoxam, sacram Scripturam, aut in fide suspectée, etc. : 
visum est nobis, et alias, et adhuc videtur, quod formalis responsio ad 
dictas assertiones, salvo meliori judicio, pendet ex certitudine discretionis 
originis prastensarum revelationum (quam attingere minime sufficimus), 
de quibus fit mentio in articulis per eamdem reverendam paternitatem 
vestram missis, quibus dictiï assertiones innituntur. Quia, si a malo 
spiritu vel dcemone processerint an 4 propria industria confictie sint, 
nobis videtur quam plurimas dictarum assertionum in fide fore suspectas, 
injuriosas, contra bonos mores, aut aliquo aliorum modorum in sche- 
dula > contentorum esse infectas. Si autem prtetensa? revelationes a Deo 
vel bono spiritu processerint, quod tamen nobis non constat, non liceret 
nobis in sinistram partem interpretari. Hxc sunt, reverendissime pater 
et domine, quas conscienti^ nostrœ dictant super his qux a nobis requi- 
rcbatis, absque ulla temeritate et cum omni correctione débita. » Sic 
signata <^ : « P. 7 Minier, J. ^ Pigache, R. Grouchet. » 

MaGISTER RaDULPHUS SiLVESTRIS 9, IN sacra THEOLOGIA BACHALARIUS,- 
DELIBERA VIT SECUNDUM TENOREM CUJUSDAM SCHEDUL.E '" MANU SUA 
SIGNAT.E, eu JUS TENOR TALIS ESSE VIDETUR : 

(■ Prassuppositis protestationibus et submissionibus debitis, alias in 
mea deliberatione factis, quibus adhasreo et quas pro repetitis haberi 
supplice, révérende in Christo pater et domine mi metuende, et vos, 



I. C : signata. — 2. C : Radulphus. — 3. ABC en marge : Petrus Minerii, Ricardus 
de Groucheto (C : Grouceto), Johaniies Pigache. — 4. AC : aut. — 5. AB : scedula ; 
C : sediila. — 6. Q : signalum. — 7. C / Petrus. — 8. C : Jo. — 9. ABC en marge : 
Radulphus Silvestris. — 10. AB : scedulx ; C : sedulx. 



302 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

révérende domine mi, domine vicarie domini Inquisitoris ; assertionum, 
super quibusdam praîtensis revelationibus alias transniissarum, sicut alias 
dixi, aliquai prima facie, et in forma sicut jacent, apparent mihi scanda- 
losœ ; aliquœ suspecta; in fide, aliqua; temerariœ, errorum et malorum exem- 
plorum inductivc'e;et de ipsarum propria qualificatione, me, ut dixi,refe- 
rebam, et adhuc refero, dominis et magistris meis superioribus. Pro nunc 
tamen, nihil asserendo nisi quod asserendum est, me et dicta mca humi- 
liter submittcndo benignx correctioni vestnc, révérende pater et domine 
mi, et dominorum et ' magistrorum meorum superiorum, cum in prima 
propositione dicit sevidisse corporaliter sanctum Michaelem, etc., et ita 
de undecima propositione, nescio utrum verum dicat; sed timeo ne sit 
phantasticum et fictum mendacium. De hoc quod sanct^e Katharina et 
Margareta eidem prasceperunt, ex mandato Dei, quod assumeret habitum 
viri, etc., et quod mallet mori quam habitum viri relinquere, istud tcme- 
rarium mihi videtur. De hoc quod pnveHgeret non interesse missarum 
officiis, et carere communione eucharistiix;, tcmpore per ecclesiam ordi- 
nato, quam hujusmodi habitum virilem relinquere, scandalosum videtur 
et malorum exemplorum inductivum. De hoc quod militanti Ecclesia; se 
et facta sua submittere distulit et recusavit, pluries monita et requisita, 
et, in duodecima propositione, quod de sibi revelatis non vult se referre 
ad determinationem Ecclesia; militantis vel ad qucnicumque hominem 
mundi, hoc videtur schismaticum -, suspectum de errore, et malorum 
exemplorum inductivum, quia plus, firmius et certius credere tenetur 
dictis EcclesiiV et ejus mandatis obcdire quam apparitioni sibi facta;, 
forte phantasticx et diabolica^ ; quia maligni spiritus aliquando se trans- 
formant in similitudinem angelorum bonorum. duoad secundam propo- 
sitionem, de signo quod dicit habuisse princeps ad quem mittebatur, etc., 
nescio ; forte hctivum est et mendacium adinventum. Q.uoad tertiam 
propositioncm, quod certa est quod ille qui eam visitavit et visitât est 
sanctus Michael, quia se talem nominavit, etc., hoc temerarium videtur^ 
quia non omni spiritui credendum est; et forte illusio maligni spiritus, 
ut prius. De hoc quod crédit ipsa vera esse et bona, a^que firmiter sicut 
quod Christus passus est pro nobis et mortuus, hoc videtur suspectum de 
errore, et fidem nostram derisioni exponere, et ipsius firmitatem 
minucre. De quarta propositione, quod ccrta est de quibusdam futuris 
mère contingentibus quod evenient, sicut certa est ' de his quiE actu 
videt ante se, istud pr^esumptuosum videtur, quia futura non de necessi- 



I. C omet et. — '2. ABC : scimaticum. — 3. Cornet est. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 303 

tate evenient ; et, dato quod hoc csset a Deo revelatum, hoc forte est per 
quamdain commuaicationem, sicut de Jona propheta qui prasdixit : 
« Adhuc XL dies, et Nuiive subvertetur. » De hoc quod sanctae Katha- 
rina et Margareta sibi rcvelaverunt quod Hberabitur, etc., forte hoc est 
mendacium adinventum, et jactantia qutudam. De ense revelato, forte a 
niahgno spiritu vel humano revelatum fuit, nec sibi credendum est. De 
quinta propositione, quod ex mandato Dei assumpsit habitum viri, etc., 
hoc non est verisimile, sed magis scandalosum, indecens ' et inhones- 
tum, maxime muHcri et puelli^, quam se esse dicit, nisi hoc facerct ad 
prceservationem violentiiu inferendœ, propter virginitatem scrvandam. 
De sexta propositione, cum, in Utteris quas scribi faciebat, apponebat 
signum crucis, signuni erat quod illi quibus scribebat non facerent quœ ^ 
mandabat, quamvis signa significent ad placitum, tamen suspicari posset 
quod, instigante maUgno spiritu, in contemptum et bhispheniiam Christi 
crucifixi, qui est summa veritas et quem odit, hoc fiebat. De residuo 
ejusdem propositionis, videtur qu^edam superba jactantia. De septima, 
cum scutifero quem nunquam viderat se sociavit, etc., temerarie fecit et 
discrimini se exposuit ; sicut etiam per octavam propositionem, cum se 
de turri altissima prascipitavit, patere potest. Et cum spontanée paternam 
domum relinquit contra parentum voluntatem, etc., minus debitus amor 
et honor parentum fuit, et contra pr^ceptum de honore parentum ; et 
forte qua.'dam obstinata malitia et duritia cordis fuit. De octava, ut dictum 
est, cum se prxcipitavit de turri, etc., fatuum et malum consiUum 
habuit, et a mahgno > spiritu impulsa fuisse videtur, et signum despera- 
tionis ostendit. Residuum ejusdem propositionis quidam jactantia esse, 
potest. De nona, quod sanctœ Katharina et Margareta sibi promiserunt, 
etc., nescio ; sed forte temerarium fictum et superbum mendacium esse 
potest. Quod non putat se fecisse opéra mortalis peccati, praesumptionis 
esse videtur, et contra factum de privcipitatione de turri. Circadecimam, 
cum affirmât quod Deus diligit quosdam, etc., hoc bene stat; sed cum 
dicit quod sanctas+ Katharina et Margareta non loquuntur anglicum, etc., 
temeraria assertio et qua^dam blasphemia videtur, quia Deus omnium 
Dominus est et supremus provisor, tam Anglorum qùam citterorum 5 ; et 
ita, videtur dicere contra prasceptum de dilectione proximi. De undecima, 
quod amplexata est et osculata corporaliter et sensibiliter sanctas Katha- 
rinam et Margaretam, etc., phantasticum et fictum mendacium, vol illusio 



i. A : incedens (sic). — 2. A : tjiial. — }. Q ; tnaîo. — 4. B cl Q : sancla. 
■ 5. Cornet quatii cxlerorutii. 



304 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

ditmoiuim esse videtur ; et si ipsas venerata fuerit simpliciter et sine 
conditione, forte discrimini cujusdam idolatriit temerarie se submisit. 
De duodecima propositionc, dicitur sicut in prima tactum est. Verum- 
tamen, révérende pater et domini mei, attenta sexus muliebris fragilitate, 
repetend^e sunt ei in gallico propositiones et assertiones pra;dictx', et 
caritative monenda est ut se corrigat et non tantum ■ pnesuniat in pnv- 
tensis revelationibus, qua." forte eideni a Mallgno ~ vel alias dictiv sunt 
et fabricata.'. Et consequenter dicebam, ut conclusio et sententia super 
istis habenda certior sit et firmior, et nulla ex parte calumniari valeat, 
mihi videtur, salvo semper nieliori judicio, ad regia^ majestatis honorem 
et vestri, ac conscientiarum pluriniorum quietem et pacificationem, quod 
praedictïe assertiones cuni suis debitis qualificationibus, signetis notario- 
rum munitae, ad Sanctam Sedeni apostolicam transmittendi\; sunt. Wxc 
sunt, révérende in Christo patcr, et domine mi, domine vicarie Inquisi- 
toris, quiv in bac matcria dicenda veniunt,cum omnimoda correctione et 
supportatione, etc. » Sic signata : « R. Sauvaige. » 

MERCUKII XVIII. î APRILIS 4 EXHORTATIO CARITATIVA FACTA > JOH.\NN.K ^ 

* Item consequenter -, die mercuri, xviii. dicti mensis aprilis, 
anno ^ millesimo CCCC. XXXI., nos, judices antedicti, cognos- 
centesjam, exopinionibusetdeliberationibusplurimorum,iamdocto- 
rum sacras theologias quam in jure canonico, ac etiam licentiatorum 
in eodem jure et aliorum in dictis facultatibus graduatorum, magnos 
et graves defectus in responsionibus et assertionibus prasdict^e 
Johannae, quos nisi ipsa emandarei, gravibus se exponebat pericu- 



* Die merciirii décima ociava mensis aprilis millesimo qiiadringentesimo 
Iricesimo primo 9. Domiui judices et iiuiaristri Guillelmiis '° Bouchier", Jaco- 
hus de Turoiiia, Mauricius de Quesneyo '-, Nicolaus Midi el Guillelmus 
Adelis'5 at Gerardus FeuUet, magistri in theologia, ac Guillelmus Hecton h 
comparuerunt iii caméra qua detiuetur dicta Johanna prisionaria. 



I . AC : tante (?). — 2. AC ajoutent spiritii. — 5. C ajoute mensis. — 4. En 
marge de ABC. — 5. C ajoute ipsi. — 6. fi omet en marge : exhortatio caritativa 
etc. — 7. fi omet consequenter. — 8. AC ajoutent praedicto. — 9. U, fol. 30, r» 
et vo. — 10. Ms. : Guillermus. — II. Ibid. : Boucher. — 12. Ibid. : Oiiercu ; ce 
nom est répété en marge De Quercu, par l'annotateur. — 15. Ms. : Adolis. — 
14. Ibid. : Hector. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 3()) 

lis;idcirco, ipsam caritativc exhortari et dulcitcr admonere duxi- 
mus, et admoneri facere per quamplures probos et scientificos 
viros, tam doctores quaiii alios, ut ad viam veritatis et sinceram 
fidei nostra; professionem reduceretur. Hujus quoque gratia, locum 
carceris d'ictx Johanna^, die supradicta, adivimus ; assistentibus 
nobiscum, Guillelmo Boucherii, Jacobo de Tûronia, Mauricio de 
Quesneio ', Nicolao Midi, Guillelmo Adelie et Gerardo Fueilleti, 
doctoribus ; et Guillelmo /^ûî/'/o// ', bachalario in sacra theologia. 

In quorum pnesentia, nos, episcopus pra;dictus, ipsam Johannam, 
qua: tune se infirmam esse dicebat, allocuti sumus, dicentes 
eidem quod pnvnominati doctores et magistri ad ipsam accesse- 
rant familiariter et caritative, in inHrmitate sua visitantes eamdem ad 
ipsius consolationem et confortationem. Deinceps eidem narravi- 
mus qualiter, multis et diversis diebus, in prœsentia plurimorum 
sapientum virorum fuerat interrogata super magnis et arduis rébus 
materiam fidei concernentibus ; ad qu^ etiam varia et diversa res- 
ponderat, quie attendentes litterati et scientifici viri et diligenter 
considérantes, notaverant ' plurima dicta et confessa -^ per eam esse 
periculosa in fide ; et quia ipsa >' erat mulier illitterata et ignorans 
scripturas, offerebamus eidem exhibere doctos et scientificos, pro- 
bos et benivofos viros, qui ipsam débite informarent. Adhortaba- 
murqae doctores et magistros ibidem prassentes quatenus, sub 
omni debito fidelitatis quo ad veram doctrinam fidei erant 



Primo doiiiiiius episcopus exposuil qualiter ipsa fohamia, per pliires aies, 
fuerat in magna et ardua materia interrogata, et in prœsentia notahilium cle- 
ricorum, etc. Item, idem dominus [dixit^^ quod domini clerici plura per dictam 
Johannam dicta et facta videru)it, quihus videtur quod in plurihus fuit deffec- 
tus, etc. Item, quia uesciret cognoscere et discernere de aliquibus insuo processu 
contentis, an essent contra fidem nostram, sacram doctrinam. et doctoruni ah 
Ecclesia approhatorum, offerebant eidem dare bonum consilinm et saluhre, pro 
advisando ipsam. Et quod advisare vellet de accipiendo et eligendo aliquem seu 
aliquos de ipsis assistentibus, ad se consuïendum qualiter se babere debebat ; 

I. AC : Quesneyo. — 2. C : Haitton. — 3. AB : iiotuvcrunt. — 4.AC uonfessaUi. 
— ) . Q omet ipsa . 

Procès de Jf.anne d'Arc. 20 



3o6 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

adstricti, cidem Johannas, ad salutem anima,' et coiporis ejus, fruc- 
tuosum consilium pra.^starent ; et si quos ipsa Johanna alios ab 
illis cogiiosceret ad hoc aptos, ofFerebamus alios sibi administrare ', 
ad sibi praestandum consilium et instructionem de his quit habe- 
ret agere, tenere et credere ; adjungendo quod eramus ecclesiastici 
viri ad hoc vocati, voluntarii et inclinati, paratique attendere ad 
salutem animai et corporis procurandam, omnibus viis possibiUbus, 
quemadmodum pro nostris propinquis et pro nobismet ipsis facere- 
mus. Et singulis diebus contenti eramus hujuscemodi viros sibi 
administrare pro ejus instructione débita, et generaliter omne illud 
agere quod Ecclesia in talibus consuevit, quic non claudit gremium 
redeunti. Finaliter eidem Johannas diximus quod pritsentem admo- 
nitionem salutiferam bene consideraret ac efhcaciter insequeretur. 
Quod si istis contrairet, innitendo proprio sensui et capiti inex- 
perto, eam nos relinquere oporteret ; ex quo considerare poterat 
quale periculum exinde sibi accideret ; quod nos totis viribus 
totaque affectione vitare qua^rebamus. 

Ad quie dicta Johanna respondit ' quod regratiabatur de his 
quas sibi dicebamus pro sua sainte; dicens ulterius : « Videtur mihi 
quod sum in magno periculo mortis, visa infirmitate quam habeo; et 
si ita sit quod Deus velit facere placitum suum de me, ego requiro 
vos quod habeam confessionem, sacramentum eucharistia.- et quod 
sepeliar in sancta terra. « 



et, nisi eligeret, tnilterent domini jiuliccs de ipsis doiniiiis docloribus ad eam, 
pro ipsa coiisulenda cl reducenda. 

llem, quod eliain ojferebanl domini judices dare eidem Johannx consilium, 
doiiorcs in sacra Iheologia el jure canonico cl civili. 

Ileni, dictum fuil ei quod, nisi vellel accipere consilium, el facere per consi- 
lium Ecclesiœ, ipsa esset in maximo periculo. 

Respond ad ce : « Il me semble, veu la maladie que j'ay, que je suis 
en grant péril de mort. Et se ainsi est que Dieu veuille faire son plai- 
sir de moy, je vous requier avoir confession, et mon Saulveur aussi, et 
en la terre saincte » . 

I. C ; ministrarc. — 2. C en marge .• Responsio Johannx. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 307 

Tune fuit ei dictum quod, si vellet habere sacramenta Ecclesiœ, 
oportebat quod confiteretur tanquam bona catliolica, et etiani quod 
se submitteret Ecclesiiu, et quod, si perseveraret in illo proposito 
de non submittendo se Ecclesix^ non poterant sibi ministrari sacra- 
menta quiç petebat, excepto sacramento pœnitentiae, quod semper 
eramus parati exhibere. Ipsa vero respondit : « Ego nescirem vobis 
aliud quid dicere. » 

Item fuit ei dictum quod, quanto plus timebat de vita, pro 
infirmitate quam habebat, tanto plus debebat emendare vitam 
suam ; et non haberet jura Ecclesiiti, sicut catliolica, nisi ipsa sub- 
mitteret se ipsi Ecclesia:;. Respondit : « Si corpus moriatur in car- 
cere, ego exspecto me quod faciatis ipsum poni in terra sancta; si 
non faciatis ipsum poni, ego me exspecto ad Deum. » 

Item fuit sibi dictum quod alias ipsa dixerat in suo processu quod, 
si ipsa dixerat aut fecerat aliquid quod esset contra lidem nostram 
christianam ordinatama Deo, ipsa non vellet sustinere. Respondit: 
« Ego refero me ' ad responsionem quani de hoc feci, et ad Domi- 
num. » 



Ad ce luy fut dit : « Se vouioiés avoir les droictures et sacremens de 
l'Eglise, il fauldroit que vous feissiez comme les bons catholiques 
doyvent faire et vous submeissiés à saincte Eglise. » Respond : « Je ne 
vous en sçaroye maintenant autre chose dire. » 

Item, luy fut dit que, tant plusse crainct de sa vie pour la maladie, 
tant plus se devroit amender sa vie ; et neauroit pas les droiz de l'Eglise 
comme catholique, se elle ne se submectoit à l'Eglise. Respond : « Se 
le corps meurt en prison, je me actend que le fociez meclrè en terre 
saincte ; se ne luy faictes mectrc, je m'en actend à nostrc Seigneur, » 

lient, luy fut [dit] que autrefois elle avoit dit en son procès que, s'elle 
avoit fait ou dit quelque chose qui fust contre nostre foy chrestienne, 
ordonnée de nostre Seigneur, qu'elle ne vouldroit point soustenir. Res- 
pond : « Je m'en actend à la responce que j'en ay faicte et à nostre Sei- 
gneur. » 



i. A : me refero. 



3o8 PROCts DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Item, quia dicebat se habere plures revelationes ex parte Dei, 
per sanctum Michaelem et sanctas Katharinam et Margaretam, 
interrogata fuit, si veniret aliqua bona creatura affirmans se habere 
revelationem ex parte Dei, tangentem factum ipsius Johaniic-e, an 
ipsa crederet illi. Respondit quod non est christianus in mundo 
qui veniret ad eam, et diceret se habere revelationem, quin ipsa 
bene sciret an ille diceret verum aut non ; et hoc sciret per sanc- 
tas Katharinamet Margaretam. 

Interrogata an ipsane imaginetur quod Dèus possit revelare aH- 
quid cuidam bonae creatura^, quod ipsi Johann^ sit incognitum : 
respondit quod bonum est scire quod sic ; « sed ego non crederem » 
inquit, « viro neque mulieri, nisi ego haberem ahquod signum ». 

Interrogata an ipsa crédit quod sancta' Scriptura sit revelata a 
Deo : respondit : « Vos bene scitis, et bonum est scire quod sic. » 

Item, fuit sommata, exhortata et requisita de capiendo bonum 
consilium a clericis et notabiHbus doctoribus, et idem consiHum 
credere pro salute animas su^e. 



Item, luy fut faicte interrogacion, pour ce qu'elle dit avoir eu plu- 
sieurs fois révélacions de par Dieu, par sainct Michiel, sainctes Kathe- 
rine et Marguerite, se il venoit aucune bonne créature qui affermas! 
avoir eu révélacion de par Dieu, touchant le fait d'elle, s'elle le croi- 
roit ; respond qu'il n'y a crestien eu monde qui venist devers elle, qui se 
deist avoir eu révélacion, qu'elle ne sceust s'il disoit vray ou non ; et le 
sçaroit - par sainctes Katherine et Marguerite. 

Interroguée se elle ymagine point que Dieu puisse révéler chose à 
une bonne créature, qui luy soit incongneue : respond : « Il est bon à 
savoir que ouil; mais je n'en croiroye homme ne femme, se je n'avoye 
aucun signe. » 

Interroguée s'elle croist que la saincte Escripture soit révélée de Dieu : 
respond : « Vous le sçavés bien ; et est bon à savoir que ouil. » 

Item, fut sommée, exortée et requise de prandre le bon conseil des 
clercs et notables docteurs, et le croire pour le salut de son âme. 



I. C ; sacra. — 2. Ms. sçavoit. 



PROCES DK CONDAMNATION DR JEANNE ARC 309 

Iterum interrogata an dicta sua et focta vellet submittere Ecclesiœ 
militanti : respondit finaliter : <* Quidquid debeat mihi contingere, 
ego non faciam vel dicam aliud quam ante dixerim in processu. » 

Et istis sic per nos actis, venerabiles doctores jam prasnominati, 
ibidem assistentes, exhortati fuerunt eam ad hoc potissime ut se et fac- 
tasua militanti Ecclesias submittere vellet, allegantes eidem multas 
auctoritates sacrée Scripturas et exempla, et easdem exponentes. 
Et signanter unusipsorum doctorum, suam exhortationem faciendo, 
adduxit illud Matth^ei, xviii" : « Si peccaverit in te frater tuus, 
etc ». ; et sequitur, « si Ecclesiam non audierit, sit tibi sicut ethni- 
cus et pLîblicanus, etc. ». Quœ verbis gallicis dictée Johannae expo- 
suit, dicendo eidem finaliter quod, nisi vellet se submittere Eccle- 
siie et ei obedire, oporteret quod relinqueretur sicut una Sarra- 
cena. 

Ad quod dicta Johanna respondit quod erat bona christiana et 
bene baptizata, et sicut bona christiana moreretur. 



Uhiiiia respoiisio fuit quia, interrogata au se et facta sua subuiitterel saiic- 
tm matri Ecclesix, videlicet: « Quelque chose qui m'en doive advenir, je 
n'en feray ou dire autre chose, car j'en ay dit devant au procès. » 

Et his sic actis per venerabiles doctores ihi adstantes, videlicet, magistros 
Guillelmiim ' Le Bouchier-, Maiiriciujn de Quesneio i,Jacohiini de Turonia, 
et Guillehnuni 4 Adelis, ac Gerardum FeuUet, exhortata fuit potissime ut se 
et facta sua submittere vellet nostrx matri Ecclesiœ, et hoc, multis auctorita- 
tibus sacrx Scripturœ et exemplis eidem fohannae per dictas dominos doctores 
dictis et expositis. Et inter alias exhortationes, magister Nicolaus Midi, 
suam exhortationem faciendo, adducit illud Matthœi XVIII" « Si peccaverit 
in te frater tuus, etc. » et sequitur, « Si Ecclesiam non audierit, sit tibi sicut 
ethnicus et publicanus, etc. » etc. Et hoc verbis gallicis dictât fohannx exposait 
et in fine dicendo eidem quod, nisi vellet se submittere Ecclesiœ et ei obcdire, 
oporteret quod relinqueretur sicut una sarracena etc. 

Ad quod dicta fohanna respondit quod erat bona christiana et bene baptizata 
et moreretur s sicut bona christiana. 



I. Ms. : Guillermum. — 2. Ihid. : Boucher. — 3. Fl>id. : Onercu. — 4. Ihid. : 
GuiJtcrmuvi. — 5. Ihid. : moraretur. 



3IO PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

InteiTOgata, ex que requirit quod Ecclesia ministret sibi sacra- 
mentum eucharistiae, utrum vellet se submittere militanti Ecclesice, 
et promitteretur sibi ministrare prx^dictum sacramentum : respondit 
quod de illa submissione non respondebit aliud [quam feceritj ; et 
quod ipsa diligit Deum, servit sibi et est bona christiana ; et vellet 
adjuvare et sustinere Ecclesiam ex toto posse suo. 

Interrogata anne ipsa vellet quod ordinaretur una pulchra et 
notabilis processio, pro reducendo eam in bonum statum, si ipsa 
non sit : respondit quod bene vult quod Ecclesia et catholici orent 
pro ea. 

MERCURH n. ' MAIL ADMOVITIO PUBLICA FACTA PUELL.E ^. 

Item, die mcrcurii, secunda mensismaii, anno Domini millesimo 
CCCC. tricesimo primo, nobis judicibus antedictis prassidentibus 
in caméra castri Rothomagensis, prope majorem aulam ejusdem 
castri; assistentibus ibidem et ex ordinatione nostra illuc convoca- 
tis reverendis patribus, dominis et magistris : Nicolao de Gemeticis, 
Guillelmo de Cormeliis, abbatibus, decretorum doctoribus ; — 
Abbate Sancti Audoeni ; Priore Sancti Laudi ; necnon Petro, priore 
de Longavilla ; Johanne de Nibat, Jacobo Gucsdon, Johanne Fou- 
fhier, Mauricio de Quesneyo, Johanne Fabri, Guillelmo Bouche- 
rii, Petro Houdenc \ Johanne de Castellione, Erardo Emengart +, 
Ricardo Prati, Johanne Carpentarii, Petro Mauricii, doctoribus; — 



Interroguée, puisqu'elle requiert que l'Eglise luy baille son Créateur, 
s'ellc se vouldroit submectre à l'Eglise, et on luy promectroit bailler; 
respontl que de celle submission, elle n'en respondra autre chose qu'elle 
a fait ; et qu'elle ayme Dieu, le sert, et est bonne chrestienne, et voul- 
droit aidier et soustenir saincte Eglise de tout son povoir. 

Interroguée s'elle vouldroit point que on ordonnas! une belle et 
notable procession pour la réduire en bon estât, s'elle n'y est 5 : respond 
qu'elle veult très bien que l'Eglise et les catholiques prient pour elle. 



T. En marge de ABC. — 2. BC omettent Admonitio puhlica etc. — 3. C ; Hodenc. 
- 4. C .• Emeuganl. — 5. Ms. en marge : La catitelle de Messieurs de Sarhonne. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 3I? 

Nicolao Coppcqiiesne ', Guillelmo Haiton -, Thoma de Courcellis, 
Ricardode Groucheto ', Petro Minerii, Radulpho Silvestris, Johanne 
Plgarhe, Johanne Maugerii et Jolianne Eiide -^, bachalariis in sacra 
theologia ; — Radulpho Rousselli, thesaurario ecclesia; Rothoma- 
gensis, in utroque; Johanne Garini^, in canonicojure, doctoribus; — 
Roberto Barberii, Dion3'sio Gaslinel ^, Johanne Dulcis, in utroque ; 
Nicolao de Venderès, archidiacono de Augo ; Johanne Pinchon, archi- 
diacono Josiaci ; [Johanne Brulloti, cantore ecclesias Rothomagen- 
sis ; Ricardo de Sauls ^, Laurentio de Busco ^, Auberto Morelli, 
Johanne de Quemino, Johanne Columbelli, Radulpho Angiiy 9, 
Johanne Tabernarii, Guerouldo '° Postelli, in canonico ; Andréa 
Margmrie, archidiacono Parvi-Caleti ; Johanne Ad-Ensem, ^gidio 
de Campis, cancellario ; Nicolao Caval, canonicis ecclesia^ Rothoma- 
genisis ; — Guillelmo" de Liveto, Petro Carré, Gauffrido de Cro- 
teyo, Burello de Cormeliis, in civili jure licentiatis; — Guillelmo " 
de Gardinis, Johanne Tiphaine, doctoribus; Guillelmo '5 de Caméra, 
licentiato in medicina ; — fratre Ysambardo de Petra, Guillelmo 
Legrant; Johanne de Rosayo, curato de Diicler ; fratre Johanne de 
Bastis, Eustachio'-t Cateleii''^ Reginaldo Juvenis, Johanne Mahom- 
met "^, Guillelmo le Cauchois, Johanne le Tonnellier et Laurentio '^ 
Ducis, presbyteris ; 

Nos, episcopus praedictus, allocuti sunius dominos et magistros 
supradictos, in hune modum : 

« Postquam ista mulier ad plénum interrogata fuerat, et ad arti- 
culos, sibi judicialiter ex parte promotoris propositos, responderat; 
confessiones ejus in certam formam assertionum compendiose redac- 
tas transmisimus doctoribus et peritis, tam in sacra theologia, quam 
in jure canonico et civili, ut eorum consultationem super his habe- 
remus. Et jamdudum, ex plurimorum sententia et opinionibus, satis 



I. C ; Coppeqiiesne . — 2. C : Edition. — 3. C ; Grouccto. — 4. AB : Heuâe. — 
5. C:Geriiii. — 6. C : Gastinelli. — 7. AC : des Saiilx. — 8. Cet O : Biisto. — 
9.0 ; Aii^uy. — 10. O : Gerouldo. — 11. AC : Giiilleniio. — 12. IbùL, idem. — 
13. C : GuiJlernio. — 14. C ; Eiislacio ; O : Eustochio. — i). A : CatJieleii. — 16. A : 
Miihoninier. — 17. C -.Johanne. 



312 PROCÎ-S DR CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

cognovimiis quod ista mulier in multis defectuosa esse videbaïur, 
quanquam res non sit adhuc apud nos ultimate determinata; et 
antequam ad hujusmodi ultimatam determinationem negotii proce- 
deremus, visum est multis probis et conscientiosis viris atque etiam 
scientificis plurimum expedire ut omnibus modis laboraremus ipsam 
instruere super his in quibus deficere videbatur, atque toto posse 
nostro eamdem reducere ad viam et agnitionem veritatis. Quod 
utique peragere totis desideriis optavimus et optamus. Id quoque 
omnes quserere debemus, et pra^cipue qui in Ecclesia et administra- 
tione divinorum conversamur, ut caritative sibi monstremus quid ', 
in dictis aut factis ejus, a fide, veritate et religione dissonat, et 
caritative moneamus ut su^-e salutis memor esse velit. Quam ob 
causam, primo ipsam reducere tentavimus per plures notabiles 
doctores in theologia, quos ad eam transmisimus diversis vicibus et 
diversis diebus, nunc istos, nunc alios ; qui pro viribus ad istam rem 
operam dederunt cum omni mansuetudme, et coactione quali- 
cumque cessante. Sed, praevaiente astutia Diaboli, nondum in hoc 
aliquid proficere potuerunt. Ubi autem privatam hujusmodi admo- 
nitionem nullum afFerre fructum conspeximus, visum est oppor- 
tunum ut, vobis omnibus solemnitercongregatis, ista muHer dulci- 
ter et caritative admoneretur super ejus reductione praefata ; quia 
forsan prassentia vestra et exhortatio a pkuimis facta ipsam faciUùs 
ad humilitatem et obedientiam inducet, ut non acquiesçât nimium 
suai sententiiç; sed credat consiho proborum et sapientum qui 
sciunt jura divina et humana, negravibus se pericuHs exponat, qui- 
bus et anima et corpus ejus periclitari possent. Et ad hanc admoni- 
tionem = faciendam, deputavimus unum doctissimum, antiquum 
magistrum in theologia, in taHbus singulariter expertum, videlicet 
magistrum Johannem de Castellione, archidiaconum Ebroicensem, 
qui, si placet, ad pr^esens hoc onus accipiet de aperiendo eidem 
mulieri aliqua puncta certa in quibus deficere videtur, prout ex 
consiUis et deHberationibus peritorum recollegimus, et eam indu- 

I. O :quod. — i.- A : ammonitionein ; C : monitionevi. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 313 

cendo utab hujusmodi defcctibus et criminibus rccedere velit atque 
viam veritatis agiioscere. Ideo nunc istcl millier coram vobis hic 
adducetur, et, ut prnemissum est, admonebitur ; et si aliquis quid- 
quam boni fiicere aut dicere possit, pro ejus fiiciliori reductione et 
salutifera instructione, ad salutem animne et corporis ejus, rogamus 
ut nobis illud aperire aut in médium afFere non recuset. » 

* Ipsa vero adveniente et adducta illa die coram nobis, judicibus 
prasfatis ', nos, episcopus pr^edictus -, vice nostra et alterius conju- 
dicis, monuimus eamdem Johannam ut acquiesceret consilio et mo- 
nitionibus sibi faciendis per dominum archidiaconum pr^efatum, 
sacrée theologise professorem, qui sibi diceret multa bona pro salute 
anima? et corporis, et sibi acquiesceret. Quod si non faceret, expo- 
neret se discrimini corporis et animée, multa, juxta tenorem sche- 
duliç ' inferius insert^e, dictée Johann^e exponendo. 

Etdeinde nos, judices pn^efati, rogavimus eumdem dominum archi- 
diaconum quod in facto dictarum monitionum caritative procederet K 
Qui dominus archidiaconus, parendo mandatis nostris, eamdem 
Johannam incipiendo docere et instruere, primo, eidem Johann^e 



* Ipsa vero adveniente et adducta illa die coram dominis judicibus, praefa- 
tus dominus episcopus monuit eam. ut acquiesceret consilio et monitionibus sibi 
faciendis per magistrum Johannem (^^ Chasteillon, doctorem sacrœ theologige, 
qui diceret sibi multa boiia pro sainte auiniœ et corporis, et sibi acquiesceret ; 
quod si non faceret, exponente se discrimini corporis et animœ, multa juxta 
tenorem schedulœ prxinsertae sibi exponendo; et deinde roganteni (sic) ipsi 
domini judices prxfatuni magistrum Johannem de Chasteillon quod in facto 
dictarum m,onitionum caritative procederet. Oui magister fohannes de Chas- 
teillon eam unniuit, ut continetur in scheclula, sic intitiilata : « Sequuntur 
aliqua pro memoria dicendorum dum Johanna monehhur, etc. » 

Et antequani iucipcret, dixit quod priinitus fidèles > eraiil obJigati ad fidern 
christianam et articnios fidei tcueudum et credendum. 



l. A : pntdictns (sic). — 2. A : prxfatiis. — ^. AB : scedulx ; C : seJiilif. 
— 4. AC en marge : Monitio et exhortatio caritativa facta Johannse per magistrum 
Jotninneni de Castellione(C : de Chasteillon) ; Ben marge : Exhortatio facta Johaniiz per 
Johannem de Castellione. — > . Le nis. ajoute et. (U, fol. 26 '"). 



314 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

exposuit quod omnes Christi fidèles tenebantur et erant obligati ad 
fidemchristianam et articules fidei tenendumet credendum; eamque 
monuitet requisivit, per modum monitionis generalis, ut se et facta 
sua et dicta velletcorrigere et emendare, juxta deliberationem venera- 
bilium doctorum et magistrorum, tam in jure divine quamcanonico 
et civili peritorum. 

Ad quam monitionem generalem, ipsa Johanna respondit : « Z/^q 
vostre livre », scilicet schedulam ' quam tenebat dictus dominus 
archidiaconus, « et puis je vous respondray . Je meactens ^ à Dieu, mon 
créateur de tout ; je Vayme de tout mon cuer ». 

Et deinde interrogata si ad dictam monitionem generalem volebat 
amplius respondere : respondit : «/<^ me actens ' à mon juge: c'est le 
Roy du ciel et de la terre. » 

Postea vero dictus dominus archidiaconus, procedendo ad moni- 
tiones particulares eidem Johannre faciendas, juxta tenorem sche- 
dula;'* sequentis, sicexorsusest: 

I. « In primis recitavit qualiter alias dixit quod, si reperiretur in 
dictiset factis ejus aliquid perversum et hoc sibi per clericos osten- 
deretur, ipsa vellet emendare. In quo bene et laudabiliter dicebat, 
nam quilibet christianus débet hanc humilitatem habere, ut semper 
se paratum reddat obedire sapientioribus et magis credere judicio 
bonorum et sapientum virorum quam proprise sententi^e. Deinceps 
autem, dicta et facta ejus multis diebus per doctores et clericos exa- 



El fiiif sibi l'xposiluni, secuudum forniani prœccdcntis monitionis generalis. 

Et reqnisita si vêtit corrigere et se emendare juxta deliberationem peritorum., 
respond : « Luisez vostre livre », c'est assavoir la cédule que tenoit le 
dit monseigneur l'ârcediacre, « et puis je vous respondray. Je me actend 
à Dieu, mon créateur, de tout ; je l'aime de tout mon cueur >>. 

Et interroguée s'elle veult plus respondre à celle monicion générale : 
respond : « Je m'en actend à mon juge : c'est le Roy du ciel et de la 
terre >. » 



I . AB : scedutam ; C : sediilam . — 2 . AB : attens ; C : m'atens. — 5 . ABC : attetis . - 
4. AB : scedidx ; C : seduta;. — S- U, fol. 26, ro. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 315 

minata diligenter fuerunt. In quibus reperiuntur multi et magni 
defectus; quos tamen si humiliter emendare voluerit, velut bonam 
et devotam christianam decet, ecclesiastici viri misericorditer et 
caritative secum agere parati sunt pro ejus salute. Si vero, per super- 
biam et arrogantiam, velit persistere in opinione propria, credens 
se plus intelligere in his quas sunt fidei, quam doctores et litterati 
viri, gravibus se exponeret periculis. » 

II. « Item, sibi exposuit qualitcr de revelationibus et apparitio- 
nibus quas dixit se iiabere, ipsa non vult se submittere Ecclesiae 
militant! nec homini vivent!, sed ad solum Deum vult dicta sua et 
facta referre. Declaravitque sibi, circa hoc, quid est Ecclesia militans, 
et quam auctoritatem habet a Deo, et in quibus auctoritas illa resi- 
det ; et qualiter quilibet christianus tenetur credere esse unam sanc- 
tam Ecclesiam catholicam, quiç semper regitur a Spiritu Sancto et 
nunquam errât aut déficit; cui etiam unusquisque catholicus tenetur 
obedire tanquam filius matri, et omnia dicta et focta sua détermi- 
nation i illius submittere ; nec aliquis, quascumque apparitiones vel 
revelationes habeat, débet se propterea subtrahere judicio Ecclesiaî^ 
cum etiam apostoli submiserintscripta sua Ecclesia; et tota' Scrip- 
tura, quas a Deo revelata est nobis traditur credenda per matrem Eccle- 
siam, qua^ est régula infalHbilis cui nos oportet per omnia confor- 
mari, absque schismate ^ aut divisione qualicumque, veluti in pie- 
risque locis docet apostolus Paulus, etc. Etiam revelatio facta a Deo 
semper inducit ad obedientiam et humilitatem tenendam in ordine 
ad superiores et ad Ecclesiam, et nunquam ad contrarium; nec vult 
Dominus quod quis priçsumat se dicereipsi soli Domino subditum, 
aut dicta sua et facta ad ipsum solum referre; imo tradidit viris 
ecclesiasticis et commisit auctoritatem et potestatem cognoscendi et 
dijudicandi de factis fidelium, sive bonis, sive malis ; quos qui sper- 
nit, Deum spernit, et qui ipsos audit, Deum audit. Finaliter admo- 
nuit eam quod credat ipsam Ecclesiam catholicam non posse errare 
aut aliquem injuste judicare, quia qui hoc non crédit errât contra 

I. .-^ ; toto (sic). — 2. A : scisiihite. 



3l6 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

illum articulum fidei, Unain sancUim, etc., qui tune ad longuni (uit 
ei expositus ; et si quis in iioc pertinaciter manserit, hx^reticus cen- 
setur. Admonita fuit etiam consequenter quod submittat omnia 
dicta et facta sua, qusecumque sint, pureet simpliciter, judiciosanc- 
t£e matris Ecclesia; et ejus determinationi, quia qui hoc non facit 
sciiismaticus' est, et se maie senti reostendit de sanctitate ipsiusEccle- 
sise et infallibili ejus directione per Spiritum Sanctum; adjungendo 
graves pœnas quas jura canonica taliter deviantibus decernunt infli- 
gendas. » 

III. « Item, eidem declaratum fuit qualiter jani longo tempore 
perseveraverit portare, contra honestatem sui sexus, habitum virilem, 
in modum hominumariTiatorum,et assidue portât sine quacumque 
necessitate; quod est scandalosum, contrarium bonis et honestis 
moribus ; habendo etiam capillos tonsos in rotundum ; et ha^c sunt 
etiam contra pr^eceptum Dei, positum Deuteron. xxii'': « Non 
induetur mulier, etc. » ; contra praeceptuni Apostoli, dicentis quod 
mulier débet velare caput suum ; contra proiiibitiones Ecclesiœ, in 
sacris Conciliis generalibus factas ; contra doctrinam Sanctorum et 
doctorum, tam sacra; theologiœ quam juris canonici ; quodque sunt 
res mali exempli apud cieteras mulieres, etc. Et pntcipue in hoc 
graviter deficiebat dicta Johaiina quod, pro curiositate portandi 
illum deformem habitum, pr:ieeligebat non suscipere sacramentum 
eucharistie^ in tempore ordinato per Ecclesiam, quam hujusmodi 
habitum relinquere et alterum accipere, in quo décanter et reve- 
renter ipsum sacramentum recipere posset; contemnendo in hoc 
pra^ceptum Ecclesiic, propter talem curiositatem, licet tamen super 
hoc fuerit pluries monita, et maxime circafesta Paschalia, cum dice- 
ret se velle audire missam et suscipere sacramentum eucharisti;t, et 
hoc plurimum desiderare ; et tune dictum fuit eidem quod accipe- 
ret vestem muliebrem, quod facere recusaverat et recusabat : in qui- 
bus, ostendebat se graviter peccare. Quare admonebat eam ab his 
supersedere, et ut prredictam vestem virilem relinquere vellet. » 

I . AC : scismatinh. 



PROCES DH CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 317 

IV. « Item, quod dicta Johanna, non contenta portare istum 
habitum cum circumstantiis pntdictis, imo etiam volebal sustinerc 
quod bene faciebat et non peccabat. Dicere autem quod aliquis 
bene faciat veniendo contra doctrinas Sanctorum, prascepta Dei et 
Apostolorum, contemnendo ctiam prajceptum Ecclesia:, propter 
curiositatem unius indecentis et inhonesti habitus, est error in fide; 
et qui vellet hoc pertinaciter defendere in hasresim laberetur. Ulte- 
rius etiam ista peccata volebat attribuere Deo et Sanctis; in quo 
blasphémât Deum et Sanctas, attribuendo eis quod ipsis non con- 
venit; nam Deus et Sancta; volunt quod servetur omnis honestas, 
quod peccata, curiositates et aha evitentur ; nec volunt quod pra;- 
ccpta Ecclesii^ propter talia contemnantur. Ideo admonebat eam 
quod desisteret dicere taies blasphemias, nec pr^esumeret talia attri- 
buere Deo et Sanctis, et, tanquam licita, defendere. » 

y. « Item, quod quamplures solemnes et notabiles clerici consi- 
deraverunt et diligenter viderunt ea quas de revelationibus et appa- 
ritionibus dicta Johanna protulerat, et, attentis evidentibus menda- 
ciis quai de corona delata ad Karolum et adventu angelorum ad 
ipsum confinxerat, quse tum ' per illos [qui] in ilhs partibus dein- 
ceps fuerunt, tum peralios, satis agnoscuntur esse mendosa et con- 
ficta; consideratis etiam illis quie dicebat de osculis et amplexibus 
sanctarum Katharin^-e et Margaret^e, et quod eas dicebat quotidie % 
etiam multotiens, venire ad eam sine speciali effectu, sine apparen- 
tia, propter quam tam fréquenter ipsas advenire deceret, quod nus- 
quam Sancti et Sanctas in talibus apparitionibus miraculosis facere 
consueverunt; quodque dicebat senihil scire de membris et circum- 
stantiis earum, prasterquam de capitibus, quod nuUo modo concor- 
dat tam frequenti visioni; attentis etiam multis qu£e dicebat sibi 
praecepta esse de portando habitum, de taciendo istas responsiones 
quales in judicio fecit, qu* non conveniunt praeceptis Dei et Sanc- 
tarum, nec ab eis pn\jcipi credenda sunt ; una cum casteris multis 
quiu doctores et periti in hac materia bene consideraverunt : vident 

i.C ; linic. — 2. A : iolhidic ; C : quothidie. ^ 



3l8 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'ARC 

et agnoscunt hujusmodi revelationes et apparitiones non fuisse sibi 
datas a Deo, quemadmodum jactabat se'. Et fuit sibi ostensum 
quantum periculum est aliquem de se tantum praîsumere quod 
reputet se idoneum ad taies apparitiones et revelationes habendas, 
quod propterea mentiatur de bis qu^e pertinent ad Deum, false 
prophetizando et divinando quod a Deo non habet, sed ex fictione 
cordis sui adinvenit; unde potest sequi seductio populorum, susci- 
tatio novarum sectaram et multa aiia nefanda in subversionem 
Ecclesia; et populi catholici. Qualiter etiam grave est periculum scru- 
tari curiose qux supra se sunt, et novis rébus velle credere, prseter 
consilium Ecclesize et prœlatorum, aut etiam novas et insolitas res 
adinvenire; nam dicmones talibus curiositatibus soient se immis- 
cere, vel occultis instinctibus, vel manifestis apparitionibus trans- 
figurantes se in angelos lucis, et, sub specie pietatis aut alicujus 
boni, trahentes ad pacta pestifera et in errorem mittentes, Deo hoc 
permittente propter pra;sumptionem hominum qui talibus curiosi- 
tatibus se ipsos implicare audent. Ideo admonebat eam quod taies 
vanitates, talia mendacia dicere desineret et ad viam rediret vcri- 
tatis. » 

VI. « Item quod, ex ista radice revelationum sic confictarum, in 
multa alla crimina proruperat, utputa quod, usurpando sibi illud 
quod Dei proprium est, praesumat ^ dicere futura contingentia et 
asserere, ac etiam occulta prassentia, sicut ensem sub terra abscon- 
ditum; atque etiam jactaverat se quod certitudinaliter sciebat de 
quibusdam personis quod sunt dilecta; a Deo; et de se ipsa, quod 
sciebat se esse consecutam remissionem peccati quod perpetraverat 
se prœcipitando a turri de Beaurevoir: qua; sunt divinatoria, praï- 
sumptuosa et temeraria ; quodque etiam dicebat se adorasse res inso- 
litas sibi apparentes, cum tamen nuUam sufficientem certitudinem 
se habere référât, propter quam deberet credere illas esse bonos 
spiritus; neque super hoc habuerat consilium curati proprii aut 
alterius ecclesiastici viri, jactando se de re, in hoc, cui periculum 

I. Q omet se. — 2. A : présumerai. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 319 

idolatriiu imminet, ac temerarie credens quod adeo leviter 
credi non deberet, este etiam quod res aliqu^ sibi hoc modo 
apparerent (quod tamen fictum esse videtur). Audebat etiam pnx^- 
terea dicere quod credebat res sibi apparentes esse sanctas Katha- 
rinam et Margaretam et angelos, a.'que tirmiter sicut credebat fidem 
christianam; in quo temerarie credebat, et videbatur sentire quod 
non sit major aut potior ratio credendi fidem christianam et ejus 
articulos qui per Ecclesiam nobis traduntur, quam ahquas res novo 
et insolito modo apparentes; de quibus nulla determinatio, nulla 
consultatio Ecclesii^'habetur, imomagis aChristo, Sanctis et Ecciesia 
praeceptum est ne taHbus apparitionibus levis credulitas adhibeatur. 
Et fuit sibi dictum quod bene seadvisaret. » 

Dum vero prasfatus archidiaconus ipsi Johann^e prasmissa expo- 
suisset verbis gallicis, juxta tenorem pr^edicti memoriahs, ipsa res- 
pondit ea qua; sequuntur ' : 

*Et primo, ad ea qnx sibi dicta fuerant in primo et secundo 
articulis ipsius memoriaUs, respondit : « Ego tantum nunc - de his 
respondeo quantum ad ahas respondi. » 

Et cum sibi declaratum esset quid est Ecciesia miHtans, et admo- 
neretur de tenendo et credendo ilium articulum Unam sanctam, 
etc., et quod Ecclesiîe militanti se submitteret, juxta tenorem 
secundi articuH pr^edicti memorialis : respondit : « Ego bene credo 
Ecclesiam exsistentem hic inferius ; sed de meis factis et dictis, sicut 
alias ego dixi, ego me exspecto et refero ad Dominum Deum. »Item 



*Iteiii luy fut dit : « Autrefois vous avez dit que vos fais leusscnt veus 
et visitez contre, comme il est contenu en la cédule précédante.» Respond 
que autant en respond elle maintenant. 

Item luy fut déclairé que c'est que l'Eglise militante, etc. Et admones- 
tée de croire et tenir l'article Uiiaiu sauctani Ecclesiam, etc., et à l'Eglise 
militante se submeictre : respond : « Je croy bien l'Eglise de cy bas ; 
mais de mes fais et dis, ainsi que autrefois j'ay dit, je me actend [et] 



I . ABC en marge : Reipoiisiojohannsc {BC ajoutent adprxdicta). — 2. C omet mmc. 



320 PROCES DE CONDAMNATIOX DE JEANNE D ARC 

dicit: « Ego bene credo quod Ecclesia militansnon potest errare, nec 
deficere; sed, quantum ad dicta et facta mea, ego pono ipsa ' et 
refero ex toto ad Deum, qui fecit mihi facere quidquid ego feci. » 
Item dicit quod submittit se Deo, suo creatori, qui sibi fecit hi\.^c 
facere; et se refert ad ipsum et ad propriam personani suam. 

Interrogata an velit dicere quod non liabet judicem in terris, et 
an dominus noster Papa sitne judex ejus: respondit : « Ego non 
dicam vobis de hoc aliud. Ego habeo bonum magistrum, videlicet 
Deum, ad quem ego exspecto me de toto, et non ad alium. » 

Item, cum ei diceretur quod, si non vellet credere Ecclesia et 
eiiam credere illum articulum Uiiaiii saiiclam Ecclesiam catholicam, 
ipsa esset hctretica hoc sustinendo, et per aHos judices puniretur 
pœna ignis: respondit ^ : « Ego non dicam vobis de hoc aUud. Et si 
ego viderem ignem, ego dicerem totum illud quod dico vobis, et 
non facercm de hoc ahud. » 

Interrogata utrum, si > sacrum Conciliuni générale ut dominus 
noster Papa, Cardinales et ca^teri de Ecclesia essent hic, ipsa velletne 



rapporte à Dieu. » Ilein dit : « Jecrov bien que l'Eglise militant ne peust 
errer ou faillir ; mais, quant à mes diz et mes fais, je les meicts et raporte 
du tout à Dieu, qui me a fait faire ce que je ay fait. » Item dit qu'elle se 
submect à Dieu, son créateur, qui liiy a fait faire; et s'en raporte à luy, 
à sa personne propre. 

//('///, interroguée s'elle vcult dire qu'elle n'ait point de juge en terre, 
et se nostre saint père le Pape est point son juge : respond : « Je ne vous 
en diray autre chose. J'ai bon maistre, c'est assavoir nostre Seigneur, à 
qui je me actend du tout, et non à autre. » 

Itetn luy fut dit que, s'elle ne vouloit croire l'Eglise et l'article 
Ecclesiam saiictam calholicam, qu'elle seroit hérétique de le soustenir, et 
seroit pugnie d'estre arse par la sentence d'autres juges : respond : cf Je 
ne vous en diray autre chose ; et se je veoye le feu, si diroye-je tout ce 
que je vous dy, et n'en feroye autre chose. » 

Interroguée se le Conseil général, comme nostre Saint Père, les cardi- 



I. ABC et O : ipsani. — 2. B en marge : Superba respoiisio. — 3. C omet si. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D AKC 32I 

se referre et submitterc eidcm sacro Concilio : respondit : « Vos 
de hoc non extrahetis aliud a me. » 

Interrogata si se vellet submittere domino nostro Papa; : respon- 
dit : « Ducatis me ad ipsum, et ego respondebo ei. » Nec aliter 
voluit respondere . 

Item, circa ea quii: sibi dicebantur de habitu, etc., juxta tertium 
et quartum articules memorialis antedicti: respondit quod, de illo ' 
habitu, ipsa bene voluerat assumere unam tunicam longam et capu- 
cium mulieris, pro eundo ad ecclesiam et recipiendo sacramentum 
eucharistie, sicut alias respondit, proviso quod, statim post, ipsa 
illum habitum deponeret et resumeret illum quem nunc gerit. Et 
quantum ad alia quœ sibi fuerunt circa hoc ^ exposita, de portando 
istum habitum sine necessitate, speciaiiter dum est in carcere, etc. : 
respondit : « Quando ego fecero illud propter quod ego sum missa 
ex parte Dei, ego accipiam habitum muliebrem. » 

Interrogata an credat se bene facere, capiendo habitum virilem : 
respondit : « Ego me exspecto ad Deum. » 



naulx, etc. estoient cy, s'elle s'i vouldroit rapporter et submeictre : res- 
pond : « Vous n'en tirerés autre chose. » 

Interroguée s'elle se veult submeictre à nostre saint père le Pape : 
respond : « Menés m'y, et je luy respondray. » Et autrement n'en a 
voulu respondre. 

Item, de l'abit, etc. : respond, de icelluy habit, qu'elle vouloit bien 
prendre longue robe et chaperon de femme, pour aler à l'église et recep- 
voir son Saulveur, ainsi que autresfois elle a respondu, pourveu que, 
tantoust après ce, elle le meist jus, et reprinst cestuy que elle porte. 

Item, du seurplus qui luy fut exposé de avoir prins abit d'omme, et 
sans néccessité, etenespécial qu'elle est en prison, etc. : respond : «Quant 
je auray fait ce pourquoy je suis envoyée de par Dieu, je prendray habit 
de femme. » 

Interroguée s'elle croist qu'elle face bien de prendre habit d'omme : 
respond : « Je m'en actend à nostre Seigneur. » 



I. A omet illo. — 2. C ; hzc. 
Procès de Jeanne d'Arc 



322 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Item, dum admoneretur et sibi exponerentur ea quae continentur 
in quarto articule pr^edicti memorialis : respondit quod non blas- 
phemabat Deum nec Sanctas. 

Iterum ' adnionita quod desisteret a portando habitum virilem 
et a credendo quod bene faciat in portando ipsum, quodque recipe- 
ret habitum muliebrem : respondit quod de hoc non faciet aliud. 

Item, interrogata an, quotiens sanct^e Katharina et Margareta 
veniunt ad eam, ipsa se consignet signo crucis : respondit quod 
aliquando facit signum crucis, et aliquando non. 

Item, circa ea quae sibi dicebantur de revelationibus, etc., juxta 
tenorem quinti articuli memorialis antedicti : respondit quod de 
hoc se refert suo judici, scilicet Deo. Et dixit quod revelationes suie 
sunt a Deo, sine alio medio. 

Interrogata an, de signo tradito régi suo, ipsa velit se referre 
archiepiscopo Remensi, domino de Boiisac -, Karolo de Borbonio, 



llcm, l'exortacion 5 que on luy faisoit, c'est assavoir que, en ce qu'elle 
disoit que elle faisoit bien, et qu'elle ne peichoit point en portant ledit 
habit, avec les circonstances touchant le fait de praïuire et porter ledit 
abit, et en ce qu'elle disoit que Dieu et les Saincts luy faisoient faire, 
elle les blaphémoit, comme plus à plain est contenu en ladicte cédule, 
elle erroit et faisoit mal : respond qu'elle ne blaphème point Dieu ne 
ses Saincts. 

Item, admonnestée de se désister de porter l'abit et de croire qu'elle 
face bien de le porter, et de reprandre abit de femme : respond qu'elle 
n'en fera autre chose. 

Interroguée se, toutesfois que sainctes Katherine et Marguerite 
viennent, s'elle se saigne : respond que aucunesfois elle fait signe de la 
croix ', à ['autrefois, non. 

Item de revelationibus : respond que de ce, elle s'en raporte à son juge, 
c'est assavoir Dieu ; et dit que ses révélacions sont de Dieu, sans autre 
moyen. 

Interroguée se du signe baillé à son roy, s'elle se veult rapporter à 

l'arcevesque de Rains, au sire 4 de Boussac, Charles de Bourbon, La 

# 

I . C. Item. — 2. A : Baimoc. — 3. Ms. : extorlacion. — 4. Ms. : aiusné. 



PROCÈS DE Ct)N DAMNATION DE JEANNE d'aRC 323 

domino de Tremollia et Stéphane dicto La Hyre \ quibus aut ali- 
quihus ipsorum dixii monstrasse illam coronani de qua fit superius 
mentio, et quod erant pritsentcs quando angélus detulit pra^dictam 
coronam ad illum quem dicit regem siium, quam tradidit archi- 
episcopo pr^edicto ; vol an se velit referre aliis de parte sua, qui 
scribant sub sigillis ' suis quid sit de isto : respondit : « Tradatis 
mihi ^ nuntium, et ego scribam eis de toto isto processu. » Et aliter 
noluit t credere aut se referre ipsis. 

Item circa ea quas sibi dicebantur de pr.-esumptione divinandi 
futura contingentia, etc., juxta sextum articulum pnedicti memo- 
rialis, respondit : « Ego me refero de hoc ad judicem meum, vide- 
licet Deum, et ad hoc quod aUas de hoc respondi, quod est scriptum 
in Ubro. » 

Item, interrogata utrum, si ad eam mittantur très aut quatuor 
clericorum de sua parte qui veniant hic sub salvo conductu, ipsa 
volet se referre ilUs de suis apparitionibus et his quîE continentur 
in isto processu : respondit quod fiât quod ipsi veniant ; postea 
ipsa respondebit. Et aliter non voluit se referre ad eos vei submit- 
tere de isto processu. 



Tremoulle et La Hire, ausquieulz ou aucun d'eulz elle aurresfois a dit 
avoir monstre ceste couronne, et qu'ilz estoient présens, quant l'angle 
apporta ladite couronne,... et la bailla audit arcevesque ; ou s'elle se 
veult rapporter aux autres de son party, lesquieulz escripsent soubz leurs 
seaulz qu'il en est : respond : « Baille2: ung messagier, et je leur escrip- 
ray de tout ce procès, » Et autrement ne s'i est voulu croire ne rappor- 
ter à eulx. 

Item de tenierilute credeniix et de fuliiris contingeiilihus, etc. ; respond : 
« Je m'en rapporte à mon juge, c'est assavoir Dieu, et ad ce que autres- 
fois j'ay respondu, qui est eu livre. » 

Item, interroguée se on luy envoyé deulx ou trois ou quatre des che- 
valiers de son party, qui viennent par sauf conduit > cy, s'elle s'en veult 
raporter à eulx de ses apparicions et choses contenues en cest procès : 
respond que on les face venir, et puis elle respondra. Et autrement ne 
s'i est voulu raporter ne submeictre de cest procès. 

I. AC : Hire. — 2. C : signis. — 3. .4C omettent !)iihi ; B : michi. — 4. AC : 
non voluit. — 5. Ms. : condit. 



324 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Interrogata utrum velit se referre vel submittere ecclesia; Picta- 
vensi, ubi ipsa fuit examinata : respondit : « Creditis vos me capere 
per hune modum et me per hoc trahere ' ad vos ? » 

Item, in conclusione, ex abundanti ^ et de novo fuit eadem 
Johanna generaliter monita de submittendo se Ecclesias sub pœna 
essendi dimissa ab Ecclesia; quod si Ecclesia ipsam dimitteret, ipsa 
esset in magno periculo corporis et animae, et posset se ipsam 
ponere in periculo incurrendi pœnas ignis aeterni, quantum ad 
animam, et temporalis, quoad corpus, per sententiam aliorum judi- 
cum. Ad quod respondit : « Vos non jam facietis illud quod dicitis 
contra me, quin maie vobis contingat in corpore et anima. » 

Interrogata quod diceret unam causam propter quam ' non se 
refert Ecclesiae : ad hoc noluit '' facere aliam responsionem 5. 

Post hœc, plures doctores et viri periti diversorum statuum et 
diversarum facultatum monuerunt et induxerunt eam caritative, 
atque exhortati sunt ut submitteret se Ecclesias universali militanti, 
domino nostro Papic et sacro Concilio generali, exponendo eidem 
pericula quibus se exponebat, quantum ad animam et corpus. 



Interroguée se à l'église de Poictiers, où elle a esté examinée, elle se 
veult raporter et submeictre : respond : « Mo cuide/-vous prandre par 
ceste manière, et par cela atirer à vous ? » 

Item, en conclusion, d'abondant et de nouvel, fut amonnestée général- 
lement de se submeictre à l'Eglise, et sur paine d'estre laissée par 
l'Eglise ; et se l'Eglise la laissoit, elle seroit en grand péril du corps et 
de l'âme, et se pourroit bien meictre en péril de encourir paines du feu 
éternel, quant à l'âme, et du feu temporel, quant au corps, et par la 
sentence de autres juges. Respond : « Vous ne ferés jà ce que vous dictes 
contre moy, que il ne vous en prengne mal et au corps et à l'âme. » 

Interroguée qu'elle die une cause pourquoy elle ne se raporte à 
l'Eglise : à quoy elle ne voult faire autre responce. 

Et postai plures doctores diversorum statuum et diversarum facultatum 



i. Q : tradere. — ,2 . C : hahuuJauti. — 5. ^ omet qua»i. — 4. Sur grattage en B 
- 5. /(/(';;/. 



PROCES DR CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 325 

nisi se et fiicta sua submitteret Ecclesiai militanti. Respondit ut 
prius. 

Et finaliter, nos, episcopus prœdictus, eidem Johannx diximus 
quod bene adverteret et se advisaret super pra:missis monitionibus, 
consiliis et exhortationibus caritativis, et aliter cogitaret. Ad quod 
dicta Johanna respondit qucTerens : « Infra quod tempus me advi- 
sabo ? » Et nos ei diximus quod tune in prassenti se advisaret et 
responderet quod vellet. Cumque nihil ulterius responderet, ab illo 
loco discessimus, et eadem Johanna ad locum sui carceris reducta 
est. 

MERCURII IX. M AH ' . 

*Item, eodem anno, die merciirii, nona mensis maii pn^^dict 
coram nobis, judicibus prœdictis, in grossa turri castri Rothomagen- 
sis exsistentibus, fuitadducta dicta Johanna, pr^sentibus : reverendo 
pâtre domino abbate Sancti CorneHi de Compendio ; magistris, 
Johannc de CastelHone, Guillehno Erardi, sacrai theologia^ docto- 
ribus ; Andréa Margtierie et Nicolao de Venderès, archidiaconis in 
ecclesia Rothomagensi ; Guillelmo ^ Heton ', bachalario in sacra 
theologia; Auberto Morelli, Hcentiato in jure canonico ; Nicolao 



monueruiif et iuditxerunt eam caritaiive, ntqiw exhortât! siiiit ut submitteret se 
Ecclesia^, etc. Respondit ut prius. 

Et fiiuiliter dominus episcopus dixit eidem Johanuœ quod bene adverteret et 
advisaret super prxmissis monitionibus, consiliis et exhortationibus caritativis 
et cogitaret aliter. Ad quod ipsa Johanna dixit : « Infra quod tempus me advi- 
sabo ? » Domino episcopo respondente quod tune se advisaret et responderet quod 
ipsa vellet 4... 

* Die mercurii, post Vocem jucunditatis, undecima mensis maii, in grossa 
turri castri Rothomagensis, fuit adducta dicta Johanna in prœsentia domino- 
rum judicum, nccnon màgistrorum Johannis de Chasteillon, Gnillelmi '> 
Erardi, domini abbatis sancti Cornillii, tnagistrorum Guillehni Hecton, 



I. En marge de ABC. — 2. C : Guitternio. — 3. C / Haictoii. — 4. U, fol. 
26, fo et \'<^-. — ). Ms. : Guittermi . 



326 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Loiselleur \ canonico ecclesiae Rothomagensis, et domino Johanne 
Massieu. 

. Requisita fuit ac monita ^ eadem Johanna ut de multis et diversis 
punctis in suo processu contentis responderet veritatem, qua; ipsa 
alias negaverat, et in quibus mendose responderat, cum de hoc 
certre informationes, probationes et véhémentes prxsumptiones 
haberentur; fueruntque sibi lecta et exposita plurima de punctis 
praedictis, et eidem dictum ' fuitquod, nisi fateretur veritatem super 
his, poneretur in tormentis, quaa sibi tune in eadem turri parata 
ostendebantur. Ubi etiam prassentes aderant officiarii oui, jussu 
nostro, parati erant ipsam in hujusmodi tormentis ponere, pro 
reductione ipsius ad viam et agnitionem veritatis *, ut per hœc salus 
animce et corporis ejus procurari possent, qu;E ipsa per adinven- 
tiones mendosas gravibus exponebat periculis. 

Ad quae respondit ipsa Johanna in hune modum : « Veraciter, si 
vos deberetis ^ mihi facere distrahi membra, et facere animam rece- 
dere a corpore, ego tamen non dicam vobis aliud ; et si ahquid de 
hoc vobis dicerem, postea semper ego dicerem quod per vim mihi 
fecissetis dicere. » Item dixit quod, in novissimo festo SanctiE Cru- 
cis, habuit confortationem a sancto Gabriele ; et crédit quod fuerit 
sanctus Gabriel ; et hoc scivit per voces suas quod ipse crat sanctus 



^«r/r^a' Marguerie, Nicolai de Venderez, Aubeiii Adorelli, Nicolai Loyse- 
leur, domiui Johannis Massieu, decani Christianilalis. 

Post requisUiones et monitiones eidem factas per judices et adshiiites, res- 
pondit : u Vraiement, se vous me deviez faire détraire les membres et 
faire partir l'âme hors du corps, si ne vous diray-je autre chose; et se 
aucune chose vous en disoye-je après, si diroye-je tousjours que vous le 
me aurics fait dire par force. » 

Item dixit que, à la Sainte-Croix, ouït le confort de saint Gabriel ; « Et 
croiez que ce fust sainct Gabriel » ; et l'a sceu par les voix que c'estoit 
saint Gabriel. 



I. C : Loisehiir. -r- 2. C ; amnioiiila. — 5. /?et O omettent /m?7. — 4. ABC en 
marge: Di' toniwutis. — )■ Q : fieliherctis. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 327 

Gabriel. Item, dicit quod ipsa petivit consilium a vocibus suis utmm 
psa se submittcret Ecclesii^ propter hoc quod gentes ecclesiasticas 
fortiter urgebant eam de se submittendo Ecclesiîe ; et illae voces 
dixerunt sibi quod, si velit quod Deus adjuvet eam, ipsa se exspec- 
tet ad eum de omnibus tacti§ suis. Item, dicit quod bene scit quod 
Dens ' semper fuit magister omnium factorum ipsius, et quod Dia- 
bolus nunquam habuerat potestatem super facta sua. Item, dicit 
quod petivit a vocibus suis an ipsa esset combusta, et quod e^edem ^ 
voces sibi responderunt quod ipsa se exspectet ad Dominum, et ipse 
juvabit eam. 

Item, interrogata, de signo corona: quam dicit fuisse traditam 
archiepiscopo Remensi, utrum ipsa velit se referre eidem archi- 
episcopo : respondit : « Faciatis eum venire, et postea de hoc vobis 
respondebo; nec ipse auderet dicere contrarium ejus quod inde 
vobis dixi. » 

Visa autem obduratione animi sui et modis responsionum sua- 
rum, nos, judices antedicti, timentes ne sibi parum proficere pos- 
sent cruciatus tormentorum, ab eisdem protunc inferendis super- 
sedere duximus, donec super hoc plenius consilium haberemus. 



Ilriii dit qu'elle [a] demandé conseil à ses voix s'elle se submectroit à 
l'Eglise, pour ce que les gens d'église la pressoient fort de se submectre 
à l'Eglise, et ilz luy ont dit que, s'elle veult que nostre Seigneur luy 
aide, qu'elle s'actende à luy de tous ses fais. 

Item, dit qu'elle sçait bien que nostre Seigneur a esté tousjours maistre 
de ses fais, et que l'Ennemy n'avoit oncques eu puissance sur ses fais. 

Ilem, dit que elle a demandé à ses voix s'elle sera arse, et que les dictes 
voix luy ont respondu queelle se actende à nostre Sire, et il luy aidera. 

Item, du signe de la couronne qu'elle dit avoir esté baillé àl'arcevesque 
de Rains, interroguée s'elle s'en veult rapporter à luy : respond : « Faictes 
le y venir, et que je l'oe parler, et puis je vous respondray ; ne il ne 
oseroit dire le contraire de ce que je vous en ay dit î. » 



I. O omet Deus. — 2. C : esdam (sic). — l- U, fol. 31, r". 



328 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

SABBATI XII. MAIL ' 

*Item, die sabbati, xii. dicti mensis maii, immédiate sequenti, in 
domo habitationis nostne, Rothomagi, episcopi praedicti; prassi- 
dentibus nobis, judicibus antedictis, et assistentibus venerandis 
dominis et magistris : Radulpho Rousselli, thesaurario ; Nicolao de 
Venderès et Andréa Marguerie, archidiaconis et canonicis ecclesiie 
Rothomagensis; — Guillelmo Erardi, magistro in sacra theologia ; 
— Roberto Barberii, Dionysio Gastinelli, Johanne Dulcis et 
Auberto Morelli, in canonico jure licentiatis ; — Thoma de Cour- 
cellis, Nicolao Coppequesne % bachalariis in sacra theologia ; — Nico- 
lao Loiselleur 5 et fratre Ysambardo de Petra. Nos, episcopus prse- 
dictus, recitavimus ea quie, die mercurii novissime praeterita, fue- 



*Die sabbati, duodecima maii, in domo dicti domini Bclvacensis, hora 
vesperum, congregatis coram eodem, ac etiam coram domino vicario 
Inquisitoris, dominis et magistris: Radulpho Rousselli, thesaurario ; Nico- 
lao de Vendere\, archidiacono ; Andréa Marguerie, Guillelmo Erart, in 
theologia [doctore], Roberto Barberii, Dionysio Gastinel, Auberto Mo- 
relli, Thoma de Courcellis, Nicolao Couppequesfie, Johanne Dulcis^ 
Ysembardo de Petra et Nicolao Loyseleur. 

Expositis his 4 quœ fuerunt facta, dicta die mercurii, etc., quaerendo 
quid ulterius erat agendum, an expediens erat eamdem Johannam ponere 
in torturis, etc. 

Primo dictus magister Radulphus Rousselli dixit quod sibi videtur 
quod [non], ne processus ita bene factus, prout fuerit, valeat calump- 
niari. 

Magister Nicolaus de Venderei dixit quod sibi videtur quod non est 
expediens quod ponatur in torturis pro nunc. 

Magister Andréas Marguerie dixit quod non expedit pro nunc. 

Magister Guillelmus Erart dixit quod frustra poneretur in torturis, 
cum habeatur materia satis ampla, et sine torturis. 

Magister Robertus Barberii, ut supra. Et iterato moneatur caritative 
una vice pro omnibus, etc., ut se submictat Ecclesiîe ; et si non, in 
nomine Domini procedatur ulterius, etc. 



I . En marge de ABC ; C ajoute menais. — i.C : Couppequesne. — 3. C ; Loisekur. 
— 4. \ls. : Ea. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 329 

rant peracta ; quxrentes ab eisdem assistentibus consilium quid 
superesset agendum, et signanter an expediret prasdictam Johan- 
nam ponere in tormentis. Auditis autem opinionibus singulorum 
et consideratis illis qua^, in die mercurii antedicta, per ipsam 
Johannam responsa fuerant, attentis etiam ejus dispositione, 
voluntate et circumstantiis, in ea re : conclusimus quod non opus 
erat nec expediebat ipsam in tormentis antedictis ponere, et quod 
ulterius ad alia deinceps procederemus. 



SABBATI XIX. ' MAIL 



*Item, sabbati immédiate sequenti, xix. die dicti mensis maii, 
coram nobis, judicibus antedictis, in cappella domus archiepiscopa- 



Magister Dionysius Gast'niel dixit quod non expedit eann ponere in 
torturis. 

Magister Aubertus Morelli dixit quod sibi videtur quod expedit eam 
ponere in torturis, ad sciendum veritatem [de] mendaciis ejus. 

Magister Thomas de Courcellis dixit quod sibi videtur bonum esse 
eam ponere. Dixit etiam quod venit interroganda utrum se submittere 
velit judicio Ecclesia;. 

Magister Nicolaus Coiippequcsne dixit quod non expedit eam ponere in 
torturis ; sed iterum moneatur caritative de se submittendo determinationi 
Ecclesiae. 

Magister Johannes Dulcis, ut supra. 

Frater Ysembardus de Petra, ut supra ; sed moneatur ultimate de se 
submictendo Ecclesias militanti. 

Magister Nicolaus Loyseleur dixit quod sibi videtur quod, pro medicina 
animas suas, bonum esset eam poni in torturis ; tamen se refert opinio- 
nibus pn^dictorum. 

Magister Guillelmus- Hectoii J supervenit, qui fuit opinionis quod non 
est ponenda in torturis. 

Magister Johannes Magistri, vicarius, dixit quod est iterum interro- 
ganda utrum credat se debere submittere Ecclesiae militanti +. 

* Jiino Domini inillesimo qnadringentesimo tricesimo primo, die sabbati, 
décima nona mensis maii, congregatis iii cappella Diaiierii archiepiscopalis, 



I. En marge de ABC. — 2. Ms. : Guillermus. — 3. Ihid. : Hector. — 4. C/, 
fol. 31, r" et vo. 



330 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

lis Rothomagensis exsistentibus et pro tribuiiali sedentibus, com- 
paruerunt venerabiles viri, domini, patres et magistri : ^Egidius Fis- 
campnensis, Guillelmus de Mortuomari, in theologia ; Nicolaus de 
Gemeticis, Guillelmus de Cormeliis, in jure canonico, doctores, 
abbates; — necnon Abbas de Pratellis et prior Sancti Laudi, Prier 
de Longavilla, Johannes de Nihat, Jacobus ' Giiesdon, Johannes 
Foucherii, Mauricius de Quesneyo, Johannes Fabri, Guillelmus 
Boucherii, Petrus Houdenc % Johannes de Castellione, Erardus 
Eniengart "', Johannes Beanpère, Petrus Mauricii, Nicolaus Midi, 
doctores; — Guillelmus //^//a;/ •♦, Nicolaus Coppequesne ^ , Thomas 
de Courcellis, Ricardus de Groucheto '', Petrus Minerii, Radulphus 
Silvestris, Johannes Pigache, bachalarii in sacra theologia; — Radul- 
phus Rousselli, in utroque ; Johannes Guerini, Pasquerius de Val- 
libus, in canonico jure doctores; — Robertus Barberii, Dionysius 
Gastincl, in canonico ; Andréas Margucrie, in civili ; Nicolaus de 
Vcnderès, Johannes Pinchon, in canonico; Johannes Ad-Ensem, ^gi- 
dius de Campis, Nicolaus Caval, in civili ; Johannes Brulloti, in 
canonico jure, licentiati; Nicolaus Loiselleur '', canonici ccclesiiv 
Rothomagensis ; — Johannes Dulcis, Guillelmus de Liveto, Petrus 
Carrel, Gauffridus de Croteyo, Ricardus de Sauls ^, Burellus de 



corani domiiiis episcopo Belvacensi et victirio domini Liqiiisitoris, domiiiis et 
magisiris : Radiilpho Rousselli, Nicolao de Venderez, Ahhaie Fiscampnensi, 
Andréa Marguerie, Johanne Pinchon, Johanne de Chasteillon, Erardo 
Eniengart, Guiilehno9 le Bouchier'°, Priore de Longavilla, Johanne Beau- 
père, Nicolao Midi, Manricio de Ouesneio^^, Petro de Hodeng, Johanne 
Fabri, Ahhaie de Mortuomari, Priore Sancti Laudi, Petro Mauricii, Jacoho 
Guesdon, Johanne Fouchier, Ahhatc de Cormeilliis, Thoma de Courcellis, 
Nicolao Couppequesne, Radulpho Silvestris, Johanne Pigache, Ricardo de 
Groucheto, Nicolao Loyseleur, Pasquerio De Vaulx, Dionysio Gastinel, 
Johanne Maugier, Johanne Secart '^, Johanne Ad-Ensem, Gaufrido de Cro- 
tay, Giiillelmo^'i de Caméra, Johanne de Ouemino, Martino Lavenu, Ysem- 



I. C ajoute de. — 2. C : Hodenc. — 3. C : Emcngard. — 4. C ; Haittoti. — 
5. C ; Couppequesne. — 6. C : Grcuceto. — 7. C ; Loiseteur. — 8. AC : Saulx. — 
9. Ms. : GuUlerino. — 10. Ihid. : Bouclier. — 11. Ibid. : Ouercu. — 12. Ms. et Q : 
Feeart. — 13. M s. : Gtiilttrmo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 33 1 

Cormeliis, Aubertus Morelli, Johannes de Quemino, Laurentius de 
Busco', Johannes Columbelli, Radulphus Ans^ny \ Guerouldus 
Postelli, aliqui in canonico, alii in civili jure licentiati. 

In quorum pr^sentia, nos, episcopus saepedictus, exposuimus 
qualiter duduni receperamus deliberationes et opiniones notabilium 
doctorum et magistrorum, in multitudine copiosa, super assertio- 
nibusdatis etconfessatisperpraînominatam' Johannam; quibus qui- 
dem deliberationibus habitis, ulterius ad conclusionem causœ pro- 
cedere poteramus, quoniam merito sufficere videbantur. Verum ut 
honoreni et reverentiam matri nostr^e Universitati studii Parisien- 
sis deferremus, amplioremque et clariorem materiie elucidationem 
haberemus, pro majori serenatione conscientiarum et omnium xd'i- 
ficatione, assertiones memoratas prsefatas matri Universitati et prœci- 
pue Facultatibus theologice et decretorum transmittere duximus, deli- 
berationes doctorum et magistrorum ejusdera Universitatis et potis- 
simedictarumduarum Facultatumrequirendo. Qu3e quideni Univer- 
sitas, et signanter ipsi^ duœ Facultates, zelo fidei non mediocriter 
accensïe, diligenter, mature et solemniter suas super singulis delibera- 
tiones dederunt, et eas nobis sub instrumento publico transmiserunt. 
Quas quidem deliberationes, in ipso instrumento contentas, de 
verbo ad verbum tune perlegi palam et intelligibiliter fecimus, 
audientibus cunctis pra^nominatisdoctoribus et magistris. Deinceps 



hardo de Petra, Guillehiio de Liveto, Johaiiiie Diilcis et Johanue CoJiiiiihelli, 
Ricardo de Salicihus + ei Laiirentio de Biisco >, Pelro le Minier, Pefro Carré, 
Radulpho Anguy ^. 

Primo domiiiiis episcopus rccitavit dediictiouevi processus ad lo}ii;;iim. 

Et deiiide de maiidato doniiiioriun jiidiciim fuit Icctuiu iiistruiiieiitiiiii deli- 
berationis Universitatis Parisieusis. 

Post cujus lecturaiii,fuit etiam lecta scheditla 1 deliberatioinuii iiiaaistrortiin 
et doctoriiiii plurinioriiin, Rothoniagi datariiiii,et ciiiii hoc deliberationes alionnii 
masistroruiu . 



I. O : Busto. — 2. Ibid. : Aii^uy. , — 3. C : prxjatain. — 4. IbiJ. : Sidacibiis. — 
5. Ms. et Q : Busto. — 6. M's. et O : Augity. Ms. en marge : Deterniiiiatio et deti- 
1>eralio Universitatis Plmrisiensis (sic). — 7. Ms. : cediila. 



332 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

vero hujuscemodi deliberationibus Universitatis et Facultatum prse- 
dictarum auditis, pra^dicti suas deliberationes dixerunt et explicave- 
runt conformiter ad dictas Facultates et Universitatem, ultra ea 
qune super his alias deliberaverunt, tam super qualificationibus asser- 
tionum antedictarum, quam super modo procedendi quem ulterius 
tenere debebamus. Quarum deliberationum ac ' etiam litterarum 
dictae Universitatis tenores hic scribi fecimus. 

Et primo sequitur tenor litterarum dict.e Universitatis, domino 
n'ostro regi transmissarl'm : * 

« A très excellent, très hault et très puissant prince le roy de France 
et d'Angleterre, nostre très redoublé et souverain seigneur. Très excel- 
lent prince, nostre très redoubté et souverain seigneur et père, vostre 
roialle excellence sur toutes choses doit estre songneusement 3 appliquée 
à conserver l'onneur, révérence et gloire de la divine majesté et de sa 
saincte foy catholique, entièrement, en faisant extirper erreurs, faulses 
doctrines, et toutes autres offenses contraires, lin ce continuant, vostre 
hautesce ■^ en tous ses affaires trouvera par efïect, aide, secours et pros- 
périté, par grâce haultaine avec grant acroissement de vostre hault renom. 
Aiant à ce considéracion, vostre très noble magnificence, la niercy sou- 
veraine, a moult bon euvre commencié touchant nostre sainte foy : c'est 
assavoir, le procès judiciaire contre celle femme que on nomme la 
Pucelle, et ses escandes, faultes et offenses aussi >, comme manifestes en 
tout ce royaume, dont nous avons escript par plusieurs fois la forme ^ 
et manière. Duquel procès nous avons sceu et aussi le contenu et démené 
d'icellui, par les lettres à nous baillées, et la relacion faite, de par vostre 
excellence en nostre assemblée solennelle, par noz suppostz 7, très hono- 
rez et ** révérens maistres, Jehan Beaupère, Jaque de Touraine et Nicole 
Midi, maistres en théologie; et lesquels aussi nous ont donné et relaté 



Et bis 9 sic actis, pctiit dominits Belvacensis qitaliter cral tdlerius procé- 
der! du ni "^. 



I. O : et. — 2. ABC en marge : lenor litterarum Universitatis Parisiensis do- 
mino nostro régi (^AC ajoutent transmissarum). — 3. C .• songnieu sèment. — 4. AC : 
haultesce. — 5. A : ainsi . — 6. C : fourme. — 7. A : suppo^. — 8. jQ ajoute très. 
— 9. Ihid. : hiis. — 10. U. fol. 31, vo. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE DAKC 333 

response sur les autres poins dont ilz estoient chargiez. Et en vérité, oye ' 
icelle relacion et bien considérée, il nous a semblé, ou - fait d'icelle 
femme avoir esté tenue grande gravité, sainte et juste manière de procé- 
der, et dont chacun doit estre bien content. Ht de toutes ces choses nous 
rendons grâces très humblement à icelle majesté souveraine première- 
ment, et en après à vostre très haulte noblesse 3, de humbles et loiales 
afteccions ; et finablement à tous ceulx qui, pour la révérence divine, ont 
mis leur peine, labeur et diligence en ceste matière, au bien d'icelle nostre 
saincte foy. Mais au surplus, nostre très redoubté et souverain seigneur, 
selon ce que par vos dictes lettres et icculx maistrcs révérens, vous a pieu 
nous mander, enjoindre et requérir, nous, après plusieurs convocacions, 
grandes et meures délibéracions entre nous eues et tenues sur ce + par 
pluseurs fois, renvoions pardevers vostre excellence nos advis, conclu- 
sions et délibéracions sur les poins, assercions et articles qui baille/ et 
exposez nous ont esté; et sommes tousjours prestz nous emploier entiè- 
rement en telles matières touchans directement nostre dicte foy, comme 
aussi nostre profession le veult expressément, et de tous temps l'avons 
monstre de tous noz pouvoirs >. Et, se aucune chose restoit sur ce à 
dire ou exposer de par nous, yceulx ^ hpnnourez et révérens maistres, 
qui de présent retournent pardevers vostre noble haultesse ", et lesquelz s 
ont esté présens à noz dictes délibéracions, porront 9 plus amplement 
déclarer '°, exposer et dire, selon icelle nostre intencion, tout ce qu'il 
appartendra; auquelx " il plaira vostre magnificence adjouster foy, en ce 
que dit est, pour ceste fois de par nous, et iceulx avoir singulièrement 
recommandez ; car véritablement ilz ont fait es choses dessusdites très 
grandes diligences, par sainctes et entières affeccions, sans espargner 
leurs painnes'-, personnes et facultez, et sans avoir regart'3 aux grans et 
éminens périlz qui sont es chemins notoirement ; et aussi par le moyen 
de leurs grans sapiences ordenées et discrètes prudences, ceste matière a 
esté et sera, se Dieu plaist, conduitte jusques en fin sagement, saincte- 
ment et raisonnablement. Toutesvoies finablement nous supplions hum- 
blement à vostre excellente haultesse '4 que très diligemment ceste matière 
soit par justice menée à fin briefment '> ; car, en vérité, la longueur et 
dilacion est très périlleuse, et si est très nécessaire sur ce notable et 
grande rèparacion, à ce que le peuple qui par icelle femme a esté moult 



I . C ; ouye. — 2. C : au. — ^. A : noblesce. — 4. C omet sur ce. — ). C : 
pouatrs. — 6. AC : iceulx — 7. C ; hauUesce. — %. C : Fesqulex, — 9. C ; pourront. 
— 10. C : déclair er. — i\. A : ausquel^; C : auque.1:;^. — 12. C ; paines. — 13. C: 
rt'^ard. — 14. AC : hauUesce. — ^S- Q ■' briejvenient. ■ 



334 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

scandalisé, soit réduit à bonne et sainte ' doctrine et crédulité. Tout à 
l'exaltation et intégrité de nostre dicte foy et à la loange ^ d'icelle éter- 
nelle divinité, qui vostre excellence vueille maintenir par sa grâce en pros- 
périté jusques en gloire pardurable ! Escript à Paris en nostre congréga- 
cion solennellement célébrée à Saint-Bernard 3 le xiiiF jour du mois de 
may, l'an mil CCCC. et XXXI . Vostre très humble tille, l'Université de 
Paris. — Hébert. » 

Item seq.uitur tekor litterarum dict.k Un'iversitatis Parisiensis 
kobis, episcopo pr.edicto, transmissarum •^ : 

« Reverendo in Christo patri et domino, domino episcopo Belvacensi. 
Pastoralis vigilantiiv laborem sedulum, révérende pater et domine, sin- 
gularissimit caritatis fervor imniensus incitare probatur, ubi stabili con- 
stantissimaque solertia ad fidei sacrœ tutamen non desistit operari soli- 
dissima rectitudo, pia aftectione publicai salutis. Probatum siquidem 
exstitit sinccrissimi vestri fervoris virile celeberrimumque certamen, quo 
tandem, vigente validissima probitate, ad vesinv justitios manus mulier 
illa qua; Puella vociferatur, propitiante gratia Christi, deducta est; per 
cujus latissime dispersum virus ovile christianissimum totius ferc occi- 
dentalis orbis infectum manifestatur; cui obsistcre palam non defuit, veri 
pastoris opéras exercere curans, vestra:; revercntice sollicitudo pervigilis. 
Adversus autem perfida; illius mulieris graves oflfensas processus incep- 
tos formamque et deductionem eonim, cum nonnullis assertionibus, pro- 
positionibus seu articulis atque domini nostri régis vestroi etiani reve- 
rendic paternitatis litteris, credentiis et requestis, nobis palam eleganter- 
que exposuerunt famosissimi sacra; théologie doctorcs et alumni nostri, 
magistri Johannes Pulchripatris, Jacobus Turonensis 5 et Nicolaus Midi. 
Post eoruni vero susceptos ad plénum sermones, maximas reverenda; 
vestrïe domination! gratiarum largitiones disposuimus exhibere, quje 
celeberrimi hujus operis ad divini nominis exaltationem, fidei ortho- 
doxie integritatem et gloriam, et totius populi fidelis saluberrimam a-di- 
ficationem, nescit quomodolibet pigritare ; formam insuper processuum 
celebrem sacrisque conformem juribus attendentes, maximis disertissi- 
misque prudentiis emanatam comprobavimus. Omnes etiam, quas litte- 
rarum seu propriiv vocis oraculo pra?foti doctores porrexerunt, reques- 



ï. C : saintte. — 2. AC : loenge. — 3. C : Benard. — 4. ABC en marge : Ténor 
litterarum Universitatis Parisiensis nobis, episcopo prscdicto,trans mi ssarum.— ^.ABC 
et O ; Textoris, sur grattage en fi ; C de Turonia. 



1 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 335 

tas, ob ejusdem domini nostri régis contemplationem revercnda^que ves- 
tnç dominationis favorem vetustum, gratissime concessimus, sinceris 
zelantes afFectibus revcrendit vcstrce pateniitati in singulis pro viribus 
complaccre. Verum super matoria principali plurimas consultationes ' 
deliberationesquc gravissimas haberc curavimus, ubi, materia agitaia plu- 
ries liberaque vcritate discussa, pcr nos tandem unanimi consensu con- 
clusas, in scriptis redigi voluimus delibcrationes et determinationes nos- 
tras, quas pr^etati doctorcs et alumni, apud ejusdem domini nostri sere- 
nitatem vestrasque reverenti^e prc^esentiam remeantes, fideliter exhibe- 
bunt. Caetera etiam pro parte nostra exponere curabunt, qiuv continget 
latins explicare, veluti ad plénum tenore suo manifcstabunt littéral quas 
nunc dirigimus eidem domino nostro régi, quarum copia pra^sentibus 
interclusa est. Ipsos tamen doctores egregios qui, personis, periculis aut 
laboribus non parcentes, in hac ftdei materia élabore non desistunt, ves- 
tra suscipiat reverentia specialiter recommissos. Ad hujus nihilominus 
incepti operis eeleberrinii indefessam paternae solertia? curam persévé- 
rant! opéra intendentes, quousque, secundum exigentiam rationis, per 
offensarum condignam reparationem divina majestate placata, fidei ortho- 
doxe^ Veritas illibata persistât, et cesset iniqua scandalosaque «dificatio 
populorum, ut tandem princeps pastorum, cum apparuerit, reverenda; 
vestrae pastorali soUicitudini immarcescibilem gloriac coronam retribuere 
dignetur. Scriptum Parisius, in nostra congregatione generali, apud 
Sanctum Bernarduni solemniter celebrata, die xiiii mensis maii, anno 
Domini millesimo CCCC. XXXI. Vestri Rector et Universitas studii Pari- 
siensis. » Sic signatum : « Hébert. » 

Item seq.uitur deliberatio Uxiversitatis studii Parisihnsis - : 

« In nomine Domini, amen. Hujus pr;\:;sentis publici instrumenti 
tenore cunctis pateat evidenter et sit notum quod, anno ejusdem Domini 
millesimo quadringentesimo tricesimo primo, indictione nona, mensis 
vero aprilis die xxix*, sede apostolica 3, ut asseritur, pastore carente 5 ; 
aima Universitate studii Parisiensis apud Sanctum Bernardum super duo- 
bus articulis solemniter convocata et congregata ; quorum quidem arti- 
culorum primus et principalis erat ad audicndum litteras et quiedam 
proponenda pro parte christianissimi principis domini nostri régis ac sui 
consilii, et dominorum judicum, in facto processus cujusdam mulieris, 



I. A omet consultationes . — 2. JB en marge : Deliberatio Univcrsitatis sludii 
Parisiensis. — 3 . C .• archiepiscopali. ■— 4. Q : XIX. — S-Q ■' vacante. 



33^ PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

nomitie Johanmv, vulgariter dictiv la Pucellc, in materia lidci, et super 
eisdem deliberandis ; et secundus articulus erat communis, super suppli- 
cationibus et injuriis ; quibus articulis sic per venerandiv circumspectio- 
nis virum, magistrum Petrum de Gouda ', magistrum in artibus, ejus- 
dem Universitatis Rectorem, et in ipsa congregatione pra.'sidentem, expo- 
sitis ; apertisque et lectis litteris pra^dictis, et exposita credentia in eis- 
dem litteris contenta, per organuni alterius ambassiatorum domini nos- 
tri régis, sui consilii et judicum pra.'dictoruni ad eamdem Universitatem 
destinatorum, ac lectis duodecim articulis hic inferius annotatis : Item, 
dominus Rector aperuit, proposuit et declaravit quod materia in articu- 
lis, de quibus supra fit mentio, contenta, erat magna et ardua, fidem 
orthodoxam, religionem christianam, sacras sanctiones concernens ; cujus 
dcterminatio et articulorum hujusmodi qualilicatio pr;vcipue spectabat et 
pcrtinebat ad vencrandas theologia\ scilicet, et decretorum Facultates, 
secundum suas professiones ; subjungendo quod dicta Univcrsitas hujus- 
modi materias determinationem et articulorum, de quibus supra fit men- 
tio, qualificationem deliberaret et concluderet, praedictis Facultatibus 
committendo; quarum Facultatum dcterminatio et qualificatio, ad eam- 
dem Universitatem per easdem, autearum nominibus, ret'erretur. Quibus 
sic expositis, idem dominus Rector omnia et singula, tune in dicta con- 
gregatione exposita, in omnium et singulorum magistrorum et doctorum 
ibidem exsistentium deliberationibus posuit, et deinceps singuLt Faculta- 
tes et Nationes, ad partem, in locis - ubi in arduissimis causis et negotiis 
deliberandis hactenus congregari consueverunt, ad deliberandum tam 
super pragmissis quam aliis, abierunt et recesserunt ; facientes singuli in 
eisdem locis sessionem solitam. Post quarum quidem Facultatum et 
Nationum maturam deliberationem, singulis deliberationibus carumdem, 
ut moris est, in communi publicatis et repetitis ; tandem saepedicta Uni- 
vcrsitas, per organum praelibati domini Rectoris, ex concordi singularum 
Facultatum et Nationum deliberatione, conclusit quod prœdictx- mate- 
ri^e determinationem cum articulorum, de quibus supra, qualificatione, 
dictis theologiae et decretorum Facultatibus committebat faciendas et 
eidem Universitati referendas. » 

« Ilem, anno et indictione praedictis, mensis maii die décima quarta 
sede apostolica, ut fertur ', pastore carente, prœfata aima Universitate 
studii Parisiensis apud Sanctum Bcrnadum praedictum solemniter super 
duobus articulis congregata, quorum primus et principalis erat ad audien- 



I. ABC et Q : Gouda. — 2. Q : îoco. — 3. C : pra^feitur . 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 337 

dum deliberationes vcnerendaruni l'acultatum, theologiiv scilicct et 
decretorum, prnsdictarum, in materia fidei, alias, videlicet die vicesima 
nona mensis aprilis novissimi pr^eteriti, eisdem a pr^edicta Universitatc 
commissa ; cujus quidem articuli materia per organum dictidomini Rec- 
toris luculenter et seriose exposita, idem dominus requisivit dictas Facili- 
tâtes, in eadem congregatione pra^sentes, quatinus suas determinationes 
in materia pntdicta, et articulorum qualificationes in conspeciu dictiv 
Universitatis publice aperirent et referrent. Quibus, sic Jt pnvmittitur, 
requisitis, veneranda Facultas theologia.-, per organum venerabilis et ■ 
circumspecti viri, magistri Johannis de Trecis, ejusdem Facultatis decani 
tune vices gerentis, respondit quod fréquenter et vicibus iteratis quasli- 
bet praedictarum theologia2 et decretorum Facultatum, tam in se tota, 
quam in deputatis per eamdem, fuerat congregata super materia prœ- 
dicta, pro determinatione habenda in eadem et qualificatione articulorum, 
de quibus supra, facienda; et tandem qutelibet earumdem, post maturam 
diuturnamque deliberationem, determinaverat - per modum doctrinas 
super prfemissis, modo et forma contentis de verbo ad verbum in quo- 
dam quaterno papyreo 5, quem praîfatus magister Johannes in suis mani- 
bus tenebat, ac publice in conspectu ipsius Universitatis legendum exhi- 
bait, altaque et intelligibili voce, cum articulis de quibus supra qualifi- 
catis, legi fecit. Quorum articulorum, determinationum et qualificatio- 
num, in prasdicto quaterno papyreo 4 contentorum, tenores de verbo ad 
verbum sequuntur 5 et sunt taies : 



« SEQ.UUNTUR ARTICULI DE DICTIS ET FACTIS JOHANN^E, VULGARITER 

NUNCUPAT^ la Pucelle ^. » 

« Et primo, quïedam fœmina dicit et affirmât quod, dum esset ietatis 
annorum tredecim vel eocirca, etc. 7. » 



I. AC : ac. — 2. ABC : delerminaverunt. — 5. AC : papireo. — 4.. A : papireo. 
— 5. BC : secuntur. — 6. C en marge: Articuli de dictis et factis Johanux. — 
7. Voyez plus haut, p. 270 et 55. 



Procès ue Jeanne u'Akc. 



338 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

« SeQUUMTUR DELIBERATA et CON'CLUSA PER SACRAM FaCULTATEM THEO- 
LOGIE s IN UnIVERSITATE PaRISIEMSI, in aUALIFICATIONIBUS ARTICULO- 
RUM DE DICTIS ET FACTIS JOHANN.E, VULGARITER DICT/E. la Pucellc, 
COMPOSITORUM ET SUPERIUS DESCRIPTORUM, Q.UAS Q.UALIFICATIONES, ET 
PER EAMDEM FaCCLTATEM DELIBERATA ET CONCI.USA, OMNIAQUE ET SIN- 
GULA HANC MATERIAM CONCERNENTIA SUBMITTIT DICTA FaCULTAS OMNl- 
MOD.E DETERMINATIONI DOMINI NOSTRI SUMMI PONTIFICIS AC SACRO- 
SANCT1 GENERALIS CONCILII. » 

[I] 

« Et PRIMO, quoad prinium articulum, dicit ipsa Facilitas per modum 
doctrinaj, pensatis fine, modo et materia revelationum, qualitate persona.' 
aclococum aliis circumstantiis, quod vel sunt ficta mendacia, seductoria 
et perniciosa, vel pr;ï;dictx' apparitioncs et rcvelationes sunt superstitiosic, 
a malignis spiritibus et diabnlicis, Belial, Satan - et Behemmoth, proce- 
dentes. » 

[H] 

« Item, quoad secundum articulum, quod illud quod continet non 
videtur verum, imo potius est mendacium praiîsumptuosum, seducto- 
rium, perniciosuni et fictum, ac angelicif dignitatis derogativum. » 

[III] 

« Item, quoad tertium articulum, quod non sunt sufficientia signa in 
eo contenta, et dicta fœmina leviter crédit ac teniere asserit. Insuper, in 
comparatione quam facit, maie crédit et errât in fide. » 

[IVJ 

« Item, quoad quartum articulum, quod in eo continetur superstitio, 
divinatoria et pncsumptuosa assertio cum inani jactantia. » 

« Item, quoad quintum articulum, quod dicta fœmina est blasphéma 5 
in Deum et contemptrix Dei in suis sacramentis, legis divinx' 
et 4 sacnt' doctrine ad sanctionum ecclesiasticarum prcevaricatrix, maie 
sapiens et errans in fide, et se jactans inaniter, et habenda est suspecta de 
idolatria et exsecratione sui ac vestium suarum demonibus>, ritumgenti- 
lium imitando. » 

I. ABC en marge : Deliheralio facultatis theohgix. — 2. AC : Sathaii. — 
3. ABC : NapheiiKi. — 4. AC : iic. — 5. ABC ; Q omet : âernonihus. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 339 

[VI] 

« Item, quoad sextuni articulum, quod dicta fœniina est proditrix, 
dolosa, crudelis et sitibunda etiusionis sanguinis humani, seditiosa et ad 
tyrannidem provocans ; blasphematrix ' Dei in niandatis et revelationi- 
bus suis. » 

[VII] 

« Item, quoad septimum, quod dicta fœmina est impia in parentes, 
pragvaricatrix praecepti dehonoratione parentum, scandalosa, blasphéma ^ 
in Deum ; et errât in tide, ac temerariam et pn\;sumptuosam promissio- 
nem fecit. » 

[VIII] 

« Item quod, in octavo articulo, continetur pusillanimitas vergens in 
desesperationem, interprétative in sui ipsius homicidium ; pntsump- 
tuosa et tenieraria assertio de remissione culpiv pnçtcnsa ; et quod dicta 
fœmina maie sentit de libertate humani arbitrii. » 

[IX] 

« Item quod, in nono articulo, continetur privsumptuosa ac tenieraria 
assertio, ac mendacium perniciosura; et contradicit sibi in prsecedenti 
articulo, ac maie sapit in fide. » 

[X] 

« Item quod, in decimo articulo, continetur prassumptuosa assertio ac 
tenieraria, divinatio superstitiosa, blasphemia 5 in sanctas Katharinam et 
Margaretam, et transgressio pnecepti de dilectione proximi. » 

[XI] 

« Item, quoad undecimum articulum, quod dicta fœmina, supposito 
quod revelationes et apparitiones de quibus se jactat habuerit cuni 
determinatis circa primum articulum, est idolâtra, invocatrix da^moniuu, 
et errât in fide, temere asserit et illicitum emisit juramentum. » 

[XII] 

« Item, quoad duodecimum articulum, quod dicta fœmina est schis- 
matica 4, maie sentiens de unitate et auctoritate Ecclesias, apostatrix ; et 
hue usque pertinaciter errât 5 in fide. » 



I. ABC : blapheinatrix. — 2. ABC : blaphettui. — 3. ABC : hlaphema. — 
/). AC : scismatica. — 5. C .' erraiis. 



340 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 



n 



« Sequitur deliberatio et determinatio, per modum doctrin.k, vene- 

RAND.E FaCULTATIS DECRETORUM IN UnIVERSITATE PaRISIENSI, SUPER 
DUODEC1M ARTICULIS ' DICTA ET FACTA JOHANN^, VULGAR1TER DICT.E 

la Pucelle, concernentibus, supra annotatis et descriptis; quas 

DÉLIBERATIONEM ET DETERMINATIONEM SUBMITTIT DICTA FaCULTAS 
ORDINATIONI ET DETERMINATIONI SUMMI PoNTIFICIS SaNCT.1-: SeDIS 
APOSTOLIC.E AC SACROSANCTI GENERALIS CONXILII. » 

« Si dicta fœmina, compos sui, affirmaverit perlinaciter propositionos 
in duodecini articulis suprascriptis dcclaratas, et facta contenta in eisdem 
opcrc adimpleverit, visitatis diligenter propositionibus supradictis, vide- 
tur Facultati decretorum, per modum consilii vel doctrin;TS, caritative 
loquendo : 

[I] 

« Primo, quod dicta fœmina est schismatica *, cum schisma ' sit illi- 
cita divisio, per inobedientiam, ab unitatc EcclesiiV facta, et ipsa se sépa- 
rât ab obedientia Ecclesi;e militantis, prout dicit, etc. » 

[H] 

« Item, quod ipsa fœmina est erronea in fide ; contradicit articulo 
fidei, contento in symbolo minori, unam sanctam ecclesiam catholi- 
CAM ; et, ut ait beatus Hieronymus, contradicens huic articulo -se non 
solum imperitum, malivolum et non catholicum, sed haereticum com- 
probabit. » 

[III] 

« Item, et quod ipsa fœmina est etiam apostatrix, tum quia coniam, 
quam sibi Deus dédit ad velamen, malo proposito sibi amputari fecit, 
tum etiam quia, eodem proposito, relicto habitu niuliebri, virorum habi- 
tum imitata est. » 

[IV] 

« Item, et quod ipsa fœmina est mendosa ac divinatrix, cum dicit se 
missam a Deo, et loqui angelis ac Sanctis, et non ostendit per operatio- 
nem miraculi vel scriptura; testimonio speciali ; unde. cum Dominus 
vellet mittere Moisem in ^Egyptum ad filios Israël, ut crederent ei quod 



I. ABC en marge : Deliberatio Facidtatis decretorum. — 2. AC : icismatica. — 
5. AC : scîsma. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 34 1 

mittcretur ab ipso, dédit eis signum ut converteret virgam in colubrum, 
et colubrum in virgam. Iterum, ut reformaret Johannes quoque Bap- 
tista, spéciale sua? missionis testimonium protulit ' ex Scriptura, dicens : 
« Ego vox clamantis in deserto ; dirigitc viam Doniini », sicut ait Isaias 
propheta. » 

[V] 

« Item, et quod ipsa fœmina,pn\;suniptione juris et de jure, errât in fide, 
tum primo cum ipsa sit anathema auctoritate canonis, remansitque in 
eodem statu per magna tempora ; tum secundo, quia dicit se malle non 
recipere corpus Christi, et non confiteri, tempore statuto per Ecclesiam, 
quam, dimisso habitu virili, reassumere habitum mulierum ^. Est etiani 
vehementissime 5 suspecta de h^eresi, et super articulis fidei diligenter 
examinanda. » 

[VI] 

« Item, ipsa 4 fremina etiam errât in hoc quod dicit se esse itacertam 
quod ducetur in paradisum, sicut si jam ipsa esset in gloria Beatorum ; 
cum, in ista peregrinatione, an viatorlaude vel œrumna dignussit, ignora- 
tur, sed a solo Judicesupremo cognoscitur.Quare, sipra;dicta fœmina,ca- 
ritative exhortata et débite monita a judice competenti,ad fidei catholica; 
unitatem sponte recurrere et errorem suum ad arbitrium dicti judicis pu- 
blice abjurare, et satisfactionem congruam noluerit exhibere, sa^cularis 
judicis arbitrio est relinquenda, debitam receptura pro qualitate facinoris 
ultionem. » 

« Post quorum articulorum, détermination um et qualificationum lec- 
turam, prœdictus dominus Rector publiée et alta voce petiit a prtedictis 
venerandis Facultatibus theologia; et decretorum, si priedictaî delibera- 
tiones, determinationes et qualificationes, sic ut piiemittitur lectîe, in pr.'e- 
dicto quaterno contentas, essent sic deliberata; et conclusse per pn-edictas 
Facultates. Quo audito, dictae Facultates seorsum responderunt, videlicet, 
Facultas > theologiie per organum pr^edicti magistri Johannis de Trecis, 
et Facultas decretorum per organum venerabilis viri magistri Gueroldi ^ 
Boisselli, ejusdem decretorum Facultatis decani, quod prasdicto; determi- 
nationes et qualificationes erant qualificationes et determinationes data; 
et conclusiv per prasdictas Facultates. Quibus sic dictis, prcedictus 



i. Q : practulit. — 2. C : muliebreiii. — 5. C :vehementer. — 4. A : Etiavi ipsa. 
— 5. B : Fiiciihates. — 6. (? ; Gtieioiiici. 



342 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dominus Rector aperuit et dcclaravit qualiter pntdicta Univcrsitas 
prasdictani materiam, determinationes et qualificationes articulorum, 
de quibus supra, faciendas praîdictis theologiae et decretorum Faculta- 
tibus, alias ut dictumest, commiserat; et quod ipsa Universitas prœdictas 
determinatioiîes et qualificationes, sic ut pi'iemittitur, per prasdictas ' 
theologic-e et decretorum Facultates factas, ratas et gratas haberet et suas 
reputaret. Quibus hoc in effcctu et substantia similibus ita dictis, siiepedic- 
tus 2 dominus Rector omnia et singula in dicta congregatione exposita, 
dicta et narrata in omnium et singulorum magistrorum et doctorum ibi- 
dem exsistentium deliberationibus posuit. Et deinceps, singulœ FacuU 
tafes et Nationes ad partem, in locis ubi in arduissimiscausis et negotiis 
deliberandis hactenus congregari consueverunt, ad deliberandum tam 
super pra-missis quam pluribus aliis arduis negotiis, ipsam Universitatem 
tangcntibus, abieruiit et reccsserunt, facientes singuli in eisdem locis ses- 
sioncm solitam. Post quarum quidem Facultatum et Nationum niaturam 
diuturnamque deliberationem, singulis deliberationibus earumdem, ut 
moris est, in communi publicatis et repetitis, tandem prjefata Universitas, 
per organum dicti domini Rcctoris, ex concordi singularum Facultatum 
et Nationum deliberatione, conclusit quod pra^dictas determinationes et 
qualiiicationes, per dictas thcologia' et decretorum Facultates, sic ut 
prasmittitur, factas, ratas et gratas habebat, ac etiam suas reputabat. De 
et super quibus pr^cmissis omnibus et singulis, vcnerandarum circum- 
spectionum viri, magistri Johannes Pulchripatris,Jacobus de Turonia 5 et 
Nicolaus Midi, sacrée theologiae professores, petierunt et eorum quilibet 
petiit sibi fieri atque tradi publicum instrumentum seu publica instrumenta, 
unum vel plura, per nos notarios publicos infra scriptos. » 

« Acta fuerunt hit'c Parisius, ubi supra, sub anno, indictione, diebus et 
mensibus prasdictis, prassentibus ibidem venerabilibus ac circumspectis 
viris, dominis et magistris, videlicet, dum prnemissa, dicta die xxix. men- 
sis aprilis, lièrent : Petro de Dierreyo, sacras theologia; professore ; Gue- 
roldo 4 Boisselli, decretorum doctore; Henrico Tybout, in artibus et medi- 
cina magistro ; Johanne Barrey, Gerolfo de Holle et Ricardo Ahessore, in 
artibus magistris ; Johanne Vacheret, principali bedello 5 venerandiï; Facul- 
tatis theologiae, et Boemundo de Lutrea, principali bedello ^ venerabilis 
Nationis Gallicanae ; et dum alia,pn'edicta die décima quarta mensis maii, 
dicerentur et fièrent : Johanne Soquet, ]o\\znnt Gravcstain, in sacra pagina 



I. C : dictas. — i. A : dictas. — ;. ^B et O : Textoris. — 4. AC : Giierouldo 
— 5 . C ; hidello. — S. C omet vimrjnl.P F.iciillatis ibsologi.v, et Bœnnmdo de Lutrea 
principali Ivdcllo. 



PROCES DE CONDAMNATION DK IKANNE D ARC 343 

profcssoribus ;priedicto Guerouldo ' Boisselli; Simone deMara,in artibus 
et medicina magistro ; Andréa Peîc ,Guillclmo Oscobarl^, Jacobo Nutritoris, 
JohanneTrophardi et Martino Béreth, [magistris] in artibus; cum aliorum 
doctorum et magistrorum singularum Facultatum multitudine copiosa, 
nec non pnvdictis Johannc Vacheret et Bœmundo de Lutrca, bedcllis, 
testibus ad pr^emissa vocatis specialiter et rogatis.» 

Sic signatum : 

« Et ego Johannes Bourrilieti 5,dictus Francisci,presbyter, magister in 
artibus et licentiatus in decretis ac bachalarius in theologia, publicusque 
apostolica et imperiali auctoritatibus 4 notarius,pra5missis omnibus et sin- 
gulis, dum sic, ut pritmittitur, in dictis congregationibus Universitatis 
dicerentur, exponerentur,in ejusdeliberationeponerentur et pereamdem 
deliberarentur et concluderentur, una cum venerabili viro masistro, 
Michaele Heberti >, clerico Rothomagensis diœcesis, magistro in artibus, 
publico apostolica et imperiali auctoritatibus ^ ac almae Universitatis 
Parisiensis praedictœ notarié et scriba 7, et ^ testibus suprascriptis 9, pr^e- 
sens interfui ; eaque sic fieri vidi et audivi. Et ideo huic prassenti publico 
instrumente exinde confecto, manu alterius fideliter scripte, signum 
meum apposui consuetum, hic me propria manu subscribendo, in fidem 
et testimonium veritatis requisitus et rogatus. J. Bourrilieti '°. » 

« Et ego ", Michael Hebertus '^, clericus '3 Rothomagensis diœcesis, ma- 
gister '4 in artibus, publicus '5 apostolica et imperiali auctoritatibus ac 
almae Universitatis studii Parisiensis '^ notarius '7 et scriba, qui prasmissis 
omnibus et singulis, dum sic, ut prtemittitur, in dicta Universitate dice- 
rentur, exponerentur et in ejus deliberatione ponerentur et per eamdem 
•deliberarentur et concluderentur, unacumvenerabili viro magistro Johanne 
Bourrilieti '^, dicto Francisci, notario publico, et testibus suprascriptis, 
praîsens interfui, eaque sic fieri vidi et audivi. Idée exinde confecto, huic 
prnesenti publico instrumente, manu mea propria scripte, signum meum 
apposui consuetum, hic me subscribendo, in fidem et testimonium veri- 
tatis pr;çmissorum requisitus et rogatus. Hébert. » 



i. A : GuerouJdi. — 2. C : Oscocart. — i,.Q : BouriUieti. — ^. A : mictoritate. 

— 5. C omet magistro, Michaele Heherii. — 6. ABC : mictoritate. — 7. ABC : 
scrihœ. — ^. A otnel et. — 9. ABC : injrascriptis. — 10. O : Boiirrillieti. — 
1 1 . ABC : me. — 12. Ibid. : Michaele Heberti. — 13. Ihid. : clerico. — 14. Ihid. : 
magistro. — 15. Ihid. : publico. — 16. /4 J5 ajoutent ^///'//Vo. — 17. ABC : notario. 

— 18. O ; Bourrillieti. 



344 proces de condamnation de jeanne d arc 

Deliberationes doctorum et magistrorum Rothomagi tunc exsisten- 

TIUM, Q.UI DELIBERAVERUNT SECUNDUM UnIVERSITATEM PaRISIENSEM '• 

* Deinde magister Radulphus Rousselli, thesaurarius et canonicus 
ecclesine Rothomagensis, utriusque juris doctor, tunc ibidem exis- 
tens, deliberavit quod causa notabiliter et solemniter ventilata est, 
et quod restabat concludi et definiri in causa, in pr^esentia partium; 
et nisi dicta Johanna redeat ad viam veritatis et salutis, censenda 
est hicretica. Et stat cum deliberatione Universitatis studii Pari- 
siensis. 

Magister Nicolaus de Venderès, licentiatus in jure canonico, archi- 
diaconus de Augo et canonicus ecciesiai Rothomagensis, deliberavit 
prout magister Radulpiius Rousselli, hoc addito quod potest con- 
cludi et sententia dari in una eademque die, et relinqui ^ justitiae 
saeculari. 

Reverendus in Christo pater, dominus iEgidius, abbas Sanctae 
Trinitatis Fiscampnensis, doctor in sacra theologia, deliberavit quod, 
certa die, débet promotor interrogari an velit aliud dicere, et tunc 
dicta Johanna poterit ' moneri ; et, hoc facto, nisi velit se revocare 
et redire ad viam veritatis, censenda erit hieretica, et sententia 
ferri, et relinqui justitias saeculari. 



* Et primo Magister Radulphus Rousselli deliberavit quod causa notabiliter 
ventilata [est] et restabat concludi et definiri 4 in causa in prxsentia partium, 
et stat cum Universitate Parisien si. 

Magister Nicolaus de Venderez dicit ut supra; sed potest concludi et senten- 
tia dari in una die. Item dicit quod censenda est heeretica, nisi redeat ; et simi- 
liter Radulphus Rousselli. 

Dominus Fiscampnensis dicit quod, dicta die, débet promotor interrogari an 
velit aliud dicere, et tunc poterit moneri; et nisi velit revocare, etc., poterit 
concludi et sententia ferri, et, nisi vellet redire ad Ecclesiam et obedire, tunc 
poterit reliqui justitix sxculari. Item dicit dominus Fiscampnensis quod cen- 
senda est haeretica. 



I. A omet cette rubrique marginale ; 6 l'arrête à exsistentium ; C : ad iiiiiversita- 
teiii. — 2. C ; reliqui.'— 3. C ; potest. — 4. Ms. : diffiniii. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 345 

Magister Johannes de Castellione, doctor in sacra theologia, 
archidiaconus Ebroicensis, deliberavit quod illi qui non plane deli- 
beraverunt tenentur deliberare secundum deliberationem Universi- 
tatis Parisiensis. Et quantum est in se, ipse stat cum deliberatione 
Universitatis pr^dictas. Et de aliis, ut dominus Fiscampnensis. 

Reverendus in Christo pater, dominus Guillelmus, abbas de Cor- 
meliis, decretorum doctor, deliberavit prout Universitas studii Pari- 
siensis, 

Magister Andréas Marguerie, licentiatus in legibus, et bacchala- 
rius in decretis ', archidiaconus Parvi-Caleti et canonicus ecclesiae 
Rothomagensis, attentis monitionibus eidem Johann^e factis, stat 
cum deliberatione Universitatis Parisiensis. Et quoad processum, 
dicit quod simul et semel potest fieri conclusio ^, et dari sententia. 

Magister Erardus Emengart ', doctor in sacra theologia, delibe- 
ravit quod iterum dicta Johanna moneatur, et, hoc facto, nisi 
redierit ad viam veritatis, stat cum deliberatione Facultatis theolo- 
giie Universitatis studii Parisiensis. 

Magister Guillelmus Boucherii, doctor in sacra theologia, stat in 
deliberatione alias per ipsum data, cum aliis doctoribus ■♦, magistris ^ 
et bachalariis, ix. aprilis, addendo quod iterum caritative dicta 



Magister Johannes de Chasteillon dicit quod illi qui non plene deliherave- 
runt ^ se retulerunt ad deliberationem Universitatis Parisiensis. Item., de aliis, 
ut dominus Fiscampnensis. 

Dominus de Cormeilliis est et stat cum deliberatione Universitatis Pari- 
siensis. 

Magister Andréas Marguerie, visis monitionibus et requisitis eidem factis, 
est sibi cum dominis de Universitate. Item, quoad processum, simul et semel 
potest fieri conclusio et sententia. 

Magister Erardus Emengard stat cum dominis Facultatis theolooiae Univer- 
sitatis Parisiensis et addit quod iterum moneatur. 

Magister Guillelmus le Bouchier ^ stat cum aliis per eum alias delibe- 



I. C omet et haclialarius in decretis. — 2. C omet conclusio. — 5. BC : Emen- 
^ard . — 4. /i ajoute et. — 5. i? omet magistris. — 6. Ms. ajoute et. — 7. Ms. : 
Cuiller mus Bouclncr. 



34^ PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Johanna moneatur, et sibi declaretur deliberatio Universitatis Pari- 
siensis; et, hoc facto, si noluerit obedire, procedendum est ulterius. 
Et stat cum deliberatione dictas ' Universitatis studii ^ Parisiensis. 

Dominus Petrus ', prier de Longavilla-Giffardi **, sacrai theologiae 
doctor, deliberavit prout magister Guillclmus Boucherii. 

Magister Joiiannes Pinchon, licentiatus in jure canonico, arciii- 
diaconus Josiaci et canonicus ecclesiœ Parisiensis, stat in delibera- 
tione magistri Guillelmi > Boucherii. 

Magister Pasquerius de ValUbus, decretorum doctor, ecclesiarum 
Parisiensis et Rothomagensis canonicus, deliberavit prout Univer- 
sitas studii '^ Parisiensis. 

Magister Johannes Pulchripatris, sacrae theologi^e doctor, ecclesia- 
rum Rothomagensis et Bisuntinensis canonicus, deliberavit ut 
Universitas studii Parisiensis; et de modo ulterius procedendi, se 
refert ad nos, judices. 

Magister Dionysius Gastinel, in utroque jure licentiatus, cano- 
nicus ^ Rothomagensis, dixit quod, ipsa Johanna monita, nisi obe- 
dierit, stat cum deliberatione dictiu Universitatis studii Parisiensis. 

Magister Nicolaus Midi, doctor in sacra theologia, canonicus 
ecclesi^e Rothomagensis, deliberavit quod, eodem die, potest con- 



ralis, el ciim hoc addii quod ifcnim moneatur et declare[j{\tur sihi deîiherata 
per Uiiiversitaleni Parisicnsem ct^,si noluerit obedire, procedendum est ulte- 
rius ; et stat cum Universiiale. 

Magister Jolmnnes Pinchon, ut prxcedens. 

Prior de Longavilla, ut prœccdens. 

Magister Pasquerius de \^aulx stat cum opinione Universitatis Parisiensis. 

Magister Johannes Beaupère se refert ad deliherationem Universitatis Pari- 
siensis ; et, de modo procedendi ulterius, se refert ad dominos judices. 

Magister Dionysius 9 Gastinel stat cum Universitate Parisiensi et dicit quod 
débet nwneri. 



I. C omet ilictir. — 2. AB omettent studii. — 5. C omet Petrus. — 4, AC : 
Gniffardi ; B omet Giffardi. — 5. ^ ; Pétri (sic). — 6. C omet studii. — 7. C 
ajoute ecclesix. — 8. Ms. ajoute non. — 9. Ms. : Dyonisius. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 347 

cludi et ferri sententia ; et de aliis, se refert ad ea ' alias per ipsum 
deliberata % cum aliis doctoribus et bachalariis, ix. die aprilis, 
ultime prœteriti. 

Magister Mauricius de Quesneyo, sacr;t theologiae doctor, deli- 
beravit quod iterum moncnda est dicta Jolianna caritative ; et, nisi 
obedierit, stat cum deliberatione Facultatis theologias Universitatis 
studii Parisiensis. 

Magister Petrus Houdenc ', sacra.^ theologiae doctor, deliberavit 
quod, pro ^ salute animée et corporis ' Johann^, débet moneri cari- 
tative ^, antequam domini judices veniant ad conclusionem; etdictis 
monitionibus factis, nisi redierit ad Ecclesiam, videtur pertinax 
et ha^retica ; et de conclusione facienda se refert ad nos, judices. 

Magister Johannes Fabri, sacne theologi;ii doctor, stat in alia 
deliberatione sua alias per ipsum data, cum aliis doctoribus et 
magistris ', ix. die aprilis, et cum deliberatione Facultatis theolo- 
gias Universitatis ^ Parisiensis ; addendo quod dicta Johanna adhuc 
monenda est caritative, et dies sibi assignanda. 

Religiosus vir frater Martinus Lavenit stat cum deliberatione pnv- 
dicti magistri Johannis Fabri '. 



Magister Nicolans iMidi dicit quod eadem die poiest coiichidi et ferri senten- 
tia ; et de aliis se refert ad ea per ipsum alias deliberata. 

Magister Mauricius de Quesneyo "" dicit quod prius monenda est, et carita- 
tive ; et se refert \ad^ opinioneni theologoruin Universitatis Parisiensis. 

Magister Petrus de Hodeng dicit quod, pro salute anirnœ suœ, débet moneri 
antequam domini judices veniant ad conclusionem ; et, monilionibus prareden- 
tibus, nisivelit redire ad Ecclesiam, videtur pertinax et hœretica ; et, de con- 
clusione facienda, se refert ad dominos judices. 

Magister Johannes Fabri stat in alia deliberatione sua et cum deliberatione 
Facultatis theologiœ. Item, quod adhuc est monenda et dies sibi assignanda. 

Frater Martinus Lavenu et frater Thomas Amouret ; Domini advocati 



I. C ajoute qu3;. — 2. C : deliberavit. — ^. A : de Houdenc ; C : Hodenc. — 
4. Sur grattage en A et B. — >. C ajoute ipsiiis. — 6. Sur grattage en A et B.— 
7. A omet et magistris. — H. A ajoute studii. — 9- A ajoute ici : Religiosus vir 
frater TJjornas Amouret deliberavit conforniiter proiit stipradictus magister Johannis 
(i/f) Fabri. — 10. Ms. : Oiiercii. 



348 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Venerabiles et discret! viri,advocati curiœ archiepiscopalis Rotho- 
magensis ', quorum aliqui sunt licentiati in utroque, alii in cano- 
nico, et alii in jure civili, videlicet, magistri Guillelmus ^ de Liveto, 
Petrus Carré, Guerouldus Postelli, Gauffridus de Croteyo, Ricardus 
de Salicibus, Burellus de Cormeliis, Johannes Dulcis, Aubertus 
Morelli, Johannes de Quemino, Laurentius de Busco "', Johannes 
Columbelh ■*, Raduiphus Anguy > et Johannes Tabernarii, delibe- 
raverunt quod, dicta Johanna prius monita de redeundo ad viam 
veritatis et salutis et se submittendo Ecclesia;, nisi voluerit obedire, 
procedendum est ulterius juxta deliberationem Facultatis decreto- 
rum Universitatis studii Parisiensis, cum qua dehberatione stant 
tredecim praedicti advocati. 

Reverendus in Christo pater, reHgiosus vir, dominus abbas Guil- 
lehnus monasterii de Mortuo-Mari, sacrœ théologie professer, deU- 
beravit quod dicta Johanna iterum moneatur caritative, et, nisi 
voluerit obedire, ulterius procedatur; et stat cum deliberatione 
Facultatis thcologia; Universitatis studii Parisiensis. 

Religiosus vir, magister Jacobus Guesdon, sacr:ç theologic-e pro- 
fesser, deliberavit conformiter ad dominum abbatem de Mortuo- 
Mari ^. 

Religiosus vir, magister Johannes FOT«:/;/>;-,sacrit theologiae doctor, 
deliberavit conformiter ad' dominum abbatem de Mortuo-Mari ^. 



curiœ dixeruni quod. monita prius de redeundo ad Ecclesiam, nisi velit obe- 
dire, procedendum est ulterius juxta deliberationem Facultatis decretoriim, 
cum qua deliberatione stant. 

Dominus abbas de Mortuomari, magister Jacobus Guesdon, magister 
Johannes Fouchier stant -cum deliberatione Facultatis theologiœ, et, nisi velit 
obedire y ulterius procedatur. 



\. A : in curia archiepiscopati Rothomagensi. — 2. C : Guitternnts. — 3. ABC et 
Q : Busto. — 4. C : Johannes Columbelli vient, dans l'énumération, avant Johannes 
de Quemino. — 5. ABC et Q : Aiiguy. — 6. A : deliberavit prout dominus abbas de 
Mortuo-Mari. — 7. ^ ajoute dictuni. — 8. 5 omet ici tout le paragraphe : Reli- 
giosus vir, magister Johannes Fouchier... et le reporte p. 351 après celui concernant 
la délibération de Bertrandus de Ouercu. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE I) ARC "349 

Magister Johannes Maugicr, licenciatus in jure canonico, cano- 
nicus ecclesiiTî Rothomagensis, deliberavit quod dicta Johanna 
adhuc monenda est caritative, et, iiisi voluerit ' obedire, quod ulte- 
rius procedatur. • 

Magister Nicolaus Coppequesne -, canonicus ecclesiiv Rothoma- 
gensis, bachalarius in theologia, deliberavit conformiter ad Univer- 
sitatem Parisiensem '. 

Magister Radulpiius Silvestris, bachalarius in sacra theologia, 
stat in prima deliberatione '* sua, alias per ipsum data, sccundum 
tenorem cujusdam schedula^ > manu sua signata^ ^ ; addendo quod 
dicta Johanna iterum débet moneri ad partem et etiam publice, 
coram populo; et, si noluerit redire ad-viam veritatis et salutis ^, de 
modo ulterius procedendi se refert ad nos, judices. 

Magister Petrus Minerii % in sacra theologia bachalarius, delibe- 
ravit conformiter, prout magister ' Radulphus Silvestris pr^-edictus. 

Magister Johannes Pigache, bachalarius in sacra theologia, deli- 
beravit conformiter ad deliberationem Universitatis '° studii Pari- 
siensis. 

Magister Ricardus de Groucheto '', in sacra theologia bachalarius. 



Magister Johannes Maugier; adbnc moneatur et postea procedatur. 

Magister Nicolaus Couppequesne stat cum deliberatione Univej'sitatsi 
Parisiensis. 

Magister Radulphus Silvestris stat in deliberatione alias per cuin dicta, et 
débet moneri caritative, ad partem (?)'^ et etiam in publico, coram populo, et 
de aliis se refert ad dominos judices. 

Magister Petrus Minier '3, ut prœcedens. 

Magister Johannes Pigache stat cum deliberatione Universitatis Parisiensis. 

Magister Ricardus de Groucheto, ipsa prœmonita, reputat eani hxreticam, 
nisi velit redire [ad]eaprxmonita. 



I. AC : si noliurit. — 2. C : Couppequesne. — 3. A : deliberavit prout Uiiivcr- 
sitas studii Parisiensis. — 4. A : stat cum deliberatione . — 5. BC : scedulx. — 
6 . A : secundum scedidam manu sua sio^natam. — ~- A omet et salutis. — 8. C : 
Minier. — ^.A omet magister. — 10. C : conformiter ad Universitateiii. — 11. C ; 
Groucelo. — \2. Ms. : adperle ; peut-être faut-il lire aperle. — 13. Ms. : Muiiier. 



330' PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

deliberavit quod dicta Johanna adhuc monenda est caritative ; et, 
ipsa monita, nisi obediat Ecclesi^e, censenda est hicretica. 

Religiosus vir, frater Ysambardus de Petra stat in sua delibcra- 
tione, alias per ipsum data cum aliis, ix. aprilis ; addendo quod dicta 
Johanna ' adhuc caritative monenda est, et quod, si noluerit obe- 
dire Ecclesias post monitionem, de modo ulterius procedendi se 
refert ad nos, judices. 

Magister Petrus Mauricii, canonicus ecclesiae Rothomagensis, 
sacrae théologie doctor_, stat in deHberatione ahas per ipsum data 
cum ahis doctoribus, ix. die aprilis * ; addito quod, una die, iterum 
caritative ipsa Johanna moneatur et declaretur ei pœna quam patie- 
tur, si noluerit obedire et se submittere Ecclesiiç ; in quo casu, 
quod > scilicet remanebit inobediens, procedendum est ulterius. 

Magister Thomas de Courcellis, in sacra theologia bachalarius, 
ecclesiarum Laudunensis et Morinensis canonicus,stat cum illis per 
eum alias deliberatis ^ cum aliis, ix. die '• aprilis. In aliis deliberavit 
prout magister Petrus Mauricii pr«dictus, addendo quod, si ipsa 
Johanna noluerit obedire Ecclesi^e post monitionem, censenda est 
haeretica . 

Magister Nicolaus Aucupis, ecclesiarum Carnotensis et Rotho- 
magensis canonicus, magister in artibus, deliberavit conformitcr, 
prout magister Thomas de Courcellis, immédiate nominatus. 



Frater Ysemhardus de Petra stat cum deliberatioiie alias per eum [data] ; et 
iterum mpneatur; et de aliis se refert ad dominos judices. 

Magister Petrus Mauricii se refert ad ea per eum alias deliberata, et in uno 
die moneatur et declaretur eidem pœna ; et deinde, si noluerit obedire, proceda- 
tur ulterius. 

Magister Thomas de Courcellis stat in alias per eum deliberatis et addil 
quod, nisi, caritative monita, velit redire, repulat eam hœreticam, et de aliis 
ut prxcedens. 

Magister Nicolaus Loyseleur, ut prsecedens. 



\. C : nmlicr. — 2, A ajoute hoc devant addito. — 3. C / quo. — 4. .-/ / stat in 
aliis iilius per ipsum iteliheratis. — 5. /:/C omettent «i/V. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 351 

Miigister fohannes Ad-Ensem, licentiatus in legibus, Rothoma- 
gensis ecclesias canonicus, deliberavit quod dicta Johanna una die 
caritative monenda est ; quod si remanserit inobediens, concluda- 
tur in causa et feratur sententia. 

Religiosus vir, magister Bertrandus de Quercu, decretorum doc- 
tor, decanus de Lehuno in Sanguineterso, ordinis Cluniacensis, 
deliberavit conformiter, prout Facultas decretorum Universitatis stu- 
dii Parisiensis. 

Magister Guillelmus Erardi, doctor in sacra theologia. sacrista et 
canonicus ecclesi^e Lingonensis, deliberavit conformiter, prout 
venerabileCapitulumecclesias Rothomagensis ' et Universitas studii 
Parisiensis. 

De quibus omnibus tandem nos, judices saspedicti, eisdem reve- 
rendis patribus, dominis et magistris regratiati sumus, concludentes 
quod Johannam ^ antedictam adhuc caritative moneremus quatenus 
reverti vellet ad viam veritatis et salutis animas et corporis, et ulte- 
rius, juxta ipsorum bonam deliberationem et sana consilia, ad alia 
quas agenda restabant procederemus, concludendo in causa, et diem 
pro jure reddendo assignando. 

MERCURH XXin. MAH 3. 

Item, die mercurii immédiate sequenti, xxiii. dicti mensis maii, 
nobis judicibus antedictis pro tribunali sedentibus, et ipsa Johanna 
coram nobis adducta in quadam caméra castri Rothomagensis, prope 
locum carceris ejusdem Johann:^; pr^esentibus reverendis patribus. 



Magister Johmmes Ad-Eiiscm ; in una, die, prias inonita, concludalur el 
feratur sententia. 

His deliberationihns doniini judiccs regratiati fuerunt assistentes, et con- 
cïuserunt quod moneretur et deinde procederetnr juxta eorumdeni assistent i uni 
deliberationes 4. 



I. C omet Kolhotnageiisis. — 2. C : Jolninna (sic). j. En marge de ABC ; 
C ajoute Ziciiui devant iiiaii. — 4. U, fol. 31 vo-32 r". Tout ceci omis Q. 



352 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

dominis episcopis Morinensi et Noviomensi, — riecnon dominis et 
magistris, Johanne de Castellione, archidiacono Ebroicensi; Johanne 
Pulchripatris, Nicolao Midi, Guillelmo Erardi, Petro Mauricii, doc- 
toribus in sacra theologia; — Andréa Marguerie, in legibus; Nico- 
lao de Venderès, in decretis, licentiatis, archidiaconîs et canonicis in 
ecclesia Rothomagensi. 

Fecimus, coram ssepedicta Johanna, exponi certa puncta in qui- 
bus, juxta deliberationem Facultatum theologia; et decretorum Uni- 
versitatis studii Parisiensis, dicta Johanna erraverat et defecerat ; 
atque sibi [declarari] defectus, crimina et errores qui in singulis 
punctis, juxta eamdem deliberationem, continebantur; ipsam admo- 
nendo et admoneri faciendo ut a pra^dictis defectibus et erroribus 
recedere, se ipsam corrigere et emendare, atque correctioni et 
determinationi sanctœ matris Ecclesia se submittere vellet; prout 
h^ec omnia in schedula ' subscripta latius continentur, tune eidem 
Johannae verbis gallicis exposita ^ per magistrum Petrum Mauri- 
cii 5, canonicum ecclesi;e Rothomagensis, eximium doctorem in 
sacra theologia. 

CUJUS (iLlDEM SCHEDUL.H + lENOR SEQUITUK : 
I 

' « Primo, tu, Johanna, dixisti quod, ab aitate XIII annorum vel 
circiter, tu habuisti revelationes et apparitiones angelorum et sanc- 
tarum Katharinae et Margaretse, quos fréquenter oculis tuis corpora- 
libus vidisti; et locuti sunt tecum ac s^pe loquuntur, dixeruntque 
tibi multa, plenius déclara ta in tuo processu. » 

« Quantum vero ad istud punctum^ clerici de Universitate Pari- 
siensi et alii consideraverunt modos illarum revelationum et appa- 
ritionum finem, materiam rerum revelatarum, qualitatem personne 
tuae; et, omnibus consideratis qu« consideranda erant, dixerunt 



I. AB : scedula ; C : sedula. — 2. ABC : expositz. — 3. jS en marge :. 
Defectus Johanna; ; C en marge : Magister Pelrus Mauricii exponit Johannx suas 
defectus. — 4. AB : scidule; C : sedule. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 3 53 

quod istasunt mendose conficta, seductoria et perniciosa, vel quod 
hujusmodi revelationes et apparitiones sunt superstitiosa;, procédan- 
tes a malignis spiritibus et diabolicis. » 

II 

« Item, tu dixisti quod rex luus habuit signum, pcr quod cogno- 
vit te esse ' missam a Deo, videlicet, quia sanctus Michael, associa- 
tus multitudine angelorum, quorum quidam habebant alas, alii 
coronas, cum quibus erant sanctœ Katharina et Margareta, venit ad 
te in villa de Chasteau-Chinon ; et hi omnes tecum incesserunt per 
gradus castri in cameram régis tui, coram quo angélus se inclinavit, 
qui deferebat coronam. Et una vice, dixisti quod, quando ipse rex 
tuus habuit illud signum, erat solus; alia vice, dixisti quod ipsa 
corona, quam signum appellas, fuit tradita archiepiscopo Remensi, 
qui tradidit eam tuo régi pr^dicto, pr^esentibus multis principibus 
et dominis quos nominasti. » 

« Et quantum ad istud, pra;fati clerici dicunt quod hoc non est 
verisimile_, sed est mendacium pra^sumptuosum, seductorium, per- 
niciosum, negotium conlictum et derogativum dignitati angelicse. » 

III 

« Item, tu dixisti quod cognoscis angelos et Sanctas, per bonum 
consilium, confortationem et doctrinam qu^ tibi dederunt, et per 
hoc quod se nominaverunt tibi, et quod Sanctœ te salutaverunt; 
credis etiam quod sit sanctus Michael, qui tibi apparuit, et quod 
facta eorum et dicta sunt bona, asque firmiter sicut credis fidem 
Christi. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod illa non sunt sufficien- 
tia signa ad cognoscendum angelos et Sanctas praedictos, quodque 
leviter credidisti et temere asseruisti; et ulterius, quantum ad com- 
parationem quam facis de credendo aeque firmiter, etc., tu erras in 
fide. » 

I. Q omet esse. 

Procès de Jeanne d'Arc. 23 



354 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

IV 

« Item, tu dixisti quod es certa de quibusdam futuris contingen- 
tibus et quod scivisti res absconditas; cognovisti etiam homines, 
quos nunquam antea videras, et hoc per voces sanctarum Kathari- 
nae et Margaretae. » 

« Et quantum ' ad istud, clerici dicunt quod in hoc est supersti- 
tio, divinatio, prœsumptuosa assertio et inanis jactantia. » 

V 

« Item, dixisti quod, de pnecepto Dei et ejus bene pUicito, tu por- 
tasti et continue portas habitum virilem; et quia habebas prasceptum 
Dei de portando hune habitum, tu ^ cepisti brevem tunicam, gip- 
ponem, caHgas Hgatas cum multis aguilletis; portas etiam capillos 
tonsos in rotundum supra summitatem aurium, non diniittendo 
aliquid super te, quod sexum fœmineum approbet aut demonstret, 
excepto eo quod tibi natura contulit; et s^pe recepisti in hoc habitu 
sacramentum eucharisti^e; et, quanquam pluries admonita fueris de 
dimittendo, nihilominus noluisti facere, dicens quod malles mori 
quam dimittere hune habitum, ad minus nisi hoc esset de pr^ecepto 
Dei ; et quod, si tu esses adhuc in isto habitu, cum aliis de parte 
tua, esset unum de magnis bonis Francix\ Dicis etiam quod, pro 
nulla re, faceres juramentum de non portando hune habitum et 
arma; et in omnibus his, dicis te bene fecisse et de mandate 
Dei. )) 

« Quantum ad istud punctum, clerici dicunt quod tu blasphémas 
Deum et contemnis ipsum in sacramentis suis; transgrederis 
legem divinam, sacram Scripturam et canonicas sanctiones; maie 
sentis et erras in fide; te jactas inaniter et es suspecta de idolatria 
et exsecratione tui ipsius ac tuarum vestium, ritum gentilium imi- 
tando. » 



I. C ajoute est. — 2. O omet ///. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 355 

VI 

« Item, tu dixisti quod saspe in tuis litteris posuisti ista nomina, 
Jhesus Maria, et signum crucis, designando quod illi ad quos scri- 
bebas non facerent contenta in litteris. In aliis autem litteris te 
jactasti quod faceres occidi omnes illos qui non obedirent, et quod 
ad ictus videretur quis haberet melius jus a Deo cœli; et sa^pe 
dixisti te nihil fecisse, nisi per revelationem et pnL^ceptum 
Domini. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod tu es proditrix, dolosa, 
crudelis, desiderans crudeliter effusionem sanguinis humani, sedi- 
tiosa, provocans ad tyrannidem, blasphemans Deum in suis man- 
datis et revelationibus. » 

VII 

« Item, dicis quod, per revelationes quas habuisti in £etate 
XVII annorum, tu recessisti a domo parentum tuorum contra 
ipsorum voluntatera, propter quod p^ne fuerunt démentes; et 
ivisti ad Robertum de Baudricuria, qui, ad tuam requestam, tibi 
tradidit habitum virilem et unum ensem cum certis gentibus, pro 
conducendo te ad regem tuum; et, quando venisti pênes eum, 
sibi dixisti quod veniebaspro expugnando adversarios ejus; et eidem 
promisisti quod poneres eum in magno dominio, et quod haberet 
victoriam de suis adversariis, et quod Deus mittebat te ad hoc. 
Dicis etiam quod ista bene fecisti, obediendo Deo, et per revelatio- 
nem. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod tu fuisti impia in paren- 
tes, transgrediens praeceptum Dei de honorando parentes, scanda- 
losa, blasphéma in Deum, errans in fide, et fecisti promissionem 
prtesumptuosam ac temerariam. » 

VIII 

Item, dixisti quod tu sponte ' saltasti a turri de Beaurevoir, mal- 
iens mori quam tradi in manu "" Anglicorum et vivere post destruc- 

I. C ; spontanée. — 2. C : luaniis. 



356 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

tionem Compendii; et quamvis sancta; Katharina et Margareta 
prohibèrent quod non saltares, tamen non potuisti te continere ; et 
quamvis etiam esset magnum peccatum offendere illas Sanctas, 
tamen tu scivisti per voces quod Deus remiserat tibi, postquam 
inde confessa fuisti. » 

« Quantum ad istud punctum, clerici dicunt quod in hoc fuit 
pusillanimitas vergens in desperationem, interprétative, in tui 
ipsius homicidium ; etiam in hocdixisti temerariam assertionem et 
pnçsumptuosam de remissione, quam prastendis habere de peccato ; 
ac maie sentis de Ubertate humani arbitrii. » 

IX 

« Item, tu dixisti quod sanctse Katharina et Margareta promise- 
ru nt te conducere in paradisum, dummodo serves virginitatem quam 
eis vovisti et promisisti ; et de hoc es ita certa ac si jam esses in 
gloria Beatorum; nec credis fecisse opéra peccati mortalis, et videtur 
tibi quod, si esses in peccato mortali, Sanctae non visitarent te 
quotidie ', sicut faciunt. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod in hoc dixisti pra^sump- 
tuosam et temerariam asscrtionem, mendacium perniciosum; et 
contradicit illi quod prius dixisti; et ulterius, quod maie ^ sentis in 
fide christiana. » 

X 

« Item, dixisti. te bene scire quod Deus diligit aliquas certas per- 
sonas vivantes plus quam te, et quod hoc scivisti per revelationem 
sanctarum Katharinae et Margareta; etiam quod ista^ Sanctae 
loquuntur galUcum ', non anglicum, cum non sint de parte ipso- 
rum; et postquam scivisti voces illas esse prorege tuo, non dilexisti 
Burgundos. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod in hoc est temeraria et 
praesumptuosa assertio, superstitiosa divinatio, blasphemia ■♦ contra 



i. A : cothidie; C : quolhidie. — 2. C : maies (sic). — 3. C ajoute el. — 4. AC : 
blasphéma. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 357 

sanctas Katharinam et Margaretam, et transgressio pra^cepti de 
dilectione proximi. » 

XI 

« Item, dixisti quod illis, quos sanctum Michielem, sanctas Katha- 
rinam et Margaretam appellas, exhibuisti plures reverentias, genua 
tiectendo, removendo capucium, osculando terram super quam 
gradiebantur, vovendo eis virginitatem ; quod etiam ipsas Sanctas es 
osculata et amplexata, ac eas invocasti ; etiam credidisti prxceptis 
eorum a principio quo venerunt ad te, absque hoc quod peteres 
consilium a curato vel altero ecclesiastico viro ; et nihilominus cre- 
dis illas voces venire ex parte Dei, ieque firmiter sicut credis fidem 
christianam, et quod dominus noster Jhesus Christus passus est. 
Uherius tu dixisti quod si aliquis malus spiritus tibi ' appareret in 
figura sancti MichaeHs, bene scires cognoscere et discernere. Tu 
etiam dixisti quod, ad requestam tuam, jurasti quod non diceres 
signum datum régi tuo, et finaliter addidisti, « nisi hoc esset de 
mandato ^ Dei. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod, supposito quod habue- 
ris revelationes et apparitiones de quibus te jactasti, modis quibus 
dixisti, tu es idolâtra, dc-emonum invocatrix, errans in fide, temere 
asserens, et fecisti juramentum illicitum. » 

XII 

« Item, tu dixisti quod, si Ecclesia vellet quod faceres contrarium 
prîtcepti quod dicis te habere a Deo, tu non faceres pro quocum- 
que ; et quod bene scis contenta in tuo processu venire de prœcepto 
Dei, et quod esset tibi impossibile facere contrarium ; nec de istis 
vis te referre judicio Ecclesia quae est in terris, nec alicujus hominis 
viventis, nisi soli Deo. Et dicis ulterius quod non facis ista res- 
ponsa ex capite tuo, sed de pr^ecepto Dei, quamvis articulus fidei 
qui est Unaiii sanctam Ecclesiam catholicani, etc., fuerit tibi pluries 
declaratus, et quod quilibet christianus débet submittere omnia dicta 

I. JC omettent tibi. — 2. AC : prurepto. 



î:, 
358 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

et facta sua Ecclesiae militanti, praecipue in facto revelationum et 
talium remm. » 

« Quantum ad istud, clerici dicunt quod es schismatica ', maie 
sentiens de unitate et auctoritate Ecclesiae, apostata et hucusque ^ 
pernitaciter errans in fide. » 

Postquam vero per hune modum assertiones pr^edicta; ipsi 
Johanna;, cum qualificationibus per praefatam Universitatem Pari- 
siensem datis, narrât^ et déclarât^ fuerunt, tandem monita est per 
dictum doctorem ' etiam verbis gallicis, ut plurimum'adverieret 
circa dicta et facta sua et priEsertim circa ultimum artictilum ; dice- 
baturque sibi per hune modum : 

« Johanna, amica carissima, nunc tempus est, circa fînem vestri 
processus, bene pensare quîe dicta sunt ; quoniam, Hcct per domi- 
num Belvacensem et dominum vicarium Inquisitoris, ac alios doc- 
tores, ex parte eorum transmissos, pubHce et ad partem nunc per 
quatuor [vices] et sic deinceps, propter honorem et reverentiam 
Dei, fidem et legem Christi Jhesu ^, serenationem conscientiarum, 
sedationem scandaii orti, ad saiutem animae vestras et corporis, 
diligentissime admonita fueritis ; simulque declarata vobis tue- 
rint damna tum anima; quam corporis, qu^e estis incursura, 
nisi vos et dicta vestra correxeritis et emendaveritis, vos et 
facta vestra Ecclesiae subjiciendo, judiciumque ipsius acceptando; 
cui rei hucusque noluistis attendere. Et quanquam ex factis 
erga vos, jam plurimi potuissent contentari, tamen domini 
judices praedicti, zelantes saiutem vestram tam anima; quam corpo- 
ris, dicta vestra ad Universitatem Parisiensem, quas est lux omnium 
scientiarum et exstirpatrix errorum, transmiserunt, ut per illam 
examinarentur; receptisque deliberationibus suis, ipsi domini judices 
ordinaverunt, ad finem prasdictum, vos iterato moneri, vos adver- 
tendo de erroribus, scandalis et aliis defectibus per vos commissis ; 



l. A : scismatica. — 2. C .• husque hune (sic). — 3. .4 en marge : Monitio carita- 
tiva facta Johannx per dictum doctorem ; B en marge : Monitio caritativa facta 
fohannx post fixe per dictum doctorem ; Cen marge : Monitio caritativa facta fohannœ. 
— 4. C ; Jhesu Christi. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 359 

rogantes, hortantes et monentes vos per viscera Domini nostri 
Jhesu Christi, qui tam credulem mortem pro redemptione humani 
generis pati voluit, dicta vestra corrigatis et judicio Ecclesi^ sub- 
jiciatis, sicut quilibet fidelis tenetur et obligatur ; nec permittatis 
vos separari a Domino Jhesu Christo, qui vos creavit ut essetis 
su^e gloriiu particeps ; nec velitis eligere viam îeternae damnationis 
cum inimicis Dei, qui omni die inquietare homines moliuntur, se 
interdum transfigurando in speciem Christi, Angeli et Sanctarum, 
dicendo et asserendo se taies esse, ut satis late ' in vitis Patrum et 
Scripturis continetur. Propterea, si res qu^cumque vobis tahter 
apparuerint, noUte credere ; imo prorsus credulitatem aut imagina- 
tionem de talibus rébus habitam repellatis, acquiescendo dictis et 
opinionibus Universitatis ^ Parisiensis et aliorum doctorum, qui 
legem Dei et sacram Scripturam noverunt, quibus videtur quod 
tahbus apparitionibus non est credendum, nec cuiquam apparitioni 
insoHt.-e aut novitati prohibitae, nisi per sacram Scripturam aut 
signum sufficiens et miraculum, quorum neutrum habuislis ; sed 
leviter taUbus credidistis, non convertendo vos ad Deum per oratio- 
nem devotam, ut vos certam de taUbus redderet, nec recurristis ad 
aliquem prielatum aut alium virum ecclesiasticum doctum, qui vos 
informare posset ; quod tamen facere debuistis, attento statu vestro 
et simplicitate vestras scienti^e. Et capiatis exemplum : si rex vester 
sua auctoritate vobis aiiquod fortaUcium custodiendum commisisset, 
inhibendo ne quemcumque venientem reciperetis ; esto quod diceret 
se venire auctoritate régis, nisi Htteras aut aliud signum certum 
vobis afferret, non deberetis sibi credere nec eum recipere. Sic cum 
Dominus noster Jhesus Christus, ascendens in cœlum^ regimen 
Ecclesiae suœ Beato Petro apostolo et suis successoribus commiserit, 
prohibuit ne a caetero ahquos venientes in suo nomine acceptaret, 
nisi ahter quam eorum dictis constaret sufficienter. Nec pro certo 
ilHs quos dicitis sic vcnisse debuistis fidem adhibere ; nec nos 
vobis fidem debemus dare, cum Dominus ' oppositum prsecipiat. » 

I. C ; Idtis (sic). — 2. C ajoute sliulii. — 3. C ; Deus. 



3éO PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

« Primo, Johanna, advertere debetis quod, si in dominio "régis 
vestri, dum eratis, surrexisset miles aut alius quicumque de domi- 
nio suo et obedientia «atus, dicens : « Régi non obediam, nec ei aut 
ejus officiariis me submittam », nonne ipsum dixissetis condem- 
nandum ? Quid ergo de vobis dicetis, qui\; fuistis progenita in fide 
Christi, per sacramentum baptismi, filia Ecclesiîe effecta et spônsa 
Christi, si non obediatis officiariis Christi, videlicet, pr^elatis Eccle- 
S13C ? Quale judicium de vobis dabitis ? Hxc dicere, rogo, desistatis, 
si Deum, creatorem vestrum, sponsum pretiosum diligatis et salu- 
tem vestram ; et obediatis Ecclesia;, ipsius subeundo judicium. 
Sciatis quod, nisi sic feceritis etperseveraveritis in hoc errore, anima 
vestra seterno damnabitur supplicio, perpetuo crucianda, et de cor- 
pore plurimum dubito ne in perditionem veniat. Neque vos retineat 
pudor humanus et verecundia inutilis qua forte detinemini, cum 
jam in magnis honoribus fueritis, quos amittcre existimatis, sic ut 
loquor agendo. Prieponendus est enim ' honor Dei et salus vestra 
tam corporis quam anima: ; qua; omnia pereunt, nisi quod dico 
feceritis, quoniam tali modo dividitis vos ab Ecclesia et fide quam 
spopondistis ^ in sacro baptismate, et truncatis auctoritatem Dei ab 
Ecclesia, quae tamen ipsius auctoritate et spiritu ducitur, regitur et 
gubernatur. Dixit ctiam pnvlatis Ecclesiit : « Qui vos audit, me 
audit, et qui vos spernit, me spernit » ; dum ergo non vultis 
subjici Ecclesic'e, facto receditis; et nolendo vos subjicere eidem, 
non subjicitis vos Deo, et erratis in illum articulum, Unaiii sanclani 
Ecclesiam, quœ qualis sit et cujus auctoritatis, alias vobis in prœce- 
dentibus monitionibus sufficienter est declaratum. » 

« Vos ergo, his attentis, ex parte dominorum meorum, domini 
Belvacensis et domini vicarii Inquisitoris, judicum vestrorum, 
moneo, rogo et hortor ut, per illam pietatem quam geritis erga 
passionem Creatoris vestri et dilectionem quam habetis ad salutem 
animée vestras et corporis, omnia prsedicta corrigatis et emendetis, 
et vos reducatis ad viam veritatis, obediendo Ecclesiae, subeundo 

I. P omet enim. -^ 2. AC : spopondidistis (jic^. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 36 1 

j'udicium et déterminai ionem ejus, quoad pnedicta. Et sic agendo, 
salvabitis animam vestram, redimetis, ut aestimo, corpus a morte ; 
si vero hoc non feceritis, sed ' perseveraveritis, sciatis animam ves- 
tram obrui damnatione, et de destructione corporis dubito. A qui- 
tus vos praeservari dignetur Jhesus Christus. » 

*Postquam vero ipsa Johanna in hune modum admonita exstitit 
ethujusmodi exhortationes audivit, consequenter ad ista respondit 
sub hac forma : « Quantum est de dictis et factis meis, qu^e ego 
dixi in processu, ego ad haec - me refero ^ et volo ea sustinere ■». » 

Item, interrogata utrum credatne quod ipsa teneatur submittere 
dicta et tacta sua Ecclesi* mihtanti vel alteri quam Deo : respon- 
dit : Ego volo manutenere iUum modum, quantum ad hoc, quem 
ego semper dixi et tenui in processu. » Item dixit 5 quod, si ipsa 
esset in judicio et videret ignem accensum, ligna parata et tortorem 
aut illum qui deberet immittere ignem, paratum ad hoc faciendum. 



* Anno Domini millesimo quadringentesimo tricesimo primo, die mcrciirii 
vicesima tcrtia moisis maii, coram dominis judicihus, assistentihus rcvercndis 
patrihus, dominis Morim'iisi ^ et Noviomensi 7 episcopis, nccnon dominis et 
magistris Johanne de Chasteillon, Johaiine Beaupère, Nicolao Midi, Pelro 
Mauricii, Andréa Margiierie et Nicolao de Venderez, Guillelmo ^ Erardi. 

Ad primiuu et alios articulas, qualiflcationes per magistrinn Petriim Mau- 
ricii eidem Johannx solemniter expositas, et monitiones et reqiiisitiones carita- 
tivas eidem Johannx factas : respond : « Quant à mes fais et mes diz que 
i'ay diz eu procès, je m'y raporte et les veul soustenir. » 

Iteiii, interroguée s'elle cuide et croist qu'elle ne soit point tenue sub- 
meictre ses diz et fais à l'Eglise militant ou à autres que à Dieu : res- 
pond : « La manière que j'ai tousjours dicte et tenue eu procès, je la 
vueil maintenir quant ad ce. » 

Item, dit que, s'elle estoit en jugement, et véoit le l'eu alumé et les 
bourrées alumer, et le bourreau prest de bouter le feu, et elle estoit 



i. C : et. — -2.0 ; twc, — 3. C ; ego me ad Imc refero. — 4. BC en marge ; 
Responsio Johannz superba. — 5. AC : cUcit. — 6. Ms. : Moriniensi. — 7. fhiil. : 
Noviniensi. — 8. Und. : Giiillermo. 



302 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

et ipsa esset infra ignem : non tamen diceret aliud, et sustineret 
illud quod dixit in processu, usque ad mortem. 

Deinceps nos, judices antedicti, petivimus a promotore ' in hac 
causa et ab eadem Johanna an vellent amplius aliquid dicere *. Qui 
dixerunt quod amplius nihil dicturi erant. Et tune ad concludendum 
in causa processimus, secundum formam cujusdam schedula^ ', 
quam nos, episcopus prœdictus, in manibus nostris tenebamus, 
cujus ténor sequitur : 

« Et nos, tanquam in hac parte judices compétentes, prout 
etiam, si et in quantum opus est, nos esse compétentes decerni- 
mus et declaramus, renuntiato per vos, seu pro renuntiato habito, 
IN IPSA CAUSA CONCLUDIMUS ; conclusoque per nos, crastinum dicm 
vobis assignamus ad audiendum per nos jus reddi sive nostram 
sententiam ferri in hujusmodi causa, et ad faciendum et proceden- 
dum ulterius, prout fuerit juris et rationis. Prœsentibus ad hx^c : 
fratre Ysambardo de Petra, domino Mattha^o le Bateiir, presbyteris, 
et Ludovico Orsel ', clerico Rothomagensis, Londoniensis et Novio- 
metisis diœcesium ^, lestibus ad haec vocatis. » 

jOVIS XXIV. MEXSIS MAIL ET PRIMA SENTENTIA ^ 

Item, eodcm anno, jovis, post festum Pentecostes, vicesima 
quarta die mensis maii, nos, judices antedicti, de mane accessimus 



dedans le feu, si n'en dyroit-elle autre chose et soustendroit ce qu'elle a 
dit eu procès jusques à la mort 7. 

Et iticonfiiienti, quia promotor et ipsa nohierunt aliquid dicere, couclusiim 
fuit in causa, ut continetur in schedula ^ cujus ténor talis est : « Et nos tan- 
quam in hac parte, etc. 9 ». 

Anno Domini millesimo quadringentesimo tricesimo priuw, die jovis post 
Pentecosten '» Domini, vicesima quarta mensis maii, in puhlica ac solenmi 



I. C ; ad promotoreni . — 2. ABC en marge : concluditur in causa. — 3. ABC : 
scedulx. — 4. AC : Oursel. — 5. ABC : diocesum. — 6. En marge de ABC. — 
7 . En marge du ms. .• La grande vertu et constance de ta Pticelle. — 8. Ms. : cedula. 
— 9. U, fol. 32, ro. — 10. Ms. : Pentecostes (sic). 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 363 

ad locum publicum; in cœmiterio abbatue Sancti Audoeni Rotho- 
magensis, ipsa Johanna ibidem exsistente coram nobis, in scafaldo 
seu ambone. Ubi in primis solemnem prœdicationem per magistrum 
Guillelmum Erardi, virum egregium, sacnc theologi^e doctorem ', 
ad salutarem admonitionem ipsius Johann;!^ et totius populi, cujus 
illuc aderat copiosa multitudo, pronuntiari fecimus; assistentibus 
nobis : reverendissimo in Christo pâtre - Henrico, permissione 
divina tituli Sancti Eusebii ' sacrosanctœ Romane Ecclesi;\e presby- 
tère, Cardinali Anglias vulgariter nuncupato; — reverendisque in 
Christo patribus, dominis Episcopis Morinensi, Noviomensi, Nor- 
vicensi ; — dominis Abbatibus Sancti^ Trinitatis Fiscampnensis, 
Sancti Audoeni Rothomagensis, Gemeticensi, de Becco '^-Helluini, 
de Cormeliis, Sancti Michœlis-in-periculo-maris, de Mortuo-Mari, 
de Pratellis ; — Prioribus de Longavilla-Giffardi > et Sancti Laudi 
Rothomagensis ; — magistris Johanne de Castellione, Johanne Pul- 
chripatris, Nicolao Midi, Mauricio de Quesneio, Guillclmo Bou- 
cherii, Johanne Fabri, Petro de Hoiidenc °, Petro Mauricii, Johanne 
Foucherii, doctoribus; — Guillelmo Haiton ^, Nicolao Coppequesné *, 
Thoma de Courcellis, Radulpho Silvestris, Ricardo de Groucheto ', 
Petro Minerii, Johanne Pigache, bachalariis'° in sacra theologia ; — 
Radulpho Rousselli, in utroque, Johanne Garini'S in canonico jure 



congregatioiic fada iii cœmiterio Sancti Audoeni Rotboniaoeiisis ; coram domi- 
nis cpiscopo Belvacensi et vicario doniini Inquisitoris, assistentibus reverendis- 
simo in Christo paire et domino Henrico '-, cardinali AngVuv, reverendis in 
Cljristo patribus et dominis, dominis Adoritiensi, Noviomensi ^> et Norvicensi '+ 
episcopis, cum dominis et magistris Joljanne Benupère, Nicolao Midi, Nicolao 
de Venderez, Andréa Marguerie, Dionysio''^ Gastinel, Johanne de Chasteil- 
lon, dominis abbatibus sancti Audoeni, Fiscampnensi, Sancti Michselis-in-peri- 
culo-marino, Mauricio de Quesneyo '^, Joljanne Pinchon, Johanne Ad-Ensem. 



I. C : professorcm. — 2. A : domino. — 5. C ; Eiiscuhii. — 4. AC : Becclw. — 
5. C :Guifardi. — 6. C : Hodenc. — 7. C : Haitton. — 8. C: Couppcqiiesiie. ^ 
9. C : Grouceto. — 10. C ; hacalariis. — 1 1. C ; Guerini. — 12. Ms. : Hitc^oii (sic). 
— i?. Ibii. : \kn'ionmsi. — 14. Ihiil. : Nonui:cnsi. — 15. flnd. : Dyoïiisio. — 16. 
Ihiit. : Qiwrcii. 



364 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

doctoribus; — Nicolao de Venderès, Johanne Pinchon, Johanne Dulcis, 
Roberto Barberii, in canonico; Andréa Margmrie, Johanne Ad- 
Ensem, in civili; Auberto Morelli, Johanne ColumbelH, Johanne de 
Quemino, in canonico jure Hcentiatis; — et quam pluribus ' 
aliis. 

Incepitque doctor prsefatus pnx^dicationem suam *, sumens ver- 
bum Dei pro themate, Johannis xv° scriptum : « Palmes non 
potest fructum a semetipso facere, nisi nianserit in vite. » Et dein- 
ceps solemniter dixit ' quaHter omnes ■♦ cathohci in vera vite sanc- 
tae matris Ecclesise, quam Christi dextera plantavit, debent perma- 
nere ; ostendendo prasfatam Johannam per multos errores et gravia 
crimina ab unitate ejusdem sanctœ matris Ecclesiae separatam fuisse, 
populumque christianum multipHciter scandaHzasse ; admonendo et 
exhortando ipsam et universum populum salutaribus doctrinis. 

Qua quidem prasdicatione finita, prasfatus doctor eamdem Johan- 
nam hujuscemodi verbis allocutusest : « Ecce dominos meos judices, 
qui repetitis vicibus vos sommaverunt et requisiverunt quod velle- 
tis submittere omnia dicta et facta vestra sancta; matri Ecclesiae, 
vobis aperiendo et remonstrando quod in dictis et factis vestris erant 
multa quc-e, sicut videbatur clericis, erant maie dicta et erronea. » 

Ad quod dicta "■ Johanna respondit: « Ego respondebo ^ vobis '. 
Quantum est de submissione Ecclesias, ego respondi eis de isto 



«_^ Palmes ^ non potest fnicinm a semetipso facere nisi nmnscrit in vite » 
Johannis XV^° originaliter scribuntur, etc. 9. » 

Post prsedicationem, dominus prxdicator dixit eidem Johannx : « Veecy 
Messeigneurs les juges, qui plusieurs fois vous ont sommée et requise 
que voulsissiez submectrc tous vous fais et dis à nostre mère Saincte 
Eglise, et que, en ses diz et fais, estoient plusieurs choses, lesquels, 
comme il sembloit aux clercs, n'estoient bonnes à dire ou soustenir. » 

A quoy elle respond : « Je vous respondray. » Et à la submission de 



i.AC : plurimis. — 2. ABC en marge : Inititim prxdicalionis. — 3. ABC : 
ditxit (sic). — 4. A ajoute veri. — 5. AC : ipsa. — 6. C : respondeo. — 7. BC 
en marge : Responsio Johanna'. corani populo. — 8. Ms. : Palmes. — 9. U, fol. 32, 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 365 

puncto. De omnibus operibus quas ego dixi et feci, ipsa transmit- 
tantur ad Romain, pencs dominum nostrum Summum Pontificem, 
ad quem et ad Deum primo ego me refero. Et quantum ad dicta et 
facta quce ego feci, ego illa feci ex parte Dei. ,» Item, dixit quod de 
factis et dictis suis non onerat aliquam personam, nec suum regem, 
nec alium ; et si sit quicumque defectus, est in ipsa et non inaltero. 

Interrogata utrum velit revocare omnia dicta et facta sua, quse 
sunt reprobata per clericos : respondit : « Ego refero me Deo ' et 
domino nostro Papa;. » 

Et fuit sibi dictum quod hoc non sutficiebat, et quod non poterat 
fieri quod iretur quiusitum dominum^nostrum Papam ita remote ; 
etiam quod Ordinarii erant judices, quilibet in sua diœcesi, et ideo 
erat necesse quod ipsa se referret sanctae matri Ecclesias, et quod 
teneret illud quod clerici et viri talia cognoscentes dicebant et quod 
determinaverant de suis dictis et factis. Et de hoc fuit monita per 
nos usque ad trinam monitionem. 



l'EgUse, dist : « Je leur ay dit tn ce poii.t de toutes les œuvres que j'ay 
falotes, et les diz, soient envoyées à Romme devers nostre saint père le 
Pape, auquel et à Dieu premier je me rapporte. Et quant aux dis et fais 
que j'ay fais, je les ay fais de par Dieu. » 

Item, dit que de ses fais et dis elle ne charge quelque personne, ne son 
roy, ne autre ; et s'il y a quelque faulte, c'est à elle et non à autre. 

Interroguée se les fais et dis qu'elle a fais, qui sont reprouvez, s'elle 
les veult révoquer : respond : « Je m'en raporte à Dieu et à nostre saint 
père le Pape. » 

Et pour ce que il luv fut dit que il ne suffisoit pas, et que on ne 
povoit pas pour... aler quérir nostre saint Père si loing ; aussi que les 
Ordinaires estoient juges chacun en leur diocèse ; et pour ce estoit 
besoing qu'elle se rapportast à nostre mère saincte Eglise, et qu'elle 
tenist ce que les clercs et gens en ce se congnoissans en disoient et 
avoient déterminé de ses diz et fais ; et de ce fut amonnestée jusques à 
la tierce monicion. 



I . Re/ero me Deo sur grattage en B. 



366 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Deiiiceps, cum dicta mulier aliud dicere non vellet, nos, episco- 
pus prasdictus, incepimus proferre sententiam nostram definitivam '. 
Quam cum pro' magna parte legissemus, eadem Johanna incepit 
loqui, et dixit quod volebat tenere totum illud quod Ecclesia ordi- 
naret ^, et quod nos judices vellemus dicere et sententinre, dicens 
quod ex toto nostram ordinationi obediret. Dixitque pluries quod 
postquam viri ecclesiastici dicebant quod apparitiones et revelationes, 
quas dicebat se habuisse, non erant sustinenda; nec credendae, ipsa 
non vellet eas sustinere, sed ex toto se referebat sanctae matri Eccle- 
si;B et nobis judicibus. 

Tune quoque, pr^esentibus prasnominatis, et in conspectu copiosLU 
multitudinis cleri et populi, fecit et protulit revocationem et abju- 
rationem, secundum formam cujusdam schedula; 5 sibi tune lectse, 
verbis gallicis confectiis, quam ipsamet etiam pronuntiavit, atque 
ipsam schedulam ■* propria manu signavit sub forma quassequitur : 

AbJURATIO JOIIANX.r. > 

« Toute personne qui a erré et mcspris en la foy chrestienne, et depuis, 
par la grâce de Dieu, est retournée en lumière de vérité et à l'union de 



Et après ce, comme la sentence fut encommancée à l(u)ire, elle dist 
qu'elle vouloit tenir tout ce que les juges et l'Eglise vouklroient dire et 
sentencier, et obéir du tout à l'ordonnance et voulenté d'eulx. Et alors, 
en la présence des dessusdits et grant multitude de gens qui là estoient, 
elle révoqua et fist son abjuracion en la manière qui en suit... 

Et dist plusieurs fois que, puisque les gens d'église disoient que ses 
apparicions et révélacions n'estoient point à soustenir ne à croire, elle ne 
les vouloit soustenir ; mais du tout s'en rapportoit aux juges et à nostre 
mère saincte Eglise. 

Et postea fuit sententia laia per dominos judices^ ut continetur in ea ^. 

i. A en marge : Sententia de qua hic fit nicntio est in fine hiijiis processus ; B en 
marge : Dicta sententia est scripta in fine hujus lihri ; C en marge : Ista sententia 
est scripta in fine ejtis processus. Voyez ci-après, à la date du 30 mai. — 2. A tn 
marge -.Johanna dicit se velle ohedire Ecclesix ; BC en marge : Ante finem sententiae, 
Johanna, timens ignem, dixit se velle ohedire Ecclesix. — 3 . AB : scedulx ; C : sedulx. 
4. A B : scedulam ; C ; sedulam. — 5 . i? omet en tête : Ahjuratio Johannx ; BC en 
marge : Ahjuratio facta per Johannam. — 6. U, fol. 32, v". 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'arC 367 

nostre mère saincte Eglise, se doit moult bien garder que l'ennemi d'en- 
fer ne le reboute et face ' recheoir en erreur et en damnacion. Pour ceste 
cause, je jehanne, communément appellée la Pucclle, misérable péchcr- 
resse ^, après ce que j'ay cogneu ' les + las de erreur ouquel je estoie 
tenue, et que, par la grâce de Dieu, sui retournée à nostre mère saincte 
Eglise, affin que on voye que non pas fainctement, mais de bon cuer s et de 
bonne volonté ^ sui retournée à iccUe, je confesse que j'ay très gricfment 
péchié, enfaignant7 mençongeuscmentavoir eu révélacions et apparicions 
de par Dieu, par les anges ^ et saincte Katherine et saincte Marguerite, en 
séduisant les autres, en créant folemcnt et légiérement, en faisant supersti- 
cieuses divinacions, en blaphemant Dieu, ses Sains et ses Sainctes ; en 
trespassant la loy divine, la saincte Escripture, les droiz canons ; en^portant 
habit dissolu difforme et deshonneste contre la décence de nature, et che- 
veux 9 rongnez'" en ronten guise de homme'', contre toute honnestetédu 
sexe de femme ; en portant aussi armeures pargrant présumpcion; en '- dési- 
rant crueusementeffusion de sang '3 humain; en disant que toutes ces choses 
j'ay fait par le commandement "^ de Dieu, des angelz "5 et des Sainctes des- 
susdictes, et que en ces choses j'ay bien fait et n'ay point mespris ; en 
mesprisant Dieu et ses sacremens ; en faisant sédicions et ydolatrant, par 
aourer '^ mauvais esperis '7, et en invocant iceulx. Confesse aussi que j'ay 
esté scismatique et par pluseurs manières ay erré en la foy. Lesquelz'^ crimes 
et erreurs, de bon cuer '9 et sans ficcion, je, de la grâce de nostre Sei- 
gneur, retournée à voye de vérité, par la saincte doctrine et par le bon 
conseil de vous et des docteurs et maistres que m'avez envoyez, ab- 
jure de ceste regnie, et de tout y renonce ^o et m'en dépars ^». Et sur toutes 
ces choses devant dictes, me soubzraetz à la correccion, disposicion, 
amendement et totale déterminacion^^ de nostre mère saincte Eglise et 
de vostre bonne justice. Aussi je voué^^jure-^ et prometz-s à monseigneur 
saint Pierre, prince des apostres, à nostre saint père le Pape de Romme, 
son vicaire, et à ses successeurs, et à vous, mes seigneurs -^, révérend père 
en Dieu, monseigneur l'évesque deBeauvais^7, et religieuse personne frère 
Jehan Le Maistre, vicaire de monseigneur l'Inquisiteur de la foy, comme 



I. C : facche. — 2. C : pécheresse. — 3. C ; congneu. — 4. AC : le. — 
5. C ; cuetir. — 6. AB : voidentè ; C : volent é. — 7- C ; fai^nant. — 8. C ; 
angles. — 9. C ; cheveulx. — 10. C : roingniex^. — 1 1, C : d'otnme. — 12. A : et. — 
13. C : sanc. — 14. C : commemleiiieitt. — 15. AC : angles. — 16. C : adourer. — 
l'j.C : esperil^. — r8. C : Lequel:^. — 19. C : cueur. — 20. C : reiinonce. — 21. 
C: dépar. — 22. C : soubiinecti. — 23. O interprète vous. — 24. AC : jure, voue. 
— 25. C ; pioinect:!^. — 26. C : seignieurs. — 27. C : Beuvays. 



368 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

à mes juges, que jamais • par quelque - enhortement ou autre manière, 
ne retourneray aux erreurs devant diz, desquelz 5 il a pieu à nostre Seigneur 
moy délivrer etostel'-i ; mais à tousjours > demourray en l'union de nostre 
mère saincte Eglise, et en l'obéissance de nostre saint père le pape de 
Romme. Et cecy je diz, afferme et jure par Dieu le Tout-Puissant, et par 
ces sains Evangiles ^. Et en signe de ce, j'ay signé ceste cédule de mon 
signe. » Ainsi signée : «Jeha\ne>J«. » 

ItKM SEQUITUR TENOR D1CT.« ABJURATIONTS VERBIS LATINIS CONFECT.E. 

« Quotiens humanïe mentis oculus 7 ex caliginosis errorum tene- 
bris adlimpidam lucem veritatis, Dei aspirante clementia, regreditur, 
diligenti providentia elaborandum est ne rursum auctor erroris 
irruat, et reversos ad sanct^e matris Ecclesia: unitatem iterum ad 
pristinam impietatem depellat. Idcirco, ego, Johanna, vulgariter dicta 
Puella, misera peccatrix, comperto erroris laqueo quo implicita ^ 
detinebar, ad unitatem sanctas matris Ecclesi^, divina gratia ducente, 
reversa, ne, non pura mente et vero corde, sed simulate ad eamdem 
unitatem rediisse videar, confiteor me gravissime deliquisse, appari- 
tiones et revelationes a Deo per angelos et sanctas Katharinam et 
Margaretam mendose confingendo, alios seducendo, leviter et 
temere credendo, superstitiose divinando, blasphemando Deum, 
Sanctos et Sanctas, praevaricando legem divinaiTi, sacram Scripturam 
et canonicas sanctiones, portando habitum dissolutum, deformem 
et inhonestum contra decentiam naturas, ac etiam capillos tonsos 
in rotundum, more hominum, contra omnem honestatem sexus 
muliebris ; portando etiam arma per magnam praesumpiionem ; dcsi- 
derans crudeliter efFiisionem sanguinis humani ; dicendo quod omnia 
istafeci per prœceptum Dei, Angelorum et Sanctarum prïedictarum, 
et quod in istis bene feci nec in aliquo defeci ; contemnendo Deum 
in suis sacramentis, seditiones agendo, idolatrando et d^emones invo- 
cando, crimen schismatis incurrendo, et in fîde multipliciter errando. 
Quas omnia crimina corde vero, pura mente et tîde non ficta^ ad 



I. C : janiès . — 2. C : quelconque. — 3. C .• desquiex. — 4. C : ester et délivrer. 
— 5. C : tourjours. -^ 6. C : Eiivangiles. — y. B : oculis (sic). — 8. C ; implicata. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 369 

viam veritatis per sanam doctrinam et consilium 4octorum ac ' 
mau;istrorum ad me ex vestraordinationedestinatorum, faventesîratia 
Salvatoils, reducta, abjure, detestor et abnego, ab eisque recedo. 
Atque de et super omnibus pr^dictis me disposition!, correc- 
tioni, emendationi ac omnimodae determinationi sanctre matris 
Ecclesia; et judicaturae vestra^ submitto ; voveoque, juro, spon- 
deo atque promitto Beato Petro, apostolorum principi, atque 
sanctissimo domino nostro Papa^ moderno, ejus vicario, succes- 
soribusque suis, et vobis, dominis meis, reverendo in Christo 
patri, domino Petro, episcopo Belvacensi, et religioso viro, fratri 
Johanni Magistri, domini Inquisitoris ii^ereticas pravitatis vicario, 
tanquam meis judicibus : me nunquam, quorumlibet suasionibus 
vel quocumque alio modo, in hsec, a quibus, Redemptoris nostri 
gratia libérante, erepta sum, reversuram ; sed semper me in unitate 
catholicse Ecclesiie etcommunione Romani Pontificis permansuram. 
Et hsec dico atque juro per Deum omnipotentem et liiec sancta Dei 
Evangelia. » 

Tandem vero sua revocatione et abjuratione, ut prasfertur, per 
nos judices recepta, nos, episcopus pra^fatus -, protulimus senten- 
tiam nostram definitivam in hune modum : 

Sententia post abjurationem ', 

ce In nomine Domini, amen. Universos Ecclesis pastores, 
qui fidelem dominici gregis curam gerere exoptant, summa 
ope nitidecet ut, quanto errorum perfidiosus sator pluribus 
dolis virulentisque fraudibus ovile Christi satagit inficere, 
tanto majori vigilantia et instantiori soliicitudine perniciosis 
ejus conatibus obsistere laborent, priiesertim instantibus 
periculosis temporibus quibus plerosque pseudo-prophetas, 
introducentessectas perditionis et erroris, venturos in mun- 
dum apostolica sententia praedixit ; qui variis et peregrinis 

1. O : et. — 2. C : prxdichts. — 5. En marge en ABC. 

Procès de Jeanne d'Arc. 24 



370 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

doctrinis fidèles Christi abducere possent, nisi sancta mater 
Ecclesia, sanae doctrinal et sanctionum canonicarum pra:si- 
diis, eorum adinventiones erroneas diligentiori opéra depel- 
lere studeret. Cum itaque coram nobis, Petro, miserationc 
divina Belvacensi episcopo, et fratrejohanne Magistri, vica- 
rio in hac civitate et diœcesi praiclari doctoris magistri 
Johannis Gravèrent, Inquisitorisha^retica; pravitatis in regno 
Francia:;, et per eumdem ad causam prcesentem specialitcr 
deputato, judicibus competentibus in hac parte, tu, Johanna, 
vulgariter dicta la PuccUc, super quamplurimis perniciosis 
criminibus delata fueris et in judicium fidei evocata ; hinc 
est quod, visis et diligenter inspectis série tui processus et 
omnibus in eodem agitatis pra^cipue responsionibus, confes- 
sionibus et assertionibus per te datis, attentaque percelebri 
deliberatione magistrorumFacultatum theologiae et decreto- 
rum in Universitate Parisiensi, imo etiam et ipsius tolius 
Universitatis aliorumque insuper praelatorum, doctorum et 
peritorum,tam in sacra pagina quam in juribus canonico et 
civili, in hac urbe Rothomagensi exsistentium et aHbi, in 
multitudine copiosa, super quahficationibuset determinatio- 
nibus tuarum assertionum, dictorum et factorum ; habi- 
tisque consilio et matura deliberatione cum practicis fidei 
christiana: zelatoribus; consideratis etiam et attentis per nos 
circa haec merito attendendiset considerandis, ac qua3 nos et 
quemlibet recte judicantem monere potuerunt etdebuerunt: 
Nos, Christum et honorem fidei orthodoxa: prae oculis ha- 
bentes, ut de vultu Domini judicium nostrum prodeat, dici- 
mus et decernimus ' te gravissime deliquisse revelationes 
et apparitiones divinas mendose confingendo, alios sedu- 
cendo, leviter et temere credendo, superstitiose divinando, 

i. Q : dccrevimtis'. 



PROCl-S DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 371 

blasphemandoDeum el Sanclas, pra;varicandolegem,sacram 
Scripturam et canonicas sanctiones, contemnendo Deum in 
suis sacramentis, seditiones moliendo, apostatando, crimen 
schismatis ' incurrendo, et in fide catholica multipliciter 
errando. Verumquia, sa^pius caritative monitact diutius ex- 
spectata, tandem, Deo opitulante, ad gremium sanctre ma- 
tris Ecclesiaj rcdiens, prout credimus, corde contrito et fide 
non licta tuos errores ore apcrto revocasti, ipsis erroribusin 
publica pntdicalionc propulsatis, cl, pcr tuum proprium 
organum, cum omni hcuresi, vivit vocis oraculo abjurasti ; 
secundum formam ecclcsiasticis sanctionibus congrucntcm, 
abexcommanicationis vinculis quibus tenebaris adstricta te 
absolvimus per praesentes, si tamen ad Ecclesiam vero corde 
et fide non ficta redieris, injuclaque tibi et injungenda per 
nos servaveris. Quoniam vero in Deum et sanctam Ecclesiam, 
ut praefertur, temere deliquisti, ad peragendum salutarem 
pœnitentiam, in perpetuum carcerem, cum pane doloris et 
aqua tristitia^, ut ibi commissa defleas et deflenda postea non 
committas, gratia et moderatione nostris semper ' salvis, 
sententialiter ' et définitive ^ condemnamus. » 

Eadem die post meridiem >, 

Item, eadem die jovis, post meridiem, nos, frater Johannes Ma- 
gistri, vicarius antedictus, assistentibus nobis dominis et magistris, 
Nicolao Midi, Nicolao Loiselleiir *', Thoma de Courcellis et fratre 



Item, illa die, post praiidiiiin. doiiiiiiiis vicarius luqiiisitoris el magisiri 
Nicolaus Midi, ac Thomas de Courcellis, Nicolaus Loyseleur et plures aliiviri 



\. A : scismatis. — 2. Q omet semper. — i. Q : finaliler. — 4. BC : diffiiiitive. 
- 5. En marge de ABC (B ajoute Jovis). — 6. C : Loiseleiir. 



372 PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 

Ysambardo de Petra, cum quibusdam aliis ; accessimus ad locum 
carceris in quo protunc dicta Johanna aderat, sibique per nos et per 
assistentes fuit expositum qualiter Deus sibi illo die magnam miseri- 
cordiam ' fecerat, ac etiam viri ecclesiastici magnam misericordiam 
secum egerant, recipiendo ipsam ad gratiam et misericordiam sanct?e 
matris Ecclesiïe ;propterquœ- oportebat ipsam Johannam humiliter 
parère et obedire sententia^ et ordinationi > judicum et virorum 
ecclesiasticorum, suosque errores et suas adinventiones pristinas ex 
toto relinquere et nullatenus ad illos redire : exponendo ei quod, 
casu quo reverteretur ad talia, decoiteroamplius Ecclesia ipsam non 
reciperet, sed ex toto relinqueret. Prasterea eidem dictum fuit quod 
vestes viriles dimitteret et muliebres acciperet, prout eidem per 
Ecclesiam fuerat ordinatum. 

Qux quidem Johanna respondit quod libenter ipsas vestes '^ 
muliebres acciperet et percuncta viris ecclesiasticis pareret et obedi- 
ret. Ipsasque vestes muliebres sibi oblatas, illico depositis vestibus viri- 
libus, induit, atque insuper capillos, quos in rotundum tonsos per 
prius habebat, abradi et deponi voluit et permisit. 



ecclesiastici ad eain accesserunl, sibique expostierinit qualiter Douiinus uoster et 
viri ecclesiastici gratiam magnam eidem Johanuœ illa die fecerant, recipiendo 
ipsam ad gratiam et misericordiam sanctœ matris Ecclesiae ; et propterea opor- 
tebat ipsam Johannam humiliter parère et obedire sententiae et ordinationi domi- 
norum judicum et virorum ecclesiasticorum atque vestes muliebres resumere, 
prout fuerat ab eisdem dominis judicibus ordinatum et vestes viriles dimittere, 
quœquidem > vestes muliebres eidem Johannx oblatœ ^ fuerunt ; quas 7 videns, 
dicta Johanna dixit quod libenter et benigniter ipsas ^ vestes muliebres acciperet 
et in omnibus dominis judicibus et viris ecclesiasticis pareret et obediret prout et 
ipsas 9 vestes muliebres incontinenti accepit et vestes viriles dimisit et insuper 
capillos tondi voluit et permisit '<». 



I. AC : gratiam. — 2. A : et propterea. — l- A ajoute dominontm. — • 4. C omet 
vestes. — 5. Ms. : qtiiquideni, — 6. IJjid. : ohlati . — 7. Ihid. : quos. — 8. Ihid. : 
ipsos. — 9. Ibid., id. — 10. U, fol. 32, vo. 



PROCES DE CONDAMNATIOX DE JEANNE d'aRC 373 

[CAUSA RELAPSUSJ 

LUN.F. XXVIII MAII ' 

Item, die lun:t immédiate sequenti, scilicet xxviii. dicti mensis 
maii, in crastino Sanctie Trinitatis, nos, ]udices antcdicti, ad locum 
carceris dictas Johannii; accessimus, ut statum et dispositionem 
ipsius videremus. Ubi présentes adfuerunt domini et magistri, 
Nicolaus de Vcnderès, Guillelmus Haiton -, Thomas de Courcellis, 
frater Ysambardus de Petra, Jacobus ^ Camus, Nicolaus Berlin , 
Julianus Flosquet et Johannes Gris. 

Et quia dicta Johanna induta erat habitu virili, videlicet tunica, 
capucio et gippone, cum aliis ad usum viri pertinentibus (quem 
tamen habitum ex ordinatione nostra per prius dimiserat, et mulie- 
brem resumpserat), ipsam interrogavimus quando et propter quam 
causam hujusmodi habitum virilem iterum acceperat. Quse quidem 
Johanna respondit quod nuper ipsum habitum virilem acceperat et 
muliebrem dimiserat. 

Interrogata cur ipsa ceperat hujusmodi habitum virilem, et quis 
ipsam ad hoc induxerat : respondit quod ex sua voluntate ipsum 



Aiiuo Domini iiiillesinio qiiadriiioeuh'siino triccsiiiio primo, die hnuv viccsima 
ociava mci/sis maii, coraiii revcrendo in Chrisfo paire cl domino, domino Bel- 
vaccnsi cpiscopo, cl religioso viro fralrc Johannc Magistri, vicario privclari doc- 
toris magislri Johannis Graveren, sacrœ thcologix professoris, inquisiloris jidei 
et hivrelicœ pravilatis i)i rcgiio Franciœ auclorilate aposlolica depulali, perso- 
naliter consliluta Johanna, vitlgariler <f/'f/rt la Puccllc ; quœ per ipsos dominos 
episcopiim cl vicarium, conjudices in hac parle, quia veslila eral cl induta 
habitu virili, videlicet tunica, capucio et gipoiie cuin aliis ad hahilum viri 
decoilibus, quem hahilum nuper ex ordinatione dictoruin dominorum judicum 
et Ecclesiee dimiserat et Ijabilum niiiliebrem reassumpscrat, interrogata quando 
et quare reacceperat diclum hahilum viri: respond qu'elle a nagaires reprins 
ledit abbit d'omme et lessié l'abit de femme. 

Interroguée pourquoy elle l'avoit prins, et qui luv avoit fait prandre : 

I. lui marge de AtiC (C ajoute iiieiiu's). — 2. C : Haitlou. — 3. (," .• Le Caviiis. 



374 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

acceperat, nemine ipsam compellente, et quod eumdem habitum 
prœdiligebat quam muliebrem. 

Tune fuit sibi dictum quod promiserat et juraverat non recipcre 
habitum virilem. Ipsa vero respondit quod nunquam intellexit 
quod fecerit juramentum de non recipiendo ipsum habitum viri- 
lem. 

Iterum interrogata propter quam causam illum susceperat : res- 
pondit quod hoc fecerat quia erat sibi magis Hcitum vel conveniens 
habere habitum virilem, dum erat inter viros, quam habere 
habitum muHebrem. Item dixit quod ipsa reccperat, propte- 
rea quia non sibi fuerat observatum promissum, videHcet quod iret 
ad missam, reciperet corpus Christi et poneretur extra compedes 
ferrcas '. 

Interrogata utrum fecerat prius abjurationem, et specialiter de 
non recipiendo habitum virilem : respondit quod prxdiligit. mori 
quam esse in compedibus ferreis ; sed si permittatur quod vadat ad 
missam et ponatur. extra compedes ferreas ^, deturque sibi carccr 
gratiosus, ipsa crit bona et faciet illud quod Ecclesia voluerit. 



respond qu'elle l'a prins de sa voulenté, sans nulle contraiiicte, et qu'elle 
ayme mieulx l'abit d'omnie que de femme. 

Item luy fut dit qu'elle avoit promis et juré non reprandre ledit abbit 
de homme. Respond que oncques n'entendi qu'elle eust fait serement de 
non le prandre. 

Interroguée pour quelle cause elle l'avoit reprins : respond que, pour 
ce qu'il luy estoit plus licite de le reprendre et avoir habit d'onime, estant 
entre les hommes, que de avoir habit de femme. 

Ileni, dit qu'elle avoit reprins, pour ce que on ne luy avoit point tenu 
ce que on luy avoit promis, c'est assavoir qu'elle iroit à la messe et 
recepvroit son Sauveur et que on la mectroit hors de fers. 

Interroguée s'elle avoit abjuré et mesmement de celuy habit non 
reprandre : respond qu'elle aymc mieulx à mourir que de estre es fers : 
mais se on la veult laisser aler à la messe et oster hors des fers, et 
meictre en prison gracieuse, et qu'elle eust une femme, elle sera bonne 
et fera ce que l'Eglise vouldra. 

I. .-IDC : ferreos. — 2. ABC : ferreos. 



PROCES DE CONDAMNATION DH JEANNE d'aRC 375 

Item, quia ab aliquibus nos, judices, audieramus quod illusio- 
nibus suaruni revelationum prastensarum, quibus antea renuntia- 
verat, adhuc inhasrebat, ipsam interrogavimus an, depost diem 
jovis, ipsa audiverat voces sanctarum Katharina; et Margaretœ. 
Respondit quod sic. 

Interrogata quid sibi dixcrunt ; respondit ' quod Deus mandavit 
sibi, per sanctas Katharinam et Margaretam, magnam pietatem 
illius grandis proditionis in quam ipsa Johanna consenserat, 
faciendo abjurationem et revocationem pro salvando vitam suam ; 
et quod ipsa se damnaverat pro salvando vitam suam. Item dixit 
quod,ante diem jovis, voces suae sibi dixerunt^ illud quod ipsa illo 
die faceret, et quod protunc ipsa fecit. Dicit ultra quod voces suae 
sibi dixerunt, quando erat in scafaldo seu ambone, coram populo, 
quod audacter responderet illi pnedicatori qui tune pr^edicabat. 
Dicebatque eadem Johanna quod ille erat falsus prasdicator, et quod 
plura dixerat eam fecisse quae ipsa non fecerat. Item dixit quod, si 
ipsa diceret quod Deus non misisset eam, ipsa damnaret se, et quod 
veraciter Deus ipsam misit. Item dixit quod voces suas dixerunt 



Interroguée se, depuis jeudi, elle a point ouy ses voix : respond que 
ouil. 

Interroguée qu'elles luy ont dit : respond qu'elles luy ont dit que 
Dieu luy a mandé, par sainctes Katherine et Margarite, la grande pitié 
de la trayson qu'elle consenty en faisant l'abjuracion et révocacion pour 
sauver sa vie ; et que elle se dampnoit pour sauver sa vie. 

Ileiii, dit que, au devant de jeudi, que ses voix lui avoient dit ce que 
elle feroit, et qu'elle fist ce jour. Dit oultre que ses voix luy distrent en 
l'ercharfault que elle respondit ad ce prescheur hardiement, et lequel 
prescheur elle appelloit faulx prescheur, et qu'il avoit dit plusieurs 
choses qu'elle n'avoit pas faictes. 

Ileiii, dist que, se elle diroit que Dieu ne l'avoil envoyée, elle se danip- 
neroit ; que vray est que Dieu l'a envoyée. 



1. j7iC en marge : Rcsjiciisi niortifera . — 2. ABC : dixerant. 



376 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

sibi, depost diem jovis, quod ipsa fecerat mngnam injuriam, confi- 
tendo se non bene fecisse illud quod fecerat. Item, dixit quod qu^e- 
cumque dixit et revocavit, ipsa die jovis, hoc solum fecit et dixit 
prae timoré ignis. 

Interrogata utrum crédit quod voces illas sibi apparentes sint 
sanctae Katharina et Margareta : respondit quod sic, et quod sunt a 
Deo. 

Interrogata quod diceret veritatem de ilia corona, de qua supe- 
rius fit mentio : respondit : « Ego de omnibus dixi vobis ' inde 
veritatem in processu, quantum melius ego scivi. » 

Tune fuit ei- dictum quod ipsa dixerat ' in scafaldo seu ambone, 
coram nobis, judicibus, et aliis, et coram + populo, quando fecit 
abjurationem, quod mendose ipsa se jactaverat quod ill^ voces 
erant sanctae Katharina et Margareta. Respondit quod ipsa non 
intelligebat sic fiicere vel dicere. 

Item dixit quod ipsa non dixit vel intellexit quod revocaret suas 
apparitiones, videlicet quod essent sanctiç Katharina et Margareta ; 
et totum hoc quod fecit, ipsa fecit prae timoré ignis, et nihil revo- 
cavit quin hoc sit contra veritatem. Item, dixit quod ipsa pricdiligit 



Ilein, dist que ses voix luy ont dit depuis que avoit fait grande mauves- 
tié de ce qu'elle avoit fait, de confesser qu'elle n'eust bien fait. 

Item, dit que, de paour du feu, elle a dit ce qu'elle a dit. 

Interroguée s'elle croist que ses voix soient saincte Marguerite et 
saincte Katherine : respond que ouil, et de Dieu. 

Interroguée de la couronne, respond : » De tout je vous en ay dit la 
vérité eu procès, le mieulx que j'ay sceu. » 

Et quant ad ce qui luy fut dit que en l'escharfault avoit dit nianson- 
gneusenient elle s'estoit vantée que c'estoient sainctes Katherine et Mar- 
guerite : respond qu'elle ne l'entendoit point ainsi faire ou dire. 

Item, dit qu'elle n'a point dit ou entendu révoquer ses apparicions, 
c'est assavoir que ce fussent sainctes Marguerite et Katherine ; et tout ce 
qu'elle a fait, c'est de paour du feu, et n'a rien révoqué que ce ne soit 
contre la vérité. 



I. A omet vobis. — 2. C : cidem Johaïuix. — 3. A : ilicerat (sic). — '4. C 
quanâo (sic). 



PROCES DE CONDAMNATION DR JEANNE D ARC 377 

fiicere pasnitentiam suam una vice, videlicet moriendo, quam lon- 
gius sustinere pœnam in carcere. Item dixit quod nunquam fecit 
aliquid contra Deum aut fidem, quidquid jussum sibi fuerit revo- 
care, et quod illud quod continebatur in schedula ' abjurationis, 
ipsa non intelligebat. Item dixit quod ipsa - non intendebat ali- 
quid revocare, nisi proviso quod hoc placeret Deo. Item dixit quod, 
si judices velint, ipsa recipiet habitum muliebrem ; et de residuo 
nihil aliud faciet. 

Qiiibus auditis, ab ea discessimus, ulterius processuri, secundum 
quod juris esset et rationis. 

MARTIS XXIX. MAH 3, 

Item, in crastino, scilicet, die martis post Trinitatem ■•, xxix die 
dicti > mensismaii, nos, judices saspedicti, fecimus congregari in 
cappella domus archiepiscopalis Rothomagensis doctores et viros 
peritos tam in theologia quam in jure canonico et civili, videlicet : 
reverendos in Christo patres, dominos Abbates Sanctc-e-Trinitatis 
Fiscampnensis, Sancti Audoeni Rothomagensis et de Mortuo Mari ; 
— dominos et magistros, Petrum, priorern de Longavilla-Giffardi, 
Johannem de Castellione, Erardum Emengart ^, Guillelmum 



Item, dit qu'elle ayme mieux faire sa pénitance à une fois, c'est assa- 
voir à mourir, que endurer plus longuement paine en chartre. 

Item, dit qu'elle ne fist oncques chose contre Dieu ou la foy, quelque 
chose que on luy ait fait révoquer ; et que ce qui estoit en la cédule de 
l'abjuracion, elle ne l'entendoit point. 

Item, dit qu'elle dist en l'eure qu'elle n'en entendoit point révoquer 
quelque chose, si ce n'estoit pourveu qu'il pleust à nostre Sire. 

Item dit que, se les juges veullent, elle reprandra habit de femme ; du 
résidu elle n'en fera autre chose. 

Prxsentihns ad hoc magistris Nicolao de \'enderez, Giiillclmo Hecton, 



I. AB : sccdiila : C : sedula. — 2. AC omeuent ipsa. — 3. En marge de ABC 
(B ajoute meiisis devant maii). — 4.. A : die martis post festimi Triuitalis Doinini ; 
C : die martis ivimediata scilicet post festum Trinitatis Domini. — ^. A omet die ; 
O omet dicti. — 6. C : Fmeii(^ard. 



378 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Erardi, Guillelmum Boucherii, Johannem de Nibat, Johannem 
Fabri, Jacobum Guesdon, Petrum Mauricii, in sacra theologia ; 
Johannem Guerini et Pasquerium de Vallibus, in jure canonico 
doctores ' ; — Andream Marguerie. Nicolaum de Venderès, archi- 
diaconos - in ecclesia Rothomagensi ; — Guillelmum Haiton ^ 
Nicolaum Coppequcsnc ^, Guillelmum de Baudribosco, Ricardum de 
Grouchcto 5, Thomam de Courcellis, in sacra theologia bachala- 
rios ; — Johannem P/Wfeo«, Johannem Ad-Ensem, Dionysium G<7^//- 
nel, Johannem Maugerii, Nicolaum Cdval, Nicolaum Loisellcur ^\ 
Guillelmum de Gardinis, canonicos ecclesiie Rothomagensis, ali- 
quos magistros, alios licentiatos in jure canonico, alios in civili, 
alios in mcdicina ; — Johannem Tiphaine, Guillelmum de Caméra, 
Guillelmum de Liveto, Gauffridum de Croteyo, Johannem Dulcis, 
Johannem Columbelli, Aubertum Morelli, Petrum Carré^ aliquos 
licentiatos in jure canonico, alios in civili, et alios in medicina 
magistros aut licentiatos ; — Martinum Lavenu, fratrem Ysambar- 
dum de Petra ; — et dominum ' Guillelmum de Deserto, canoni- 
cum ecclesiîe Rothomagensis. 

* In quorum pra;sentia, nos, episcopus praedictus, exposuimus 
qualitcr, post ultimam scssionem publicam in eodem loco, in vigi- 
lia Pentecostes, celebratam, feceramus, juxta consilium ipsorum, 
Johannam pricdictam admoneri, et eidem singula puncta exponi, in 
quibus, secundum deliberationem Universitatis studii Parisiensis, 



Thoma de CourceUh, fratrc Ysewhardo dr Petra, domitio Jacobo le Camus, 
Nicohw Bertin, Jiilitiiio Floquet cl Johaune Rvs •*. 

* Auno Donibiiinillcsimo quadrincrentcsiiiio Iriccsiiiio primo, die iiiartis posl 
fcstiuii Trinilatis Douiini, vicesiina noua iiiciisis luaii, iii coitgrcgatioiic solemni 
fada in cappella maiierii archiepiscopalis Rothomagensis, coram dominis judi- 
cihiis prœfatis ; primo, dominas episcopus e.xposnit quod, in vigilia Pentecostes 
Domini, ipsi domini fuerunt in prœsenti cappella congregati, et ibi dcclarala 
fuerunf ea quœfacta fiicranl pcr ahnam maircm Universitatem Parisienscm, et 



I. A omet doctores. — 2. C : archidiaconum. — 3. C ; Hait ton. — 4. C 
Couppequesm. — 5. O : Groiiccto. — 6. C : Loiseleur. — j. A omet domimim. — 
8. U, fol. 32, vo et 33, r°. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEA>nINE d'arC ^79 

deficere et ernire ctnsebatur; exhortando eam ut ah illis discedere 
et ad viam veritatis redire vellet. Et cuin nullatenus acquiesceret, 
neque ipsa qiiidquam ulterius dicere vellet, similiter quoque pro- 
motor ulteriiis contra ipsam nihil se vélle dicere aut proponere affir- 
maret; in causa concluseramus, ipsis partibus diem jovis ex tune 
immédiate sequentem ad audiendum jus assignando, prout hivc in 
superioribus latius continentur. Insuper recitavimus ea quiv, die ' 
jovis superius pnçmissa, fuerant expleta, et qualitfr pni?dicta 
Johanna, post privdicationem solemnem et admonitiones sibi factas, 
suos errorcs rcvocavcrat et abjuraverat, suamquc revocationem et 
abjurationem propria manu signaverat, velut in pn-ecedentibus ple- 
nius est narratum ; quodque, eodem die jovis, post prandium, per 
nos, vicarium domini Inquisitoris et coassistentes nobis, caritative 



polissinic pcr FaciiJiaies thcologix ci decretorinu . Elidiii fueruiil dcdaraia vota 
singiilonim, videlicct qiiod ccncluderehir in causa, et procederetur in causa 
ulterius. Fuerat eiiam per nounuUos solemnes doctores dictum [quod], quamvis 
fuisset alias in soleinni congregatione edocta et monita, tamen videhatur expc- 
dicns quod adbiic dicta inuticr jiixta dctermiiiationciii Univcrsitatis Parisiensis 
adnioncretur. Et ita factuni cxstitit. Onines qiialificaiiones, et cinn Iwc nieditata 
qita- potcrant faccre ad )natcriam, per organuin inagistri Pétri Mauricii fue- 
runt eidcin iniilieri exposita cl dcclarata, assistcntihus doniinis Morincnsi et 
Novionieiisi, ne [p^r] plures altos ihi assistcntcs. Et, non ohstanlihus adnioni- 
tionihiis ].'iijnsniodi, scinpcr pcrstitit in siio daninabili proposito ; et sic fuit 
concliisnin in causa, conclnsioquc jacla fuit, die - jovis iiJtinio lapsa, assignaia 
ad audiendum jus scu sententiani fcrri in Jornni jnris ; scnicntiaquc Joimata 
juxta délibérât ioneni ahnœ nia tris et ipsoruni doniinorum assistent iuui. Fuit 
eliam ad ouuwm cventuin, in casii quo revocaret, certa forma sentoitix fada et 
coniposita>. Et advcnicntc die joi'is, fuit solcninis scrnio factus in cavniterio 4 
Sancti Audoeni ; et, sernume facto, fuit adnionita ut parère vellet dictis Eccle- 
siœ. Et quia parère nolebat,et scntcnlia inchoala, ante fneni pet Ht loqui, et se 
snbniisit Ecclesiœ et judicibus, et, juxia formant scbcduhv > sibi lecta', orc 
rcvocavit, abjuravil suos errorcs, ut constat per schediilaitt ^ hujustnodi niait tt 



I. C omet die. — 2. Ms. : dies. — 3. Ibjd. : iuconiposita (sic). — 4. Ibid. : 
ciiiiilerio. - 5. [bid . : scediita'.. — 6. Ihid. : fccdidam. 



380 PROCÈS DE CONDAMNATION' DE JEANNE d'aRC 

fuerat admonita ut in bono proposito persisteret et a relapsu sibi 
caveret. Tune quoque, parendo pr^ceptis Ecclesife, habitum viri- 
lem dimisit ipsa Johnnna et muliebrem accepit, quemadmodum 
supra latius dictum est. Verum, suadente Diabolo, iterum coram 
pluribus narravit quod voces suaï et spiritus sibi apparentes véné- 
rant ad e^m et plura eidem dixerunt '. Ipsa quoque Johanna, 
rejecto habita muliebri, iterum habitum virilem accepit. Quod cum 
nobis judicibus relatum fuisset, rediimus ad eam et ipsam interro- 
gavimus, velut antea dictum est. 

Tune quoque, coram eisdem dominis et magistris pnvnominatis, 
in dicta cappella domus archiepiscopalis exsistentibus, fecimus legi 
confessiones et assertiones ipsius Johannae novissime, scilicet die 
hesterna, per eam coram nobis dictas, qu;v superius scribuntur - ; 
petendo ab ipsis exsistentibus consilia et deliberationes eorumdem. 
Qui in hune modum deliberaverunt. 

Magister Nicolaus de Venderès, licentiatus in jure canonico, 
archidiaconus de Augo et canonicus ecclesiae Rothomagensis, deli- 
beravit quod dicta Johanna censenda est et censetur h;eretica ; et, 



dictx Johannx signatam. El ipsa eadcm die fuit absolula, siih coudilionc quod 
hoc fier el corde conirito et fide non ficia ; et pœmtenlia injuncta. Item eadem 
adivenint domiiius vicarius et quani pliires votahiles doclores, et eam monue- 
niiit ut pareret mavdaiis Eccleùœ ; et eam induxcrunt ut rcciperet habitum 
muliebrem, et dimittcrct habitum virorum ; qiiem habitum muliebrem 
accepit, alium habitum dimittendo. Sed, suadente Diabolo, in nocte sequenli > 
et pluribus diebiis, dixit pluribus quod spiritus sui et voces redierant ad 
eam, et plura eidem dixerant ; el similiter de habitu muliebri non contenta, 
quant primum potuerat accipere et habere habitum virilem, illum accepit. Et 
die hesterna, domini judices, audito clamore de prcrmissis, redierunt ad eam, et 
eam repcrierunt in habitu virili ; et fecerunt \legi^ ea quœ continentur in 
schedula-^, per notariosque lecta fuit, et etiani fuit schednla 5 abjurationis. 

Ouibus leclis, domini judices pelierunt a dominis assistentihus deliberationes^. 
Et primo Nicolaus de Venderez : videtur sibi quod censetur et est censenda 



i. A : dixerant. — _ 2. C : âescrihuntur . — 3. Ms. : sedenti (sic). — 4. Ibid. : 
cedula. — ). Ibid., idem . — 6. Ce qui suit omis par Quicherat. 



PROCES DE CONDAMNATION DE JEANNE D ARC 381 

sententia lata per nos, judices pr^edictos, ipsa Johanna relinquenda 
est JListitia; seculari, rogando eam ut cum ea velint mite agere. 

Reverendus in Christo pater, dominus ^gidius, abbas monaste- 
rii SanctiU-Trinitatis Fiscampncnsis, sacniï theologiai doctor, delibe- 
ravit quod dicta Johanna relapsa est. Tamen bonum est quod sche- 
dula '■ nuper lecta legatur iterum coram ipsa et sibi exponatur, pro- 
ponendo ei verbum Dei. Et, his peractis, nos judices habemus 
declarare eam hii^reticam et ipsam relinquere justitiiis scvculari, 
rogando eam ut cum eadem Johanna mite agant. 

Magister Johannes Pinchon, hcentiatus in jure canonico, archi- 
diaconus Josiaci, canonicus ecclesiarum Parisiensis et Rothomagen- 
sis, deUberavit quod dicta muHer relapsa est ; et, de modo ulterius 
procedendi, se refert ad dominos theologos. 

Magister Guilleimus Erardi, sacrae theologiiv; doctor, sacrista et 
canonicus ecclesiarum Lingonensis et Laudunensis, deliberavit quod 
dicta mulier relapsa est ; et, ex quo est relapsa, relinquenda est 
justitiiv sicculari. De residuo, dicit prout dominus Fiscampnensis 
antedictus. 

Magister Robertus Gikberi % sacras theologiiç doctor, decanus 
cappelht domini nostri régis, deliberavit conformiter, prout magister 
Guilleimus Erardi. 



bcrctica et, scntcnlia lala, relinquenda jnslilhv sceciilari, supplicando ut mite 
velit cum en procède re. 

Dominus Fiscampnensis : videtur siin quod ipsa relapsa est et débet proponi 
verbum Dei ; itemquc schedula > nuper lecta legatur seu declaretur. Et, his 
peractis, domini judices habent declarare eam hereticam et relinquere justitise 
sœculari cum supplicatione antedicta. 

Magister Johannes Pinchon : videtur eidem quod sit relapsa et de residuo se 
refert ad dominos doctores thcologix. 

Magister Guilleimus 4 Erardi dicit quod relapsa est ; et, ex quo relapsa, est 
justitise sœculari relinquenda. De residuo, ut dominas Fiscampnensis. 

Magister Robertus Gilbert, decanus cappelhv domini nostri régis, doctor in 
sacra pagina, ut prœcedens. 



I. AC : icdiild : B : ,-edula. — 2. C : Gilberl. — 3. Ms. : cedtila. — 4. Ibid. 
Guillermus. 



382 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

Reverendus in Christo pater, dominus abbas monasterii Sancti 
Audoeni Rothomagensis, deliberavit prout dominus abbas Fiscamp- 
nensis prœdictus ' . 

Magister Johannes de Castellionc, sacrai theologia; - doctor, archi- 
diaconus et canonicus ecclesias Ebroicensis, deliberavit prout domi- 
nus abbas Fiscampnensis praedictus. 

Magister Erardus Eniengart % sacne théologie doctor, deliberavit 
conformiter ad deliberationem domini abbatis Fiscampnensis ante- 
dicti I. 

Magister Guillelmus Boucherii, sacnt théologie' doctor, delibera- 
vit quod dicta mulier relapsa est et condemnanda tanquam hx-retica. 
Et, de residuo, stat in deliberatione pritdicti domini abbatis Fis- 
campnensis. 

Reverendus pater dominus Petrus, prior prioratus de Longavilla- 
Giffardi >, sacra; theologiit doctor, deliberavit quod si, cessante 
passione, dicta mulier confessa est illaqua; continentur in schedula ^, 
stat in deliberatione ' domini abbatis Sanct.t'-Trinitatis Fiscamp- 
nensis. 

Magister Guillelmus Haiton^, bacbalarius in sacra theologia, deli- 
beravit quod, attentis articulis perlectis, dicta mulier relapsa est et 



Dominus abbus sancti Audoeni, ut dominus Fiscampnensis, et quod est 
relapsa. 

Magister Johannes de Chasteillon, /// domi}ius Fiscampnensis 9. 

Magister Erardus Emengard, ut prxcedens. 

Magister Guillelmus ^° [\e] Bouchier : relapsa est et condemnanda '^ tan- 
quam hœrelica. Et, de residuo, iil dominus Fiscampnensis. 

Donrinus Prior de Longavilla : si, cessante passione, confessa fuerit, ut con- 
tinetur in schedula '',Jicndum est ut dicit dominus Fiscampnensis. 

Magister Guillelmus ^i Hecton : quod, attentis articulis perlectis ^^, videtur 



I. C omtt prœd ictus. — 2. C omet sacra' tht'otogix et ajoute in theologia après 
doctor. — 3. C ; Emengard. — 4. C ; prœdicti. — 5. C : Giiiffardi. — 6. AC : 
scedida; C : cedula. — 7. /iC ajoutent dicti. — 8. C ; Gidllernius Haillon. — 
9. t7,fol. 33, vo. — 10. Ms : Guillermtis. — 11. Ibid. : coiideinpnanda. — 12. Ibid. : 
cedula. — 13. Ibid. : Giiille.rmns. — 14. Ibid. : perlecta est (sic). 



PROCÈS DIL CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 383 

condemiKinda tanqiuim ha?retica. Et stat in deliberatione domini 
Fiscampnensis. 

Magister Andréas Margmrie, licentiatus in jure civili et bachala- 
rius in jure canonico, archidiaconus Parvi-Caleti et canonicus 
Rothomagensis ; magister Johannes Ad-Ensem, licentiatus in jure 
civili, canonicus Rothomagensis ' ; magister Johannes Garini, decre- 
torum doctor, canonicus ecclesias Rothomagensis, deliberaverunt 
contormiter ad dominum Fiscampnensem, superius nominatum. 

Magister Dionysius GasiincI, in utroque jure licentiatus, canonicus 
Rothomagensis, deliberavit quod dicta mulier relapsa est et ha^re- 
tica, ac justitiae s^tculari relinquenda et absque supplicatione. 

Magister Pasquerius de Vallibus, decretorum doctor., ecclesiarum 
Parisiensis et Rothomagensis canonicus, deliberavit conformiter ad 
deliberationem dicti domini abbatis Fiscampnensis, et absque suppli- 
catione. 

Magister Petrus de Houdenc ^, sacrae théologie doctor, deliberavit 
quod, secundum judicium suum, attentis derisionibus et modis ip- 
sius mulieris, sibi videtur quod semper fuerit hagretica, et quod de 
facto relapsa est, et per consequens censenda est ha^retica et relin- 



sibi quod est relapsa et condemnanda tanquain hxretica etc., al doniinus Fis- 
campnensis. 

Magister Andréas Marguerie, ut doniinus Fiscampnensis. 

Magister Johannes Garin, ut doniinus Fiscampnensis. 

Magister Johannes Ad-Ensem, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Dionysius 3 Gastinel : quod ipsa 4 relapsa est et hxretica ac justi- 
tiœ sxculari relinquenda absqtie supplicatione. 

Magister Pasquerius de \'aul.\, ut dominus Fiscampnensis, et, de supplica- 
tione, ut prœcedens. 

Magister Felrus de Hodengo : secundum judicium suum, attentis derisioni- 
bus > et modis, sibi videtur quod semper fuit hivretica ; et de facto relapsa est 



1. C : par interversiou, magister Jolianiies Ad-Einetn etc.. vient après iiia- 
i^'ister Johannes Garini etc.. — 2. C : Hodenc. — 3. Ibid. : Dyonisiiis. — 
4. IbiJ. : die est ajouté devant ipsa. — 5. Ms. ; derrisionibus. 



384 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

quenda in manibus justitire sitcularis, secundum delibera- 
tionem dicti domini ' Fiscampnensis. 

■ Magister Johannes de Nibat, sacrae theologia; doctor, deliberavit 
quod dicta mulier relapsa est et impœnitens, ac censenda est h«re- 
tica. Et est in deliberationesa;pedicti domini abbatis Fiscampnensis. 

Magister Johannes Fabri, sacras theologiic doctor, deliberavit quod 
dicta mulier est pertinax, contumax et inobediens ; et, de residuo, 
stat in delibefatione domini abbatis Fiscampnensis, superius nomi- 
nati -. 

Reverendus in Christo pater, dominus Guillelmus, abbas de Mor- 
tuo-Mari, sacnt theologiïe doctor, stat in deliberatione domini Fis- 
campnensis pr;edicti. 

Magister Jacobus Gm<'5^o», sacrœ théologie doctor, deliberavit con- 
formiter ad deliberationem pritfati domini abbatis Fiscampnensis. 

Magister Nicolaus Coppeqmsm ', bachalarius in sacra theologia, 
canonicus ecclesias Rothomagensis, stat in deliberatione domini Fis- 
campnensis. 

Dominus Guillelmus de Deserto, canonicus ecclesias Rothomagen- 
sis, deliberavit prout dominus abbas Fiscampnensis prajnominatus. 

Magister Petrus Mauricii, sacr^ theologi^e doctor, canonicus Ro- 
thomagensis, deliberavit quod dicta mulier censenda et judicanda 



et consequenter censenda est hxretica et relinquenda in manihus justilix sxciila- 
ris, etc., ut dominus Fiscampnensis. 

Magister de Nibat : apparet sibi quod débet judicari relapsa et impœnitens 
est ac censenda hœretica etc., ut dominas Fiscampnensis. 

Magister Johannes Fabri : pertinax est, contumax, inobediens, et, de resi- 
duo, ut dominus Fiscampnensis. 

Dominas abbas de Mortuo-Mari, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Johannes Maugier, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Jacobus Guesdon, /// dominus Fiscampnensis. 

Magister Nicolaus Couppequcsnc, ut dominus Fiscampnensis. 

Magister Guillelmus 4 de Deserto, ut dominus Fiscampnensis. 



I. A ajoute ahhatis. — 2. Cornet svpeiius iiominati. — 3. C ; Coiippeijiic-siw. 
4. Ibid. : Giiitlcniius'. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 385 

est rclapsa; et stat cum deliberationc projfati domini abbatis Fis- 
campnensis. 

Magister Guillelmus Je Baudribosco, bachalarius in sacra theolo- 
gia ; magister Nicolaus Caval, licentiatus in jure civili ; magister 
Nicolaus Z,o/5f//<^«r \ magister in artibus ; magister Guillelmus de 
Gardinis, doctor in medicina, canonici ecclesiïe Rothomagensis, de^ 
liberaverunt prout dominus Fiscampnensis pnedictus. 

Magister Johannes Tipha'uie, doctor in medicina ; magister Guil- 
lelmus de Liveto, licentiatus in jure civili; magister Gauffridus de 
Croteyo, licentiatus in jure civili; magister Petrus CarreJ \ licen- 
tiatus in jure civili, deliberaverunt conformiter ad deliberationem 
dicti domini abbatis ' Fiscampnensis. 

Magister Johannes Dulcis, licentiatus in utroque jure ; magister 
Johannes CoUumbelli, licentiatus in jure canonico ; magister Auber- 
tus Morelli, licentiatus in jure canonico ; frater Martinus Lavenu, 
deordine Fratrum Pnvdicatorum ; magister Ricardus deGroucheto "^, 



Magister Pdrus Mauncii : judicaïuia est et cciisemia rehipsa, etc., lit domi- 
nus Fiscampnensis. 

Magister Guillelmus > de Baudribosco, 
Magister Nicolaus Caval '', \ 

Magister Nicolaus Loiseleur, 
Magister Guillelmus ' de Gardinis, 
Magister Johannes Tiphane, 
Magister Guillelmus ** de Liveto, 
Magister Gaufridus de Crotay, 
Magister Johannes Dulcis, 
Magister Johannes Colunibelli, 
Magister Aube) tus Morelli, 
Magister Petrus Carré (j/V), 
Frater Martinus Lavenu, 
Magister Ricardus de Groucheto, 



ut dominus Fiscampnensis. 



i. C : Loiseleur. — 2. A : Carre. — 3. ^ omet al'batis. — 4. C : Groiiceio. — 
5. Ms. : Guiltcrmiis. — 6. //'/(/. / Amal (sic). — 7. Ibid. : Gnillermus. — 8. Ibid, 
idem. 



Procès ue Jeanne d'Arc. 



^S 



386 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

bachalarius in ' theologia ; magister Johannes Pi^ache, bachalarius 
in theologia ; magister Guillelnius de Caméra, licentiatus in medi- 
cina, deliberaverunt conformiter, prout praedictus dominus - abbas 
Fiscampnensis. 

Magister Thomas de Courcellis, bachalarius in theologia, eccle- 
siarum Laudunensis et Morinensis ' canonicus ; frater Ysambardus 
de Petra, de ordine Fratrum Pr;\:dicatorum, deliberaverunt confor- 
miter ad deliberationem s;\:pedicti domini abbatis Fiscampnensis ; 
addendo quod dicta mulier adhuc caritative moneatur de salute 
anima; suai, et dicatur sibi quod non habeat amplius sperare de vita 
sua temporali. 

Magister Johannes Mrt«^7>/', licentiatus in jure canonico, canonicus 
ecclesix' Rothomagensis, dcliberavit prout dominus Fiscampnensis 
antedictus. 

Demum, auditis opinionibus singulorum, nos, judices pra.^dicti, 
eisdem regratiati sumus, atque conclusimus ulterius contra ipsam 
Johannam, tanquam contra relapsam, esse^ procedendum secundum 
quod juris et rationis. 

MeRCCUH P.1:NU1.T1.MA MAII et ULTIMA die > HUJUS PROCESSUS ^. 

Item, in crastinum, scilicet die mercurii immediata et px-nultima 
mensis maii antedicti, citata fuit ex parte nostri prajdicta Johannaad 



Magisicr Johainics Pigaclic, /// dominus Fiscanipiieiiùs. 

Magister GuUIcIdius " de Ciuuera, ut dominus Fiscampnensis. 

Fraler Ysenihardus de Petra, ut dominus Fiscampnensis ; moneatur carita- 
tive de salute animge et dicatur eidetii quod non haheat sperare de vita temporali. 

Magister Thomas de Courcellis, ut dominus Fiscampnensis. 

Quitus auditis, domini judices concluserunt fiendum ut ipsi domini delibera- 
verunt. 

Et postea fuit lecta schedula ^ sentenlix feroidx 9. 



I. C ajoute sacra. — 2. Cornet dominus. — i. AC : Morinensis et Laudunensis . 
— 4. ABC : esset {sic). — 5 . AC : dies. — 6. En marge de ABC. — 7. Ms. : Gitiller- 
mtis. — 8. Ms. : cedula. — 9. U, fol. 38 vo-39 ro. 



PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 387 

ipsum diem mercurii, ad audiendum jus, per exsecutorem citatio- 
num in hac causa a nobis deputatum, prout ex tenore litterarum 
nostrarum et relationisexsecutorislatius constat. Quarum litterarum 
ténor sequitur et est ta lis ' : 

Tknok citationis ï 

« Petrus, miseratione divina Hpiscopus Belvacensis, et Johannes 
Magistri, vicarius prœclari doctoris, magistri Johannis Gravèrent, in 
regno Francise fidei et ha.Teticie pravitatis Inquisitoris a Saiicta Sede 
apostolica deputati, omnibus presbytcris publicis, ccclesiarum 3 rcctori- 
bus, in hac civitate Rothomagensi et diœcesi ubilibet constitutis, et 
eorum cuilibet, prout fuerit requisitus, saluteni in Domino. Cum, certis 
causis et rationibus latius declarandis, qutedam fœmina Johanna, la 
Piicelk vulgariter nuncupata, in nonnullos errores contra fidem ortho- 
doxam relapsa, dictos errores in facie Ecclesise publice abjuraverit, in 
quibus reincidisset, prout, [tam] ex suis confessionibus et assertionibus 
quam alias, débite et sufficienter constitit atque constat : hinc est quod, 
vobis et vestrum cuilibet, prout fuerit requisitus, districte praecipiendo, 
mandamus,quatenus, unus alium minime exspectans, nec unus pro alio 
se excusans, citetis dictam Johannam ad comparendum personaliter 
coram nobis ad diem crastinam, hora octava de mane, ad locum Veteris 
Fori, Rothomagi, visuram scilicet eam per nos relapsam, excommunica- 
tam et hivreticam declarari, cum intimatione sibi facta in talibus assueta. 
Datum in cappella domus archiepiscopalis Rothomagensis, die martis, 
XXIX 4 mensis maii, anno Domini millesimo CCCC. XXXI., post 
t'estum Trinitatis Domini. » Sic signala : « G. Manchon. G. Boscgltl- 

LAUME >. » 

Item sequitur ténor relationis exsecutioxts citationis pr.edict.e ^ 

« Reverendo in Christo patri ac domino, domino Petro, miseratione 
divina episcopo Belvacensi, ac 7 vencrabili et religioso viro, fratrijohanni 
Magistri, vicario prœclari doctoris, magistri Johannis ^ Gravereiil, in 



I. AC omettent el est lalis. — 2. Hn marge de ABC. — 3. ^ ; earuiii. — 4. Q : 
XIX. — '). A : Boisgtiillaume. — 6. AC en marge : Ténor relationis citationis ; B en 
marge : Ténor citationis. — 7- Q ■' <''• — 8. C omet Magistri, vicario prxchri 
doctoris magistri Johannis. 



388 PROCÈS DE CONDAMNATION DE JEANNE d'aRC 

regtio Francise fidei et hceretica; pravitatis Inquisitoris a Saiicta Sede 
apostolica deputati, vester humilis Johannes Massieu, presbyter, decanus 
chi'istianitatis Rothomagensis, reverentiam debitam, cum omni obedien- 
tia et honore. Noverint reverendx- paternitatcs vestra^ me, virtute man- 
dat! vestri mihi prassentati, cui hie ' meae présentes sunt annexa;, 
citasse personaliter quamdam fœminam, vulgariter dictam la Pucellc, 
ad comparendum personaliter coram vobis, ad hanc diem mercurii post 
festum sanctx' Trinitatis Domini, pœnultimam prœsentis mensis maii, 
hora octava de mane, ad locum Veteris Fori, Rothomagi, juxta formam 
et tenorem dicti mandati vestri, et secundum quod fieri mandabatur. 
Quas privmissa, sic per me facta, reverendis paternitatibus vestris signi- 
fico per pra^sentes, sigillo - mec sigillatas 5. Datuni anno Domini, mil- 
lesimo CCCC. tricesimo primo, die mercurii praedicta, hora septima de 
mane. » 

* Deinceps, circa horam nonam de mane ejusdem diei, nobis, 
judicibus antedictis, exsistentibus in Veteri Porc Rothomagensi, 
prope ecclesiam Sancti-Salvatoris ; prsesentibus et assistentibus : 
reverendis in Christo patribus, dominis episcopis Morinensi et 
Noviomensi ; magistris Johanne de Castellione, Andréa Margnerie, 
Nicolao de Vcnderés, Radulpho Rousselli, Dionysio Gasttnel, Guil- 
elmo le Botichier, Johanne Alespéc, Petro de Houdenc ^, Guillehno 
Haiton ^, Priore de Longavilla, Petro Mauricii, et quampluribus 
aliis dominis et magistris, ecclesiasticis viris;